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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 février 2024 26 min

Colère des agriculteurs : "On a répondu à une grande partie des attentes"... le 8h30 franceinfo d'Agnès Pannier-Runacher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info Bonjour Anès Pannier-Runacher. Bonjour Jean-Rémi Baudot. Le salon de l'agriculture ouvrira ses portes samedi. C'était l'ultimatum posé par les agriculteurs pour obtenir des réponses concrètes, pour voir dans leur ferme les effets des mesures annoncées. Est-ce que, deux jours avant ce salon, vous pensez avoir répondu à leurs attentes ?

0:20
Agnès Pannier-Runacher

Je crois qu'on a répondu à une grande partie des attentes qui avaient été posées lors des rendez-vous qu'avaient menés le Premier ministre et le ministre de l'Agriculture, Marc Fénaud, fin janvier. Et aujourd'hui, 80% des demandes qui ont été remontées par les agriculteurs qui avaient fait l'objet d'un engagement par le Premier ministre sont soit mis en œuvre...

0:46
Présentateur

Vous avez dit 10 points qui avaient été mis en avant par...

0:48
Agnès Pannier-Runacher

62 points. 62 points qui avaient été, je dirais, 62 engagements du Premier ministre. Et sur ces 62 engagements, vous en avez 80% qui sont soit mis en œuvre, soit qui vont être mis en œuvre au sens où le texte est prêt, il est dans la phase de consultation, mais tout est finalisé, soit on est en train d'avancer assez singulièrement sur le sujet. Je pense notamment sur les sujets européens. Vous savez que lundi, Marc Fénaud ira au Conseil européen de l'agriculture sur un agenda de simplification pour l'agriculture. Ça, c'est sur tous les textes européens.

1:26
Invité

Justement, on va rentrer dans le détail, mais l'agriculture va être placée dans une loi parmi les intérêts fondamentaux de notre nation, au même titre que notre sécurité ou notre défense nationale. Ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que cela changera concrètement ?

1:39
Agnès Pannier-Runacher

Concrètement, ça veut dire que lorsque le juge aura à apprécier des sujets en lien avec l'agriculture, il pourra mettre cet intérêt national au regard d'autres objectifs et donc finalement rééquilibrer les choses par rapport à un certain nombre de textes d'application directes en France. Et donc, ça permet à l'agriculture d'avoir une plus forte part de voie dans la mise en œuvre des lois qui la concernent. Et ça, c'est très important. Les agriculteurs l'attendent. Ce ne sont pas des paroles, c'est des actes, c'est des contentieux qui avancent plus vite, c'est des contentieux qui sont tranchés dans le sens des agriculteurs.

2:18
Invité

Ce qu'ils attendent, c'est surtout une meilleure rémunération. Bien sûr. Le gouvernement présenterait une nouvelle loi EGalim d'ici l'été. Alors, cette loi, elle était déjà censée permettre une meilleure rémunération. Ce sera la quatrième en six ans. Est-ce qu'il ne faudrait pas déjà appliquer les textes existants ?

2:33
Agnès Pannier-Runacher

Alors déjà, on les applique et on voit le progrès que ça a amené. Sans loi EGalim, la rémunération, notamment des éleveurs laitiers, ne serait pas celle qu'elle est aujourd'hui. Mais on le voit aujourd'hui dans des conflits qui ont lieu. On a vu hier les tensions autour de l'entreprise Lactalis. On ne va pas assez loin. Et l'enjeu de cette nouvelle loi, c'est de tirer les enseignements des précédentes. On nous dit, c'est bien ce que vous avez fait. Ça a permis d'apporter du revenu aux agriculteurs. Mais ce n'est pas parfait. D'abord parce qu'il y a des stratégies de contournement. Il y a des tricheurs. Et ces tricheurs, il faut que ce soit très clair que la fête est finie.

Et que maintenant, ils doivent respecter la loi. Mais surtout, qu'ils ne doivent pas utiliser les ambiguïtés de la loi pour différer son application.

