Budget : les taux s’envolent, la gauche se prépare - C dans l’air - 03.09.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Les taux d'emprunt à 30 ans à 4,5 %, un record depuis 2009. Est-ce une alerte rouge ou une dégradation à bas bruit ?
- 4:00RelanceRéponse partielle
Les marchés ne comprennent pas ce qui se passe en France. Pourquoi cette instabilité politique depuis 2022 ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Est-ce que cette dégradation des taux peut s'emballer ou reste-t-elle maîtrisée ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Les patrons sont-ils plus inquiets qu'avant ? Qu'est-ce qui a changé ?
- 16:00OuverteRéponse directe
F.Bayrou parle de jours fériés travaillés et de l'AME. Est-ce du théâtre ou une vraie négociation ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Le PS propose un budget avec la retraite à 62 ans et la taxe Zucman. Est-ce réaliste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00D.SeuxChiffre
« La dette publique française est détenue à plus de 50 % par des étrangers, des investisseurs, des fonds de pension américains et étrangers. »
- 3:30D.SeuxFait
« Les taux d'intérêt français sur les obligations, à 10 ou 30 ans, ont dépassé successivement les taux portugais, espagnol, grec... Les taux italiens sont en ligne de mire. »
- 10:00P.GattazFait
« Je suis très énervé contre la classe politique. Ils ne sont pas responsables. C'est leur métier. »
- 26:00J.-L.BorlooChiffre
« L'OCDE a chiffré à 90 milliards. Moi, à 150. Il y a plein d'économies induites. »
- 34:00D.SeuxFait
« Quand les investisseurs sont internationaux, ils voient ça de loin. Qui est au pouvoir, ce n'est pas si important que ça. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
à vos besoins et votre budget. -Parfait. Merci, Cerise. ... - C.Roux: Bonsoir.
C'est une alerte à bas bruit surveillée de très près par les marchés et les économistes. Les taux d'emprunt à 30 ans de la dette française battent des records. Une première depuis la crise financière de 2009.
La confiance de nos créanciers s'érode jour après jour face à ce qui ressemble à une impasse politique. Même N.Sarkozy estime qu'E.Macron ne pourra pas éviter une dissolution.
D.de Villepin appelle à la nomination d'un Premier ministre de gauche. La confusion est totale.
Nous voilà donc repartis dans un feuilleton qui hérisse les Français, d'autant que dans cet interminable débat budgétaire, chacun pousse ses pistes. Le PS défend le retour à la retraite à 62 ans et la taxation des plus riches. Le gouvernement est prêt à faire machine arrière sur les 2 jours fériés travaillés.
Des mains tendues, des portes qui claquent, des candidats pour Matignon à la pelle et des socialistes de retour en grâce...
Avec nous pour en parler, C.Barbier, éditorialiste politique. Voici la une de "Franc-Tireur".
D.Seux, vous êtes éditorialiste aux "Echos" et sur France Inter. G.Macke, vous êtes directrice déléguée de la rédaction de "Challenges".
S.Quéméner, vous êtes rédactrice en chef à "La Tribune Dimanche". Voici la une de cette semaine.
Bonsoir à tous les 4. Merci de participer à cette émission en direct. Je me tourne vers les spécialistes de l'économie, pour débuter.
Les taux d'emprunt à 30 ans, 4,5 %, taux le plus haut depuis 2009. Ce n'est pas encore l'alerte rouge, mais ça y ressemble. - D.Seux: Quand on parle des marchés, il faut savoir de qui on parle.
C'est des gens qui achètent la dette publique française. La dette publique française est détenue à plus de 50 % par des étrangers, des investisseurs, des fonds de pension américains et étrangers. Ils ne comprennent pas ce qui se passe chez nous.
Ils constatent que, dans la plupart des pays du monde, quand il y a des assemblées difficiles à gouverner, il y a des partis qui finissent par trouver un accord et il y a un budget qui est voté. Il y a des concessions et des compromis. En France, ils regardent et se demandent ce qui se passe.
Pourquoi on va de crise en crise? Ca dure depuis 2022. - C.Roux: C'était pour ça que le retour à la case départ, concernant les affaires économiques et la question des taux...
Ils ont vu tomber le gouvernement Barnier sur le budget. Ils vont voir tomber le gouvernement Bayrou sur le budget. On imagine que ça les crispe. - D.Seux: Oui, beaucoup.
Chacun sait que depuis un an, les taux d'intérêt français sur les obligations, à 10 ou 30 ans, ont dépassé successivement les taux portugais, espagnol, grec...
Les taux italiens sont en ligne de mire. Le patron d'Euronext, l'ensemble des bourses européennes, regarde dans combien de temps la dette française sera plus chère que la dette italienne. L'Italie était le pays malade de l'Europe depuis des années. - C.Roux: Certains considèrent qu'il ne faut pas avoir de discours alarmiste.
Mais est-ce que c'est cette dégradation à bas bruit qui va se dérouler très tranquillement avec des taux qui grimpent ou est-ce que, à un moment donné, la hausse des taux peut s'emballer? Quels sont les scénarios redoutés? - G.Macke: Pour le moment, personne ne parle vraiment d'une crise de crédit, qu'il y aurait tout à coup un refus des investisseurs de prendre de la dette française comme au Royaume-Uni avec L.Truss.
Par contre, c'est un peu la métaphore de la grenouille dans sa marmite, qui chauffe et qui ne s'aperçoit pas qu'elle se fait brûler. Pendant toutes ces années, la dette ne nous a pas coûté. On a été anesthésiés.
Avec l'inflation, on ne payait même pas de charges. Notre dette a augmenté. Pourtant, à l'année, on payait moins car on avait des taux au tapis.
Maintenant, on va saisir quelle est la douleur de cet endettement. Ca fait longtemps qu'on a une énorme dette, des déficits. On avait 2 avantages: une stabilité politique et l'impôt qui rentre.
Depuis 2 ou 3 ans, il y a eu des surprises sur les rentrées fiscales. Il y a eu des moments où on n'a pas très bien compris ce qui s'était passé. On a dérapé.
Il n'y avait pas suffisamment de rentrées. Alerte sur ce point. Stabilité politique...
Depuis 2 ans, c'est le chaos. Pourquoi nous traiter mieux que l'Italie, du coup? Ils sont plus stables que nous politiquement. - C.Roux: Quand bien même on passerait derrière l'Italie... - D.Seux: C'est plus l'image du verglas qu'un accident brutal.
Demain, il y a un rendez-vous important. Le Trésor français va lever, comme très régulièrement, un emprunt. On va voir à quel taux il va réussir à placer sa dette.
Il est probable que ce sera un peu plus haut que les dernières fois, mais il y aura des investisseurs pour venir. - C.Roux: Ils ont encore confiance dans la France? - D.Seux: Ils savent que les impôts rentrent et que la France est un grand pays.
Rassurons nos téléspectateurs: ce n'est pas la Grèce. L'idée du FMI est un peu une fable. Mais le risque, c'est la grenouille ou la corde qui vous étrangle...
