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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 30 avril 2022 25 min

Législatives : "Il faut des garde-fous" à l'Assemblée nationale "pour empêcher Emmanuel Macron de faire n'importe quoi", lance le porte-parole du RN

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bienvenue dans le 8.30 politique du week-end avec Jean-Rémi Baudot, bonjour. Bonjour Jules, bonjour à tous. Éditorialiste politique de France Info, notre invité ce matin, porte-parole du Rassemblement National. Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Il y a une semaine encore, vous espériez prendre le pouvoir grâce à l'élection présidentielle. Marine Le Pen a échoué face à Emmanuel Macron. Vous visez maintenant les élections législatives, 12 et 19 juin prochains. C'est le troisième tour de cette présidentielle. Explique pour résumer Jordan Bardella, le président par intérim de votre parti, Combien de députés visez-vous ?

0:30
Laurent Jacobelli

Écoutez, nous verrons bien, le maximum possible évidemment, parce que chaque député du Rassemblement National sera un peu comme un rempart, un rempart à la politique d'Emmanuel Macron, un rempart à la retraite à 65 ans, un rempart à la casse sociale, un rempart à l'insécurité et à l'immigration massive. Et donc, évidemment, c'est un troisième tour parce qu'il faut aller voter massivement. On ne peut pas laisser cinq ans de plus les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron. On a vu ce que ça donnait pendant le premier quinquennat, qui a été un peu un tour de chauffe pour lui. Maintenant, il pourrait être en roue libre parce qu'à la fin, il ne pourra pas se représenter.

Donc, il faut vraiment des garde-fous. Et nous serons présents à l'Assemblée Nationale pour l'empêcher de faire tout et n'importe quoi.

1:06
Présentateur

Mais alors, pour cela, il faut beaucoup de députés, 15 pour former un groupe, encore plus si vous voulez vraiment faire barrage à la politique d'Emmanuel Macron dans les mois et les années à venir. Il y a cinq ans, huit députés, Rassemblement National avait été élu. Comment passer un palier dans ce scrutin ?

1:21
Laurent Jacobelli

D'abord, vous soulignez l'aberration du système actuel. C'est vrai qu'il y a cinq ans, avec à peu près 11 millions d'électeurs, le Rassemblement National n'avait eu que huit députés. Nous allons aujourd'hui arriver dans un terrain où nous nous sommes implantés. Vous le savez, il y a 23 000 communes qui ont placé Marine Le Pen en tête, une cinquantaine de départements. Dans beaucoup de circonscriptions, dans les communes rurales, les petites et les moyennes villes, Marine Le Pen est arrivée en tête. Nous avons changé d'implantation. Et puis, nous avons des communes aussi qui rayonnent autour d'elles-mêmes, dans les circonscriptions, oui, nous pouvons aujourd'hui avoir plus de députés.

Et puis, à l'époque, Emmanuel Macron n'avait pas de bilan.

1:59
Présentateur

Il en a un aujourd'hui. Ces règles sont toujours les mêmes. Elles se sont même durcies en quelque sorte, puisque maintenant, ce n'est pas 12,5% des votants que vous devez avoir pour vous qualifier au second tour, c'est 12,5% des inscrits. Donc, comment on passait ce palier, puisque les règles n'ont pas changé, et que vous dites qu'elles vous portent préjudice ? Ça va être difficile pour l'Assemblément National ?

2:15
Laurent Jacobelli

C'est toujours difficile, le scrutin majoritaire à deux tours. Pourtant, je vous le dis, la situation a changé. D'abord, Emmanuel Macron n'est plus ce jeune homme souriant, plein de promesses. C'est l'homme qui a envoyé la police contre les Gilets jaunes. C'est l'homme qui a détruit notre système de santé. C'est l'homme qui a créé 400 000 Français pauvres supplémentaires. Et donc, face à cela, nous avons, nous, des propositions concrètes. Marine Le Pen, souvenez-vous, a été la première à mettre le sujet du pouvoir d'achat sur la table pendant la campagne présidentielle.

Aujourd'hui, avec une croissance à 0%, avec une inflation à 5%, avec un prix de l'essence qui reflambent, nous sommes au cœur des préoccupations des Français. Et je crois que la situation n'est plus du tout la même qu'il y a cinq ans.

2:54
Présentateur

Laurent Jacobelli, vous disiez, donc, 577 élections, quasiment 577 petites présidentielles. Marine Le Pen, elle sera candidate à sa réélection dans le Pas-de-Calais. On sait qu'Éric Zemmour a expliqué que le parti Reconquête ne présentera pas de candidat face à elle. C'est quoi ? C'est une alliance, une politesse, un pacte de non-agression ?

