Mobilisation lycéenne en France: Parcoursup «est vu par beaucoup d'étudiants et de familles comme un supplice»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous félicitez de cette annonce du gouvernement ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Que faut-il faire aujourd'hui de Parcoursup ?
- 3:53OuverteRéponse directe
Pourquoi avez-vous voté contre la loi casseur-payeur ?
- 5:07OuverteRéponse directe
Pour vous, les garde-fous proposés sont-ils suffisants ?
- 6:31OuverteRéponse directe
Le gouvernement va-t-il trop loin dans son objectif de retour à l'ordre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25Invité politiqueFait
« 'est la moindre des choses. C'est la moindre des choses que notre pays soit capable de rendre un hommage solennel à un homme qui a été assassiné en raison de sa couleur de peau. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Simplement, je n'oublie pas non plus la responsabilité de la droite, de l'extrême droite, dans la montée des idées racistes qui ont considérablement progressé ces dernières années. »
- 2:02Invité politiqueFait
« 'abord, il y a nécessité de réformer Parcoursup parce que c'est un système qui est décrié de toutes parts, qui avait d'ailleurs été présenté fallacieusement comme un succès par ceux qui en étaient à l'origine, mais qui en réalité confronte beaucoup de jeunes, beaucoup de parents aussi à une forme de supplice chinois. »
- 2:20Invité politiquePromesse
« Simplement, il faut effectivement, si on veut un système plus juste, créer de très très nombreuses places supplémentaires à l'université. »
- 2:56Invité politiqueFait
« Manifestement, oui. »
- 5:10Invité politiqueFait
« Mais bien sûr. Non, mais c'est en réalité n'importe quoi. On légifère n'importe comment. »
- 5:52Invité politiqueFait
« Et dans le même temps, vous avez des millionnaires qui sont pris la main dans le sac parce qu'ils ont fraudé le fisc et qui, eux, peuvent négocier leur peine. »
Temps de parole
- Ian Brossat60 %
- Présentateur35 %
- ?4 %
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Bonjour Yann Brossat. Bonjour. Alors on va parler effectivement des lycéens, mais avant ça une question sur cette annonce. Il y a quelques minutes du gouvernement, de la porte-parole de l'exécutif, Maude Bréjon annonce qu'un hommage national sera rendu après l'attentat terroriste raciste qui a endeuillé les Yvelines. Vendredi dernier, il avait notamment coûté la vie à Pengo Bossio Wangui. Question simple, est-ce que vous vous félicitez de cette annonce du gouvernement ?
C
'est la moindre des choses. C'est la moindre des choses que notre pays
soit
capable de rendre un hommage solennel
à
un homme qui a été assassiné en raison de sa couleur de peau. Et donc en l'occurrence, heureusement, que la France puisse lui rendre hommage. Simplement, je n'oublie pas non plus la responsabilité de la droite, de l'extrême droite, dans la montée des idées racistes qui ont considérablement progressé ces dernières années. Y compris d'ailleurs,
la
porte-parole de l'exécutif, Maude Bréjon, qui il y a quelques jours
parlait
de hordes de racailles qui se seraient acharnées dans un certain nombre de villes à l'occasion des manifestations. Lorsque vous avez
des
ministres qui parlent de cette manière-là, lorsque vous avez Aurore Berger
qui
donne un brevet de respectabilité à la théorie du grand remplacement qui est une théorie raciste,
tout
cela crée une ambiance qui est propice
au
passage à l
'acte
d'un certain nombre d'individus comme celui qui a sévi à Trappes. Donc ces gens-là feraient bien de regarder aussi leurs propres responsabilités là-dedans.
Alors et donc cet hommage national, on ne sait pas encore quand il aura lieu.
On
rappelle que des marches auront lieu demain, notamment à Trappes où a eu lieu la mort de Pengo Bossio Wangui. Alors on en parlait juste avant, le mouvement lycéen qui se poursuit trois jours après les annonces du gouvernement pour tenter de répondre à la colère. La réforme de Parcoursup arrive à l'Assemblée nationale, la plateforme de sélection pour accéder aux études supérieures et très critiquée par les lycéens. Le gouvernement promet donc une réforme. Les députés doivent en discuter lors d'un débat sans vote. Yann Brossat, que faut-il faire aujourd'hui de Parcoursup
? D
'abord, il y a nécessité de réformer Parcoursup parce que c'est un
système
qui est décrié de toutes parts, qui avait d'ailleurs été présenté fallacieusement comme un succès par ceux qui en étaient à l'origine, mais qui en réalité confronte beaucoup de jeunes, beaucoup de parents aussi à une forme de supplice chinois. Simplement, il faut effectivement, si on veut un système plus juste, créer de très très nombreuses places supplémentaires
à
l'université. parce que c'est ça en réalité qui fait que Parcoursup crée beaucoup, beaucoup de frustration.
C
'est que beaucoup de lycéens, de futurs étudiants postulent à des études et se voient confrontés à un refus. Et donc, si on veut éviter ça et si on veut que leur souhait puisse être exaucé, qu'ils puissent réaliser les études qu'ils souhaitent faire, il va falloir créer des postes en
nombre beaucoup
plus
important.
Le gouvernement, on promet 15 000, c'est insuffisant
?
Manifestement, oui. D'ailleurs, je constate que les lycéens, les étudiants qui ont été consultés le disent eux-mêmes, et c'est ce qui fait qu'ils poursuivent leur mouvement.
La
réalité derrière, c'est que tout cela ne peut se faire sans une remise en cause des politiques d'austérité qui sont menées par ce gouvernement. Si on sacrifie le service public, si on refuse de lever le verrou budgétaire, inévitablement, on aura des propositions qui seront très, très en deçà des besoins. Et pour l'instant, effectivement, c'est le cas.
