La censure a permis de bloquer le mauvais budget du gouvernement ! - Thomas Ménagé (Public Sénat)
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Questions et réponses
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Est-ce qu'avec cette censure, Marine Le Pen a tout perdu, comme le dit ce matin François Hollande ?
- 0:46RelanceRéponse partielle
On parle de votre capacité à peser sur les décisions du gouvernement.
- 0:58RelanceRéponse partielle
Vous n'êtes plus autour de la table des négociations.
- 1:31OuverteRéponse directe
Est-ce qu'avec cette censure, vous avez mis à mal des mois de dédiabolisation ?
- 1:36OuverteRéponse directe
Pourquoi vous avez perdu un siège ce week-end dans les Ardennes ?
- 2:26RelanceRéponse directe
Vous aviez une arme extrêmement puissante, la motion de censure. De quelles armes vous pouvez user aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« François Hollande prend ses rêves pour des réalités »
- 1:45Invité politiqueFait
« Leur seul combat et leur seul intérêt commun, c'est de combattre le RN »
- 6:43Invité politiqueFait
« Ce budget était mauvais pour les entreprises, mauvais pour les retraités, mauvais pour les classes populaires et les classes moyennes »
- 6:50Invité politiqueChiffre
« Il augmentait de 30 à 40 milliards la pression fiscale »
- 15:01Invité politiquePromesse
« Nous voterions cette loi spéciale »
Temps de parole
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Bonjour Thomas Ménager, merci beaucoup, merci d'avoir accepté notre invitation. Député du Loiret, porte-parole du Rassemblement National, on est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Christelle Bertrand de La Dépêche.
Bonjour Christelle. Bonjour Yann, bonjour Thomas Ménager. Bonjour.
Emmanuel Macron qui poursuit ses consultations, Thomas Ménager, sans le Rassemblement National, est-ce qu'avec cette censure, Marine Le Pen a tout perdu, comme le dit ce matin François Hollande dans Le Parisien ?
Je pense que François Hollande prend ses rêves pour des réalités, et je pense que s'il a lu toute la presse de ce matin, le sondage de vos confrères du Figaro, de Sud Radio, qui montre une progression de Marine Le Pen de 3 points à 38% dans certaines configurations à l'élection présidentielle, montre bien qu'au-delà de ce qui a pu se dire sur les plateaux de télévision et par nos opposants politiques, le choix de la censure était le meilleur choix pour protéger les Français, et eux, ils l'ont bien compris.
Là on ne parle pas des sondages, on parle de votre capacité à peser sur les décisions du gouvernement. – Il y a encore quelques semaines, Michel Barnier corrigé son ministre de l'Économie, qui disait qu'il ne discuterait pas avec vous, vous aviez un certain poids. Aujourd'hui, vous n'êtes plus autour de la table des négociations.
– Alors ce n'était pas des négociations hier, enfin c'était des négociations pour des postes… – Enfin des discussions si vous voulez. – Oui mais ce n'était pas des… le vrai sujet ça sera de voir, et là je pense qu'on ne pourra pas faire fi du premier groupe à l'Assemblée Nationale au moment des discussions budgétaires dans quelques jours avec le Premier ministre. Hier c'était une réunion pour savoir comment faire une coalition avec tout le parti uni qui va au final du parti socialiste à Laurent Wauquiez, en gros le retour de l'UMPS, où on essaie de se répartir les postes pour mépriser les 11 millions d'électeurs qui ont voté pour le Rassemblement National.
– Sauf que là, le seul point d'accord entre tous ces partis, c'est que le RN n'est plus un interlocuteur. Est-ce qu'avec cette censure, vous avez mis à mal des mois de dédiabolisation ?
– Ça permet au moins de clarifier définitivement et confirmer ce que l'on dit depuis des mois, et confirmer ce qui s'est passé aux élections législatives. Leur seul combat et leur seul intérêt commun, c'est de combattre le RN. Ce n'était pas une réunion pour savoir comment combattre les questions de pouvoir d'achat, comment aider nos agriculteurs, comment régler les problèmes de santé, comment régler les problèmes de sécurité.