On peut trouver 1000 images de ce type. Au fond, il n'y a plus de marge de manoeuvre pour investir, pour avoir des projets. - C.Roux: C'est très présent dans tout le débat politique qu'on va aborder ce soir, avec cette idée d'urgence.
Est-ce que c'est le seul élément qui commande l'urgence? Quand on entend F.Bayrou dire que la France est en péril, que c'est maintenant qu'il faut faire cet effort... - D.Seux: On a évoqué les questions des taux d'intérêt.
La seconde urgence, c'est si la situation politique inquiète le milieu économique. Jusqu'à maintenant, il n'y avait pas d'inquiétude. La conjoncture était molle, mais pas catastrophique.
Le risque, c'est que ça change à partir de lundi, que les entrepreneurs, les salariés se disent: "Le pays n'est plus tenu." En plus, il y a un mouvement le 10. Tout le monde se demande où on est.
A ce moment-là, j'arrête d'investir, je ne vais plus voir mon banquier et l'embauche que j'avais prévue en octobre, je vais attendre novembre..." - C.Roux: L'inquiétude des patrons, j'ai l'impression que c'est vieux comme "C dans l'air".
Vous les croisez souvent. Vous faites même un dossier sur ce sujet. Qu'est-ce qu'il y a de nouveau?
Des patrons disent qu'on ne baisse pas assez le coût du travail, qu'on ne fait pas suffisamment d'efforts pour aider les entreprises. Qu'est-ce qu'il y a de nouveau dans cette situation dont on nous dit que la France est en péril? C'est important pour comprendre le débat politique qui suit. - G.Macke: On publie un appel des patrons demain dans "Challenges".
Les organisations patronales ont chacun leur agenda. Ils ont pas mal de divisions. C'est rare de les voir être volontaires pour être pris en photo tous ensemble et dire la même chose.
Ils ne sont pas en train de réclamer des mesures ou des baisses d'impôts. Ils réclament juste qu'on les laisse travailler. Quand on a une instabilité de ce type...
On va avoir 3 mois, jusqu'à décembre, le dernier trimestre, qui est quand même crucial, où les consommateurs se disent: "Je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangé..." Taux d'épargne record.
On est à 20 %, pratiquement. C'est incroyable. Les gens se serrent la ceinture.
Des investisseurs...
Le patron qui veut ouvrir une nouvelle usine se dit: "Ce n'est pas le moment." Le banquier dit: "De toute façon, je ne te prête pas d'argent. C'est la panique." Et l'apprenti, non seulement on a réduit les aides à l'apprentissage, mais on se demande si on va embaucher quelqu'un pour un an. - C.Roux: C'est figé? - D.Seux: Vous avez interviewé T.Breton la semaine dernière.
Très intéressant. Il était entrepreneur, commissaire européen...
C'est le 1er que j'entends dire qu'il faut probablement appeler le RN. Le Medef n'est pas loin de dire ça. Il y a quelque chose qui se cristallise dans le pays. - C.Roux: Je vais vous donner la parole à tous les 2.
On écoute P.Gattaz. - P.Gattaz: Je suis très énervé contre la classe politique.
Ils ne sont pas responsables. C'est leur métier. Ils sont payés pour ça.
Nous, on est payés pour faire de l'industrie. Qu'ils fassent bien leur métier. - C.Roux: Vous n'en pouvez plus... - P.Gattaz: Je n'en peux plus.
Bayrou risque de sauter et on ne sait pas l'inconnu dans lequel on est. - G.Macke: Ils sont écoeurés.
Vraiment. de l'université d'été du Medef la semaine dernière. C'était frappant, la détestation de la classe politique, en disant: "Ces messieurs dames ne parviennent à aucun compromis.
Ils sont dans les postures et réfléchissent à 2027. Nous, pendant ce temps, on va souffrir!" - D.Seux: Depuis Barnier...
Il s'était passé quelque chose. Les entreprises avaient fermé l'écoutille et chacun dans son couloir. La politique revient, et pas sous son meilleur jour. - C.Roux: C'est assez singulier.
Habituellement, il y avait une espèce d'entente entre le monde politique et le monde économique. Ca ressemble à une rupture. - C.Barbier: Il y a une vraie rupture.
Les politiques sont considérés par des patrons et par l'opinion à la fois comme responsables de la situation, après 40 ans de mauvaise gestion, et irresponsables dans leur action. Mais nous sommes en démocratie. Les camps droite et gauche ne sont pas d'accord sur le constat.
Quand vous regardez la note du PS du 23 juillet, on vous explique qu'on n'est pas au bord de la faillite, que l'alarmisme de Bayrou n'est pas pertinent et que si la Grèce n'emprunte pas cher, c'est parce qu'une partie de l'argent qu'on lui apporte, c'est sa tutelle. LFI a passé tout l'été à dire que la charge de la dette pèse depuis 20 ans. C'est vrai, les taux ont été cadeaux.
A un moment donné, la charge de la dette annuelle sur le budget, c'était 40 %. On vit dans des analyses opposées. C'est au peuple de trancher.
En 2024, il n'a pas tranché. - S.Quéméner: Il y a 2 points que je trouve intéressants.
On a fait un sondage Elabe pour "La Tribune Dimanche" ce week-end. 45 % des personnes interrogées pensent que ce sont tous les politiques qui sont responsables de la situation. F.Bayrou, c'est seulement 1 Français sur 10.
C'est un résultat surprenant. On regarde tous ce que fait F.Bayrou.
Non, cette crise abîme tout le monde. Ca fait du mal à l'ensemble de la classe politique. Ce qui est très intéressant, c'est la lettre écrite aux chefs d'entreprise par J.Bardella.
C'est une façon de dire: "Je ne suis pas responsable." Que si son parti ne vote pas la confiance, ce n'est pas de leur faute. Ensuite, c'est une incertitude économique.
C'est la crainte du RN, que les patrons...
Les circonstances politiques sont liées à E.Macron et ils réclament sa démission. - C.Roux: Les patrons s'inquiètent.
La politique suit son cours. Il n'a pas hésité bien longtemps. O.Faure a dit oui et a appelé ses lieutenants à accepter immédiatement un poste à Matignon.
E.Macron est-il vraiment sur le point d'accepter un changement de cap, notamment économique? En attendant, il sonne la mobilisation générale derrière F.Bayrou. *-Dans Cette série politique à haut suspense, les socialistes ont aussi leur rôle à jouer. *-Des socialistes clairement candidats pour Matignon et surtout hostiles à toute nouvelle dissolution. *-La gauche se remet à y croire. - Est-ce au tour de la gauche?
Si F.Bayrou ne s'avoue pas vaincu, il a bien un avis quand même sur un potentiel successeur. - F.Bayrou: Ne faisons pas de mystère.
O.Faure pense qu'il peut être nommé Premier ministre. Il l'a dit, tout le monde le dit.