3:11
Laurent Jacobelli

Je ne sais pas, il faut demander à Éric Zemmour.

3:14
Présentateur

Il vous tend la main, en tout cas.

3:15
Laurent Jacobelli

Oui, enfin, ça dépend des jours, en même temps. Il nous tend la main, mais quand il dit que Marine Le Pen est incapable d'arriver au pouvoir et qu'il critique le Rassemblement national, là, il ne nous tend pas la main. C'est une stratégie, on va dire, pour le moins ambiguë. Je crois que le plus simple, c'est d'aller aux législatives sous nos couleurs. Il y aura 577 candidats soutenus ou investis par le Rassemblement national. Et puis, nous verrons bien au second tour. Néanmoins, est-ce que votre stratégie, elle est claire ?

3:41
Présentateur

Est-ce que votre stratégie, elle est claire ? Je crois. Le RN ne saisit pas, donc, la main tendue de Reconquête. Et par ailleurs, on entend Jordan Bardella qui, lui, ne ferme pas la porte à des désistements. Je vous propose de l'écouter.

3:51
Invité

On peut se retrouver sur des constats communs, notamment sur le combat pour l'identité nationale, sur le combat contre l'immigration. Et c'est la raison pour laquelle, au second tour, nous sommes parfaitement disposés à, dans l'hypothèse, dans des circonscriptions où le RN ne se qualifie pas au second tour, à apporter notre soutien au candidat patriote, un candidat du camp national le mieux placé. Et nous pouvons aussi envisager demain et après-demain à l'Assemblée nationale un travail commun avec des parlementaires de Reconquête, s'ils pouvaient y en avoir.

4:19
Présentateur

Alors, pourquoi ne passer les impacts ? Il y a la gauche qui tente l'Union populaire, vous pourriez avoir une Union patriote.

4:24
Laurent Jacobelli

Écoutez, je pense que la stratégie présentée par Jordan Bardella est la meilleure parce que nous avons des différences avec d'autres patriotes. Par exemple, sur la retraite. Nous, nous ne sommes pas pour une retraite à 65 ans avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Nous sommes pour une retraite à 60 ou 62 ans en fonction de l'âge de commencement de la vie active. Et donc, c'est une différence majeure avec Éric Zemmour, par exemple, ou avec certains membres des Républicains qui sont d'accord avec lui.

4:45
Présentateur

Mais au sein de vos équipes, certains disent que vous êtes complémentaires.

4:48
Laurent Jacobelli

Nous verrons bien. Ce que dit Jordan Bardella, c'est qu'il y a un premier tour pour sélectionner et puis au deuxième tour, si nous ne sommes pas présents, eh bien, dans quelques cas, nous nous désisterons pour le candidat patriote le mieux placé. Vous voyez, ce que fait la gauche aujourd'hui est incompréhensible. Ils essayent d'allier des gens qui sont pour le nucléaire avec des gens qui sont contre le nucléaire. Des gens qui sont pour l'Union européenne et des gens qui veulent en sortir. Des gens qui sont pour des réformes de pouvoir d'achat et d'autres pas.

Tout cela est un gloubi-boubi-boubi-ga idéologique et ça donne l'image de tripatouillages électoraux, ce dont les Français ne veulent plus. Nous n'allons pas entrer dans ce type de jeu.

5:19
Présentateur

Est-ce que l'alliance de la gauche, justement, si elle réussissait, est-ce que ce serait une menace pour votre capacité à être au deuxième tour de chaque législative et à la fin à l'Assemblée ?

5:28
Laurent Jacobelli

La gauche, vous voulez dire ceux qui ont appelé à voter Emmanuel Macron. Cette gauche qui, sur les plateaux, est contre la retraite à 65 ans.

5:33
Présentateur

L'Union populaire dont on parlait juste avant, autour de Jean-Luc Mélenchon.

5:35
Laurent Jacobelli

Cette gauche qui, sur les plateaux, est contre la retraite à 65 ans, mais qui, dans l'urne, demande à voter pour la retraite à 65 ans, représentée par Emmanuel Macron. Je crois que le leader de cette gauche, le leader minimo, M. Mélenchon, s'est, je crois, décrédibilisé dans cette présidentielle. Il a vociféré sur les tribunes et puis il s'est radouci le jour du vote. Son rôle, aujourd'hui, c'est quoi ? C'est de ramener le vote des bobos et des quartiers communautarisés à Emmanuel Macron. Tout le monde a compris que ce n'était pas une opposition ou alors une opposition.