– Mais attendez, on nous a dit la même chose au moment des élections législatives, où on nous a évacués de tous les postes à l'Assemblée Nationale, en disant vous arrivez avec maintenant 140 députés, avec vos alliés d'Éric Ciotti, mais vous êtes au final beaucoup plus faible, puisque vous n'avez plus ces postes. Et trois mois après, c'est nous qui avons réussi à avoir ce bras de fer avec le gouvernement, et à bloquer le gouvernement avec cette motion de censure, où nous avons utilisé le NFP comme un outil, mais c'est nous qui avons enclenché cette censure pour protéger les Français.
– Vous venez de le dire, vous aviez une arme extrêmement puissante, qui était la motion de censure. Aujourd'hui, vous ne l'avez plus, vous ne l'aurez plus en tous les cas, si tous les partis qui étaient autour de la table se mettent d'accord. De quelles armes vous pouvez user aujourd'hui pour vous faire entendre ?
– Mais je pense que la motion de censure existera toujours, parce que déjà en plus ça serait méconnaître totalement la Constitution.
– LFIRN, ça ne fait pas une majorité.
– Oui, mais attendez, je pense qu'il ne faut pas non plus présager des changes, ce n'est pas parce que le Président de la République rêve de cette grande coalition qu'ils arriveront déjà à se mettre d'accord, ce qui serait assez fou de voir des personnes qui pourtant font le tour des plateaux télé en disant nous on est de gauche, on combat la droite et réussir à s'entendre aujourd'hui contre le Rassemblement national et de ne pas censurer. Et puis surtout ça serait méconnaître la Constitution, parce que l'article 27 de la Constitution est très clair, on interdit les mandats impératifs.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui si le Président de la République s'assoit sur la Constitution en disant aujourd'hui certains groupes, certains parlementaires s'interdisent de censurer, ça serait un, méconnaître la Constitution. Et franchement, je vous le dis, ce n'est pas parce que le Président de la République et qu'un certain nombre rêvent de pouvoir mettre totalement de côté le Rassemblement national en s'entendant dans une alliance du Parti unique qu'ils réussiront à le faire. Nous, je peux vous le dire, on pèsera de manière très très forte et on ne pourra pas dans tous les cas nous faire disparaître de cette Assemblée.
Mais en utilisant ce vocabulaire qui avait été un peu rangé dans les tiroirs du MPS, est-ce que ça ne vous ramène pas à une époque où vous étiez un parti plutôt dédiabolisé, enfin plutôt diabolisé, vous avez réussi un chemin de dédiabolisation aujourd'hui, est-ce que ça ne vous ramène pas en arrière ?
– C'est juste une réalité, ce n'est ni un retour en arrière, ni une quelconque volonté de communication d'un sens ou d'un autre, c'est juste qu'à un moment, quand vous êtes au moment des élections législatives, quand la France insoumise, le PS se désiste pour des candidats de droite ou des candidats macronistes, quand des candidats macronistes ou des candidats de droite se désistent pour faire élire des candidats du nouveau Front populaire d'extrême-gauche, à un moment, il y a un parti unique qui, à l'époque, s'appelait à une certaine époque l'UMPS, et là on voit qu'il y a un parallèle que l'on peut faire.
Je ne pense pas que ça fasse un retour en arrière réel par rapport à ce qu'est le Rassemblement national. On a montré à quel point on était constructif, à quel point on a apporté des mesures avec des lignes rouges, mais des contre-mesures financées, et qu'on n'était pas un parti d'opposition comme la France insoumise qui veut bloquer l'ensemble des institutions, mais qu'on était un parti constructif dans l'intérêt de la nation.
– Mais aujourd'hui, vous vous retrouvez au même niveau que la France insoumise, tous les deux dans les oppositions, avec un groupe au milieu qui réussit à discuter, on ne sait pas encore s'il réussit à en se mettre d'accord, mais qui réussit à discuter.
– C'est ce qu'a créé le président de la République hier, c'est ce qu'a voulu créer le président de la République hier. Attendons, vous savez, en politique, on l'a vu encore ces derniers mois, on avait dit le Rassemblement national ne pèsera pas, il n'existe plus à l'Assemblée nationale.
– Vous êtes prêts à y aller, vous, à l'Élysée, si vous aviez été invité ? C'est bien la preuve que le RN avait aussi envie de participer à ces discussions.
