1ER MAI EXPLOSIF : APAISEMENT NULLE PART, COLÈRE PARTOUT
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 2:45OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est un échec de l'intersyndical ?
- 3:14RelanceRéponse partielle
13 fois que vous manifestez, rien n'est gagné. La loi est promulguée.
- 3:43OuverteRéponse directe
Vous pensez pouvoir faire plier encore le gouvernement ?
- 5:17OuverteÉludée
Vous lui répondez quoi à Macron qui mise sur la France silencieuse ?
- 7:06OuverteRéponse directe
Comment vous lisez l'événement du Stade de France ?
- 7:32OuverteRéponse directe
L'image du président international a été abîmée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:50InvitéChiffre
« On est à peu près à 35 000 nouveaux adhérents depuis le début de l'année. »
- 3:33InvitéChiffre
« On a d'abord gagné la bataille des idées avec 95% des salariés qui pensent que cette réforme est scandaleuse. »
- 3:50InvitéFait
« Le RIP avec la décision du Conseil constitutionnel mardi et on a le 8 juin une PPL qui est déposée par le groupe Liotte qui propose d'abroger la loi. »
- 6:07InvitéChiffre
« Le 1er mai, l'année dernière, on avait recensé la CGT entre 150 000 et 200 000 manifestants. »
- 7:23InvitéChiffre
« Il y a 60% de la population qui veut qu'on continue après le 1er mai. »
- 9:25InvitéPromesse
« Cette loi ne soit jamais appliquée, qu'elle soit retirée. »
- 9:50InvitéFait
« Les citoyens de ce pays ont le droit de décider. »
- 15:57InvitéChiffre
« Il y a 75% de la population qui ne veut pas de la réforme des retraites. »
- 16:37InvitéFait
« À 60 ans, on commence à être mal. À 62, pratiquement tout le monde a des difficultés. À 64, ça va être la catastrophe. »
Temps de parole
- Invité25 %
- Présentateur25 %
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Qui pensait en janvier qu'on parlerait encore de la répandre des retraites au mois de mai ? Certainement pas le gouvernement. Malgré le jour 14 de l'apaisement Made in Startup Nation, la colère n'a jamais été aussi forte dans le pays. Le pouvoir fait naître cette violence chez les gens. On ne peut pas gouverner quand même contre le peuple tout le temps. Je ne rentre pas dans ces polémiques, ça ne m'intéresse pas. Le soleil, c'est positif. La mobilisation, c'est positif. Les syndicats, c'est positif.
Ouais.
Tout ce qui n'est pas Macron et son monde, c'est positif.
Salut, c'est Jemil et je suis très heureux de vous retrouver pour cette nouvelle vidéo sur le Média. Aujourd'hui, nous sommes ici, place de la République à Paris, pour un 1er mai 2023 qui s'annonce au minimum particulier puisqu'il cohabite cette année avec la 13e journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites. Le contexte politique est explosif. Et chaque jour, depuis fin janvier, le pays montre qu'il ne faiblit pas sur la question de la réforme des retraites imposée par Emmanuel Macron qui, ce dernier, a promulgué le texte de loi il y a déjà un peu plus de 15 jours maintenant.
15 jours durant lesquels le président et son gouvernement ont tenté par tous les moyens de parler d'autres choses en multipliant les déplacements et sorties médiatiques en vain. Les 100 jours d'apaisement se heurtant quasi systématiquement aux 100 jours de Sbeul, même dans les coins les plus reculés du pays. Les casserellades, illustration d'une colère populaire légitime, recouvrent tout et font fuir ministres et députés. Le président lui-même annule des déplacements officiels et s'adapte. Comme ce samedi soir où il s'est terré dans les couloirs du Stade de France et réfugié dans sa tribune présidentielle ultra protégée.