6:02
Présentateur

Ce n'est pas son ambition, en tout cas, puisqu'il veut devenir Premier ministre, chef d'une majorité, en tout cas. Gloubi-Boulga, vous nous dites à gauche, alliance de la carpe et du lapin entre des personnes qui ne seraient pas d'accord. Qu'en est-il à droite, par exemple, avec des Républicains qui se revendiquent aussi, parfois, patriotes ? Est-ce que c'est une ligne rouge que le Rassemblement national ne franchira pas ? Aucune alliance, aucun désistement, aucun soutien d'un candidat Les Républicains ? Ou alors c'est envisageable dans certains cas ?

6:25
Laurent Jacobelli

Mais si un candidat Les Républicains arrive au deuxième tour et que nous n'y arrivons pas et qu'il a exactement le même programme que nous, comme ça arrive pour certains, on pourra envisager un désistement ?

6:35
Présentateur

Donc après le premier tour ?

6:36
Laurent Jacobelli

Oui, après le premier tour. Pour l'instant, il y a des jeux d'appareils chez Les Républicains, on le voit bien. Là encore, je pense qu'il y a un moment où il va falloir une clarification. Ce parti est quand même étrange. Il y a des gens qui ne rêvent que d'une chose, c'est de travailler avec Emmanuel Macron et d'autres qui ne rêvent que d'une chose, c'est d'appliquer la politique pro de Marine Le Pen. Donc il y a un moment où il va falloir un éclaircissement. Pour l'instant, il n'est pas là. Eh bien, nous verrons bien au deuxième tour.

6:56
Présentateur

Peut-être un dernier mot des institutions. Vous disiez tout à l'heure qu'avec 8 députés, ça n'était pas normal. S'il y avait eu la proportionnelle intégrale en 2017, vous auriez eu 10 fois plus de députés, à peu près 80 députés. Il faut revoir d'urgence ce... Mais bien sûr. Il faut un référendum très vite, par exemple, sur la proportionnelle.

7:13
Laurent Jacobelli

Je pense que ça peut passer même en dehors du référendum. Ça sera au président de la République de décider. Je crois qu'il n'aime pas trop l'idée de référendum et d'écouter le peuple. Ce n'est pas forcément sa tasse de thé. Mais en tout cas, il faut changer très vite le système parce qu'on voit bien qu'il y a de plus en plus de Français qui ne sont pas représentés. Ça entraîne quoi ? Ça entraîne de l'abstention aux élections. Et ça entraîne parfois des frictions sociales, comme on l'a vu avec les gilets jaunes.

7:33
Présentateur

Est-ce qu'il faudrait dissoudre l'Assemblée une fois que cette loi serait éventuellement votée ?

7:37
Laurent Jacobelli

Écoutez, je ne sais pas. C'est une fois encore au président de la République. Mais très vite, en tout cas, oui, pourquoi pas, il faut qu'il y ait des représentants de tous les partis politiques à l'Assemblée nationale. Sinon, je le répète, il y a des Français qui s'éloignent de la vie démocratique tout simplement parce qu'ils ont l'impression de ne pas être entendus. Ça ne peut pas continuer comme ça avec un président hégémonique qui mène une politique que dès le lendemain de l'élection, les Français condamnent déjà.

7:58
Présentateur

Laurent Jacobelli, ces réflexions doivent être au cœur d'une commission transpartisane annoncée par Emmanuel Macron, justement, pour réfléchir sur ces sujets-là, sur la proportionnelle notamment. Vous allez y participer si vous êtes invité ?

8:08
Laurent Jacobelli

On verra bien, il n'y a pas d'opposition de principe, on verra bien quelle forme ça prend. Si c'est après encore une forme de grand débat qui est une opération marketing pour faire la gloire du président de la République avec des questions écrites à l'avance et un résultat déjà connu, il ne faut pas se laisser avoir. Mais si c'est une vraie discussion, pourquoi pas ?

8:24
Présentateur

Vous laissez quand même la porte ouverte aujourd'hui. Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement national. On se retrouve dans un très court instant. Le temps de résumer, de dérouler l'essentiel de l'actualité à retenir en ce samedi matin avec Sophie Allemand. Au 66e jour de guerre en Ukraine, les forces russes maintiennent leur pression sur les régions de l'Est et du Sud où elles tentent coûte que coûte d'accentuer leur contrôle. De violentes explosions ont été entendues cette nuit à Kharkiv. Hier, des bombardements ont fait au moins un mort et plusieurs blessés dans la ville, selon les autorités locales.

Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, craint que Moscou vise à vider purement et simplement le Donbass de tous ses habitants. Il y aura-t-il un accord à gauche aux législatives ? Hier, le Parti Socialiste a suspendu les négociations en cours avec les Insoumis. La France Insoumise, elle, ne perd pas espoir, selon Éric Coquerel, député insoumis de la Seine-Saint-Denis ce matin sur France Info. Une alliance avec les Verts, le Parti Communiste et les Socialistes pourrait se faire dans le week-end.