3:17
Invité

Parce qu'on va parler en détail des fraudes. Mais qu'est-ce qu'il y aura dans cette loi ? Il y aura un prix plancher ? Il y aura l'interdiction de la vente à perte pour les agriculteurs ? Il y aura des mesures concrètes qui feront qu'on ne sera plus dans la même situation ?

3:27
Agnès Pannier-Runacher

Bien sûr qu'il y aura des mesures concrètes. D'abord, je veux dire qu'il y a deux parlementaires qui ont été missionnés pour tirer les enseignements de l'application des lois précédentes et pour faire des propositions. Donc, si cette loi, on était aujourd'hui en capacité de l'écrire, on l'aurait fait. Là, on fait ce que vous dites. On tire le résultat. On regarde comment elles ont été appliquées. Ce qui manque, ce qu'il faut ajouter. Les trois intuitions que nous avons, c'est un, il faut que la construction du prix parte de la réalité du prix du coût de production des agriculteurs. Mais ça, ce n'était pas déjà un peu le cas des lois précédentes ?

Oui, mais on le voit, il y a encore des ambiguïtés. Donc, il faut être encore plus direct, encore plus clair, mettre une forme de régulation supplémentaire. Mais donc, un prix minimum de la loi, peut-être ? Que ce soit incontournable. Ce n'est pas un prix minimum, parce que ça part de la réalité du prix dans les exploitations. Il y a une deuxième intuition qu'on a, c'est qu'il faut aller plus loin, justement, dans ces indicateurs de prix. Toutes les professions aujourd'hui, qui dépendent des galimes, je pense notamment à la filière viande, n'ont pas encore complètement établi ces indicateurs de prix.

Et du coup, ça rend moins opérant le fait de construire un prix sur la base de ces indicateurs de prix. Je rentre un peu dans la technique et je m'en excuse, mais ce qu'il faut comprendre à la fin, c'est que nous voulons donner du revenu aux agriculteurs. Les trois précédentes lois ont permis de rééquilibrer le rapport de force entre agriculteurs, industriels, grandes distributions. La grande distribution continue à contourner, en tout cas certains d'entre eux, à contourner le système. Et donc, nous serons absolument dans la sanction. Ils ne nous laisseront pas faire ces contournements.

5:04
Présentateur

En espagnol, il y a quelques instants, vous parliez de ces agriculteurs qui ont envahi le siège de Lactalis. Ça fait des semaines qu'ils réclament une juste rémunération de leur lait. Mais en vain, Lactalis, c'est 28 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Est-ce que ce n'est pas un peu David contre Goliath ?

5:18
Agnès Pannier-Runacher

Mais c'est pour ça qu'il faut rééquilibrer. C'est à ça que sert la loi. Aujourd'hui, vous avez un dispositif de médiation qui a permis de rendre de l'argent à certains agriculteurs dans des phases d'instruction entre rémunération des agriculteurs et rémunération des industriels. Vous avez un nouveau système qui est un arbitrage qui est également en cours pour obtenir des résultats. Donc, on gagne des euros, euro par euro, entre les agriculteurs et les industriels. Et les industriels. Et les industriels eux-mêmes doivent pouvoir obtenir une juste rémunération de la matière première agricole. Parce que ça aussi, c'est important. Mais ça fait des semaines

5:55
Invité

que les agriculteurs se battent contre Lactalis. On le disait, 28 milliards de chiffre d'affaires. Lactalis leur proposait 40 centimes le litre de lait alors qu'ils auraient besoin plutôt de 45 centimes voire de 50 centimes. Lactalis a concédé une hausse de 2 centimes à 42 centimes. Que fait le gouvernement ? On les laisse se battre

6:10
Agnès Pannier-Runacher

tout seul ? Non, je signale que c'est sous l'égide du médiateur de l'État que ces discussions se poursuivent et qu'elles se poursuivent pour s'achever dans les semaines qui viennent. Il y a des dates butoirs, il y a une procédure contradictoire, mais le travail est mené par le médiateur de l'État. Mais là, il y aurait un intérêt à mettre un prémunum, non ? Ça, ça n'existait pas avant. Ça n'existait pas avant. Il faut quand même le dire. Cette rémunération qui a sauvé des milliers d'éleveurs laitiers, parce que c'est ça la réalité. Ces dernières années, ces lois égalimes ont permis de rendre du revenu aux agriculteurs. Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que c'est suffisant ? Non.

Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Oui, et c'est ce que nous faisons.

6:53
Présentateur

Agnès Pannier-Renache, ministre déléguée à l'agriculture, on se retrouve dans un instant, juste après le fil info de Sophie Echen à 8h40. Alors que les ruptures de stocks de médicaments s'amplifient dans les pharmacies, près de 5000 signalements l'an dernier en France, le gouvernement dévoile des mesures pour anticiper. Ça passe par mieux informer les médecins pour qu'ils puissent prescrire des alternatives à leurs patients en cas de pénurie ou alors une meilleure utilisation des antibiotiques. Le rapporteur spécial de l'ONU sur les défenseurs de l'environnement se rend dans le Tarn aujourd'hui à Saïs sur le chantier de l'autoroute A69, controversé entre Castres et Toulouse.

Il vient constater les méthodes de maintien de l'ordre employées contre les opposants à ce projet, méthode qu'il qualifie d'alarmante sur les réseaux sociaux. Au Sénégal, Macky Sall doit prendre la parole aujourd'hui pour présenter ses plans en vue de l'organisation de l'élection présidentielle prévue dimanche initialement avant d'être reportée au 15 décembre. Un report qualifié de coup d'État constitutionnel par l'opposition.

Et puis près de 8 millions de dollars, c'est le produit de la vente aux objets ayant appartenu à Elton John, une vente aux enchères hier à New York avec entre autres l'une des paires de lunettes emblématiques du chanteur, des bottes argentées avec ses initiales ou encore son piano à queue parti pour 200 000 dollars.

8:08
Invité

France Info.

8:09
Présentateur

Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.

8:14
Invité

Toujours avec Agnès Pannier, une hachée ministre déléguée auprès du ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire. On parlait à l'instant du contournement de la loi EGalim. Bruno Le Maire avait annoncé il y a deux semaines que 124 contrats signés entre industriels et distributeurs ne la respectent pas. Il leur avait donné 10 jours pour se mettre en conformité. Où en est-on ?

8:32
Agnès Pannier-Runacher

Une partie des contrats ont trouvé un point d'équilibre et vous savez que nous avons un processus qui se tient en deux mois et donc ça continue pour les quelques contrats qui restent à négocier à être discutés. Il n'y a pas une sanction. Ce que je veux dire ici, si les sanctions ont été prononcées, des sanctions ont été prononcées, c'est un contradictoire. Quand vous faites une sanction, vous avez quelques semaines qui sont laissées à la partie adverse pour se justifier. Ça, c'est l'état de droit. Des sanctions de 5 millions d'euros ? Des sanctions qui peuvent effectivement être, qui vont taper au porte-monnaie des distributeurs.

Et je veux dire ici, moi j'ai prononcé il y a 4 ans une sanction contre Leclerc de 117 millions d'euros. Cette sanction, elle fait aujourd'hui l'objet d'un recours devant la justice. Donc 4 ans plus tard ? Tout à fait. Mais pourquoi ? Parce que Leclerc a utilisé tous les artifices possibles pour rendre inapplicable cette sanction. Ils sont allés à la Cour européenne des droits de l'homme. Je pense que la Cour européenne des droits de l'homme a autre chose à faire que de se préoccuper

9:36
Présentateur

d'une sanction administrative.