Interdit de pelouse pour aller y saluer les joueurs, aucune apparition de son image sur les écrans géants du stade, des gris, des drones et 3000 policiers et gendarmes déployés, c'était inédit. Alors, à l'instar du Stade de France, le pays se transforme-t-il inexorablement en sorte de cocotte minute dont le risque est qu'elle cède sous l'effet de la pression ? Les manifestants comptent-ils faire de ce 1er mai spécial une sorte d'étape clé de 100 jours de zbeul ? Et en même temps, sur la question de la réforme des retraites, est-ce qu'ils attendent quelque chose encore du gouvernement ?
Côté intersyndical, est-ce que l'union inédite jusqu'à maintenant pourra perdurer après ce 1er mai et les semaines et mois prochains, alors que des tensions et critiques se font déjà entendre, notamment sur les modes d'action ? Et puis, à l'heure où Pôle emploi risque de s'en transformer en France Travail, peut-on encore parler en France d'un 1er mai, comme d'une journée internationale des droits des travailleurs et travailleuses ? C'est de cela, entre autres, dont on va parler dans ce nouveau reportage. C'est parti ! Monsieur Berger, bonjour. C'est la 13e journée de mobilisation nationale contre la forme d'intérêt d'aujourd'hui. Il y a 15 jours, la loi a été promulguée.
Est-ce que c'est un échec de l'intersyndical ? Est-ce qu'il y a des leçons à tirer ? Et pourquoi continuer à manifester aujourd'hui, du coup ?
Mais non, ce n'est pas un échec de l'intersyndical. Je crois qu'y compris les chiffres de syndicalisation, j'ai cru comprendre qu'il n'y avait pas que la CFDT. Aujourd'hui, on est à peu près à 35 000 nouveaux adhérents depuis le début de l'année. Le syndicalisme, il se regrandit de cette période et il se regrandit encore de ce 1er mai qu'il est capable d'organiser. Et donc, il y a un gros succès de mobilisation aujourd'hui qui démontre deux choses. Un rejet de cette réforme, c'est une évidence, mais aussi une aspiration des travailleurs et des travailleuses à être considérée autrement par le gouvernement.
Vous savez quand même 13 fois, 13 fois que vous manifestez d'être sous les mêmes formes. Jusqu'à maintenant, tout est perdu, rien n'est gagné. La loi est promulguée il n'y a qu'un jour. Pour continuer à se mobiliser, alors que M. Berger l'a dit hier sur RTL que ce serait envoyer les Français dans le mur de leur faire croire que le Président peut reculer encore.
On a déjà beaucoup gagné depuis le début de la mobilisation. On a d'abord gagné la bataille des idées avec 95% des salariés qui pensent que cette réforme est scandaleuse et une large majorité des salariés qui sont pour la retraite à 60 ans.
Vous pensez pouvoir faire plier encore le gouvernement ? Aujourd'hui, c'est quoi votre revendication par rapport à la réforme ?
Par rapport à la réforme, on a deux rendez-vous. Le RIP avec la décision du Conseil constitutionnel mardi et on a le 8 juin une PPL qui est déposée par le groupe Liotte qui propose d'abroger la loi et qui peut être, au moins symboliquement dans un premier temps, le premier vote en tant que tel de la réforme des retraites par le Parlement. Et donc, imaginons qu'il y a un vote positif sur cette PPL, ce sera un nouveau signal. Et enfin, on a gagné le fait que le Président de la République n'a plus ni majorité sociale ni majorité politique. Il ne peut plus réformer le pays.
Et ce n'est pas la CGT qui le dit, ce sont même les agences de notation qui le disent en disant que le pouvoir s'est enfermé dans une impasse politique par son dogmatisme. Il ne peut plus réformer. Et ça, c'est une victoire du mouvement social. Nous, ce qu'on dit toujours, c'est qu'on veut être invités, comme toutes les organisations syndicales, parce que soit on prend les 5 représentatifs, soit on prend les 8. Mais on ne peut pas faire 5 plus 1 comme on a vu parfois, par exemple. Et comme ça, nous, on a le choix à chaque fois de refuser, ou pas. Et si M. Berger décide d'y aller seul, bah s'il décide d'y aller seul, ça va... Ce sera son choix pour son organisation.
