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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 28 juillet 2021 26 min

Protocole sanitaire pour la rentrée scolaire, vaccination des élèves et des enseignants... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Michel Blanquer

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Jean-Michel Blanquer, je vous propose pour commencer qu'on écoute un jeune homme, il s'appelle Elias, il a 16 ans, il va entrer en première dans un peu plus d'un mois. Nous l'avons rencontré dans un centre de vaccination parisien et il a un message pour vous.

0:14
Auditeur

Ça serait bien de pouvoir passer une année sans être confiné, sans avoir de cours en distanciel parce que c'est vraiment pas facile. Donc oui, une année normale, tant que le Covid est là, il faut faire attention mais que ça soit plus simple et mieux géré parce que c'est vrai que souvent il y a eu des problèmes de communication, surtout le ministère qui faisait des mesures qu'on ne pouvait pas tellement suivre, qui ne nous donnait pas assez de temps, pas assez de moyens, l'ENT, la plateforme en ligne, si bug une semaine sur deux, c'est vraiment pas possible d'après avoir des conditions normales pour étudier.

0:45
Présentateur

On était un peu plus d'un mois de la rentrée maintenant Jean-Michel Blanquer, est-ce que vous êtes en mesure aujourd'hui de rassurer Elias et tous les lycéens, les collégiens qui nous écoutent ?

0:54
Invité

Il y a plusieurs dimensions du message que vient de donner Elias, c'est que je reçois 5 sur 5, la première c'est qu'il désire profondément que les écoles, les collèges et les lycées soient ouverts et il a bien raison et comme vous le savez c'est notre boussole que de maintenir ouvert l'ensemble du système scolaire et nous l'avons fait, c'est pourquoi l'année prochaine j'espère bien que ce sera plus simple de le faire mais ça reste notre boussole.

Alors le deuxième élément de ce qu'il dit c'est que c'était pas simple tous les jours, surtout pour les lycéens d'ailleurs mais c'était vrai aussi parfois pour les écoles et les collèges, on a eu toujours à peu près 0,2% des classes fermées pour cette gestion de crise, on a eu parfois des difficultés informatiques, c'est vrai, je n'ai jamais prétendu que tout était parfait mais j'invite chacun aussi à faire de la comparaison européenne et internationale, vous avez pratiquement la moitié des élèves qui ne sont pas allés à l'école aux Etats-Unis, vous avez en Allemagne et en Italie des interruptions qui ont duré plusieurs mois on a donc pas du tout à rougir de l'année qui vient de passer et je le dis notamment au nom de tous les personnels, les professeurs qui se sont battus pour que cela se fasse et donc bien sûr ça a été une année très rude pour tout le monde mais l'objectif ça reste en effet comme le souhaite Elias, que les écoles, les collèges et les lycées restent ouverts et ce sera ma boussole pour la gestion de crise des prochains mois.

2:07
Présentateur

Avec ou sans pass sanitaire alors ?

2:09
Invité

Non, sans pass sanitaire, le pass sanitaire n'a pas vocation à exister dans le cadre scolaire mais avec un protocole sanitaire qui est donc renouvelé en ce mois de juillet, c'est d'ailleurs ce que je suis venu vous dire ce matin, c'est-à-dire que maintenant il est prêt, il va être publié sur notre site ce matin même et il prévoit quatre scénarios qui correspondent donc aux quatre degrés de circulation du virus.

2:30
Jean Michel

On va y venir tout de suite mais le Haut Conseil National de la Santé qui normalement est une autorité qui est chargée de vous guider en matière de santé, dans son avis récent disait mais oui, il faut quand même que le pass sanitaire soit obligatoire à la porte des établissements scolaires pour limiter les contaminations dans ces lieux collectifs. Est-ce que vous ne prenez pas un risque, vous et le Premier Ministre finalement, avec cette absence de pass sanitaire dans les écoles et les lycées ?

3:00
Invité

Notre logique, d'abord, elle est différente pour l'enseignement primaire et pour l'enseignement secondaire puisque s'agissant de l'enseignement primaire, on ne vaccine pas les moins de 12 ans donc de toutes les façons l'enseignement primaire n'est pas concerné par ces enjeux-là.

3:13
Jean Michel

Pour les 12-17 ans ?

