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interviewFrance Inter· 29 janvier 2024 55 min

Colère des agriculteurs : "Les dégradations doivent être sanctionnées" pour Yaël Braun-Pivet

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:09
Présentateur

Bonjour, ravi de vous retrouver dans Question politique, l'émission politique du dimanche sur France Inter, en partenariat avec le journal Le Monde. A quoi servent nos députés ? La question cette semaine mérite d'être posée, puisqu'aucun d'entre eux, manifestement, n'a songé à alerter sur la crise agricole qui gronde depuis dix jours dans tout notre pays, comme si finalement nos élus n'avaient rien vu venir, comme s'ils avaient minoré sur le terrain ce qui était en train de se préparer. Et puis, à quoi servent décidément nos députés quand ils votent un texte à l'Assemblée dont ils n'ont pas discuté et dont ils savent par avance qu'une partie sera censurée par le Conseil constitutionnel ?

C'est ce qui vient de se passer avec la loi immigration. Alors quelle place pour nos députés ? Comment va notre démocratie représentative ? La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, est notre invitée ce dimanche dans Question politique, en direct et jusqu'à 13h. Question politique, Karine Bécard sur France Inter. Bonjour Yaël Braun-Pivet. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation avec moi pour vous interviewer, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour à toutes. Bonjour à toutes. Oui, c'est mieux quand même. Et bonjour à vous aussi, Françoise Fresseau du journal Le Monde.

1:28
Invité

Bonjour à tous et à toutes. Parfait. C'est pas ratiste.

1:31
Présentateur

Allez, on ne va pas commencer. Vos images de la semaine. Chaque dimanche, vous le savez, on démarre l'émission avec elle. Quelle est celle que vous avez choisie, Yaël Braun-Pivet ? Quelle est celle qui vous a marquée cette semaine ?

1:43
Invité

Eh bien, celle qui m'a marquée, c'est la une du Parisien sur les actes antisémites qui ont augmenté de plus de 1000%. C'est quelque chose qui doit nous interpeller tous parce qu'ils nous rappellent des heures sombres de notre histoire. Ils ont lieu sur tout le territoire. Ils touchent tout le monde. Moi-même, depuis un an et demi, j'ai reçu et j'ai refait le compte. J'ai déposé plainte à 23 reprises pour des menaces ou des lettres antisémites que j'ai pu recevoir. Et c'est quelque chose qui doit nous mobiliser tous, qui doit nous mobiliser tous.

On voit dans les chiffres qui ont été publiés et avec d'autres études, qu'une grande partie de notre jeunesse ne sait pas ce qu'est la Shoah, ne sait pas ce qu'est l'événement du Veldiv. Donc nous avons collectivement, à un moment où les survivants des camps disparaissent et où bientôt ils ne seront plus là pour témoigner. Nous avons collectivement un sursaut à réaliser autour du devoir de mémoire. Nous devons, et c'est Esther Sénot qui m'avait dit ça lorsque j'ai visité Auschwitz avec elle, nous avons ce rôle maintenant, nous sommes les témoins des témoins. Et donc nous devons inlassablement rappeler quelle est notre histoire, rappeler quelles sont les valeurs de la République.

C'est la raison pour laquelle, avec le président du Sénat, nous avions initié une marche le 12 novembre dernier autour des valeurs de notre République et contre l'antisémitisme. Et je crois que c'est un combat qui doit nous mobiliser tous. Mais vraiment, il est urgent d'agir.

3:23
Présentateur

Ces attaques, ces menaces qui vous concernent, elles sont toujours aussi nombreuses ? Et surtout, elles disent quoi précisément, si c'est possible que vous nous le racontiez ?

3:31
Invité

Bien. En fait, elles me renvoient à mon judaïsme que je n'ai jamais caché. Et donc, c'est des insultes, on m'envoie des étoiles jaunes, on regrette que ma famille n'ait pas été totalement exterminée dans les camps. Enfin, c'est juste épouvantable. C'est juste épouvantable. Et on voit aussi que, concernant l'antisémitisme, il y a aujourd'hui une libération de la parole, que ce soit sur les réseaux sociaux. Et les réseaux sociaux ne sont pas exempts de ces actes-là. Mais aussi, dans la réalité, j'ai envie de dire, dans la vraie vie, on voit des gens qui assument des opinions antisémites face à des caméras, en les écrivant, sans même cacher leur identité.

Et donc, nous ne pouvons pas laisser passer cela. Et moi, j'appelle à un sursaut collectif, parce qu'il en va des fondements de notre République et de ce que nous sommes, nous, en tant que peuple français.

4:30
Présentateur

Autre image de la semaine avec vous, Françoise Fressos. Dites-nous cette image. Quelle est celle que vous avez choisie ?

4:36
Invité

Alors, c'est l'image de Laurent Fabius qui annonce jeudi la décision du Conseil constitutionnel qui va consister à valider une partie de la loi immigration, mais en censurer 40%. Et ce qui m'a frappée, c'est le fait que Laurent Fabius, qui, d'ordinaire, le Conseil constitutionnel, c'est un organisme très discret, et là, depuis quelques jours, Laurent Fabius est obligé de monter au créneau, très fortement, médiatiquement, pour défendre l'institution, parce qu'on assiste en France à ce qu'on voit poindre dans nombre de démocraties qui ne se portent pas très bien.

C'est ce qu'on appelle une attaque illibérale, c'est-à-dire qu'au nom de la volonté du peuple, prétendue du peuple, on met en cause l'état de droit, on met en cause ce règlement de copropriété décrit par Laurent Fabius qui nous tient ensemble. Et jusqu'à présent, cette contestation, elle émanait de l'extrême droite, et là, l'offensive, elle vient d'une partie de LR, notamment de Laurent Wauquiez, qui estime que le Conseil constitutionnel n'aurait jamais dû censurer ce qu'on appelle des cavaliers législatifs, c'est-à-dire des dispositions qui n'ont pas très directement à l'article de loi examiné. Et donc, il a fait tout un procès en disant que maintenant, il fallait que le Parlement revote.

Et au fond, cette offensive, elle vient de loin, parce que ça fait depuis déjà la dernière campagne présidentielle qu'une partie de la droite conteste les institutions. Mais là, ça a été, au fond, organisé au Parlement, où LR a déposé des amendements dont on savait qu'il ne pourrait pas passer, où le gouvernement avait tellement envie de conclure son projet de loi qu'il a fait alliance avec cette droite, et que la gauche s'est complètement désengagée en refusant à l'Assemblée de débattre, préférant voter une motion de rejet avec le Rassemblement national.

Et je pense que l'ensemble est très grave, parce que ça veut dire que sur un sujet qui concerne les Français, qui implique la société, on n'arrive pas à avoir un débat serein, un débat entre gens raisonnés, et qu'au fond, on en arrive à contester les fondements même de notre démocratie représentative, parce que le sujet sert de dynamique au Rassemblement national, et que maintenant, une partie de la droite est clairement derrière le Rassemblement national.

6:45
Présentateur

Alors, on reviendra, bien sûr, sur cette loi immigration, sur ce qui s'est passé cette semaine au Conseil constitutionnel, sur cette censure à 40%, comme disait Françoise Fresseuse à l'instant. On termine avec votre image à vous, Nathalie Saint-Crie, quelle est-elle ?

6:56
Yaël Braun-Pivet

C'est l'image de Gabriel Attal, partie rencontrer un certain nombre d'agriculteurs et des lonocos. Qu'on a beaucoup vu partout, avec la botte de paille. C'était fait un peu pour ça, si vous voulez. Alors, beaucoup ont dénoncé la botte de foin, la place du pupitre, les vaches en arrière-plan, qu'on ne distingue pas, là, c'est plutôt des élus. Mais, en fait, s'il avait fait ça dans la préfecture, derrière un pupitre, on aurait dit que c'est un technocrate et qui ne fait pas de terrain. Donc, tout ça, je considère que c'est anecdotique. Moi, je voudrais revenir sur le fond, sur trois points.