Est-ce qu'il est logique, cohérent de dire "je vais abattre votre gouvernement et après, vous me soutiendrez"? Je ne suis pas sûr que ça marche. - Le patron des socialistes n'a pas de doute: le gouvernement va tomber lundi.
Alors, il faut battre le fer tant qu'il est chaud. - O.Faure: Qui que ce soit qui partage notre projet sera le bienvenu.
C'est ce que j'ai dit à tous mes camarades. Si l'un d'entre vous a son téléphone qui sonne et que c'est le président de la République, on décroche. S'il propose d'être Premier ministre, on répond oui. - La gauche peut compter sur un soutien inattendu. - D.de Villepin: Il faut commencer par le bloc arrivé en tête aux dernières élections, un bloc de gauche.
Sollicitons les personnalités qui peuvent constituer ce gouvernement. - Le prochain locataire de Matignon sera-t-il issu des rangs du PS? En coulisses, hier, le président a convié les chefs de la coalition gouvernementale à un déjeuner à l'Elysée.
Au menu: apprendre à travailler avec les socialistes. Ce matin, à l'heure où les ministres se réunissent peut-être pour la dernière fois, certains tendent déjà la main à la gauche. - A.de Montchalin: Je suis convaincue que les hommes et les femmes que j'ai vus trouver un compromis en février peuvent de nouveau trouver un compromis.
Ca dépend d'une chose: est-ce qu'on travaille pour les Français? Est-ce qu'on leur donne de la stabilité? Ou est-ce qu'on s'occupe des logiques partisanes qui vont nous bloquer, bloquer la vie des Français et ne nous amener nulle part?
Le déficit sera toujours là. - Se rapprocher de la gauche sans se fâcher avec la droite. Le gouvernement tente le coup, en proposant la baisse de l'aide médicale d'Etat pour les personnes étrangères en situation irrégulière.
Mais pour l'ancien président, les jeux sont faits. "Le vote de confiance était un suicide politique." Une seule solution désormais: la dissolution. ...
Même diagnostic, même réclamation du RN, opposé bien sûr au scénario socialiste. - J.-P.Tanguy: J'ai du respect pour l'engagement politique.
Je pense aux militants sincères qui ont cru que les socialistes ne seraient plus des "sociaux traîtres". Ils retournent à la niche avec E.Macron.
Il vient du PS. - Une équation politique plus difficile encore à résoudre lorsque les indicateurs économiques sont au rouge et les solutions proposées à droite et à gauche sont très différentes. - B.Retailleau: Rejoindre les incendiaires qui voudraient précisément allumer cette mèche de l'explosion budgétaire et financière, ce n'est pas nous. - Quand les tensions politiques aggravent encore un peu plus la situation budgétaire...
Le taux de la dette française, c'est-à-dire le montant auquel l'Etat emprunte de l'argent, est au plus haut depuis 15 ans. - C.Roux: Je pense que les gens qui nous regardent ce soir ont besoin d'être éclairés sur ce qui se passe.
Quand F.Bayrou donne le sentiment d'être prêt à négocier, quand il parle de l'AME, qu'il donne le sentiment de s'adresser à la droite, quand il dit qu'il est prêt à revenir sur les jours fériés...
Est-ce que c'est du théâtre? Il y a encore quelque chose à négocier ou on est déjà dans l'après? - C.Barbier: Il y a beaucoup de faux-semblants.
Le déjeuner du socle commun autour d'E.Macron pour essayer de sauver un vote de confiance le 8, c'est du théâtre. Ils savent que ce vote de confiance est perdu.
C'est déjà la suite que l'on prépare à l'Elysée. Bayrou va tomber. Il faut trouver quelqu'un qui puisse s'appuyer non pas sur une majorité, il n'y en aura pas, mais sur une absence de majorité contre lui en étant toléré par LR, par le PS et en essayant d'avancer.
On cherche des profils à la B.Cazeneuve. Bayrou est dans une autre stratégie.
Sa chance, c'est de ne pas aller au vote de confiance. S'il y va, il perd. Sa seule solution, c'est de dire: "Vous ne voulez pas répondre à la question que je vous pose.
Je vous pose la question du diagnostic." Vous renversez ce vote et vous me piégez, alors j'annule. En revanche, mon budget est remis à plat et on commence de vraies négociations." - C.Roux: C'est encore jouable? - C.Barbier: C'est périlleux.
Si je suis capable de vous le décrire, c'est que c'est 2 grosses ficelles. - D.Seux: Au risque du ridicule... - C.Barbier: Et ce après avoir mis la France en émoi.
Le 8 septembre se joue un moment décisif. Quel Premier ministre crédible sera-t-il quand il arrivera et qu'il devra affronter une motion de censure déposée par LFI? Ce ne sera pas simple.
Faire un saut périlleux arrière après avoir tenté un saut de l'ange dans le vide, ce n'est pas gagné. - C.Roux: Au nom de la stabilité, au nom de la discussion que nous avions au début de l'émission... - C.Barbier: Et peut-être au nom des nouvelles ambitions d'O.Faure et du PS.
Gouverner? Pourquoi pas. On peut être qu'il y a une marge de manoeuvre machiavélique, mais qui me semble relever de l'acrobatie. - C.Roux: Il y avait idée de dire "on a un projet de budget, on est une gauche raisonnable et on est prêts à gouverner".
Est-ce qu'on est dans le retour du feuilleton L.Castets? C'est plus avancé que ça?
On entend D.de Villepin dire qu'il faut appeler un gouvernement de gauche. - S.Quéméner: Je pense que c'est moins avancé que ça ne l'était au printemps...
Pardon, à l'été 2024. Le gouvernement actuel, en préparant la suite, ce que fait E.Macron...
Qu'est-ce qu'il veut, E.Macron? Il veut que le socle central tienne.
Il y a 210 députés du socle commun. Combien seront-ils à voter vraiment la confiance à F.Bayrou lundi soir?
S'ils sont un peu moins nombreux, ça veut dire que le socle vacille. E.Macron veut nommer un prochain Premier ministre qui soit un équivalent de M.Bernier ou de F.Bayrou, quelqu'un qui poursuive sa politique en s'appuyant sur un tout petit groupe à l'Assemblée mais qui ait quand même le bloc le plus important s'il est réuni.
Est-ce qu'il aura tous les Horizons? Est-ce qu'il aura tous les Renaissance? - C.Roux: C'est pour ça qu'il appelle à la mobilisation générale?
Ce n'est pas juste pour sauver F.Bayrou? - S.Quéméner: C'est pour essayer...
Il va y avoir déjà une déconfiture lundi soir, mais c'est pour éviter que ça devienne une très grave déconfiture politique si on est à 185 voix simplement pour F.Bayrou. - C.Roux: Qu'est-ce que ça changerait, 185 voix autour de F.Bayrou? - S.Quéméner: On est en train de dire que le soutien n'est plus acquis de l'ensemble du socle commun.
On refait des comptes à l'Assemblée. Est-ce qu'il pourrait y avoir une majorité alternative? Pour l'instant, elle n'existe pas.
