Proche-Orient : les visages de la guerre 11/15 · Netanyahou : nation divisée, leader sous pression
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Questions et réponses
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Est-ce qu'on peut dire que Netanyahou comme Cis Noir a intérêt à la guerre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« En 2017, la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël. »
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« Il y a des milliards qui rentrent dans Gaza. »
- 2:04InvitéChiffre
« On parle de 600 à 700, l'équivalent de 600 à 700 euros par combattant. »
- 3:01InvitéFait
« Si on va empêcher l'État palestinien, il faut permettre le financement du Hamas. »
- 3:53InvitéFait
« Il s'agit non plus d'avoir un État d'Israël juif et démocratique, mais tout simplement de le définir comme étant l'État-nation du peuple juif. »
- 4:33InvitéFait
« David Ben-Gurion avait proclamé qu'Israël serait l'État de tous, quel que soit le sexe, la culture, la religion. »
- 9:33InvitéChiffre
« Israël a construit le long de Gaza pour un milliard d'euros une barrière électronique et souterraine. »
- 13:07InvitéChiffre
« Benjamin Netanyahou dispose d'une majorité solide de 64 députés sur 120 à la Knesset. »
Temps de parole
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les visages de la guerre.
Benjamin Netanyahou, l'homme au cœur de la tempête. Revenu au pouvoir en 2009, Benjamin Netanyahou devient l'un des premiers ministres les plus durables de l'histoire d'Israël. Cette période est marquée par de nombreux événements historiques. En 2014, l'opération bordure protectrice contre le Hamas à Gaza et en 2017, la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël. Épisode 4, Benjamin Netanyahou et Israël, une nation divisée, un leader sous pression.
Depuis le début des années 2000, le processus de décision au sein des renseignements de l'appareil sécuritaire israélien est complètement faussé. La droite a pratiquement fait le ménage parmi les analystes. J'ai découvert que des gens comme des grands spécialistes de l'islam radical n'étaient plus considérés comme des analystes et des conseillers acceptables dans le système. Quand il était au pouvoir, Netanyahou était tout à fait contre eux. Lui avait sa propre vision. Et puis, l'idée était, à partir de 2005-2006, que le fondamentalisme islamique à Gaza, finalement, ce n'est pas important. Et tout ce que veut le Hamas, c'est gérer Gaza.
Il suffit donc de leur laisser de l'argent, qu'ils en reçoivent, et il y a des milliards qui rentrent dans Gaza. Parce que construire une forteresse souterraine de 500 kilomètres de tunnels, c'est énorme. Sans parler de la force militaire de 30 à 40 000 hommes qu'il faut payer, et on parle de 600 à 700, l'équivalent de 600 à 700 euros par combattant, l'argent doit arriver. Donc, Netanyahou constamment ferme les yeux. Avant lui, Ariel Sharon avait décidé quand même de procéder à des liquidations de chefs du Hamas. Là, c'est fini. Il n'y a plus à part un ou deux cas exceptionnels où les services israéliens ont fait pression. Mais la grande idée, ça y est.
D'ailleurs, Benjamin Netanyahou lui-même, lorsque l'on découvrira qu'il a autorisé le Qatar à envoyer des valises de dollars en billets depuis l'aéroport Ben Gurion jusque dans Gaza pour permettre de financer des salaires de fonctionnaires à Gaza du Hamas, quelqu'un a posé la question à Benjamin Netanyahou. Il a expliqué, écoutez, si on va empêcher l'État palestinien, il faut permettre le financement du Hamas. Maintenant, pour en revenir à Benjamin Netanyahou, il a réussi à finir par mettre en place ce dont sa famille, son père, lui, rêvait, à savoir redéfinir la nature de l'État d'Israël.
depuis 2012-2013, en discussion avec les colons qui voulaient également lutter contre les institutions laïques de l'État d'Israël, il s'agit non plus d'avoir un État d'Israël juif et démocratique, mais tout simplement de le définir comme étant l'État-nation du peuple juif où les Juifs, la communauté juive, ont des avantages que n'ont pas les autres. L'arabe, qui avait le même statut que l'hébreu, n'est plus une langue officielle, son statut devra être défini, et les localités israéliennes ont toujours la préférence sur les autres. Donc, les non-juifs perdent tous les droits communautaires, gardent les droits individuels, et là, nous entrons dans un État qui est discriminatoire.