D'abord, la méthode Gabriel Attal, que Manuel Valls salue ce matin dans la tribune en disant qu'il est courageux et volontariste, est une méthode anti-pourrissement. On va vite, on trouve des solutions et on ne laisse pas traîner les choses. Très bien. Mais, ça laisse entendre que si c'est si simple, on aurait bien pu le faire avant. C'est-à-dire, s'il peut faire en deux jours quelque chose qui pourrait depuis des semaines, pourquoi ne pas l'avoir fait ? Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, ça va être une tautologie, c'est ça marche si ça marche.

C'est-à-dire, en gros, si ça fait descendre la tension, descendre la colère, alors on sait très bien que derrière tout ça, il y a la souffrance des agriculteurs, il y a aussi des manœuvres politiques de la FNSEA, qui a peur de se faire dépasser par sa base. Je rappelle juste au passage que l'accord sur le GNR, le gasoil non routier qui devait monter en pression jusqu'en 2030, avait été signé entre Bercy et la FNSEA, qui maintenant refuse tout. Également, arrière-pensée politique de la droite, qui bien sûr dit, ce n'est pas en deux jours qu'on règle la politique agricole. Alors, ce n'est pas en deux jours, d'accord ? Ce n'est pas en six mois, c'est quoi ?

On ne peut pas dire que les choses ont été faites préalable. Donc, deuxième critique. Alors, finalement, on se dit que le dernier danger, mais une fois de plus, on jugera à la fin, parce que là, on verra ce qui se passe la semaine prochaine. Le dernier danger, si vous voulez, c'est un côté incitatif. C'est-à-dire, en gros, je bloque, je fais une application de tout quoi. Gabriel Attal arrive, Gabriel Attal est quasi magique, Gabriel Attal rêve le problème, et tout le monde va se dire, on fera comme ça la prochaine fois.

8:49
Locuteur non identifié

On va bloquer fermement toutes les autoroutes qui mènent à Paris, puisqu'on voit bien que, depuis qu'on a bloqué la France, on a une écoute attentive du gouvernement. On est dans un conflit majeur, dans une mobilisation majeure, avec des agriculteurs très, très déterminés, parce que la coupe est pleine. Et on avait dit que, si les annonces n'étaient pas à la hauteur, on mettrait un cran supplémentaire. Le cran supplémentaire, c'est le siège de Paris. C'est un symbole, mais c'est aussi une façon d'assécher la capitale, et qui permettra sûrement un réveil du gouvernement sur l'urgence de la situation.

9:23
Présentateur

Alors, celui qu'on vient d'entendre, c'est le président de la FDSEA de Seine-et-Marne, Cyril Millard. Il est déterminé, ça s'entend, il prépare le siège de Paris pour demain. Ce matin, on a Gabriel Attal, qui est encore sur le terrain. Il est en Indre-et-Loire, il est près de Chinon, il est sur une exploitation agricole. C'était nécessaire, Yael Brunpivet, qui retourne sur le terrain si vite ?

9:46
Invité

Il a raison d'être sur le terrain, et il faut que nous soyons tous sur le terrain. Moi-même, vendredi, j'ai été à la rencontre des agriculteurs en Charente-Maritime. J'ai été sur un barrage routier à Sainte, puis dans une exploitation à Surgère. Stéphane Mazard, député de l'Aveyron, a passé trois heures sur les barrages, hier également. Il faut que nous allions sur le terrain à la rencontre des agriculteurs, pour échanger avec eux, pour les écouter. Mais moi, je ne laisserai pas dire que nous n'avons rien fait depuis que nous sommes aux responsabilités. Le Parlement est à l'écoute des agriculteurs.

Qui a voté très largement les lois, justement, EGALIM 1, EGALIM 2, qui parle de leur assurer un revenu conséquent, un revenu digne ? C'est nous. Et à une très large majorité, EGALIM 2, à l'unanimité. Non, mais ça, ce n'est pas la question.

10:34
Présentateur

On va parvenir sur tout ce que vous avez fait. Là, on a Gabriel Attal, qui est sur le terrain, et Gabriel Attal sur le terrain, continue à faire des annonces. Là, il dit, voilà, il va falloir alléger un petit peu les normes, notamment sur les pesticides. Est-ce qu'on va avoir comme ça, un peu tous les jours, des annonces qui seront faites pour calmer la colère ? Est-ce que c'est la bonne méthode ? Est-ce que c'est la bonne stratégie ?

10:53
Invité

Écoutez, ce n'est pas à moi de dire si le gouvernement a la bonne stratégie. Moi, je suis présidente de l'Assemblée nationale. Je vous dis simplement que les députés doivent être sur le terrain, à la rencontre des agriculteurs, pour pouvoir, au niveau qui est le leur et à la responsabilité qui est la leur, répondre à leurs attentes. Que nous avons voté un certain nombre de textes qui doivent encore être mieux appliqués, et je pense aux textes qui doivent leur assurer un revenu décent. Je pense qu'il faut également, et aux textes sur les retraites des agriculteurs, loi Chassaigne, loi DIV, c'est des textes parlementaires. Parce que tout à l'heure, vous disiez que font nos députés.

Vos députés, ils sont sur le terrain, ils sont au travail à l'Assemblée nationale. Je ne suis pas là pour décerner des bons points ou des mauvais points aux parlementaires, selon les groupes auxquels ils appartiennent. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que nous sommes au travail. Maintenant, les sujets ne sont évidemment pas que législatifs. Moi, hier, et encore aujourd'hui, une agriculteure me disait « Nous n'en pouvons plus, nous vivons une sorte d'oppression administrative. » Et là, c'est très important. Le Premier ministre a indiqué un grand mois de la simplification. Ça, c'est quelque chose qu'on peut faire rapidement.

Arrêter d'ensevelir les agriculteurs sous une avalanche de paperasses. Mais comment on fait ça ? C'est des ordres à l'administration ? C'est une remise en cause du droit européen ? Des normes ? Comment concrètement on arrive à cette simplification ? Alors, il y a plusieurs étapes de simplification. Il y en a une première qu'on peut avoir très rapidement. C'est mettre de l'ordre et essayer de réduire au maximum les décrets, les arrêtés, les réglementations que nous-mêmes adoptons. Et là, je ne parle pas de loi encore. C'est vraiment des choses très concrètes. Essayons de donner de la cohérence parce qu'ils se plaignent aussi parfois d'arrêter incohérents, d'exigences très contradictoires.

Donc ça, on peut mettre en cohérence, simplifier, ça, ça peut être très rapidement fait. Et c'est ce que le Premier ministre a demandé à ses préfets, à tous les préfets sur le territoire de la République pour que justement ce dialogue soit entamé, ce travail soit fait et puisse être fait rapidement. et ça, je crois que c'est une première réponse très importante

13:15
Yaël Braun-Pivet

parce qu'il s'agit du quotidien de nos agriculteurs. Nathalie Saint-Claude ? N'y a-t-il pas deux choses dans ce que vous dites ? Une première chose, et notamment Gabriel Attal sur le GNR, non pas que je sois obsédé, qui a considéré qu'effectivement ça serait fait au bas de la fédération. Alors GNR, GNR, ça veut dire. Le gasoil non routier, qui devait réaugmenter puisqu'il avait baissé, devait être avancé par les agriculteurs qui devaient après se faire rembourser et ça prenait 12 mois. Alors maintenant, à l'avenir, ils ne le paieront pas comme ça, ils n'ont pas besoin d'être remboursés. Ça, c'est une simplification.

