Jean-Michel Arnaud : « Nous attendons des réponses claires sur l’organisation des JO de 2030 »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Le drapeau olympique aux cinq anneaux flotte à nouveau au-dessus d'Albertville, là où les précédents Jeux olympiques d'hiver français ont eu lieu en 1992. Hier, c'était jour de fête dans la commune Savoyarde. Les athlètes français des Jeux d'hiver de Milan-Cortina sont célébrés par 6000 personnes survoltées. Avec un bilan record de 23 médailles, les champions se sont succédés sur l'estrade à l'image de Romane Miradoli en supergé, Mathis Desloges triple médaillé en ski de fond ou encore Léa Cesta qui se projettent déjà sur 2030.
Mais je suis trop excitée pour 2030 et j'espère en ramener deux la prochaine fois.
Les présidents des régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes et les autres personnalités politiques se projettent aussi sur 2030 et espèrent capitaliser sur cet engouement populaire pour faire oublier les polémiques récentes autour de l'organisation des Jeux dans les Alpes. Plus tôt dans la journée, Sébastien Lecornu avait rencontré les athlètes notamment Quentin Fillon-Maillet et ses quatre médailles dont trois en or.
Ah ouais quand même, ça rigole plus là. C'est déjà lourd alors, c'est bien, tout ensemble.
Le Premier ministre se voulait très optimiste au milieu des officiels et des athlètes à l'hôtel de ville d'Alberville.
Si je suis venu cet après-midi, c'est qu'on y croit, que les équipes changent, elles changeront, il y aura d'autres gouvernements d'ici 2030 mais qu'il y a une continuité de l'État, une continuité de la parole donnée et tout simplement parce qu'il y a une continuité de l'envie de réussir.
Les géo-italiens sur plusieurs sites ont été un test grandeur nature de ce que veut organiser la France dans 4 ans.
Et on va y revenir avec vous Jean-Michel Arnaud. Merci beaucoup d'être notre invité sénateur union centriste des Hautes-Alpes. On va évidemment parler de CIGI où votre territoire, le Briançonné, va d'ailleurs accueillir des épreuves, ski aquatique et snowboard. On va en parler et ça fait la une de la presse régionale. On va regarder trois titres. Le Dauphiné, Albertville, fête ses héros. Retour des champions tricolores du drapeau olympique. Albertville qui a donc retrouvé la magie olympique 34 ans après les JO de 92. Elle a célébré hier les médailles de Milan Cortina, le retour du drapeau olympique avant de passer le relais aux athlètes paralympiques.
Ce sera à partir du 6 mars, les Jeux paralympiques. La deuxième une, c'est celle du Courrier de l'Ouest. Toujours frappée par les inondations l'ouest de la France, il faudra s'armer de patience, titre le journal. Coupure d'énergie, personnes isolées, assurance, la décrue s'annonce lente, les tâches encore nombreuses. Et même si les niveaux de la Loire et de la Maine baissent, la vigilance rouge est toujours active dans trois départements. Et puis la dernière une, c'est celle de la Voie du Nord, un conflit qui s'éternise en Ukraine. La guerre déclenchée par l'invasion russe du 24 février 2022 entre dans sa cinquième année. Les attaques russes frappent toujours le pays.
De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Je vais vous parler en fait de deux unes, mais une très rapidement parce que je ne peux pas laisser en deuxième rang la situation ukrainienne qui est une situation horrible. L'Ukraine est en guerre depuis quatre ans, mais en fait elle l'est depuis l'annexion de la Crimée, donc ça fait plus d'une dizaine d'années. Et j'ai évidemment une grande pensée pour ces combattants ukrainiens qui sont non seulement des combattants de leur liberté, mais également de la nôtre.
Et puis évidemment, les JO d'Alberville, plus exactement les JO qui viennent de nouveau à Albertville avec cette perspective joyeuse portée par l'enthousiasme, l'enthousiasme des JO de Milan Cortina, l'enthousiasme des téléspectateurs très nombreux sur France Télévisions et toutes les chaînes associées.