En tout cas, les oppositions commenceraient à se réveiller. Ceux qui voulaient s'en aller sont déjà partis chez E.Ciotti, du côté des LR.
On est dans un moment suspendu, où tout est gazeux, où les députés ne savent plus où ils habitent. Certains disent qu'ils sont déjà en train de se préparer en circonscription et ils s'inquiètent. Ils sont en train de regarder tout ça.
La question de maintenant, du nouveau Premier ministre, des municipales, d'une éventuelle dissolution...
Et la présidentielle derrière. Ca ajoute à la complexité. - C.Roux: Et on a un N.Sarkozy qui met un caillot dans le jardin des LR et qui envoie un tacle glissé. - C.Barbier: Il y a un caillot lancé dans la figure de F.Bayrou.
Il y a un vieux litige entre les 2 hommes. Il y a un 1er caillou. Il y a un 2e caillou contre E.Macron. "Il faut toujours faire rentrer le pied droit dans le soulier gauche." En gros, E.Macron fait tout à l'envers.
Et il y a un 3e caillou. "Il faut aller vers la dissolution et s'il y a une majorité RN, il y a une majorité RN." C'est aussi problématique.
Il a dit en août 2023...
Il fait sa rentrée politique sur son terrain. Il dit que c'est la démocratie et qu'ils ne sont pas d'extrême droite. "Mais j'ai voté en 2022 Macron parce qu'il faut choisir le préférable face au détestable." L.Castets n'a aucune expérience. - D.Seux: Quand il était un peu isolé en 2023, il ne l'est plus.
J.-F.Copé parlait de démission du président.
Il y a un changement d'état d'esprit. La musique a changé ces dernières heures. - C.Roux: Ils sont donc tous prêts à prendre le risque du RN. - D.Seux: Soit pour lever l'hypothèque soit pour aller vers l'union des droites.
La stratégie de F.Bayrou est très étrange et incompréhensible. Il intervient dans les médias à peu près tous les jours.
Il fait des avancées, des ouvertures sans en faire vraiment. Ce matin, il était chez A.de Malherbe.
Il parle des jours fériés en disant "il faut en reparler". Mais il n'y a rien sur la table. On ne comprend pas très bien où il veut aller. - C.Roux: On a évoqué la situation compliquée des Républicains.
Quand on évoque la gauche qui se prépare à revenir aux responsabilités, B.Retailleau dit: "C'est sans moi." - S.Quéméner: Surtout qu'il est très affaibli par cette période compliquée.
D'un côté, il y a N.Sarkozy qui fait cette interview au vitriol, qui dit qu'il n'y a pas de leader naturel à droite. C'est un camouflet.
Il vient d'être élu il y a quelques mois, B.Retailleau. On voit bien que B.Retailleau, E.Macron essaye de le faire tenir.
L'idée, c'est de le soutenir comme quelqu'un qui est en difficulté. L'AME, c'était analysé comme un geste envers les RN. C'est pour les étrangers en situation irrégulière en France.
Ce geste, c'est aussi un geste pour B.Retailleau, pour dire qu'il obtient des choses. On va voir si ce décret sera signé.
Il y a une volonté d'aider B.Retailleau alors qu'il est attaqué de toutes parts au sein de son propre clan. - C.Roux: Est-ce que les socialistes jouent bien?
Ils ont dit: "On dit oui, on est prêts. Voici le budget qu'on vous propose pour atteindre 26,9 milliards de recettes." Les socialistes proposent quelques pistes.
Il y a la taxe Zucman, 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, la lutte contre la fraude fiscale, etc. Ils évoquent également la retraite à 62 ans. Est-ce que c'est un budget qui permettrait de trouver une forme de majorité, en tout cas de ne pas être censurés dès la présentation du budget? - G.Macke: En tout cas, c'est un budget très significativement différent de celui de F.Bayrou.
L'effort est divisé par 2. Au lieu de trouver 44 milliards, on ne va en trouver que 22. Au lieu de le faire majoritairement en baissant les dépenses, on le fait majoritairement en montant les impôts.
Quand on regarde les mesures, il y a quand même des lignes rouges. La retraite à 62 ans, ça va être une ligne rouge. Quand on voit le capital politique qui a été utilisé par E.Macron tout au long de ces quinquennats pour arriver à cette réforme des retraites laborieuse, je ne pense pas qu'on va revenir en arrière sur ce point.
La taxation des riches...
Il avait déjà prévu des petites mesures dans son budget, mais qui n'ont rien à voir avec ce que prévoit le PS. Le PS, c'est 15 milliards. Lui, il avait prévu peut-être 4 milliards.
C'est beaucoup plus élevé. Le seul nom de G.Zucman est juste une espèce de repoussoir. - C.Roux: Pour qui? - G.Macke: Dans une bonne partie du bloc central.
Les LR ne veulent pas en entendre parler. Le patronat, je n'en parle même pas. C'est le chiffon rouge.
C'est comme ça qu'ils labellisent leurs taxes. Quand ils ont construit leur contre-budget, je n'ai pas eu l'impression qu'ils le construisaient dans l'idée de passer le message qu'on allait pouvoir... - C.Roux: Ils ne cherchent pas des compromis, ça veut dire.
Question. - D.Seux: Le programme du PS manifeste plutôt la volonté de ne pas recevoir trop de coups de LFI plutôt que de séduire le camp central et les milieux économiques.
Sur la taxe Zucman...
La raison pour laquelle les milieux économiques se disent "on veut de la stabilité et peut-être qu'on va regarder la droite extrême", c'est quand ils regardent la taxe Zucman. Il y a un lien de cause à effet évident. L'autre mesure très étonnante du programme du PS, c'est la réduction des déficits, de la reporter de 3 ans encore.
La France est déjà le pays le plus en retard sur ces sujets. Rajouter 3 ans...
C'est une solution de facilité. Dans ce cas-là, tranquille, vous avez moins de difficultés. Mais la Commission européenne, ce n'est pas le plus important, mais les autres pays européens vont dire: "Vous êtes bien gentils..." - C.Roux: Ils ont l'habitude. - D.Seux: C'est vrai.
Ils ferment généralement les yeux. Ce n'est pas tout à fait une raison pour envoyer faire un bras d'honneur général à l'ensemble des pays. - G.Macke: Une des mesures phares du budget du PS, c'est une baisse d'impôts.
C'est la baisse de la CSG. - C.Roux: Sur les bas salaires. - G.Macke: Ils voudraient, par ce biais, générer 900 euros net supplémentaires par an. - C.Roux: Jusqu'à 1,2 Smic.
C'est en direction de ceux qui travaillent et qui considèrent qu'ils ne gagnent pas suffisamment. - C.Barbier: Il y a une forme d'habileté dans ces propositions.
La retraite à 62 ans, le RN ne votera pas contre. Il n'y aura pas une majorité pour voter contre cette mesure. Il y a une habileté à dire: "On peut gouverner sans avoir 289 députés contre nous." - G.Macke: Le RN, on verra ce qu'il dira sur la taxe Zucman.