– Nous, quand il y a des discussions sur les sujets de fond, on y va à chaque fois.
– Pourtant, vous n'auriez pas dit qu'on est dans le parti unique.
– Non, mais hier, on a très compris, et c'est pour cette raison que Marine Le Pen l'a encore confirmé, on n'y serait pas forcément allé, vu la configuration d'hier. Habituellement, dès que la République nous convoque, le président de la République, et on respecte la cinquième République et les institutions, on y va, pour représenter les 11 millions d'électeurs qui nous ont fait confiance, mais hier, au final, c'était vraiment comment s'entendre, comment se répartir les postes entre les différents partis dans un parti unique.
Et c'est vrai qu'on n'avait pas notre place hier parce qu'on n'est pas dans ce parti unique et qu'on est aujourd'hui, et c'était la seule preuve de la réunion d'hier, la seule opposition à Emmanuel Macron quand ils se coalissent tous derrière Emmanuel Macron en essayant de constituer une coalition gouvernementale.
– Vous attendiez à ce que tout le monde accepte de se retrouver autour d'une table de discussion comme ça ? – Ils ont réussi. – C'est quelque chose que vous aviez prévu ou c'est quelque chose qui vous surprend ?
– Ils ont réussi à le faire au moment des élections législatives. Dès lors qu'il s'agit de se sauver, oui mais vous savez, dès lors qu'il s'agit de se sauver eux, sauver leurs postes, sauver leurs fonctions, et qu'ils voient la montée du Rassemblement national qui ne cesse de progresser dans l'ensemble des élections et l'ensemble des intentions de vote, comme je vous le disais ce matin, eh bien ils cherchent par tout moyen à se sauver et à se protéger. C'est aussi pour ça que le président de la République…
– Si vous aviez prévu ça, vous auriez voté la censure ?
– Vous savez, la censure, elle n'a pas une vocation stratégique pour le coup d'après. La vraie question de la censure, c'était est-ce que le budget était bon ou non ? Nous, c'était la seule possibilité de bloquer ce budget. Ce budget était mauvais pour les entreprises, mauvais pour les retraités, mauvais pour les classes populaires et les classes moyennes. Il augmentait de 30 à 40 milliards la pression fiscale. Si ça aurait été un budget fait par un gouvernement de gauche, la droite aurait fait le tour des plateaux télévisés pour dire que c'est un budget socialiste qui augmente les impôts. Donc non, ce n'était pas dans une vocation stratégique.
C'était le seul objectif, c'était protéger les Français et surtout être en conscience. – Mais est-ce que vos électeurs, ils ne vous le font pas payer ?
Est-ce que vos électeurs, ils ne vous le font pas payer ? Pourquoi vous avez perdu un siège ce week-end dans les Ardennes ? Vous ne payez pas la censure ?
– Non, absolument pas. Je vous dis, il y a des intentions de vote qui sont sorties. – Et alors déjà de manière assez faible, ce n'était pas une élection nette en juillet dernier. Et surtout, vous le savez, dans une partielle, on passe de 60% d'électeurs à 30% d'électeurs. Donc en fait, le député qui en plus a menti, puisqu'il a caché partout que c'était un député macroniste, du groupe majoritaire, il s'est présenté comme un divers droite, bon teint.
– Donc ça veut dire que vos électeurs, ils ne se sont pas mobilisés ?
– Ah, ça on le sait, pendant les élections partielles, il est toujours difficile de mobiliser la totalité de notre électorat. Il y a un électorat qui se mobilise souvent que quand il y a une campagne, il y a une dynamique nationale et il n'est pas forcément au courant d'une partielle. Et donc c'est pour ça qu'il y a eu deux fois moins d'électeurs. Donc peut-être, mais ça a été juste, puisqu'on était à 49%, à moins de 300 ou 400 voix, c'est très peu. Donc ça confirme juste une chose, c'est que si dans quelques mois il y a une dissolution, avec 60% d'électeurs de participation,
cette élection, elle sera très nette pour le Rassemblement national. – On sait quand même que vous avez deux types d'électorat, l'électorat traditionnel, qui sans doute pouvait soutenir la motion de censure, et un électorat plus mouvant, on va dire, qui vient des LR, qui lui est partisan plutôt de calme et d'ordre, et qui est plus dubitatif face à cette décision. Vous ne craignez pas de les perdre, ceux-là ?