Là, évidemment, nous, on va en discuter, y compris là pour l'instant. On doit consulter, en fait, nos syndicats de Solidaires pour se déterminer. Mais comme dit, l'acquis de l'intersyndicale, c'est aussi qu'est-ce qu'on peut porter en commun et aussi un respect dans l'autonomie des choix de nos organisations. Et je pense que ça, c'est un acquis qui permet aussi d'envisager de travailler sur d'autres thématiques en commun, là, autres que les retraites.
Vous avez entendu le président Macron vouloir miser désormais sur la France dite silencieuse, qui le soutiendrait face à une minorité. Vous lui répondez quoi ?
Je ne rentre pas dans cette polémique, ça ne m'intéresse pas. Moi, je pense qu'il se raccroche à tout ce qu'il peut, mais sauf que ça n'existe pas. On voit que la colère sociale, elle est vraiment ancrée partout encore. Il n'y aurait pas 300 points de manifestation pour le 1er mai avec des niveaux de mobilisation tels, si c'était le cas. Donc, je pense qu'il y a le petit jeu de Macron qui veut s'auto-persuider que finalement, la réforme, elle passe, que finalement, il va pouvoir tranquillement faire sa loi travail, tranquillement conditionner le RSA, tranquillement ne pas faire de mesures environnementales. Mais en fait, c'est faux.
On le sait, parce que sinon, on ne serait pas encore ici en mai à parler de retraite. On ne serait pas encore ici avec des millions de personnes qui sont dans la rue aujourd'hui. Le 1er mai, l'année dernière, on avait recensé la CGT entre 150 000 et 200 000 manifestants. On sait déjà qu'aujourd'hui, on sera sur des niveaux beaucoup, beaucoup plus élevés. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y avait 20 000 personnes au Havre, qui a 10 000 personnes à New York, qui a 100 000 personnes à Toulouse, qui a 25 000 personnes à Nîmes.
Je pourrais continuer, la liste est longue, mais qu'on est sur des étiages extrêmement élevés en termes de mobilisation, avec en plus à Paris aujourd'hui, une dimension internationale qui n'a jamais été aussi forte pour un 1er mai. Nous avons autour de nous près de 100 syndicalistes des 5 continents. Il y a des Brésiliens, des Coréens, des Colombiens, des Sénégalais, des Tunisiens, des Allemands, des Espagnols, qui sont venus à Paris défiler à nos côtés pour dire combien notre victoire en France, elle est importante pour eux dans le monde entier.
Parce que si on tire les droits sociaux des travailleuses et des travailleurs français vers le bas, c'est les droits sociaux de tous les travailleurs et travailleuses du monde qui sont affaiblis.
Vous avez sans doute suivi les événements de ce week-end. L'exécutif et ses partisans souhaitent voir se rater de samedi au Stade de France comme un essoufflement de la mobilisation. Comment vous lisez l'événement ?
Je pense que ce n'est pas du tout raté parce qu'en fait, on n'a parlé que de ça. Et ça montre quoi ? Ça montre qu'encore aujourd'hui, il y a un sondage qui dit qu'il y a 60% de la population qui veut qu'on continue après le 1er mai. Donc c'est énorme, ça ne faiblit pas.
À l'instant où vous parlez d'international, vous pensez que l'image du président international a été un peu abîmée suite à l'événement de samedi au Stade de France ?
Oui, l'image du président de la République, elle est totalement dégradée suite à cette mobilisation puisque la France, c'est le pays des droits sociaux, le pays des libertés. Quand il y a de telles atteintes aux libertés en France avec un président de la République, un pouvoir qui se fait sanctionner à plusieurs reprises par les tribunaux pour non-respect de la loi, quand en France, on utilise des lois antiterroristes pour réprimer le mouvement social, oui, bien sûr que ça abîme l'image de la France à l'étranger et que les pouvoirs autoritaires se frottent les mains puisque derrière, la crédibilité de la France à intervenir pour défendre les libertés, elle est remise en cause.