Je pense qu'ils seront très embarrassés. - C.Roux: Ils avaient fait un contre-budget, le RN, dans lequel ils proposaient l'augmentation de la taxe sur le rachat d'actions, le retour de "l'exit tax", une taxation sur les super-dividendes.
Il y avait cette volonté d'une justice fiscale portée par le RN. - D.Seux: En tout état de cause, il est vraisemblable que la fiscalité des très aisés va augmenter.
C'est quasiment acquis, sauf renversement total. La quasi-totalité des partis disent qu'il faut bouger là-dessus. Il y a une grande question: est-ce que les grandes fortunes vont partir?
Il y a une note publiée hier qui indique 2 choses. Quand on regarde le passé récent, notamment le choc fiscal de 2012-2013 de F.Hollande, il n'y a pas eu de grand départ.
Mais quand on augmente les impôts sur le capital, les entreprises et les entrepreneurs se débrouillent pour faire de l'optimisation fiscale. Ils investissent ailleurs. On n'a pas les recettes escomptées.
La conclusion qu'on peut en tirer, c'est que la taxe Zucman ou une fiscalité du patrimoine, l'opinion peut le souhaiter, ça peut être voté, mais ça ne règle pas les problèmes financiers de la France. - C.Roux: Depuis le début, tous les ministres du Budget qui sont passés à Bercy avec E.Macron étaient sur la ligne "pas de hausse d'impôts".
Il n'est plus en situation de tenir ce cap? - C.Barbier: La politique de l'offre tous azimuts vit sans doute ses dernières semaines.
D'abord à cause de l'équation financière et à cause de l'équation politique. S'il va au bout de sa logique, c'est-à-dire d'élargir la majorité en allant vers Liot et le PS, il va devoir sacrifier cette politique de l'offre sur l'autel d'une fin de mandat tranquille. Donc Macron 2025 va renier Macron 2017. - G.Macke: C'était déjà le cas pour le budget 2025.
C'était à l'inverse de la doxa d'E.Macron qui était de dire qu'on n'augmenterait pas les impôts. - C.Roux: Il n'a plus le choix? - S.Quéméner: Ca va être un choix douloureux.
On se souvient des tensions à l'Elysée, le mécontentement du chef de l'Etat sur ces sujets. Il fait passer le message qu'il tend la main, mais c'est un peu comme avec F.Bayrou: on attend toujours les mesures sonnantes et trébuchantes.
L'idée derrière, c'est qu'il y aura toujours l'habileté qui permettra de passer sans le faire. On jugera sur pièce ce qui est décidé, le compromis qui est trouvé, s'il y en a un qui est trouvé rapidement. Son travail va être de réussir à trouver un Premier ministre qui ne serait pas renversé immédiatement.
On revenait sur le titre de "La Tribune Dimanche"... "Retour à la case départ"...
E.Macron doit retrouver un nouveau Premier ministre, mais il sait le nouvel appétit du RN, qui pense que s'il y a de nouvelles élections, M.Le Pen arrivera peut-être à faire valoir devant la Commission européenne des droits de l'homme qu'elle ne peut pas être inéligible.
Il y a d'énormes enjeux pour le RN. On n'est pas tout à fait dans la même situation et il est surtout instruit de ce qui est arrivé à ses 2 anciens Premiers ministres. Il y en a un qui a essayé des concessions avec le RN au dernier moment et ça n'a pas marché.
Et l'autre a aussi essayé d'avoir des concessions avec le PS et ça n'a pas marché. - C.Roux: Quand G.Darmanin dit qu'il juge le PS comme un grand parti d'opposition responsable, ça veut dire qu'il est candidat à ce poste à Matignon et qu'il considère qu'il est bien placé pour travailler avec la gauche? - S.Quéméner: Il y a le parfum du jour...
G.Darmanin est très habile politiquement. Il a fait cette main tendue très remarquée pas seulement à l'aile gauche de la Macronie...
Il a rappelé ses origines électorales. On imagine déjà tout le discours qu'il va pouvoir dérouler. Est-ce que ça va suffire, en sachant qu'il vient d'ouvrir la prison de Vendin-le-Vieil, très critiquée par la gauche notamment, avec des conditions d'incarcération pour les narcotrafiquants qui sont très dures?
Il y a le G.Darmanin du dimanche et le G.Darmanin du reste de la semaine.
On va voir si les socialistes seront attentifs à ces petites oeillades. - C.Roux: En général, le président de la République nous surprend très régulièrement. - C.Barbier: Depuis quelques jours, la rumeur disait qu'il voulait nommer quelqu'un très vite.
Depuis quelques heures, c'est l'inverse. Il veut aller à l'assemblée générale de l'ONU fin septembre pour la reconnaissance de l'Etat palestinien et à son retour, il nommera quelqu'un. Ce n'est pas simple. - C.Roux: Il peut s'extraire de cette situation de crise politique en disant: "Les affaires du monde, débrouillez-vous..." Il est encore en situation de faire ça alors qu'il y a aussi cette journée "Bloquons tout" le 10 septembre? - C.Barbier: Le 10 septembre est plus important que 8.
Le 8, il peut dire aux Français: "Ils ne sont vraiment pas responsables. Je les laisse grenouiller." Si, le 10, la France est vraiment bloquée, ce ne sera pas un mouvement contre Bayrou, car il sera tombé, mais contre Macron, et LFI reprendra l'ascendant dans le discours politique. - D.Seux: On pouvait penser il y a quelques jours que le pataquès politique allait écraser la journée du 10 et que la journée du 10 allait disparaître.
On s'aperçoit que ce n'est pas le cas. - C.Roux: Nous allons revenir sur cette journée de mobilisation et sur cette note des Renseignements généraux.
Vous vous souvenez de J.-L.Borloo.
Il choisit un traitement de choc. J.-L.Borloo de retour.
Il ne fait pas dans le détail. Selon lui, le modèle français n'existe plus. Il faut selon lui renverser la table et mettre tout simplement en place un Etat fédéral, donner en quelque sorte le pouvoir aux régions, sortir de la décentralisation. - C'est un hyperactif de la politique.
Maire, député...
Il a enchaîné les portefeuilles ministériels. Après des années loin de la vie publique, il a décidé de sortir de sa tanière, selon ses termes à l'heure où la France est en crise. - J.-L.Borloo: Le peuple voit bien qu'il y a une crise. - J.-L.Borloo a une stratégie en forme de thérapie de choc.
Priorité à la jeunesse et un grand plan de réorganisation de l'Etat. - J.-L.Borloo: Le modèle français n'existe plus.
Tout le monde fait tout: le département, la CAF, la ville, l'agglo, la métropole...
Il va falloir réorganiser notre pays. Il Ou on va vers un système centralisé ou on va vers un Etat fédéral. Dit autrement, il y a 20 grandes provinces métropolitaines plus nos provinces d'outre-mer.
