Anne-Catherine Loisier : « Nous vivons un crash agroalimentaire »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Anne-Catherine Lodier, vous êtes sénatrice union centriste de la Côte d'Or et vous êtes la présidente de cette commission d'enquête sénatoriale sur les marges des industriels et de la grande distribution. On est ensemble justement pour parler longuement de ce rapport alarmant pour l'avenir des filières agroalimentaires six mois de travail 189 auditions vous mettez au grand jour de manière documentée les pratiques de la grande distribution vous pointez des méthodes faites de chantage de menaces d'intimidation de la part de la grande distribution et de l'autre côté des industriels et des agriculteurs qui paraissent bien impuissants avant du parle de parler du coeur de votre rapport la question du pouvoir d'achat elle est encore et toujours au coeur priorité numéro un des français qui s'inquiètent pour leur porte-monnaie notamment avec ce qui se passe au Moyen-Orient est ce que on a vu une augmentation des prix à la pompe une augmentation des prix de l'alimentaire est à craindre il y a eu des annonces de la part du gouvernement jeudi dernier annonce notamment pour les secteurs les plus touchés est ce qu'il faut en faire plus pour les particuliers alors je pense qu'il faut être vigilant en tout cas dans le domaine qui nous a beaucoup mobilisé sur cette commission d'enquête l'agroalimentaire à ce jour on on ne voit pas forcément d'évolution mais par contre dès qu'on parle effectivement crise d'Hormuz on pense pétrole donc on pense tous produits plastiques et autres qui sont fortement utilisés dans le quotidien des français. Donc effectivement aujourd'hui je crois qu'il faut être attentif à l'impact de l'augmentation et de l'explosion de ces prix liés à tous les produits pétrochimie sur la consommation globale des français donc aujourd'hui je dirais non dans les semaines et les mois à venir c'est peut-être à craindre surtout si le conflit se durcit et perdure.
Et ça voudra dire de nouvelles mesures ? Alors ça voudra dire une nouvelle mesure on verra, peut-être une renégociation, c'est d'ailleurs ce que demande un centre de distributeurs et les industriels aujourd'hui sont plus prudents sur ce secteur. Donc à voir un petit peu comment les choses vont se passer.
Aujourd'hui ce qu'il faut avoir en tête c'est que les prix qui ont été payés aux industriels, en tout cas lors des négociations de 2026, sont stables. Il y a 0 % d'évolution. Votre rapport a été remis jeudi.
Vous attendiez à un tel retentissement à ce qu'il fasse autant de bruit. Je pense que...
Alors, pour un certain nombre de gens avisés, il dit des choses qui étaient connues et évoquées depuis longtemps. Mais ces pratiques sont tellement dominantes et d'une violence commerciale telle qu'effectivement, ça provoque beaucoup de réactions. Surtout de la part des distributeurs, il faut croire que le le sujet les interpelle et c'est tant mieux.
Et moi, je souhaiterais qu'on engage le dialogue plutôt qu'on parte parfois dans des échanges qui sont à mon avis pas très sérieux et pas à la hauteur du sujet en tout cas. – Et on va revenir effectivement sur la réponse de la grande distribution. Mais je le disais, si 6 mois de travaux, 189 auditions et un rapport qui est accablant.
Est-ce qu'en commençant ces travaux, vous vous attendiez à découvrir de telles pratiques ? Vous pensiez que ça en était à ce stade ? Alors je le soupçonnais mais étant rapporteur des lois Egalim depuis 2018 et ayant participé au comité de suivi, on sentait en fait, on entendait à l'occasion des auditions déjà des témoignages de ce genre.
Mais l'intérêt d'une commission d'enquête, c'est que ça permet de mettre des éléments probants derrière, puisqu'on a un pouvoir d'investigation qui nous permet d'avoir accès à des documents qui là pour le coup prouvent la réalité de ces faits. Et c'est bien là l'intérêt maintenant, on sait que la manière dont les choses se passent dans les boxe et ailleurs, dans les centrales de service surtout. Et donc à nous d'agir peut-être à l'occasion notamment de la loi d'urgence agricole. – Là justement on va rentrer dans le détail, on va voir quelle est la réalité de ces faits, votre rapport je le disais il est accablant, on va voir le constat que vous avez tiré après six mois de travaux.