L'avenir de la France, sur ce point-là, vous le sentez comment ? Non, mais j'ai toujours dit, et la CIVDT l'a dit quand ces lois ont été dictées au moment où il y avait le risque terrorisme au plus haut, que ces lois devaient être des lois qui étaient maniées avec précaution et qui devaient être temporaires. Pour une raison simple, et on le voit, il ne faut pas qu'on serve de lois qui ont été faites pour lutter contre le terrorisme, pour restreindre les libertés publiques. C'est ce qui se passe aujourd'hui, vous le dénoncez fortement. Mais vous n'allez pas me faire dire ce que je n'ai pas envie de dire, d'accord ?
Je veux vous entendre ce que vous avez envie de dire.
Oui, ce que j'ai envie de dire, c'est qu'il faut que ces lois soient faites pour ce pour quoi elles sont faites, c'est-à-dire lutter contre le terrorisme et que s'en servir pour empêcher des rassemblements militants qui sont pacifiques, ce n'est pas le bon instrument.
La pluie n'arrête personne.
Ben non, la preuve. Des millions de personnes vont défiler encore aujourd'hui pour faire une démonstration de force et en même temps rappeler Emmanuel Macron que nous ne sommes pas sur un barou de donneur, que nos vies ne sont pas une page qu'on peut tourner comme ça et que nous n'arrêterons pas sur le demande que cette loi ne soit jamais appliquée, qu'elle soit retirée.
parce que c'est une loi qui touche les gens dans leur chair et puis à force d'avoir voulu jouer l'empoisonnement, le pourrissement, c'est-à-dire d'avoir laissé les choses en se disant bon, les gens n'arriveront pas à faire grève longtemps, ils ne tiendront pas longtemps avec l'inflation, ce n'est plus seulement les retraites aujourd'hui le 1er mai, c'est l'ensemble de la Macronie que les gens rejettent.
Mais aussi sur l'idée que ça suffit comme ça, qu'il faut qu'on nous entende et qu'on a le droit de décider, que les citoyens de ce pays ont le droit de décider et je crois que l'aspiration aux questions démocratiques, à la prise de décision, elle est extrêmement forte aujourd'hui dans le pays et elle ne va pas partir, elle ne s'en va pas comme ça. Ce n'est pas parce que Macron tente, par des effets de com' régulièrement, de faire des sorties avec tous les styles. S'il pense qu'il va s'en tirer comme ça, à mon avis, vraiment, tous ceux et celles qui disent qu'il est déconnecté, c'est très fort, je ne sais même plus le terme pour le dire en réalité.
J'ai entendu l'autre jour une dame qui me dit qu'il ne sent pas le coup du pays. On en est là, quoi. Vous avez un pouvoir tellement isolé, tellement aux abois, qu'il considère qu'un président qui n'a pas pu aller sur le terrain comme il le fait d'habitude, un président dont les images, lorsqu'il était dans les vestiaires en train de saluer les joueurs, n'ont pas été diffusées sur le grand écran parce qu'ils avaient trop peur que les gens les eussent, et qui a organisé les choses pour être le plus isolé possible du reste du peuple dans un moment qui est normalement un grand moment de fête populaire.
Moi, je ne trouve pas que c'est tout à fait un raté de l'intersyndicale, et d'autant plus quand on voit les quelques sifflets, comme disent les médias détenus par des milliardaires, qui étaient en fait un sifflet extrêmement fort et des huées extrêmement fortes qu'on entendait à la 49e minute pour faire référence au 49.3. Écoutez, quand vous avez un pouvoir qui commence à interdire des casseroles, des sifflets, des cartons rouges, vous comprenez qu'ils ont sacrément peur pour devoir faire ça. Ils pensent pouvoir continuer à passer. Ça ne retombera pas ce qui est là. Ça prendra peut-être d'autres formes. Je ne sais pas s'il y aura une 17e, une 18e journée de mobilisation. Peut-être bien.
