Edouard Philippe, le démineur ? #cdanslair 28.09.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 33 %Attaque 44 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:48OuverteRéponse directe
Comment avez-vous trouvé le Premier ministre ? Est-ce que vous avez trouvé que c'était convaincant, que c'était plaisant à regarder ?
- 3:36OuverteRéponse directe
Comment avez-vous trouvé le Premier ministre ? Est-ce que vous avez trouvé que c'était convaincant, que c'était plaisant à regarder ?
- 3:44OuverteRéponse directe
Comment les Français ont-ils accueilli cette prestation du Premier ministre ?
- 6:30OuverteRéponse directe
Première bonne partie sur les questions économiques et sociétales, qu'en pensez-vous ?
- 7:16OuverteRéponse directe
La procréation médicalement assistée, pour permettre aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires d'avoir un enfant.
- 8:34OuverteRéponse directe
Y avait-il urgence pour Édouard Philippe de devoir parler au terme de cette rentrée compliquée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 11:26Edouard PhilippeChiffre
« Pour ceux qui ont des salaires qui sont très élevés, créer une forme de dégressive... Je ne parle pas de statut, mais une forme de dégressivité de l'assurance chômage peut avoir du sens. »
- 11:44Edouard PhilippeFait
« Sur la PMA, je l'ai dit, j'ai longtemps été contre. »
- 12:01Edouard PhilippeFait
« Et je suis, à titre personnel, plutôt favorable. Et je crois qu'on peut y aller. »
- 12:18Edouard PhilippeChiffre
« Est-ce que, comme moi, vous considérez que ce niveau d'immigration est trop élevé pour les capacités de la France ? »
- 12:38Edouard PhilippeFait
« La vérité, c'est que la pression migratoire est incroyablement intense et que si nous voulons régler cette question ou en tout cas, trouver les meilleures solutions possibles, nous devons travailler avec les pays d'origine, travailler avec les pays de transit, renforcer les frontières de l'Europe, reconduire les étrangers en situation régulière chez eux. »
- 13:14Edouard PhilippeFait
« Dans cette élection européenne, ma conviction, c'est qu'il y aura le choix entre trois attitudes. La première, c'est celle de Marine Le Pen, qui consiste à sauter de la voiture en marche. Une folie. La deuxième, c'est la vôtre, qui consiste au fond à tenir exactement le même discours que celui qu'on tient depuis 20 ans. »
- 13:41Edouard PhilippeFait
« Il n'y a pas que Emmanuel Macron ou le chaos des extrêmes. Il y a un autre chemin pour ceux qui croient dans l'Europe et qui veulent une Europe qui protège et qui régule mieux ses frontières. »
- 13:53Edouard PhilippeFait
« C'est ce que nous nous emploierons à porter dans la campagne européenne. Le vrai sujet qui va être au cœur de la campagne européenne au mois de mai prochain, ça va être, est-ce que nous voulons de l'Europe ? Ou est-ce que nous la défaisons ? »
- 16:07Edouard PhilippeFait
« Ce sont des parts annoncées qui, évidemment permettent à l'opposition de dire « Mais il est à mi-temps, il est intérimaire, il ne peut pas tenir comme ça neuf mois ». »
- 16:42Edouard PhilippeFait
« La mer me manque, la ville me manque. »
- 16:46Edouard PhilippeChiffre
« Est-ce que vous pourriez vous présenter en 2020 ? »
- 16:51Edouard PhilippeFait
« C'est évidemment une question que je me pose parfois, ce n'est pas du tout exclu. »
- 32:35Edouard PhilippeFait
« Personne ne veut revenir sur le caractère décentralisé de la République. En tout cas, certainement pas le gouvernement, certainement pas la majorité parlementaire, et certainement pas les élus locaux. »
- 39:58Edouard PhilippeFait
« Commencez par travailler 35 heures dans vos régions. »
- 40:50InvitéFait
« le gouvernement a mis en place un système de contractualisation financière pour essayer un peu de modérer les dépenses de fonctionnement des collectivités »
- 42:44PrésentateurChiffre
« Sur les 120 000 suppressions de postes, je crois qu'ils en attribuent 70 000 aux collectivités locales »
- 46:00PrésentateurChiffre
« Le coût actuel d'ENGIE, c'est 12,40 euros. Et il a été introduit en bourse à 28,50 euros »
- 46:09PrésentateurFait
« le gouvernement dit on vend des entreprises publiques, l'aéroport de Paris, Française des Jeux et ENGIE, parce qu'on va désendetter et on va investir dans l'innovation »
- 54:38PrésentateurChiffre
« la faible revalorisation des pensions à peine 0,3% »
- 55:38PrésentateurChiffre
« 25% dans nos enquêtes c'est-à-dire le niveau en gros même un peu plus bas qu'avait François Hollande »
- 57:20PrésentateurChiffre
« 47% l'ont déclaré convaincant »
- 1:03:13PrésentateurChiffre
« Emmanuel Macron est à 25% et le premier ministre à 26% »
Temps de parole
- Présentateur69 %
- Invité13 %
- Invité 211 %
- Invité 33 %
- Invité 42 %
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Bonsoir à tous, Edouard Philippe en opération déminage hier soir sur France 2. Pendant plus de deux heures, le Premier ministre a tenté de renouer le dialogue avec les Français au terme d'une rentrée compliquée pour le gouvernement. Edouard Philippe qui a dû également affronter hier soir Laurent Wauquiez en duel sur la question de l'immigration. Et puis plus tôt dans la matinée, le Premier ministre faisait face à la colère des élus locaux, des maires de petites communes, de présidents de régions qui se plaignent de coupes budgétaires avec toujours plus de responsabilités à assumer. Donc au final, grogne des territoires, grogne des retraités, grogne des élus.
Edouard Philippe a-t-il été convaincant ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air que nous avons décidé d'intituler ce soir Edouard Philippe, le démineur avec un point d'interrogation. Alors pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Bruno Jeudy. Vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Votre dernier éditorial sur le site de votre journal Jeudy Politique s'intitule « Edouard Philippe, l'ambition de tenir 5 ans à Matignon ». Nous accueillons Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos.
Votre sondage à l'issue de l'émission politique hier soir a montré que 47% des téléspectateurs avaient trouvé convaincant le Premier ministre. Nous accueillons Marion Mour, vous êtes grand reporter au service politique du Figaro, vous êtes en charge de la droite. Et enfin Ludovic Vigogne, vous êtes journaliste politique à l'Opinion. L'Opinion qui titrait hier « Edouard Philippe, 500 jours et après ». Alors première question Bruno Jeudy, vous avez regardé l'émission j'imagine hier soir. Comment avez-vous trouvé le Premier ministre ? Est-ce que vous avez trouvé que c'était convaincant, que c'était plaisant à regarder ?
À l'image de cette rentrée, c'est-à-dire que j'ai trouvé Edouard Philippe plutôt sur la défensive globalement sur cette émission. Alors avec son style habituel, pédagogue, essayant de calme, avec une bonne maîtrise des dossiers, c'est sa marque. On l'a déjà vu, même dans cette émission, du genre à faire des phrases à tort et à travers, à l'aise même. Je l'ai même trouvé assez convaincant face à la retraitée notamment et à la maire de Chanteloup-Lévy, où il a plutôt été courageux en défendant ce qui est difficile actuellement, c'est-à-dire sa politique anti-retraitée.
Face à la maire de banlieue de Chanteloup, le fait qu'il a une vision de la politique de la ville qui est un petit peu aux antipodes de ce qui se faisait jusqu'à présent. Donc j'allais dire, mais sur la défensive quand même, avec ces récurrences, on va réfléchir, c'est complexe, c'est redoutablement complexe.
Il n'a pas arrêté de truffer ces interventions, de ces mots qui montrent qu'il y a quelque chose qui quand même va moins bien cette année, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de résultats, le budget c'est compliqué, les réformes tardent à produire des résultats et donc on est dans une rentrée compliquée sans parler des problèmes politiques et autres qui évidemment sur lesquels il a été interrogé. Le dernier point, c'est que le moment très attendu, c'est ce qu'on attendait tous en tous les cas, les journalistes politiques, c'était ce débat, ce duel avec Laurent Wauquiez.
Et là, pour le coup, j'ai trouvé que comme ce duel est essentiellement concentré sur les affaires migratoires, j'ai trouvé que là, il avait vraiment été mis en difficulté par Laurent Wauquiez, qui globalement jouait peut-être à la maison, mais Wauquiez a atteint son objectif et Édouard Philippe, sans doute pas. Alors Brice Tinturier, vous êtes en mesure, enfin Ipsos était en mesure hier de mesurer comment les Français avaient accueilli cette prestation du Premier ministre ? Oui, comme on le fait à chaque émission politique, on a un dispositif qui permet, à partir d'un échantillon représentatif de Français regardant en temps réel l'émission, d'avoir leur réaction.
Il a obtenu 47% de scores, de convaincants, ce qui est plutôt une assez bonne performance. Alors il était à 52% il y a un an, donc il y a une baisse, il y a une très forte baisse à droite. Quand on regarde de plus près, il perd 16 points à droite par rapport à ce qu'il avait obtenu il y a un an. Mais 47%, ce n'est quand même pas si mal. Moi j'ai envie de dire que c'est plutôt que 5 points de baisse dans un contexte radicalement différent, beaucoup plus difficile pour lui. Et intérieurement, avant l'émission, je m'étais dit, s'il passe la barre des 40%, ça sera déjà pas mal. Donc j'ai été plutôt heureusement surpris pour lui. On s'est dit que c'était une bonne, une relative bonne prestation.
