SOUTIEN AUX SALARIÉS DE GM&S - Mélenchon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Les deux entreprises commanditaires, PSA et Renault, toutes les deux ont un actionnaire qui est l'État. Si donc, les décideurs publics le veulent, la situation est instantanément réglée, voilà... »
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« Ça fait quand même des mois qu'on se bat, ça fait des mois qu'on essaie de vous faire venir. On est montés au plus haut niveau, on a travaillé avec Hollande, avec Cazeneuve... Rien n'a bougé. »
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« On va voir s'il a une politique nouvelle ou s'il a la même politique que les autres. On va voir si ce genre de problématique, étant donné que là maintenant c'est purement franco-français. »
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« Si déjà dans son domaine, au niveau du pays, il n'arrive pas à mettre ça en ordre, que croyez vous qu'il fasse avec l'Europe et Merkel ? »
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« Je sais qu'on ne prend pas des décisions comme celle qui consiste à miner une entreprise ou à découper des machines quand on est un ouvrier de haut niveau de qualification, comme c'est leur cas, hein, sans que ce soit un moment extrêmement douloureux de gens qui sont à bout de nerfs. »
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« La moyenne d'âge de l'entreprise est celle de personnes qui sont en pleine force, ils sont aux alentours d'un peu plus de 40 ans de moyenne d'âge, 49 ans. »
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« On ne peut pas laisser la France se vider de son sang comme ça. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Moi je suis venu ici d'abord dans un sens de fraternité humaine avec les gens qui, pour se faire entendre, après avoir mis en oeuvre tous les moyens les plus pacifiques, les plus traditionnellement acceptés dans notre démocratie, la manifestation, l'opération escargot, la rencontre, la marche à l'Elysée, tout ! Tout ce qu'on peut faire pour ouvrir le dialogue n'étant arrivés à rien sont obligés de recourir à des moyens extrêmes. Et c'est ce qui m'a bouleversé.
Je me suis dit "Ces braves gens ne demandent qu'une chose, pouvoir travailler et vivre de leur salaire." Et comme personne ne leur répond, qu'ils sont considérés par ceux qui ont le pouvoir de prendre des décisions comme des pions, peut-être même pas comme des personnes humaines, alors on ne leur dit rien, on ne leur apporte aucune solution et on les amène petit à petit vers le néant. Et ils ont décidé de se cabrer avant ça.
Et c'est dans ce moment-là qu'ils ont le plus besoin de fraternité. Personne ne peut dire qu'on n'y peut rien. Voilà, c'est le point de départ.
Les deux entreprises commanditaires, PSA et Renault, toutes les deux ont un actionnaire qui est l'État. Si donc, les décideurs publics le veulent, la situation est instantanément réglée, voilà...
Il me semble qu'à partir de là, le devoir des gens qui s'intéressent à leurs semblables bah, c'est d'être ici à leurs côtés. Mais je le répète d'abord sur un plan humain : Je sais qu'on ne prend pas des décisions comme celle qui consiste à miner une entreprise ou à découper des machines quand on est un ouvrier de haut niveau de qualification, comme c'est leur cas, hein, sans que ce soit un moment extrêmement douloureux de gens qui sont à bout de nerfs. Leur existence n'est même pas prise en compte, c'est comme s'ils n'existaient pas.
Les gens qui sont les décideurs, tout de même, eux-mêmes ont une famille, ont une vie ! Ils se doutent bien que si on perd son emploi à La Souterraine, que la moyenne d'âge de l'entreprise est celle de personnes qui sont en pleine force, ils sont aux alentours d'un peu plus de 40 ans de moyenne d'âge, 49 ans. C'est la pleine force, mais c'est aussi le moment où on ne peut pas avoir une mobilité qui est celle d'un jeune homme ou d'une jeune femme de 20 ans.
A supposer que le jeune homme ou la jeune femme de 20 ans ait envie de quitter sa région. Ce n'est pas le cas. Donc ceux qui prennent des décisions de cette nature savent bien qu'ils condamnent tous ces gens mais dans ce qu'ils ont de plus cher : leur vie quotidienne, leur maison, leur famille, leurs réseaux d'appartenance !
Tous sont membres qui d'une association, en plus du syndicat et ainsi de suite. Donc je ne dirais pas qu'ils sont abandonnés : ils sont purement et simplement ignorés, comme s'ils n'existaient pas, comme s'ils étaient des pions, des lignes, dans une statistique de gestion de l'entreprise. Jean-Marc Ducourtioux : Ça fait quand même des mois qu'on se bat, ça fait des mois qu'on essaie de vous faire venir.
On est montés au plus haut niveau, on a travaillé avec Hollande, avec Cazeneuve...
Rien n'a bougé. Nous ce qu'on espère c'est que Macron puisse le faire. On va voir.
Voilà. Journaliste : Vous attendez quoi de lui ? Qu'il vienne sur place, qu'il discute avec vous ?
JMD : On va voir s'il a une politique nouvelle ou s'il a la même politique que les autres. On va voir si ce genre de problématique, étant donné que là maintenant c'est purement franco-français. C'est des entreprises françaises qui font couler d'autres entreprises françaises, dont l'État est actionnaire à l'intérieur.
Donc si il ne peut rien faire là-dedans, je vois pas ce qu'il pourra faire après avec l'Europe et changer les choses avec l'Europe. Si déjà dans son domaine, au niveau du pays, il n'arrive pas à mettre ça en ordre, que croyez vous qu'il fasse avec l'Europe et Merkel ? Moi je me pose la question.
