Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 15 janvier 2025 21 min

Marc Fesneau : "La réforme des retraites est en route et elle est modifiable"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Ali Badou, le 7-10. Et au lendemain du discours de politique générale avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le président du groupe Modem à l'Assemblée Nationale, proche parmi les proches du Premier Ministre François Bayrou. Questions, réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 ou sur l'application Radio France. Marc Feneau, bonjour. Bonjour, bonjour. Bienvenue sur France Inter, on attend beaucoup de vos explications. En un an, les Français ont eu l'occasion d'entendre trois discours de politique générale, celui de Gabriel Attal, de Michel Barnier, et donc celui de François Bayrou.

Un mot pour commencer, est-ce qu'il a su apporter des éléments concrets pour sortir de la crise profonde que traverse notre pays ? Et est-ce qu'il a réussi à présenter un discours pour éviter la censure ?

0:53
Marc Fesneau

Alors je l'espère, il me semble qu'il a, au-delà d'éléments concrets, on y reviendra sans doute, mais je ne pense pas que le temps est seulement à l'explication ou à la présentation d'éléments concrets. Je pense qu'il a essayé de montrer aussi une méthode et une volonté qui s'articulent à la fois sur la lucidité des enjeux qui sont les nôtres, nationaux et internationaux, sur la nécessité de regarder aussi lucidement les questions budgétaires, et par ailleurs d'essayer, avec les uns et les autres, de se construire un chemin, reconnaissant que la situation est extrêmement difficile. Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, et personne n'est majoritaire en soi tout seul.

Et donc il a essayé de dire...

1:27
Locuteur non identifié

Dans ce contexte, vous avez le sentiment que le chemin était assez clair, pour la poser différemment, vous avez le sentiment que dans le contexte politique, c'est-à-dire qu'on n'est pas dans une situation normale où il fait un discours de politique générale avec une majorité absolue, et il sait qu'il va avoir la majorité absolue, là on est dans un moment très compliqué, où il faut négocier, il faut obtenir. Est-ce que vous avez senti que, je vous passe ce qu'ont dit les oppositions, le flou, le flou, le flou sur les...

1:51
Marc Fesneau

On ne peut pas à la fois reprocher et dire qu'on a parfois été, d'ailleurs on nous l'a beaucoup reproché, un peu trop descendant, et a donné une liste de mesures sans regarder dans l'équilibre et regarder avec pragmatisme le fait qu'il va falloir qu'on construise texte par texte, et le premier texte qui va se présenter à nous, c'est le texte budgétaire, c'est le projet de loi de finances, et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, essayer de donner un cap général et de regarder après avec le Parlement comment ça peut se construire.

Alors c'est vrai que ça peut donner le sentiment que c'est trop dans des généralités, mais moi je pense que le côté important c'est d'essayer de se trouver une méthode, et c'est ce qu'a essayé de décliner François Bayrou, je pense à la question des retraites, où il a ouvert un chemin de dialogue, parce que je pense qu'on a besoin de dialogue, et une temporalité qui soit crédible.

2:31
Présentateur

Alors justement, Marc Fénault, les oppositions, Léa le disait, ont dénoncé un discours flou, de l'enfumage, on dit les insoumis, les écologistes, les communistes, qui vont voter une motion de censure. Quant au Parti Socialiste, il estime que le compte n'y est pas malgré les négociations. Olivier Faure déclarait hier soir sur TF1 que le PS votera demain la motion de censure, j'ouvre les guillemets, sauf si nous avons une réponse claire sur les retraites. Et il demande Olivier Faure à François Bayrou de dire que quelles que soient les négociations, la réforme des retraites reviendra au Parlement, le fera-t-il ?

3:06
Marc Fesneau

Alors, vous me permettez de m'arrêter deux secondes sur l'affaire des retraites. L'affaire des retraites, c'est un débat très fort qu'il y a eu à l'Assemblée nationale, et y compris dans l'opinion, reconnaissons que c'est un moment difficile pour le gouvernement d'Elisabeth Borne, c'est jamais facile de gouverner, c'est jamais facile de prendre des mesures impopulaires. C'est toujours facile de dire, il n'y a qu'à Faucon, ou de dire demain on rase gratis. Premier élément qui avait été posé par un certain nombre d'acteurs syndicaux d'ailleurs et de la gauche, c'était de se dire, est-ce qu'on ferme définitivement le banc sur la question de la réforme des retraites ?

