Nicolas Dupont-Aignan, invité de "l'Interview Politique" sur France Info
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15FerméeRéponse partielle
62% des Français voteraient non à un référendum sur l'Europe aujourd'hui. Vous êtes content ?
- 0:53OuverteRéponse partielle
Les politiques ne servent à rien ?
- 1:08RelanceRéponse directe
Est-ce que vous n'avez pas l'impression que même vous qui râlez, vous ne servez à rien en fait ?
- 1:39OuverteRéponse directe
On lit ce sondage : 60% favorables à un président européen élu au suffrage universel, 71% à une armée européenne, 62% pour l'appartenance de la France à l'UE. Ce n'est pas qu'ils ne veulent pas d'Europe, c'est qu'ils veulent une autre Europe.
- 2:03FerméeRéponse directe
Vous voulez qu'on sorte de l'Europe ?
- 2:46OuverteRéponse directe
David Cameron veut faire son référendum. Ce n'est pas une bonne idée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15PrésentateurChiffre
« 62% des Français aujourd'hui voteraient non si la question leur était posée. 7 points de plus qu'en 2005. »
- 0:55Invité politiqueFait
« Les politiques au pouvoir, les deux parties qui verrouillent la vie politique française, ne veulent pas entendre leur peuple et se recroquevillent sur eux-mêmes. »
- 1:24Invité politiqueFait
« Si on ne change pas le fonctionnement de l'Europe, si on ne retrouve pas un minimum de frontières pour contrôler l'immigration, si on ne relance pas l'activité, on aura toujours autant de chômage, d'injustice. »
- 2:04Invité politiqueFait
« Non. En 2005, j'avais écrit un livre, j'aime l'Europe, je vote non. Ça voulait dire quoi ? Tout le monde sait qu'il faut travailler ensemble. »
- 2:32Invité politiqueFait
« Oui, mais ça change tout. Vous pouvez faire une Europe qui additionne les qualités nationales, qui est un multiplicateur de puissance. »
- 3:04Invité politiqueFait
« Quand on était à 15, que ça ne pourrait pas marcher à 28, on nous regardait de haut. Et ils continuent, ils sont en train de préparer l'adhésion de la Turquie. »
- 3:33Invité politiqueFait
« Mais bien évidemment, parce que c'est un appel d'air incroyable. Il faut aider la Libye à se reconstruire. Il faut détruire les passeurs. »
- 6:00Invité politiqueFait
« François Hollande, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, ce n'est pas le destin que je veux pour mon pays. »
- 7:20Invité politiqueFait
« Le Front National est le meilleur allié du Parti Socialiste. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan73 %
- Présentateur19 %
- ?8 %
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Bonjour Nicolas Dupont-Aignan.
Les
années passent mais le désamour pour l'Europe persiste, en témoigne ce sondage IFOP pour le Figaro dix ans après le non-référendum. 62% des Français aujourd'hui voteraient non si la question leur était posée. 7 points de plus qu'en 2005. Voilà, vous êtes content ?
Je serais content
si
les Français étaient écoutés.
Je
serais content si on avait profité, si je puis dire, du vote de 2005 pour réorienter l'Europe,
pour
la remettre au service des citoyens, des Français, des Italiens, des Espagnols, des Grecs et des autres qui souffrent.
Ce
qui me révolte, comme je pense beaucoup de Français, c'est que les votes se succèdent, les intentions de vote se succèdent, les protestations se succèdent, les gouvernements sont sanctionnés après
chaque législature. Les
politiques ne servent à rien ?
Ah,
les politiques au pouvoir, les deux parties qui verrouillent la vie politique française, ne veulent pas entendre leur peuple et se recroquevillent sur eux-mêmes, se referment sur eux-mêmes, au lieu de vouloir changer les choses.
Est-ce que vous n'avez pas l'impression que même vous qui
râlez, vous ne servez
à rien en
fait ?
Bah écoutez, je fais tout pour servir à quelque chose et j'appelle justement depuis un certain nombre d'années les Français à réagir. Car si on ne change pas
le
fonctionnement de l'Europe,
si
on ne retrouve pas un minimum de frontières pour contrôler l'immigration, si on ne relance pas l'activité, on aura toujours autant de chômage, d'injustice. Et quand on voit ce qui se passe en Grèce, en Espagne, en
Angleterre,
partout cela se réveille. Alors
Nicolas Dubon-Aignan,
quand
on lit ce sondage, la réalité est plus subtile, 60% des sondés favorables à l'élection d'un président européen au suffrage universel direct, 71% à la création d'une armée européenne, 62% pour cela l'appartenance de la France à l'Union est plutôt une bonne chose. En fait, ce n
'est
pas qu'ils ne veulent pas d'Europe,
c
'est qu
'ils
veulent une autre Europe.
