Matthieu Schlesinger : "Organiser les élections, c'est faisable, mais à quel prix ?"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
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- 0:34FerméeRéponse directe
Vous souhaitez que les élections soient maintenues ou reportées ?
- 0:58OuverteRéponse directe
Vous pensez que vous pourrez respecter le protocole sanitaire dans les bureaux de vote ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Organiser les élections est faisable, mais la campagne sera-t-elle possible ?
- 1:44RelanceRéponse partielle
Le Conseil souhaite que les assesseurs soient vaccinés. Vous pensez que c'est réalisable ?
- 1:56OuverteRéponse directe
L'Association des maires ruraux juge que cette demande ne peut pas être respectée. Vous en pensez quoi ?
- 2:34RelanceRéponse directe
Les bureaux de vote se tiennent dans des écoles. Vous aurez assez d'agents pour nettoyer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Invité politiqueFait
« Les 35 000 maires de France ont jusqu'à midi pour répondre à cette question que leur a posé le gouvernement. »
- 1:04PrésentateurFait
« Moi, je ne suis pas inquiet sur la tenue des bureaux de vote. »
- 1:11PrésentateurFait
« Les bénévoles qui se rendent disponibles pour ce jour-là sont des personnes sérieuses, qui savent respecter les gestes barrières. »
- 2:10PrésentateurChiffre
« Aujourd'hui, on a 10 millions de Français qui ont été vaccinés. »
- 2:13PrésentateurChiffre
« À la fin du mois de mai, on devrait être aux alentours de 25 ou 30 millions d'euros de personnes. »
- 5:31PrésentateurFait
« S'il y a des centres de vaccination dans le département du Loiret, mais ce vaccinodrome accompagne la stratégie d'accélération de la vaccination. »
- 5:38PrésentateurFait
« Nous avons plus de vaccins, donc nous pouvons vacciner davantage les Français. »
- 6:11PrésentateurChiffre
« Pour vous donner un exemple, il y a 60 personnes qui, au quotidien, vont faire tourner le vaccinodrome. »
- 6:15PrésentateurChiffre
« 60 personnes, pour une commune comme la mienne, c'est à peu près un tiers des effectifs. »
Temps de parole
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- ?7 %
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France Inter. Mathilde Munoz. Le 5-7.
Il est 6h19. Faut-il, oui ou non, maintenir les élections régionales en juin, compte tenu de la situation épidémique ? Les 35 000 maires de France ont jusqu'à midi pour répondre à cette question que leur a posé le gouvernement. Bonjour Mathieu Schlesinger. Bonjour Mathilde Munoz. Vous êtes le maire d'hiver droite d'Olivier, dans le Loiret. Vous allez ouvrir un vaccinodrome dans votre ville aujourd'hui. On va en parler aussi. Mais d'abord, à propos de cette consultation, vous, quelle est votre position ? Vous souhaitez que les élections soient maintenues ou reportées ?
Alors, je souhaite que les élections aient lieu. Parce que ça fait maintenant à peu près un an que nous sommes dans cette crise sanitaire. Les équipes municipales se sont adaptées. La vie politique a continué. Et il est important que les élections puissent se tenir. Elles ont déjà été reportées une fois. Je crois que, pour la vie démocratique, c'est important que les élections se tiennent rapidement.
Et vous pensez que vous pourrez respecter le protocole sanitaire recommandé par le Conseil scientifique dans les bureaux de vote ?
Moi, je ne suis pas inquiet sur la tenue des bureaux de vote. Nous avons déjà tenu les élections au mois de mars 2020. Les bénévoles qui se rendent disponibles pour ce jour-là sont des personnes sérieuses, qui savent respecter les gestes barrières. Et les équipes municipales sont capables de les équiper du matériel nécessaire de gel hydroalcoolique et de garantir à chacun de nos citoyens qui vient de voter de le faire dans de bonnes conditions. Ce qui est plus délicat aujourd'hui, et c'est là-dessus qu'on a besoin de clarification à mon sens, c'est sur la manière de mener campagne. Parce qu'aujourd'hui, organiser les élections, c'est faisable.
Avoir un vrai débat démocratique pour permettre aux électeurs de participer et de choisir leur candidat, c'est plus difficile.
Je reviens quand même aux recommandations du Conseil scientifique à propos des assesseurs, notamment. Le Conseil souhaite qu'il se soit des personnes vaccinées, donc plus âgées évidemment. L'Association des maires ruraux de France juge que cette demande ne peut pas être respectée dans certaines communes. Vous, vous pensez vraiment que vous trouverez facilement des assesseurs vaccinés ?
Je ne crois pas que tous les assesseurs pourront être vaccinés. Aujourd'hui, on a 10 millions de Français qui ont été vaccinés. À la fin du mois de mai, on devrait être aux alentours de 25 ou 30 millions d'euros de personnes. Donc je pense qu'on va trouver des personnes disponibles. Mais en mars dernier, nous n'avions pas les masques. Et pour autant, il n'y a pas eu une explosion des cas de Covid parmi les assesseurs. Donc il y a un équilibre à trouver. Dans les communes rurales, c'est vrai que ce sera plus difficile. Et cela d'autant plus que les deux scrutins ont lieu en même temps.
Et il y a aussi certains bureaux de vote qui se tiennent dans des écoles. Et là encore, le Conseil demande à ce qu'il y ait un nettoyage strict des locaux. Vous aurez suffisamment d'agents pour faire le ménage entre le dimanche soir et le lundi matin ?