On entend beaucoup de vos électeurs aussi en partie demander plus de radicalité, monter d'un cran au bout de 13 fois. On voit que le gouvernement n'entend pas. Vous leur répondez quoi, vos électeurs électrices et aux Français en général sur ce point ?
Alors, elle est compliquée, votre question sur la radicalité, parce que c'est quoi la radicalité aujourd'hui ?
Quelle serait pour vous l'étape supplémentaire pour vous faire entendre du gouvernement, pour qu'il plie ? Est-ce qu'il peut plier encore ?
Bien sûr qu'il peut plier. Sinon, ça ne sert à rien de continuer, de lutter.
Je vais étoffer sur les manifestations pacifiques, d'aller d'un point à un point B. C'est surtout ça qui est critiqué. Les castres-là, ça a l'air de trouver plus d'adeptes déjà.
En nombre, je ne sais pas. Moi, ce que je crois, c'est la stratégie du nombre. C'est à ça que je crois. Et la stratégie du nombre, elle implique une stratégie non violente. Parce que sinon, vous le voyez bien d'ailleurs, et moi, je trouve ça incroyable qu'au bout de toutes ces mobilisations, on soit encore aussi nombreuses. Parce que ça fait un mois qu'à la télé, vous entendez parler des violences et qu'il n'y a que ces images-là qui finissent par être montrées. Et pourtant, il y a encore du monde. Vous nous demandez comment nous, on va continuer pour monter d'un cran. C'est une question que se posent des tonnes de Français. Alors, l'intersyndicale va poser des dates.
Nous, on continue à l'assemblée. On a, par exemple, le 8 juin, la niche du groupe Liotte, où ils vont présenter le texte que nous avons co-signé pour abroger la réforme. Bon, on va utiliser tous les moyens. Et je crois que la question d'une stratégie violente, qui affirmerait, d'abord, je m'y oppose, mais en plus, je crois qu'elle évacuerait la question du nombre, elle la mettrait de côté et elle va vers la marginalisation. En tout cas, ce qu'il faut noter dans la période, c'est que plus que jamais, on doit être les partisans de la VIème République. Et là, on est dans la phase destituante des révolutions citoyennes.
Si on pouvait arriver jusqu'à la phase constituante, ça serait magnifique parce que c'est ce qui permettrait au peuple de se réapproprier véritablement son destin. Donc, la question, c'est pas est-ce qu'on condamne ou pas les violences, les machins, etc.
Vous les condamnez.
Vous trouverez toujours sur moi pour dire d'abord que la violence sociale, elle est tellement énorme que oui, elle pousse des gens à une forme de violence et qu'à un moment, il faut s'interroger quand le pouvoir fait naître cette violence chez les gens. Le pouvoir fait naître une forme de violence quand je vois qu'il y a des jeunes qui sont prêts à en découdre parce qu'ils veulent être écoutés. Eh bien, le pouvoir doit être tenu responsable de ça et donc rendre des comptes là-dessus. Après, sur une stratégie de mobilisation, je continue de croire que la stratégie du nombre, c'est celle qui nous mène à la victoire. Et donc, pour celle-là, il faut une stratégie pacifique.
C'est des gens qu'on fait ça ou pas ? Oui, mais je ne sais pas si c'est utile. Je serais plus pour m'attaquer à des symboles de la République, personnellement. Ah ! Comme ? Par exemple, ce qui s'est passé à Bordeaux, le fait de cramer une porte de mairie, je trouve que c'est quelque chose et ce qui reste, c'est un symbole qui... Vous soutenez plus ce genre d'action ? Oui. C'est plus fort, j'ai l'impression, quand même. Oui, pour moi, ça a plus de sens parce que ça va rester plus longtemps. Les gens vont passer devant et vont s'en émouvoir. Là, je ne sais pas si quelqu'un va s'en émouvoir. On est arrivé vers midi, juste avant la station après République.