Après une nouvelle journée de heurts entre palestiniens et policiers israéliens sur l'esplanade des mosquées à Jérusalem, un garde devant une colonie de Cisjordanie occupée, âgée de 20 ans, a été tué hier soir. De son côté, le ministère palestinien de la Santé annonce le décès d'un palestinien d'une vingtaine d'années, cible d'un tir pendant une opération de l'armée israélienne. Une offre britannique pour un club britannique. Jim Radcliffe, le patron du géant de la chimie Ineos, offre 5 milliards d'euros pour acheter Chelsea. Le prestigieux club londonien a été mis en vente en début mars par son propriétaire russe, visé par des sanctions après l'invasion en Ukraine.

9:54
Laurent Jacobelli

France Info.

9:58
Présentateur

Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement National, est notre invité ce matin. Demain, c'est le 1er mai, une date chère au Rassemblement National. Marine Le Pen se repose après la présidentielle. C'est donc le président par intérim qu'on a entendu tout à l'heure, Jordan Bardella, qui va déposer une gerbe de fleurs demain au pied de la statue de Jeanne d'Arc. Otez-moi d'un doute, est-ce que depuis 43 ans, ce n'est pas la première fois que ce n'est pas un Le Pen, Jean-Marie ou Marine, qui participe à cette cérémonie ? Là, vous me posez une colle. En tout cas, on n'a pas souvenir, je pense.

10:23
Laurent Jacobelli

En tout cas, ce qui est important...

10:25
Présentateur

C'est un symbole peut-être assez fort, non ?

10:27
Laurent Jacobelli

Non, c'est le président du parti qui va déposer une gerbe avec un certain nombre d'élus, de parlementaires. Pourquoi c'est important ? C'est important parce que Jeanne d'Arc est une héroïne populaire, c'est une héroïne patriote, et que c'est un jour, le 1er mai, qui est aussi un jour de revendication sociale. Et je trouve que ces trois termes, populaires, patriotes et sociaux, ressemblent bien au Rassemblement National. Et donc, nous serons présents, symboliquement, parce que c'est un jour important et fort de signification.

10:53
Présentateur

Jordan Bardella, le seul qui a été cité par Marine Le Pen dans son discours après le deuxième tour, pas de passation, on n'est pas en train de préparer ça. Elle n'a pas donné rendez-vous dans cinq ans aux Français, Marine Le Pen.

11:04
Laurent Jacobelli

Marine Le Pen a été très claire, elle a dit qu'elle allait continuer le combat pour protéger les Français. Vous savez, il y a 13 millions et demi de Français qui lui ont fait confiance, dans des circonstances, il faut bien le dire, assez délicates quand même. On avait, disons-le, l'ensemble de la presse contre nous, parfois de manière... Oui, oui, je vous le confirme. Parfois de manière un petit peu caricaturale. On avait pratiquement tous les partis politiques alliés contre nous. Elle a quand même, seul contre tous, réuni 41,5% des suffrages. C'est donc clairement que les Français l'ont placée comme leader de l'opposition.

11:33
Présentateur

Et clairement, est-ce qu'on sait si elle va aller jusqu'en 2027 ?

11:36
Laurent Jacobelli

Mais je ne sais pas poser lui la question. En tout cas, elle a la volonté de continuer à se battre. Je vais vous dire, dès le lundi matin, suivant le second tour, nous étions en réunion pour préparer la législative avec Marine Le Pen et avec Jordan Bardella. J'ai envie de dire qu'on a un duo de choc et que ça fonctionne bien.

11:50
Présentateur

Laurent Jacobelli, une semaine après la défaite de Marine Le Pen, vous arrivez à voir ce qui a pêché. Qu'est-ce qui fait que vous n'avez pas réussi ? C'est trois essais, trois échecs. Est-ce qu'il y a un plafond de verre ?

11:58
Laurent Jacobelli

Non, il n'y a pas de plafond de verre. Une fois encore, quand vous avez face à vous une alliance qui va de la gauche la plus radicale à la droite la plus molle, quand vous avez des titres de journaux qui disent que Marine Le Pen pourrait envoyer la bombe nucléaire sur la Chine ou un ministre de l'Intérieur qui dit que Marine Le Pen veut tuer les pauvres, honnêtement, on avait face à nous un barrage et un tir groupé qui était, bien sûr, caricatural, mais qui montrait bien que le système se braquait. Réunir, dans ces conditions, 13 millions et demi d'électeurs, c'est un tour de force.