9:40
Agnès Pannier-Runacher

Non, je ne le remets pas en cause, mais je dis que la Cour européenne des droits de l'homme, dans notre représentation, c'est les droits de l'homme qu'elle protège. Ce n'est pas un sujet commercial et de déséquilibre de relations commerciales. Ils sont allés à la Cour européenne des juridictions européennes. Ils sont allés de l'Union européenne. Et aujourd'hui, plutôt hier, la Cour d'appel de Versailles a bien dit que nous étions compétents pour juger de ces 117 millions d'euros et que donc nous allions juger au fond ces 117 millions d'euros.

Mais c'est très intéressant parce que ça montre que nous n'avons pas la main qui tremble, mais ça montre aussi que ceux qui sont sur les plateaux pour expliquer qu'ils défendent les agriculteurs et qu'ils défendent le revenu ne sont pas forcément dans la mise en œuvre de la loi tout aussi propres qu'ils prétendent l'être.

10:28
Présentateur

Vous passez un peu au namenshaim là. On a l'impression que le ton monte aussi avec les distributeurs.

10:32
Agnès Pannier-Runacher

Oui, parce que si vous voulez, on a fait beaucoup de pédagogie. On a fait des contrôles pédagogiques. On a accompagné les distributeurs. On a accompagné l'industrie. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est qu'il y a des gens qui font le travail. Il y a des gens qui signent des conventions tripartites et qu'il y en a qui ne le font pas. Et le problème, c'est que ceux qui signent des conventions tripartites et en fait, je me retrouve à être moins compétitif que mes concurrents. Et donc, c'est intenable comme situation. Et c'est pour ça que nous devons systématiquement sanctionner les tricheurs.

11:02
Invité

Et Agnès Pannérilaché, il y a aussi la fraude aux étiquettes sur 1 000 établissements contrôlés. 372 ne respectent pas le label Origine France ou font de la tromperie sur la marchandise. Finalement, tout ça, ça montre que les distributeurs fraudes, comme le disaient les agriculteurs, ils ne sont pas parano, ils avaient raison. Alors,

11:17
Agnès Pannier-Runacher

moi, j'ai fait un contrôle hier inopiné dans une grande surface en Seine-Saint-Denis. Ce que vous voyez, c'est qu'il y a deux sujets. Vous avez effectivement de la tromperie, c'est-à-dire que vous avez un produit qui est annoncé comme français, vous regardez, vous retournez la barquette et vous apercevez qu'il a été produit en Nouvelle-Zélande ou en Espagne. Ça, c'est une vraie tromperie. Et puis, vous avez des négligences, des glissés. Vous avez, par exemple, un panneau viande française, la moitié du rayon, les trois quarts du rayon sont viande française et viennent se glisser un peu de viande belge. Oui,

11:50
Invité

c'est de la négligence.

11:51
Agnès Pannier-Runacher

Alors, si vous voulez, on est entre gris clair et gris foncé. Mais là aussi, on l'a dit, il y aura 10 000 contrôles sur la question de l'origine et on va très rapidement demander aux distributeurs de corriger cela.

12:05
Présentateur

Pourquoi avoir autant attendu pour les contrôles ? J'imagine bien qu'il y en avait avant. Oui, il y en avait avant, on est bien d'accord, mais on n'attend pas que les ministres aillent se déplacer dans les supermarchés en Seine-Saint-Denis pour vérifier qu'il y a des problèmes de l'étiquetage.

12:16
Agnès Pannier-Runacher

Ce que nous avons fait avec la DGCCRF qui est sous l'égide de Bercy, c'est de remonter comme priorité absolue ces contrôles dans la grande distribution. Vous savez que la DGCCRF, elle a d'autres sujets, les fraudes à la rénovation thermique, les fraudes à l'allocation.

