Résultat des municipales, échec des alliances PS-LFI... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Manuel Bompard. Bonjour. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci Manuel Bompard d'être avec nous sur France Info en ce lendemain de second tour de municipale. On va parler de vos quelques conquêtes après Saint-Denis. Au premier tour, les Insoumis ont remporté Roubaix, 100 000 habitants notamment. C'est une victoire symbolique pour vous. Mais à Limoges, à Toulouse, à Clermont-Ferrand, à Strasbourg, à Brest, à Avignon, à Tulle, la plupart des alliances avec la France Insoumise ont échoué. Ce qui fait dire ceci à Pierre Jouvet, le secrétaire général du PS.
Ce que ce soir je constate, c'est que la France Insoumise ne gagne rien. Et pire, c'est que la France Insoumise fait perdre.
Que lui répondez-vous Manuel Bompard ? Est-ce que la France Insoumise fait perdre ?
Alors d'abord, ce qu'il dit est évidemment absolument faux. La France Insoumise était, vous l'avez dit, présente pour la première fois en vérité, de manière sérieuse dans ses élections municipales. La France Insoumise a 10 ans et elle a réalisé dans ses élections municipales une percée, qui est une percée historique. Vous savez, avant cette élection, il y avait zéro commune de plus de 100 000 habitants qui était dirigée par un maire issu de la France Insoumise. Il y en aura deux. Il y avait à peu près 30 000 personnes qui vivaient dans des communes dirigées par la France Insoumise. Il y en aura plus d'un demi-million.
C'est 18 fois plus d'habitantes et d'habitants qui vivront demain dans une commune dirigée par la France Insoumise. Ça, c'est pour répondre d'abord à Pierre Jouvet quand il dit que la France Insoumise ne gagne rien. C'est absolument faux. Elle a gagné Saint-Denis au premier tour. Elle a gagné Roubaix, 100 000 habitants quasiment au second tour. Elle a gagné au Tampon, à l'Araignan, qui est une ville de plus de 80 000 habitants. Bref, je ne vais pas faire la liste de toutes les communes, mais il y a des victoires et c'est un succès de ce point de vue-là historique pour la France Insoumise. Pour le reste, vous savez...
Beaucoup d'alliances entre la gauche et LFI ont échoué.
Justement, j'allais y venir. Si vous prenez les villes de plus de 100 000 habitants, il y avait huit villes dans lesquelles il y a eu au second tour des alliances derrière un maire ou une tête de liste issue du Parti Socialiste ou des écologistes. Dans la moitié d'entre elles, ces listes l'ont emporté. Dans quelle ville ? À Lyon.
À Lyon, c'était une fusion technique.
C'était bien un rassemblement au second tour avec la France Insoumise.
C'est vrai, mais les Insoumises ne sont pas censées être dans l'exécutif lyonnais. C'était une fusion technique, c'est-à-dire pas de changement de programme et pas une vraie alliance politique.
Oui, mais ça ne change rien puisque l'argument qu'utilise Pierre Jouvet, c'est un argument qui consiste à dire s'il y avait la France Insoumise sur une liste de rassemblement au second tour, ça a conduit à la défaite. C'est mathématiquement absolument faux. Il y a huit communes de plus de 100 000 habitants dans lesquelles il y avait ces fusions. La moitié d'entre elles l'ont emporté. C'est le cas à Lyon, c'est le cas à Grenoble, c'est le cas à Tours. Pour prendre ces exemples, c'est le cas à Nantes. Alors, Pierre Jouvet, la moindre des choses, ce serait de ne pas être ingrat et de commencer par remercier les électrices et les électeurs de la France Insoumise. C'est la première chose.
Et deuxièmement, et pardon, après je vous laisse poser votre question, la vérité c'est que dans les villes où cette alliance n'a pas réussi à gagner au second tour, mais la ville a été perdue par le score historiquement bas des maires issus du Parti Socialiste au premier tour. Écoutez, quand à Brest, il y a eu un reportage sur Brest tout à l'heure, quand à Brest, le maire socialiste perd 7 points par rapport à l'élection précédente, quand à Clermont-Ferrand, il perd 8 points au premier tour par rapport à l'élection précédente, quand la maire écologiste à Besançon perd 19 points par rapport à l'élection précédente. Mais c'est pas vous qui savez de repoussoir ?