Et puis cette envie d'avoir envie d'avoir de beaux jeux et de retrouver l'esprit olympique de Paris 2024, mais aussi de l'enthousiasme, je crois pouvoir le dire, que nous avons vécu au bord des pistes de ski, au bord des pistes de bobsledges, même sur le curling pour les JO et vraiment cette razia française sur des médailles qui montre que malgré quelques esprits chagrins, il y a toujours un enthousiasme autour du sport, le sport fédère, le sport enthousiasme. Et il peut aussi rassembler les territoires de la Haute-Savoie jusqu'à Nice pour pouvoir faire de beaux jeux lors des JO de 2030.
Oui, c'est ça, parce qu'on avait l'impression pendant 15 jours en regardant les JO, qu'on était un peu dans une bulle. C'était un peu un monde à part avec des émotions particulières. Vous l'avez dit, il y a un record de médailles françaises, 23, c'était 15 le précédent record. Il y a eu des records d'audience aussi, plus de 6 millions de Français qui regardaient les épreuves de biathlon. Qu'est-ce que vous avez ressenti, vous, en regardant ça ?
Moi, j'ai ressenti d'abord beaucoup d'émotions. J'ai ressenti aussi un enthousiasme pour la montagne, de manière générale. Nous sommes en pleine vacances scolaires actuellement, notamment dans les Hautes-Alpes, que je représente ici à la Haute-Assemblée. Il y a un mont fou dans les montagnes, il y a un enthousiasme, il y a une envie d'oxygénation. Et on retrouve un peu ce que nous avions vécu dans les montagnes françaises après le Covid, une envie de montagne. Donc l'idée, c'est de pouvoir surfer, dans tous les sens du terme, sur cette envie à travers un événement international et faire en sorte que nous puissions aussi et surtout réfléchir à l'héritage, l'héritage de ces futurs JO.
Et l'héritage se construit aujourd'hui avec tous les sub-ressauts dont vous ne manquerez pas de m'interroger.
– Oui, on va en parler, mais les JO, au-delà de l'aspect sportif, les JO de Milan-Cortina, c'était aussi un peu une nouveauté sur le principe de JO éclaté. Il y avait plusieurs pôles. En Italie, il y aura plusieurs pôles. En France, vous l'avez dit, la Haute-Savoie, le Savoie, le Brianssonnet et le pôle Nice-Côte d'Azur. Est-ce que pour vous, ces JO de Milan-Cortina, c'est un exemple à suivre ?
– Dans tous les cas, c'est un exemple de dynamique territoriale. Il y avait également deux régions, une capitale de la Lombardie, Milan, et puis des sites majestueux. Enfin, je ne sais pas vous, mais moi, j'étais enthousiasmé, j'étais ébloui par la beauté de ces montagnes italiennes. Et donc, oui, c'est une expérimentation intéressante. D'ailleurs, le COJOP était présent en nombre. – Quel comité d'organisation ? – Le comité d'organisation était présent en nombre. Les régions étaient là, un certain nombre de délégations françaises, sportives, mais aussi administratives et des collectivités locales étaient là.
Pour observer, 500 km entre les deux points de distance sur ces JO italiens, nous aurons à peu près la même configuration en France. Donc, c'est évidemment…
– Est-ce que ça va de la Haute-Savoie jusqu'à Nice ?
– Jusqu'à Nice, en passant par Lyon aussi. Donc, on est dans une situation, évidemment, Brianssonnet, je ne peux pas l'oublier, on est évidemment dans une situation où ces JO ne se feront que s'il y a un enthousiasme, s'il y a une adhésion des populations, et si on est au rendez-vous, y compris en matière d'infrastructures et de recherches d'héritage, je crois qu'on est bien partis parce qu'il y a eu beaucoup de pisse vinaigre, excusez-moi, je vous le dis avec mes mots, sur le fait que ça ne marche pas, etc., on n'y arrive pas. Dans tous les cas, il y a l'enthousiasme populaire.