La réponse qui a été apportée par François Bayrou hier est claire, c'est non, on ne ferme pas définitivement le banc. On repart des éléments factuels, budgétaires. Je rappelle qu'en rythme annuel, c'est plus de 50 milliards. Si on additionne le déficit des retraites plus la charge de la dette, ça fait presque 100 milliards. Alors attendez, juste une seconde. Et donc, Bayrou dit, une chose assez simple, c'est qu'on se donne une temporalité courte, ça donne de la crédibilité parce qu'on ne vient pas procrastiner.

Trois mois de dialogue pour aboutir à des évolutions, y compris en disant qu'on peut toucher et on peut regarder l'ensemble des paramètres sous réserve que ça ne dégrade pas les comptes publics. Si vous commencez dans le dialogue en disant, et c'est pour répondre à votre question, de toute façon, quoi qu'il se passe dans le dialogue, à la fin, y compris s'il y a un échec, à la fin, on revient à l'anté, c'est-à-dire on revient au débat éternel, abrogation, pas abrogation, en fait, vous viciez le dialogue. Vous faites en sorte que le dialogue ne puisse pas naître parce que vous donnez les éléments à tous pour en fait ne pas bouger.

Si on veut que ça puisse bouger, il faut qu'on se dise, il y a les moyens que ça bouge,

4:33
Locuteur non identifié

et il y a les moyens de le mettre au Parlement si ça bouge. Mais si ça ne bouge pas, c'est le texte d'Elisabeth Borne qui s'appliquera. Et c'est là où le bas blesse, j'ai envie de vous dire, c'est sur la fin de cette fraise-là. Il a bougé, Olivier Faure a reconnu, les socialistes ont reconnu qu'il y avait un bougé, notamment par rapport à Michel Barnier, et que donc il remet en chantier. Sauf que, qu'est-ce qui s'est passé ? C'est-à-dire pendant huit jours, le Premier ministre François Bayrou, le ministre de l'Économie, Éric Lombard, ont fait croire aux socialistes que la possibilité d'une suspension était sur la table, et en fait ils ne le font pas ?

Ou alors c'est les socialistes qui se sont montés un plan tout seuls dans leur tête ?

5:10
Marc Fesneau

Je crois que personne n'a menti et personne ne s'est fait un film. Je dis simplement que la question de la pause, ou la question de la suspension, c'est une question, c'est d'ailleurs pas une pause, c'était une suspension qui est demandée. La suspension, d'abord, factuellement, elle est...

5:21
Locuteur non identifié

La suspension était sur la table, Marc Léon. C'est-à-dire que François Bayrou et Éric Lombard ont dit, oui, ils ont commencé à réfléchir, c'était trois mois de suspension, trois mois de six mois, c'était sur la table.

5:30
Marc Fesneau

Quand vous dites à des partenaires syndicaux ou à des partenaires politiques, on se remet au travail très vite, on est capable de modifier la réforme à l'horizon du mois d'octobre, au fond ça répond à la demande des socialistes, et ça répond à la demande d'un certain nombre d'acteurs, y compris d'ailleurs dans le camp présidentiel, ou des acteurs du, ce qu'on appelait le socle, qui disaient, il y a des choses à dire sur la pénibilité, sur l'âge de départ, sur un certain nombre d'éléments. Et donc, je trouve qu'on rentre un peu, pardon, c'est pas pour jouer avec les mots, on rentre un peu trop dans la sémantique de la suspension ou pas la suspension. La réforme, elle est en route.

Suspendre aujourd'hui alors que des gens, une retraite, ça se prépare. Si vous dites, je suspends, vous avez des gens qui, au fond, ont prévu de partir, sont dans une logique de partir ou de ne pas partir, et qui vous disent, vous pouvez désormais partir. Mais du coup, sur quoi porteront les négociations ? Mais les négociations, elles portent, non mais elle est en route et elle est modifiable.

Elle est modifiable sur tous les paramètres, puisqu'elle est modifiable à la fois sur les questions de durée de cotisation et d'âge pivot, elle est modifiable sur les questions qui a été beaucoup élevées, et à juste titre, de pénibilité, de carrière longue, d'égalité des chances entre les hommes et les femmes. Et même des 64 ans.

6:31
Locuteur non identifié

Et même des 64 ans.