3:14
Invité

Donc pour les 12-17 ans et en gros pour l'enseignement secondaire, c'est-à-dire les collèges et les lycées, notre logique c'est évidemment la vaccination maximale des élèves mais de le faire sur le mode de l'incitation et c'est donc ce qui va se passer, c'est pourquoi nous sommes déjà organisés depuis le mois de juin pour des vastes campagnes d'abord d'incitation à la vaccination, donc des campagnes de communication et puis aussi des campagnes pratiques avec le ministère de la Santé pour que les vaccins soient proposés aux jeunes aussi bien pendant ces vacances, je rappelle que sur les lieux de vacances, il y a beaucoup de propositions de vaccins ciblant tout particulièrement les jeunes et puis à la rentrée, pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait grâce à l'installation de Barnum, comme on dit, en tout cas de centre de vaccination.

3:53
Jean Michel

On sait que ce virus est très virulent, enfin, c'est exactement le variant Delta. Est-ce que la règle du 1-4 Covid dans une classe, la classe va fermer, va perdurer à la rentrée ?

4:06
Invité

Alors, comme je vous le disais, il y a désormais un protocole sanitaire avec 4 scénarios et donc des enjeux différents selon les 4 scénarios, s'agissant de ce qui se passe quand il y a un élève qui est contaminé. Vous vous souvenez que cette année, au bout de plusieurs mois, on a décidé que c'était au bout d'un cas de contamination qu'on fermait une classe, ce qui évidemment a fait plus de classes fermées, c'était une mesure de prudence renforcée. Donc on maintient cette règle pour l'enseignement primaire, puisque les élèves ne sont pas vaccinés, donc quand il y aura un cas de contamination, on fermera, quels que soient les scénarios, dans les 4 scénarios.

Et puis, s'agissant de l'enseignement secondaire, s'il y a un cas de contamination, ce sont les élèves non vaccinés qui seront évincés, mais pas les élèves vaccinés. Donc c'est évidemment une forte incitation à être vaccinés. Je précise que ceux qui ne seront pas vaccinés seront en enseignement à distance dans le même temps.

4:54
Présentateur

Ça va créer une inégalité, Jean-Michel Blanquer, entre les élèves ?

4:58
Invité

Vous savez, sur ces sujets, depuis le début, on raisonne en termes de moindre mal, on ne raisonne pas en termes de situation idéale. C'est comme ça, d'ailleurs, que ce que je vous ai dit sur l'année 2021, telle qu'elle s'est passée, c'est à chaque fois qu'on a fait au mieux par rapport à des contraintes qui sont énormes. Là, en l'occurrence, l'objectif, c'est la continuité pédagogique, c'est que tous les élèves et classes, je suis assez sûr que cette année, ils auront moins de perturbations que ce qu'ils ont pu avoir l'année dernière, a fortiori si on a réussi à vacciner un maximum d'élèves et d'adultes dans l'intervalle.

5:29
Présentateur

Le non-vacciné rentre à la maison, le vacciné reste en cours ?

5:32
Invité

Exactement. Et si vous voulez, c'est une logique très rationnelle, en réalité, puisque c'est le message que nous passons depuis le début. Quand vous êtes vacciné, vous ne risquez pas de contaminer les autres, alors que si vous êtes vacciné, vous faites courir ce risque.

5:48
Jean Michel

Une confirmation encore, le pass sanitaire ne sera pas non plus obligatoire dans les facs et dans les restos U.

5:56
Invité

Alors, Frédéric Vidal s'exprimera cette semaine, évidemment, de façon cohérente avec ce que je suis en train de vous dire sur l'enseignement scolaire, mais en effet, notre objectif à l'échelle gouvernementale n'est pas d'appliquer le pass sanitaire en milieu scolaire ou universitaire. Ce que je vous dis est vrai s'agissant de l'enseignement scolaire pour les activités scolaires comme les activités périscolaires. Après, dans tout ce qui est extrascolaire, c'est-à-dire la vie de l'adolescent en dehors du collège, là, comme vous le savez, à partir du 30 septembre, le pass sanitaire s'applique pour les 12-17 ans. Mais l'idée est de ne pas imposer un pass sanitaire pour rentrer à l'école.