Lors de la déclaration d'indépendance en 1948, David Ben-Gurion avait proclamé qu'Israël serait l'État de tous, quel que soit le sexe, la culture, la religion. On n'en est plus là. 2019, on entre dans un cycle d'élections, il en perd quatre. Finalement, l'ensemble des partis anti-Netanyahou finissent par se mettre d'accord, de droite comme de gauche, y compris même un parti islamiste, et ils arrivent à former pendant un an un gouvernement anti-Netanyahou. Et pour la première fois depuis 2009, Netanyahou est dans l'opposition et il supporte ça très, très, très mal. D'abord, ce n'est pas bien pour lui, alors qu'il est le seul qui pense qu'il peut sauver le peuple juif de la destruction.
Et maintenant, on le met de côté et puis surtout, il perd tous les petits avantages du pouvoir qu'il aime beaucoup. Et c'est aussi l'époque où il se retrouve en procès pour corruption, fraude et à vue de confiance. Et là, il n'aime pas du tout. C'est le début pour lui d'un long combat judiciaire qui dure encore. On pense qu'il n'y aura pas de sentence avant au moins six mois, un an, si jamais elles ont lieu parce que depuis, Benjamin Netanyahou avec ses proches au sein du Likoud et à l'extrême droite est en train d'essayer de transformer le régime judiciaire en Israël. Donc, la réussite, finalement, c'est 2022, l'élection du 1er novembre.
Il l'avait bien préparée en scellant l'alliance de la droite, de l'extrême droite, les khanistes racistes, les ultra-orthodoxes, une coalition de 64 députés sur lesquels tout le monde est d'accord. c'est le gouvernement le plus à droite, le plus religieux et le plus annexionniste de l'histoire d'Israël. Et il arrive, il prend ses fonctions fin décembre 2022, commence l'année 2023 avec un grand combat d'un mouvement pro-démocratie contre cette transformation d'Israël en un régime de plus en plus autocratique. mais vous avez posé la question sur qu'est-ce qui a mené à l'aveuglement, à la cécité face à toutes les informations qui venaient de Gaza sur l'imminence d'une opération.
Eh bien, d'abord, ce n'est pas seulement Benjamin Netanyahou qui quand même a mis en place cette idée fondamentale de « il faut soutenir le Hamas » parce que le Hamas, ce qu'il veut, c'est tout simplement gérer Gaza. personne n'entend parler de l'idée fondamentaliste du mouvement Hamas dont le fondateur, le cher Ahmed Yassine, avait annoncé que selon ses calculs sur le Coran, en 2027, Israël disparaîtra. Et la guerre que va lancer le Hamas en 2007 est fondée sur cette idée intégriste. le Hamas obéit à l'injonction divine. Personne en Israël n'analyse cela comme ça.
On ne considère le problème palestinien que comme un problème territorial et le Hamas que comme une organisation certes extrémiste difficile mais qu'il faut aider parce qu'autrement il va falloir négocier un État palestinien. C'est ça la grande idée. Les militaires d'une manière absolument incompréhensible n'analysent pas ou ne tiennent pas compte de toutes les informations qui sortent de Gaza sur des préparatifs militaires. Personne ne regarde une jeune soldate analyste lance l'appel et envoie des mails. Ses chefs ne l'écoutent pas. Et puis vous savez le jour du 7 octobre durant la nuit il y avait des alertes qui sont arrivées de Gaza. Attention ils se préparent quelque chose.
