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interviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 18 avril 2025 21 min

Face à Face : Laurent Nuñez - 18/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Laurent Nunez. Bonjour. Merci d'être mon invité dans ce studio ce matin. Vous êtes le préfet de police de Paris. Vous avez avant ça été directeur de la DGSI, le Renseignement Intérieur. Vous avez également été le coordonnateur national du Renseignement et de la lutte contre le terrorisme. De très nombreuses questions à vous poser après ce début de semaine avec trois nuits de violence, de menaces contre les prisons et contre le personnel pénitentiaire de France.

Gérald de Darmanin et Bruno Retailleau vous ont demandé à vous les préfets de renforcer sans délai la surveillance et la protection des établissements pénitentiaires. On va y revenir. Mais d'abord, est-ce qu'au moment où on se parle, Laurent Nunez, vous pouvez affirmer que le calme est revenu, que la sérénité est à nouveau là ?

0:59
Laurent Nuñez

En tout cas, cette nuit, c'était le cas. On n'a pas eu d'action, en tout cas pour ce qui est de ma zone de compétence, comme préfet de zone sur toute la région Île-de-France et singulièrement dans l'agglomération parisienne. Voilà, on n'a pas eu de nouveau incident. On a déployé, comme l'ont demandé les deux ministres d'État, le ministre d'État, ministre de l'Intérieur, le garde des Sceaux, hier, depuis quelques jours. Et on a mis en oeuvre ça évidemment aussi également cette nuit à nouveau, c'est-à-dire des rondes et patrouilles renforcées autour des établissements pénitentiaires, de toute nature d'ailleurs, de toute nature, significativement la nuit, en journée, la nuit.

Donc voilà, ces rondes et patrouilles permettent d'assurer une présence extrêmement importante autour des établissements pénitentiaires.

1:38
Présentateur

Il y a 27 prisons en Île-de-France. Quand Gérald Darmanin et Bruno Retailleau demandent au préfet, dont vous, de, je cite, renforcer sans délai la surveillance et la protection, ça se traduit par quoi ? Vous disiez des rondes, des rondes partout, un renforcement de l'espace, de zone ?

1:56
Laurent Nuñez

D'abord, chaque préfet est invité à prendre contact avec son directeur interrégional de l'administration pénitentiaire, ce que j'ai fait moi évidemment pour l'Île-de-France, où il y a un directeur régional. Donc on a des listes d'établissements et très concrètement, ça veut dire une présence de policiers en rondes et patrouilles qui sont dynamiques, très fréquentes, très fréquentes. Ça, c'est le premier point. Encore une fois, j'insiste, surtout la nuit, mais aussi en journée.

Et puis, c'est ensuite des prises de contacts pour assurer une présence physique de policiers ou de gendarmes selon la zone au moment des entrées-sorties des personnels, au moment des prises de services et des sorties de services. Voilà, donc ça, c'est évidemment extrêmement important et nous nous mobilisons complètement à cet égard. Et puis, c'est aussi de demander au directeur d'établissements pénitentiaires de signaler au préfet de département, donc dans chaque préfecture, les éventuelles menaces qu'il pourrait y avoir sur des personnels. Et ça, c'est évidemment extrêmement important, même des menaces de très basse intensité.

2:52
Présentateur

C'est quoi des menaces de très basse intensité ?

2:53
Laurent Nuñez

Un tag, une boîte aux lettres dégradée, une personne qui a le sentiment d'être suivie sur la voie publique. Cette menace doit nous remonter impérativement pour qu'on puisse prendre des mesures. Donc, ça va au-delà de la seule surveillance des établissements pénitentiaires. On a aussi une attention très soutenue vis-à-vis des personnels qui, dans cette série d'attaques, ont été très directement ciblés.