Tout ce qui concerne le quotidien, les mamans, les adultes handicapés, la jeunesse, l'éducation, la santé, c'est la province. Et l'Etat sur l'avenir, la recherche, l'espace, la sécurité, la justice, ce qui fait nation. - A la clé, des économies substantielles. - J.-L.Borloo: L'OCDE a chiffré à 90 milliards.
Moi, à 150. Il y a plein d'économies induites. Je vous donne un chiffre pour comprendre...
Avant, les médecins géraient les hôpitaux. Ca allait bien. Il y avait un ministère de la Santé pour les autorisations de mise sur le marché des médicaments...
Les médecins ne savent pas gérer. On a créé une machine, une infrastructure, des nomenclatures. Résultat des courses: on est passés de 5 % de frais de structure à 34 %. - On parle de taux d'intérêt qui augmentent dans la dette française.
L'urgence est encore plus grave? - J.-L.Borloo: Les gens qui financent la dette de la France, qui placent de l'argent, ils se disent: "La France, ça fait 50 ans qu'elle est en déficit et ça augmente." Si vous leur expliquez la réorganisation de la France, les taux vont s'effondrer.
Il n'y a aucune fatalité. - Pour lui, les mesures proposées par le gouvernement comme les oppositions ne règlent pas le fond du problème. - J.-L.Borloo: Le sujet, ce n'est pas le saut de la semaine sur telle ou telle rustine proposée par tel ou tel...
Quand on va faire de l'écologie...
Il y a des sujets nationaux. Le RN, comment il peut être contre? - J.-L.Borloo convaincu que son plan va rassembler, au point d'être prêt pour Matignon?
Il refuse de commenter. - C.Roux: "Il refuse de commenter"...
Il fait partie des hypothèses? - C.Barbier: Son nom a circulé.
Il correspond à cette image centrale. Il ne me semble plus dans la course. Derrière lui, il n'a pas les parlementaires qui peuvent relayer son action.
Il n'a pas la force, l'emprise qu'il faut avoir sur l'opinion pour mener quelque chose. Il se trompe dans 2 directions...
Sa réflexion est très belle, mais il pense qu'on est en 58, dans un moment de délitement, et que le peuple va être derrière ce type de révolution. Le peuple n'est pas encore là. - C.Roux: 74 % des Français sont favorables au fédéralisme. - C.Barbier: Mais ils ne réclament pas ça tous les jours.
Ils veulent plus de pouvoir d'achat. On n'est pas dans cet appel à un homme providentiel, qui a été le général de Gaulle. Ce type de refonte complète du paysage, qu'on peut appeler de nos voeux, c'est pour une présidentielle.
Là, on cherche un Premier ministre. Dans la réflexion que nous devons tous mener pour avoir une campagne présidentielle digne de ce nom, ça, c'est très intéressant. Pour le candidat à l'Elysée, J.-L.Borloo me semble crédible. - S.Quéméner: Normalement, les politiques doivent porter une vision, un modèle de société.
C'est le cri qu'a poussé monsieur Martin la semaine dernière au Medef. Son discours était intéressant. "Proposez-nous quelque chose, demandez une vision..." Les politiques sont venus lentement débattre de façon un peu ridicule à mes yeux, de 2027, alors qu'on est dans la crise.
Le désarroi est maintenant. Il manque des batailles de visions, des méthodes pour réformer la société. Ca en est une et un peu d'optimisme. - C.Roux: Ne pensez-vous pas que collectivement, quand il dit que "ça ne marche plus", le modèle français ne marche plus...
Ne pensez-vous pas que les Français sont convaincus de la même chose? - D.Seux: C'est difficile de dire que le modèle fonctionne depuis un certain nombre d'années.
Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Sur les propositions économiques de J.-L.Borloo...
Il arrive avec la TVA sociale. Ca, ça peut intéresser les Français. Baisser les cotisations, ce qui pèse sur le travail, et faire participer les importations au financement...
Les temps ont changé. Les actifs qui prennent en charge sur leurs épaules le poids de la protection sociale sont moins nombreux. Il y a peut-être des réformes importantes à faire de ce côté.
Je pense que J.-L.Borloo arrive avec des idées qui peuvent apparaître assez neuves aujourd'hui. - C.Roux: Plus d'Etat central et des régions qui prennent le pouvoir... - C.Barbier: En Allemagne, l'éducation, ce sont les Lander.
Ou alors, on va vers un modèle américain où le gouverneur a des pouvoirs presque de police. Démonter un Etat centralisé depuis au moins Colbert, ça ne va pas se faire en 15 jours. C'est une révolution, qui est défendable intellectuellement.
Ca ne se fait pas dans un automne tempétueux comme on le connaît. Ca se fait dans une discussion avec le peuple, très longue, et ça ne peut être porté que par un homme validé par le suffrage universel direct. - C.Roux: On peut passer dans l'urgence... - C.Barbier: Oui. - G.Macke: Je suis très sceptique.
J'entends votre sondage, mais j'ai quand même l'impression que les Français sont jacobins, qu'il y a toujours cette quête de l'homme fort, ce côté napoléonien, on cherche le grand homme qui va nous sauver...
Les Français demandent beaucoup à l'Etat. Pour eux, c'est l'Etat...
Ils sont sensibles aux inégalités. Si dans la région voisine un peu plus riche, il peut y avoir des mesures plus favorables, les gens vont être froissés. Je trouve que c'est une idée intellectuellement intéressante.
Ca mériterait d'y réfléchir. Il y a un sujet énorme autour du millefeuille administratif. Est-ce qu'on fait 150 milliards d'économies, comme il le dit, un peu au doigt mouillé, à mon sens...
On a fait une seule réforme, c'était de passer de 22 à 13 régions. Ca a coûté de l'argent. On a besoin de gens qui ont des idées. - C.Roux: Ca illustre le moment dans lequel nous sommes.
Est-ce une énième accélération d'une crise politique qui va durer 2 ans? Est-on à la veille d'une crise de régime, d'une crise institutionnelle, à un moment où on renverse la table? - D.Seux: L'opinion en a ras le bol de ce qui se passe depuis quelques mois.
Le moment, c'est l'adoption d'un budget nécessaire. Le rendez-vous, c'est 2027. Peut-on attendre 2027?
Est-ce que le président de la République peut rester assez silencieux, tirer les ficelles? Il est responsable de ce qui se passe depuis 2022. Sur le jacobinisme, je suis d'accord.
Les manifestations ont lieu devant les préfectures et pas devant les conseils départementaux. - C.Roux: Parfois, devant les mairies.
Pour le 10 septembre, une lettre a été publiée. On aurait pu penser l'inverse... - C.Barbier: On aurait pu penser qu'il n'y a plus de budget et que ce mouvement a perdu son sens.
Mais il s'est passé une mutation de ce mouvement, qui avait commencé à l'extrême droite. C'est l'ultragauche qui a pris l'ascendant. Il y a une organisation de la manifestation par l'ultragauche.