En fait, la vérité, qu'est-ce qui s'est passé dans ces villes ? C'est que les maires sortants ont subi un désaveu populaire d'une telle ampleur et d'une telle importance que les Insoumis au second tour, malgré leur mobilisation, n'ont pas réussi à compenser. Et ça a été perdu au premier tour par les maires sortants, par le Parti Socialiste qui, dans ces villes, est devenu un repoussoir.
Pour reposer la question que vous dit Pierre Jouet d'une autre façon, est-ce que vous diriez, comme votre ancien ami Alexis Corbière, que les électeurs de gauche, hier, vous ont tous demandé, pour reprendre son expression, moins de nion et plus d'union à gauche ?
Écoutez, la France Insoumise, entre les deux tours de cette élection municipale, partout où il y avait un risque de droite et d'extrême droite, elle a organisé, proposé le rassemblement, partout. Vous ne trouverez pas un endroit où la France Insoumise ne l'a pas fait. Et je veux bien qu'on interroge désormais la responsabilité de la France Insoumise dans les défaites du Parti Socialiste. Mais ce qui serait intéressant de regarder aussi, c'est que les endroits où les maires, où les candidats issus des partis socialistes ou des écologistes ont refusé le rassemblement et la fusion, dans certains endroits, ils ont perdu.
À Bordeaux, la perte de la ville écologiste, elle est due aussi au fait que le maire, issu d'Europe Écologie-Les Verts, a refusé le rassemblement au second tour.
Mais dans beaucoup d'endroits, ils ont gagné, Manuel Bourbach. À Paris, à Marseille, à Montpellier.
À Marseille, vous êtes sympa de rappeler que si à Marseille, Benoît Payen a pu l'emporter face au rassemblement national. C'est parce que Sébastien Delogus est retiré, mais pas à Paris. Mais à Paris, c'est parce que Mme Dati a pris une raclée, excusez-moi de vous le dire, qui est une raclée historique. Mme Dati, elle fait moins de voix que les candidats de droite à toutes les élections municipales précédentes. Donc en fait, je ne sais pas qu'est-ce que vous voulez démontrer.
Moi, ce que je vous dis, c'est que la France Insoumise, elle fait une percée historique et que les endroits où les maires issus du Parti Socialiste ou des écologistes ont été battus, ils le doivent à leur résultat calamité au premier tour.
On va y revenir à ces résultats, mais prenons un exemple d'échec de cette union des gauches avec les Insoumis. C'est Toulouse. Toulouse, quatrième ville de France, où le sortant d'hiver droite Jean-Luc Moudinck est réélu avec 53,5% des voix environ face au PS et à LFI. Alors que si on additionnait les scores PS et LFI, vous auriez dû gagner cette élection arithmétiquement. Pour Jean-Luc Moudinck, c'est à cause de LFI, c'est à cause de cette tête de liste LFI. On l'écoute dans un reportage sur France Info. Le mélanchonisme, ce n'est pas une famille politique de la gauche parmi d'autres. C'est une rupture avec la République. LFI, c'est un poison mortel.
Il y a, je pense, eu un réflexe de protection démocratique à l'égard de cette formation politique. Et ce réflexe-là est venu de sensibilités extrêmement diverses. Dans un reportage d'Alain Gastal, il parle d'une protection démocratique contre LFI. Est-ce qu'il y a eu un front anti-LFI dans les urnes, Manuel Bompard ?
Écoutez, madame, moi, vous savez, j'ai un peu d'historique politique. M. Moudinck disait exactement la même chose à la dernière élection municipale à Toulouse, qui était en 2020, où la tête de liste de la liste de rassemblement de gauche au second tour était écologiste à l'époque. D'abord, moi, je veux saluer la formidable campagne qui a été réalisée par François Picmal et le score historique qu'il a réussi à obtenir. Puisque quand même, la France insoumise, ce qu'on disait il y a un mois, enterrée, marginalisée, cornerisée, réalise 47% dans la quatrième commune de France. Est-ce que quand même, vous vous rendez compte de qu'on a gagné quand même ? Maintenant, je vais vous dire, madame...