3:14
Présentateur

Directement ciblés, y compris jusqu'à leur domicile, leur hall d'immeuble, leur voiture garée en bas de chez eux. Qu'est-ce que vous pouvez leur dire aujourd'hui ? Est-ce qu'ils se sentent à nouveau en sécurité ? Est-ce que vous avez l'impression que cette série, comme vous dites, cette vague, ces trois nuits de suite, c'est fini ?

3:33
Laurent Nuñez

Non, je ne dirais pas que c'est fini. Il faut se féliciter qu'on n'ait pas de faits nouveaux, en tout cas, à ma connaissance, au moment où je vous parle pour l'agglomération parisienne, c'est le cas. Mais ça ne veut pas dire du tout que c'est fini. Les deux ministres nous ont demandé d'être vigilants, de l'être dans la durée. Parce qu'évidemment, on parlera sans doute des pistes, des possibilités de responsables de ces actions. Mais il est bien évident qu'on ne va pas arrêter de lutter contre le narcotrafic. Il n'y a pas un monde où c'est possible. Et je pense que le garde des Sceaux ne va pas interrompre son projet de mise en sécurité extrêmement renforcée les narcotrafiquants en détention.

Donc, on ne va pas arrêter. Et donc, évidemment, l'attention sera soutenue autour de la sécurité des personnels pénitentiaires.

4:16
Présentateur

Autant de temps qu'il le faudra.

4:18
Laurent Nuñez

Mais bien sûr, bien sûr, autant de temps qu'il le faudra. Voilà, c'est ce que nous demandent les deux ministres.

4:22
Présentateur

Quelles pistes et quelles revendications ? Je le disais à l'instant, vous êtes aujourd'hui le préfet de police de Paris, mais vous avez longtemps dirigé aussi le renseignement français. Le parquet national antiterroriste a été saisi de cette série d'attaques. La piste de l'extrême gauche a été à un moment évoquée. Elle est aujourd'hui, semble-t-il, balayée. Est-ce le narcotrafic ? Est-ce une influence étrangère ? Quelles sont les pistes que vous tirez ?

4:48
Laurent Nuñez

D'abord, c'est aussi parce que j'ai été patron de services de renseignement que je suis très respectueux de l'autorité judiciaire. Donc, il y a le parquet national antiterroriste. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir des avis. Il y a le parquet national antiterroriste qui est saisi, qui mène des investigations. Il faut que vos téléspectateurs comprennent bien ce que ça veut dire. Ça veut dire qu'ils centralisent le procureur national antiterroriste, l'ensemble des investigations qui sont menées sur l'ensemble du territoire national, puisqu'il y a eu des actions sur l'ensemble du territoire national.

Donc, vous avez plein de services de police judiciaire, dont la DGSI, dont la brigade criminelle de la préfecture de police de Paris, qui est aussi saisie.

5:19
Présentateur

En fait, vous êtes tous mobilisés sur ce dossier.

5:20
Laurent Nuñez

Et puis, il y a des directions zonales de police judiciaire, qui travaillent, qui investiguent avec de la police technique et scientifique, des analyses de vidéoprotection, des caméras, partout autour des endroits où ont eu lieu ces actions. Donc, ces actions, ces investigations, elles sont en cours, elles vont se poursuivre. Et nous sommes, et le ministre d'État l'a rappelé hier, il n'y a aucun doute, moi, j'ai aucun doute sur le fait qu'on retrouvera les auteurs.

5:44
Présentateur

Vous êtes déterminés et vous avez des éléments ?

5:46
Laurent Nuñez

Nous sommes tout à fait déterminés. Nous sommes extrêmement déterminés. Et donc, les services enquêteurs travaillent sous l'autorité du PNAT pour retrouver les auteurs. Et de toute façon, on les retrouvera. Après les pistes, le PNAT, le procureur national antiterroriste, l'a dit hier, il n'y a pas de pistes définitivement confirmées tant que ces investigations n'auront pas été au bout. Mais comme l'a dit le ministre d'État hier, il citait quelques personnes du ministère de l'Intérieur qui avaient quelques intuitions sur ce sujet.