Vous savez, c'est toujours la même logique. C'est la logique de l'école ouverte. Mais ce sera curieux, Jean-Michel Blanquer. Depuis le début, parfois contre vents et marées, il a fallu parfois tenir haut le drapeau pour arriver à maintenir les écoles ouvertes. Je continuerai à tenir ce drapeau-là. Et c'est pour cette raison que toutes les mesures qu'on prend sont toujours inspirées par l'idée d'avoir au maximum les enfants qui aillent à l'école. Si quelqu'un veut comprendre la logique qui est derrière, elle est aussi simple que ça. C'est comment faire en sorte que les enfants et les adolescents de France aillent au maximum à l'école.

6:57
Présentateur

Et on va continuer à en parler dans une minute parce que c'est l'heure du Filinfo 8h40. Olivia Chandiot.

7:04
Invité

Vérité et transparence. La promesse ce matin d'Emmanuel Macron à propos des essais nucléaires français réalisés dans le Pacifique entre 1966 et 1996. La France a une dette envers la Polynésie, reconnaît le chef de l'État qui promet de meilleures indemnisations pour les victimes. La moitié des Français est complètement vaccinée, annonce de la Direction Générale de la Santé. Cela représente 34 millions de personnes. L'objectif du gouvernement est d'atteindre 50 millions à la fin du mois prochain. Le voleur s'est enfui sur une trottinette électrique braquage hier dans une bijouterie de luxe à Paris. Les faits ont eu lieu en fin d'après-midi.

La valeur des bijoux volés n'a pas été dévoilée, mais le préjudice est important, précise une source policière à France Info. Une nouvelle marseillaise qui résonne à Tokyo. Mathieu Androdias et Hugo Boucheron décrochent la médaille d'or d'Aviron dans la catégorie 2 de couple. Jeux Olympiques, un coup dur. En revanche, pour la délégation américaine, la star de la gymnastique Simone Biles est forfait pour le concours général demain.

8:03
Jean Michel

Et ce matin, nous recevons Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports. Pas de passe sanitaire. Est-ce que cela veut dire que les profs, ceux qui ne sont pas vaccinés, pourront continuer à faire cours ? Écoutez ce que disait ce matin Christelle Gras-le-Gouen, c'est la présidente de la Société française de pédiatrie.

8:36
Invité

La vaccination obligatoire au lycée, je dirais de manière un peu provocatrice, elle doit être pour les enseignants. Les enseignants qui vont donner l'exemple et qui pourront être protégés et qui pourront assurer l'enseignement et les cours.

8:50
Jean Michel

Protéger, donner l'exemple, Jean-Michel Blanquer, est-ce qu'il faut simplement passer à la vaccination obligatoire de tous les profs ?

8:58
Invité

On n'en est pas là. Je respecte ce point de vue et de façon générale, d'ailleurs, la Société française de pédiatrie a été très précieuse pendant toute cette crise par les avis qu'elle a donnés et que j'ai regardé très attentivement. Donc je comprends ce point de vue. A ce stade, ça ne nous paraît pas indispensable.

9:12
Jean Michel

Donc à preuve, on va continuer à faire cours sans être vacciné.

9:15
Invité

Vous savez, le pourcentage de professeurs se vaccinant est très important. On fait des enquêtes. Au moment où je vous parle, je pense que ça a dépassé les 80%. On fait des sondages réguliers.

9:26
Jean Michel

Ça, c'est un chiffre ministre. Parce que les chiffres que vous donnez, ce chiffre-là, a été un peu mis en question.

9:31
Invité

Ou du moins, on s'est demandé un petit peu son origine. Vous pouvez dire ça d'à peu près tout. Dès que vous dites quelque chose, vous déclenchez 50 vérifications. C'est un chiffre important, plus que la moyenne des Français. Ce qu'il faut que vous sachiez, c'est qu'on fait des enquêtes ministérielles. J'en profite pour répondre à tous ceux qui veulent toujours laisser croire qu'on dit des chiffres à la volée. Il y a des enquêtes. Et parfois, ces enquêtes, elles ont le statut de ne pas être communicables. C'est fait pour simplement éclairer la décision publique. Donc il y en a eu une qui m'a permis de dire les chiffres que j'ai donnés.