– Non, je vous le dis, moi j'étais sur le terrain, alors quand j'écoutais certains éditorialistes, à un moment je me suis posé des questions, mais le terrain ce week-end m'a confirmé que les Français… – Les chefs d'entreprise par exemple,
qui ont besoin de stabilité pour investir, – Oui, mais les chefs d'entreprise,
ils défendent cette volonté de stabilité, et de base ils ne sont pas favorables aux censures, mais quand ils ont vu un budget qui allait supprimer les aides à l'apprentissage, augmenter les charges, alors qu'on est déjà un pays qui connaît un coût du travail très important, qui grève notre compétitivité avec la fin de ces exonérations, sans compter l'augmentation de l'électricité, qui leur aurait fait aussi un petit peu de mal, donc tout ça, vous voyez bien que pour les entreprises, ça aurait été un budget qui leur aurait fait énormément de mal, et ils ont été les premiers, pour un certain nombre, à nous envoyer des messages, moi je le vois sur mon territoire, en disant, vous ne pouvez pas laisser le coût du travail augmenter, parce que, alors que même qu'il y a déjà près de 60 000 défaillances d'entreprises cette année, un record, on ne peut pas continuer en augmentant les coûts et les charges sur les entreprises, alors que la situation est déjà très complexe.
– Et la question qu'on se pose aujourd'hui, c'est qu'est-ce qui vous fait dire que le budget qui sera discuté demain par ceux qui auront réussi à se mettre d'accord autour de la table à l'Élysée sera meilleur que le budget que vous avez censuré ? Parce que ce seront les mêmes, avec la gauche en plus, qui discuteront du futur budget.
– Alors, s'il y a une coalition qui se crée pour un budget néfaste pour les Français, bon, les Français sauront à qui aussi demander des comptes. Mais nous, quand on a censuré, on a censuré avec l'objectif, et on va tout faire pour, d'améliorer ce budget en faisant que le nouveau Premier ministre, son nouveau gouvernement, entend les lignes rouges, notamment sur la désindexation des retraites. Je veux dire, c'est sûr que dans un monde, si on fait de la politique fiction… – Pardon, mais on tourne un peu en rond,
mais comment vous allez les faire entendre puisque plus personne ne vous écoute ?
– Non, mais attendez, c'est pas parce qu'hier, on n'a pas été présent à la Réunion pour se répartir les voitures de fonction, les cartes de visite et les cabinets ministériels…
– C'est pas ça, parce que tout le monde n'entrera pas au gouvernement,
les gens qui étaient autour de la table et ils l'ont dit. – Tout le monde n'entrera pas au gouvernement, mais on se rend bien compte que chacun veut sa petite part du gâteau, ils se sont réunis, on verra s'ils y arriveront déjà. Et voilà, on peut faire de la politique fiction où ils arrivent à s'entendre, ils arrivent socialistes et personnes prétendument de droite à faire un budget, mais nous, on sera là pour défendre les Français et je peux vous le dire, on y arrivera, qu'on y arrivera à chaque fois et qu'on a réussi à bloquer ce mauvais budget pour les Français.
– Parce qu'en censurant, vous avez quand même assumé quelques défaites, notamment sur le budget de la ME, qui va finalement être produit à l'identique au lieu d'être diminué, comme ça avait été proposé dans le budget. Vous regrettez pas ?
– Comment vous le savez ? C'est pas parce que les bruits de couloirs, d'une réunion d'une journée avec Marine Tondelier et Olivier Faure et Laurent Bouquet…
– On voit bien que les lignes bougent à gauche aujourd'hui.
– Enfin, en même temps, les lignes bougent à gauche et on entend des premiers ministres qui ne sont pas de gauche et tant mieux parce qu'on a toujours dit qu'on les censurerait a priori et qu'on bloquerait tout premier ministre qui serait de près ou de loin.
– Et vous avez plus la capacité de censurer ? – De tout le nouveau Front populaire, Thomas Ménager ?