Est-ce que dans ce que demandent en termes de simplification des agriculteurs, il n'y a pas un abandon de certaines normes ? On a tous entendu parler des haies qui pouvaient y avoir où l'anidification devait se faire à un certain moment, où on ne devait pas la planter, où on ne devait pas la... Est-ce qu'en fait, ce n'est pas les normes écologistes ou écologiques qui viennent, qui les épuisent également ?

14:01
Invité

Je ne crois pas que ce soit aussi simple que ça. Je pense que quand on prend l'exemple des haies, c'est aussi la sédimentation des normes qui est problématique. C'est qu'en fait, d'une norme, on passe à 10, 12, 14 normes pour un même objet. Et c'est cette mise en cohérence aussi que moi, j'appelle de mes voeux, parce que lorsque l'on prend une norme, on ne regarde pas forcément l'ensemble de l'environnement autour de cette norme.

Et donc, je pense qu'il faut simplifier et mettre en cohérence pour faire en sorte que les exigences environnementales qui sont indispensables mais qui ne doivent pas être les seules auxquelles doivent se soumettre les agriculteurs ne soient pas quelque chose qui les assomme et qui les submerge. Donc, regardons avec eux pour qu'ils ne... A l'impossible, vous savez, nul n'est tenu pour faire en sorte qu'ils puissent et je sais qu'ils le souhaitent avoir une agriculture qui soit harmonieuse, qui préserve l'environnement, et je rappelle à cet égard qu'ils sont les premières victimes du changement climatique et ils nous le disent. Les inondations à répétition, etc.

Mais ne les soumettons pas à des règles qui deviennent parfois kafkaïennes. Et vous savez, là, on en parle de ces règles kafkaïennes pour l'agriculture, mais on pourrait en parler pour bien d'autres domaines. On a un mâle français, on le dénonce depuis bien longtemps. Et là, aujourd'hui, il faut absolument qu'on avance sur ces questions-là pour... C'est une question de survie. Non, mais je rebondis.

15:31
Yaël Braun-Pivet

Ils accusent la France de surtransposition. Alors, en clair.

15:33
Invité

Ça, c'est un autre problème encore.

15:35
Yaël Braun-Pivet

C'est qu'on en rajoute les normes par rapport à l'Europe. Donc, ça, pourquoi on a laissé faire ? C'est quelque chose qui peut être assez...

15:41
Présentateur

Non, mais attendez, la retransposition, c'est très important, on va en parler, mais restons deux secondes encore sur les normes environnementales. On y était, restons-y. Je reviens sur ce que disait Gabriel Attal. Il vient de le dire. Il dit, voilà, il faut qu'on donne plus de marge de manœuvre aux agriculteurs, notamment sur les questions des pesticides. Vous êtes d'accord, vous, avec ça ou pas ? Sur les pesticides ? Parce que vous dites, voilà, il faut continuer à respecter l'environnement malgré tout, non ?

16:04
Invité

Mais bien sûr. Alors, comment on fait ? Mais ce n'est pas malgré tout. Le respect de l'environnement, ça nous oblige et ça oblige une nation, ça oblige la planète entière. Maintenant, il faut qu'on réussisse, et c'est ça qu'on doit construire ensemble, à construire une agriculture qui puisse, à la fois préserver l'environnement et à la fois permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leurs métiers, de produire suffisamment pour assurer à notre pays une souveraineté alimentaire. Et donc, aujourd'hui, ce qui se passe, quand on parle de surtransposition des normes, il y a l'aspect tracasserie administrative, mais il y a aussi l'aspect concurrence déloyale.

C'est-à-dire que nous, lorsqu'on en rajoute sur des normes européennes qui s'appliquent à l'ensemble des pays européens, on crée une distorsion de concurrence entre les agriculteurs français et d'autres agriculteurs européens, puisque nous, on rajoute des normes auxquelles ils doivent se conformer. Donc, c'est ça qu'il faut essayer d'arrêter. Donc, il faut qu'il y ait moins de normes sur les pesticides ? Vous êtes d'accord avec ça ? Je ne parle pas spécifiquement du sujet pesticides, parce que pour les pesticides, il faut les regarder finalement un par un.

Ce qui est sûr, c'est que pour les pesticides, par exemple, et c'est ce que me disait un agriculteur sur le barrage à Sainte, c'est qu'avec les lois que nous avons votées, maintenant, ils ne peuvent plus vendre et conseiller. Et que ça, il se peut que ce fût une pas très bonne idée. et qu'ils ont besoin, justement, quand ils vendent des pesticides, d'apporter en même temps le conseil d'utilisation, de modération, etc., ce qu'ils ne peuvent pas faire aujourd'hui. Peut-être que ça, c'est une évolution sur laquelle nous pourrions revenir. Ce qu'on entend beaucoup aussi, en tout cas dans la bouche de certains, c'est qu'ils travaillent énormément et ils ont un revenu très faible.

Est-ce qu'il y a une possibilité dans les mesures à envisager ? Est-ce que tout dépend de l'Europe ? Nous, qu'est-ce qu'on peut faire pour leur garantir au fond un revenu à la hauteur de leur travail ? C'était tout l'objet des lois Egalim 1 et Egalim 2 que nous avons votées à l'Assemblée nationale et que nous avons évaluées. On voit, et encore, c'est ce qu'ils m'ont dit, c'est que les lois Egalim, c'est bien, mais les lois Egalim, il faut qu'elles s'appliquent. Et il faut qu'elles s'appliquent partout, sur le territoire et à tous.

Et là, c'est les annonces du ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui a indiqué qu'il allait renforcer considérablement les contrôles parce qu'il faut que tout le monde joue le jeu. Les lois Egalim, c'était quoi ? C'était justement permettre aux agriculteurs de vivre dignement. C'est leur assurer un revenu qui soit à la hauteur du travail effectué et qu'ils ne travaillent pas à perte. Mais c'est la moindre des choses.

Quand on travaille 70 heures, 80 heures par semaine et qu'on n'arrive pas à vivre dignement de son travail, et quand ce travail, en plus, est soumis aux aléas climatiques, aux injections contradictoires, aux tracasseries administratives, ça fait beaucoup et la coupe est pleine et c'est ce qu'ils nous disent aujourd'hui. Ça veut dire que,

19:05
Présentateur

par exemple, Yael Bonne-Pivet, vous êtes d'accord avec Éric Ciotti qui propose un revenu minimal de 1 500 euros pour les agriculteurs ?

19:11
Invité

Moi, je suis d'accord avec le fait qu'il faut qu'ils vivent dignement de leur travail. On vit dignement au revenu minimal. Je ne sais pas ce qu'imagine Éric Ciotti. Nous, ce que nous avons imaginé, c'est de leur assurer un revenu décent avec la construction du prix que nous avons voté. Maintenant, ces lois, égal im 1, égal im 2, il faut, un, qu'elles s'appliquent et, deux, s'il y a encore besoin de les corriger, nous le ferons. C'est ce que nous avons fait d'ores et déjà. Et ces lois ont été évaluées très rigoureusement par le Parlement et c'est important de pouvoir construire petit à petit et les agriculteurs le savent bien, tout ne se fait pas en un jour.

Il ne faut pas non plus croire qu'avec un coup de baguette magique on résoudra tous les problèmes. Ils le savent mais ils attendent, en revanche, qu'ils soient considérés, qu'ils soient reconnus dans ce qu'ils font et que nous soyons à leur côté et que le législateur soit à leur côté et c'est ce que nous faisons.