Quentin, le rapport du Sénat fait donc grand bruit depuis jeudi. Quelles sont les conclusions de cette commission d'enquête ? Ce rapport pointe, je cite, des déséquilibres structurels dans la formation des prix en France, le tout dans une forme d'opacité, avec même des phénomènes de pression de la grande distribution sur les industriels qui sont délétères.
Commençons par la construction du prix de vente des produits dans les supermarchés. Le rapport décrit une chaîne de construction du prix très déséquilibré. Il existe en France 400 000 exploitations agricoles, 23 000 entreprises industrielles et face à cela trois grandes centrales d'achat européennes.
La rapporteure Antoinette Gull qui a ainsi expliqué sur 100 euros de valeur alimentaire, 8 euros reviennent à l'agriculteur, environ 14 euros reviennent à l'industriel et 40 euros sont captés par le distributeur. Écoutez Antoinette Gull à notre micro, c c'était jeudi. Ça veut dire que ceux qui fabriquent les produits, ceux qui cultivent et qui fabriquent les produits, ceux qui prennent tous les risques ne captent en réalité que 20 % de la valeur et donc ça c'est trop peu et donc il faut un rééquilibrage de la valeur vers l'amont.
Et la sénatrice écologiste d'ajouter que ce soit en France 30 % des entreprises industrielles, souvent des TPE, des PME qui sont déficitaires en France, qui sont en danger aujourd'hui, c 'était 20 % Oriane il y a 5 ans. Autre enseignement majeur du rapport, la grande distribution a recours à des pratiques prédatrices, je cite, avec des négociations commerciales de plus en plus tendues d'année en année. Oui, je cite l essentiel du rapport.
La commission a constaté que les distributeurs employaient volontiers des méthodes de négociation, assises sur la menace, l'intimidation et la contrainte. Écoutez un deuxième extrait de notre interview avec Antoine Edgule, la rapporteur nous avons vraiment découvert un autre monde de pratiques extrêmement brutales pour réussir à obtenir le prix qui était voulu par la grande distribution et je vais vous en citer et une. En fait, la grande distribution, on l'a vu vraiment de différentes enseignes, mais de manière de plus en plus répétée.
Aujourd'hui, des références, c'est-à-dire appuie sur un bouton et fait chuter le nombre de références vendues en magasin pour un même industriel dès lors qu'il n'accepte pas la baisse de prix qui est demandée. Alors Anne-Catherine Loisier, depuis jeudi, la presse dit que votre rapport étrie la grande distribution. Quand on voit comme cela les deux démonstrations, à la fois sur la construction du prix, sur la pression dans les négociations commerciales.
Est-ce que vous dites qu'effectivement, la guerre des prix, elle est causée par cette grande distribution ? C'est bien leur comportement qu'il s'agit de dénoncer aujourd'hui ? Alors effectivement, moi Moi, je voudrais revenir sur les chiffres évoqués initialement.
C'est-à-dire 20 points sur 100 euros dépensés par nos concitoyens, 20 vont seulement à l'amont et à la transformation. Comment peut-on espérer que le système, entre guillemets, tienne dans un contexte où ceux qui produisent et qui transforment la matière sont aussi peu rémunérés ? Il est là le sujet.
Il est la distorsion dans la répartition de la valeur ajoutée. Et donc, ça nous a amenés avec Antoine Edgul à creuser un peu ce sujet. Pourquoi ?
Comment se fait-il que la répartition de cette valeur ajoutée ne se fait pas de manière plus spontanément, plus équilibrée ? Et c'est là que nous avons mis à jour un certain nombre de pratiques qui sont liées à la position dominante des distributeurs. Aujourd'hui, vous l'avez dit, nous avons trois grands groupes.
Concordis pour Carrefour, Super U, au Raritel, pour Intermarché, Casino Auchan et Leclerc qui, à eux trois, monopolisent pratiquement 90 % du marché. Donc quand vous êtes industriel et que vous vous retrouvez face à une de ces centrales d'achat, c'est 30 % de votre chiffre d 'affaires qui se joue. Donc forcément, il y a un sujet d'abus de position de pouvoir de marché qui entre en votre défaveur et vous cédez.
Et c'est bien ça que ce rapport pointe. Et c'est bien ce que veulent, je dirais, résoudre nos recommandations. Mais ce qui est aussi assez édifiant, c'est qu'il y a certains industriels qui ont demandé des auditions à huis clos de peur des représailles.
C'est C'est systématique, quasi-systématique. Donc c'est là où quand on nous dit « circuler, il n'y a rien à voir », puisque franchement de manière un peu caricaturale, j'invite les audisseurs à regarder les auditions des grands distributeurs. Il y en a certains qui vraiment nous disaient « écoutez, tout va bien ».