– Enfin, on fera l'interview dans deux mois, si vous voulez. Mais là, sur la base d'une réunion qui n'a abouti à rien, si ce n'est dans l'esprit d'Emmanuel Macron, d'un grand rêve de reconstituer ce parti unique, de constituer définitivement ce parti unique, pour le moment, il n'y a rien. Donc moi, je veux bien qu'on fasse de la politique fiction en disant « Vous ne pouvez plus, etc. » Aujourd'hui, on est la première force politique de ce pays. – Vous espérez que les discussions n'aboutissent pas ? – On a la première délégation, le premier groupe à l'Assemblée nationale. On sera… – Vous censurez totalement un élément moteur et un élément indissociable.
– Un premier ministre issu de n'importe quel parti du nouveau Front populaire ? C'est-à-dire que vous censurez un Bernard Cazeneuve, par exemple, qui lui n'est pas très nouveau Front populaire ?
– Oui, on censura toute personne qui veut, dans tous les cas, appliquer le programme du nouveau Front populaire. Toute personne issue d'Europe Écologie, Les Verts ou de la France insoumise a pris sur d'autres personnalités. – Pas forcément les socialistes, par exemple. – D'autres personnalités, on échangera, mais aujourd'hui, des socialistes qui ne veulent pas faire un programme socialiste, des socialistes qui ne veulent pas faire le programme du nouveau Front populaire, notamment les socialistes qui savent qu'ils ont besoin pertinemment de la France insoumise lors d'une possible dissolution pour se faire élire, aujourd'hui, ça encore, c'est de la politique fiction.
Et donc, vous savez, la question, ce n'est pas le casting, la vraie question, c'est le scénario. Et aujourd'hui, on se rend bien compte qu'Emmanuel Macron veut continuer toujours le même scénario du macronisme depuis 7 ans, mais là, il a essayé de trouver des nouveaux acteurs et de casser d'autres personnes.
– Par exemple, si c'est François Bayrou ? Est-ce que François Bayrou, c'est un Premier ministre acceptable pour lui ?
– On a fixé des lignes rouges sur le respect de nos électeurs. François Bayrou, même si c'est un opposant politique, aujourd'hui, il n'a jamais été outrancier, comme M. Bertrand ou d'autres, sur le Rassemblement national. – Vous entretenez plutôt de bonnes relations avec François Bayrou ? – Bien entendu, il y a des personnalités comme ça, avec qui, même s'ils sont dans des opposants, nous, on veut que nos électeurs soient respectés. Mais aujourd'hui, on a déjà vécu ça il y a quelques semaines, on nous a fait commenter tous les noms possibles et inimaginables.
– Parce que vous en avez censuré une partie, à commencer par Xavier Bertrand.
– Oui, bien sûr, parce que nous… – Donc là, le casting avait une importance. – Vous savez, Xavier Bertrand, il avait dit qu'il voulait casser la mâchoire du Front national. Casser la mâchoire d'un parti politique qui est votre opposant, c'est des propos qui sont outranciers, honteux, et qui méprisent totalement tous les Français qui nous font confiance. Donc bien entendu, ce genre de personnes ne peut pas rassembler et ne peut pas obtenir notre approbation.
– Les représentants de votre parti, que ce soit Marine Le Pen, ou Jordan Bardella ou d'autres, ont eu des contacts avec François Bayrou aujourd'hui. On sait qu'il prend des contacts, notamment…
– Je n'ai aucune information sur ce domaine, et même si j'en avais, pour être très sincère avec vous, et très honnête, c'est rare en politique, je ne vous le dirai pas.
– Ce matin est présentée en Conseil des ministres la loi spéciale, et le Conseil d'État, qui a rendu son avis hier, dit qu'il n'y aura pas d'indexation du barème de l'impôt sur le revenu. Est-ce que vous avez menti aux Français ?
– Non, alors Adrien, le Conseil d'État, il dit qu'il ne peut, dans un jugement conforme à la Constitution, ne peut qu'y avoir un amendement qui indexe le barème d'impôt sur le revenu. Premier point…
– C'est ce que dit aussi Laurent Saint-Martin, ce n'est pas constitutionnel.