Il baisse plus dans les sondages qu'il ne baisse que... Oui, quand on regarde sa courbe de popularité ou les jugements sur son action, il est à 26% dans le baromètre où il sauce le point. Alors ce type d'indicateur et ce type aussi d'émission permet des jugements qui sont nettement plus positifs. Parce qu'on ne mesure pas que l'action, on mesure la performance, comment on l'a trouvé. Donc on peut être critique sur l'action, le bilan et l'avoir trouvé convaincant malgré tout, en tous les cas partiellement. En revanche, et là je rejoins tout à fait ce que dit Bruno Jody, autant sur la première partie, j'ai trouvé qu'il était assez à l'aise, faisant un effort pour expliquer la complexité.
Et ça, moi je crois que ça peut être bien perçu par les Français, y compris dans les moments où il dit « C'est difficile, mon opinion peut évoluer, j'ai pas une opinion forcément en noir ou en blanc, ça déplaît à certains. » Mais c'est sa marque de fabrique et ça correspond aussi à une partie des Français qui apprécient cet esprit de nuance.
En revanche, face à Laurent Wauquiez, je l'ai trouvé extrêmement en difficulté, à la fois sur le contenu, sur un certain nombre de points qu'a porté Laurent Wauquiez, également sur le tout début, lorsque Laurent Wauquiez l'a mis face à des contradictions de position qu'il pouvait avoir en tant que porte-parole d'Alain Juppé et puis ensuite en tant que Premier ministre. Et ça se voyait même dans sa posture où il était beaucoup plus en retrait, bras croisés dans ces moments-là, ou n'allant pas au bout de l'argumentation. Quand par exemple il explique que Laurent Wauquiez a un problème avec la vérité, sur l'Albanie, il ne dit pas pourquoi.
Et du coup Laurent Wauquiez répond « Et vous avec la réalité ? » et je crois que là, Laurent Wauquiez marquait un point. Donc deux parties pour moi, et une petite difficulté aussi dans le reportage dans l'hôpital où il y avait le sentiment d'une impuissance qui pouvait transparaître. Finalement, le 47%, je le trouve… Bien payé. Non, je le trouve au contraire assez représentatif de tout cela, c'est-à-dire une bonne première partie, et puis aussi des moments où il était en difficulté, et au total une prestation dans un contexte très difficile que je trouve plutôt pas mauvaise, mais avec des instants très très différents.
Marion Mourke, vous diriez la même chose, première bonne partie sur les questions économiques et sociétales, puisqu'on a parlé de la PMA, et en revanche, sur la difficulté face à Laurent Wauquiez ?
Oui, on voyait qu'il essayait justement de répondre à toutes les critiques, c'est-à-dire qu'au procès en arrogance qui est fait à l'exécutif, il avançait la détermination, le courage du gouvernement à faire les réformes, et à l'hubris qui était souligné par Gérard Collomb, c'était plutôt l'envie qui était mise en avant par Édouard Philippe.
Donc on se disait, très bien, on a un Premier ministre qui remet un peu de lisibilité dans l'action du gouvernement de ces derniers mois, mais c'est vrai qu'à partir du moment où il y a le dossier de la PMA et ensuite le duel, là ça devient beaucoup plus flou, parce que déjà la PMA, on sent que lui-même n'est pas à l'aise sur cette question, et ça fait un an qu'il ne tranche pas, parce que la dernière émission, il y avait déjà eu cette interrogation.
La procréation médicalement assistée, pour permettre aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires d'avoir un enfant.
Or, c'était déjà une question pendant la primaire, et on le voit, non seulement il est en retrait par rapport à ses positions, mais même en retrait par rapport au dispositif d'Alain Juppé pendant la primaire. Et donc, évidemment, ça laisse un boulevard à Laurent Wauquiez, sur l'immigration, sur les quotas, sur l'aide médicale d'urgence, qui sont quand même des marqueurs pour l'électorat de droite, et là, on le sent presque trop pris par son mépris à l'égard de Laurent Wauquiez, et donc, il se laisse aller à une joute oratoire, à une partie.
Ça a un jour, il y a du ressentiment personnel entre ces deux personnes, et donc, ça, comment dire, ça clive les positions ?
On le voit dès le départ dans son regard, c'est-à-dire qu'il ne considère pas Laurent Wauquiez. Alors, les deux ne s'aiment pas, c'est pas un scoop, mais là, il se laisse embarquer par son mépris à l'égard du patron des Républicains, en se disant manifestement intérieurement, comment on peut me sortir de telles inepties sur l'immigration, sur les chiffres, etc. Et donc, il est beaucoup moins dans la défense du bilan du gouvernement, mais plus dans ses propres sentiments.
Alors, Ludovic Wigogne, il y avait quand même un million de téléspectateurs en moins hier soir, par rapport à la même émission il y a un an. Néanmoins, il y avait urgence pour Edouard Philippe que de devoir parler, alors au terme de cette rentrée, on l'a dit, compliquée, d'émissions Nicolas Hulot, Gérard Collomb qui va partir, l'affaire Benalla qui revient en boomerang, etc. La baisse de popularité dans les sondages ?
Non, moi je crois qu'il n'y avait pas urgence. D'ailleurs, à Matillon, on expliquait avant que cette émission ait lieu que c'était une émission dont on pouvait se passer. Depuis la rentrée, Edouard Philippe avait fait un JT de 20h, il a fait une matinale. Dans quelques jours, le président de la République va parler. S'il y a des annonces importantes à faire, c'est légitimement le président de la République qui les fera. Donc, ce n'était pas une émission qui était indispensable. Effectivement, la rentrée est compliquée, elle se passe mal. Il y a une très forte chute de la popularité de l'exécutif. Mais est-ce que le sol de la piscine, le bas de la piscine est atteint ?
Ce n'est pas sûr encore. Donc, cette émission, il aurait pu s'en passer. Moi, j'ai trouvé que cette émission, elle était au fond, à l'image d'Edouard Philippe à Matignon, au style, au positionnement qu'il s'était choisi. C'est-à-dire, c'est un premier solide, mais sans éclat. C'était une émission où il n'a pas fait de faute. Le lendemain, il n'y a pas de petite phrase, il n'y a pas de polémique, il n'y a pas de mauvais buzz pour lui. Mais il n'y a pas non plus de relief. On n'en a pas retenu grand-chose. C'est une émission qui n'existera pas très longtemps, qui ne changera pas grand-chose. Concernant le débat avec Laurent Vucquet, je pense un peu ce que mes camarades ont dit.
C'est-à-dire qu'Edouard Philippe a plutôt été dominé. On sortait en difficulté avec ce sujet. Mais c'est un sujet sur lequel la majorité est divisée. C'est un sujet sur lequel la majorité n'est pas au clair. Et puis lui-même, personnellement, je pense qu'Edouard Philippe, c'est un sujet avec lequel il n'est pas à l'aise. Les sujets régaliens n'ont jamais été le fort des jupéistes. Et ça s'est encore vu une fois hier soir.
Alors, 2h30 de débat, donc hier, pour tenter... 2h30 de direct, pardon, pour tenter d'expliquer et de justifier sa politique. Hier soir, le Premier ministre s'est donc plié à l'émission politique sur France 2. Au menu, le départ programmé de Gérard Collomb, la réforme de l'assurance chômage, la PMA, mais aussi l'immigration. L'immigration, sujet d'un débat très tendu, on l'a dit, avec Laurent Vauquiez. Barbara Steck et Guilhem Mailleux ont sélectionné pour nous les meilleurs moments. Gérard Collomb a dit quoi ? Il a dit que lorsqu'il se consacrerait à sa campagne municipale à Lyon, et il est parfaitement légitime qu'il a envie de redevenir maire de Lyon.
Tout le monde sait qu'il l'a été, tout le monde sait qu'il a une relation très particulière avec cette ville et qu'il a envie de le redevenir. Très bien. Il a indiqué que lorsqu'il se consacrerait à sa campagne municipale, il s'y consacrerait à temps plein. Mais aujourd'hui, il est ministre et il s'y consacre pleinement. Pour ceux qui ont une... Pardon pour ce terme, il est complètement barbare, mais une très forte employabilité. Pour ceux qui ont des salaires qui sont très élevés, créer une forme de dégressive... Je ne parle pas de statut, mais une forme de dégressivité de l'assurance chômage peut avoir du sens. Sur la PMA, je l'ai dit, j'ai longtemps été contre.
Et j'ai rencontré des femmes célibataires et en couple qui avaient recours soit en Espagne, soit en Belgique, parce que c'est autorisé sur place. J'ai lu un certain nombre de choses, parce que mon cheminement, il passe à la fois par des rencontres, mais il passe aussi par des lectures. Et je suis, à titre personnel, plutôt favorable. Et je crois qu'on peut y aller. Me semble-t-il, on peut y aller. Ma question est donc très claire. Est-ce que, comme moi, vous considérez que ce niveau d'immigration est trop élevé pour les capacités de la France ? La vraie question, M. Wauquiez, c'est le comment. Et vous le savez.
Parce que la réalité, la réalité, c'est qu'on peut se faire plaisir avec des formules simplistes de « on prend tout le monde » ou « on ne prend personne ». La vérité, c'est que la pression migratoire est incroyablement intense et que si nous voulons régler cette question ou en tout cas, trouver les meilleures solutions possibles, nous devons travailler avec les pays d'origine, travailler avec les pays de transit, renforcer les frontières de l'Europe, reconduire les étrangers en situation régulière chez eux. Nous devons agir sur l'ensemble des sujets et des facteurs. Je ne peux pas vous laisser dire ça.