12:34
Invité

Mais pourquoi vous ne l'avez pas fait plus tôt, Agnès Pagno ? Aujourd'hui,

12:36
Agnès Pannier-Runacher

nous mettons le paquet pour vérifier que l'étiquetage est correct. Et moi, je le dis aux auditeurs qui nous écoutent, regardez, parce qu'en tant que consommateur, on a un rôle à jouer. On a un rôle à jouer et il faut se méfier par rapport aux allégations. Il faut retourner les barquettes. Il faut vérifier que c'est produit en France. C'est aussi ça, ce signal que nous devons envoyer aux agriculteurs. Est-ce que vous faites

12:56
Invité

votre mea culpa aujourd'hui ? Agnès Pagno-Renaché, est-ce que vous faites votre mea culpa ? Est-ce que vous reconnaissez que vous auriez dû écouter les agriculteurs plus tôt ? Il a fallu attendre que les tracteurs sortent pour que l'exécutif passe à l'exemple ? Vous savez,

13:07
Agnès Pannier-Runacher

je prends l'exemple des jachères, par exemple, qui est un point qui est remonté très fortement de la part des agriculteurs. Ça fait plusieurs mois qu'on y travaille, que Marc Pinot y travaille et qu'il a obtenu en janvier, justement, à peine quelques jours après les premiers mouvements des agriculteurs, une position de la Commission européenne. Et ça, c'est très important. C'est-à-dire, on n'a pas attendu que les agriculteurs bougent pour faire bouger des choses. Donc vous, vous dites qu'on n'a rien

13:30
Invité

à se reprocher.

13:31
Agnès Pannier-Runacher

Je ne dirai jamais ça. Vous reconnaissez des erreurs un petit retard à l'allumage peut-être ? Non, moi je dirais qu'on a énormément de travail à faire sous l'angle de la simplification. Et que ça, on doit balayer devant notre porte. Qu'effectivement, on a tendance à vouloir, parfois depuis Paris, parfois même dans les services déconcentrés, à faire des choses qui sont trop précises, trop imposées, sans tenir compte de la réalité du terrain. Je vous donne un exemple sur les haies, qui est un sujet qui peut paraître anecdotique. En fait, c'est un sujet très important en matière de biodiversité. C'est un sujet très important en matière d'énergie puisque ils peuvent fournir du bois à l'énergie.

Et c'est un sujet important pour les agriculteurs. Les agriculteurs sont soumis à 12 régimes différents de haies. Il y a des moments où ils ne peuvent pas couper. Il y a des moments où ils peuvent couper. C'est incompréhensible. Et là, effectivement, il faut faire notre mea culpa. Il faut balayer devant notre porte. Et c'est ce que nous faisons dans le projet de loi d'orientation pour avoir un seul régime. C'est le fruit souvent de lois qui se sont sédimentées les unes sur les autres. A nous de rendre tout ça beaucoup plus simple. On ne va pas le faire d'ici le Salon de l'Agriculture. On a déjà fait des choses mais c'est un travail qui doit se continuer.

Et l'engagement qu'a pris le Premier ministre et le ministre de l'Agriculture, c'est que tous les mois, tous les mois, à partir de maintenant, on va revisiter toutes les simplifications que nous devons faire pour faciliter la vie des agriculteurs.

14:54
Présentateur

Il y a les simplifications et puis il y a notamment des indicateurs. Et hier, il y a eu une annonce qui a créé un peu des mois auprès des écologistes. L'indicateur français de mesure de l'usage des pesticides est abandonné pour l'indicateur européen qui est moins contraignant. C'était une demande notamment de la FNSEA. Est-ce que vous avez cédé aux pressions de ce puissant syndicat agricole ?

15:13
Agnès Pannier-Runacher

Mais à quel titre cet indicateur européen serait moins contraignant ?

15:16
Invité

C'est ce que dit Génération Futur qui a comparé les résultats en appliquant à la France les deux indicateurs sur la période 2011-2021. Selon l'indicateur européen, l'usage des pesticides baisse de 32% alors qu'il croit de 3% avec le nodu.