On peut penser que cette action est quand même à quelques rapports avec le narcotrafic, plutôt que l'ultra-gauche ou l'autre piste, la troisième piste qui est celle d'ingérence étrangère.

6:26
Présentateur

Il l'a dit, effectivement, Bruno Retailleau, il a dit qu'il avait l'intime conviction, effectivement, à ce stade, que c'était effectivement le narcotrafic qui serait derrière. À quoi est-ce que vous reconnaissez ces signaux-là ?

6:40
Laurent Nuñez

Alors, ces signaux-là, on est d'accord, ce n'est pas de l'enquête judiciaire que je vous dis là. C'est plus l'expérience personnelle de ces sujets.

6:48
Locuteur non identifié

Des moyens d'action, j'imagine.

6:49
Laurent Nuñez

Ça ne veut absolument pas dire que ce sont des éléments tirés de l'enquête. Mais il y a un certain nombre d'éléments qui ont été révélés dans la presse. Vous voyez bien que c'est la revendication, la défense des droits des prisonniers français, la référence à la France.

7:04
Présentateur

Des DPF très étranges.

7:06
Laurent Nuñez

La référence à la France, ce n'est pas trop les habitudes de l'ultra-gauche. Et puis le mode d'action, je crois que le ministre... Quand vous parlez de l'ultra-gauche,

7:14
Présentateur

il faut bien avoir en tête qu'en effet, ce sont plutôt des anarchistes internationaux, habituellement,

7:20
Laurent Nuñez

qui ont des revendications internationalistes. C'est exactement ça. Pourquoi on pense à l'ultra-gauche ? Parce qu'il y a aussi un mouvement anti-carcéral. L'ultra-gauche épouse la cause anti-carcérale. Mais d'une manière générale. Ils sont contre les prisons. Là, on voit bien que c'est ciblé sur un certain nombre de mesures. D'ailleurs, c'est revendiqué comme tel. Ce sont des mesures qui sont prises par le garde des Sceaux sur le régime de détention des narcotrafiquants de haut spectre.

On voit bien, par ailleurs, on voit bien, on voit bien également que ce que fait le ministre d'État, ministre de l'Intérieur en matière de narcotrafic, ces mesures nouvelles qui vont nous permettre d'être encore plus efficaces dans la lutte contre le narcotrafic, on voit bien que ça dérange.

7:55
Présentateur

C'est ça qui a bousculé la familière ?

7:58
Laurent Nuñez

C'est une action qui vise sans doute à faire reculer les autorités publiques ou une action de représailles intimidées. Mais voilà, ça n'aura évidemment aucun effet sur la détermination qui est celle du gouvernement à mettre en place ces mesures pour se débarrasser du narcotrafic.

8:11
Présentateur

Aucun effet, donc. Vous écartez également la piste d'une ingérence étrangère ?

8:17
Laurent Nuñez

Honnêtement, moi, Pauline de Baller, je n'écarte aucune des trois pistes. Encore une fois, c'est une intuition personnelle, comme l'a dit hier le ministre d'État. Intuition personnelle. L'ingérence étrangère, ce serait quand même une action... On ne peut pas non plus l'exclure complètement parce que l'ingérence étrangère, pour que vos téléspectateurs comprennent bien, c'est un État qui nous veut du mal et qui organise des actions de déstabilisation.

Et c'est vrai que les personnes qui mettent en œuvre ces ingérences étrangères utilisent ce qu'on appelle des proxys, c'est-à-dire parfois des délinquants de droits communs qui leur énumèrent quelques centaines d'euros pour mener des actions de déstabilisation. Voilà. Donc, ce n'est pas une piste qu'on peut complètement écarter.

8:52
Locuteur non identifié

Il pourrait donc ne pas être en première ligne, mais être éventuellement en deuxième ligne.

8:57
Laurent Nuñez

Voilà. Mais ce n'est pas une piste qu'on peut complètement écarter, mais elle me paraît franchement assez peu probable à ce niveau d'organisation.