J'en profite pour le dire à tous ceux qui pensent que les paroles sont dites en l'air comme ça. Donc ce chiffre, en effet, il était autour de 70-75% au moment de l'entrée en vacances. Maintenant, on savait aussi à ce moment-là, au travers de cette enquête, que c'est environ de 90% l'intention vaccinale des professeurs. Donc le nombre de proportions de professeurs souhaitant se faire vacciner. Et c'est en train d'être confirmé par les coups de sonde que nous donnons sur le terrain. Nous aurons une enquête à la fin du mois d'août nous permettant de savoir ce qu'il en est.

Évidemment, il faut que ce chiffre aille le plus proche possible de 100% pour que nous n'allions pas vers l'obligation vaccinale. Si on était obligé d'aller vers l'obligation vaccinale, on irait vers l'obligation vaccinale à un moment donné. Mais c'est toujours un dernier recours. C'est quand même beaucoup plus souhaitable que chacun comprenne que c'est son intérêt de se faire vacciner et que c'est en plus l'intérêt des autres.

10:44
Présentateur

Qu'est-ce qui fera que vous enclencherez ce dernier recours, Jean-Michel Blanquer ?

10:47
Invité

Pardon ?

10:47
Présentateur

Qu'est-ce qui fera que vous enclencherez ce dernier recours ?

10:49
Invité

C'était s'il y avait un pourcentage trop faible de professeurs vaccinés. On serait sans doute obligés d'aller vers cela. Mais moi, vous savez, les professeurs, par définition, enseignent la rationalité. Ce n'est pas pour rien qu'ils font partie des corps de métier qui se vaccinent le plus. Donc moi, c'est surtout à ça que je fais confiance.

11:06
Jean Michel

Alors, on parle maintenant des élèves, effectivement, des 12-17 ans. Combien de Barnum, combien de vaccinodromes, le 2 septembre, à la rentrée dans les différents établissements scolaires, sur l'ensemble du territoire ? Et quelles vont être les modalités concrètes pour que les élèves puissent se faire vacciner ?

11:25
Invité

Alors, concrètement, on installe un centre de vaccination par établissement. Alors, on le fait de façon pragmatique parce que parfois, ça peut être dans l'établissement. Parfois, lorsqu'il y a un lieu adapté proche de l'établissement, ça peut être à côté de l'établissement. Ce sont les personnels de santé qui ne sont pas nécessairement les personnels de santé scolaire. Donc on a l'appui, évidemment, de ce qu'on peut appeler la médecine civile. Pas nécessairement, mais ça va être mélangé, vous voulez dire ? Il peut y avoir une contribution, évidemment, des médecins et infirmiers scolaires.

Mais l'ensemble du système est organisé avec le ministère de la Santé, comme c'est contenu d'ailleurs depuis un certain temps. Les ARS ? Les ARS, j'ai adressé une circulaire, nous avons adressé avec tous les ministres compétents du gouvernement sur ces sujets, une circulaire au préfet, recteur et directeur d'ARS pour tout simplement organiser cela. Comme d'habitude, c'est un défi logistique.

12:12
Présentateur

Tout ça sera prêt justement pour la rentrée ?

12:15
Invité

Pour les premiers jours de septembre, vous aurez au cours des premiers jours de l'information qui sera donnée aux parents au travers des chefs d'établissement et des professeurs. Et puis ensuite, les élèves pourront se faire vacciner au cours des jours suivants. Moi, évidemment, pour tous ceux qui nous écoutent et pour tous les Français, ce que je dis, c'est d'abord, faites-vous vacciner en ce moment même. C'est quand même la meilleure des formules. Vous savez, très souvent, c'est faisable en pharmacie, c'est faisable dans le lieu de vacances où vous êtes. C'est vraiment le moment de le faire.

12:41
Jean Michel

Comment les élèves vont faire ? C'est-à-dire que, par exemple, comment un élève obtiendra ou prouvera plus exactement qu'il a l'autorisation de ses parents ? Est-ce que les parents vont prendre rendez-vous pour les élèves au sein des établissements scolaires ? Comment ça va se passer ?