Donc non, tout ne va pas bien. Il faudrait qu'ils ouvrent les yeux, dans leur propre intérêt d'ailleurs. Parce que la santé de l'amont des producteurs et des industriels, c'est aussi la santé des distributeurs.
On a besoin de l'ensemble des maillons. Nous, ce n'est pas du tout un rapport à charge. C'est un rapport pour essayer de rééquilibrer un système qui est en danger.
Vous l'avez dit, nous avons 400 000 agriculteurs qui sont dans une situation de détresse au quotidien. La ferme France s s'écroule. Nous avons une industrie agroalimentaire qui vit un crash.
C'est ce que l'on dit depuis plusieurs mois, le crash de l'industrie agroalimentaire française. Pas en Italie, pas en Espagne, pas ailleurs, en France. C'est donc bien qu'il y a une raison, c'est cette étouffement, petit à petit, de l'ensemble de ces acteurs de l'amont par des pressions.
Par cette guerre des prix incessante, c'est toujours plus bas. On part du prix de l'année d'avant et on repart plus bas. C'est pas l'industriel qui fait le prix.
C'est le distributeur et c'est toujours, toujours plus bas. Vous parlez des agriculteurs. Est-ce qu'ils sont les grands perdants de ces négociations commerciales ?
Quentin rappelait le schéma sur 100 euros de valeur alimentaire, 40 vont au distributeur, seulement 8 aux agriculteurs, c'est 5 fois moins. Mais bien sûr et c'est pour ça qu'ils sont très déçus par les lois Egalim parce que dans les lois Egalim on leur a dit écoutez on va sanctuariser votre matière première et on va faire en sorte que soit la marche, la construction du prix vous savez en avant qu'on retrouve votre prix, le coût de vos matières premières chez les industriels puis chez les distributeurs. Et en fait on fait l'inverse puisque c'est le distributeur sous l'égide de la fameuse loi de monérisation économique de 2008 qui négocie les prix.
Donc en fait on n'est pas en marche avant, on est en décembre des prix aujourd'hui en France. Les lois EGALIM ne peuvent pas s'appliquer pleinement en même temps que la LME. Et justement, la loi de modernisation économique, on va en parler.
Comment nos agriculteurs, comment sur le terrain ce rapport a -t-il été perçu ? On va en Bretagne, première région agricole de France. Bonjour Stéphane Bénier, merci beaucoup d'être avec nous, directeur de l'information de TVRN.
Stéphane, comment les agriculteurs ont accueilli ce rapport sénatorial ? Écoutez, en tout cas pour avoir beaucoup échangé avec le monde agricole en région Bretagne durant ce long pont de la Pentecôte, il faut dire que ce rapport était non seulement particulièrement attendu, mais il y a surtout une très grande espérance au regard de ces 24 préconisations. Les agriculteurs, eux, entendent exprimer une inquiétude croissante face à l'érosion de leurs revenus, car la question du partage de la valeur n'a jamais été aussi centrale.
Je vais m'appuyer sur un exemple. La Bretagne est la première région agricole française. C'est également la première région en termes de production d'oeufs.
Et bien six oeufs, en règle générale, sont vendus autour de 3 euros 85, 3 euros 90 en grande surface et bien la marge est de 48 % pour la grande distribution contre 20 % pour les éleveurs. Mais si on va sur l'élevage bio, on a eu tendance à beaucoup insister sur le bio, là c'est même encore davantage, on est au-delà des 80 % pour la grande distribution. Alors le monde agricole se sent complètement asphyxié, on parle beaucoup du renouvellement des générations dans les exploitations agricoles, faut-il encore avoir envie de leur donner ce qu'ils attendent en fin de compte, vivre de leur propre travail.
Un travail, vous le savez, qui est exigeant et qui est indispensable pour nourrir les populations. Alors j'ai une question à vous poser, madame la sénatrice, pensez-vous vraiment que votre travail, ce lourd travail va répondre à ce questionnement qui vraiment hante un peu le monde agricole ? Alors je pense qu'il va y contribuer, en tout cas on va faire en sorte que, et on a, je le disais, l'avantage d'avoir ce véhicule législatif qui est la loi d'urgence agricole.