15:31
Agnès Pannier-Runacher

Moi, je m'inscris en faux contre ça et contre cette analyse. Ce que fait l'indicateur européen que ne fait pas l'indicateur français, c'est qu'il mesure le risque de chaque pesticide. Et donc, il pondère les pesticides qui sont les plus dangereux, ceux dont on sait qu'ils portent atteinte à la santé humaine et ceux dont on sait qu'ils portent atteinte à la biodiversité, plus fortement que des pesticides sur lesquels soit nous avons le sentiment qu'ils sont relativement anodins, soit nous n'avons pas suffisamment d'informations pour vraiment les positionner. Donc, c'est un indicateur de risque et qui, à ce titre, est plus puissant.

Et vous pensez bien que c'est un indicateur qui a été réalisé par des scientifiques au niveau de l'Europe. Pourquoi la France serait la seule à avoir un indicateur qui serait différent du reste de l'Europe ? Comment se comparer si on veut être européen, si on veut avoir une agriculture européenne, si on n'a pas le même indicateur que les autres ?

16:21
Invité

Vous prenez l'engagement ici, Agnès Panerunaché, que l'objectif de réduction de 50% de l'usage des pesticides d'ici 2030 sera tenu avec ce nouvel indicateur ?

16:29
Agnès Pannier-Runacher

Moi, je vous dis que cet objectif n'est pas modifié. Je crois que le Premier ministre a été très clair sur ce sujet et que ce que nous voulons faire, c'est prendre l'indicateur qu'utilisent tous les pays européens et qui a, en plus, une valeur importante, c'est de mesurer le risque, la réalité du risque des pesticides que nous utilisons. Qui sait aujourd'hui que nous avons réduit en France, que les agriculteurs, puisqu'en l'occurrence, c'est eux qui sont en charge de cela, qu'ils ont réduit en France de 93% les pesticides qui sont considérés comme les plus dangereux ? Qui le sait ? Ces dernières années. Et c'est ça qui compte.

Au fond, ce qui compte pour nous, c'est de préserver la santé des agriculteurs parce qu'ils sont quand même en première ligne quand ils épandent des pesticides. Et c'est de préserver la santé de notre biodiversité et la qualité de l'eau que nous buvons. Et nous avons une ligne rouge très claire, c'est que la santé et la biodiversité sont des priorités et que les pesticides qui ont un impact et où on a été plutôt plus courageux que d'autres pays...

17:30
Invité

C'est parce que l'on constate l'Agnès Pannier-Renaché. Regardez, on vient d'apprendre ce matin que le budget écologie, développement et mobilité durable a été raboté de 2 milliards d'euros après l'annonce du rabotement de MaPrimeRenov d'un milliard d'euros. Ça veut dire que c'est toujours l'écologie qui trinque ?

17:42
Agnès Pannier-Runacher

En l'occurrence, un milliard d'euros viennent dans le budget de l'écologie. Moi, je comprends qu'il y a un milliard d'euros sur l'énergie. J'étais anciennement en charge de l'énergie. Il y a aussi des ajustements qui sont liés à la réalité des prix de l'énergie, par exemple. C'est-à-dire que ce sont la prise en compte de la réalité de nos soutiens aujourd'hui quand on n'en a plus besoin. Ça fait des économies sur le budget de l'énergie. Je ne vais pas rentrer dans le détail parce que je ne suis plus en charge et je n'ai pas les détails des annonces, mais je vais prendre le sujet de l'agriculture. Le budget de l'agriculture doit aussi faire des efforts.

Ils sont pour l'essentiel sur le fonctionnement du ministère de l'Agriculture. Il n'y a que 10 millions d'euros sur les crédits d'intervention. C'est dire à quel point aujourd'hui nous avons la volonté de faire de l'agriculture une priorité du gouvernement.