9:03
Présentateur

Mais pourquoi le mercotrafic utiliserait ce sigle des DPF, ces tags qu'on a vus ?

9:10
Laurent Nuñez

Bon, écoutez, moi, je n'ai aucune idée sur le... Enfin, ça flèche quand même assez... Ça flèche quand même vraiment beaucoup. Ça donne une indication très précise sur le fait qu'on est sur des gens qui veulent en tout cas faire pression, encore une fois, sur les autorités politiques, sur la politique de fermeté qui est menée. Et encore une fois, ça sera absolument sans effet.

9:29
Présentateur

Je vous sens à la fois, vous voulez dire ce matin que ça ne vous fait pas trembler, ni les uns ni les autres, qu'il n'est pas question de renoncer, de repousser les fameuses gigaprisons de très haute sécurité. Pas question, ça ne vous ébranle pas.

9:47
Laurent Nuñez

Non, mais absolument, ça n'ébranle personne. Que les choses soient claires, nous, on continue notre action. Là où on doit évidemment être attentif et tirer les conséquences de ces actions, c'est sur la protection des personnels pénitentiaires et des établissements pénitentiaires. Que ça ne vous ébranle pas, vous,

10:00
Présentateur

que vous soyez là aussi pour montrer l'immense fermeté, la détermination et tout ça, je veux bien le croire. Mais j'imagine que ça ébranle quand même le personnel pénitentiaire. Quand ils se retrouvent chez eux, au volant de leur voiture, partis de la prison, le sentiment peut-être d'être suivi, la peur de garer sa voiture en bas de chez soi, la peur aussi pour sa famille, lorsque ce sont des départs de feu dans un hall d'immeuble, comment est-ce qu'eux réagissent ?

10:23
Laurent Nuñez

Mais c'est bien ce que je vous dis, Apolline de Malherbe. La priorité, c'est la protection de ces personnels qui, au cas d'espèce, sont clairement ciblés. C'est revendiqué comme tel. Et donc, ce sera une présence renforcée, le temps qu'il faudra pour protéger les établissements pénitentiaires, et une attention soutenue vis-à-vis des personnels. Et je le répète, le moindre indice, la moindre menace, doit nous remonter, doit nous être signalé pour qu'on puisse prendre les mesures adéquates.

10:46
Présentateur

Pour une fois, semble-t-il, Telegram a joué le jeu. Telegram, donc les réseaux de boucles qui correspondent un peu à WhatsApp, mais en plus cryptées, c'est sur cette boucle Telegram qu'on avait trouvé les premières revendications des DPF. Ils ont accepté de retirer un certain nombre de vidéos qui avaient été postées sur leur réseau. Est-ce que c'est aussi la marque du début, d'une nouvelle manière aussi, de pouvoir lutter contre les menaces qui peuvent s'exprimer aussi sur les réseaux sociaux ?

11:14
Laurent Nuñez

Oui, c'était une boucle ouverte. Je ne connais pas le dossier. C'était une boucle qui était quand même assez ouverte. Ce n'est pas toujours le cas avec les opérateurs. Ce n'est pas toujours le cas.

11:25
Présentateur

Ça doit l'être davantage.

11:26
Laurent Nuñez

J'espère. Ça doit l'être davantage. Je me perds une petite note d'impertinence. Mais j'espère quand même qu'à travers cette affaire, on va progresser et mieux comprendre pourquoi les services de renseignement, les services de police judiciaire veulent pouvoir accéder dans le cadre soit de techniques de renseignement, soit de techniques spéciales d'enquête, aux communications cryptées de ces chaînes. J'espère qu'on va comprendre au travers de cette affaire.

11:48
Présentateur

C'en est l'illustration pour vous ?

11:49
Laurent Nuñez

C'en est pour moi une illustration. Ça n'a pas été voté au Parlement. C'est très respectable. Ça veut dire qu'on a encore un travail de pédagogie à faire sur ce sujet.