Je pense que la population est derrière nous, la population est enthousiaste, la population, pas simplement des Alpes, tous les sportifs, et je crois que cet esprit de Milan-Cortina, il va falloir le cultiver pour les JO des Alpes françaises et nous sommes prêts pour pouvoir relever ce défi.
– Oui, et on a vu hier encore un véritable enthousiasme à Albertville, il y avait plus de 6 000 personnes pour accueillir les champions français, qu'est-ce qu'ils disent les habitants chez vous ? Ils attendent avec impatience ces JO 2030 ?
– Je pense franchement que c'est comme tous les grands projets, c'est par phase. Là, jusqu'à maintenant, on est dans une phase où c'est essentiellement la mécanique, l'arrière-boutique qui est mis en avant, les difficultés qu'il ne faut pas sous-estimer de montage d'opérations, de montage des équipes, et donc encore une appropriation relative.
Et là, je pense que ce qui s'est passé avec Milan-Cortina, ce qui se passait hier soir à Albertville, et ce que nous allons mettre en place avec, par exemple, dans les Hautes-Alpes, à l'initiative du Conseil départemental, un nouveau schéma départemental des sports, une réflexion sur les mobilités, une réflexion sur l'habitat, comment ménager notre montagne tout en l'aménageant, je crois que c'est ces sujets-là qui vont maintenant être au cœur de l'enthousiasme et l'adhésion populaire.
C'est une responsabilité, c'est aussi une exigence que de mobiliser la population, mais je suis sûr que, comme pour les JO 2024, ou ceux d'Italie, ou à l'image de ce qui s'est passé hier soir, nous saurons mobiliser la population, parce que nous avons également besoin de bénévoles pour réaliser dans de bonnes conditions cet événement.
Et on va aller justement du côté d'Alberville, où se tenait hier la grande fête, le retour des champions olympiques, le retour du drapeau olympique également. À Albertville, on retrouve Laurent Defour, bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, fondateur de Savoie News. Le Comte à rebours est donc lancé pour les... Elles sont très très belles vos montagnes, mais on a envie d'y aller.
Je suis venu juste à côté du mariage pour vous. Oh, c'est bon, effectivement. Donc, on était ravis. Le mât olympique... Il nous manquait la flamme hier soir, mais la flamme était dans nos cœurs.
Mais surtout, elle ne va pas tarder à arriver. Mais effectivement, derrière vous, le mât olympique, où a été hissé hier le drapeau olympique ? Par les chasseurs alpins, d'ailleurs. Et il y avait le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui était également sur place. Vous avez bien évidemment suivi cette journée, Laurent Defour. Là, on peut dire qu'on y est.
Il y a lancé des messages très positifs. On dit toujours qu'on n'y arrive jamais en France. Mais finalement, on n'a pas de pétrole, mais on a plein d'idées. On a surtout beaucoup de volonté, surtout en Savoie. La région a réalisé son coup hier soir, parce que 6500 personnes étaient présentes devant ce mât et à la Halle olympique. Alors, bien entendu, la symbolique de tous ces champions qui ont mis en effervescence cette Halle olympique, qui a revécu, en fait, ces grands moments de 92. Et je peux vous assurer que c'était exemplaire en termes d'organisation et en termes aussi d'enthousiasme. Et c'est important parce que ça a remis un peu d'âme à cette Halle olympique.
Et puis, ce pic, qui est un pic métallique finalement, a été complètement transformé par l'historique des Jeux olympiques de Chamonix, de Grenoble. Et à travers ce clou, parce que c'est un clou finalement, il y a eu un spectacle magnifique qui a été ovationné par l'ensemble du public. Moi, je peux vous assurer qu'il y avait longtemps qu'à Albertville, on n'a pas vu un tel spectacle. Alors, derrière ça, on pense un peu au job des entreprises, parce qu'on nous annonce, il y avait hier après-midi, au Bastron Pludge, un rendez-vous avec tous les chefs d'entreprise, avec Auvergne en Alpes Entreprises, pour parler des budgets.