Dans toute armée au monde en France comme ailleurs si les unités militaires apprennent qu'il risque de se passer quelque chose et qu'il y a des alertes dans la nuit à l'aube au réveil on sort les soldats du lit on les met on les met en état de combattre.
Lorsque le Hamas s'est attaqué le 7 octobre les militaires qui étaient encore déployés le long de la frontière étaient en pyjama et n'avaient pas assez de munitions pour résister au Hamas donc c'est un échec fondamental mais pas seulement vous savez Israël a construit le long de Gaza pour un milliard d'euros une barrière électronique et souterraine pour éviter que des tunnels sortent de Gaza et qui parviennent en territoire israélien jusqu'à 60 mètres sous le sol des censeurs des barres de métal ont été installées et au dessus on a une barrière électronique un milliard elle a été construite le Hamas n'est pas passé par les tunnels il a mis très exactement 10 minutes pour percer la barrière électronique en une quarantaine d'endroits c'est un échec monumental non seulement de la pensée défensive israélienne mais de l'idée de comment défendre un territoire le 7 octobre il n'y avait déployé le long de Gaza que deux bataillons de contingents tous les autres étaient en Cisjordanie pour défendre assurer la défense des colons pendant la fête juive de Simchat Torah
Est-ce qu'on peut dire que Netanyahou comme Cis Noir a intérêt à la guerre ?
Aujourd'hui oui Netanyahou est dans une vision idéologique que l'on retrouve dans le Likoud dans la droite nationaliste des années 80-90 à savoir il faut faire par exemple le monde est contre nous contre les colonies et bien on va construire le plus de colonies possible et si un jour on est obligé d'en évacuer peut-être qu'on n'évacuera pas toutes les colonies c'est la même chose en temps de guerre on ne sait pas où cela va on ne connait pas la stratégie de Benjamin Netanyahou Gaza n'est pas réglé on ne sait pas si le poste frontière avec l'Egypte de Rafar sera ouvert ou pas et qui va s'en occuper aucune décision n'est prise le sud Liban il n'y a pas à l'heure actuelle de stratégie si ce n'est la grande idée de l'armée israélienne ce qui ne marche pas par la force marchera avec encore plus de force donc c'est quelque chose de fondamental et on ne sait pas également où ça va cela dit il faut savoir que l'actuel gouvernement israélien est dominé de nouveau par la droite l'extrême droite les sionistes religieux les sionistes racistes dont une bonne partie veulent tout simplement reconstruire des colonies dans Gaza et un des titres de la presse israélienne ce matin l'armée et le système sécuritaire examinent les propositions et les suggestions de la droite nationaliste et religieuse donc je vois mal la communauté internationale accepté le retour de colonies israéliennes dans Gaza sans une véritable réaction parce que jusqu'à présent il faut bien dire que la communauté internationale y compris l'Europe n'a pas particulièrement réussi à empêcher le développement des colonies en Cisjordanie et ailleurs Benjamin Netanyahou dispose d'une majorité solide de 64 députés sur 120 à la Knesset le Parlement il sait très bien qu'en cas d'élection anticipée maintenant il perdrait et se retrouverait dans l'opposition et ainsi que d'ailleurs que tous les députés de sa coalition donc il fera tout contre vents et marées pour ne pas permettre des élections pour ne pas perdre le pouvoir à l'heure actuelle le prochain scrutin aura lieu en 2026 d'ici là il faudra bien faire avec Benjamin Netanyahou
c'était Proche-Orient les visages de la guerre une série France Culture va plus loin avec à la technique Grégory Wallon Élise Le Marie-Claire Oumabadi à la production Juliette Deveau à la réalisation Félicie Faugère et Yvon Croisier
Tous les épisodes de cette série sont à retrouver sur le site franceculture.fr et sur l'appli Radio France Sous-titrage Société Radio-Canada
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