Parce que le sentiment que vous donnez à ceux qui nous écoutent, c'est qu'au fond, c'est une réalité qui s'impose à vous et que vous ne choisissez pas. Ce n'est pas vrai. Dans cette élection européenne, ma conviction, c'est qu'il y aura le choix entre trois attitudes. La première, c'est celle de Marine Le Pen, qui consiste à sauter de la voiture en marche. Une folie. La deuxième, c'est la vôtre, qui consiste au fond à tenir exactement le même discours que celui qu'on tient depuis 20 ans. Les mêmes propositions poursuivent l'élargissement de l'Europe, tel que vous le faites en ce moment sur l'Albanie. Vous avez un problème avec la vérité, M. Wauquiez.
Je crains que vous ayez un problème avec la réalité, M. Philippe.
Non, non, non, non, non, non.
Je crains que vous ayez un problème avec la réalité. Sur l'Albanie, le président de la République a dit très clairement qu'il n'avait pas vocation à entrer en discussion. Il n'y a pas que Emmanuel Macron ou le chaos des extrêmes. Il y a un autre chemin pour ceux qui croient dans l'Europe et qui veulent une Europe qui protège et qui régule mieux ses frontières. C'est ce que nous nous emploierons à porter dans la campagne européenne. Le vrai sujet qui va être au cœur de la campagne européenne au mois de mai prochain, ça va être, est-ce que nous voulons de l'Europe ? Ou est-ce que nous la défaisons ?
Et c'est pour ça que l'opposition qui a été dessinée par le président de la République, entre ceux qui croient qu'une Europe transformée est la solution, ou une partie essentielle de la solution, et ceux qui pensent qu'on peut la défaire et qu'on gagnerait à la défaire, cette opposition me semble absolument centrale. Merci à tous les deux. Alors, question téléspectateurs. N'est-ce pas plutôt au président de venir expliquer sa politique devant les Français ? Pour une aujourd'hui. D'ailleurs, Ludovic disait à l'instant qu'Emmanuel Macron, donc on l'apprend, va s'exprimer devant les Français. On sait où, quand et pour dire quoi, d'ailleurs ? Alors, il va venir à la télévision.
L'idée d'une expression maintenant à la télé est actée. Le format n'est pas décidé, ni le moment. On sait qu'Emmanuel Macron entame aux Antilles une séquence en plongée chez les Français. Donc là, il reste quatre jours. Au mois de novembre, il va faire aussi huit jours, une grande tournée dans les provinces de l'Est et toute cette zone un peu désindustrialisée. Et donc, sans doute qu'entre les deux, il y aura une expression sur un format qui n'est pas déterminé. Mais je pense que, et Emmanuel Macron, et Édouard Philippe, les paroles sont nécessaires. Ils ont beaucoup, beaucoup été absents ces derniers temps des médias.
Alors, surtout le président de la République qui n'a pas parlé depuis très longtemps et qui ne voulait pas, cet été, au milieu de la crise, de la polémique Benalla, venir en parler. À la rentrée, c'était plutôt décider ce partage des rôles. C'était Édouard Philippe qui devait monter en ligne tout ce début de l'automne pour justement déminer les problématiques et engager les plans de l'automne, plan santé, le budget. Bon, la rentrée est perturbée, évidemment, la démission de Nicolas Hulot. Hier soir, il a essayé de calmer la polémique sur Gérard Collomb.
Ce sont des parts annoncées qui, évidemment, permettent à l'opposition de dire « Mais il est à mi-temps, il est intérimaire, il ne peut pas tenir comme ça neuf mois ». Et de fait, ce qu'a dit Gérard Collomb, c'est peut-être ce qui a été le plus dur sur cette rentrée. Au fond, le premier qui a cru à Emmanuel Macron est le premier, semble-t-il, à ne plus y croire. Donc, pour l'opinion qui même peut suivre ça, les affaires politiques de très loin, on se dit que c'est un rude coup pour l'exécutif et singulièrement pour le président de la République. Mais justement, alors, il y a quand même eu cette phrase très ambiguë. À un moment, on lui dit « Et le Havre, ça vous tente ?
» Il répond « La mer me manque, la ville me manque ». On lui pose la question « Est-ce que vous pourriez vous présenter en 2020 ? » Il répond « C'est évidemment une question que je me pose parfois, ce n'est pas du tout exclu. » Ça veut dire qu'il envisage, pourquoi pas, de quitter Matignon ou je comprends de travers ? Marion Mourgue.
Je crois qu'il y a plusieurs éléments, c'est-à-dire qu'on entend une petite musique, Édouard Philippe à Paris. Les municipales, c'est dans deux ans, il n'a pas intérêt à se dévoiler maintenant, s'il a envie d'y aller, et certains de ses proches l'encouragent à y aller.
À la mairie de Paris ?
À la mairie de Paris.
Face à Anne Hidalgo ? Voilà. Et ça, ce serait bien…
Et même dans l'équipe d'Anne Hidalgo, on se dit « ça va être lui comme candidat » et donc il y a une construction de la campagne face à lui. Donc on voit bien les proches d'Édouard Philippe et Édouard Philippe lui-même rester en retrait sur cette question en disant « on en parlera plus tard, c'est pas le moment ». D'où le « leurre » sur le Havre. Je n'ai pas l'impression qu'il ait envie d'y retourner. Après, il y a un autre paramètre sur place, c'est-à-dire que le député communiste est très implanté, bien plus que le successeur d'Édouard Philippe.
Et ça peut être aussi un élément qui fait qu'il serait dommage pour le gouvernement de perdre cette ville emblématique qu'est le Havre, puisqu'il y a le Premier ministre qui en vient.
Pour revenir sur le duel d'hier, le débat avec Laurent Wauquiez, qu'est-ce qu'on a assisté à les deux droites qui ont définitivement divorcé ? Moi, je trouve qu'on a surtout vu ce qu'allait être la stratégie de Laurent Wauquiez, qui consiste à dire « vous n'allez pas nous enfermer dans un clivage qui serait moi ou le chaos ». Et ça, ça marchait peut-être du temps du général de Gaulle, effectivement, mais là, on voit bien que Wauquiez disait « il y a trois alternatives ». Il n'y en a pas deux, il y en a trois. Et il a pris soin de dire avec Marine Le Pen « vous êtes dans une voiture et vous sautez de la voiture et c'est de la folie ». En marche. C'est tout à fait.
Et ça, je crois que c'est une stratégie extrêmement habile, d'une part parce que les Français ont horreur qu'on leur dise « il n'y a pas d'alternative ». C'est ça ou c'est le chaos, il n'y a pas d'autre politique possible. Donc la question de ce clivage majeur que cherche à imposer Emmanuel Macron dans la compétition européenne entre des progressistes d'un côté et ceux qui seraient tout l'opposé ou des populistes de l'autre, c'est ce qu'est en train de réfuter Laurent Wauquiez. Et je trouve qu'il l'a fait avec habileté.
Peu importe les jugements de valeur qu'on peut avoir sur « c'est vrai, c'est pas vrai », c'était quelque chose qui visait à démonter à l'avance ce type de stratégie de campagne. Le deuxième point, c'est que sur la question des migrants, et même si le Premier ministre était sur le comment, ce qui est évidemment une question essentielle, avant d'aller sur le comment, il est vrai qu'il faut dire la direction, le pourquoi. Et là, il donnait le sentiment par rapport, encore une fois, à Laurent Wauquiez, de subir ou de ne pas répondre aussi frontalement, je pense, que les Français auraient souhaité qu'ils le fassent.
Donc ça a été deux moments, sur l'Europe et sur les questions d'immigration, où il me semble qu'il a été en difficulté, et où on a vu les prémices de ce que serait la campagne électorale du DLR, qui ont bien évidemment compris qu'il ne fallait pas se laisser enfermer dans un clivage populiste versus les progressistes. Il dirait que Laurent Wauquiez, hier, a réussi son... Il s'est un peu révélé, et c'est important, en vue des élections européennes. Il avait déjà été extrêmement performant auprès des sympathisants LR, tout particulièrement, lors de sa dernière émission politique.
Moi, je l'avais souligné, et on avait vu, dans les jours qui avaient suivi, qu'effectivement, dans tous les baromètres de popularité, il progrès chez ses sympathisants LR. Je pense qu'il a à nouveau marqué des points dans sa famille politique, en se laissant un petit peu moins enfermé. Il y a combien aujourd'hui ? On a un chiffre ou pas ? Alors, oui, il est aujourd'hui, en différentiel, dans notre jargon, maintenant légèrement positif, entre les sympathisants LR qui ont un jugement positif sur lui et ceux qui ont un jugement négatif. Il est en train de le combler.
Il est légèrement derrière Valérie Pécresse, légèrement derrière Xavier Bertrand, chez ses mêmes sympathisants LR, parce que c'est ça qui est important pour lui. Il progresse. Il a beaucoup progressé, c'est nouveau, c'est assez notable, chez les sympathisants du Front National. Donc, il se passe malgré tout quelque chose.
Et dans une des questions que nous avons posées, que j'ai trouvées très éclairantes, quand on demandait aux Français ensuite, sur les oppositions, quel parti, pour chacun des partis suivants, est-ce qu'il ferait mieux, moins bien, ou ni mieux, ni moins bien que l'actuel gouvernement, eh bien, on voyait que tout le monde était logé à la même enseigne, c'est-à-dire que personne ne ferait substantiellement mieux, 17-18%. Mais qu'en revanche, les Français nous disent, la France Insoumise, elle ferait nettement moins bien, 49%. Le Front National, nettement moins bien, 55%. L'EPS, même chose. Et chez les LR, c'est 35% seulement.