Et aujourd'hui, on a besoin de savoir, en tant qu'entreprise, il faut savoir qu'on se voit, par exemple, 95% des entreprises ont environ moins de 20 salariés. Donc, ces petites entreprises aimeraient bien aussi avoir leur part du gâteau. Et j'ai envie de poser la question au sénateur, comment faire pour que tout le monde bénéficie des Jeux olympiques, même si Fabrice Pancouc l'a annoncé, même si la volonté des politiques, c'est d'ouvrir les vannes à tout le monde. Il y a quand même des trusts qui se font dans ce genre d'événements.
Et j'aimerais savoir si le sénateur peut, aujourd'hui, porter parole pour ces entreprises, et puis apporter des solutions pour que demain, les Jeux olympiques soient vraiment pour tous.
Jean-Michel Lanneau. Fabrice Pancouc, c'est le président de la région Auvergne en Alpes.
Oui, bien sûr. Merci d'abord de parler avec autant d'enthousiasme de la Savoie que je parle, moi, des Hautes-Alpes et du Paul Briançonnet. Et c'est bien cet esprit des Alpes françaises que nous cultivons ensemble. Pour répondre à votre question, oui, bien évidemment, on est mobilisés parce que vous imaginez bien que ce soit les filières industrielles, que ce soit les filières artisanales ou agricoles, il y a une volonté d'être dans l'esprit des Jeux et d'être dans le business des Jeux. Donc pour l'heure, on a encore quelques éléments d'organisation à finaliser, vous l'aurez noté, quelques budgets à boucler avec les partenaires principaux pour boucler le budget du COJOP.
Et nous aurons, notamment avec la Solidéo, la société de livraison des équipements olympiques, la volonté d'accompagner la Solidéo et de proposer à la Solidéo des montages de marchés publics qui permettent d'accéder, notamment pour les TPE de proximité, à la sous-traitance ou à l'engagement physique sur un certain nombre d'opérations. Deuxièmement, nous avons l'obligation sur nos deux régions de porter nos filières agroalimentaires, en particulier au plus proche de ces JO. Là aussi, il y a du savoir-faire dans nos territoires, que ce soit du côté des conseils régionaux, que ce soit du côté des conseils départementaux.
Et oui, il faut que ces JO soient aussi l'occasion de pouvoir consolider nos entreprises en hyper-proximité. C'est aussi cet enjeu-là de valorisation, de promotion de nos activités. Et je pense qu'il y a une pleine conscience des parlementaires et plus encore des organisations de proximité de pouvoir atteindre ces objectifs.
Mais qu'est-ce que ça apporte à un territoire comme le vôtre ? On le disait par exemple, le Briançonné, c'est un des quatre pôles, ça va accueillir les épreuves de ski acrobatique, de snowboard. Au-delà des épreuves sportives, quel rayonnement attendu pour votre territoire ?
D'abord, il y a la notion d'héritage pour la population au-delà des JO, avec un engagement pris par l'ensemble des partenaires de la mobilité de chemin de fer, que ce soit la région, que ce soit la SNCF, de moderniser la ligne des Alpes entre Marseille et Briançon pour gagner quasiment une heure et demie de temps de parcours. Aujourd'hui, il faut quasiment cinq heures pour faire Briançon-Marseille en chemin de fer. Nous aurons une amélioration des infrastructures.
Nous avons des améliorations d'infrastructures routières avec l'aménagement de la traversée de la Roche-de-Rame, avec un plan porté aussi par le département de modernisation de tout le cheminement sur la vallée de la Durance jusqu'à Briançon, à partir de Marseille, côté Haute-Alpes. Et puis, évidemment, nous aurons des aménagements de proximité liés au site, que ce soit une voie permettant de fluidifier la circulation sur la vallée de la Guizane, la vallée de Cerchevalier, ou l'emblématique projet de village olympique sur le fort des Trois-Têtes, qui devrait, sur un site historique, un site classé sur le réseau Vauban, pouvoir moderniser ce site et surtout le conserver.