Oui, parce qu'à Toulouse, il n'y avait pas de dégagisme anti-parti socialiste. On est d'accord, Manuel Bompard ? Il n'y avait pas de dégagisme anti-PF ?
Au premier tour, il y en a eu un, manifestement, puisqu'on les a battus, alors que tous les sondeurs disaient que le candidat du parti socialiste allait être devant nous.
Mais il n'y avait pas de socialiste sortant, vous disiez que c'était une des raisons de l'échec.
C'était une ville qu'il fallait faire basculer à la droite et ça fait malheureusement depuis des années, et ça fait plusieurs élections en vérité, que le total gauche au premier tour, puisque moi je regarde les chiffres de manière précise, déjà en 2020, le total gauche au second tour, au premier tour, il était de 54% et la gauche avait malheureusement perdu au second tour. Je vais vous dire quelque chose, c'est très simple, regardez. La France insoumise, par l'intermédiaire de François Picmal, fait 25 000 voix de plus que le candidat de l'Union de la Gauche en 2020 et 10 000 voix de plus que le candidat de l'Union de la Gauche de 2014. Donc si ça, c'est une contre-performance politique...
En fait, Toulouse, c'est une victoire pour vous ?
Mais ce n'est pas une victoire, une victoire, ça aurait été de l'arracher. Mais est-ce que vous contestez ce que je suis en train de vous dire ?
Je ne conteste jamais les chiffres.
Bon, alors, la vérité, c'est que si on essaye de faire croire qu'à Toulouse, c'est une contre-performance historique, vous allez avoir du mal à m'expliquer pourquoi on réunit 25 000 voix de plus à gauche au second tour que dans la dernière élection municipale. Alors vous pouvez me dire, oui, c'était le Covid, il y avait eu moins de participation. C'est vrai, c'est pourquoi je vous dis que c'est 10 000 voix de plus qu'en 2014 où là, il n'y avait pas le Covid. Donc oui, la France Insoumise, elle a progressé, elle a fait progresser la gauche à Toulouse. Malheureusement, pas suffisamment pour arracher la ville à la droite.
Et Limoges, alors que vous espériez remporter cette ville et que la France Insoumise était arrivée en tête du premier tour, votre candidat s'était allié avec le socialiste, et bien c'est le LR, Guillaume Guérin, qui arrive en tête. C'est une déception, Limoges ?
Bah, pareil. Bien sûr que nous, notre objectif, c'était d'essayer de faire basculer ces villes, de les reprendre sur la droite. Mais là, c'est quand même fort de café d'essayer de faire porter à la France Insoumise la responsabilité du fait que Limoges est à droite, parce que je vous rappelle que Limoges a été pendant 70 ans une ville dirigée par le Parti Socialiste, et qu'elle a été perdue il y a deux mandats par le Parti Socialiste, et que ça fait deux fois que le Parti Socialiste, avant cette élection, échoue à reprendre Limoges. Donc moi, je veux bien que c'est la France Insoumise. Vous aussi, vous êtes avec eux ? C'est pas votre échec aussi ?
C'est pas vous qui n'avez pas pu aux électeurs ? C'est notre échec, on n'a pas réussi à gagner. J'aurais préféré gagner, j'en suis d'accord, vous savez. Moi, je ne fais pas de la langue de bois, je préfère gagner une ville. On n'a pas réussi cette fois. Mais encore une fois, le fait de voir la France Insoumise faire plus de 40% des voix au second tour de l'élection municipale à Limoges, moi, je veux bien qu'après l'élection, on vienne, si vous voulez, inventer des réalités parallèles.
Mais si on en avait parlé il y a un mois, et que je vous avais dit, la France Insoumise va faire 47% au second tour à Toulouse, 35% au second tour à Lille, 40% au second tour à Limoges, vous m'auriez dit, Manuel Bompard, calmez-vous, c'est pas comme ça que ça va se passer. C'est comme ça que ça s'est passé. Donc c'est plutôt un résultat qui est un résultat important, qui évidemment n'est pas 100% satisfaisant, mais qui marque une progression significative.