Et une fois encore, je crois qu'aujourd'hui, la vraie opposition populaire, elle est clairement incarnée par le rassemblement national. Mais certains thèmes comme la sécurité et l'immigration, est-ce que ça n'a pas été délaissé ? Non, je crois que tout le monde sait très bien que nous nous battons contre l'immigration massive et pour la sécurité. Je pense qu'il n'y a de doute dans aucun esprit en France. D'ailleurs, quand vous vous interrogiez les électeurs sur qui serait le mieux à même de régler les problèmes de l'immigration ou de la sécurité, c'est toujours Marine Le Pen qui est arrivé en tête.

12:52
Présentateur

Mais sur le front du social, et ça va être important dès demain, notamment avec le 1er mai, vous avez rappelé ça, la plupart des syndicats vont défiler, énormément de cortèges. Ces syndicats ne soutiennent pas le rassemblement national. Ils n'ont pas appelé du tout à voter pour Marine Le Pen et plutôt même à lui faire barrage. Comment est-ce que vous pensez que vous, vous pouvez incarner, ça a été le sujet défendu par Marine Le Pen pendant toute sa campagne, le pouvoir d'achat, comment vous pensez pouvoir vous imposer sur ces thèmes-là ? D'abord...

13:16
Laurent Jacobelli

Ce n'est pas sûr que ça est payé ? Ben écoutez, je ne sais pas. En tout cas, l'idée n'est pas de payer, l'idée est d'être sincère. Et je pense qu'on a été entendus sur ces questions-là, plus probablement que des syndicats qui sont toujours promptes à défiler, à montrer des banderoles, mais qui, le jour de l'élection, votent pour leurs bourreaux.

13:31
Présentateur

Ce ne sont pas vos alliés, eux, ils défendent la cause des travailleurs comme vous, le pouvoir d'achat.

13:34
Laurent Jacobelli

Excusez-moi, mais je vais terminer. Quand même, ils ne défendent aucune cause. C'est-à-dire que vous pouvez dire je suis contre la retraite à 65 ans, je suis pour l'augmentation des salaires. Si vous appelez à voter pour Emmanuel Macron, les faits sont têtus, vous appelez à voter pour la retraite à 65 ans. Donc certains syndicats se sont décrédibilisés. Aujourd'hui, il y a une force claire qui est le Rassemblement National qui lutte contre la retraite à 65 ans. Et nous avons été les seuls à ne pas participer au plébiscite pour Emmanuel Macron et ses mesures. Vous en avez été le témoin.

Nous sommes pour la hausse du pouvoir d'achat avec des mesures très claires comme la baisse de la TVA sur les produits énergétiques. La TVA a 0% sur des biens de première nécessité. Nous sommes les seuls à porter ces réformes. Et vous voyez bien que le gouvernement ne veut pas le faire. Alors si les syndicats ne comprennent pas qui défend réellement la cause des Français qui travaillent et qui en ont marre le 10 du mois de ne pas pouvoir remplir le frigo, alors ils se trompent. Ils sont dans une vision idéologique et passéiste du monde. C'est leur problème. Je crois que les électeurs et les salariés français ne sont pas dupes. Et pourquoi vous ne créez pas,

14:33
Présentateur

peut-être pas vous, mais de fait, pourquoi est-ce qu'il n'y a pas un syndicat populaire, patriote ou d'extrême droite ? Vous avez un socle...

14:41
Laurent Jacobelli

Je vous arrête tout de suite sur le thème d'extrême droite. Ce qualificatif ne nous correspond pas. Vous le rejetez depuis des années. Je ne vous ai pas disserté des heures sur l'histoire du Front National

14:49
Présentateur

et ses origines. Mais quoi qu'il en soit, quelle que soit la manière dont vous repeignez la façade, vous ne dialoguez pas avec les syndicats. Donc, d'une certaine manière, il pourrait être tentant, étant donné que, notamment, vous avez un vote populaire qui est très ancré au sein de la population, d'avoir des syndicats qui pensent comme vous.

15:07
Laurent Jacobelli

Écoutez, notre vocation n'est pas de mélanger syndicalisme et politique. On voit les désastres. C'est pour ça que je ne dis pas vous,

15:13
Présentateur

mais est-ce que vous regrettez qu'il n'y ait pas un syndicat qui soit finalement

15:16
Laurent Jacobelli

en accord avec vos idées ? Il faudrait des syndicats beaucoup plus neutres, beaucoup moins politisés, sans qu'ils soient affiliés ou non au Rassemblement National. Aujourd'hui, pourquoi beaucoup de Français se détournent des syndicats qui, disons-le, ne représentent plus grand monde ? Parce que, simplement, quand vous adhérez à la CGT, en fait, vous prenez votre carte du Parti Communiste. C'est comme ça qu'on vous le propose. Il y a beaucoup de salariés, de travailleurs, qui, effectivement, ont envie d'être présentés syndicalement, mais qui ne se reconnaissent pas dans les opinions politiques de ces machines syndicales.