12:56
Invité

Il y a une autorisation parentale qui est demandée. C'est quoi ? C'est manuscrit ? Oui, bien sûr, c'est un papier qui sera donné par le chef d'établissement aux élèves et qui reviendront avec l'autorisation de leurs parents.

13:07
Jean Michel

Est-ce qu'il y aura une forme d'anonymat pour un petit peu reprendre la question de Marie Bernardo tout à l'heure ? Est-ce qu'il y aura une forme d'anonymat au sein des établissements scolaires ? Est-ce que ça ne sera pas finalement une obligation vaccinale de fait et que les élèves dont les parents hésitent, est-ce qu'ils ne seront pas ostracisés ?

13:25
Invité

Non, en tout cas, on ne doit jamais arriver à ce type de logique. Et d'ailleurs, c'est vrai au-delà de l'école. Nous ne devons pas arriver à une société où il y aurait d'un côté, où on braquerait les uns contre les autres, les vaccinés, les non-vaccinés. Dans l'idéal, on serait tous vaccinés, répétons-le encore une fois. Mais il ne s'agit pas d'ostraciser les non-vaccinés, il s'agit de mettre chacun devant ses responsabilités. Vous savez, le vaccin est l'ennemi du virus, et c'est le virus qui est l'ennemi des libertés. Et donc le vaccin est l'ami des libertés. Je sais bien que c'est une contrainte d'être vacciné, ça n'amuse personne d'avoir à se vacciner.

Mais néanmoins, si on aime la liberté, on aime le vaccin. Et moi, j'aime la liberté, et donc j'aime le vaccin. Parce que c'est grâce au vaccin qu'on aura plus de liberté, et pas l'inverse. Il faut que chacun comprenne cela. Une fois qu'on a compris ça, ça fait partie, vous savez, dans une société, il y a le contrat social, c'est-à-dire qu'on accepte des choses précisément pour préserver nos libertés.

14:15
Présentateur

Que devient, pardonnez-moi Jean-Michel Blanquer, un adolescent...

14:18
Invité

Et donc le vaccin fait partie du contrat social contemporain.

14:21
Présentateur

Un adolescent qui n'est pas vacciné, qui a une sortie scolaire programmée, qui doit aller au musée, qui doit aller au cinéma, là, il faut le pass sanitaire, il n'y va pas à la sortie ?

14:30
Invité

Oui, parce que c'est normal de faire une différence entre le cinéma et l'école, vous me l'accorderez, même si... Mais ce sera dans le cadre de l'école. ...qu'on fait beaucoup de choses pour le rapport entre le cinéma et l'école. Mais néanmoins, chacun peut comprendre que l'école est la priorité des priorités. Et donc il est normal qu'il y ait un statut spécial de la vie à l'école. C'est vrai sur ce sujet, comme sur d'autres d'ailleurs.

Chacun a compris que c'était la priorité du gouvernement français, ça fait d'ailleurs un peu notre spécificité dans le monde, mais c'est comme ça, nous avons des règles spécifiques pour l'école, parce que ce que nous voulons d'abord et avant tout, c'est l'intérêt des enfants et des adolescents de notre pays.

15:04
Jean Michel

Combien de centres de vaccination ? Je vous ai déjà posé la question, vous m'avez dit un par établissement scolaire, c'est ça ?

15:10
Invité

Oui, il pourrait y en avoir parfois autour des écoles, ça va être autour de 6 à 7 000 centres de vaccination, donc correspondant au nombre d'établissements, mais correspondant aussi parfois à des écoles.

15:20
Jean Michel

6 à 7 000, et ces centres vont durer combien de temps en fait ? Est-ce que vous avez programmé une date de fin, c'est-à-dire est-ce qu'effectivement les parents et les élèves de plus de 16 ans qui n'ont pas demandé l'autorisation, est-ce qu'il faut qu'ils se dépêchent ou est-ce qu'ils ont jusqu'à la fin de l'année pour se faire vacciner ?

15:36
Invité

Non, évidemment l'objectif est d'avoir une certaine intensité de ce qui va se passer, donc ça va être beaucoup au mois de septembre et au mois d'octobre, mais après vous savez depuis le début de cette crise nous sommes pragmatiques, nous regardons ce qui se passe, nous nous adaptons, parfois on nous le reproche, puisque comme c'était dit tout à l'heure, ça donne le sentiment d'avoir des changements de temps en temps, mais ces changements sont le prix à payer de l'adaptation à la réalité, notamment à la circulation du virus.