Vous parlez de réalité parallèle, il y a des discours parallèles. À l'instant, Olivier Faure sur BFM TV dit que Jean-Luc Mélenchon est un boulet pour la gauche.
Mais madame, c'est simple, je crois que j'en ai déjà fait un petit peu la démonstration tout à l'heure. La vérité, c'est que ceux qui ont largement baissé au premier tour dans les villes dont on est en train de parler, c'est les listes dites d'Union, du PS, de LV, etc., qui ont perdu 8 à 9 points en moyenne dans les villes de plus de 100 000 habitants, là où les insommés ont gagné 8 points en moyenne au premier tour. Vous êtes tout seuls. Oui, bien sûr, quand nous étions tout seuls.
Mais à Strasbourg, c'est l'union des LFI avec les écologistes qui a échoué. Et c'est la socialiste qui remporte la ville, Catherine Trottmann.
On prend une autre ville, si vous voulez, mais là, moi, je vous donne des éléments qui sont incontestables.
Non, mais parce que c'est un autre exemple de l'échec de cette union.
Mais le repoussoir dans ces villes, le boulet dans ces villes, ceux qui ont fait perdre ces villes à la gauche, pardon, mais c'est les maires sortants du Parti Socialiste qui ont pris une raclée historique au premier tour. Mais à Strasbourg, c'est quoi la raison ?
Il n'y avait pas de PS sortants et c'est une PS qui est élue face à l'union des Verts et des Insoumis.
Vous avez vu dans quelles conditions, madame, quand même ? J'espère que ça ne vous a pas échappé. En s'alliant avec Horizon, avec les macronistes. Et c'est quoi ?
Ça méritait un front antifasciste, une alliance avec Horizon ?
Je ne comprends pas. Non, parce que vous êtes dans quelles conditions. Je vous dis que si vous voulez présenter Strasbourg comme une victoire du Parti Socialiste et que dorénavant, vous prétendez que les victoires du Parti Socialiste sont les endroits où le Parti Socialiste s'allie avec Horizon d'Edouard Philippe, excusez-moi, mais on ne va pas tout à fait avoir la même conception de ce que c'est une ville dirigée par la gauche. À Strasbourg, malheureusement, la ville ne sera plus dirigée par la gauche. Elle sera dirigée par une coalition du Parti Socialiste et d'Horizon. Donc, Olivier Faure, il me semble d'ailleurs, n'était pas très très clair.
On n'a toujours pas compris si madame Trottmann avait été exclue ou pas du Parti Socialiste. Il vient de dire à l'instant sur BFM que non, elle était encore membre du Parti Socialiste. C'est quand même un peu curieux. Moi, en tout cas, je peux vous dire qu'à la France Assoumise, si qui que ce soit faisait une alliance avec Horizon, le Parti d'Edouard Philippe, il serait exclu sur le champ de la France Assoumise. Si vous le voulez bien, on part à Poitiers sur ces images, ici Poitou.
Voilà, les larmes de la mère écologiste sortante de Poitiers, Léonore Moncondouille, soutenue par LFI, et battue dans une quadrangulaire par l'ex-macroniste, aujourd'hui classé centre-gauche, Anthony Brottier. Ce qui est intéressant, c'est une alliance LFI avec les écologistes qui n'a pas fonctionné. Donc, ça nous intéresse de vous écouter sur votre dialogue avec Marine Tourdelier, les écologistes.
Mais d'abord, ce n'est pas que ça n'a pas fonctionné. Elle est battue. Non, mais attendez, elle est battue. C'est qu'au premier tour, la mère sortante écologiste de Poitiers a fait une contre-performance très importante. Et donc, après, au second tour, les Insoumis, qui ont fait plus de 10% des voix, eux, ils se battent, ils se mobilisent pour essayer de maintenir la ville à gauche. En l'occurrence, ils s'allient derrière la candidate et la mère sortante écologiste, Madame Monconduit. Et malheureusement, leur rapport, leur mobilisation, ne permet pas de contrebalancer le mauvais résultat qui a été réalisé au premier tour.