Et je pense que, comme vous le dites, un bon nombre de nos agriculteurs sont au bout du rouleau, il faut absolument leur redonner plus de poids dans les négociations. Et dans nos recommandations, nous invitons notamment la DGCCRF et les autorités de la concurrence à favoriser le regroupement d l'agriculteur parce que la difficulté, c'est quand vous avez un petit producteur qui est par exemple dans les fruits et légumes en négociation directe avec un grand distributeur, il ne fait forcément pas le poids. Donc il faut aussi que l'amont se structure pour davantage peser dans la négociation commerciale.
Et il faut que la contractualisation, monsieur, s'applique parce qu'une des règles majeures, c'est effectivement que les coûts doivent être sanctuarisés. Et pour être sanctuarisé, ils doivent être écrits dans un contrat. Il faut de la plus de contractualisation et je dirais même tout au long de la chaîne, entre le producteur, le transformateur, le transformateur et le distributeur.
Et c'est comme ça qu'on arrivera à cranter cette valeur des agriculteurs. Mais est-ce que c'est loi Egalim ? Est-ce que c'est loi Egalim ?
Est-ce que c'est loi Egalim qui était censé rééquilibrer justement ces relations entre la grande distribution, les industriels, les agriculteurs ? Est-ce qu'elles sont un échec ? On ne peut pas dire qu'elles soient un échec dans la mesure où il y a certaines filières qui en ont quand même... qui ont su en tirer parti.
Pourquoi ? Parce qu'elles ont su mieux s'organiser que les autres en amont. On parle souvent du lait et autres.
Celles qui n'ont pas réussi à s'organiser en amont, forcément, elles ne se retrouvent pas en aval dans la négociation avec le distributeur. Il faut vraiment qu'on avance sur la contractualisation. Il faut qu'on avance sur la sanctuarisation et le respect de cette matière première agricole.
C'est pour ça aussi que nous demandons plus de transparence aux distributeurs pour savoir où est la marge et comment il répartit cette marge. Parce qu'en fait, elle Elle s'évanouille. Si on l'a en amont, on ne la retrouve pas.
On la retrouve dans la phase industrielle puisque l'industriel est obligé d'afficher son taux de matières premières agricoles. Mais on ne la retrouve absolument pas dans l D'autant que votre rapport, il dénonce également le contournement de certaines lois françaises, notamment en passant par des centrales d'achat européennes. Du coup, les grandes distributeurs se dédouanent finalement de la loi française en disant qu'on va appliquer la loi du pays européen.
Comment on fait pour lutter contre ça ? Est-ce qu'aujourd'hui, on est un peu battu ? – Alors c'est un débat européen parce qu'en fait, on ne peut pas imposer ou ou empêcher cette négociation.
Par contre, moi, ce que je défends, c'est qu'il n'y a pas de raison que le droit belge, suisse, espagnol s'applique en France. Il n'y a pas de raison qu'il y ait extraterritorialité de ce droit. Où se déroulent ces négociations qui sont installées à l'étranger, qui sont reportées à l'étranger.
Mais du coup, en France, on se voit imposer le droit de ces pays. On est dans un exemple patent d'extra -territorialité. Donc nous, ce que l'on demande et ce que l'on a redit très clairement dans le rapport et ce qui est aussi l'objet de débats à l'Assemblée nationale aujourd'hui sur le fait que les produits commercialisés en France doivent respecter le droit français.
Nous, ce qu'on demande, c'est qu'il y ait une vraie protection de la matière première agricole française. Quand vous avez un produit comme les yaourts, enfin voilà, qui sont à 80 voire 90 % faits avec la matière première agricole française, il n'y a aucune raison pour qu'il soit négocié, et qui ont vocation à être commercialisés en France. Aucune négociation si ce n'est une volonté de détourner ou d'appliquer d'autres principes qu'ils soient négociés en Espagne en Suisse au Luxembourg ou ailleurs.
On va remercier Stéphane Bénier, merci Stéphane, directeur de l'information TVRN d'avoir été avec nous. Il y a quelque chose aussi d'assez hallucinant qui est pointé dans votre rapport, c'est la question des services, Anne-Catherine le noisier avec notamment certains exemples par exemple un rendez-vous entre un patron un directeur de la grande distribution et un industriel il peut se monnayer jusqu'à 350 400 000 euros c C'est faux. Alors ça, c'est vraiment le point qui nous préoccupe et c'est le point sur lequel nous demandons plus de transparence parce qu'on se rend compte au fur et à mesure des négociations des lois égalimes et des négociations commerciales annuelles, on s'est rendu compte que les pratiques changeaient.