Dans certaines réunions qui préparent des actions précises, on a refusé les derniers arrivés. "On ne te connaît pas, on ne t'a pas vu venir." Il y a un côté activiste.
Ca va être un mouvement en miettes. Il y aura des dépôts de carburant bloqués, des sabotages, des actions de type "rond-point". Comment va-t-on juger le succès de cela?
Il va y avoir 120 actualités disparates et le 11, comment ça se passe? Ca s'éteint? Comment on fait converger cela vers un mouvement national, dont le but pourrait être de renverser le régime? - C.Roux: C'est ce que dit LFI. - C.Barbier: Ce protocole révolutionnaire est rarissime dans notre histoire.
On ne peut pas savoir si ça va se coaguler de cette manière. On a plutôt tendance à penser que ça va être une série de petites explosions, un feu d'artifice national et terminé! - D.Seux: Les "gilets jaunes", c'était le samedi.
Là, il y a une perte de revenus... - S.Quéméner: Jusqu'à présent, ça relevait plutôt du fantasme.
Personne n'avait vu arriver la crise des "gilets jaunes". Tout le monde se dit que ça va recommencer, puisque les signaux sont là. Avant les "gilets jaunes", une pétition avait été signée contre le carburant trop cher.
C'était 200 000 signatures. Pour l'instant, c'est plutôt 8000 personnes, les groupes Telegram. Il y a cette bascule que vous avez décrite...
On avait un journaliste qui était à l'assemblée organisée à porte de la Villette la semaine dernière. Il y avait 400 personnes très organisées. Il a vu des anciens "gilets jaunes", des anciens syndicalistes.
Il est revenu en nous disant "il se passe quelque chose sur le terrain". Ces gens-là ont quitté le monde virtuel et sont là, présents. Ils sont organisés avec des méthodes d'ultragauche.
Ca peut donner des actions coup-de-poing... - C.Roux: C'est pour ça que le RN a pris ses distances avec ce mouvement? - S.Quéméner: Dès le départ, le RN a été prudent.
Même si ça venait d'un compte d'extrême droite...
Le RN cherche toujours sa respectabilité. "On ne crée pas le désordre." C'est le message qu'on entend du RN qui, on le voit bien, veut s'affirmer et espère s'affirmer comme un parti de gouvernement. "La loi et l'ordre." - C.Roux: Cette lettre envoyée aux patrons. - D.Seux: J'ai été très frappé de voir que M.-E.Leclerc a apporté son soutien au mouvement du 10 septembre.
Le patron d'Intermarché a dit: "Je comprends ce qui est en train de se passer." - C.Barbier: Au départ, c'était un mouvement contre la consommation. - C.Roux: En cas de législatives, le RN gagnerait du terrain.
Une poussée des extrêmes droites que l'on retrouve en Allemagne, où l'AfD est en tête des sondages. En Angleterre, le parti de N.Farage pousse son avantage sous forme de manifestations contre l'immigration illégale. - Depuis des semaines, au Royaume-Uni, les mêmes slogans et les mêmes rassemblements devant les hôtels hébergeant des demandeurs d'asile. - On est envahis.
Il y a plus de 100 000 personnes qui sont arrivées par bateau. Elles sont logées dans des maisons à côté de chez moi, dans ma rue. - Les personnes que l'on aperçoit dans les rues ou dans les hôtels semblent être en majorité des hommes d'âge mûr.
On voit très peu de femmes. Je suis totalement contre le viol de nos jeunes enfants. - Un argumentaire douteux et une parole décomplexée encouragée par l'extrême droite britannique.
L'artisan du Brexit, N.Farage, fait un retour fracassant sur la scène politique, avec une promesse: l'expulsion de 600 000 clandestins en 5 ans. Rien de bien compliqué, selon lui. - N.Farage: La seule manière d'arrêter les bateaux, c'est d'emprisonner puis de déporter quiconque arrivera par cette route. - Un discours de fermeté qui porte son parti dans les sondages.
Une chasse aux immigrés qui n'est pas sans rappeler le programme d'un président en place. N.Farage a tout d'un D.Trump enveloppé dans l'Union Jack, titre le "Guardian".
L'administration américaine, très attentive à la dynamique de l'extrême droite européenne, jusqu'à donner des leçons aux autres partis, comme à Munich en février pour défendre l'AfD. - J.D.Vance: La démocratie se fonde sur le principe sacré selon lequel la voix des gens compte.
Il n'y a pas de place pour un cordon sanitaire. Soit vous respectez ce principe, soit vous ne le respectez pas. - Un coup de pouce...
Quelques jours plus tard, l'extrême droite allemande fait un score historique aux élections. d'accueil des migrants portée par A.Merkel il y a 10 ans...
L'AfD en a fait son argument principal. - A.Merkel a ruiné notre pays.
Nous faisons face à une migration incontrôlée vers l'Allemagne. - F.Merz lui-même reconnaît que l'optimisme de la chancelière à l'époque n'est plus d'actualité. - F.Merz: Lorsque madame Merkel a dit qu'on y arriverait, c'était dans un certain contexte.
Nous n'avons pas réussi. - En quelques mois, le chancelier a serré la vis. Durcissement des règles du regroupement familial, et, surtout, contrôle aux frontières plus strict. - Cela fait plus de 3 mois que les contrôles aux frontières sont renforcés.
Cela inclut désormais la possibilité que certains demandeurs d'asile soient renvoyés. - Des gouvernements sous pression, contraints de se repositionner. Au Danemark, les sociaux-démocrates ont damé le pion à l'extrême droite, en passant une politique d'accueil libérale à une politique migratoire beaucoup plus stricte.
La Première ministre a indigné une partie du monde fin août en annonçant son refus d'accueillir des enfants palestiniens malades dans les hôpitaux danois. - Ce que je vais dire peut sembler un peu dur, mais quand on regarde le groupe de Palestiniens qui est arrivé au Danemark il y a longtemps, il en a une partie qui s'est intégrée et qui est devenue danoise, mais il y en a aussi beaucoup dans ce groupe qui ont eu un impact très grave sur notre société. Nous n'allons pas changer notre politique migratoire. - Une droitisation qui, dans la majorité des pays européens, n'empêche pas l'extrême droite historique de progresser.
Elle est déjà au pouvoir en Italie, en Angleterre, en Finlande ou encore en Slovaquie. - C.Roux: C.Barbier, votre réaction? - C.Barbier: Il y a 3 moteurs pour le progrès de l'extrême droite.
L'immigration et le lien fait avec l'insécurité, il y a l'argument "vous ne nous avez pas essayés"...
Troisièmement, il y a la population en déclassement, en peur de déclassement, qui va essayer de trouver des solutions. Ce n'est pas simple de répondre à ces 3 problèmes pour éviter le progrès de l'extrême droite. - C.Roux: Est-ce que la situation évoquée depuis le début de l'émission profite au RN? - C.Barbier: Evidemment. - C.Roux: Ils n'auraient pas la majorité absolue... - C.Barbier: Non.