20:08
Yaël Braun-Pivet

Nathalie ? Est-ce que ça veut dire qu'il faut être plus répressif avec un certain nombre d'enseignes c'est-à-dire on sait que certains ont des centrales de chat en Europe c'est-à-dire qu'ils contournent effectivement la loi EGalim qui est de l'achat à bon prix d'un certain nombre de biens produits par les agriculteurs. Est-ce qu'il faut leur donner des amendes plutôt que de leur dire que ce n'est pas bien à essayer de changer pour la prochaine fois ? Est-ce qu'il faut faire du name and shame ? Est-ce qu'il faut en gros passer de l'incitatif au répressif pour que vraiment les choses se fassent ? Est-ce que les agriculteurs considèrent qu'on est un peu mou avec...

20:39
Invité

Vous savez, j'ai un peu... J'ai envie de vous dire il faut faire tout ça. Il faut évidemment... Et c'est... On parlait de démocratie à l'instant mais c'est un vrai sujet démocratique quand le Parlement vote des lois qui ne sont pas appliquées ensuite... En tout l'égalité. Enfin... Oui, oui. Non mais... Ou qui sont contournées. Donc oui, il faut qu'elles s'appliquent pleinement. Oui, il faut empêcher les contournements. Oui, il faut dénoncer ceux qui contournent. Et oui, il faut sanctionner. Il faut sanctionner durement.

Parce que aussi ceux qui font les contournements parfois sont les mêmes qui viennent se faire les chantres de notre agriculture et qui viennent faire des leçons de morale à tous. On voit qui c'est. Eh bien, ça suffit. Ça suffit les leçons de morale. Ça suffit l'hypocrisie. Nos agriculteurs, ils ont besoin d'actes. Ils ont surtout besoin de paroles qui ne soient pas des paroles en l'air et qui deviennent réalité. Et c'est ce que nous devons faire. Alors en attendant,

21:36
Présentateur

la colère des paysans continue à gronder. et ils ont manifestement du mal à entendre toutes les annonces, toutes les propositions que vous faites. Ce siège à Paris, vous faites quoi ? Est-ce qu'il faut l'empêcher ? Est-ce qu'il faut décider de contraindre et de lever les barrages, d'obliger à ce que les barrages soient levées ?

21:54
Invité

Évidemment, aujourd'hui, il faut continuer à discuter avec les agriculteurs. Là, c'est une question d'heure quand même,

22:00
Présentateur

le blocus de Paris.

22:03
Invité

Vous savez, on a également une prochaine loi d'orientation agricole qui va être examinée au Parlement dans les semaines qui viennent. Le blocus, c'est demain à 14h. J'entends, mais tout ne se fait pas en un jour. Moi, je crois aujourd'hui qu'ils peuvent savoir un, que nous sommes à leur côté, deux, qu'il y a eu des réponses immédiates qui ont été apportées à leurs difficultés, que d'autres réponses doivent être apportées, mais qu'elles prennent plus de temps et qu'une partie de ces réponses seront justement dans la loi d'orientation agricole qui va être examinée rapidement au Parlement, je l'espère et je le souhaite.

Maintenant, il ne faut pas, je pense, faire ce blocus de Paris parce que est-ce qu'il faut l'empêcher ou pas ? Écoutez, moi, je suis, vous savez, pour le respect des grandes libertés. Donc, il y a la liberté, alors on n'est pas dans le droit de grève, mais il y a la liberté de manifester et elle leur appartient. Il y a aussi la liberté de circulation des uns et des autres et donc, je ne voudrais pas voir une liberté quelle qu'elle soit entraver lorsque l'on veut faire valoir des revendications La ligne d'Armanin

23:13
Yaël Braun-Pivet

qui était plutôt, on ne va pas les taper sur les agriculteurs parce qu'ils n'ont pas attaqué des monuments publics des policiers ou des gendarmes. Est-ce que c'est une ligne qui était compréhensible au début et qui ne le serait plus aujourd'hui ?

23:25
Invité

Mais je viens de vous expliquer que je ne souhaitais pas que la liberté de circulation soit entravée par un quelque mouvement que ce soit et donc, il ne faudrait pas que la manifestation, les manifestations que les agriculteurs font actuellement entravent pleinement la liberté de circulation, donc pas de blocus de Paris, évidemment.

23:44
Présentateur

Mais quand il s'attaque à une préfecture, quand il s'attaque à une MS1, il faut sanctionner ou pas ? Il y a une compassion ?

23:52
Invité

Que tout le monde ait de la compassion, que tout le monde écoute et entend de la colère, bien sûr, et c'est le cas. Après, il faut que chacun agisse dans le cadre de la loi. La loi s'impose à tous et donc, lorsqu'il y a des dégradations de biens publics, lorsqu'il y a des dégradations de biens privés, ces dégradations doivent évidemment être sanctionnées. Moi, je crois que c'est ce que nous attendons tous dans une République, c'est de l'égalité devant la loi. Ça fait partie des principes fondamentaux. Et alors là,

24:23
Présentateur

du coup, on a deux militantes qu'on découvre au musée du Louvre à Paris qui ont aspergé la joconde de soupe. Ça s'est passé il y a moins d'une heure. Il faut les sanctionner ou pas, elles ? Évidemment. En fait, moi, je... Elles ne sont pas prises à des forces de l'ordre et elles ont fait mal à la personne.

24:41
Invité

Non, mais franchement, moi, j'ai du mal avec ces actions militantes et je trouve que le moment, en plus, est très mal choisi. Que veulent ces personnes ? J'avoue que je ne comprends pas bien. Je ne comprends pas bien des actes tels que ceux-là et je trouve que c'est assez insultant et pour... parce que je trouve que c'est... Finalement, ça n'est pas respectueux de la colère légitime des agriculteurs actuellement. Alors,

25:11
Présentateur

je précise quand même

25:11
Invité

et je rappelle

25:12
Présentateur

qu'il y a une vitre devant le théâtre de la Joconde devant la peinture célèbre de la Joconde et que, évidemment, la peinture n'a pas été du tout abîmée. Françoise Fressose.

25:22
Invité

Gabriel Attal s'est beaucoup exposé sur ce sujet puisqu'il a été à la rencontre des agriculteurs et il a fait des annonces. Est-ce que vous lui conseillez de rester en première ligne dans la période un peu compliquée sachant qu'il va faire sa déclaration de politique générale mardi ou qu'il délègue un peu plus à Marc Fénaud, le ministre de l'Agriculture ? Qu'est-ce que vous lui conseilleriez dans la période actuelle ? Non, mais à nouveau, si j'ai des conseils à donner au Premier ministre, je ne les ferai pas sur votre plateau.

En revanche, moi, je trouve ça très bien que, justement, en vue de la déclaration de politique générale, en vue des arbitrages qu'il va devoir rendre sur ces questions agricoles, je trouve ça très bien qu'il soit au contact des agriculteurs, qu'il puisse les écouter, qu'il puisse mieux comprendre cette colère et leurs revendications. À nouveau, moi, j'invite tous les parlementaires et tous les élus à aller au contact des agriculteurs. C'est ce que j'ai fait, c'est ce que je continuerai à faire. C'est important. Il faut ce contact direct, il faut pouvoir avoir ce dialogue parce qu'autrement, on est à côté de la plaque. Et je pense que les sujets sont beaucoup trop importants.

Vous savez, ce n'est pas des dossiers. On ne parle pas de dossiers, on parle de gens, on parle d'hommes et de femmes qui ont la passion de ce métier, qui sont parfois désespérés, qui sont, comme je le disais, parfois ensevelis sous les tracasseries administratives, qui ont le sentiment d'être mal aimés, qui ont le sentiment que parfois, ils sont coupables de tous les maux, alors qu'ils nourrissent la France, ils forgent tous nos paysages et ils font vivre notre histoire et nos traditions.