Les pratiques des industriels, mais aussi des distributeurs changeaient pour s'adapter un peu à la loi. Et c'est vrai qu'on voit surgir dernièrement un développement incroyable des activités de ces centrales de services, qui ont toujours existait mais en fait une centrale de service c'est quoi c'est qu'une fois que l'accord est passé entre l'industriel et le groupement distributeur on lui dit coût tu vas aller voir notre centrale de services et là tu vas nous acheter des données tu veux pas les acheter à le sujet c'est de savoir est -ce que c'est lié ou pas à l'achat et à la signature du contrat tu vas nous acheter des données où tu vas nous à 300 400 500 mille euros Tu vas prendre un rendez-vous avec le dirigeant de la centrale d'achat. Ça va effectivement coûter 350 000, 400 000 euros.
Ça, ce n'est pas des chiffres qu'on invente, c'est des chiffres qu'on nous a donnés dans le cadre des biens. Alors, le tout, c'est de savoir si, un, ils existent véritablement. Alors on nous dit mais oui, mais oui.
Est-ce qu'ils sont proportionnés ? Parce que ce qu'on entend aussi de la part des industriels, c'est qu'en fait, ils paient à des prix démesurés des services dont ils ont globalement pas besoin. Est-ce qu'il faut avoir à l'esprit ?
Ils n'ont pas le choix, c'est ce que vous dites. En tout cas, c'est la question que l'on pose et c'est pourquoi on veut plus de transparence. C'est pourquoi on veut avoir plus de lisibilité sur ceux qui reviennent surtout en fait des toutes les recettes un peu parallèle une espèce de sphère de recettes parallèles qui se sont mis en place ces services sont légaux ils ont le droit de les mettre en place par contre on voit très bien qu'aujourd'hui Oui, c'est un système de marge arrière qui peut atteindre quand même des dizaines, voire des centaines de millions pour un industriel.
Donc vous imaginez un industriel qui doit débourser des millions de services. Au final, quand il fait son calcul, comment voulez-vous qu'il s'y retrouve ? Comment voulez-vous qu'il s'y retrouve ?
En ayant une rémunération de son produit, mais derrière, en fait, ce que M. le médiateur appelle un péage. En fait, il y a comme un péage pour avoir le droit de commercer avec un distributeur.
Donc nous, on pose ça sur la table. On demande à nos distributeurs de venir nous expliquer comment ça se passe. Non pas qu'il n'ait pas le droit de le faire mais non ce qu'est-ce que ce soit proportionné alors le rapport il a suscité beaucoup de réactions et content forcément il n'a pas pu la grande distribution voilà la grande distribution vous répond ils ont même commencé à vous répondre avant même la publication des conclusions en conférence de presse jeudi matin.
Voyez ce qu'a dit Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour dans la matinale de France Inter. Il dit les conclusions ça va être que c'est le Far West qu'il y a une tension extrême qu'il faut essayer de réglementer qu'il faut essayer de de rigidifier, qu'il faut essayer d'empêcher de négocier. C'est ça les conclusions, je vous les mets, elles changent sur la table.
Ces conclusions, elles sont à la fois irrespectueuses de notre métier, toutes les caricatures sont grotesques, elles montrent une volonté du législateur, en tout cas d'un certain nombre de parlementaires, de tout administrer, de tout rigidifier, de tout contrôler, de tout encadrer, de tout plafonner. C'est vraiment ce que je ressens à chaque fois que je vais au Parlement. Qu'est-ce que vous répondez au PDG de Carrefour ?
Vous êtes dans l'idée de tout contrôler. – Non mais je pense qu'il faut qu'il garde son calme et puis qu'on discute. Le problème, c'est que quand on commence à nous dire qu'en début d'audition, globalement, tout va bien et il n'y a rien à dire, excusez-nous, messieurs, vous êtes trois gros distributeurs face à 400 000, je l'ai dit tout à l'heure, agriculteurs, 25 000 industriels qui sont en train de se casser la figure économiquement.
Qu'est-ce qu'on fait ? On dit, on fait confiance à monsieur Bompard, tout va bien, on laisse le bateau couler ou Il dit des conclusions irrespectueuses et aussi, il dit des caricatures. Et il a répondu, je le disais, avant même que les conclusions du rapport soient formulées publiquement.