Et puis, il y a toute la dimension immatérielle, la mobilisation de nos populations, des jeunes qui, évidemment, à travers les JO que nous venons de vivre en Italie, ont les étoiles qui brillent dans les yeux et qui sont évidemment mobilisés avec leur classe sportive, avec le CUDOS, le Comité départemental olympique et sportif, l'ensemble des acteurs de proximité, pour pouvoir porter, de manière citoyenne, avec les jeunes, avec la jeunesse de ce pays, une ambition pour notre département. Et le département des Hautes-Alpes est celui qui, probablement, a le plus d'intérêt sur ces JO parce que c'est le seul qui n'a pas bénéficié de grands événements internationaux toutes ces années.
Chamonix, Albertville, Grenoble, ce ne sont pas des territoires hauts alpins. Et là, nous avons donc, évidemment, une chance de nous positionner, y compris en termes d'image et de promotion de notre territoire, sur ces JO comme étant un élément, un vecteur important de communication pour la destination touristique que nous sommes.
Merci Laurent Defour. Merci beaucoup. Et venez en Savoie. Et au ZAP, c'est bien, mais la Savoie, c'est mieux et qu'on a la neige. Je passerai par le Galilier. Je passerai par le Galilier
qui est notre col commun. Vous faites du vélo, alors ? Absolument. Au vélo, j'espère ? En vélo, oui. En vélo électrique, comme avant-hôpins. Et vive à Savoie. Merci Laurent.
Et merci d'avoir été devant ce mât olympique et devant ces belles montagnes. Vous faites courir. Belle montagne Savoyard. Merci beaucoup.
On fait ça.
Avant les JO, on vous a fait un petit peu courir. Merci beaucoup Laurent d'avoir été avec nous. Alors, derrière l'enthousiasme Savoyard, derrière la joie des médailles et du drapeau olympique, se cachent quand même de vives tensions au sein du comité d'organisation de ces JO des Alpes 2030. Edgar Gros-Piron, le président de ce comité d'organisation, sera auditionné demain par les sénateurs avec beaucoup de questions, Alexandre, sur la crise.
C'est à ce moment-là que je casse l'ambiance.
Oui, voilà, ça y est. Là, on était dans la joie. On était dans la bonne ambiance des JO. Là, ça y est, retour sur Terre. Question sur la crise de gouvernance qui touche le comité d'organisation.
Oui, une audition au Sénat qui intervient deux semaines après le divorce entre le numéro 1 du comité d'organisation de ces JO 2030, Edgar Gros-Piron, et son numéro 2, Cyril Linette, directeur général du COJOP. Alors là, on voit à l'image Edgar Gros-Piron, donc le patron du comité d'organisation, et Cyril Linette, directeur général, qui est en train de claquer la porte. Il va quitter son poste sur fond, je cite, de désaccords profonds avec la gouvernance d'Edgar Gros-Piron. Le problème, c'est que ce départ s'inscrit dans une vague de démissions à la tête du comité d'organisation et ça commence à faire beaucoup.
Au début du mois de février, c'est le président du comité des rémunérations qui s'en est allé, craignant, je cite, un dérapage financier de l'événement. En janvier, c'est le directeur de la communication qui avait annoncé son départ. Un mois après, la démission de la directrice des opérations. Face à ces départs en série, certains commencent à parler de crise de gouvernance. Dimanche, pour la clôture des Jeux de Milan, il y avait une réunion de crise du COJOP à Milan pour en parler. On va écouter Edgar Gros-Piron qui est pris dans cette polémique et qui essaye de rassurer.
On partage tous la même ambition, faire réussir ces Jeux. On partage tous l'idée que pour que ces Jeux réussissent, on a besoin de stabilité, de sérénité et de continuité.
On sent qu'il n'y a pas encore la sérénité à la tête de ce comité d'organisation.
Et une crise de gouvernance qui interroge aussi le sommet de l'État.
Oui, on dit qu'Emmanuel Macron commence à être agacé de ses démissions en série à la tête du COJOP et le gouvernement va lancer une nouvelle mission d'inspection du comité d'organisation après avoir déjà lancé en janvier dernier une mission d'inspection pilotée par Étienne Taubois, ancien directeur des Jeux de Paris 2024. Écoutez la ministre des Sports, Marina Ferrari.