Donc, qu'on vienne les écouter, qu'on vienne échanger avec eux, qu'on aille les rencontrer là où ils sont, j'ai envie de vous dire, c'est un peu le minimum syndical pour les députés et les hommes et les femmes politiques que nous sommes. C'est très bien que nous y allions

27:05
Présentateur

et que nous continuons à faire. Du paysage politique qu'il dit aujourd'hui. En tout cas, ce qui est surprenant peut-être, c'est que c'est dans ce contexte de crise sociale, de crise agricole, que vous avez décidé à l'Assemblée d'augmenter de 300 euros les frais de mandat de députés. Alors, je rappelle les frais de mandat ce que c'est, c'est cette somme d'argent dont dispose un député pour payer par exemple sa permanence de député, ses frais de représentation, etc. Est-ce que c'était le bon moment de la part du bureau de l'Assemblée de faire voter cette augmentation de 5,4% puisque j'ai fait le calcul ?

27:41
Invité

Vous savez, c'est jamais le bon moment. C'est jamais le bon moment et on considère toujours dans notre pays que les élus sont trop rémunérés et qu'il y a trop d'argent dépensé pour notre démocratie. Il n'y a pas de maladresse là quand même. Mais vous savez, on l'aurait fait il y a un mois, on le ferait dans deux mois. Ça n'aurait pas été, je crois, le bon moment. Après, à nouveau, il faut bien être clair, personne n'a augmenté la rémunération des députés. La rémunération des députés est restée la même et il n'aurait pas été des questions. Oui, on parle des frais de mandat et pas des rémunérations. J'ai vu tellement de désinformations sur le sujet que ça va mieux en le disant.

Il s'agit de l'augmentation d'un plafond de frais de mandat et vous savez... Mais même ceux qui ont voté

28:33
Présentateur

cette augmentation, aujourd'hui, le Rassemblement National par exemple, est gêné par cette augmentation.

28:37
Invité

Donc, il faut la maintenir ? Il faut surtout, moi je crois, assumer ses votes. Le Rassemblement National devrait assumer l'intégralité de ses votes. Et je rappelle, vous voyez, on va revenir sur nos agriculteurs, quand on vote et galime dans l'hémicycle, le Rassemblement National vote contre la loi qui vise à assurer un revenu décent aux agriculteurs. Eh bien, en bureau, ils votent pour et puis après, le lendemain, voudraient rétracter leur vote. Dans une démocratie, moi j'attache beaucoup d'importance au vote. et soyons des personnes politiques responsables. Assumons nos votes et assumons tous nos votes. Donc, vous assumez ? Moi, j'assume le vote qui a été fait à l'unanimité du bureau.

À l'unanimité du bureau, c'est important. Et à nouveau, c'est un plafond et nous sommes la majorité qui a instauré le contrôle des frais de mandat, la présentation de pièces justificatives, le recours à un expert comptable, le contrôle par un déontologue qui est indépendant.

29:35
Yaël Braun-Pivet

Ça fait pour l'aléatoire.

29:36
Invité

Nous étions, je peux vous dire, bien seuls dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale en 2017 quand nous avons imposé cela. Et bien des députés à l'époque nous avaient dit non, non, n'allez pas trop loin dans le contrôle des frais de mandat. Nous l'avons fait et nous l'assumons et nous en sommes fiers. Et aujourd'hui, il n'y a plus un euro qui est dépensé par un député sans qu'on sache pourquoi il a été dépensé. Et certains députés, certains députés qui aujourd'hui n'assument pas la décision que nous avons prise viennent nous voir pour dire ah mais le contrôle est trop strict. Le contrôle n'est jamais trop strict. Monsieur le Président, il est aléatoire ou systématique le contrôle ?

En fait, il est systématique. Les députés pendant leur mandat sont systématiquement contrôlés. Il n'y a pas un député qui termine son mandat sans avoir été contrôlé. Et moi, je peux vous dire que j'ai des députés qui parfois pinaillent, refusent les contrôles et donc on est obligé d'insister très fort. Et puis ceux qui ne remboursent pas en fin de mandat le reliquat de frais, eh bien je leur envoie un huissier. Donc qu'on ne vienne pas me faire de leçons sur ce sujet. Nous sommes exemplaires. Vous l'avez déjà fait ? C'est indispensable.

Et aujourd'hui, ça n'est pas une augmentation de notre rémunération, c'est une augmentation d'un plafond qui nous sert accessoirement à payer nos permanences parlementaires, les voitures, les... Moi j'ai des députés qui achètent un camping-car pour faire des permanences itinérantes. Qu'est-ce qu'on veut ? Qu'ils restent au Palais Bourbon et qu'ils n'aillent pas sur le terrain voir nos concitoyens ? Moi je veux des députés sur le terrain. On vous a mis en colère là, on a senti. Mais oui, parce que je suis fière de mes députés, je suis fière d'avoir des parlementaires qui vont au contact de nos concitoyens.

31:20
Présentateur

La présidente de l'Assemblée nationale, Yael Broun-Pivet, notre invitée jusqu'à 13h dans Questions politiques. On va parler, on va reparler de l'immigration, de la loi immigration qui a été retoquée après la décision du Conseil constitutionnel. Rendue jeudi, la loi a été très rapidement promulguée depuis par le président Macron dès hier. Expurgée donc de 35 de ses articles, comme le disait Françoise Fresseuse en introduction, 40% de la loi a été retoquée par les sages de la rue Montpensier. Yael Broun-Pivet, est-ce qu'on peut à ces députés leur demander de voter une loi qui ne respecte pas la Constitution comme finalement ça s'est passé ?

31:58
Invité

Tout d'abord, moi je voudrais vous dire en tant que présidente de l'Assemblée nationale que je suis profondément inquiète. Vous avez évoqué tout à l'heure certains commentaires d'hommes et de femmes politiques parlant de coups d'État de droit, parlant du Conseil constitutionnel et souhaitant alors non pas sa suppression mais ça sera peut-être la prochaine étape. Et ça, c'est très très grave. Notre rôle en tant qu'hommes et femmes politiques, c'est évidemment de respecter la loi et de respecter notre Constitution. Et la Constitution, et ce n'est pas moi qui le disais, c'est Benjamin Constant qui disait que la Constitution c'est la garantie de liberté d'un peuple.

la garantie de liberté d'un peuple. Notre Constitution, nos règles de l'État de droit, c'est ce qui répartit les pouvoirs entre les uns et les autres mais c'est aussi ce qui garantit nos droits et libertés fondamentales. Et donc, le Conseil constitutionnel qui est en charge d'appliquer la Constitution, il protège l'ensemble des citoyens et depuis en plus une dizaine d'années les citoyens ont le droit d'invoquer la Constitution dans le cadre d'un procès à travers la question prioritaire de constitutionnalité. Et donc, la Constitution c'est notre bien commun et effectivement ceux qui s'attaquent à la Constitution et au Conseil constitutionnel ce sont les régimes illibéraux.

La Hongrie, l'Israël lorsqu'ils ont voulu et on a vu les manifestations qu'il y a eu dans la rue pour sauver la démocratie et donc n'empruntons pas cette voie elle est extrêmement dangereuse et donc il faut mesurer ses propos. Le malaise c'est que l'attaque a été un peu fomentée au Parlement puisque très sciemment la droite a fait passer des amendements qui étaient inconstitutionnels et le gouvernement s'est laissé un peu embarquer dans l'affaire en s'alliant avec la droite sur ce texte. Comment vous jugez ? Quelle impression vous laisse cette séquence ?

