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InterviewRadio France (sur Site radio)· 7 septembre 2026 6 minComplaisantActualité / polémiqueJusticeSolidarités & familleSécurité

Loi "intégrale" contre les violences sexuelles : la députée Estelle Mercier plaide pour une juridiction spécialisée

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteRéponse directe

    Comment éviter un nouveau drame comme celui de l'affaire Liana ?

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Comment ce texte pourrait nous permettre d'éviter d'arriver à un tel drame ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    Déjà de la détection de ces violences et de la prise en charge de la parole des victimes que ça se joue ?

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Un article qui a retenu mon attention : une femme victime ou un enfant victime pourra porter plainte directement à l'hôpital par exemple ?

  • 2:35OuverteRéponse directe

    Vous diriez qu'aujourd'hui, les policiers, les gendarmes ne sont toujours pas assez formés à la prise de parole et pour mener ces enquêtes à bien ?

  • 4:12OuverteRéponse directe

    Comment vous sentez vos collègues députés sur la question ? Ils sont prêts à y aller, à dire on met 3 milliards d'euros sur la table ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57Invité politiqueFait
    « notamment la création d'unités, d'uridictions spécialisées, la formation obligatoire des professionnels. »
  • 1:03Invité politiqueFait
    « comme on l'a vu dans l'affaire Liana, on a beaucoup de plaintes qui soit n'aboutissent pas, soit sont classées sans suite, soit traînent un petit peu dans les couloirs ou entre les différentes institutions, police ou justice. »
  • 3:01Invité politiqueChiffre
    « La loi intégrale demande presque 3 milliards d'euros de moyens supplémentaires pour prendre en charge ça. »
  • 4:30Invité politiqueChiffre
    « Il y a 235 députés qui ont signé la loi intégrale. »
  • 4:39Invité politiqueChiffre
    « aujourd'hui, si on mesure le coût des violences sexistes et sexuelles, c'est presque 10 milliards par an de coût. »
  • 4:46Invité politiqueChiffre
    « Et donc, investir 3 milliards chaque année, ça permet d'éviter 10 milliards demain. »

Temps de parole

  • Estelle Mercier65 %
  • Invité25 %
  • Présentateur6 %
  • ?4 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

Le

0:01
Présentateur

réveil 100% local, ici matin. 8h moins le quart, comment éviter un nouveau drame comme celui de l'affaire Liana ? Les députés planchent aujourd'hui en commission sur une grande proposition de loi contre les violences sexistes et sexuelles. Notre invitée soutient cette proposition de loi, elle est membre de cette commission parlementaire, elle est députée socialiste de Meurthe-et-Moselle et elle répond aux questions de Jules Hauss.

0:25
Invité

Bonjour Estelle Mercier. Bonjour. On a beaucoup parlé de cette proposition de loi dite intégrale, elle s'est imposée notamment dans le débat après l'affaire Liana. Comment ce texte pourrait nous permettre d'éviter d'arriver à un tel drame

0:39
Locuteur

? Alors

0:41
Estelle Mercier

dans cette loi intégrale, il y a effectivement plusieurs volets.

0:44
Locuteur

Elle

0:44
Estelle Mercier

est dite intégrale parce que justement elle traite de l'ensemble du parcours judiciaire éventuellement des victimes. Alors il y a un volet important sur le judiciaire et qui prévoit une réforme en profondeur, notamment la création d'unités, d'uridictions spécialisées, la formation obligatoire des professionnels. Parce que comme vous le savez, comme on l'a vu dans l'affaire Liana, on a beaucoup de plaintes qui soit n'aboutissent pas, soit sont classées sans suite, soit traînent un petit peu dans les couloirs ou entre les différentes institutions, police ou justice.

Et donc dans ce volet qui est majeur pour la loi intégrale, c'est changer complètement de regard, donner la parole aux victimes, remettre la parole des victimes au cœur du processus judiciaire pour éviter effectivement ces classements sans suite. On comprend

1:33
Locuteur

qu'effectivement c'est au niveau

1:35
Invité

déjà de la détection de ces violences et de la prise en charge de la parole des victimes que ça se joue. Il y

1:40
Locuteur

a

1:40
Invité

un article qui a retenu mon attention, une femme victime ou un enfant victime pourra porter plainte directement à l'hôpital par exemple

1:46
Locuteur

? Oui,

1:47
Estelle Mercier

voilà.

1:48
Locuteur

C

1:48
Estelle Mercier

'est-à-dire que donner la possibilité à chacun de pouvoir porter plainte dès qu'il est pris en charge, dès le début. Donc un enfant qui est à l'hôpital sans doute pris en charge pour une raison ou une autre pourra effectivement porter plainte. Mais vous avez raison, dans cette loi intégrale, c'est détection, prévention qui est important. Par exemple, il y a une mesure qui consiste à faire des entretiens tous les ans avec les enfants dans les classes pour détecter si les enfants sont victimes de violences, pour prendre à la source ce problème de violences. Et ensuite, on a tout un dispositif pour mieux accompagner les victimes.