Ces machines syndicales sont des machines à faire perdre la cause des salariés français. Parce qu'au final, ils se rallient toujours à ce système et à cette mondialisation. Et donc, ce sont des défenseurs, une fois encore, de façade. Nous, nous sommes là pour vraiment défendre les Français qui travaillent et leur pouvoir d'achat.

15:59
Présentateur

Les Français qui travaillent, tout le monde sera d'accord ici pour dire qu'un Français qui retrouve un travail, c'est une très bonne nouvelle pour tout le monde. Le taux de chômage a nettement baissé, une fois de plus, en avril, moins 5% sur un trimestre. Vous avez attaqué le bilan économique d'Emmanuel Macron et notamment sur l'emploi. On voit que les résultats, les chiffres sont plutôt bons, notamment si on se concentre sur la catégorie A, ceux qui n'avaient absolument aucun travail. Est-ce que vous n'êtes pas un peu trompé de cible ? Non. Trompé de sujet ? Non, non.

16:25
Laurent Jacobelli

D'abord, permettez-moi de dire que nous sommes heureux que des Français retrouvent le chemin de l'emploi. Vous dites 5% le vrai chiffre quand on fait toutes les catégories, c'est-à-dire ABC et plutôt de moitié, à peu près 2,7%, parce que beaucoup sont changés de catégorie, c'est-à-dire qu'on les a mis en stage.

16:45
Présentateur

Ça dépend.

16:48
Laurent Jacobelli

Il y a souvent là aussi du tripatouillage, mais reconnaissons effectivement que la situation semble s'améliorer. Ce qui est inquiétant, c'est le moyen et le long terme. Je le disais tout à l'heure, avec une croissance à 0%, il est peu probable, malheureusement, qu'il y ait beaucoup de création d'emplois. Avec une inflation à 5%, on connaît ces poussées de fièvre qui, au final, nuisent à l'économie avec une balance extérieure déficitaire de 85 milliards, record historique. Là encore, on peut s'inquiéter. Vous savez, il va y avoir comme ça des aléas dans le chômage et dans l'emploi avec des pics et des creux. Ce qu'il faudrait, c'est changer en profondeur notre économie.

Contrôler mieux la mondialisation qui fait que des produits peuvent venir du bout du monde sans respecter les mêmes normes et concurrencer nos industriels ou nos agriculteurs. Il faudrait donner la priorité nationale à l'emploi parce qu'il y a quand même encore 5,4 millions de chômeurs en France. Donc, toutes ces mesures de fonds ne sont pas prises et donc, nous sommes à la merci des aléas internationaux. Et vous savez, quand je vois M. Le Maire qui ment, par exemple, et qui nous disait encore il y a quelques temps que la croissance était pérenne et que nous sommes à 0%, que pendant le débat entre les deux tours... 0% sur le premier trimestre.

Oui, mais malheureusement, tout indique que ça ne devrait pas changer et je le regrette, croyez-le bien. Le président de la République, pendant le débat d'entre deux tours, avait dit qu'il était faux de dire que l'inflation serait supérieure de 1 point à la croissance. Or, aujourd'hui, on a une inflation de 5% et une croissance à 0. Donc, il est temps de prendre des mesures à la fois pour le pouvoir d'achat, là, pour le court terme et le moyen terme, de notre économie.

18:14
Présentateur

On va en effet continuer à parler d'emplois, de pouvoir d'achat, de lutte contre l'inflation dans un très court instant. Après, le fil info à 9h moins 10 avec Sophie Allemant. Vladimir Poutine, invité par l'Indonésie au prochain G20. Réaction de Washington, les Etats-Unis refusent de traiter comme s'il ne rien n'était avec le président russe après l'invasion de l'Ukraine. Jakarta, mis sous pression, lance également une invitation au président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le 1er mai, c'est demain, les syndicats veulent en profiter pour mettre la pression sur Emmanuel Macron.

CGT, Solidaire, FSU et UNSA appellent notamment un troisième tour social avec une vigilance particulière sur le dossier de la réforme des retraites. La France insoumise est optimiste quant aux négociations avec Europe Écologie-Les Verts, le Parti communiste et le Parti socialiste en vue des législatives en juin prochain. Elles pourraient se conclure dans le week-end selon Éric Coquerel, député insoumis de la Seine-Saint-Denis ce matin sur France Info. Hier, les discussions entre insoumis et PS ont été suspendues par les socialistes. Près de 5 ans après le drame de l'IAS, ce car scolaire qui percutait un train, la date du procès de la conductrice du car est fixée.