6:32
Marc Fesneau

Oui, mais c'est ce qu'a dit François Bayrou. Oui. Alors, il y a un moment, on ne peut pas à la fois, de bonne foi dire, on peut tout réouvrir le champ, sous la réserve, je le rappelle, parce que c'est important, que tout ça ne vienne pas encore dégrader les comptes. Parce que si c'est pour nous dire, on fait une réforme juste parce qu'il faudrait être populaire, dont on sait à la terme, parce qu'au bout, à terme, ça veut dire qu'on ne pourra pas servir les pensions de retraite pour les plus jeunes générations, si on n'arrive pas à trouver un mode d'équilibre. Je rappelle que dans tous les pays d'Europe, la question de l'âge s'est posée.

Donc je sais qu'on est, nous, Français, toujours, probablement plus ingénieux et plus malins que les autres. Enfin, ce que je constate, c'est qu'on est le pays d'Europe désormais qui est le plus malade de sa dette. Et donc, on peut essayer de trouver. Et donc, tous les paramètres sont bougeables.

7:10
Locuteur non identifié

On peut essayer de trouver, avec les partenaires sociaux, c'est, et c'est ce que disent les socialistes, les écologistes, les communistes, et les insoumis d'ailleurs, c'est donner un droit de veto au MEDEF.

7:20
Marc Fesneau

Non, pas du tout.

7:21
Locuteur non identifié

C'est-à-dire que le MEDEF...

7:23
Marc Fesneau

Mais le MEDEF a intérêt comme les autres.

7:25
Locuteur non identifié

Et donc, ça veut dire que le MEDEF met son veto, et ensuite, c'est le projet de loi, c'est la loi d'Elisabeth Borne qui s'applique.

7:31
Marc Fesneau

On nous a beaucoup reproché de ne pas parler avec les partenaires sociaux. Quand on leur parle, on dit qu'on donne un droit de veto au MEDEF, vous pourriez dire qu'on donne aussi un droit de veto à la CGT d'ailleurs. Bon, on peut espérer que majoritairement, les partenaires sociaux aient envie de se mettre d'accord. Quand François Bayrou les a rencontrés, tous ont dit qu'il y a des voix. J'ai entendu le président du MEDEF dire qu'il y a des voix. Et je ne crois pas que ce n'étaient que les voix du MEDEF, des voix avec les autres partenaires, parce que le MEDEF tout seul, il ne peut pas décider d'une modification du système de retraite. Et donc, c'est là-dessus qu'il faut se baser.

7:58
Présentateur

C'est une question de confiance avec les partenaires sociaux. Justement, en parlant des partenaires sociaux, les syndicats, ils défendent l'idée de plus de prélèvements. Est-ce que vous y êtes favorable ?

8:06
Marc Fesneau

Mais il faut trouver un équilibre. Les prélèvements, ils ont un sens quand quand même on ne fait pas payer aux salariés actuels la charge des retraites des plus anciens. Parce que sinon, vous avez un ratio qui est très défavorable désormais. C'était trois actifs pour un retraité. Maintenant, on va au bout à un 5 pour un. Vous voyez bien que là, on a un problème. Si vous faites tout peser sur les salariés ou sur les entreprises, vous avez un système de déséquilibre.

8:30
Locuteur non identifié

Si vous avez entendu Olivier Faure hier, s'il n'y a pas de réponse, ils vont voter la motion de censure demain. Ce n'est pas grave, vous dites qu'ils la votent.

8:38
Marc Fesneau

Non, je ne dis pas que ce n'est pas grave. Si jamais ils votent la motion de censure, je le regretterai. Parce que le compromis, ce n'est pas simplement qu'on aille sur ses propres positions. Je rappelle que cette majorité a voté cette réforme. Et que pour cette majorité, ce n'est pas facile non plus de réouvrir ce champ. Et je trouve que c'est bien qu'on le fasse. Parce que c'est dans le schéma politique qu'on décrivait au début de cette interview, qui est un schéma chaotique, reconnaissons-le, ne pas faire un pas les uns vers les autres. Mais simplement, on va juste sur les positions des autres. Sinon, ce n'est pas un compromis. Et donc, ce n'est pas la loi de l'un qui s'impose aux autres.

Et donc, on a besoin de trouver un compromis.

9:10
Locuteur non identifié

Mais s'ils votent demain, ça veut dire quoi ? Ça change quoi ?