Merci. Journaliste : Quelles relations vous avez déjà eues avec M. Macron quand il était ministre ?
Vous avez déjà eu une relation avec lui ? Vous lui avez déjà envoyé des dossiers ? JMD : On l'a rencontré il y a de ça quelques mois quand il était à Bercy.
Il connait déjà notre dossier. Mais à l'époque c'était au début, on n'était pas encore complètement dans cette problématique où là on est à bout de souffle, le 23 on peut crever quoi donc je sais pas. Il l'a eu notre dossier, mais bon il n'a pas fait grand chose après, il est parti pour mener sa campagne, voilà, pour se présenter aux présidentielles.
Voilà. JLM : On ne peut pas laisser la France se vider de son sang comme ça. Et encore, je ne vous dis pas l'importance qu'il y a pour un pays comme le nôtre à maîtriser des techniques comme celles-là.
Il n'y a qu'un technocrate ou une tête d’œuf pour croire que ça se reproduit comme ça, un claquement de doigts et que un jour on ouvre une usine et on trouve les gens pour la faire tourner. Ça ça n'existe nulle part, hein ! JMD : Ici on est en lutte et voilà, c'était le but.
C'est bien d'être venu. Voilà, c'est tout ce que je peux dire mais ce qu'il faut savoir c'est que notre problématique, vous la connaissez très bien et vous l'avez très bien dépeinte dans votre combat, elle est toujours là par contre, et elle perdure. Et il y a des morts tous les jours à cause de cette "politique de merde".
Et je pèse mes mots. Et j'aimerais bien que cette journée, pour nous, soit un élan de solidarité sincère, je dis bien sincère, pour qu'on puisse sortir de cette problématique par le haut. Et que mes collègues puissent continuer à travailler ici.
Voilà. C'est dans ce sens-là qu'on mène ce combat depuis des mois, et qu'on essaie de faire venir les médias. On en est venu à des extrémités pour faire intéresser à notre dossier.
On voit qu'on a réussi, ils sont là. Mais c'était pas le but. Le but nous ce qu'on veut c'est du boulot, point barre.
Voilà. Et que les donneurs d'ordres continuent à faire travailler des bassins d'emploi comme le nôtre pour qu'on puisse vivre de notre travail. Voilà.
JLM : Bon, moi je n'ai rien à vous apprendre que vous ne sachiez déjà. J'ai demandé comment je pouvais être utile parce que je sais aussi, je sais comprendre les messages. Je sais très bien que quand des gars découpent des machines, c'est qu'on est au-delà de...
On est loin déjà. JLM : Et j'ai dit alors JMB : On a dépassé des étapes JLM : Ouais. Je le sais.
Et je me suis dit "Ces gars-là ils sont à bout de nerfs." Et je sais pourquoi vous faites ça, et de même le gaz sur le...
Donc je me suis dit "C'est maintenant qu'il va falloir serrer les coudes" J'ai demandé ce qui s'est passé avant, et je ne vous cache pas, on m'a dit "On a déjà tout fait". L'opération escargot, la pétition, la délégation, la manifestation, on a vu le Président, on a vu la Terre entière, et tout ça...
JMB : On a même pris les champs JLM : Oui JMB : C'est mon téléphone...
Alors quand j'ai vu, quand j'ai vu que vous coupiez les machines et l'affaire des bonbonnes de gaz, je me suis dit "Maintenant il y a besoin de venir à l'aide" parce que ils ont besoin de tout le monde. Donc moi je n'apporte rien d'autre que ça. Je viens pour que ça se dise que je viens, pour que des gens regardent et se disent "Oulalah, c'est en train de mal tourner" Parce que petit à petit, peut être que la France entière va s'intéresser à ce qui se passe là.
Donc moi le sens de ma présence d'abord c'est juste de la fraternité humaine, parce que les gars, j'en ai vu quelques unes de boites où les gens ont mené des batailles de longue durée, je sais ce que ça coûte. Je connais votre situation à vous et aux autres délégués. Je sais le poids que vous avez sur les épaules parce que tous les autres attendent après vous de savoir ce qu'il faut faire tous les jours.
Et il y a des jours où vous n'avez aucune idée de ce qu'il y a lieu de faire. Mais il faut tenir, faut porter, faut porter, faut porter. Alors, la fraternité elle est très importante dans ces moments-là, hein.
Ça c'est la première chose. Puis après bah voilà quoi...
C'est vous qui dirigez la lutte, nous on suivra. Ce que vous devez savoir c'est que quoi que vous fassiez, nous on a confiance et on vous suit. Avant que je vienne là, on m'a dit "il faut que tu fasses attention, ils ont mis des bonbonnes de gaz et tout ça".
Moi j'ai confiance. C'est pas des gamins, ils savent ce qu'ils font. Et...euh... c'est des gens honnêtes.
Exactement ce que vous venez de dire, c'est ce que j'ai dit. La seule chose qu'ils demandent c'est de pouvoir vivre honnêtement de leur travail. Point.
Donc me voilà, je fais ce que je peux. Si vous avez besoin de moi d'une manière ou d'une autre il faut me le dire. Je le ferai.
Je suis là avec mes copains, mes camarades que vous voyez autour de moi, vous les connaissez souvent...
Voilà. On est là pour aider. Et on fera ce que vous nous direz.
Jean-Luc Mélenchon