On fait déjà le ménage de manière intensive depuis un an. Et donc, l'organiser le dimanche soir, ça demande un peu de travail, évidemment. Mais à partir du moment où c'est les conditions de continuation de la vie démocratique, je crois que ce sont des objectifs qu'il faut que nous atteignions.
Et sur cette consultation, sur la forme qu'elle a prise, vous avez eu à peine trois jours. Je dis vous, les maires, dans leur globalité, les 35 000 maires de France, vous avez eu à peine trois jours pour répondre. Il y a certains élus, notamment je pense à Christian Jacob pour le président des LR, qui dénoncent une manipulation. Vous, vous en pensez quoi ?
Moi, je n'ai pas été choqué. Au contraire, j'ai trouvé ça plutôt intéressant que, sur une question très précise, de manière très rapide, les préfets interrogent les maires, qui sont dans leur fonction de représentants de l'État dans le cadre de l'organisation des élections, qu'on nous consulte. L'AMF n'a pas fait le même effort avant de répondre et dire qu'il fallait tenir les élections. Donc, tout le monde fait de la politique, aujourd'hui, sur ces dates des élections. Les grands élus, comme le gouvernement, et demander l'avis des maires, c'est normal, ça ne me choque pas.
Et nous avons répondu rapidement, et j'espère que le résultat de cette consultation sera un éclairage supplémentaire pour la décision à prendre.
Et si la décision ne suit pas la position majoritaire des maires, ce n'est pas grave, selon vous ?
Les maires, c'est un élément du débat. C'est au gouvernement de décider en fonction de la situation sanitaire globale. Donc, il y a les partis politiques qui ont été consultés, il y a le conseil scientifique qui a été consulté, les maires sont consultés. Et après, c'est au gouvernement et au Parlement de prendre ces responsabilités. Moi, je trouve ça très bien qu'on nous demande notre avis. Après, moi, j'ai un avis personnel, mais je n'ai pas tous les éléments pour prendre la décision. Donc, maintenant, on attend la décision finale, et c'est surtout ça dont nos concitoyens ont besoin.
Vous vous évoquiez tout à l'heure les difficultés à faire campagne pour tous les candidats. Vous craignez aussi une faible participation ces régionales ?
Oui, c'est ça qui, moi, m'inquiète le plus aujourd'hui. Les organiser, c'est faisable, mais à quel prix ? C'est-à-dire que le message qui est envoyé aujourd'hui, si on envoie le message qu'il faut être vacciné, si on explique aux personnes qui vont venir voter que c'est dangereux, la participation va être faible. Et ça, ce n'est pas bon pour la démocratie non plus. Donc, il faut qu'on prenne une décision, qu'on montre qu'on est capable de la mettre en œuvre de manière sérieuse. Moi, il me semble qu'en juin, c'est faisable. Si la majorité du Parlement estime que c'est en octobre, ça va être en octobre. Mais il faut envoyer un message de confiance.
Mathius Léchinger, je rappelle que vous êtes le maire d'Hiverdroite d'Olivet, dans le Loiret. Il y a un vaccinodrome qui ouvre ce matin dans votre commune. Il a été installé dans un gymnase. Il n'y en a pas dans tous les départements. Ça veut dire qu'il y a un vrai besoin chez vous ? Il n'y a pas assez de centres de vaccination ?
S'il y a des centres de vaccination dans le département du Loiret, mais ce vaccinodrome accompagne la stratégie d'accélération de la vaccination. Nous avons plus de vaccins, donc nous pouvons vacciner davantage les Français. Et dans le département du Loiret, la préfète a choisi la ville d'Olivet pour accueillir ce centre de vaccination de grande ampleur. Et sa deuxième spécificité, c'est qu'il va être tenu par l'armée. Et ça, c'est un élément très positif pour mes concitoyens.
Et c'est une vraie particularité parce que c'est le seul centre de vaccination public géré en partie par des militaires. Pourquoi avoir fait appel à l'armée ? Sans les militaires, vous n'auriez pas pu ouvrir ce vaccinodrome ?
Si, nous en étions capables, mais avec un coût assez élevé pour la commune. Pour vous donner un exemple, il y a 60 personnes qui, au quotidien, vont faire tourner le vaccinodrome. 60 personnes, pour une commune comme la mienne, c'est à peu près un tiers des effectifs. Alors, nous aurions dû faire appel à des bénévoles ou à des agents publics d'autres communes. Là, c'est un escadron du 12e régiment de cuirassiers qui va accueillir les personnes qui viennent se faire vacciner, va les orienter, remplir leurs dossiers administratifs et les surveiller. Ça, c'est une vraie aide en ressources humaines qui va limiter le coût pour la commune. Et c'est une très bonne nouvelle.
Donc, ces militaires ne vont s'occuper que de logistique, pas l'aspect médical ?
Oui, alors la commune a installé la salle, met à disposition un certain nombre d'outils. La Fédération française de sauvetage et de secourisme assure la coordination sanitaire, a trouvé des infirmiers, des médecins pour vacciner. Et les militaires, eux, ont mis en place la logistique informatique et surtout apportent cette ressource aux humaines qui est indispensable pour faire tourner le centre.
Merci beaucoup Mathieu Schlesinger, maire d'Olivet dans le Loiret. Vous étiez l'invité du 5-7.
Merci beaucoup Mathieu Schlesinger.