Mais ça dit quoi ? C'est qu'ils ont eu très peur tout de suite de vos conclusions jeudi ? Ils se sont dit qu'il fallait allumer un contrefeu immédiat et en allant très fort dans leur réponse ?
Voilà, je pense qu'on a tous eu la même analyse, c'est-à-dire que c'est une stratégie en termes de communication, c'est de se faire passer pour la victime et de crier au loup, c'est le cas de le dire, voilà. Moi je les invite à plus de responsabilités, il faut qu'on discute parce que ces genres de postures ne résoudra pas le problème. Je le redis, l'agriculture vit un Le drame, l'industrie, tout le monde parle de réindustrialisation de notre pays.
L'industrie agroalimentaire qui était un fleuron de la France vit un drame aussi. Ce n'est pas moi qui le dis, tous les observateurs, un crash agroalimentaire. – Ils disent aussi que vous avez beaucoup pointé les pratiques de la grande distribution et pas les pratiques des industriels, que vous êtes focalisés uniquement sur la grande distribution. – Oui, mais non, pas du tout.
Alors moi je vais vous dire, les points de remise en cause de la distribution par rapport aux industriels. C'est de nous dire, ils font beaucoup de marge. En fait quand on regarde, il y a eu un déficit, enfin une baisse de marge pendant de nombreuses années, il y a eu une espèce de récupération, mais quand on regarde globalement, on est dans des marges qui sont tout à fait normales au niveau des industriels.
Ils nous disent, il n'y a pas assez de transparence. Sur quoi ? Sur l'option 3.
Alors je ne veux pas, vos auditeurs ne voient pas ce que c'est, mais dans les négociations, faites l industriel, il peut soit dire tout ce qu'il a dans son produit, soit il le dit de manière un peu globale, soit il ne dit rien. Il ne dit rien parce qu'il ne veut pas donner sa recette. Lui, il Il donne un chiffre sur 100 milliards de chiffres d'affaires, il lui reste 1%.
Vous dites que c'est une erreur ? Non, mais il nous parle de la marge de Carrefour alors que nous, nous lui parlons de chiffres macronomiques, économiques. Ce que vous avez évoqué tout à l'heure, sur 100 euros dépensés, c'est pas le Sénat, c'est l'Office de formation des prix et des marges.
Voilà. Et ce sont les universitaires. Et ce sont des données macroéconomiques de la ventilation, en fait, de la valeur ajoutée.
C'est pas les comptes d'exploitation de carrefour juste anne-catherine lazier un dernier mot vos préconisations vous allez les tenter de les faire figurer dans la loi d'urgence agricole possible oui autant que possible d'ailleurs un certain nombre le sont déjà sur le déréférencement qu'évoquait antoine est tout à l'heure donc Donc nous allons continuer et vraiment vous l'avez compris, ce que nous voulons c'est qu'il y ait une réflexion sur la loi de modernisation économique. Est-elle encore une bonne idée puisqu'elle finalement, elle vient totalement percuter les dispositions de la loi Egelim, de la marche en avant et de la juste rémunération des agriculteurs. Anne-Catherine Loisy, rapidement on regarde 3-1 de la presse régionale avant de se quitter, la une du journal de Saône-et-Loire et c'est la Bourgogne-Franche comptée face à une vague de chaleur précoce et historique et on voit les lacs qui sont pris d'assaut et votre région qui va connaître de profonds changements climatiques d'ici 2050.
La deuxième une, celle de Ouest-France, piratage et vol de données, comment mieux se protéger. Et puis la dernière une, c'est celle de Paris-Normandie sur le périscolaire dans la tourmente. Également à Rouen, trois agents municipaux ont été suspendus après des soupçons d'agression sexuelle sur des enfants.
De quelle ligne avez-vous envie de nous parler Plutôt le piratage des vols de données qui est quand même un phénomène croissant et qui préoccupe du concitoyen à l'entreprise, même aux structures étatiques. Et sur lequel on est trop en retard ? En tout cas, c'est aujourd'hui la délinquance et la criminalité, elles se passent à ce niveau-là.
Il faut qu'on affûte nos outils. Merci Anne-Catherine Loisier. On suivra les suites, l'avenir de votre rapport, l'examen de la loi d'urgence agricole qui est en ce moment à l'Assemblée, qui sera fin juin au Sénat.
Voir ce que deviennent vos préconisations. Merci beaucoup d'être venu nous en parler. Quentin, on se retrouve dans 20 minutes pour la Rue de presse régionale ?
Anne-catherine Loisier