C'est ce que je n'ai cessé de dire depuis des années.
En
2005, j'avais écrit
un livre. Vous voulez qu'on
sorte de l'Europe ? Non. En 2005, j'avais écrit un livre, j'aime l'Europe, je vote non. Ça voulait dire quoi
? Tout
le monde sait qu'il faut travailler ensemble. Ce qu'on a fait par exemple avec Airbus, 4-5 pays se mettent ensemble, il n'y avait pas d'industrie aéronautique forte, on est leader mondial. Pourquoi on ne
l
'a pas fait dans la lutte contre le cancer ? Pourquoi on
ne
le fait pas dans quantité de domaines ? Donc, oui, un travail en commun, mais non à une autorité illégitime, non élue, qui
dicte sa politique.
Oui, mais ça change tout. Vous pouvez faire une Europe qui additionne les qualités nationales, qui est un
multiplicateur de
puissance.
Du coup, David Cameron, qui est venu hier soir chez François Hollande dire « soyez plus flexibles et imaginatifs », il veut faire son référendum, ce n
'est
pas une bonne idée. Mais
si, il a raison.
Mais face à un mur, face à un mur qui est en train de ruiner l'Europe, de la déconsidérer, de la défigurer, face à ce mur, la seule solution, c'est l'appel au peuple. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire quelque chose à géométrie variable. À 28, ça ne marche pas. Quand je disais, quand on était à 15, que ça ne pourrait pas marcher à 28, on nous regardait de haut. Et ils continuent, ils sont en train de préparer l'adhésion de la Turquie. Il faut revenir à un système, à peu de pays, qui travaillent sur des projets communs et
qui laissent... Ça fait des années qu'on dit ça. Et alors,
pourquoi ? Mais attendez, on va subir un chômage de masse ? On va laisser nos enfants sans avenir et sans dignité dans l'emploi
?
C'est ça ? On veut des migrants partout ? On ne veut pas développer l'Afrique ?
Mais les quotas, c
'est non pour vous ? Mais bien évidemment, parce que c'est un appel d'air incroyable. Il faut aider la Libye à se reconstruire. Il faut détruire les passeurs.
Il
faut intervenir.
Il
y
a
un moment, vous savez, on ne
peut
pas laisser éternellement pourrir les problèmes. On doit les traiter. Sinon, le pouvoir sert à quoi ? À faire des congrès, des grands shows, toujours les mêmes manœuvres ? Justement.
Nicolas
Dupont-Aignan, vous avez été, vous, un RPR jadis, on va dire, tendance pas quoi, Séguin ?
Séguin,
Philippe Séguin, oui.
Alors demain, les Républicains. Demain, une nouvelle UMP va sortir, au fond, j'allais dire du chapeau, pardon. Une nouvelle UMP arrive, ça s'appelle les Républicains. Ça vous va, ça ? Les
Républicains. Mais c'est un beau nom.
Mais
vous savez, la République, c'est quoi
pour
qu'elle fonctionne ? C'est la vertu. C'est Montesquieu qui dit ça. L'exemplarité, l'honnêteté. Et je ne crois pas que parce que Nicolas Sarkozy va changer l'emballage, les Français vont être trompés sur le produit.
Oui.
Je voudrais vous dire une chose que je crois grave. François Hollande,
qui
gouverne si mal depuis trois ans, a été élu parce que Nicolas Sarkozy a été un mauvais président et s'est mal comporté.
Et
je dis aux électeurs de droite, j'ai été à l'UMP, je suis parti sur la question européenne, mais j'ai beaucoup d'amis à l'UMP encore. Et je leur dis, est-ce que vous voulez encore faire réélire François Hollande en soutenant un homme, Nicolas Sarkozy, qui a triché sur ses comptes de campagne à la présidentielle, qui est entouré de gens mis en examen, qui a besoin pour aller au Havre de prendre un avion, qui donne des conférences à 150 000 euros l'heure au Qatar ? Est-ce que c'est ça la politique française ? Moi, je suis désolé. S'il y a autant de leaders UMP, de responsables UMP dans les départements qui rejoignent mon parti,
c
'est parce qu'ils ne supportent plus
le
double langage, l'hypocrisie. Alors, on peut s'appeler les Républicains, mais si on s'appelle les Républicains, s'ils s'appellent les Républicains, il faut à la tête des Républicains, quelqu'un qui incarne la République.
