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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 23 mars 2012 14 minAutoproduitFond programmatiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Marine Le Pen rencontre à leur invitation les postiers de Trilport

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:19Invité politiqueFait
    « depuis une bonne dizaine d'années une volonté, enfin, même une bonne vingtaine d'années, une volonté qui va dans le sens de la libéralisation et de la privatisation. »
  • 5:49Invité politiquePromesse
    « Je crois qu'il faut mettre fin d'urgence à cette dérive. »
  • 6:02Invité politiquePromesse
    « Geler la libéralisation immédiatement, ne pas se soumettre au diktat de Bruxelles, arrêter toute nouvelle privatisation, même partielle »
  • 12:28Invité politiquePromesse
    « je ne peux que m'engager sur le quinquennat à récupérer ces heures supplémentaires qui n'ont pas été données »
  • 14:00Invité politiquePromesse
    « la poste redeviendra un établissement public »

Temps de parole

  • Marine Le Pen70 %
  • Invité23 %
  • Invité 27 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:06
Invité

Tout d'abord, nous tenons à remercier Mme Le Pen de sa présence aujourd'hui. Nous précisons que le 17 janvier 2012, le collectif des facteurs de Trimfort, mouvements apolitiques et non syndiqués, avons choisi d'interpeller les principaux candidats à l'élection présidentielle sur les conditions de vie des postiers au travail. Nous remercions Mme Le Pen d'avoir répondu à notre appel, mais déplorons toutefois que la vie et l'avenir des postiers ne suscitent pas plus d'intérêt parmi les autres candidats qui se revendiquent pourtant d'être proches de leurs concitoyens.

Notre démarche vise avant tout à dénoncer des conditions déplorables de travail qui poussent certains de nos collègues vers des situations extrêmes qui ont fait, il y a peu, la lune de l'actualité. Au travers des différents candidats qui nous prêteront une écoute favorable, nous souhaitons dénoncer les restructurations, délocalisations, les heures supplémentaires gratuites, les sanctions sans motif, les pressions quotidiennes pour atteindre des objectifs inatteignables et finalement du harcèlement d'entreprise. Dans un simulacre de dialogue prônant l'écoute et l'apaisement, le président Bailly compte sur ses positions.

Il n'y a donc pas eu assez de morts pour le faire réfléchir et prendre conscience que le personnel est à bout. La poste se réorganise en permanence, en continu, sans se soucier de ses agents et de ses usagers. Certains membres du personnel de Trilport vont sans doute vivre leur deuxième relocalisation en moins de 6 ans en déménageant vers les locaux de Mareuil. Des guichets qui se ferment dans les petites communes où dont les horaires d'ouverture se réduisent comme peau de chagrin. Des locaux de travail inadaptés arrivant rapidement à saturation comme c'est le cas à Mareuil où l'on projette de nous envoyer.

Les toilettes et les douches ne sont pas suffisantes pour le personnel travaillant déjà sur place et l'extension des murs n'est pas réalisable. Des places de parking manquantes. La poste envisagerait donc d'en louer à la clinique voisine sans même se soucier du repos des malades. Nous rappelons que nous prenons notre service à 6h30. Le projet de nous équiper de véhicules électriques non conçus pour la distribution en zone rurale, ce qui est notre cas, Ce n'est que de la poudre aux yeux pour se donner une bonne image étant donné que nous serions obligés de faire plus de kilomètres avec nos véhicules personnels qui sont polluants pour nous rendre sur notre lieu de travail que précédemment.

Nous constatons tous les jours que ces réorganisations sont basées sur une baisse de trafic prévisionnelle et infondée. La démographie dans notre région et l'usage d'Internet de plus en plus courant ne font qu'augmenter la charge de travail. La poste est sous le coup d'une décision de justice qui la somme de renégocier les accords sans délai. A Trilport, comme dans mon nombre de bureaux, aucune négociation n'a encore été ouverte. La poste refuse d'examiner notre proposition de construction d'un centre de distribution dans la ville de Trilport. C'est pour toutes ces raisons qu'aujourd'hui, nous, facteurs de Trilport, poussons ce coup de gueule.

Nous en avons assez de ces énarques qui ne pensent qu'au profit et à leur promotion. Trois petits tours de gesticulation, de restructuration, de suprémement de personnel et puis s'en vont faire la même chose ailleurs. Je vous remercie de votre écoute. Jean-Bien Charles Moura. Avant de nous entretenir avec Mme Le Pen, nous avons une demande à lui adresser. En effet, malgré six ans fois suivi, un seul destinataire a reçu notre courrier en direct. Nous savons que dans les jours à venir, elle se trouvera en contact avec les neuf autres candidats à la présidentielle. Nous lui demandons de jouer au facteur et de transmettre les missiles que nous lui remettons.