Donc, chez les Français, il y a l'idée que les LR feraient peut-être ni mieux, ni moins bien, mais pas forcément nettement moins bien. Donc, c'est là qu'est l'alternative en construction. Donc, ce qu'on ne sait pas, c'est si Laurent Wauquiez est le meilleur porteur pour cette alternative, parce qu'il a aussi des handicaps d'image, il est perçu comme quelqu'un d'insincère, il essaie de combler ça, et puis qu'il a un positionnement qui peut être très largement questionné. Mais, malgré tout, je vois bien, dans les enquêtes, que cela évolue du côté de la perception qu'ont les Français des LR et aussi un peu de Laurent Wauquiez.
Mais alors, Ludovic Wiggen, c'est compliqué pour l'électorat LR, l'électorat de droite. Hier soir, quand il y avait ce duel, il fallait choisir son camp ?
Je crois que l'électorat LR était plutôt très largement du côté de Laurent Wauquiez. Il est moins divisé, l'électorat LR, qu'il y a un an. Là, bien vu, Brice y faisait allusion tout à l'heure, il y a eu une perte nette en cette rentrée, et ça avait quand même commencé au printemps, de l'exécutif d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe, une perte nette des sympathisants LR au sein de leur code de popularité. Et ça, ça s'est déjà vu, ça se confirme depuis la rentrée. Et je pense qu'hier, Laurent Wauquiez a un peu plus assis son emprise sur l'électorat LR. Alors, il reste encore beaucoup de chemin pour lui à faire, à accomplir.
Il a un avantage de Laurent Wauquiez dans ce genre d'exercice, c'est qu'il est très efficace, il ne s'embarrasse pas de nuances, il sait faire passer les messages, c'est parfois assez simple, certains diront caricatural, simpliste, mais c'est efficace, ça passe auprès d'un certain électorat, ça passe auprès de sa base électorale, ça peut parler aussi à l'électorat du Rassemblement National. Et donc, ça atteint l'objectif qu'il va atteindre, c'est-à-dire être le premier adversaire, l'alternative à Emmanuel Macron.
C'était curieux quand même ce débat hier. Ils ont le même âge, même formation, même parti d'origine, c'était les deux frères ennemis. Oui, il y avait de ça. Mais je trouve que dans ce duel dit des deux droites, je crois que Laurent Wauquiez a réussi, a atteint son objectif, qui était de démontrer que ce n'est pas la droite qui a changé, mais c'est Édouard Philippe qui a changé. C'est Édouard Philippe qui a changé de position. Et de ce point de vue-là, la façon dont il a questionné Édouard Philippe, qu'il l'a enfermé un moment dans son passé jupéiste, pas si lointain que ça, lui rappelant ses propositions d'amendement, il a démontré que ce n'était pas la droite qui avait changé.
Or, aujourd'hui, c'est le discours un peu dont a souffert les LR depuis un an. Il a fait ça, dans cette émission, à mon avis, il a atteint son objectif, démontrant qu'Édouard Philippe n'est plus vraiment de la famille de la droite, mais il est un centriste, un marcheur, qu'il est parti vers cette galaxie, et qu'il n'est plus... Donc, il a effacé cette idée, à mon avis, des deux droites. Alors après, ça ne règle pas le problème des Républicains. Jamais ils ne reviendront au pouvoir s'ils ne peuvent pas rassembler au-delà de leur famille, de leurs adhérents et sympathisants.
Mais pour Laurent Wauquiez, c'était important d'apparaître un moment comme celui qui marque son empreinte sur les Républicains, comme le disait Ludovic Gugogne. Dernier point, et là, Laurent Wauquiez va devenir quand même quelqu'un qui va un peu inquiéter le pouvoir. L'année dernière, il a largement battu, sans être méchant, Benjamin Griveaux dans cette même émission. Hier soir, il prend le dessus sur Édouard Philippe, va devenir un concurrent sérieux.
Et on a vu que si Jean-Luc Mélenchon avait été aimable, urbain, comme toujours, j'allais dire, fort avec les faibles, faible avec les puissants, ça c'était Jean-Luc Mélenchon, l'année dernière, face à Édouard Philippe, hier soir, ce n'était pas du tout la même musique. Et Édouard Philippe, lui, il est arrivé, poignet de main sèche, et on débat, et on s'oppose. – Brice Tinturier.
– Mais à François Tinturier, dans un contexte où c'est à droite que ça a beaucoup reflué les soutiens à l'égard du président et du gouvernement, il y a eu des deux côtés, et le socle même des sympathisants de La République En Marche, le socle sociologique, les cadres supérieurs, les milieux les plus aisés, ont également un peu reflué, ce qui est inquiétant pour le gouvernement Emmanuel Macron.
Mais dans ce contexte, où les sympathisants LR, tentés par le macronisme, ou en tous les cas, qui avaient un avis positif sur la politique actuellement menée, reflu, et bien du coup, c'était une belle occasion pour Laurent Wauquiez que d'affirmer son leadership, parce que tout l'enjeu, c'est où vont-ils aller ces éventuels électeurs de droite, maintenant déçus du macronisme. Donc il doit les récupérer, c'est pour ça aussi qu'il critiquait Marine Le Pen. – Il faut dire qu'il a tout fait, Édouard Philippe, pour les perdre, ces électeurs de droite, quand il tape sur les retraités, quand il dit on va baisser les allocations chômage pour les cadres, les 4 sup en gros, Marion Bourg.
On assiste à la reconstitution des bons vieux blocs, droite, gauche, et puis au milieu, le macronisme qui s'étiole ?
– Pas encore, mais on voit surtout la contradiction du macronisme. Édouard Philippe en est presque la victime hier, c'est-à-dire qu'il doit être à la fois le chef de la majorité, avec des gens qui viennent de la gauche et de la droite, et puis il est toujours un homme de droite, il se revendique comme tel. Et donc hier, en effet, quand il évoque la question du chômage, ça peut séduire une partie de la majorité qui vient de la gauche, mais c'est en même temps une balle dans le pied face à l'électorat. Donc il y a en permanence cette contradiction.
Et juste pour revenir sur ce duel, Édouard Philippe et Laurent Wauquiez, on voit que Laurent Wauquiez ne lui donne jamais du monsieur le Premier ministre. C'est toujours un monsieur Wauquiez contre monsieur Philippe, et ce qui est aussi une manière d'incarner une sorte de duel à égalité, qui n'aurait pas une fonction qui serait supérieure à l'autre.
– Alors lui, j'empêche, ce qui se passe, c'est qu'il y a un an, il était inconnu, Édouard Philippe. Et là, il est même le Premier ministre. Il est identifié, il habite le costume quand même. Quel bilan peut-on faire sur sa perception auprès des Français, au-delà de son positionnement politique ?
– Alors c'est compliqué parce que, répondant à cette question, c'est parler de son positionnement. Il a choisi d'être un Premier ministre, d'une loyalité absolue à Emmanuel Macron, d'être dans la droite ligne du Président de la République, et que même s'ils ont parfois des désaccords, de ne pas les faire connaître, de ne pas chercher à se créer une identité politique. – Il n'est pas sincère sur 100% de ses points de vue. – Le philippisme, on ne sait pas ce que c'est, voilà. Et il ne cherche pas, il ne veut pas le définir. Il parle parfois d'une société de l'émancipation, mais on ne sait pas bien ce que c'est.
Donc il ne cherche pas à avoir, ce n'est pas une marque, il n'a pas cherché à épouser un combat particulier, peut-être celui des 80 km heure, mais il aurait pu être l'homme de la réduction des déficits, qu'il aurait pu être un girondin qui améliorait le travail avec les collectivités. Ce n'est pas du tout ce qu'il a choisi. Il a choisi vraiment d'être dans la lignée exacte du chef de l'État. Et donc, il est à l'aise, on sait qu'il est heureux à Matignon, qu'il prend du plaisir à faire ce travail, qu'il est extrêmement concentré. Mais après tout, après ça, on ne sait pas trop exactement ce qu'il représente, ce qu'il est.
– Vous dites, on ne sait pas ce que c'est que le philippisme. Ça veut dire qu'il n'y a pas de philippiste, c'est un homme seul, qui n'a pas de troupe derrière lui. – Initialement, il y avait un groupe de députés qui s'étaient détachés des Républicains, et qui baptisaient au départ la droite constructive. Alors c'est quelques députés ex-les Républicains qui se sont unis à des centristes de l'UDI, passant sur les chapelles diverses et variées du centrisme. Mais bon, il n'y a pas de personnalité qui pèse réellement, même s'ils se sont constitués en groupe parlementaire.
Mais c'est vrai que globalement, il ne revendique pas d'ailleurs la paternalité de ce groupe, il ne revendique pas d'avoir des soldats prêts à le défendre. D'ailleurs, hier soir, il l'a dit, je suis un homme libre, je suis sans parti, et depuis Raymond Barr, il n'y en a pas eu d'autre. Donc c'est vrai que c'est un positionnement très original, très original, mais qui, au fond, on peut se demander qu'est-ce qu'il fera de ça ?
Il pourrait être libre sans parti et entretenir ses réseaux. Or, il ne le fait pas. C'est-à-dire que certains des Républicains étaient partis à agir pour construire une force entre En Marche et les Républicains. Édouard Chilippe n'a pas voulu les rejoindre en disant, justement, je reste hors parti. Et puis, il y avait d'autres parlementaires qui l'ont suivi tout au long de sa carrière, dans sa région, et dont il n'a pas fait une force politique. C'est-à-dire qu'il n'a pas entretenu les réseaux. Et donc, en effet, il peut être seul un peu avant un moment.