Donc s'agissant du vaccin, on concentre les efforts notamment sur septembre et octobre, avec comme objectif d'avoir vacciné l'immense majorité des 12-17 ans et des adultes, parce que je rappelle que le vaccin sera proposé aussi aux adultes des établissements, pas seulement les professionnels, tous les personnels, des collectivités locales et autres.

16:22
Jean Michel

Donc c'est combien l'immense majorité ? Combien des 12-18 ans sont aujourd'hui vaccinés ? Et combien concrètement, ça veut dire quoi, l'immense majorité fin octobre ?

16:33
Invité

Je ne vais pas vous donner un chiffre, parce que l'objectif c'est de tendre vers 100%, évidemment. Et je pense que, si vous voulez, chacun peut voir l'intérêt du vaccin, regarder ce qui se passe dans les pays qui ont beaucoup de vaccins réalisés, même d'ailleurs en ce moment, apparemment en Angleterre, il commence à y avoir une baisse du variant Delta, après les flambées qui ont eu lieu ces dernières semaines dans le même pays. Ce n'est pas toujours facile de suivre ces évolutions, mais ce qui est certain, c'est que plus on est vacciné, moins il y a le virus, tout simplement. C'est aussi simple que ça. Je pense que chacun va le comprendre.

Moi, je vous sais, j'ai des discussions individuelles, ça m'arrive tous les jours, pour convaincre, pour essayer de comprendre aussi pourquoi il y a cette résistance au vaccin. Je respecte tous les points de vue. Je pense qu'on ne doit pas être dans l'imprécation. Il est normal qu'il y ait des questions, de la vigilance, tout ça. Il n'y a rien de scandaleux, donc on ne doit pas se disputer les uns les autres sur ces sujets, y compris en famille, je pense, il faut se respecter. En revanche, par tout simplement l'étude concrète de la réalité, par l'esprit scientifique, chacun doit comprendre que le vaccin est la solution.

17:39
Présentateur

Jean-Michel Blanquer, on n'a pas encore évoqué les plus jeunes, les moins de 12 ans. On va le faire dans une minute. Le temps d'un passage par le Filinfo, puisqu'il est 9h moins 10. Olivier Chandiou.

17:49
Invité

Emmanuel Macron reconnaît la dette de la France envers la Polynésie. Le chef de l'État, en déplacement à Papé-Été, promet l'ouverture des archives et une meilleure indemnisation des victimes des essais nucléaires français. Et c'est réalisé pendant 30 ans. Dans le Pacifique, on n'aurait pas fait ces mêmes essais dans la Creuse ou en Bretagne, admet le président de la République. Un chiffre symbolique. Un Français sur deux est complètement vacciné contre le Covid-19, soit 34 millions de personnes. C'est encore loin de l'immunité collective fixée à 90% de la population en raison du variant Delta.

Rachida Dati, rattrapé par l'affaire Carlos Ghosn, l'ex-ministre de la Justice, est mis en examen pour corruption passive. La justice la soupçonne d'avoir touché 900 000 euros entre 2016 et 2013 de la part du groupe. Un emploi de complaisance, une activité de conseil, plaide la mère du 7e arrondissement de Paris qui nie toute irrégularité. Troisième médaille d'or pour la France, Mathieu Androdias et Hugo Boucheron. On décroche le titre olympique en aviron dans la catégorie 2 de couple. Et puis en tennis, l'exploit à l'instant du français Hugo Imbert. Il élimine le numéro 4 mondial, le grec. Stéphano Stitipas en 8e de finale.

19:02
Présentateur

Et nous sommes toujours avec le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. On a évoqué la vaccination des 12-17 ans. Les moins de 12 ans n'ont pas accès à la vaccination. Ça veut dire en gros les élèves de l'école primaire. Pour eux, comment va se passer la rentrée ? Ils vont être testés plus souvent que ça n'a pu l'être fait avant les grandes vacances ?