– Mais on est d'accord que pour pouvoir que ça soit jugé inconstitutionnel, il faut qu'il y ait une saisine du Conseil constitutionnel, parce qu'il ne peut pas se saisir lui seul. Il faut qu'il y ait 60 députés ou 60 sénateurs qui saisissent le Conseil constitutionnel. Aujourd'hui, je pense que tous les groupes politiques peuvent s'entendre, et je vous mets au défi de trouver le groupe politique qui va dire, nous, nous allons saisir et empêcher l'indexation du barème, de l'impôt sur le revenu dans cette loi spéciale. Si jamais quelqu'un est suffisamment…
– Donc vous entendez pour ne pas saisir le Conseil constitutionnel ?
– Il faut qu'on s'entende, bien entendu, on a toujours dit que nous, nous voterions cette loi spéciale. Je pense que tous les partis politiques, dans une volonté de continuité de la nation, vont voter cette loi spéciale, et je pense que tous les groupes politiques peuvent s'entendre pour ne pas saisir le Conseil constitutionnel, parce qu'il n'y a pas de valeur fondamentale menacée, il n'y a pas une nécessité de saisir le Conseil constitutionnel.
Mais si jamais, pour x ou y raisons, la loi spéciale n'intégrait pas, parce que notamment l'amendement serait jugé irrecevable, par le président de l'Assemblée nationale, notamment, il y aura la possibilité, jusqu'au mois de mai-juin, de le mettre dans le prochain budget. Donc ne jouons pas à nouveau…
– C'est quand même un problème de voter une loi constitutionnelle, non ?
– Ne jouons pas sur les peurs. Aujourd'hui, il y a peut-être un débat juridique et technique sur cette possibilité de l'indexer, notamment suite à la LOLF, avec une évolution, avec la loi organique relative aux lois de finances, mais c'est des débats très techniques, très constitutionnels, mais ce que je veux surtout dire ce matin, c'est que même si on n'y arrivait pas pour x ou y raisons dans la loi spéciale, on aura largement le temps dans le budget, puisque le calcul de l'impôt sur le revenu, il ne se fait pas au mois de janvier, de le faire dans les 4-5 premiers mois de l'année, avec le nouveau budget, parce que la France, il faut rassurer tout le monde, aura un budget.
On nous a fait le coup des marchés financiers qui allaient s'écrouler, des taux d'adérêts qui allaient augmenter, ça n'a pas existé. On nous a fait le coup des cartes vitales qui allaient ne plus marcher au 1er janvier, tout le monde a démenti. On nous fait le coup aujourd'hui de l'impôt sur le revenu qui va exploser et qui va faire entrer un certain nombre de ménages dans l'impôt sur le revenu, c'est faux, rassurons les gens, arrêtons de faire peur pour essayer de décrédibiliser certains opposants. Je trouve ça vraiment pas forcément à la hauteur d'entendre certains sur les plateaux télé prendre ce type de propos. C'est des propos qui sont pour moi populistes, qui jouent sur les peurs.
Il n'y a pas de risque pour les Français de voir leur impôt sur le revenu.
Il y a une catégorie professionnelle quand même qui a beaucoup perdu dans cette censure, ce sont les agriculteurs, ils se sont exprimés là-dessus, ils ont mûré la permanence de François Hollande en Corrèze, mais ils s'en sont pris aussi au Rassemblement National. C'est une catégorie de la population qui vote pas mal au Rassemblement National. Est-ce que vous allez les perdre ? Qu'est-ce que vous leur dites aujourd'hui ?
Je pense qu'il faut déjà faire, vous savez, c'est un peu comme dans tous les syndicats, il faut faire une différence entre la tête et la base et les agriculteurs, de la même manière qu'un certain nombre de syndicats, de la CGT à la CFDT, combat le Rassemblement National continuellement, mais que la base des ouvriers sont une très, très, très large majorité à voter pour Marine Le Pen. – Alors là, ce qui meurt la permanence de François Hollande, c'est la base, c'est pas la responsable.
– Mais aujourd'hui, ce que je veux vous dire, c'est qu'on est dans une période où il y a des combats pour la Chambre d'agriculture, et c'est des combats de syndicats qui veulent exister, qui veulent aujourd'hui prouver qu'ils sont en lead sur le combat pour l'agriculture, et moi je veux les rassurer sur le fait qu'ils n'ont rien perdu, puisque nous, nous avons annoncé, Marine Le Pen l'a confirmé ce matin, que les mesures qui étaient prévues dans le PLF et dans le PLFSS pour les agriculteurs, notamment sur la transmission, seront une ligne rouge pour le Rassemblement National, et je pense que tous les groupes politiques s'entendront sur ces sujets pour qu'ils soient dans le nouveau budget qui arrivera.