Enfin, je sais que dans ce pays, désormais, de toute façon, dès qu'il y a quelque chose, c'est de la faute de la France Insoumise. Mais, pardon, je trouve qu'il y a une ingratitude dans les réactions du Parti Socialiste, qui sont absolues. Le Parti Socialiste était en très grande difficulté.
Il devrait vous dire merci aujourd'hui ?
Mais évidemment. Enfin, excusez-moi, mais à Nantes, la candidate numéro 2 du Parti Socialiste, Madame Johanna Roland, d'ailleurs, elle l'a dit elle-même, et je le reconnais, si elle a été réélue hier maire de Nantes, c'est grâce à l'apport et à la mobilisation des Insoumis. À Lyon, si le maire écologiste Grégory Doucet l'emporte, c'est grâce à la mobilisation des Insoumis. On continue d'en parler dans un instant. Donc, la moindre des choses, c'est de dire merci plutôt que de nous cracher dessus.
Parce que ceux qui nous ont tapé dessus pendant toute la campagne, qui, l'entre deux tours, essayent de venir nous chercher, et maintenant, nous tapent dessus, montrent quand même leur déloyauté et leur ingratitude absolue. Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou.
Avec Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise, on va prendre maintenant le pouls du Parti Socialiste, Paul.
Oui, avec Olivier Faure qui livre hier soir son analyse de cet échec.
La provocation outrancière, la conflictualisation à tort et à travers,
les dérapages antisémites sont une voie sans issue. Il ne vous cite pas, mais je pense pouvoir dire que vous êtes visé dans les déclarations du premier secrétaire du Parti Socialiste. Est-ce que c'est cela que vous payez ? Est-ce que vous payez cette conflictualisation ?
Non, mais attendez, attendez, attendez. Je veux bien que vous essayiez de transformer un succès historique de la France Insoumise pour une défaite. Vous ne reconnaissez pas qu'elle est contre-performance ? Mais une contre-performance de la France Insoumise dans certaines villes ? Là, on ne dit pas qu'il y a eu des victoires de la France Insoumise dans certaines villes. Là, on parle de la France Insoumise, puisque monsieur me demande si on paye quelque chose. On parle de la France Insoumise. Je suis coordinateur de la France Insoumise.
La France Insoumise l'emporte, je le redis, s'il le faut, parce que je crois que vous n'avez pas bien compris, l'emporte à Saint-Denis au premier tour, l'emporte à Roubaix, l'emporte à Vénitieux, l'emporte à Creil. Excusez-moi, la France Insoumise a 10 ans. Olivier Faure dit que dans ces alliances, vous avez bien voulu. J'ai répondu sur les alliances. Le Rassemblement National a mis 25 ans à gagner une ville de plus de 100 000 habitants dans notre pays. La France Insoumise, en 10 ans, gagne deux villes de plus de 100 000 habitants. Allez, plus de 100 000. Roubaix, c'est 99 000 et quelques.
Vous avez le même discours que Renaissance ce matin, Manuel Lampard. Il se félicite aussi d'avoir gagné deux villes de plus de 100 000.
Mais je n'ai pas les mêmes discours que Renaissance. Alors que vous disiez que Renaissance est complètement transparente dans le municipal ? Je conteste, je n'ai pas les mêmes discours. Renaissance dirige le pays, madame, depuis 10 ans. Mais c'est en particulier jeune. Il dirige le pays depuis 10 ans, madame. Vous en avez conscience, quand même. Donc, excusez-moi, je n'ai pas le même discours que les uns et les autres. Je donne et je rétablis la réalité des résultats des élections municipales face à une lecture que certains essayent d'imposer qui est juste absolument loufoque et absolument farfouieuse. Vous avez quand même perdu les deux seules villes que vous possédiez.