Vous êtes conscient que vos accusations sont graves
? Oui,
mais la situation de la France est grave et je ne veux pas voir réélire François Hollande et le socialisme. Et je pense que le peuple de droite
n
'a pas à être pris en otage par un homme qui a échoué et qui veut se maintenir coûte que coûte au pouvoir et prendre sa revanche. Donc, je le dis franchement, j'ai toujours été franc dans ma vie politique, je l'ai payé cher, mais j'estime, j'estime que la France est suffisamment mal en point pour qu'on ne revive pas, en 2017, le trio infernal. François Hollande, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, ce n'est pas le destin que je veux pour mon pays. Et je dis aux Français, notamment aux électeurs de droite, il va falloir réagir.
Nicolas Dupont-Aignan, vous l'orniez toujours du côté du Front National.
Mais comment pouvez-vous dire cette phrase ? Je préside un mouvement gaulliste
qui
a des origines totalement différentes du Front National. Je me suis réjoui, oui, du fait que Marine Le Pen sanctionnait enfin son père aux paroles abjectes.
Pour autant, je pigne ma phrase, parce que c'est
très important pour ceux qui nous écoutent. Il y a des différences
entre
le Front National et Debout la France. Et vous parliez du référendum tout à l'heure, 55% de Français ont voté, non. Et on veut les enfermer dans un piège. Soit on continue avec l'UMP et l'EPS, soit on part au Front National. Eh bien, il y a des patriotes républicains qui aspirent à une autre France. Et je fais tout pour leur offrir une autre voie.
Justement, il y a un parti du non aujourd'hui en France qui transcende un peu les formations politiques. Là-dessus, vous rejoignez Marine Le Pen. Vous parliez de
ce genre... Vous
rejoignez Marine Le Pen. Voyez comme quoi les mots
sont
terribles.
Sur cette idée-là,
cette affranche-là de... Mais Jean-Pierre Chevènement, Jean-Luc Mélenchon,
beaucoup d'autres gens qui volent une France libre, qui travaillent avec les pays européens, amis des autres, mais maîtres de son destin. Pour autant, je pense que le Front National est le meilleur allié du Parti Socialiste. Et je crois que justement, avec Debout la France, nous les gaullistes, nous allons offrir enfin un moyen pour les Français de sortir de ce piège.
Vous
dites non jamais le Front National, même si elle fait une opération main propre là où elle essaie
de... Mais
je me réjouis de cette opération
main propre. De se débarrasser de ces candidats qui ont dérapé. Mais en revanche, c'est normal
que dans la vie politique, il puisse y avoir des différences entre les partis, une conception du pouvoir, une vision de la société différente, une vision économique. Et pourquoi n'aurais-je pas le droit et devrais-je obligatoirement partir avec le Front National ? Il y
a
le Front National que je respecte et il y a les gaullistes de Debout la France qui représentent une autre alternative. Donc ce matin, vous dites non, c'est clair et c'est net. Sinon, je n'aurais pas été candidat à la présidentielle aux européennes et prochainement aux régionales dans les 13 régions
de
France.
Nous allons finir, Nicolas Dupont-Aignan, avec une note d'humour, si vous l'acceptez.
Vous vous
êtes bien fait allumer par le petit journal de Canal+. Quand vous êtes allé faire votre opération au péage gratuit à Saint-Arnoux, c
'était
un moment de sourire.
Mais oui, mais vous savez... Parce que vous vous
êtes trompé de barrière, je crois.
Non, on ne s'est pas trompé de
barrière. Et c'était celle qui
me l'a
étiquée. Non, parce que j'ai expliqué, mais ça, ça n
'a
pas été montré par Canal+. Et c'est une dérision toujours un peu tronquée. Et c'est normal, c'est le jeu. J'ai expliqué que je n'avais pas vocation à soulever les barrières d'autoroute, à faire la même chose à chaque fois. Je l'avais déjà fait. Je voulais juste informer les automobilistes du racket autoroutier qu'ils subissent. Parce que là aussi, des gouvernements sont à genoux devant des puissances d'argent.
Et quand on fait...
Alors on peut toujours se
moquer. Mais
vous savez, je vais vous dire juste un point. Si
la vie politique n'est prise que par la dérision et la moquerie,
ça
explique aussi que nos concitoyens pensent que finalement, ils sont tous pareils et qu
'on
ne
peut
rien faire. Le petit journal a un rôle d'humour. Mais il ne faut pas que le petit journal remplace les émissions sérieuses de politique. Parce qu'à ce moment-là, tout est fictif. Et je pense que la France a
besoin de réalité. C'est
un
système
complémentaire, il faut aussi...
Complémentaire, mais qui ne doit pas être... Être observateur, décrypté. Mais décrypté en niant tout. Vous savez, le héros de Nietzsche, je nie tout. Eh bien, c'est ça qui fait le lit après de l'absence de démocratie.
Merci à vous, Nicolas Dupoignon.
Nicolas Dupont-Aignan