Brice Tinturier, quelle est son ambition politique ? Comment il se voit dans cinq ans ? Tailler ses rôles ? Qu'est-ce qu'il veut faire ? Non, mais à ce moment-là, il faut répondre autrement. Non, non, mais je ne sais pas quelle est son ambition politique. Il veut rester à Matignon ? Ou il l'appétit vient en mangeant ? Ce qu'il dit en tous les cas, ce qui apparaît extrêmement clair, c'est qu'il dit qu'il est heureux à Matignon, qu'il s'est inscrit effectivement comme un Premier ministre qui était là pour exécuter la feuille de route dessinée par le Président de la République. Sa philosophie politique, on la connaît. C'est un JUPI, c'est une droite pro-européenne, plutôt libérale.
Donc là-dessus, il n'y a pas d'ambiguïté. Mais sa fonction, c'est de mettre en œuvre la feuille de route décidée par le Président de la République. Et il est plutôt bien perçu par les Français. 60% nous disent, là, dans l'enquête Ipsos Soprasteria, d'ailleurs, qu'il a la stature d'un homme d'État. Donc, il ne faut pas se tromper. Ce n'est pas parce qu'il ne dévie pas de la route qui lui a été assignée que les Français se diraient... Il n'est pas une marionnette, c'est quelqu'un ? Non, ce n'est pas quelqu'un qui est perçu comme sans consistance ou c'est un homme d'État. Il est perçu comme compétent, comme gérant bien l'équipe, plutôt sympathique. Donc, il a beaucoup d'attributs positifs.
Puis souvenez-vous, on disait de François Fillon aussi la même chose, qu'il n'était que le collaborateur ou l'exécutant. Ça ne l'a pas empêché ensuite de prendre le leadership de la droite, de gagner la primaire. Donc, je crois que ce serait une erreur que de sous-estimer la personne d'Édouard Philippe. C'est l'objectif. Même si, effectivement, il ne développe pas des combats spécifiques et une aspérité, on va dire, à tout moment. Si on veut juste, d'un mot, fixer une ambition, c'est sans doute celle de rester 5 ans à Matignon, si le président le lui permet, évidemment.
Mais c'est cette ambition-là, parce qu'Édouard Philippe, au fond, il est entre Raymond Barre ou Rocard, ou entre Raymond Barre et Jean-Pierre Raffarin. Mais globalement, il l'a dit hier soir, pour l'instant, la marche au-dessus, ce n'est pas celle qui l'intéresse. Alors, journée chargée hier pour Édouard Philippe, car avant son grand oral à la télévision, le Premier ministre s'est rendu à Marseille, au congrès des régions de France. Un déplacement délicat pour tenter de calmer la colère des élus locaux. La veille, plusieurs d'entre eux avaient signé une tribune pour dénoncer, je cite, « le mépris de l'exécutif à l'égard des territoires ». C'est un sujet de Laurent Hirsch et Stéphane Lopez.
En toute dernière minute, il s'est finalement invité. Opération des minages pour un Premier ministre qui cherche à arrondir les angles face à des élus très remontés.
– Excellent, excellent, excellent !
– Pour l'ouverture de ce 14e congrès des régions de France, Édouard Philippe veut rassurer. Les élus locaux dénoncent un pouvoir qui ne leur fait pas confiance, et surtout, le retour à vive allure de la centralisation à la française. Des critiques balayées par le Premier ministre.
– Mesdames et messieurs, personne ne veut revenir sur le caractère décentralisé de la République. En tout cas, certainement pas le gouvernement, certainement pas la majorité parlementaire, et certainement pas les élus locaux.
– Il faut dire que la veille, les représentants des régions, des départements et des villes de France, ont publié une déclaration commune inédite aux propos lourds de sens. Dans cet appel de Marseille, les élus décrivent un pays qui meurt à petit feu de son ultra-centralisation. Ils regrettent le mépris et la prise de pouvoir d'une technocratie enfermée dans ses certitudes, et ils réclament plus de liberté locale pour laisser les collectivités expérimentées. Une fronde, des territoires conséquence d'une exaspération croissante face aux réformes non concertées d'un gouvernement et d'un chef de l'État jugé trop centralisateur.
– C'est un acte anti-technocrate. On en a marre d'être considérés comme des imbéciles de seconde zone par ceux qui décident et qui dirigent à Paris. On est les ploucs de province, on n'est bon à rien, on n'y connaît rien, sauf que quand même sur nos territoires, que ce soit des maires, des élus départementaux, ça fait des années qu'on bosse, et c'est peut-être là sur le terrain qu'on peut le plus éviter que les fractures françaises ne s'aggravent.
– Le mouvement de recentralisation de ce pouvoir comme celui qui avait été engagé précédemment est un mouvement qui épuise des gens de bonne volonté et c'est quand même une certaine idée de la France qui est en train de s'éloigner de nous. On est allé de déception en déception, ça a altéré la confiance en profondeur, il faut dire les choses et aujourd'hui on n'est pas loin de la rupture. – Problème, si le Premier ministre est effectivement venu hier à Marseille, il est venu les mains bien vides. Aucune annonce ni inflexion dans la politique menée, pas de nouveau crédit pour des collectivités locales à qui l'État impose depuis des années de se serrer la ceinture.
– On a le sentiment de se faire rouler dans la farine, donc je le dis, les paroles sont aimables, mais les actes ne le sont pas.
On n'a pas de ministre en charge des collectivités locales dans le gouvernement, tout remonte au Premier ministre et le Premier ministre est par nature quelqu'un d'extrêmement occupé et donc les problèmes ne se règlent pas ou ils sont réglés par la haute administration qui essaye de reprendre le pouvoir qu'au fil des années la décentralisation lui a enlevé. – Dans ces conditions, les rendez-vous à venir entre l'État et les collectivités territoriales s'annoncent encore compliqués, à commencer par la réunion mi-octobre pour préparer la prochaine conférence des territoires. La précédente édition, en juillet dernier, avait été boycottée par les principaux élus locaux.
– Bruno, je dis, cette critique, cette contestation très forte des élus locaux, elle est politique, c'est une façon d'attaquer, c'est un biais pour attaquer Macron, ou elle est réelle ? Il y a un vrai malaise parce qu'on souffre dans les régions, d'ailleurs pour des raisons qu'on ne comprend pas toujours très bien. – Je ne suis pas un adepte du en même temps, mais j'ai envie de vous dire les deux. Les deux parce que, d'abord, dans cette querelle politique, les torts sont partagés.
La contestation, la grogne des élus, elle a commencé sous le mandat de François Hollande, qu'il ne faut pas l'oublier, a réduit les dotations aux collectivités de 12 milliards en trois ans, sur les trois dernières années du quinquennat. Il y avait beaucoup de manifestations, on a oublié, mais ça manifestait. Les élus avec leurs écharpes, ils étaient très très très remontés, parce que sous Hollande, on a enclenché la baisse des dotations pour réduire les dépenses publiques des collectivités qui ne cessaient de monter. – Et Macron continue cette politique, et c'est ça qui exerce.
– Macron envisage d'ici 2022 13 milliards de réduction des dotations sous quelque forme que ce soit, donc on est à peu près sous la méthode change, mais en même temps, les transferts vont être très importants, donc il y a beaucoup de transferts des compétences de l'État vers les collectivités, donc du coup, ils grognent et ils sont au taquet, comme ils disent, simplement l'État leur demande de baisser ou de ne pas augmenter leurs dépenses publiques plus vite qu'il le fait, c'est vrai que pour l'année en cours, l'année prochaine, c'est 1,2 pour les collectivités, en gros, et 0,7 pour l'État, d'ailleurs au passage, ça augmente des deux côtés, preuve que la France ne fait pas d'économie.
Donc oui, il y a une grogne, je pense que ce qui paraît un peu incroyable dans cette histoire, c'est qu'Emmanuel Macron et Édouard Philippe se soient mis à dos, trois présidents d'associations d'élus, je parle de François Barouin pour les villes, les communes, Dominique Bussereau pour les départements, et Hervé Morin pour les régions, qui ne sont pas des dangereux, vos qui existent, c'est plutôt des gens qui étaient même Macron compatibles il y a encore quelques mois, donc c'est un petit peu ça, et donc on a l'impression vraiment qu'Emmanuel Macron s'y est tellement mal pris que là, pour le coup, ils sont maintenant dans un dialogue de sourds.
Or, il y a quand même urgence pour le gouvernement à enterrer cet âge de guerre, parce qu'ils ne peuvent pas faire sans les départements et les régions. Aucune transformation ne sera possible sans les départements et les régions. Justement, Marion Mourguet, il est en train de les perdre, le pouvoir, ces possibles soutiens en région d'élus qui étaient Macron compatibles, comme on disait.
La majorité déjà n'avait pas d'élus, puisque c'est un parti très neuf, donc ils avaient besoin de se tourner vers des élus qui sont implantés. C'était plutôt bien parti, les élus se disaient, on va leur faire confiance, on est d'accord pour accompagner les réformes, il y en a besoin.
Ce qu'on voit depuis plusieurs mois, c'est que cette grogne s'est transformée en divorce, mais à tous les échelons, c'est-à-dire les maires, que ce soit de petites communes ou de villes plus importantes, et ensuite les députés, les sénateurs, qui disent, nous on veut bien faire les réformes, mais laissez-nous un peu de liberté sur le terrain pour appliquer et faire notre politique, laissez-nous aussi une marge de manœuvre financière et faites-nous confiance. On connaît nos territoires, on aime nos villes, donc laissez-nous travailler. Et on a l'impression qu'il y a finalement deux discours qui ne se comprennent plus.
Et les élus reprochent de plus en plus à Emmanuel Macron de ne pas être un des leurs, de n'avoir jamais eu cette expérience de terrain, puisqu'il a été tout de suite élu à l'Élysée. Et donc aujourd'hui, on voit que même les élus dits Macron compatibles, c'est-à-dire que c'est les élus, les républicains qui voulaient travailler avec le gouvernement, sont de plus en plus critiques et le disent ouvertement.