C'est-à-dire que la police était déjà dans le métro et elle fouillait les hommes, notamment. Et ils ont confisqué, notamment, un parapluie. Enfin, des choses anodines. Mon ami, qui avait un sifflet autour du cou, on lui a montré le sifflet en disant que ce n'était pas autorisé.
Et le parapluie, pourquoi ? En plus, c'est normal, il pleut aujourd'hui.
Alors, le parapluie, j'en ai parlé avec des gens dans la manif. Il semble que c'est par rapport à l'utilisation des drones parce que Nunes, je crois, il a eu l'autorisation des drones aujourd'hui. Et que les parapluies, ça gêne. Parce qu'on ne peut pas identifier les gens, quoi. On regardait tout à l'heure les médias pour voir faire la manifestation. Et tout de suite, ce qu'il y a à faire en premier, c'est 22 interpellations, tout ça. Regardez. C'est bon enfant.
Au tout début, bien sûr, mais là, c'est ce qui arrive en premier. Bien sûr.
Moi, je suis au cœur. Je ne reconnais pas cette information dans ce que je suis en train de vivre là. Là, j'entends des gens qui dansent, qui chantent, des gens sourient. Il est super, votre panneau, là. Expliquez-moi un peu le sens de ce panneau. C'est le point levé de la lutte contre l'oppression qui tient la casserole parce qu'elle a été interdite alors qu'il n'y a pas de raison d'interdire les casseroles spécialement. C'est uniquement pour ça que j'ai la casserole, c'est la mini-casserole.
Bonjour, mademoiselle. Apparemment, vous dites non. Mais pourquoi ? Je dis non. À qui est ? Qui est quoi ? À tout.
Je dis non à Macron. Je dis non à Dermannan. Je dis non. Alors, je vois votre panneau. Macron, le pénible. Pourquoi il est pénible ? Parce qu'il ne comprend pas qu'il y a 75% de la population qui ne veut pas de la réforme des retraites. Il faut qu'il passe à autre chose. Il veut passer à autre chose, là ? Non, non.
Il la remballe, déjà. Eh bien, c'est super bien. Je n'ai pas encore de grognon dans mon reportage pour le Média. De grognon.
Oui, en plus. Donc, je suis grognon.
C'est quoi qui rend grognon ?
Alors, Macron rend grognon. Dermannan rend grognon. On peut comprendre. L'inflation. L'inflation, moi, je suis chonchon. La réforme des retraites, je suis chonchon aussi. La catastrophe écologique, je continue. Effectivement, moi, je suis en retraite, mais je n'aurais pas pu partir en retraite à 64, moi. Je suis parti en retraite à 63 et j'ai déjà eu du mal. Qu'est-ce qui n'allait pas ? La santé, tout simplement. Et je n'étais pas sur un métier spécialement pénible. Mais il faut qu'il se rende compte, ce gamin, c'est qu'à 60 ans, on commence à être mal. À 62, pratiquement tout le monde a des difficultés. À 64, ça va être la catastrophe. Est-ce qu'il y a du positif à côté ? Là, c'est bien.
C'est positif. On marche.
La manif et le soleil, après la...
La manif, le soleil, c'est positif. La mobilisation, c'est positif. Les syndicats, c'est positif.
Ouais.
Tout ce qui n'est pas Macron et son monde, c'est positif. Il se passe plein de trucs. Les ZAT, c'est positif.
Est-ce que vous avez quand même foi ? Est-ce que Macron, le pénible, se disent « bon, je recule ? » Non, je pense qu'il est trop borné. Vous avez espoir que votre nom puisse être lu, entendu, compris et respecté par celui qui...
Alors, lu, oui, compris, je pense que c'est facile à comprendre. Entendu. C'est pour ça que je suis grognone. Quand vous avez, je ne sais pas combien, là, peut-être un million de personnes dans la rue. Bon, on ne peut pas gouverner quand même contre le peuple tout le temps, quoi. À un moment donné, d'une manière ou d'une autre, ça change. Sous-titrage Société Radio-Canada