18:28
Présentateur

L'agriculture et le salon de l'agriculture dont on va parler dans un instant. Juste après le fil info avec vous, Agnès Pannier-Rouniach juste après le fil info de Sophie Echenne à 8h51. Malgré les annonces de Gabriel Attal, la colère des agriculteurs est toujours vive à l'avant-veille de l'ouverture du salon de la profession à Paris. On a répondu à une grande partie des attentes, estime sur France Info la ministre déléguée en charge de l'agriculture, Agnès Pannier-Rouniach et elle affirme que 80% des demandes remontées par les professionnels sont mises en oeuvre ou en train d'être mises en oeuvre. L'UFC que choisir dénonce l'envolée du prix des soins chez les médecins spécialistes.

Plus de la moitié applique des dépassements d'honoraires selon l'association de consommateurs et les prix varient en fonction des régions avec des tarifs de consultation jusqu'à 2,5 fois plus chers d'un département à l'autre. Les bombardements israéliens se poursuivent sur la bande de Gaza. Maitre 500 frontières dénonce avec la plus grande fermeté une frappe sur une de ces résidences dans le sud de l'enclave. Deux membres de la famille d'un employé de l'ONG ont été tués. Et puis la tour Eiffel reste fermée aujourd'hui pour la quatrième journée consécutive à cause d'une grève des personnels qui dénoncent une mauvaise gestion financière de la mairie de Paris.

19:39
Invité

France Info

19:40
Présentateur

Le 830 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot

19:45
Invité

Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée auprès du ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire Gabriel Attal vient de nous raconter une belle histoire pour nous apaiser et nous faire croire que ça se passera bien mais ça va mal se passer a prévenu le président de la Coordination Rurale à propos du Salon de l'Agriculture. Vous êtes sereine à J-2 ? Moi je m'attends

20:01
Agnès Pannier-Runacher

à ce que les discussions soient franchies directes. Je veux dire que le Salon de l'Agriculture c'est un moment où on met un coup de projecteur sur notre agriculture française. Alors ça doit être à la fois une fête une fierté vous avez des agriculteurs qui viennent présenter leurs produits qui viennent présenter leur excellence et ça doit être une fête conviviale pour l'ensemble des Français. Je rappelle qu'il y a 600 000 visiteurs au Salon de l'Agriculture et ça il faut absolument le préserver. Et est-ce que Emmanuel Macron doit débattre avec les agriculteurs ?

En même temps je pense qu'effectivement dans les discussions que le Président va avoir que le Premier ministre que le ministre de l'Agriculture que moi-même nous aurons ou d'autres ministres il y aura effectivement des échanges sur lesquels on mettra les choses sur la table. Mais c'est très bien. Ça permet effectivement d'avancer et encore une fois je le dis il y a tout ce que nous faisons pour répondre à la colère des agriculteurs et le Premier ministre a fait le point et je crois qu'il était très précis et a montré que nous avions avancé mais qui restait encore du travail. Et il y a d'autres annonces qui sont prévues au Salon de l'Agriculture sur les images par exemple ?

Il y a des annonces qui sont prévues au Salon de l'Agriculture effectivement cela a été dit le plan de souveraineté pour l'élevage sera annoncé au Salon de l'Agriculture et il y a tout ce que nous ferons derrière. Le sujet de l'agriculture ne s'éteint pas le dernier jour du Salon bien au contraire.

Toute la mise en oeuvre le projet de loi d'orientation agricole que nous allons porter avec Marc Fénaud le travail que nous allons faire sur la simplification le travail que nous allons faire sur le prochain agenda stratégique de la Commission européenne vous savez que la Commission européenne va être renouvelée c'est le moment de poser nos idées et de dire voilà ce que nous voulons pour l'agriculture européenne nous Français sachant qu'en plus on a quand même une voix qui pèse en Europe

21:39
Invité

sur ce sujet là. Agnès Pannérilaché le Président a fait savoir que le RN serait inspiré de ne pas se rendre à l'hommage à Missac Manouchian invoquant l'esprit de décence et le rapport à l'histoire vous trouvez normal dans ce genre de circonstances de renvoyer le Rassemblement National à son passé ? Oui je crois que sur ce sujet particulier