– D'accord, ce sont ceux qui perdent encore du temps, les agriculteurs, c'est ça qui vous reproche, c'est-à-dire qu'il y avait des mesures qui étaient prévues, là elles vont tomber, une nouvelle fois la loi d'orientation agricole, elle avait déjà été retardée à cause de la dissolution, là elle est de nouveau retardée à cause de la censure, est-ce que vous avez vraiment l'impression de répondre à leurs préoccupations ?
– Mais bien entendu, parce que déjà, sur toutes les préoccupations qui étaient majeures à court terme sur le GNR, ça n'était pas touché, sur la question gazole non routier, c'est-à-dire l'avantage que nous avions obtenu, après que la FNSEA, je tiens quand même à le rappeler, avait accordé une augmentation du GNR avant de se raviser, et notamment sous la pression des députés du Rassemblement National à l'époque, un certain nombre des mesures, en plus sur les retraites agricoles, n'arrivent qu'en 2026, donc on a largement le temps, sur la question de la transmission, ça sera repris, c'est une question d'un mois, après, vous savez, vous avez dit, si on a perdu du temps, c'est aussi la dissolution, c'est aussi le Président de la République qui à chaque fois met beaucoup de temps à nommer un Premier ministre à un gouvernement, mais surtout sur les agriculteurs, je pense que ceux qui, pour les quelques-uns qui ont été voir certains de mes collègues, ils se trompent, parce qu'aujourd'hui, c'est M.
Barnier qui, cette semaine, ses alliés, le PPE, les Républicains, qui ont voté pour Mme von der Leyen, qui est allé acter et valider le Mercosur. Nous, nous combattons les premiers jours...
– Est-ce qu'elle n'a pas fait aussi, parce qu'Emmanuel Macron était affaibli par la censure ?
– Non, mais ça c'était, je veux dire, à un moment, si Emmanuel Macron voulait taper du poing sur la table, et Michel Barnier qui est toujours Premier ministre, en disant, nous, soit vous revenez sur le Mercosur, soit on fait la politique de la chaise vide, ou quelque chose d'équivalent, parce qu'on sait qu'on est contributeurs nets à hauteur de 9 milliards par an, à un moment, il faut qu'il y ait un rapport de force, il aurait pu le faire, à un moment, c'est une excuse...
– C'est pas lié le Mercosur, il doit y avoir, par exemple, un vote du Parlement européen, est-ce que Jordan Bardella va être en capacité de peser, par exemple, au Parlement européen ?
– Mais nous, aujourd'hui, on est la première délégation, mais vous savez que... – Vous allez pouvoir empêcher ce vote ? – Vous savez, on n'est pas majoritaire, on n'est pas majoritaire parce qu'il y a une coalition équivalente d'un parti unique, un peu équivalent au Parlement européen, qui empêche aussi le poids réel que l'on peut porter dans cette assemblée.
mais ce qui est certain, c'est que les agriculteurs se trompent parce que ceux qui les ont toujours défendus, sur la concurrence déloyale, sur les surtranspositions de normes, sur les accords de libre-échange, pendant que tous ceux qui, aujourd'hui, étaient au gouvernement étaient favorables aux accords de libre-échange, étaient favorables à ces augmentations de normes au niveau européen, ce sont ceux qui n'ont rien fait sur les prix garantis, sur des prix minimums, c'est tous les amis de M. Barnier et un certain nombre de personnalités, dont la ministre de l'Agriculture, qui est issue de ce camp politique qui a fait beaucoup de mal à l'agriculture.
– Est-ce que Marine Le Pen et le journal de Mardella ont prévu de s'exprimer pour s'adresser aux agriculteurs, pour les rassurer, pour expliquer cette stratégie ?