Alors ça n'est pas un secret cette séquence moi elle m'a laissé un goût amer elle m'a laissé un goût amer parce que l'Assemblée nationale n'a pas pu délibérer sur ce texte nous n'avons pas pu en débattre et compte tenu de l'importance du sujet il était pour moi fondamental que nous puissions en débattre et c'est une des raisons pour laquelle j'ai soumis le texte au Conseil constitutionnel c'était la cinquième fois que le président d'Assemblée saisissait le Conseil constitutionnel donc un goût amer après nous avons et nous devons avoir une réflexion d'ensemble sur la procédure que nous suivons puisque le Conseil constitutionnel a essentiellement censuré la procédure suivie en censurant des cavaliers législatifs et donc là effectivement c'est l'appréciation de la recevabilité des amendements est faite par les chambres donc Assemblée nationale et Sénat en l'occurrence l'Assemblée nationale n'a pas pu avoir cette appréciation puisque nous n'avons pas délibéré du texte mais effectivement en laissant filer et c'est ce que nous avons fait mais et je ne donne pas de leçon au Sénat parce que l'Assemblée sur d'autres textes l'a fait il faut resserrer en tout cas il faut avoir juste une application de ce qu'est notre constitution et la juridiction mais ça veut dire quoi resserrer mais resserrer comment en fait lorsque nous faisons et moi je l'ai fait quand j'étais présidente de commission et je le fais dans l'hémicycle aujourd'hui lorsque nous apprécions la recevabilité d'un amendement et nous l'apprécions et vos auditeurs le savent au regard de l'article 40 et on en a beaucoup parlé lorsqu'il s'agit de parler des propositions de loi sur les retraites et au titre de l'article 45 qui est le lien avec le texte c'est technique tout ça l'article 45 connaître les auditeurs nous ont perdu non je ne pense pas parce que vos auditeurs s'intéressent à la question démocratique et moi je suis convaincue qu'ils se rendent bien compte que nous avons un cadre et nous avons un cadre dans lequel nous pouvons légiférer nous ne pouvons pas lorsque nous sommes saisis d'un texte mettre tout ce que l'on souhaite dans le texte nous sommes tenus par un périmètre c'est une lecture plus stricte de l'article 45 et dire que certains amendements ne peuvent pas être discutés on est d'accord c'est pas une lecture plus stricte c'est juste la lecture que nous avons depuis des années il y a des une juridicédance vous vous êtes laissé déborder par la droite sur l'immigration et bien effectivement la lecture a été trop permissive et nous savions tous en réalité que ça passerait pas au titre procédural maintenant ce qui est grave c'est de prendre ce prétexte procédural pour dire cela signifie que nous ne pouvons pas discuter d'immigration et donc il faut changer la constitution c'est pas là le sujet il ne faut pas prendre les français justement pour ceux qui ne sont pas ceux ne sont pas des imbéciles quand on parle de procédure ils savent de quoi on parle allez on écoute Nathalie Saint-Cric qui a une question à poser justement

36:54
Yaël Braun-Pivet

pour éviter des phrases comme coup d'état de droit Laurent Wauquiez pour éviter que les français aient l'impression qu'ils ne votent pour rien et qu'il y a le conseil constitutionnel la cour européenne des droits de l'homme je ne sais pas brest que tout se fait ailleurs qu'au Parlement que doit-on faire maintenant avec cette loi dont la moitié ou les deux tiers ont été censurés est-ce qu'on doit la retraiter comme une proposition de loi ou par la voie réglementaire de manière à dire voilà ce que nous choisissons et c'est finalement le Parlement qui a dernier mot puisque vous l'avez répété le conseil constitutionnel a notamment considéré que certaines propositions étaient invalides mais simplement pour des raisons de procédure cavalier c'est-à-dire en gros

37:32
Locuteur non identifié

on a mis dans la loi

37:34
Yaël Braun-Pivet

des trucs qui n'avaient aucun rapport avec l'immigration est-ce que maintenant pour répondre justement aux gens ou à l'incompréhension des français qui disent on ne peut pas faire les quotas on ne peut pas parler de tout ça est-ce qu'il ne faudrait pas reprendre un texte ? on va faire des propositions de la droite et on en fait une proposition de loi

37:48
Invité

ce qui est sûr c'est que pour le gouvernement et pour la majorité ce qui a été validé par le conseil constitutionnel c'est le texte que le gouvernement avait présenté donc le gouvernement et Gérald Darmanin ministre de l'Intérieur l'a exprimé et satisfait dans le sens où ce qu'il proposait a été voté et validé par le conseil constitutionnel rapidité des procédures capacité d'expulser etc.

Maintenant pour les parlementaires puisque la majorité des amendements venaient de la droite sénatoriale ils ont tout à fait la capacité de présenter des propositions de loi reprenant ces mesures et puis nous en débattrons à l'Assemblée nationale et au Sénat et puis le conseil constitutionnel s'il les saisit pourra à ce moment-là dire si toutes les mesures sont conformes à nos principes fondamentaux contenus dans la constitution vous voyez donc en fait il faut je pense faire attention ne pas faire dire aux décisions ce qu'elles ne disent pas et effectivement le parlement peut tout à fait demain délibérer sur ces sujets-là nous en avons parfaitement le droit et nous sommes légitimes

38:55
Présentateur

dans le même esprit on entendait parler donc on a entendu parler d'un accord d'un deal entre le gouvernement et les républicains sur l'AME l'aide médicale d'état vous souhaitez ou pas qu'il y ait effectivement un texte de loi qui soit examiné sur cette question-là en particulier

39:11
Invité

que ce soit un texte de loi ou un fait de façon réglementaire moi ce que je souhaite c'est que nous puissions tirer les enseignements du rapport qui avait été commandé par la première ministre réalisé par Claude Évin et Stéphanini pour justement apporter les modifications nécessaires à l'AME après je pense que ça c'est important et puis c'est un engagement du gouvernement donc il faut tenir ses engagements je pense que ça aussi c'est ce que les français attendent des hommes et des femmes politiques de ce pays qu'on tienne parole qu'on tienne nos engagements et qu'on ne dise pas n'importe quoi à tout bout de champ mais ça c'est une autre affaire alors je voudrais vous faire écouter

39:48
Présentateur

Yael Broun-Pivet votre homologue du Sénat Gérard Larcher qui s'est vivement exprimé cette semaine sur l'inscription de l'IVG dans la constitution

39:56
Locuteur non identifié

je pense que l'IVG n'est pas menacé dans notre pays il y a déjà un certain nombre de décisions du conseil constitutionnel qui garantit l'IVG si l'IVG était menacé croyez moi je me battrai pour qu'il soit maintenu mais je pense que la constitution n'est pas un catalogue de droits sociaux et sociétaux

40:17
Présentateur

qu'est-ce que vous répondez à Gérard Larcher avec lequel vous vous entendez si bien nous nous entendons

40:23
Invité

effectivement très bien mais vous partagez pas toujours toutes les mêmes idées que nous avons organisé ensemble mais évidemment nous avons un certain nombre de points de désaccord et c'est ça qui fait la richesse d'une vie démocratique dans notre pays et c'est heureux sur l'IVG je ne suis évidemment et ce n'est pas un secret pas d'accord avec le président du Sénat pour plusieurs raisons mais pour répondre aux arguments qu'il vient dénoncer j'ai envie de dire d'une part si l'IVG le jour où l'IVG sera menacé ce sera trop tard pour le protéger donc ce sera trop tard pour le constitutionnaliser il faut évidemment le faire avant qu'il ne soit menacé et on voit que les menaces qui peuvent peser sur l'IVG elles ne sont pas théoriques elles existent on a vu un certain nombre de pays avoir des régressions en la matière Etats-Unis Chili Pologne et la liste est longue donc la régression elle est possible elle n'est évidemment pas certaine mais elle est possible et donc agissons avant parce que le jour où certains sont au pouvoir et veulent porter atteinte à l'IVG ça sera trop tard pour le protéger ça me paraît être une évidence la deuxième chose c'est notre constitution est justement là pour protéger les droits et libertés des citoyens Vous êtes pour mais