Si après la lecture de ce courrier, les destinataires veulent davantage de précision et en savoir un peu plus sur le quotidien des 250 000 postiers, nous nous tenons à leur disposition. Il y a une onzième lettre adressée à M. Bailly, PDG de la Poste, qui dans une grande phrase que nous citons, un grand dialogue pour améliorer la cohésion sociale. Qu'ils sachent que nous l'attendons avec plaisir à Trilport C10 pour lui montrer la situation du terrain. J'ai combien d'enveloppes ? Alors, celle de Mme Arthaud. Très bien. Je vous remets.

4:18
Marine Le Pen

Alors, je remettrai Mme Jolie, M. Sarkozy, M. Hollande, M. Poutou, M. Dupont-Aignan, M. Bayrou, M. Cheminade. Ah, bah tiens, M. Mélenchon, vous pourriez peut-être lui remettre, est-ce que vous avez en question ? Jusqu'à aujourd'hui, ça ne l'intéressait pas. Voilà, parfait.

4:41
Invité

Donc, je ne vais pas tout à fait terminer. Il y en a une onzième qui est adressée à M. Bailly, PDG de la Poste. Je vais vous la remettre parce que je voudrais me le faire.

4:52
Marine Le Pen

Et, donc, il y a la vôtre. Ah, bah la mienne, je l'ai. La mienne, je suis venue la chercher pour une fois. Ce n'est pas le postier qui est venu à nous, mais c'est nous qui sommes venus au postier. Écoutez, moi, je voulais vous dire que depuis d'ailleurs de nombreuses années, on est extrêmement sensibilisés au problème de la Poste qui est un des sous-problèmes, de manière générale, des services publics. On a quand même bien vu clairement maintenant depuis une bonne dizaine d'années une volonté, enfin, même une bonne vingtaine d'années, une volonté qui va dans le sens de la libéralisation et de la privatisation.

De manière paradoxale, mais ça n'a pas eu l'air de gêner certains qui à l'époque participaient au gouvernement, ce sont les socialistes qui ont été au départ à l'origine de cette libéralisation et à l'origine des premières grandes privatisations de services publics. Je crois qu'il faut mettre fin d'urgence à cette dérive. Pourquoi ? Parce que je pense que la situation des salariés est la conséquence directe de cet état d'esprit. Je m'explique.

Geler la libéralisation immédiatement, ne pas se soumettre au diktat de Bruxelles, arrêter toute nouvelle privatisation, même partielle, retrouver d'ailleurs, dès que financièrement on en aura la possibilité, la maîtrise d'un certain nombre de secteurs qui ont été en partie privatisés et dont je considère qu'ils participent d'une vision stratégique de notre pays. Redéployer la poste plutôt que de la concentrer dans un espèce d'effet de recherche permanente de rentabilité qui frappe, il faut bien le dire, la poste, qui frappe les hôpitaux, qui frappe les collèges, qui frappe l'ensemble des services publics. Pourquoi ?

Parce que l'ultralibéralisme qui est le dogme auquel se sont soumis, il faut bien le dire, tous nos dirigeants depuis 30 ans, est un dogme qui écrase l'homme. C'est un dogme qui a transformé le service au public en recherche inouïe et permanente de la rentabilité. Alors moi, je crois que les services publics ne doivent pas être soumis à une exigence permanente de profit et de rentabilité parce que les services publics sont là pour autre chose. La poste, c'est vraiment une fierté française. Nous sommes un exemple dans le monde et on est en train de la détruire.

Vous avez vu, on a libéralisé au fur et à mesure, progressivement, et on se rend compte que la poste, au sens que l'on défend, est en train de... est en voie de disparition. Alors moi, je ne suis pas très étonnée. Je ne suis pas très étonnée qu'il y ait la multiplication de suicides parce qu'à partir du moment où ça n'est plus le service public qui est le fondement, beaucoup de salariés ne savent plus pourquoi ils travaillent. On leur demande, encore une fois, un profit qui n'est pas le sens de l'engagement. On leur demande une rentabilité permanente qui n'est pas le sens de l'engagement.

Et on voit bien que la manière dont c'est géré, ces déplacements d'hommes comme si c'était des machines, entraînent une énorme souffrance dans le travail. D'autant que, et vous l'avez dit vous-même et votre analyse est extrêmement juste, d'autant que c'est chaotique. On voit bien qu'on déplace des gens et puis pour s'apercevoir après que effectivement les locaux ne correspondent pas aux déplacements qu'on a effectués, aux concentrations qu'on a effectués, que ça crée plus de problèmes en réalité que ça n'apporte de solutions et très probablement d'ailleurs que ça coûte en réalité pour finir plus cher que ça ne coûterait. Alors il y a deux problèmes.