Oui, bien sûr, il y a une mission d'inspection effectivement qui a été lancée à l'initiative du gouvernement. Simplement, il faut voir dans cette mission le souhait de venir en appui du COJOP et en complément de la mission Taubois. Voilà, c'est vraiment l'idée qui était celle du gouvernement aujourd'hui. Après la phase critique que nous avons connue, il faut dire les choses telles qu'elles sont, comment aujourd'hui on objective la situation et on repasse sur des bonnes bases. cette mission d'inspection, elle a cette vocation.
Et puis hier, le Premier ministre Sébastien Lecornu, en ancien ministre des Armées, a essayé de mettre un petit peu d'ordre dans les troupes. On l'écoute.
Laissons les dépressifs de côté, laissons les persifleurs de côté, laissons les mauvais coucheurs de côté et une bonne fois pour toutes, tout le monde a son poste de combat et tirons tous dans le bon sens et dans le même sens pour y arriver en 2030.
Jean-Michel Arnault, est-ce que vous vous interrogez face à ces départs en série à la tête du comité d'organisation ?
On s'interroge forcément, on observe. Moi, j'essaie de regarder le verre à moitié plein. Le verre à moitié plein, c'est que la feuille de route, elle est installée. Nous avons une loi olympique qui a été votée. Nous avons une Solideo, une société de livraison des Jeux olympiques, des équipements olympiques qui est au travail. Nous avons un délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques, M. Molina, préfère Molina, qui est en place. Nous travaillons.
Il y a une volonté très claire au plus haut sommet de l'État, Présidence de la République, Premier ministre, ministre évidemment des Sports, mais aussi la Présidente du CNOS, du Comité national olympique et sportif, de dire maintenant, on est à l'après Milan, il faut tout remettre à l'endroit. Et donc, nous aurons le plaisir d'auditionner M. Gros-Piron et également le Dijop Molina demain matin au Sénat. Nous attendons des réponses claires d'organisation. Et il faut rapidement passer à la première, parce qu'on ne peut pas faire des surprises.
Qu'est-ce qu'il faut lui poser selon vous, demain ? Edgar Gaupp-Piron ?
Je pense qu'une question, c'est simple. Quelle est votre organisation pour que cesse l'étergiversation et que nous puissions rassurer l'ensemble des partenaires territoriaux, mais aussi les partenaires financiers. Parce qu'il s'agit maintenant d'aller chercher les principales sponsors, les principales signatures pour équilibrer en recettes le budget dépense du CoShop. Et ça passe principalement par des partenariats importants avec des grandes sociétés, des grands groupes, comme pour tous les JO. On sait que les JO d'hiver sont des JO qui ne s'équilibrent pas financièrement. Et il n'y a que le cas de Vancouver où on a eu des JO d'hiver excédentaires.
Donc il faut maintenant retrousser les manches, avancer, et puis ne plus laisser place aux doutes. M. Gros-Piron a la confiance, semble-t-il, des deux présidents de région, de Michel Barnier, qui est un acteur important compte tenu de son expérience, y compris pour les JO d'Alberville. Maintenant, soit M. Gros-Piron apporte les éléments qui rassurent, qui permettent de franchir une nouvelle étape, soit des décisions sont prises par celles et ceux qui doivent les prendre. Et moi, je souhaite que M. Gros-Piron...
C'est-à-dire quitter la gouvernance du COJAP ?
Ce n'est pas moi le dire. Je dis simplement que M. Gros-Piron doit apporter des assurances en matière de gestion pour trouver les solutions de crise auxquelles il est confronté, auxquelles nous sommes confrontés, et très rapidement remettre de la stabilité, de la détermination et de l'engagement. Parce que quand nous avons sur un site éclaté comme celui que nous avons sur les Alpes françaises des objectifs en matière de réalisation de livraison d'équipements olympiques, de livraison et de réalisation d'équipements qui seront dans l'héritage pour nos régions, on ne peut pas perdre une journée de plus. Il faut être au travail.