11:57
Présentateur

C'est respectable, mais c'est regrettable, si je vous entends.

11:59
Laurent Nuñez

Oui, mais à un moment ou à un autre, il faudra qu'on y vienne parce que j'imagine que c'est à supposer qu'on soit sur des narcotrafiquants. C'est leur mode de communication privilégié. Donc, il faut qu'on puisse y accéder, soit en technique de renseignement, soit en technique spéciale.

12:13
Présentateur

Aujourd'hui, le narcotrafic communique entre eux via des boucles de télégramme ?

12:18
Laurent Nuñez

Essentiellement, oui. Ce qui fait que...

12:21
Présentateur

Auxquels vous n'avez habituellement pas accès.

12:22
Laurent Nuñez

Absolument. Ce qui fait que dans le cadre de ce qu'on appelle les écoutes téléphoniques, mais pas qu'eux. Il y a aussi un certain nombre de choses qu'on peut obtenir de cette façon. Ça fait qu'on a un temps de retard si on n'est pas au même niveau et si on n'a pas accès à ces boucles de télégramme.

12:36
Présentateur

Et je précise ici qu'en effet, ça faisait partie de la loi qui doit être votée dans quelques semaines. Mais cette possibilité, en effet, d'avoir accès aux messages écriptés n'a pas été acceptée par les députés.

12:50
Laurent Nuñez

Elle n'a pas été acceptée. Et ça veut bien dire qu'on doit encore poursuivre notre pédagogie pour bien expliquer en quoi ça nous est utile. Et voilà, je suppose que... À supposer qu'on soit dans du narcotrafic, un certain nombre d'individus auraient pu être mis sous surveillance et on aurait pu accéder à un certain nombre de communications qui nous auraient permis de constater, ex-hanté par avance, qu'une action de ce genre se prépare. Encore une fois, c'est plus de la pédagogie qu'autre chose. Moi, je suis très respectueux, évidemment, du vote parlementaire. Mais j'essaie aussi, comme professionnel et opérationnel, d'expliquer en quoi tout ça nous est utile.

13:27
Présentateur

Laurent Nunez, à Saint-Ouen, cette école qui avait été fermée, on en a beaucoup parlé sur RMC et BFM TV, les parents qui avaient presque à choisir entre le fait de maintenir leurs enfants dans une école maternelle à côté d'un point de deal ou d'œuvrer pour la sécurité immédiate. L'école a donc été fermée. Les dealers sont-ils restés ? C'est-à-dire que ça a été fermé le 3 avril. Est-ce que depuis, vous avez réussi à faire repousser, reculer les dealers ?

13:51
Laurent Nuñez

C'est quatre classes qui ont été transférées, qui étaient quatre classes qui se trouvaient au plus près de ce point de deal. Il y avait eu des jets de cocaïne à deux reprises et un jet de protoxyde d'azote plus récemment qui avait conduit le maire à prendre cette décision. On continue évidemment à travailler sur tous les points de deal, partout sur le territoire national, partout dans l'agglomération parisienne parisienne, et en particulier à Saint-Ouen.

14:14
Présentateur

C'est-à-dire que l'idée que c'est les enfants qui ont dû déménager et pas les dealers ?

14:20
Laurent Nuñez

Oui, les dealers, on est en train de les faire déménager. On tape tous les points. Ceux qui veulent engager des polémiques, effectivement, ça marque les esprits. On dépasse quatre classes. Ce n'est pas la République qui recule. Ce n'est pas la République qui recule.

14:32
Présentateur

Que ce soit utilisé à des fins

14:35
Laurent Nuñez

de polémiques politiques, ça, je peux le comprendre. Moi-même, je ne suis pas très content de cette situation. Mais ne laissons pas à croire qu'on ne fait rien contre le trafic de stupes. On n'a jamais été aussi efficace. On va être très efficace avec les mesures nouvelles qu'a fait adopter le ministre des États, ministre de l'Intérieur Bruno Rotaillot avec la PPL Narcotrafic. On va être encore plus efficace. On va avoir des moyens, des techniques de renseignement accrus. une réorganisation de la lutte contre le narcotrafic qui va être organisée un peu comme on l'a fait pour la lutte antiterroriste à partir de 2017. Donc, on va être encore plus efficace.