Vous avez perdu les villes que vous possédez, notamment à Fâche-Thuméville. On en a perdu certaines, on en gagne d'autres. On gagne à Châteldon dans le Puy-de-Dôme. Et on gagne, avec nos années de vie, à Saint-Paul, à La Réunion. Eh bien oui, dans une élection municipale, parfois, vous gagnez des villes et d'autres, vous en perdez. Mais vous ne pouvez pas nier une réalité. Je l'ai dit en introduction de cette interview. C'est que vous aurez quasi 20 fois plus d'habitants demain qui vivent dans une ville dirigée par la France insoumise qu'avant ces élections municipales. Alors ça, si vous appelez ça une défaite, allez-y.
Là, on parle des alliances avec notamment les socialistes. On parlait de la France insoumise. Est-ce que les électeurs ne sont pas dupes ? Parce que ça fait depuis des mois que vous accusez les socialistes d'être des traîtres vendus aux Macronistes. Et soudain, vous vous alliez avec eux ? Alors que vous disiez hier que c'était des traîtres alliées avec Emmanuel Macron.
Madame, vous pouvez continuer à répéter partout quelque chose. Non, mais c'est pas une question. C'est une affirmation. Et dans cette affirmation, elle ne s'appuie pas sur une analyse des résultats. Donc pardonnez-moi, moi je vous ai répondu sur les alliances. Maintenant, il est évident, et c'est là où Olivier Faure fait preuve d'une responsabilité absolue, il est évident que pendant toute la campagne du premier tour, vous expliquez que les insoumis, qui, de manière absolument honteuse et absolument calomnieuse, sont infréquentables, qui sont dangereux, etc.
Ce qu'a fait Olivier Faure pendant toute la campagne, jusqu'à sortir un communiqué historique du Parti Socialiste disant qu'il n'y aura pas d'alliance avec la France Insoumise. Et qu'au soir du premier tour, parce que vous avez fait des contre-performances historiques, vous faites des unions et des rassemblements avec la France Insoumise, il est évident qu'il y a des électrices et des électeurs qui ne doivent pas s'y retrouver.
Oui, pardon, mais c'est Jean-Luc Mélenchon qui a ironisé sur les noms à consonance juive.
Attendez, madame, non, il n'a pas ironisé sur les noms à consonance juive. Et il faudrait bien que sur France Info, maintenant, vous arrêtiez en permanence de répéter des bêtises sur la France Insoumise. Ce serait bien une bonne fois pour toutes que vous arrêtiez de répéter des bêtises et les calomnies contre la France Insoumise.
Jean-Luc Mélenchon a reconnu que ça avait pu...
Il a reconnu qu'il avait écorché un nom, madame, pas qu'il avait ironisé sur des noms. Donc, s'il vous plaît, ce serait bien une bonne fois pour toutes que vous arrêtiez de répéter des mensonges en permanence parce que malheureusement, je ne suis pas toujours là pour pouvoir vous corriger. Si, c'est un mensonge de manière absolue que vous êtes en train de dire. Maintenant, maintenant... Ben non, non, mais moi, je vous réponds sur le ton avec lequel vous me parlez. Donc, moi, je vous réponds calmement, mais je rétablis des faits. Donc, depuis le début de cette interview, vous essayez de plaquer une réalité parallèle sur des chiffres. Voilà.
Donc, les chiffres, c'est que la France Insoumise a réalisé une percée qui est une percée historique dans cette élection. Les chiffres, c'est que dans les alliances, puisque vous m'interrogez sur les alliances, la moitié d'entre elles ont été gagnées par les listes d'union et la moitié d'entre elles ont été perdues. Et que là où elles ont été perdues, c'est parce que le Parti Socialiste et les écologistes ont réalisé des contre-performances tellement importantes au premier tour que les insoumis n'ont pas été suffisants.
Pour le reste, moi, j'interroge la responsabilité de toutes celles et ceux qui, au Parti Socialiste, dans l'entre-deux-tours des municipales, ont préféré continuer à taper sur la France Insoumise plutôt qu'à taper sur la droite et à l'extrême droite. Parce que oui, évidemment, à Toulouse, à Limoges, quand vous avez François Hollande, Jérôme Guedj et toute la terre qui dit, entre les deux tours, moi, si j'habitais à Toulouse, je ne voterais pas pour le candidat insoumis, il ne faut pas s'étonner qu'à la France a des conséquences politiques.