Il se tiendra du 19 septembre au 7 octobre à Marseille. Les audiences seront retransmises en intégralité devant les 130 partis civils constitués vivant dans les Pyrénées-Orientales. Plus de 40 000 spectateurs attendus ce soir au Parc des Princes pour voir Lyon où le PSG se qualifie en finale de la Ligue des Champions féminine de football. Les Lyonnaises, cette fois tenant du titre, l'avaient emporté 3 à 2 à l'allée, coup d'envoi à 21h. France Info Laurent Jacobelli porte-parole du Rassemblement National et l'invité de France Info ce matin. Ça fait 37 ans que l'inflation n'a pas atteint une telle progression plus 4,8% si on prend le rythme annuel en avril.

La maigre consolation c'est que l'inflation reste en France beaucoup plus faible qu'en Espagne 8,4%. En Allemagne 7,3%. En Italie 6,2%. Est-ce que, malgré toutes les critiques que vous faites vis-à-vis du gouvernement, vous ne reconnaissez pas au gouvernement d'avoir tempéré cette hausse ?

20:18
Laurent Jacobelli

Non, écoutez, on ne peut pas se satisfaire d'avoir une inflation à 5 points une croissance à 0%. Ça fait 3 fois que je répète ces chiffres mais je pense que c'est important. C'est important et ça fait des années qu'on aurait dû prendre des mesures. C'est-à-dire que là on est au pied du mur et le gouvernement va devoir réagir. Alors on sait très bien comment il va faire. Il va y avoir des chèques alimentation, des chèques essence. Tout ça ne sert malheureusement à rien si ce n'est à aider évidemment un petit peu. Alors quelles sont vos solutions ? Les solutions, il faut réformer en profondeur en profondeur notre système.

D'abord Marine Le Pen avait fait un certain nombre de propositions pendant la campagne qui sont toujours valables. Je le répète, il faut baisser d'urgence la TVA sur les biens énergétiques, la faire passer de 20% à 5,5% parce que là, aujourd'hui, c'est un vrai frein à une vie normale. Il faut très vite avoir une TVA à 0% sur les produits de première nécessité. Il faut une augmentation des salaires mais qui soit une augmentation des salaires voulues par les entreprises.

21:03
Présentateur

Avant de parler des salaires, juste sur la TVA, quand vous baissez la TVA, vous ne bloquez pas les prix parce qu'en fait l'inflation elle est sur le prix du produit, le prix de base. La TVA, elle vient toujours au-dessus. Donc quand vous baissez la TVA, effectivement, vous baissez le prix mais vous ne baissez pas le prix du produit. Donc en fait, vous ne touchez pas à l'inflation, vous ne gérez pas la question de l'inflation. Si quand même. Bien sûr que non.

21:22
Laurent Jacobelli

Bien sûr, parce que ça apporte quand même un mieux livre. Vous baissez un prix, vous ne gérez pas, alors vous les déprimez. Vous savez, le président de la République se trouve face à un mur, c'est-à-dire que l'ACER que vous connaissez probablement, c'est une autorité énergétique européenne, revient vers Emmanuel Macron en disant, attendez, le blocage des prix de l'énergie avec l'Union européenne qui gère tout ça, ça ne va pas être possible bien longtemps. Donc vous voyez, il y a des fausses mesures. Il n'y a pas de blocage

21:45
Présentateur

des prix de l'énergie, c'est un bouclier tarifaire qui compense la hausse.

21:48
Laurent Jacobelli

On a bien compris et M. Emmanuel Macron est en train de se faire taper sur les doigts par les autorités européennes. Donc il faut reprendre notre indépendance énergétique, il faut reprendre, c'est un programme de longue haleine, l'énergie et le programme nucléaire pour être indépendants, il faut, je le disais tout à l'heure, permettre aux entreprises d'attirer des salariés pour accroître leur activité et pour ça, il faut les laisser augmenter les salaires. Vous savez, avec cette proposition d'augmenter les salaires de 10% sans charge patronale. Il y a une hausse des salaires dans la restauration

22:14
Présentateur

et pourtant, il y a 300 000 emplois

22:16
Laurent Jacobelli

qui sont à pourvoir et qui ne sont pas pourvus. Exactement, mais là encore, parce qu'il faut accompagner les entreprises et puis parce qu'ils ont face à eux pour beaucoup le mur de la dette qui va arriver, vous savez, avec les prêts garantis par l'État qui sont des prêts à taux zéro, enfin, en tout cas, des prêts garantis par l'État à taux zéro qui vont arriver à échéance et qu'il va falloir rembourser. Nous, ce que nous proposions, c'est de les investir en fonds propres plutôt qu'en dettes. Là, ça aurait permis aux petites et moyennes entreprises et notamment aux restaurateurs de préparer l'avenir.