Nous avions comme objectif après les JO de Cortina à Milan de pouvoir être au travail. Nous avons une carte des sites à mettre en place de manière définitive pour que chacun puisse décliner sa feuille de route. Maintenant, au travail...
Est-ce qu'il n'y a pas un problème de personne avec la gouvernance d'Edgar Gropiron quand on voit tous ses départs ?
Les départs sont liés... C'est assez fréquent dans des organisations complexes. La gouvernance de ces JO de 2030 est complexe par essence de régions, plusieurs départements, des communes, des intercommunalités, des partenaires tiers, des financements à aller chercher dans le privé, des opérations ambitieuses autour d'un certain nombre de villages olympiques, sur Nice, autour de Christian Estrosi, une ambition aussi sur un parc de glace. Bref, ce n'est pas simple.
Donc, regardez le travail déjà effectué, regardons le parcours effectué et maintenant, comme l'a dit le Premier ministre, les grincheux, l'épice vinaigre, on passe derrière et maintenant, on se concentre comme des chefs d'entreprise sur les objectifs et on décline ces objectifs avec des actions et on met de l'or dans la maison. Je pense que ces discussions apparaîtront comme étant un élément d'histoire de la mise en place de ces JO dans quelques semaines. Maintenant, il faut bosser, il faut se mettre en ordre de bataille et puis, on bosse, on bosse, on bosse. C'est ça l'esprit montagnard et on avance.
Et Sébastien Lecornu, tout juste rentré d'Alberville, on l'a vu, il y était hier, ce rang ce matin dans les allées du Salon de l'Agriculture, objectif échanger avec les agriculteurs en pleine crise et en vue du projet de loi d'orientation d'urgence agricole qui sera examiné en juin au Sénat. On écoute ce qu'en dit la ministre de ce texte, Annie Gennevar, c'est hier au Salon.
Je veux que ce texte aille au bout avant 2027. Je vous mentirais si je disais que nous pouvons mener la révolution copertitienne que l'agriculture demande depuis 40 ans alors qu'il ne reste que quelques semaines utiles au Parlement. Entre les campagnes municipales et sénatoriales, il reste en tout et pour tout quatre mois au maximum disponibles pour faire prospérer des textes avant les élections.
Qu'est-ce que vous avez sondé de ce texte, Jean-Michel Arnaud ?
Vous voulez une réponse très sincère ? Pas grand-chose. Pas grand-chose. Pas grand-chose, parce que on est dans une situation où la réalité est que d'abord l'agriculture est une politique européenne. Or, quand on regarde la feuille de route des financements européens, c'est moins 20% pour la PAC. Donc, le principal combat, il est en Europe convaincre nos partenaires européens que la politique agricole commune doit rester une priorité agricole, de souveraineté alimentaire européenne et d'aménagement également des territoires et de maintien des territoires.
Mais il a le poids pour le faire, Emmanuel Macron, quand on a vu sur le Mercosur, il n'a pas pu peser, le Mercosur a été signé par l'Union européenne. Sur la PAC, vous pensez qu'il va réussir à la négocier de manière favorable
pour la France ? Mais à travers votre question se pose la question du déclassement de la France en Europe. Oui, évidemment, on a perdu des parts de marché. Oui, on a une influence qui est fragilisée compte tenu aussi de la fragilité politique, de l'instabilité politique que nous avons. Oui, l'élection de 2027 va devoir clarifier d'une manière ou d'une autre notre politique à l'égard de l'Europe. Je suis pour une politique européenne dans laquelle la France joue pleinement sa place.
Je suis favorable à l'Union européenne puissante en Europe à travers ses États membres mais aussi à l'extérieur parce que c'est la seule condition de garder en rayonnement une puissance européenne dans un monde devenu de plus en plus illibéral, devenu de plus en plus chaotique où le plus fort est la règle. La règle plus forte prévaut partout et donc nous devons effectivement réagir là-dessus. Et je reviens à votre question.