Donc ça va être compliqué de s'ancrer localement pour le parti La République En Marche, parce qu'on imagine que jamais un Hervé Morin ou un Alain Juppé acceptera de courir sous la bannière La République En Marche pour les municipales, là, non ? Ça devient plus compliqué éventuellement de trouver des alliances avec tantôt des LR, tantôt des PS. Ça dépendra malgré tout des situations locales. Mais je crois que pour revenir à cette question de la relation avec les élus locaux, il y a une déception qui provient d'un élément initial qui n'avait pas du tout été compris comme cela.
La promesse initiale du macronisme, telle qu'elle avait été comprise en tous les cas par les Français et par les élus, c'était que justement, il allait beaucoup plus s'appuyer sur la société civile, laisser les gens expérimentés, débloqués, mais permettre à ce pays, qui se sentait comme bloqué par le haut, de prendre davantage d'initiatives, de pouvoir être dans des processus beaucoup plus expérimentaux, collaboratifs, etc. Et là, il y a l'expérience, l'expérimentation de quelque chose qui vient d'en haut et qui, effectivement, poursuit une politique de réduction des dotations.
Donc la grogne est d'autant plus forte que l'espérance avait été inverse, que là, il y a vraiment le sentiment qu'on n'est pas du tout dans ce qui avait été attendu et espéré. Alors, sauf que, Ludovic Vigogne, il y a eu une contre-attaque assez habile de la part d'Edouard Philippe, qui a dit, bon, déjà, commencez par travailler 35 heures dans vos régions. Parce que c'est vrai, on ne fait pas les 35 heures dans les collectivités locales ?
Ça dépend lesquels. Il y a des cas très différents, mais il y a effectivement des collectivités où on travaille encore...
Il y a que 20% des collectivités locales qui sont effectivement aux 35 heures.
Je ne saurais pas vous le dire, mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a ce chantier qui a été lancé cette semaine par le gouvernement. Je crois d'ailleurs que les élus ou cons sont plutôt contents que ce soit le gouvernement qui le lance plutôt qu'eux-mêmes, parce que ça va faire plutôt des insatisfaits dans leur collectivité, quelle qu'elle soit. Ah oui, comme ça, il pourra dire, ce n'est pas moi qui vous l'impose, une fois de plus, c'est le gouvernement. Ce n'est pas nous, les salauds, ce n'est pas nous, les salauds, c'est eux. C'est à Paris. Ce sera plus simple.
Ce qui était intéressant, moi, je trouve, hier, et le sujet le montrait bien dans la venue d'Edouard Philippe devant les régions de France, c'est qu'il n'a pas cherché à leur passer de la pommade dans le dos. C'est-à-dire qu'il s'est présenté assez raide en maintenant son discours, en maintenant ses exigences, notamment le gouvernement a mis en place un système de contractualisation financière pour essayer un peu de modérer les dépenses de fonctionnement des collectivités, qui est une nouveauté, qui est quelque chose que certaines collectivités acceptent avec difficulté, qu'elles ressentent comme une perte de liberté.
Il a complètement maintenu ça et il a tendu la main, mais il aurait pu le faire bien plus. Il n'a pas cherché du tout à arrondir les Andes. Ça ressemblait assez à la personnalité de Edouard Philippe, ça.
– Alors, il reproche aussi beaucoup les élus locaux la suppression de la taxe d'habitation.
Pourquoi ? – Oui, parce que ça va être une perte de revenu et que surtout, on ne sait pas par quoi ça va être remplacé. Ça peut être remplacé par une usine à gaz extrêmement compliquée. Il y a des précédents. Quand la taxe professionnelle avait été supprimée, ça avait donné beaucoup de gamberges et abouti à des outils qui sont toujours très compliqués. Donc, il y a la peur dans les collectivités, chez les élus locaux, de perdre des moyens et Bruno le rappelait, alors qu'ils en ont déjà perdu beaucoup ces dernières années.
– Ils sont par contre de faire des efforts. C'est ce qu'ils expliquent quand on lit leurs déclarations. Simplement, ils ont le sentiment que là, ça s'est fait avec beaucoup de zèle, sans concertation, en gros, brutalement l'année dernière lorsqu'il y a eu la conférence des territoires avec cette intervention du président de la République. Et depuis, on a l'impression que maintenant, ils sont comme chien et chat et qu'ils discutent assez peu. Même si l'État et Édouard Philippe ont beaucoup insisté sur cette contractualisation, ils vont y venir, en fait. Ils vont y venir. Mais c'est compliqué.
Ce qu'il faut dire, et si on veut être complètement objectif, c'est que de toute façon, n'importe quel pouvoir aurait été obligé de s'attaquer à ces dépenses de collectivité locale. après, il y a manière et manière, mais c'est très difficile dans un État qui doit réduire, une France qui doit réduire ses dépenses. Il y a trois catégories pour réduire la dépense. En gros, les dépenses de l'État, les dépenses des collectivités et puis tout le secteur social. Sur les 120 000 suppressions de postes, je crois qu'ils en attribuent 70 000 aux collectivités locales.
En gros, c'est ce que font remarquer les élus locaux, même si ces dernières années, les statistiques montrent qu'ils avaient beaucoup, beaucoup, beaucoup en bouche.
Marion Mourgue. Les collectivités locales disent « Nous, on a fait nos réductions, on a fait nos économies, donc à l'État aussi maintenant de le faire. » Et juste pour rebondir sur la taxe d'habitation, non seulement c'est une manne financière en moins pour les élus, mais il y a aussi ce lien entre le citoyen et sa collectivité qui se faisait au travers de la taxe d'habitation. On savait qu'on payait pour réaliser des routes ou des projets dans sa commune, etc., qui disparaît. Et donc là, les élus sont aussi très inquiets en disant « Plus personne ne va comprendre. » Et donc, il y a une sorte d'engagement qui se fait en moins de la part du citoyen.
Alors, il est l'électron libre de la droite française. Nicolas Dupont-Aignan, souverainiste, patriote humaniste, dit-il. Le président de Debout la France repart en campagne pour les élections européennes. Et cette fois, c'est sans s'associer au Rassemblement national, car il en est persuadé, l'avenir de la droite, c'est lui. Pierre Millet, Bellando et Arnaud Forat ont passé la journée avec Nicolas Dupont-Aignan.
Au petit matin, il enfile sa tenue d'homme en campagne. Nicolas Dupont-Aignan est en mission matinale. Nico Saliagas. Pour commencer, une actualité sur laquelle il est attendu. Hier, la justice a ouvert une enquête contre un rappeur jusqu'ici inconnu, Nick Conrad, qui dans un clip chantait « Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs, attrapais-les vite et pendais leurs parents ». Ça fait des années que le racisme anti-blanc est nié et n'est pas puni comme l'autre racisme. Racisme anti-blanc, alliance avec le Rassemblement national. Mettre les pieds dans le plat, c'est devenu sa spécialité.
Il faut convaincre, dire ce qu'on a dans les tripes. Cette vie politique est tellement aseptisée, et tellement d'hypocrisie,
qu'il faut dire ce qu'on est et ce qu'on veut. Tout simplement, être simple. Nicolas Dupont-Aignan, une figure que l'on interpelle dans la rue. Depuis la présidentielle de 2017 et la victoire d'Emmanuel Macron, l'homme aux 4,7% des voix rêve d'incarner l'opposition au président. Est-ce que ça peut être la solution, M. Dupont-Aignan ? C'est une solution. Oui, il a des bonnes solutions. C'est ça. C'est une solution. Ces solutions il les avait proposées il y a un an, aux côtés de Marine Le Pen pour la bataille du second tour. Un rapprochement qui n'avait alors pas convaincu les Français.
Il faut en tirer des leçons. Et moi, la leçon que je retire, c'est que l'alliance que j'avais faite au second tour n'a pas été suffisamment comprise et n'a pas eu le temps d'infuser.
Direction l'Assemblée nationale. Ce jour-là, avec ses équipes, le député de l'Essonne affûte ses arguments contre les projets de privatisation du gouvernement.
Et ça, ça a rendu fou le maire qui n'a pas répondu. Le coût actuel d'ENGIE, c'est 12,40 euros. Et il a été introduit en bourse à 28,50 euros. Le gouvernement dit on vend des entreprises publiques, l'aéroport de Paris, Française des Jeux et ENGIE, parce qu'on va désendetter et on va investir dans l'innovation. Alors tout le monde dit c'est génial, c'est bien et tout. Mais si on creuse, on s'aperçoit qu'en fait, ils vont vendre quelque chose qui rapporte beaucoup pour placer l'argent dans un fonds qui ne rapportera rien. Ce petit point presse pour alerter...
Taper sur le pouvoir et convoquer les journalistes peu nombreux ce jour-là. Tout faire pour se présenter comme l'homme fort de la droite d'opposition. C'est là l'objectif du candidat Dupont-Aignan en vue des européennes. Selon lui, il y a un vide à combler.
Je suis le seul à vouloir y aller. Ils sont tous aux abris. Moi j'y vais. Attendez, j'entends parfois ils divisent, mais ils divisent quoi ? Il n'y a rien. Il n'y a pas de candidat, il n'y a pas de liste, il n'y a pas de projet. Les républicains ne connaissent pas leurs projets et le Rassemblement National il n'y a pas de tête de liste. Donc je leur tends les mains.
Sauf que les principaux concernés ne veulent pas de cette main tendue. Notamment au Rassemblement National.
C'est mal barré, j'allais dire. À partir du moment où il n'a pas souhaité répondre à notre appel, c'est difficile d'être un candidat d'union. L'union des droites c'est un peu restrictif. Ça veut dire uniquement faire une petite cuisine sur un petit réchaud dans un petit coin pour un certain électorat. Nous on fait une union plus large.