41:42
Yaël Braun-Pivet

est-ce que Gérard Larcher c'est des convictions ou c'est juste de la politique politicienne pour pas que Macron ait son congrès le 5 mars

41:49
Invité

A nouveau le président du Sénat et nous avions déjà échangé et je ne veux pas faire l'exégèse de sa pensée mais c'est une conviction qui lui est propre et il est tout à fait légitime à penser ce qu'il pense maintenant moi je vous dis d'une part agissons avant que l'IVG soit menacée d'autre part la constitution c'est elle qui garantit l'égalité entre les hommes et les femmes c'est elle qui garantit le principe de laïcité c'est elle qui garantit le droit de grève le droit de manifester la liberté des partis politiques Mais malgré tout est-ce qu'il n'a pas un peu raison Gérard Larcher quand il parle de catalogue

42:19
Présentateur

de droits sociaux et sociétaux est-ce qu'on ne finit pas par en arriver là aussi quand même ?

42:23
Invité

Pas du tout parce que le préambule de 1946 excusez-moi du peu c'est tout sauf un catalogue c'est un des plus beaux textes républicains qu'on ait pu écrire et notre article 1 de notre constitution est effectivement ce qui fait notre nation donc on est dans l'essence même de ce que nous sommes et j'ai envie de rajouter autre chose vous savez on a des précédents en 2007 nous avons constitutionnalisé l'abolition de la peine de mort en France à ce moment-là personne ne voulait revenir sur la peine de mort pour autant ça a été fait par un gouvernement de droite en 2007 et pour deux raisons pour que nous n'ayons pas de régression et pour envoyer un message au monde envoyons le message au monde que la France est à la pointe du combat pour l'universalisation de l'interruption de l'interruption de l'interruption est-ce qu'il faut changer la rédaction ou est-ce qu'il y a un vrai risque qu'il n'y ait pas de révision constitutionnelle là-dessus ?

Parce que voilà sans le Sénat il n'y aura pas de révision constitutionnelle C'est le principe de la révision constitutionnelle et c'est heureux et c'est d'ailleurs pour ça que certains voudraient contourner les modalités de révision de la constitution pour se passer parfois de l'accord d'une ou deux chambres moi je ne veux pas de ça on a verrouillé justement les révisions constitutionnelles en les rendant difficiles pour que justement elles puissent être portées très largement par les parlementaires ou par le peuple français donc faisons attention à cela mais donc au Sénat moi je pense que nous pouvons avoir une majorité je l'espère en tout cas Mais vous pouvez réussir à convaincre Gérard Marchais que vous connaissez bien vous pensez vraiment que vous allez réussir à le faire changer d'avis ?

J'espère que mes arguments porteront maintenant ce qui est sûr c'est que la rédaction qu'a retenue le gouvernement est une rédaction qui est à mi-chemin entre la rédaction qui avait été votée par le Sénat et celle à l'Assemblée Donc on n'y touche pas Moi vous savez à l'Assemblée j'ai présidé l'intégralité du débat et j'ai entendu beaucoup de députés dire la rédaction ne me convient pas parfaitement mais je pense que c'est trop important de constitutionnaliser l'interruption volontaire de grossesse donc faisons tous un effort faisons tous un effort il en va d'une liberté fondamentale et moi je veux léguer à mes filles la certitude qu'elles possèderont pour toujours cette liberté

44:40
Présentateur

Donc ça Gérard Larchais de faire un petit effort on vous a bien compris Merci Yael Broun-Pivet vous restez avec nous on va accueillir notre deuxième invité pour le livre de la semaine France Inter Questions politiques Karine Bécard Bonjour Agathe Cagé Merci de nous avoir rejoints sur le plateau de Questions politiques vous êtes docteur en sciences politiques et vous publiez en ce mois de janvier un nouvel essai classe figée avec ce sous-titre Comprendre la France empêchée ça sort aux éditions Flammarion vous écrivez dans cet ouvrage Agathe Cagé et c'est d'ailleurs votre toute première phrase la France n'est plus une société de classe moyenne elle est devenue une société de classe figée donc qu'est-ce que vous appelez des classes figées vous parlez de qui exactement il y a qui derrière cette France empêchée

45:30
Invité

Derrière cette France empêchée il y a l'immense majorité des français j'ai voulu avoir une approche de la société française qui soit pas une approche qui se segmente qui soit pas une approche à partir de fractures qui parfois sont des fausses fractures on aime bien les fausses oppositions entre classe moyenne classe populaire urbain, ruraux ceux qui travailleraient ceux qui ne voudraient pas travailler en réalité en termes de problématiques si on regarde le quotidien des français si on regarde ce que vivent les français dans leur rapport au travail dans leur rapport à la mobilité dans leur accès au logement dans leur rapport également à la consommation et surtout dans la construction de leur avenir et de l'avenir de leur enfant l'immense majorité des français est bloquée par une forme de sentiment d'empêchement c'est à dire à la fois le fait d'être confronté en permanence à des crises écologiques sociales économiques et d'avoir le sentiment face à ces crises de ne pas pouvoir s'en sortir de ne pas pouvoir avoir un horizon ouvert devant eux mais finalement d'être contraint à accepter une forme de dégradation permanente de leur situation et ça me semblait extrêmement important de porter ce diagnostic et ce regard sur la société française parce que si on ne comprend pas ce sentiment d'empêchement si on ne comprend pas ce que vivent les classes figées on ne peut pas leur apporter ensuite les réponses politiques appropriées

46:42
Présentateur

et donc il y a une classe comment vous l'appelez une minorité resserrée qui est vraiment toute petite d'ailleurs si vous pouvez la quantifier ça m'intéresse j'ai l'impression que c'est quoi c'est 6% c'est ça c'est 5-6% si on comprend bien votre ouvrage et puis tout le reste c'est des classes figées c'est aussi simple que ça

46:56
Invité

j'ai pris ce chiffre de 6% parce que c'est un chiffre extrêmement intéressant ça correspond en fait à la part des français qui au moment de l'appel au confinement ont transformé cet appel au confinement en départ vers des résidents secondaires et cet exemple me paraissait intéressant parce que ce qui est essentiel dans ce comportement de ne pas considérer que le confinement s'applique à eux-mêmes c'est le fait de se mettre un peu en dehors de l'effort commun de la problématique commune et considérer que finalement les crises et les problèmes et les incertitudes auxquelles sont confrontés l'ensemble des français ne correspondaient pas à ce que cette extrêmement petite minorité avait à vivre l'ensemble des français la grande majorité celle que j'appelle la France des classes figées bien sûr qu'il y a des situations qui sont extrêmement différentes en termes de revenus on a des français qui sont confrontés 15% aujourd'hui à des situations de pauvreté on a des français qui sont propriétaires d'autres qui ne le sont pas on a des français qui vivent dans le périurbain il y a des français qui vivent dans les villes mais tous d'une certaine manière sont confrontés à la même problématique de l'empêchement

47:57
Yaël Braun-Pivet

Excusez-moi je ne comprends pas sur les 5-6% les gens qui vivent en province et qu'on a un jardin et tout ils n'avaient pas besoin de résidence secondaire vous parlez des urbains qui ont pu partir c'est ça ?