Écoutez, moi, entre les deux tours de l'élection municipale, j'ai concentré l'essentiel de mon énergie à me mobiliser contre la droite et contre l'extrême droite. Voilà ce que j'ai fait et ce qu'ont fait tous les insoumis. Ce n'est pas ce qu'ont fait les socialistes. Et ils portent aujourd'hui, évidemment, une responsabilité dans leur défaite. C'est leur défaite et c'est eux qui en sont responsables.
Et Paris. Emmanuel Grégoire a fait un tour à vélo dans les rues parisiennes pour fêter sa victoire hier. Première interview à vélo.
Il y en a énormément de priorités, mais en tout cas, la priorité, c'est de s'occuper de ceux qui ont besoin de nous.
Est-ce que vous félicitez ce matin, Emmanuel Grégoire,
d'avoir battu à plate-couture Rachida Dati ? D'abord, je me félicite de la défaite de la droite de Mme Dati. Évidemment, Emmanuel Grégoire a remporté l'élection municipale. Vous le félicitez ou pas ? Moi, je le félicite de sa victoire, comme je félicite tous les élus, quelle que soit leur étiquette politique, même si des fois, ça ne me fait pas plaisir, qui ont gagné les élections municipales.
Pourtant, l'objectif de Sofia Chiquirou, c'était qu'il n'y ait pas, qui a maintenu sa candidature, c'est qu'il n'y ait pas un socialiste maire de Paris. Ça continue. Quand ça continue, je cite votre candidate.
L'objectif de Sofia Chiquirou, elle était candidate, son objectif, c'était de gagner. Donc oui, c'était qu'il n'y ait pas de socialisme, mais qu'il n'y ait pas non plus Mme Dati, qui soit maire de Paris.
Mais elle s'est quand même maintenue, au risque d'affaiblir...
Au risque de quoi, madame ? Regardez, c'est quand même...
D'affaiblir la gauche et de renforcer la droite.
Ah bon ? Elle a été affaiblie, la gauche ?
Au contraire, elle a été renforcée. Elle a gagné malgré le maintien de Sofia Chiquirou.
Mais non, mais ce n'est pas malgré le maintien. Au contraire, le maintien de Sofia Chiquirou fait progresser le total gauche au second tour de l'élection municipale. Et là, je veux quand même souligner le caractère absolument incroyable des sondeurs qui, jusqu'au dernier jour de cette élection municipale à Paris, disaient qu'il y aurait un point d'écart, deux points d'écart...
Alors, évidemment, il y a des électrices et des électeurs qui, parfois, ont voté pour Sofia Chiquirou au premier tour et voyant ces sondages et se disant malheureusement, la ville va peut-être basculer à droite ont pu parfois changer leur vote pour voter pour le candidat socialiste parce qu'ils voulaient absolument faire perdre la droite. Donc, à un moment, ce serait bien aussi qu'on tire quelques conclusions de l'échec des sondeurs à nouveau dans cette élection municipale.
Est-ce que vous pouvez nous expliquer brièvement, parce qu'il faut qu'on avance, ce que c'est que le concept de Nouvelle France que vous avez développé dans cette campagne, que vous avez martelé, c'est quoi la Nouvelle France ?
La Nouvelle France, c'est la France féminisée, c'est la France des catégories populaires, c'est la France telle qu'elle est, issue de l'ensemble de ses populations et de ses traditions politiques et historiques. La Nouvelle France, c'est aussi ce qui rentre en force dans cette élection municipale, dans les conseils municipaux. Je voudrais souligner que les villes dirigées par la France insoumise sont bien souvent les villes les plus pauvres de France.
Et vous avez martelé l'expression Nouvelle France. Est-ce que vous préparez les esprits à changer le nom de la France insoumise
pour 2027 ? Est-ce que ça pourrait s'appeler la Nouvelle France ? Je ne pense pas. La France insoumise, c'est un mouvement qui est un mouvement, je vous l'ai dit tout à l'heure, qui a fêté ses 10 ans cette année. C'est un jeune mouvement politique. Mais vous le remarquerez qu'à gagner une certaine notoriété. Puisque ce que j'observe quand même ce matin, c'est que sur tous les plateaux de télévision, à nouveau, on parle de la France insoumise.