Donc, on démantèle des points de deal. Ce sont des actions qui sont faites en profondeur. L'intérêt, c'est de démanteler un point de deal de A à Z. Ça ne se voit pas toujours.

15:18
Présentateur

Est-ce que vous avez une idée du moment où ces classes vont pouvoir revenir ?

15:22
Laurent Nuñez

Mais le plus rapidement possible. On continue à travailler. Vous savez, on est présent sur ce point de deal. À Saint-Ouen, il y en avait 7 en 2020. Il n'y en a plus que 3, dont 2 réellement qui fonctionnent et qui ont vu leur chiffre d'affaires diminué par 4. Donc, on est quand même très présent. Lundi encore, on a interpellé 4 vendeurs sur Aragosola qui est le point de deal en question de Saint-Ouen aux abords de l'école. Lundi, 4 dans la journée. D'ailleurs, je félicite les fonctionnaires de police qui font un travail déterminé. On en viendra à bout.

Après, si certains, pour des raisons de polémiques politiques, ont envie de jeter le discrédit sur l'ensemble des fonctionnaires de police et des militaires à la gendarmerie qui, dans ce pays, luttent contre le trafic de stups, c'est leur problème. Mais on est complètement mobilisés. C'est ce que nous demande le ministre d'État. C'est une priorité pour nous, la lutte contre le trafic des stups. Et on démantèle, je vous assure, des réseaux. Les chiffres n'arrêtent pas d'exploser. Et on fera encore mieux avec les mesures nouvelles qui vont arriver.

16:11
Présentateur

Laurent Nunez, la foire du trône à Paris, qui est vraiment une foire familiale où les familles vont depuis des années, qui se retrouve prise dans des violentes rixes, une très violente rixes, notamment avec des bandes de jeunes qui a eu lieu la semaine dernière depuis les familles hésitent à se rendre sur la foire du trône. Qu'est-ce que vous leur dites ? Est-ce qu'aujourd'hui, on peut aller en famille

16:37
Laurent Nuñez

à la foire du trône ou ailleurs ? Non, bien sûr. Je vais vous expliquer ce qui se passe. D'abord, on a une fréquentation qu'on n'avait pas eue depuis longtemps à la foire du trône. Elle est très importante. Effectivement, il y a trois ou quatre jours, il y a eu des rixes entre des bandes de jeunes et des forains puisqu'il y avait des jeunes qui commettaient des actes de prédation qui piquaient ces cadeaux qui sont offerts par les forains dans le cadre de jeu. Il y a eu quelques affrontements. Nous sommes intervenus tout de suite.

On a interpellé une personne et dès le lendemain, on a immédiatement rehaussé le niveau de sécurité sur la foire du trône puisqu'un certain nombre de jeunes voulaient venir en découdre avec les forains. On a renforcé le dispositif.

17:20
Présentateur

Est-ce que vous dites ce matin aux familles qui envisageraient d'y aller pendant ce week-end de Pâques ?

17:24
Laurent Nuñez

Il y a eu neuf interpellations dès le lendemain de jeunes effectivement qui voulaient en découdre avec les forains. Tout ça est réglé. On est présents et donc pour le week-end de Pâques, moi je dis que évidemment la foire du trône se déroulera dans les plus grandes conditions de sécurité. Je rappelle que c'est important pour les forains parce que vous savez à cet endroit à Pauline de Malheur l'année dernière on avait accueilli des camps de dispositifs des campements des militaires dispositifs Sentinelles qui étaient venus nous renforcer pour les Jeux et donc on avait réduit la durée de la foire du trône donc voilà il faut que la foire du trône

17:52
Présentateur

puisse se dérouler normalement

17:54
Laurent Nuñez

et c'est le cas. Par contre évidemment moi je mets beaucoup d'effectifs de police mais c'est normal vous savez en fonction des menaces des dangers des risques d'affrontement on s'adapte c'est vrai partout et singulièrement sur la foire du trône.