N.Sarkozy dit que le front républicain ne marcherait pas. Les électeurs ne s'y laisseront plus prendre.
Ils ont compris que le front républicain avait bloqué le RN, mais n'avait pas accouché d'une union nationale pour proposer quelque chose. - C.Roux: On a vu que J.Bardella avait écrit aux patrons, aux chefs d'entreprise.
Y a-t-il toujours cette crainte? On a évoqué le fait que certains basculent en disant "pourquoi pas, allons-y". Comment vous analysez le rapport, la relation... - D.Seux: La semaine dernière, J.Bardella n'a pas été applaudi.
Mais chez un certain nombre d'acteurs économiques, il y a l'idée de la stabilité. Quand on lit la lettre, il y a ce qu'il dit et ce qu'il ne dit pas. "Nous allons alléger les normes, comptez sur nous.
Nous allons faire des économies assez facilement sur les dépenses d'immigration." Mais il ne dit pas que le programme du RN, c'est la retraite à 60 ans. Il ne dit pas qu'ils augmenteraient le Smic de tant...
Le RN, on aurait pu penser que l'inexpérience totale de J.Bardella serait un handicap, mais, comme le disait Christophe, "essayez-nous, nous ne sommes pas comptables de ce qu'il s'est passé depuis 30 ans", c'est devenu un argument en sa faveur. - C.Roux: Vous pensez que les marchés intègrent cette hypothèse? - D.Seux: Je pense, oui.
Quand les investisseurs sont internationaux, ils voient ça de loin. Qui est au pouvoir, ce n'est pas si important que ça. Un investisseur, c'est quelqu'un de tout simple. "Je mets de l'argent, j'achète une obligation pour retrouver ma mise à la fin.
Est-ce que le rendement va être bon?" Ils ne se demandent pas si c'est moral. - S.Quéméner: Ils ont déjà vécu 15 jours dans cette hypothèse.
Après l'annonce de la dissolution, tout le monde était persuadé que le RN pouvait obtenir la majorité absolue. Les responsables du CAC 40 croisés à ce moment-là, on était à se demander s'ils avaient des liens avec des députés RN...
C'est du pragmatisme. - G.Macke: Il y a un gros effet G.Meloni.
Une personnalité d'extrême droite, qui est au pouvoir dans un grand pays, fondateur de l'UE. Tout le monde se demandait ce qui allait se passer. Elle s'est très bien intégrée dans les institutions européennes, elle converse aimablement avec U.von der Leyen.
Les patrons, ça se passe très bien avec le milieu patronal italien. Elle a quand même redressé en partie l'économie. Elle a été coachée par M.Draghi, par des grands techniciens de l'économie, des grands experts.
Sa politique d'immigration porte un peu ses fruits, et elle a mis aussi de l'eau dans son vin. Elle a régularisé des immigrés, mais en même temps, elle a une politique ferme sur d'autres aspects de l'immigration. Elle a vraiment beaucoup contribué à la respectabilisation de l'extrême droite au pouvoir.
Au fait que finalement, l'extrême droite au pouvoir en Europe, qui n'est pas du tout comme D.Trump, comme J.Milei ou de J.Bolsonaro, finalement, ça peut se passer et bien se passer. - S.Quéméner: Avec la différence que M.Le Pen n'est pas proche du tout de G.Meloni, ni dans le programme... - C.Roux: Elle est moins libérale. - S.Quéméner: Elle est anti-Europe. - C.Roux: On passe aux questions de nos téléspectateurs.
Question. - C.Barbier: Bien sûr.
S'il y a alliance ou pacte de non-censure, il faudra faire des concessions. Ce sera un changement de cap. Les jours fériés supprimés, ça n'existera plus.
Le doublement de la franchise médicale, ça n'existera plus. Peut-être que l'année blanche sera remise en question. Ce sera un changement de cap.
On ira au bout de cet abandon de la politique de l'offre. - C.Roux: Question. - S.Quéméner: Il est professeur de lettres classiques.
Il pense que la pédagogie est l'art de la répétition. Il veut répéter son message jusqu'au bout. Il pense qu'à long terme, les Français reconnaîtront qu'il a raison.
Il pense que l'avenir va lui donner raison. Il veut bien imprimer dans l'esprit des Français qu'il l'avait dit avant tout le monde. - D.Seux: Lundi dernier, M.Valls lui a dit: "Tu veux manifestement mourir en scène." Le discours est un peu répétitif... - C.Roux: Ne pourrait-il pas être rendu coupable d'une nouvelle instabilité politique? - C.Barbier: Il a voulu éviter l'humiliation d'une censure à la M.Barnier.
Il aura peut-être l'humiliation d'un vote de confiance où ses propres amis le laisseront tomber. Le destin des Cassandre, ça ne donne jamais quelqu'un qui revient au pouvoir. Mendès France n'est jamais revenu au pouvoir. - C.Roux: Question. - G.Macke: Elle ne va pas rassurer les Français. 44 milliards pour 20 milliards, ça ne rassure pas les marchés.
S'il y a une entente avec le PS et une sortie de crise assez rapide, ça peut rassurer les marchés. Pour les marchés, la stabilité prime. Je ne suis pas sûre que grand monde croyait vraiment que F.Bayrou allait faire 44 milliards. - C.Roux: Question. - D.Seux: On se trompe systématiquement dans les annonces.
Ca n'a pas beaucoup d'importance. On a compris maintenant que les notations des agences, ça intervient a posteriori. Ca ne fait que refléter la situation actuelle. - C.Barbier: Après le 8, il y a le 10 septembre et ensuite, il y a le 12.
Après le 12, il y a le 18... - C.Roux: Le 8... - C.Barbier: La chute puis le mouvement "Bloquons tout"...
S'il y a pagaille dans la rue, vous imaginez l'agence...
Le 18, il y a la mobilisation des syndicats. Si le 10 est un énorme succès, les syndicats vont vouloir rejoindre ce mouvement. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Bien sûr.
Les noms qu'on voit circuler issus du pouvoir actuel...
G.Darmanin, c'est un chiffon rouge pour certains députés et l'opinion. Il faut aller chercher ailleurs, être imaginatif.
Ce n'est pas facile. - C.Roux: Question. - G.Macke: Certains pays le font pendant beaucoup plus longtemps, comme la Belgique...
Ca peut durer. Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais ça peut durer. - S.Quéméner: Peut-être que, dans quelque temps, on se dira que le surplace, c'était mieux. - C.Roux: On refera une émission sur ce sujet.
Il est l'heure de retrouver A.-E.Lemoine. - A.-E.Lemoine: Au programme ce soir dans "C à vous": l'Etat condamné pour faute lourde dans l'affaire E.Mouzin.
Son père témoigne ce soir dans "C à vous". La mise au point de D.Trump sur son état de santé.
L'édito contractuel de P.Cohen sur le feuilleton politique sans fin du moment. Des révélations de N.Schuck sur l'homme fort de la droite, B.Retailleau. - C.Roux: Bonne émission.
Bruno Retailleau