48:06
Invité

Je parle de ceux qui ont fait le choix de se dire peut-être que le confinement c'est pas je reste là où je suis mais je pars c'est une manière de quantifier un peu la part de ceux qui se sont dit l'effort commun n'est pas pour moi il y a un exemple que je trouve vraiment intéressant c'est la problématique aujourd'hui des services publics vous avez une parole de ceux qui font vivre l'école qui font vivre la santé qui font vivre également les tribunaux les juges les magistrats les enseignants les infirmiers les médecins qui disent aujourd'hui on n'est pas capable de travailler dans des bonnes conditions on n'est même pas capable je reprends leur mot de travailler avec dignité parce qu'on n'a pas les conditions qui nous permettent de le faire c'est à dire que dans notre travail on voudrait apporter plus de services publics un service éducatif de meilleure qualité on voudrait soigner dans des meilleures conditions on n'est pas capable de le faire et ça ça impacte

48:55
Présentateur

l'ensemble des français vos classes figées c'est pas les gilets jaunes

48:57
Invité

c'est beaucoup plus que ça c'est beaucoup plus que les gilets jaunes les gilets jaunes ont dit quelque chose les gilets jaunes ont dit attention on a des possibilités de mobilité qui sont extrêmement limitées on n'arrive pas à se déplacer or aujourd'hui si vous voulez bien vivre en France il faut avoir une capacité de se déplacer que ce soit par les transports en commun ou que ce soit par la voiture individuelle les gilets jaunes ont dit ça les gilets jaunes ont dit attention on n'arrive pas à vivre aujourd'hui parce que la rémunération n'est pas assez importante par rapport à nos besoins pour vivre mais la problématique que les gilets jaunes ont mis en avant ça touche globalement la grande majorité des français il y a un chiffre qui est extrêmement intéressant c'est le niveau des dépenses contraintes aujourd'hui c'est à dire les dépenses dont vous ne pouvez pas vous passer dans les années 1970 le niveau des dépenses contraintes en France c'était 12% aujourd'hui le niveau des dépenses contraintes c'est 30% c'est à dire que vous avez une forme de rapport à la consommation qui est un rapport à la consommation extrêmement limité et d'ailleurs avec l'inflation les français ont fait un choix inattendu c'est à dire qu'ils ont décidé de moins consommer en valeur

50:04
Présentateur

la crise qu'on vit là en ce moment la crise agricole les agriculteurs c'est dans la classe figée aussi ou finalement eux ils ont quand même ils sont une catégorie à part

50:12
Invité

les agriculteurs qu'est-ce qu'ils nous disent ils nous disent on n'a plus les moyens de travailler correctement c'est à dire qu'on n'a plus les moyens finalement de proposer une agriculture qui d'abord leur permettrait de vivre correctement et ensuite permettrait de nourrir le pays correctement c'est le même sentiment d'empêchement qui est prononcé qui est exprimé par les agriculteurs finalement le même sentiment qui est exprimé par les agriculteurs que celui qui est exprimé par les cultivateurs de l'esprit qui sont nos enseignants Françoise peut-être faire réagir Yoel Brunpivé quand vous dites les dépenses contraintes il y a en ce moment une question sur le logement très très importante c'est à dire qu'on sent que dans les grands dossiers qui n'arrivent pas à résoudre le gouvernement c'est la question de loger notamment en lien avec la réindustrialisation c'est à dire trouver des logements est-ce qu'à l'Assemblée nationale vous allez vous emparer du sujet et faire quelque chose de fort sur le logement dans les mois qui viennent parce que ça devient vraiment la préoccupation

51:08
Yaël Braun-Pivet

et je précise que sur la natalité ça peut retentir aussi parce que quand on veut avoir un enfant et qu'on ne sait pas où le mettre pardon

51:13
Invité

c'est effectivement un problème qui concerne beaucoup de français et sur lequel on doit agir il y a beaucoup c'est très complexe mais par exemple on va dès demain examiner une proposition de loi qui concerne la fiscalité des airbnb qu'est-ce que vous allez faire parce qu'on en parle depuis des mois et en fait rien ne se passe le projet la proposition de loi qui émane deux parlementaires qui est en plus et c'est intéressant transpartisane majorité opposition elle va viser demain à aligner en fait la fiscalité des airbnb sur celle des meublés classiques et puis nous allons soumettre aussi les airbnb les meublés aux déclarations aux études concernant les diagnostics énergétiques etc l'idée c'est de faire en sorte que ça soit moins attractif de restaurer de l'équité parce que pareil moi je reviens de Charente-Maritime il y a des communes qui sont la Rochelle c'est 7000 logements qui sont réservés aux airbnb et donc les gens qui travaillent à la Rochelle sont obligés d'aller habiter à 30-40 km ce qui génère des problèmes de mobilité d'accessibilité etc mais du coup vous allez vous voir par exemple créer des quotas plusieurs propositions de loi qui sont au travail qui sont travaillées majorité opposition et le gouvernement devait nous présenter au Parlement pendant le premier semestre un grand projet de loi logement et ça vous l'attendez moi je l'attends vous interpellez Attal en disant voilà il nous faut je lui en ai parlé il nous le faut et il nous le faut aussi avec un titre spécifique alors là pour les outre-mer parce qu'il y a d'énormes difficultés de logements qui sont très spécifiques sur Mayotte sur la Réunion etc et là il faudra avoir des réponses adaptées donc moi j'ai interpellé le premier ministre sur un grand projet de loi logement avec un titre pour nos outre-mer pour qu'à chaque fois on puisse avoir les bonnes réponses et des réponses qui soient efficaces il ne faut pas traîner parce que vous savez qu'en matière de logement il y a une force d'inertie très importante et donc il est urgent que nous légiférions pour pouvoir apporter des réponses rapides à nos compatriotes sur ce sujet là c'était très bien j'ai été longue mais c'est important je voudrais quand même

53:28
Présentateur

qu'on revienne à notre invité qui publie un bouquin absolument passionnant sur ces frances figées ces classes figées la faute à qui Agathe Cagé est-ce que c'est la faute aux politiques aux élus est-ce que c'est la faute à l'Etat qui n'a plus de moyens pour ces services publics

53:45
Invité

il y a une question politique c'est-à-dire que je me pointe à un problème qui est ce problème d'empêchement qui appelle des réponses qui sont des réponses politiques et je dirais la faute aux politiques au sens où si on reste avec une vision de la France et un récit qui est la vision de la France et le récit des 30 glorieuses quand on parle de la France des classes moyennes en réalité on parle de la France des 30 glorieuses donc si on considère qu'on a toujours une société française qui est extrêmement mobile qui n'est pas confrontée à des problèmes de déterminisme économique social on n'apportera pas les bonnes réponses donc je pense que les politiques doivent sortir de la cécité de la facilité un peu statistique de se dire on va s'adresser à la grande France des classes moyennes et répondre plus concrètement au sujet et une des parties de la réponse à ce sujet c'est de ne pas penser la solution en termes d'émancipation individuelle de ne pas parler des solutions qu'on va apporter à quelques premiers de cordée qui ensuite tireraient de manière hypothétique l'ensemble de la société française mais penser une solution en termes d'émancipation collective et là le rôle de l'Etat est essentiel parce que le rôle de l'Etat de la puissance publique et des services publics c'est de redonner par l'école le travail la culture les moyens à tous les français de réouvrir leur horizon et de retrouver des possibilités merci infiniment merci à toutes les deux mesdames

54:56
Présentateur

c'est la fin de cette émission je vous dis à dimanche prochain bonne semaine merci à tous