Mais avec ou sans eux, ailleurs dans le fièvre de Nicolas Dupont-Aignan, debout la France a pris de l'avance. Bénévole mobilisé, tract imprimé, tout est prêt pour mener la campagne européenne. Moi, mon objectif
c'est de dédiaboliser mais au-delà de ça, de montrer qu'il y a une voie possible. C'est ça l'enjeu. Et ça a réussi en Italie. Salvini était à 4%, n'oubliez pas. Il se passe quelque chose parce qu'à force de diaboliser les adversaires de l'Europe, les peuples ont compris que c'était une arnaque.
Matteo Salvini en Italie mais également Victor Orban en Hongrie. Des figures européennes ultra-conservatrices et anti-immigration citées volontiers comme modèle par celui qui est aujourd'hui crédité de 6 à 8% dans les intentions de vote.
Alors, question téléspectateurs, Dupont-Aignan peut-il créer la surprise aux élections européennes ? Brice Tinturier. Tout dépend de ce qu'on met derrière le mot surprise mais en tous les cas, il incarne incontestablement une sensibilité politique depuis longtemps. On peut dire ce qu'on veut. Il est assez constant. Il a fait son aller-retour avec l'alliance avec le Front National qui ne lui a pas réussi mais qui ne l'a pas non plus fortement handicapé. Il est aujourd'hui crédité de 6% environ dans les intentions de vote européenne ce qui est pas mal et il peut progresser. Et il est surtout la variable entre l'ELR et lui-même qui fait que là, il y a des transferts possibles.
Donc, il peut éventuellement capter, c'est une difficulté pour Laurent Wauquiez, il peut capter une partie des voix LR à l'occasion d'un vote aux européennes et donc continuer à progresser ou il peut être contenu justement par un positionnement de Laurent Wauquiez qui fait qu'il le tiendra malgré tout un peu à distance. Mais il existe, il existe depuis longtemps, cette voix souverainiste qui était à équidistance des LR traditionnels et du Front National. Il la tient malgré tout et donc, oui, il peut faire un score tout à fait honorable et au détriment à ce moment-là plutôt des LR. Même si l'espace politique on se dit entre Laurent Wauquiez et Marine Le Pen, il est quand même étroit, non ?
Il peut paraître étroit et il peut être aussi très large. Premièrement, Marine Le Pen, elle ne sera pas tête de liste du Rassemblement National. On ne sait pas qui sera tête de liste mais ce sera quelqu'un qui aura forcément moins d'envergure médiatique. Si c'est quelqu'un de la société civile, ça peut se révéler un mauvais pari donc ça peut ouvrir des perspectives à Nicolas Dupont-Ignan et puis de l'autre côté Laurent Wauquiez là aussi. On ne sait pas qui sera la tête de liste, on ne sait pas encore tout à fait quelle sera la ligne. En tout cas, ce qu'on a noté ces derniers mois, c'est quand même un recentrage de Laurent Wauquiez sur la question européenne.
Il y a quelques années, il tenait des discours extrêmement durs, extrêmement sévères, très, très eurocritiques. Il a quand même modéré son discours. La ligne des Républicains pour l'instant a été plutôt écrite par quelqu'un qui vient du centre c'est Jean Léonetti et donc ça aussi ça peut ouvrir des perspectives à Nicolas Dupont-Ignan. Moi je veux juste rajouter un truc c'est qu'on s'est tous un peu plantés sur Nicolas Dupont-Ignan parce que dans l'entre-deux-tours de la présidentielle quand il a rejoint Marine Le Pen on a tous dit que le fait d'avoir franchi le Rubicon allait le faire disparaître et ce n'est pas vrai.
Il a été réélu dans sa circonscription, il existe dans les sondages aujourd'hui il est à 5-6% et comme disait Brice il va représenter quelque chose qui existe. Le souverainisme a toujours été une tendance au sein de la droite française.
Une alliance avec le Front National contrairement à ce qu'on aurait pu croire n'est pas quelque chose qui vous marque de façon indélébile on peut en revenir on peut se... C'est-à-dire que ce qu'il faut voir c'est qu'il est quand même sur un créneau qui est quand même assez proche de l'extrême droite. Le Pen compatible. Bah oui, donc il a pu faire cet aller-retour il s'en est éloigné mais pas tant que ça non plus. D'accord, pas dans le discours. Oui, et dans le discours de son discours de rentrée extrêmement, extrêmement dur. Il a un discours il faut l'écouter Nicolas Dupont-Aignan il est des positions beaucoup plus radicales sur certains dossiers que Marine Le Pen aujourd'hui.
Donc Nicolas Dupont-Aignan Oui, Nicolas Dupont-Aignan et puis sur l'Europe il est beaucoup plus radical même que Marine Le Pen qui était empêtrée sur l'euro qui ne savait plus comment retrouver une position ça avait été la grande difficulté de l'entre-deux-tours et du lendemain de la présidentielle. Donc Nicolas Dupont-Aignan au fond il a quand même un créneau il a frôlé les 5% et il a récupéré une partie des gens qui n'ont pas voulu voter François Fillon fait partie de ceux qui ont planté quand même Fillon aussi bon ben là il sera pour l'instant au-dessus de 5, 6 c'est une très belle performance il y a des parties qui étaient illustres et qui sont derrière aujourd'hui.
Mais ce n'est pas Matteo Salvini tout ça pour dire vous disiez Marine Le Pen empêtrée avec sa position pas claire il n'empêche Brice Tinturier Marine Le Pen c'est la seule qui tutoie dans les sondages Emmanuel Macron comment expliquer ce rouleau compresseur insubmersible du Front National dans les sondages ?
Le Front National ça tient Marine Le Pen a pu être décrédibilisée au moment de la présidentielle moi je n'oublie jamais quand même que c'est après ce fameux débat qu'elle a quand même réuni 10 millions de suffrages pour le second tour après un débat qui était catastrophique ou jugé catastrophique donc il y a une expression du Front National qui tient on le voit encore dans les enquêtes effectivement à propos des européennes et je ne pense pas que Nicolas Dupont-Aignan parviendra à détacher substantiellement des électeurs du Front National même s'il est assez bien perçu chez eux 30% de jugement favorable 45% de jugement défavorable chez les sympathisants FN à propos de Nicolas Dupont-Aignan pourquoi se détacher du FN ?
donc le FN je pense que c'est un bloc beaucoup plus homogène et on voit bien la difficulté en réalité qu'a Laurent Wauquiez aussi à détacher des électeurs du Front National mais pour Nicolas Dupont-Aignan qui vient de la droite ne l'oublions pas historiquement il vient du RPR de l'UMP etc je pense qu'en revanche là il a des possibilités pour capter une partie de l'électorat LR les fluidités elles me semblent potentiellement plus importantes dans ce sens et c'est pour ça que les 5-6% qu'on mesure aujourd'hui ils peuvent encore un peu progresser à fortiori si Laurent Wauquiez pour d'autres raisons est obligé de modérer un petit peu son discours anti-européen c'est ça les marges de manœuvre de Nicolas Dupont-Aignan c'est une difficulté pour Laurent Wauquiez elles ne sont pas exceptionnelles non plus il faut ensuite tempérer les choses c'est à dire qu'un Nicolas Dupont-Aignan à 10 ou 12% là ça serait une véritable surprise Marion Bourg
la question c'est aussi pour Nicolas Dupont-Aignan l'après c'est à dire on voit bien qu'aux Européennes il fera un score peut-être pas celui de Salvini ou d'Orban parce qu'il n'a pas leur nouveauté leur fraîcheur pour l'électorat mais il y aura un score et il va rester pour les autres élections et donc après avec qui il construit une alliance est-ce qu'il se tourne plutôt vers Marine Le Pen qui lui laisse la porte ouverte ou est-ce qu'il revient pour travailler avec les républicains même si chacun est dans son parti et construire quelque chose et c'est ça aussi qui déterminera le rapport de force à droite après
il a dit je le cite rassembler tous les patriotes et les républicains pour l'instant
ça ne ferme aucune porte
voilà allez tout de suite on revient à vos questions Edouard Philippe le démineur donc c'est le titre de l'émission ou le canardeur des retraités ça risque de rester gravé comme au fer rouge cette attaque sur la CSG et la faible revalorisation des pensions à peine 0,3% c'est un des éléments les plus déterminants de la chute d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe aussi c'est sur des questions de pouvoir d'achat les français aujourd'hui ne projettent plus la réussite du gouvernement dans les mois ou les années à venir comme il le faisait il y a encore 3 ou 4 mois on a 44% des français qui nous disent la situation sera moins bonne à la fin du mandat et 22% elle sera meilleure 20 points d'écart et c'est surtout l'inverse qu'ils nous disaient il y a encore 6 mois ils nous disaient il n'y a pas de résultat maintenant mais une majorité pensait qu'ils arriveraient à la fin du mandat et pourquoi est-ce qu'on a un tel retournement parce que sur un certain nombre de mesures dont ces mesures autour de la CSG il y a quelque chose qui s'est cassé et qui s'est cassé dans la structure même qui était la plus en soutien du gouvernement donc c'est la question du pouvoir d'achat c'est la question des inégalités aussi qui revient en force à travers le Macron président des riches et oui ce qu'il s'est produit depuis deux mois constitue l'élément déterminant parmi d'autres mais un des plus déterminants du niveau actuel d'Edouard Philippe et d'Emmanuel Macron 25% dans nos enquêtes c'est-à-dire le niveau en gros même un peu plus bas qu'avait François Hollande donc il s'est passé au cours des deux derniers mois quelque chose d'absolument déterminant avec une insuffisance d'explication d'urgence et même pour l'instant l'incompréhension que le président de la République ne soit pas intervenu parce que là il y a vraiment besoin d'un cas Edouard Philippe il a été assez Edouard Philippe a fait plutôt le métier depuis la rentrée il y a de moins en moins d'actifs Edouard Philippe il est pratiquement toujours allé sur ces mesures difficiles il y va il y a il s'est expliqué il l'a déjà fait dans plusieurs émissions pour le coup ça relève aussi du président de la République qui ne s'est peu expliqué depuis deux, trois mois notamment sur ce dossier Alors Brice Tintur Juste très rapidement mais il y a aussi un discours qui a été utilisé et qui oppose les actifs aux inactifs et ça je pense que pour les retraités c'est très mal vécu parce qu'ils se considèrent comme ayant travaillé pendant 40 ans aussi J'en profite pour faire une petite correction contrairement à ce que j'ai dit Nicolas Dupont-Aignan n'est pas pour le Frexit voilà c'est dit et c'est correct Alors on parlait justement d'Edouard Philippe avec des mesures impopulaires question de téléspectateurs à quel point la limitation de vitesse à 80 km heure très impopulaire a-t-elle plombé le Premier ministre ?