21:55
Agnès Pannier-Runacher

où les familles des 23 de l'affiche rouge ont fait savoir qu'elles ne souhaitaient pas que le RN soit là la moindre des décences sur ce moment qui est un moment je dirais aussi de reconnaissance de ce qu'ont fait ces héros de la résistance qui étaient leurs familles qui ont versé leur sang ce serait d'écouter ce que disent les familles le Rassemblement National son problème c'est qu'il a oublié que dans son histoire un de ses fondateurs est un membre de la Waffen SS dans son histoire c'est un fait et le Rassemblement National a beau avoir ripolliné la surface la réalité c'est que ils n'ont toujours les mêmes arrières pensées ils portent toujours

22:44
Invité

les mêmes valeurs Mais le Président disait qu'il ne fallait pas les attaquer sur le terrain des années 90 justement avec des arguments des années 90

22:49
Agnès Pannier-Runacher

ça dépend des jours Pardon la fiche rouge c'est un fait qui est arrivé en 1943 on n'est pas en 2023 on ne parle pas de ce qui se passe à l'Assemblée Nationale on parle d'un moment de mémoire alors si on est conformément à la mémoire et bien on ne réécrit pas ce qui s'est passé en 1943 ce sont les nazis et c'est la police française vichyste qui a fait les filiatures et qui est à l'origine de l'exécution des 20 000 résistants étrangers qui se sont battus contre l'envahisseur allemand et factuellement un des fondateurs du Front National est un Waffen-SS donc ne mélangeons pas tout

23:32
Présentateur

s'il vous plaît il y a l'histoire du Rassemblement National Agnès Pannier-Renachier il y a aussi la fréquentation actuelle du Front National du Rassemblement National pardonnez-moi Marine Le Pen et Jordan Bardella ont déjeuné avec la coprésidente de l'AFD qui est le grand parti d'extrême droite allemand ça s'est passé à mardi à Paris alors que la députée RN avait récemment pris ses distances avec ce parti d'extrême droite après la révélation d'un projet de remigration des étrangers et des citoyens non assimilés auxquels l'AFD avait participé ça a créé des manifestations massives en Allemagne est-ce que ça signifie quelque chose pour vous que Marine Le Pen et Jordan Bardella soient si proches de l'AFD allemande ?

24:08
Agnès Pannier-Runacher

Je crois que les masques tombent encore une fois le Rassemblement National a ripolliné la surface mais ils ont toujours le même fonds de commerce et c'est pour cela que nous continuerons à nous battre contre les idées du Front National quand ils en ont je vais prendre un exemple sur l'agriculture j'ai toujours pas compris ce que proposait le Rassemblement National j'ai bien compris qu'il surfait sur les peurs j'ai bien compris qu'il y avait les jours pairs où ils étaient pour la PAC et les jours impairs où ils étaient contre la PAC mais j'ai pas compris quelles étaient les propositions du Rassemblement National pour permettre aux agriculteurs de vivre plus dignement et pour permettre à notre agriculture de faire sa transition agroécologique Et pourquoi vous n'avez pas de candidat

24:50
Invité

pour les européennes encore ? Qu'est-ce qui cloche ?

24:53
Agnès Pannier-Runacher

On est en train de travailler sur le sujet vous savez que peut-être à la différence d'autres formations nous nous sommes aussi au travail en ce moment et donc c'est quelque chose qui nous sollicite énormément et effectivement un certain nombre de figures de prou de la majorité sont ministres doivent délivrer on parle du salon de l'agriculture on peut parler de ce qu'on fait sur l'industrie on peut parler de ce qu'on fait sur l'énergie on peut parler de ce qu'on fait sur la santé donc vous le voyez la première chose qu'attendent les français c'est qu'on ait des résultats

25:26
Présentateur

merci beaucoup Agnès Pannier-Runacher ministre déléguée auprès du ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire merci beaucoup d'avoir été l'invité du 830 France Info