Rousseau : "Franchement on manque de geste à destination des femmes"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous êtes au groupe Écolo, mais vous faites aussi partie de la NUPES. Vous aviez appelé la semaine dernière le député Éric Cochrel à se mettre en retrait de la présidente de la commission des finances après qu'une enquête a été ouverte pour agression et harcèlement sexuel. Et hier, Mathilde Panot vous a répondu sur France Info, pas de retrait, dit la chef du groupe Insoumis. Elle dit qu'en fait, Éric Cochrel a seulement touché la taille de la plaignante, effleuré ses fesses, proposé de la ramener en taxi. Lorsqu'elle a dit non, il ne s'est rien passé. Fin de citation. Est-ce que vous êtes déçue de cette décision des Insoumis ?
Moi, je laisse les Insoumis réagir à cette affaire comme ils le souhaitent. Moi, ce que je dis, c'est que là, ce qu'il serait serein de faire, et ce qui donnerait un signal très important à la parole des femmes et au respect de cette parole, c'est de dire que pendant quelques semaines, quelques mois, Éric Cochrel ne préside pas la commission des finances. Ce n'est pas un geste très lourd de conséquences, puisqu'il n'y a pas de démission à ce stade. Il y a juste le fait qu'on laisse la présidence à quelqu'un d'autre. Mais par contre, ce serait un geste très fort à destination des femmes. Et franchement, on en manque. Franchement, on en manque.
J'ai lu dans le magazine Elle, au début du mois, que vous souhaitiez la mise en place d'une instance sur le même modèle que la Haute Autorité pour un transparent d'avis public, une instance publique qui pourrait recueillir la parole des femmes ?
Oui, mais qui serait aussi sur l'ensemble des discriminations. Pas seulement dans le monde politique ? Si, dans le monde politique. Aujourd'hui, dans le monde politique, il n'y a aucune espèce d'instance qui permet de gérer ça ou d'anticiper ça. On l'a vu avec Hulot, Abad, Darmanin et plein d'autres. Bon, tout cela, en fait...
Les affaires qui n'ont pas grand-chose à voir les unes avec les autres.
Non, non, bien sûr. Mais il y avait... En fait, on n'a pas d'instance qui permette d'avoir une espèce d'enquête un peu indépendante des partis. Et on sait que dans les partis, il y a des loyautés qui se jouent. Donc moi, ce que je propose, c'est qu'il y ait cette Haute Autorité pour la lutte contre les violences et les discriminations qui vérifient les positionnements des ministres avant leur nomination et des députés, etc. et qui pourraient saisir la justice comme la Haute Autorité pour la transparence pour la vie publique peut saisir la justice.
Sandrine Rousseau