D'abord il y a le problème d'une modernisation nécessaire pour vous parce que ça n'est pas parce qu'un service public fonctionne bien qu'il ne peut pas fonctionner mais en vous donnant les moyens de le faire fonctionner correctement et de travailler dans des conditions qui sont des conditions correctes et puis il y a aussi un problème d'écoute et là il faut bien le dire enfin moi je le dis à votre place peut-être mais je pense quand même qu'on ne vous écoute pas beaucoup on n'écoute pas la base il n'y a pas d'ailleurs que dans les services publics il y a aussi dans l'entreprise privée où on n'écoute plus la base il y a une rupture de réseau si on veut faire moderne mais il y a une rupture de réseau aujourd'hui entre ceux qui travaillent à la base et ceux qui sont censés organiser au-dessus le travail en question or beaucoup de choses pourraient être considérablement améliorées et la vie des salariés pourraient être considérablement améliorées s'il y avait cette écoute or je suis obligée de dire que j'ai le sentiment très sérieusement que les syndicats ne jouent plus ce rôle que les syndicats sont embarqués dans des considérations qui sont parfois divergentes de celles qui sont normalement leurs premières préoccupations c'est à dire porter la parole des salariés dans le cadre de l'amélioration de leurs conditions de travail dans le cadre de l'écoute qui est nécessaire de la part des directions à l'égard de la base on part dans des on part non monsieur non monsieur c'est pas ce que j'ai dit j'ai dit que vous étiez des complices j'ai dit que les syndicats sont les complices du gouvernement dans toute une série d'opérations qu'aujourd'hui on a le sentiment à juste titre je crois que les syndicats sont là pour étouffer la colère des salariés et non pas pour faire avancer non monsieur ça n'est pas vrai la preuve la preuve monsieur c'est que monsieur vous êtes le représentant d'un candidat qui a été ministre sous monsieur Jospin au moment où il a privatisé une grande partie des services publics je ne suis pas sûr que ça ne devrait pas vous entraîner un peu plus de modestie voyez-vous parce que ça aussi ce sera jugé durement bon ça c'est pour monsieur Mélenchon donc il y a une modernisation à effectuer il y a le retour des bureaux de poste dans notamment la ruralité partout parce qu'encore une fois on voit bien que les concentrations est une perte de service pour le public est une perte de sens de la mission pour les salariés et ne correspond encore une fois qu'à une recherche de profit qui ne devrait pas être la condition imposée essentielle au service public et puis il y a aussi peut-être une modernisation effectivement du syndicalisme il y a peut-être une libération une libération là pour le coup une libération du syndicalisme pour que peut-être les salariés se trouvent mieux représentés par des gens qui leur ressemblent et qui ne sont pas devenus des sortes de fonctionnaires des syndicats parce qu'il y a un peu ça il y a une sorte de fonctionnalisation aujourd'hui des syndicats dont j'ai le sentiment qu'il est à l'origine du peu de syndiqués parce qu'en fait on est un pays dans lequel il y a très peu de syndiqués et ça ça a des conséquences très graves cette perte de confiance elle a des conséquences sur la relation de travail de progrès la réflexion de progrès que doivent mener les salariés avec leur direction qu'ils soient d'ailleurs dans le public ou dans le privé donc encore une fois je pense que le débat que vous portez est un débat qui peut même être élargi à l'ensemble des autres services publics puisque les problématiques sont en réalité exactement les mêmes quant au problème des heures supplémentaires on nous a saisis là aussi ça touche aussi les hôpitaux ça touche d'autres fonctionnaires écoutez moi je crois que je ne peux que m'engager sur le quinquennat à récupérer ces heures supplémentaires qui n'ont pas été données parce que il y a une carence c'est évident il y a une malhonnêteté c'est évident mais les sommes en jeu sont tellement aujourd'hui importantes que sauf à aller lisser sur les 5 années du quinquennat pour tenter de résoudre ce qui apparaît quand même comme une injustice clairement il est difficile de s'engager sauf raconter des sottises à pouvoir effectuer ce remboursement ce remboursement immédiatement donc voilà un petit peu quel est nous le sens de notre combat qu'on exprime en permanence mais sachez que encore une fois on s'intéresse au point d'ailleurs de venir peut-être de vous donner parce que c'est le but aussi vous donner la parole on a parlé des cahiers de doléance je suis allée au sein de l'agriculture ouvrir le cahier de doléance de l'agriculture auprès des pêcheurs ouvrir le cahier de doléance des pêcheurs et bien je viens aujourd'hui ouvrir le cahier de doléance des postiers en espérant que votre parole soit entendue soit répercutée et que les français prennent conscience que les services publics leur appartiennent et d'ailleurs à ce sujet nous nous sommes prononcés immédiatement contre la transformation de la poste en soutien parce que nous savions très bien qu'en réalité le but ultime de cette transformation était justement la privatisation de la poste et donc nous ferons machine arrière sur ce sujet donc la poste redeviendra un établissement public parce qu'il est nécessaire qu'elle nous soit de la poste de la poste

14:05
Locuteur

de la poste

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