– Mais alors, il y a eu une lettre rédigée par Marine Le Pen qui a été à destination des agriculteurs. Nous, nous avons, pour être sincères, avant d'acter la censure, pris point par point ce qu'il y avait dans le PLF et dans le PLFSS, dans les deux budgets, pour être certain de pouvoir les remettre dans le nouveau haut et voir aussi un certain nombre des revendications, ce qui pouvait être fait en parallèle du budget. Et c'est pour ça que l'on a, bien entendu, pesé pour qu'il n'y ait pas d'impact réel sur nos agriculteurs. – Mais on revient à la même question, comment allez-vous peser ? – Et que c'était décalé de 3-4 semaines le budget, il n'y aura pas d'impact pour les agriculteurs.
– Mais on en revient à la même question, comment allez-vous peser pour que ce soit dans le budget, alors même que vous n'avez plus tellement d'armes pour peser sur les décisions du futur gouvernement ?
– Mais les armes, on les a toujours, on verra les règles du jeu au moment où la partie sera figée. Aujourd'hui, certains en rêvent, certains en rêvent de nous bloquer, de nous empêcher de défendre les Français, mais on ne peut pas empêcher le premier groupe de l'Assemblée nationale de peser dans les débats, vous le verrez et vous serez contredit Madame, j'en suis convaincue.
– Pour terminer sur les agriculteurs, Thomas Ménager, il y a des endroits où ça se durcit, par exemple ce matin au nord de Toulouse, il y a des affrontements entre CRS et agriculteurs de la coordination rurale, est-ce que vous craignez justement que ce mouvement se durcisse et se radicalise ?
– Aujourd'hui, ils ont le sentiment de ne pas être entendus et en fait, on ne règle pas les vrais problèmes de fond, c'est-à-dire, je vous dis, sur la question du prix, c'est-à-dire qu'ils ne veulent pas des primes, ils veulent des prix, c'est un des slogans qu'ils utilisent, mais à juste titre, ils veulent pouvoir vivre de leur travail, notamment les plus jeunes, ils veulent pouvoir avoir des réponses sur la question des normes, sur la question des contrôles, sur la question de la gestion de l'eau aussi.
Et ce que je tiens à rappeler aussi, c'est que ce gouvernement, il était pris entre Mme Gennevard qui allait annoncer un certain nombre de choses et Mme Pannier-Runacher qui au final voulait tout l'inverse sur un certain nombre de réglementations en matière écologique. Et donc cette contradiction de ce gouvernement, elle aurait fait beaucoup de mal aux agriculteurs, mais il faut aujourd'hui, on appelle, parce qu'en plus l'Assemblée nationale s'est exprimée, le président de la République et son Premier ministre et Premier ministre à venir à se mettre au travail très rapidement pour refuser ce Mercosur et rentrer dans un rapport de force très fort avec l'Union européenne.
– Un dernier mot, Christelle ? – Oui, un dernier mot sur un autre projet de loi qui va prendre du retard, qui serait le projet de loi immigration. Bruno Retailleau, on entend dire qu'il pourrait rester au ministère de l'Intérieur pour défendre ce projet de loi, ce serait une bonne idée selon vous ?
– Bien entendu, il faut qu'aujourd'hui il y ait une loi immigration qui soit mis sur la table.
– Et le maintien de Bruno Retailleau au ministère de l'Intérieur, c'est une bonne chose pour le défendre ?
– La vraie question, Bruno Retailleau, on l'a dit, il porte un certain nombre dans les paroles des propositions portées par le Rassemblement national. Parfois on a même dit que c'était un peu notre porte-parole, parce que, et tant mieux, parce qu'il y a des idiots qui ne changent pas d'avis, sur un certain nombre de sujets, ces dernières années, les Républicains ont pris le programme du Rassemblement national.
Après, il faudra passer des paroles aux actes, et donc une loi immigration, nous, nous l'appelons de nos voeux, ça fait partie des sujets qu'on a mis sur la table depuis le début dans les échanges qu'on a pu avoir avec l'ancien Premier ministre et avec le nouveau Premier ministre, parce que ça fait partie des trois priorités, pouvoir d'achat, sécurité et immigration, qui sont pour nous au cœur des préoccupations des Français sur lesquelles on doit s'atteler très rapidement au travail.
– Merci, on m'a ménagé. – Merci.
Thomas Ménagé