19:23
Invité

Oui. Pour eux, s'applique la stratégie que nous avons appliquée l'année dernière et qui a quand même plutôt marché. C'est ce qu'on appelle tester, alerter, protéger. Autrement dit, reposant d'abord et avant tout sur les tests. Donc les tests salivaires qui seront de l'ordre d'au moins 600 000 tests salivaires par semaine. Nous permettant donc de repérer les poignées de contamination. On commençait à être vers ce chiffre-là. On était vers 400 000, 500 000. C'est une montée en puissance qui s'est réalisée tout au long de l'année, à partir de janvier en particulier. Et qui nous a bien réussi.

C'est quand même grâce à cette stratégie tester, alerter, protéger qu'on a pu maintenir les écoles primaires ouvertes, l'essentiel de l'année. Et les enfants de France n'ont pratiquement perdu aucun jour de classe à l'école primaire l'année dernière. Ce qui est quand même très, très, très important. Et on va continuer cette année, selon la même logique. Rappelons que les enfants de cet âge-là sont très peu symptomatiques. C'est très, très rare. Ça arrive qu'ils soient contaminés, mais lorsqu'ils le sont, ils sont...

20:17
Présentateur

Ils restent vecteurs tout de même.

20:18
Invité

Ils restent vecteurs, mais ils sont peu symptomatiques. Et on n'a pas observé. Je l'ai souvent dit, ça a souvent été discuté, mais je le répète. On n'a pas repéré de contamination particulière en milieu scolaire. Donc on doit juste continuer à appliquer les gestes barrières. Le protocole que nous publions ce matin, que chacun va pouvoir voir ce matin sur notre site Internet, établit les gestes qui s'appliquent selon le scénario dans lequel on se le trouvera.

Ça signifie qu'à la fin du mois d'août, je dirais, évidemment, en reposant sur les analyses des autorités de santé, où est le curseur de la circulation du virus, et donc quel scénario nous appliquons, le 1, le 2, le 3 ou le 4, et ça enclenchera tel ou tel type de mesure. Par exemple, dans le scénario le plus léger, scénario 1, vous n'avez plus de masque à l'école primaire. Je crains que ce ne soit pas ce scénario qui s'applique à la rentrée.

21:05
Présentateur

On s'applique, ça ne s'appliquera pas.

21:06
Invité

Ça ne s'appliquera pas, mais j'espère bien que dans le courant de l'année, on pourra arriver à ce scénario-là. Il y a aussi d'autres cas de figure. Vous avez le masque quand vous êtes en intérieur, mais pas quand vous êtes en extérieur. Donc, on proportionne les choses, on y va graduellement, selon la circulation du virus.

21:27
Jean Michel

Quel est d'un mot, puisque vous en joignez tout le monde, que ce soit les parents, les profs, les syndicats, les directeurs d'établissement, d'aller sur le site aujourd'hui du ministère, dans et déjà, maintenant ? Oui. Quel est le scénario qui vous paraît le plus probable ?

21:43
Invité

Écoutez, on a deux scénarios extrêmes, le 1 et le 4, dont je pense qu'ils ne sont pas probables, en tout cas pas tels que nous voyons la situation sanitaire. Donc, c'est probablement le scénario 2 ou 3 que nous serons amenés à appliquer au moment de la rentrée scolaire, c'est-à-dire des scénarios qui ne sont pas plus contraignants que ce que nous avons connu jusqu'à présent, mais où il y a la nouvelle donne du vaccin et de ce qu'il permet de faire et de ce qu'il permet d'ouvrir. Donc, soyons quand même, restons quand même assez optimistes, il y a, vous savez, les trois critères en matière de santé.

22:15
Jean Michel

Oui, on peut l'être, parce que là, les derniers, et vos collègues du gouvernement, n'ont pas rendu les Français très optimistes, quand même.

22:21
Invité

Non, je pense, si vous voulez, il faut être d'abord, le premier mot qui convient, c'est pragmatique. Et ensuite, il faut, vous savez, les trois choses qu'on regarde beaucoup, c'est le nombre de personnes en réanimation, taux d'incidence, et puis justement, taux vaccinal. Et s'il y a bien une chose qui dépend de nous tous, c'est le troisième critère. Donc, l'optimisme dépend de nous, en réalité. Si tous les Français sont vaccinés, il y a matière à optimisme.