Nous avons des accompagnements aussi à faire dans les territoires pour le renouvellement des générations pour le monde agricole et puis il y a évidemment une question de revenu et de discussion à avoir avec la grande distribution pour que sur la chaîne de valeur nous ayons une part qui revienne plus aux producteurs qu'aux distributeurs et là-dessus je pense que le gouvernement peut agir plus que sur la politique agricole commune mais sur la politique agricole commune je reviens là-dessus parce que c'est l'alpha et l'oméga de l'avenir de l'agriculture française et européenne.
Il faut que chacune et chacune nous remobilisions d'ici 2027 et que la France trouve des alliés pour que l'on ait un niveau d'engagement européen à la hauteur des besoins pour maintenir une agriculture française paysanne et une agriculture française aussi productive parce que nous sommes en concurrence avec nos collègues européens mais aussi à travers le monde et que la France doit retrouver également une dynamique européenne une dynamique de production agricole pour pouvoir conserver des parts de marché au niveau mondial c'est aussi la condition de garder une agriculture de qualité avec des produits de qualité qui protègent la santé des consommateurs.
Et le texte qui sera examiné en juin au Sénat le Sénat qui hier a provoqué un débat sur la programmation pluriannuelle de l'énergie publié par décret la méthode n'a pas du tout plu au Sénateur un texte qui acte la relance du nucléaire ce qui n'est pas du goût des écologistes à l'image de Yannick Jadot.
Pourtant cette PPE il faut quand même le dire c'est d'abord un pari impossible celui d'une relance tous azimuts du nucléaire. Il faut remarquer que vous êtes quand même très fort vous êtes passé d'une loi de transition énergétique de 2015 où c'était moins 14 réacteurs à plus 14 réacteurs ça fait quand même une balance de 28 réacteurs je reconnais là la force de frappe du lobby nucléaire dans notre pays.
Qu'est-ce que vous lui dites à Yannick Jadot ? Vous comprenez sa position ?
Je comprends la scène elle est classique elle n'est pas surprenante venant d'un élu sénateur écologiste dont on connaît les arguments.
Moi je pense d'abord une question de forme je regrette que ce soit fait par décret le Sénat a voté un texte il y a quelques mois nous aurions pu imaginer avoir une poursuite de ce texte à l'Assemblée nationale et que la représentation nationale je dis bien représentation nationale la représentent les citoyens puissent s'exprimer sur cette orientation le gouvernement pour des raisons qui lui appartiennent que je peux comprendre par ailleurs l'instabilité politique l'incapacité à faire voter un texte à l'Assemblée nationale a choisi le décret je le regrette parce que ce n'est pas la meilleure façon d'associer les citoyens à un enjeu majeur qui est l'énergie et donc un peu leur pouvoir d'achat ensuite je pense que les caricatures des uns et des autres ce n'est pas ma tasse de thé je pense qu'il faut un mix énergétique il faut à la fois le développement et la consolidation d'une filière nucléaire qui nous a quand même donné quelques services et quelques avantages compétitifs toutes ces années et notamment lorsqu'on a eu la crise énergétique de 2020-2021 avec des prix qui se sont enflammés on était heureux d'avoir un peu de nucléaire on était très malheureux d'avoir une partie des tranches nucléaires qui ne fonctionnaient pas parce que c'était un impact majeur pour l'économie française et il faut du renouvellement également énergétique dans un département comme le mien les Hautes-Alpes dans la région Provence à Côte d'Azur il faut des règles claires durables stables pour par exemple la production de photovoltaïques parce que derrière on a toute une filière industrielle de professionnels en la matière et que nous avons une capacité aussi dans des pays du soleil comme le sont les territoires du sud de la France de pouvoir trouver un équilibre notamment pour les besoins d'urne de journée en matière énergétique donc il faut ce mixte il faut cet équilibre et donc pour répondre à votre question Yannick Jeannot n'est pas tout à fait dans l'équilibre il est dans l'idéologie mais bon on est habitué
Merci beaucoup Jean-Michel Arnaud merci d'avoir été notre invité
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Jean-michel Arnaud