2:25
Locuteur

On y reviendra à la fin

2:26
Invité

effectivement sur ce questionnaire. Ce qu'on comprend aussi,

2:30
Locuteur

c

2:30
Invité

'est qu'il

2:30
Locuteur

y

2:30
Invité

a tout un volet au niveau de la police et de la justice. Vous diriez qu'aujourd'hui, les policiers, les gendarmes ne sont toujours pas assez formés à la prise de parole et pour mener ces enquêtes à bien ?

2:44
Locuteur

Alors,

2:45
Estelle Mercier

il y a eu énormément de progrès, il faut dire les choses. Il y a les salles Mélanie, il y a des questionnaires maintenant, enfin des grilles d'entretien qui permettent de mieux prendre en compte la parole. La difficulté sur les enquêtes, c'est qu'il y a une question de moyens déjà. La loi intégrale demande presque 3 milliards d'euros de moyens supplémentaires pour prendre en charge ça. Et c'est une question d'organisation de la justice. Quand vous avez des unités spécialisées, en fait, en termes de communication, de formation, vous approfondissez, vous avez des ambitions supplémentaires.

Aujourd'hui, un policier, il reçoit des plaintes pour les violences intrafamiliales ou des violences sexuelles. Il reçoit des plaintes pour cambriolage. Enfin, vous voyez, ça ne permet pas d'avoir une priorisation des violences sexistes et sexuelles. Donc, la manière dont on organise la police et la justice, notamment en créant ces juridictions spécialisées, je peux vous donner un exemple qui est que, par exemple, la création du parquet antiterroriste ou la création, l'année dernière, du parquet anticriminalité organisation, fait qu'on va spécialiser les personnes dans à la fois la détection, la prise en charge des violences.

3:58
Locuteur

Donc,

3:58
Invité

effectivement, on sent qu'il faut qu'il y

4:00
Locuteur

ait

4:00
Invité

vraiment des juridictions spécialisées. C'est en tout cas ce que vous défendez. Vous parlez, effectivement, des moyens qui doivent être alloués. On parle de 3 milliards d'euros sur 5 ans. Ça arrive juste avant le débat sur le budget. Comment vous sentez vos collègues députés sur la question ? Ils sont prêts à y aller, à dire on met 3 milliards d'euros sur la table et puis on renuera sur le reste

4:21
Locuteur

? Alors,

4:22
Estelle Mercier

j'espère qu'ils sont prêts à y aller. Il y a 235 députés qui ont signé la loi intégrale. Donc, c'est assez massif. Je crois que c'est la première fois où on a autant de monde et c'est aussi transpartisan. Et effectivement, la question à se poser, ce n

4:37
Locuteur

'est

4:37
Estelle Mercier

pas tellement les 3 milliards maintenant.

4:39
Locuteur

C

4:39
Estelle Mercier

'est de se dire qu'aujourd'hui, si on mesure le coût des violences sexistes et sexuelles, c'est presque 10 milliards par an de coût. Et donc, investir 3 milliards chaque année, ça permet d'éviter 10 milliards demain. Donc, il y a vraiment cette vision du long terme et de la prise en charge, notamment des victimes, comme le font les Espagnols, par exemple, qui, dès le dépôt de plainte, ont un mécanisme de suivi, de prise en charge, y compris mentale, d'accompagnement de toutes les victimes. Et ce qui permet aussi, dans l'avenir, d'éviter un certain nombre de violences. Un enfant qui est victime de violences aujourd'hui et qui n'est pas traité, qui n'est pas accompagné.

On voit bien de quelle manière, quand il devient adulte, ses références sont faussées, sont biaisées. Et lui-même peut reproduire ces violences.

5:27
Locuteur

Et à la fin, c'est sur des coups pour

5:29
Invité

la société et

5:30
Locuteur

pour la santé aussi. Exactement. Ce que disent

5:33
Invité

les rapporteurs du texte,

5:36
Locuteur

c

5:36
Invité

'est que ça peut coûter 10 milliards par an à la société. Ensuite, en soins, etc. Merci beaucoup, Estelle. Merci d'avoir répondu à nos questions. Vous allez faire donc partie des débats du jour en commission parlementaire. Le texte de loi, je crois, sera mis à l'agenda de l'Assemblée pour un vote au mois d'octobre.

5:54
Estelle Mercier

Début octobre, on commence dans l'hémicycle en séance publique. Et la commission spéciale, elle va vraiment démarrer. Aujourd'hui, c

6:02
Locuteur

'est

6:02
Estelle Mercier

l'installation. Elle va vraiment démarrer le 21 septembre jusqu'au début octobre, en fait. Après,

6:07
Locuteur

ça

6:07
Estelle Mercier

va se poursuivre dans l'hémicycle.

6:09
Invité

Et on suivra les débats. Merci beaucoup, Estelle.

6:11
Locuteur

Merci beaucoup. Merci, députée

6:12
Invité

socialiste de Meurthe-et-Moselle d'avoir été l'invité d'ici Lorraine ce matin.