Et dans le cadre scolaire, ce que nous avons prouvé collectivement, nous, l'éducation nationale et les collectivités locales, par le travail accompli en 2020-2021, cette victoire collective qui a représenté l'ouverture des écoles en France, nous avons évidemment la renouvelée. On se trouve dans la position de certains de ces champions olympiques qui doivent recommencer. Sans, je le dis, sans aucune fanfaronnade, si vous voulez, c'est au contraire avec l'humilité que donne l'expérience que nous avons vécue.

Nous savons que rien n'a été parfait, mais nous savons que quand on est soudé, qu'on ne cherche pas les polémiques inutiles, mais qu'on va vers le concret, on arrive à cet objectif fondamental qui est l'ouverture des écoles. Et donc, on y est arrivé, ça doit nous prouver à nous-mêmes qu'on est encore capable de le faire. Et c'est ça qui me rend optimiste. Je sais que nous sommes capables collectivement, en 2021-2022, d'ouvrir les écoles de France.

23:31
Présentateur

Vous avez de vous-même fait la transition, Jean-Michel Blanquer. Vous étiez à Tokyo il y a encore quelques jours pour l'ouverture des Jeux olympiques. Vous avez pris des notes dans la perspective de Paris 2024 ?

23:41
Invité

Oui, beaucoup, avec tous ceux qui étaient avec moi, à commencer par le Président de la République et puis aussi, évidemment, l'ensemble de ceux qui préparent les Jeux olympiques, comme Tony Estanguet et Teddy Riener. Alors, Teddy Riener ne prenait pas d'ordre, il se préparait à son match. Il n'a pas de temps. C'est avec Tony Estanguet que nous étions très attentifs, mais aussi, effectivement, en discutant avec les athlètes et les responsables des fédérations, avec qui j'ai beaucoup parlé pendant cette période, pour à la fois regarder ce qu'ont fait les Japonais dans des circonstances très particulières qui, évidemment, ne seront, je n'espère pas les mêmes à Paris, quand même.

Mais, justement, c'est intéressant de regarder comment s'organisent des Jeux en conditions extrêmes et c'est très instructif. Par ailleurs, il y a tout l'enjeu de bien nous préparer sportivement à ce moment-là. Et moi, un de mes grands sujets, c'est de contribuer à ce que la France devienne une nation sportive, plus que ça n'est le cas aujourd'hui, notamment en impliquant davantage les enfants, les adolescents, d'où toutes les mesures que nous sommes en train de prendre pour le sport à l'école.

24:37
Jean Michel

Bien nous préparer, bien nous préparer, ça veut dire combien de médailles ? Vous avez dit, 80 médailles, vous maintenez ce chiffre ? 80 médailles à Paris, 2025 ?

24:44
Invité

C'est un chiffre qui a été donné par Laura Flessel en ce temps. Oui, mais maintenant que vous reprenez, que vous faites votre ministre des Sports ? Je pense qu'il faut être ambitieux. Je pense que les sujets dans cette matière sont souvent des sujets d'ordre mental. Et donc, il faut mettre la barre un peu haut. Il faut croire en soi. Regardez Clarisse, ce qu'elle a fait hier, c'était fantastique. Et en fait, moi j'avais assez confiance dans le fait qu'elle est... Parce que je l'avais vue avant, je vois le mental qu'elle a justement. Donc il faut croire en soi. La France doit croire en elle-même, les Français doivent croire en eux-mêmes. Et pourquoi pas 80 médailles à Paris ?

C'est très ambitieux, peut-être qu'on arrivera à 75, mais peut-être qu'on fera 85, peut-être plus encore. Mais ça se prépare. Il faut se fixer des objectifs ambitieux, il faut croire en nous-mêmes. On est un pays fantastique. On le voit, dès qu'on regarde ce qui se passe ailleurs, on peut quand même se dire que c'est pas si mal que ça la France. Jean-Michel Blanquer, les Français ont des compétences, ont des qualités incroyables. 14 médailles, rendez-vous en 2024. Absolument.

25:35
Présentateur

Et on s'arrête là, un protocole sanitaire à découvrir sur le site du ministère de l'Éducation nationale. Merci beaucoup d'avoir été l'invité du 830 France Info ce matin, Jean-Michel Blanquer.

25:46
Invité

Merci.