Justement chez les élus ça a été un des marqueurs aussi de ce divorce puisque les élus ont dit mais laissez-nous vous montrer quelles sont les routes accidentogènes mais nous on le sait dans nos territoires donc n'imposez pas quelque chose de Paris qui se révèle de toute façon non productif sur le terrain donc là ça a été vraiment un dossier et en plus comme Edouard Philippe l'a porté un dossier compliqué pour le gouvernement
C'est en combien de Français ont été convaincus par la prestation d'Edouard Philippe ? Alors vous le disiez Brice Tinturier ?
Oui 47% ça pour le coup donc on l'a mesuré en temps réel à partir d'un échantillon représentatif de Français qui regardaient l'émission et 47% l'ont déclaré convaincant j'insiste c'est pas convaincu ils l'ont trouvé convaincant ça ne veut pas dire C'est un échantillon il n'est pas neutre les gens qui regardent Edouard Philippe ce sont des gens qui sont plus impliqués Non parce qu'on a quand même des quotas donc c'est un échantillon représentatif de Français qui regardent l'émission ça veut dire qu'on a aussi des Français de gauche de droite et qu'on tient compte de toutes ces variables Voilà pour la méthodologie voilà Laborieux et difficile de convaincre pour le Premier ministre quand les caisses de l'État sont vraiment à sec Est-ce que ce qui s'est passé à la principale difficulté c'est qu'il n'y a plus d'argent C'est que la rentrée évidemment économique est très compliquée pour le gouvernement avec le ralentissement de la croissance moins de rentrées fiscales un budget compliqué à boucler il faut prendre des mesures douloureuses pour les retraités douloureuses pour ceux qui touchent les allocations familiales logement évidemment tout ça n'est pas très populaire d'où le besoin de s'expliquer Alors Edouard Philippe l'a fait encore une fois je pense que c'est une rentrée compliquée mais c'est une rentrée ils ne peuvent pas faire l'impasse sur la communication or avec alors on en a beaucoup parlé avec l'affaire Bénat la démission de Hulot la grogne de Gérard Collomb tout ça a parasité totalement cette rentrée mais les français ils n'ont pas perdu de vue qu'ils pensaient que ça irait mieux à la rentrée ils pensaient qu'il y aurait déjà un petit peu d'amélioration ce n'est pas le cas Que pensent les républicains cadre du parti et militant d'Edouard Philippe c'est un traître c'est un sous-marin
Les gens qui sont restés aujourd'hui républicains ils pensent plutôt que c'est un traître c'est quelqu'un qui a oui parce que il faut bien voir qu'ils estiment que si les législatives ont été si douloureuses pour les républiens qui ont perdu la moitié de leurs députés ils étaient de 100 ils sont 100 c'est notamment parce que Edouard Philippe avec Gérald Darmanin avec Bruno Le Maire ont rejoint le camp présidentiel et donc il y a un sentiment de trahison extrêmement fort et effectivement là c'est un aller sans retour il n'y a pas de sujet là-dessus aujourd'hui les ponts sont complètement rompus c'est d'ailleurs ça qui est très intéressant dans la géographie qui est en train de se mettre en place c'est-à-dire historiquement il y a toujours eu deux droites qui pouvaient se combattre mais elles se rassemblaient pour les élections quand l'exercice du pouvoir était là
par exemple
là qu'est-ce qui va se passer cette frange-là de la droite qui a rejoint Edouard Philippe face à cette droite de Laurent Wauquiez qui est d'ailleurs en cours de définition elle aussi parce qu'on ne sait pas encore tout à fait quelle droite veut incarner Laurent Wauquiez on voit bien qu'il a redroitisme mais jusqu'où veut-il aller il y a encore des inconnus donc tout ça fait que la géographie est extrêmement mouvante et pose beaucoup de questions pour les années qui viennent pour les scrutins qui viennent qu'est-ce qui va se passer aux élections municipales quelles alliances vont se nouer c'est encore vraiment très tôt très précoce pour pouvoir répondre à ce genre de questions
J'ajoute qu'aux européennes on va d'abord tout de suite voir si le pari d'Edouard Philippe finalement de ramener dans les filets du président les Juppéistes Juppé en tête et ceux qui l'entourent seront là parce que ça c'est très important pour le président aujourd'hui on voit bien que la liste la République en marche Alain Juppé il hésite de plus en plus à rallier Emmanuel Macron en vue des élections européennes
Il laisse toujours trois hypothèses sur la table rallier la majorité présidentielle rester lui-même ou rejoindre plus les républicains même s'il en fait toujours partie pour l'instant on sent que rallier la majorité présidentielle perd un peu de force sa décision sera suivie il a beaucoup d'influence au sein de Non c'est pas sûr que les Juppéistes fassent tous la même chose il peut y avoir des Juppéistes un peu sur les trois
pour compliquer un peu le jeu
On peut juste noter qu'hier soir après l'émission politique Alain Juppé a fait un petit tweet de félicitations à son ancien lieutenant Il y a eu Manuel Valls aussi qui était très touché apparemment
du compliment
Il est très touché par chaque marque d'affection de son élève des membres du gouvernement
Parce que hier Edouard Philippe a dit que c'était quelqu'un de solide même s'il n'était pas du même bord et c'est vrai qu'il a rendu un hommage appuyé à Manuel Valls Ça vous a surpris ? C'est quoi ? C'est entre premier ministre ?
Non, entre premier ministre ça c'est assez classique et je trouve que c'est très élégant et fair play de la part d'Edouard Philippe En revanche quand même la question sur mais vous ne lui avez rien proposé il a un peu passé vite Edouard Philippe parce que la vérité c'est que cette majorité n'a pas proposé grand chose à un ancien premier ministre qui rarillait La République en marche et qui aurait sans doute été ravi mais là pour le coup ça ne dépend pas d'Edouard Philippe mais d'Emmanuel Macron Macron décide de tout alors à quoi sert le premier ministre ? À mettre en musique ?
Oui, à mettre en œuvre à incarner dans le quotidien à travailler aussi avec tout simplement la majorité donc avec la capacité à faire passer concrètement toutes ces lois pour qu'elles deviennent effectives donc c'est ça son travail et sa feuille de route telle qu'il l'a théorisée telle que les français globalement l'ont comprise c'est qu'il n'y aura pas une feuille de papier à cigarette entre le président et moi ils ne sont ni en rivalité potentielle ni en doublure non plus exact parce qu'il y a un jeu de personnalité qui est un petit peu différent et simplement il est sans état d'âme il a pris cette vidéo Alors justement cette question connaît-on précisément les relations qu'entretiennent Macron et Edouard Philippe ?
C'était juste ajouté sur le rôle c'est aussi de servir de paratonner et on l'a vu au moment de l'affaire Benalla Edouard Philippe lui était dans l'hémicycle et pouvait répondre donc il était un des premiers à défendre le président mais sinon leurs relations sont plutôt bonnes
On lui reproche justement de ne pas avoir joué le rôle de paratonner lors de l'affaire Benalla Il est quand même un des premiers à être monté On lui reproche pas
d'autres ministres ont un peu disparu à ce moment-là mais lui est plutôt
le président a plutôt trouvé que certains s'étaient un peu planqués pendant cette période-là honnêtement Edouard Philippe est allé quand même au front notamment dans les questions d'actualité La popularité de Macron diminue-t-elle plus que celle de son premier ministre Brice Tinturier ? Il est légèrement en dessous elles sont très indexées de toute façon elles sont tout à fait parallèles elles sont dans le même bateau Emmanuel Macron est à 25% et le premier ministre à 26% Ce qui est différent de l'époque de Nicolas Sarkozy et François Fillon par exemple Ah oui ? Parce que c'est vraiment différent
Ça s'explique par le positionnement qu'a choisi Edouard Philippe qui est de coller au président donc c'est normal qu'ils montent ensemble ou ils baissent ensemble
Alors que tout le monde savait qu'entre François Fillon et Nicolas Sarkozy il y avait quand même quelques antagonismes de fond et de personnalité Allez juste un mot Oui non Edouard Philippe peut-il jeter l'éponge ? Non Pas tout de suite ? Pas du genre à jeter l'éponge Bon c'est tout Pour un amateur de boxe Oui Ça serait jeter les gants Merci beaucoup d'avoir suivi cette émission et s'en rediffusée ce soir à 23h15 et nous on se donne rendez-vous demain à la même heure pour un nouveau C'est dans l'air Bonne soirée A l'heure A l'heure A l'heure