Alors, vous devriez quand même tirer quelques leçons, puisque pendant toute cette campagne des élections municipales, ça a été haro sur la France insoumise, cabale sur la France insoumise, polémique sur la France insoumise, Mais vous ne faites jamais votre examen de conscience, calomnie sur la France insoumise. Et vous, est-ce que vous le faites parfois à votre examen de conscience ? Non, mais c'est une question,
parce que vous dites que c'était haro sur la France insoumise.
Est-ce que vous, vous le faites parfois quand vous avez expliqué à longueur d'autaine et à longueur de plateau pendant des semaines et des semaines que la France insoumise, elle allait disparaître, qu'elle allait être marginalisée, qu'elle allait être extrémisée et qu'elle gagne des villes de plus de 100 000 habitants. Est-ce que vous faites, vous, votre examen de conscience ?
J'ai commencé en disant que vous aviez gagné notamment Roubaix. Oui, mais est-ce que vous vous excusez ? Est-ce que vous regrettez ?
Faites votre examen de conscience.
Je note que vous, vous ne faites pas le vôtre en tout cas. C'est le moment de la question qui... Mais pourquoi vous voudriez
que je fasse le mien ? Je ne veux pas qu'on vous pose la question d'une percée historique.
Non, mais c'est tout à fait votre droit, bien sûr. Aujourd'hui, la question qui va coûter plus cher, Manuel Bompard, on va écouter une archive, elle n'est pas si vieille que ça. C'est Jean-Luc Mélenchon. Je la connais. Début mars, il fanfaronnait à propos du Parti Socialiste.
Ils ne vont pas nous coûter trop cher, je pense, à acheter pour le deuxième tour. Ils sont tous là à se dire « Aïe, aïe, aïe, pourvu qu'on y arrive avec la droite sans, ils ont soumis. »
...aujourd'hui, échec de la plupart des alliances avec LFI et victoire de nombreux socialistes sans vote.
Malgré les faits, c'est... Continuer, c'est pas nous l'arrêter. Quand il y a 8 villes de plus de 100 000 habitants,
pourquoi vous dites
des choses factuellement fausses dans vos questions en essayant de les faire passer pour des questions ?
C'est pas vrai qu'il y a des socialistes qui ont gagné sans vous et c'est pas vrai que beaucoup d'alliances
sont échouées ?
Oui, la plupart des alliances.
Je vous ai dit qu'il y avait 8 villes de plus de 100 000 habitants dans lesquelles il y a eu des alliances. C'est la plupart, ça ? Il n'y a pas eu que 8 alliances.
On va compter précisément.
Ce que vous dites est faux.
Sur combien d'alliances, oui ?
Je vous ai dit 8, il y en a 4. Il n'y a que 8 alliances.
En 2027, les socialistes ne vont pas coûter si peu cher, non ?
Mais en 2027, il n'y a pas d'alliances. En 2027, il n'y a pas de négociations de listes. Je ne comprends pas très bien votre question. C'est-à-dire que vous voulez les acheter.
Est-ce que la gauche pourra se passer en 2027 dans ces conditions ?
Madame, je n'achète pas les gens. J'essaye de convaincre les électrices et les électeurs. Et ce que je leur dis à l'issue de ces élections municipales, c'est qu'il y a une gauche traditionnelle qui est en décrue dans les résultats du premier tour, qui est en décrue y compris malheureusement en perdant un certain nombre de villes et qui a au contraire une gauche de rupture dirigée par la France insoumise qui est en progression. Et qui est en progression si vous voulez bien noter de toutes les élections depuis la naissance de la France insoumise. Et que cette progression va la poursuivre à l'élection présidentielle avec l'objectif de l'emporter.
Et donc, Madame, j'appelle les personnes qui nous écoutent à venir nous rejoindre dans cette bataille qui va être très importante.
Merci, Manuel. Merci.
Manuel Bompard