Toutes ces mesures qui ont été prises depuis des années qui sont des sparadraps sur une jambe de bois mais pas une réforme profonde de notre économie, eh bien, on voit bien aujourd'hui que dès qu'il y a des aléas, dès qu'il y a une inflation mondiale, dès qu'il y a une crise mondiale, eh bien, nous sommes victimes en premier chef dans l'Union européenne et particulièrement en France de tous ces aléas.

23:01
Présentateur

Laurent Jacoby dit quand le gouvernement dépense et d'ailleurs, il a été très critiqué pour cela, plus de 20-25 milliards d'euros pour compenser justement les hausses des prix, boucliers tarifaires, chèques énergie, etc. Vous vous dites que ce sont des milliards mis dans le vent ?

23:14
Laurent Jacobelli

Oui, malheureusement. Est-ce que vous dites que ça n'a pas d'effet ? Ça n'a pas d'effet. Quand vous faites un chèque essence, par exemple, qui est distribué aussi aux prisonniers, vous vous rendez bien compte qu'il y a quelque chose qui ne va pas. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, quelqu'un qui n'utilise pas... Donc, une exception,

23:25
Présentateur

ça permet de crédibiliser tout le reste ?

23:27
Laurent Jacobelli

C'est-à-dire que cette mesure du chèque, d'abord, ça ne vaut qu'une fois. Pareil pour le chèque alimentaire qu'on nous promet. Ça ne structure pas, ça ne restructure pas l'économie. Mais baisser la TVA,

23:37
Présentateur

ça ne touche pas à la structure du prix. Vous le savez très bien. Le prix d'au bas. Vous n'avez qu'un seul levier. Si le prix du paquet de pâtes augmente, vous n'avez aucun levier une fois que vous avez baissé la TVA. Si, quand même,

23:45
Laurent Jacobelli

quand vous faites une économie de 5,5 points sur... Oui, une fois.

23:49
Présentateur

Mais après, c'est terminé. Si le prix du paquet ne va pas continuer à progresser, vous avez d'autres leviers.

23:52
Laurent Jacobelli

Donc, ça n'est pas efficace. Et là, vous ne m'écoutez pas. Mais si, mais... Non, mais j'ai l'impression que vous n'entendez pas. C'est une technique économiquement ce matin sur France Info. Oui, mais là où vous ne m'entendez pas, c'est qu'effectivement, on va être clair, tant qu'on continuera avec cette économie mondialisée sans contrôle, je ne dis pas qu'il ne faut pas d'échanges avec les autres pays et des échanges commerciaux. Tant qu'on ne créera pas les mêmes normes mondiales, notamment les mêmes normes sociales, ce ne sera pas applicable. Tant qu'on ne créera pas de taxes pour créer un niveau comparable avec les produits français.

Tant qu'on ne changera pas la structure de l'emploi en France avec la priorité nationale et non pas les travailleurs détachés. Tant qu'on ne touchera pas profondément à notre système et notamment aussi avec les impôts d'activité pour les entreprises qu'il faut réduire voire annuler, eh bien, nous ne changerons pas la structure qui crée les problèmes que nous avons à affronter aujourd'hui.

24:39
Présentateur

Autre sujet pour conclure assez rapidement, le sommet du G20 en novembre prochain en Indonésie. L'Indonésie invite Vladimir Poutine, le président ukrainien également. Les Etats-Unis disent qu'on ne peut pas faire comme si de rien n'était. Est-ce qu'il faut boycotter ce sommet du G20 si le président russe, Vladimir Poutine, y est présent ?

24:54
Laurent Jacobelli

Non, il y a deux possibilités. Effectivement, ce qui se passe en Ukraine fait qu'avoir un G20 qui se passerait comme si de rien n'était serait complètement illusoire et complètement incompris. Je crois qu'effectivement, il faut le dire. Donc, il y a deux possibilités. Soit, effectivement, on prend des mesures de report, soit on profite de l'occasion pour discuter et essayer de trouver une solution, un chemin vers la paix avec M. Poutine. Mais effectivement, faire comme si de rien n'était paraît tout à fait improbable.

25:19
Présentateur

Mais donc, report, ou alors on discute, mais pas de boycott en tout cas. Merci à vous, Laurent Jacobélis, porte-parole du Rassemblement National. Merci à vous, Jean-Raby Baudot, éditorialiste politique de France Info.