18:05
Présentateur

Et donc ceux qui nous écoutent peuvent s'ils en avaient le projet se rendre en toute sérénité à la foire du trône ce week-end. Un mot encore sur la lutte contre la violence des mineurs vous lancez notamment un plan sur la question des couteaux des armes blanches des mineurs est-ce que vous allez réussir à aller à bout de ce fléau ?

18:23
Laurent Nuñez

Oui il le faut c'est indispensable la délinquance des mineurs c'est 10% des mis en cause donc souvent dans des chiffres plus élevés c'est 10% ce qui nous inquiète c'est qu'on les retrouve en revanche impliqués dans des faits assez graves les cambriolages c'est un tiers sont commis par des mineurs les vols violents un tiers sont commis par des mineurs il y a des affrontements entre bandes 80% sont des mineurs Mais pour l'instant on a l'impression

18:45
Présentateur

que votre réponse elle est surtout dans la pédagogie il y a eu des flyers des fouilles mais qui ne sont pas encore systématiques est-ce qu'il faut aller plus loin ?

18:53
Laurent Nuñez

Non on fait des fouilles les fouilles ça fait partie des mesures qu'on en oeuvre non on n'est pas que dans la pédagogie on est dans la présence de voies publiques pour les phénomènes de bandes on essaie de les détecter on évite de nombreux affrontements il y a les mesures qui ont été décidées par le ministre État ministre de l'Intérieur de la ministre d'éducation nationale de fouilles renforcées aux abords ou à l'entrée des établissements scolaires donc non on a des mesures

19:13
Présentateur

Et ça porte ses fruits ? Oui ça porte ses fruits Est-ce que dans ces fouilles vous avez trouvé des couteaux ?

19:17
Laurent Nuñez

Non pas encore mais elles sont très dissuasives ça veut dire aussi qu'on est dissuasif Ça veut dire aussi

19:22
Présentateur

qu'ils renoncent à mettre le couteau dans le sac ?

19:23
Laurent Nuñez

Non on ne sait pas un sujet la violence des mineurs c'est un sujet qui est très compliqué il faut aussi intégrer que la police ne peut pas tout on parle souvent de continuum de sécurité il faut aussi qu'il y ait un continuum d'autorité et le rappel de la règle aux mineurs il doit se faire à tous les niveaux

19:37
Présentateur

J'ai toujours du mal avec les formules la police ne peut pas tout ça me rappelle aussi quand Yonel Jospin disait l'État ne peut pas tout

19:42
Laurent Nuñez

Non c'est pas ce que je suis en train de vous dire la police fait sa part de job on interpelle vous savez hier par exemple je vous donnais un seul exemple hier on a interpellé des policiers du 5ème arrondissement ont interpellé dans un VTC deux jeunes de 14 ans 14 ans qui venaient de commettre un cambriolage ils avaient une forte somme d'argent sur eux qu'est-ce qui fait que des jeunes de 14 ans peuvent se retrouver à commettre des cambriolages 14 ans deux jeunes de 14 ans voilà donc c'est qu'à un moment donné quand je dis la police peut pas tout la police fait son travail on va continuer à le faire de manière efficace mais à un moment les mineurs ils ont besoin d'entendre ce qui est un choc d'autorité et ça ça doit être fait évidemment par les parents ça doit être fait à l'école ça doit être fait par les associations par les élus locaux il y a d'autres acteurs qui doivent se préoccuper de la violence très inquiétante effectivement de la montée en puissance cette violence des mineurs

20:30
Présentateur

Merci Laurent Nunez d'être venue dans ce studio pour répondre à mes questions je rappelle que vous êtes le préfet de police de Paris