Alors, vous l'avez dit, les lycéens appellent à poursuivre le mouvement. C'est également le cas des gilets jaunes qui appellent, en tout cas leur coordination, appellent à nouveau à manifester demain, hier, au Sénat, dans ce contexte d'ébullition sociale. C'est une loi controversée qui a été adoptée par vos collègues sénateurs. La loi dite « casseur-payeur » qui prévoit notamment de rendre responsable de la casse toute personne se trouvant à proximité d'un attroupement violent. Vous avez voté contre, comme l'ensemble du groupe communiste, votre groupe qui dénonce une atteinte au droit de manifester. Pourquoi
? Oui,
bien sûr, parce que cette loi est un mensonge. On nous dit que
c
'est une loi casseur-payeur. Ce n'est pas une loi casseur-payeur.
C
'est une loi pas casseur-payeur, puisqu'en l'occurrence, une personne qui n'a rien cassé,
mais
qui participait simplement à une manifestation qui a dégénéré, qui, par exemple, a été nassée dans ce cadre, qui n'a pas pu sortir, elle pourra être condamnée à des peines extrêmement lourdes, y compris si elle a des tout petits revenus. Donc oui, c'est absolument scandaleux. Et c'est en réalité une loi. J'espère d'ailleurs qu'elle sera censurée par le Conseil constitutionnel.
Mais
c'est une loi qui vise à dissuader de manifester.
Et
comme le gouvernement n'est pas capable de traiter les mobilisations sociales, d'écouter les corps intermédiaires, il cherche à dissuader ceux qui refusent sa politique de descendre dans la rue. Mais ce que je constate, c'est que toutes ces tentatives d'intimidation, elles ont été nombreuses depuis plusieurs semaines maintenant,
ne
fonctionnent pas. Et par ailleurs, je vous le dis, je pense que cette loi sera censurée par le Conseil constitutionnel,
parce que c'est une sorte de
responsabilité collective.
Ces
partisans évoquent des garde-fous sur notre antenne. Hier, Laurence Garnier, sénatrice solaire républicain, nous disait
que
les préfectures auront la possibilité d'identifier par drone les personnes ne prenant pas part à la casse. Pour vous, c'est insuffisant, ce type de garde-fous-là
?
Mais bien sûr. Non, mais c'est en réalité n'importe quoi. On légifère n'importe comment. En réalité, d'ailleurs, c'était une loi qui, au départ, était conçue pour traiter des matchs de foot, pas du tout des mobilisations lycéennes. Donc on a là une forme d'opportunisme gouvernemental qui a accéléré l'examen de ce texte. Mais bien sûr, et puis une fois de plus, cette responsabilité collective qui consiste, y compris à condamner des gens qui n'ont rien cassé du tout, et appeler ça une loi casseur-payeur,
tout
cela relève effectivement du grand n'importe quoi. Et par ailleurs, il y a quand même, excusez-moi, mais dans notre pays,
une
forme de deux poids de mesure que je trouve hallucinant. Une personne qui a simplement manifesté, qui s
'est
trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment, pourra être condamné. Et dans le même temps, vous avez des millionnaires qui sont pris la main dans le sac parce qu'ils ont fraudé le fisc et qui, eux, peuvent négocier leur peine. Et donc tout cela, oui, crée une forme d'injustice, de justice de classe, en tout cas, qui me paraît être aussi à l'origine de la colère qui rassemble autant de monde en ce moment.
Vous avez commencé à l'évoquer, Yann Brossard.
Alors
la manifestation demain à
l
'appel des Géjaunes est placée sous le thème, je cite, de la lutte contre la dérive autoritaire du gouvernement face aux violences qui avaient eu lieu en marge des manifestations du 14 octobre, dit l'acte 1 de ce mouvement social. L'exécutif avait notamment restreint les autorisations de manifester la semaine dernière. Est-ce que vous considérez aujourd'hui que le gouvernement va trop loin dans cet objectif de retour à l'ordre qui a d'ailleurs été rappelé en début de semaine par Emmanuel Macron ?
Il va à la fois trop loin et dans le même temps, je constate qu'il est surtout incapable de répondre à la colère populaire.
Ils
ont effectivement apporté quelques réponses aux lycéens, mais en tout cas, pour ce qui concerne le reste,
les
enjeux du pouvoir d'achat, de la rémunération du travail, la cherté
du
prix des carburants, tout cela, en réalité, le gouvernement n'y
a
pas répondu. Est-ce qu'il va y avoir une augmentation anticipée du SMIC ? Est-ce qu'il va y avoir l'indexation des salaires sur l'inflation ? Est-ce qu'il va y avoir une baisse
des
taxes sur les carburants ? Ce sont des pistes qui permettraient de redonner du pouvoir d'achat à ceux qui travaillent et ne s'en sortent pas.
Et
aujourd'hui, pour l'instant, le gouvernement ne répond à aucune de ces questions ou alors
il
y répond simplement par la négative, en balayant d'un revers de main ces exigences qui sont pourtant très, très majoritaires dans l'opinion publique.
On verra donc si la mobilisation est très suivie. Demain, le 28 octobre, donc, manifestation... Pardon, demain, samedi, à l'appel des Gilets jaunes. Et puis, autre manifestation prévue le 5 novembre, cette fois-ci, à l'appel notamment des syndicats. Merci beaucoup, Yann Brossard, d'avoir accepté l'invitation de RFI. Je rappelle que vous êtes sénateur de Paris, coprésident du groupe communiste au Conseil de Paris et directeur de campagne de Fabien Roussel pour la présidentielle. Et merci à vous, Pierre Boudias.
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Ian Brossat