9:14
Marc Fesneau

Mais on ne se lassera pas de le faire, parce que je pense que le pays en a besoin. C'est le sentiment que cette main tendue n'a pas été saisie. Et moi, je pense que c'est une main tendue qui a été saisie.

9:24
Locuteur non identifié

Mais ça vous place, Marc Fénaud, à nouveau dans la position où vous êtes tributaire de ce que va faire le Rassemblement National.

9:31
Marc Fesneau

Mais c'est la responsabilité aussi du Parti Socialiste de placer les uns ou les autres. Parce qu'on ne peut pas à la fois reprocher, ce qu'on a reproché beaucoup à Michel Barnier, d'être placé dans les membres du Rassemblement National. Et à chaque fois qu'on essaie de faire des pas sur les questions des retraites, sur les questions budgétaires, de renvoyer en disant, ce n'est pas ma position initiale. Je note aussi, reconnaissons-le, et c'est pour ça que je le dis sans véhémence vis-à-vis du Parti Socialiste. C'est compliqué de s'arracher d'accords électoraux.

J'ai bien noté hier que Jean-Luc Mélenchon, immédiatement, préventivement, si je peux dire, il a dit, je préviens, ceux qui ne votent pas la censure, évidemment, auront des candidats contre eux. Ce qui est une drôle de conception du pluralisme et de la démocratie. On a le droit de ne pas être d'accord avec Jean-Luc Mélenchon, y compris quand on a eu un accord électoral avec lui. Je vois bien les contingences du Parti Socialiste. Mais si on ne saisit aucune des mains tendues, et pour le coup, par rapport à la situation du printemps 2024 sur la question de retraite, il me semble que ceux qui ont le plus bougé, c'est nous. Et donc, il faut que les socialistes fassent ce chemin-là aussi.

10:23
Présentateur

Et d'autres, il n'y a pas que les socialistes. Bonjour Sylvie, et bienvenue sur France Inter. Merci de participer au grand entretien avec Marc Fénaud. Bonjour. D'abord, je voulais vous féliciter pour les matinales. Merci. Et alors, je vais essayer d'être précise. Excusez-moi, je ne m'attendais pas à ce qu'on prenne ma question. J'avais une question à poser à M. Marc Fénaud. En fait, j'ai le sentiment que d'ici quelques jours, on met en avant la question des retraites. Au détriment, en fait, de l'urgence qui nous occupe aujourd'hui, c'est à savoir le vote du budget. Donc, pourquoi, en fait, le sujet est déplacé de manière très concrète ?

Avec ce matin, Mme Panot, qui oriente le sujet sur les retraites. Avec vous-même, sauf votre respect, qui mettait le sujet des retraites sur le tapis. Alors qu'en fait, aujourd'hui, c'est le vote du budget qui nous occupe. Donc, je voulais demander à M. Marc Fénaud, n'est-il pas possible, en fait, de revenir aux fondamentaux et de ne pas laisser la main à LFI ou aux écolos qui veulent orienter le débat sur les retraites, en sachant que le débat sur les retraites amènera forcément à des divisions ou à des impasses. Alors, merci, Sylvie, pour votre question. Et on avance donc dans les chapitres, la question du budget, Marc Fénaud.

Comment allez-vous faire pour le boucler avec l'idée qu'il n'y aura pas de hausse d'impôt ?

11:59
Marc Fesneau

Alors, d'abord, le sujet des retraites n'est pas un sujet qui est éloigné du budget. Non. Le sujet retraite est un sujet budgétaire. Et deuxièmement, dès lors qu'on essaie de construire quelque chose de l'ordre d'un pacte de bon sens, au fond, on censure, certains disent, il faut qu'on aborde tous les sujets. Et le sujet retraite est un sujet budgétaire, il y a un sujet aussi de dialogue social et un sujet de justice sociale. Le sujet budgétaire vient, effectivement, vous avez raison de le dire juste après, parce que c'est le premier texte d'importance qui va arriver, il y a une loi Mayotte d'urgence, et il y a surtout le texte budgétaire qui continue son chemin.

Et donc, il faut qu'on arrive à trouver un équilibre entre justice fiscale et pas matraquage fiscal. Et donc, c'est là-dessus qu'on essaie de faire. Alors, le Premier ministre a annoncé un certain nombre de mesures, notamment sur les questions des fonctionnaires, en particulier l'éducation nationale, sur le déremboursement des médicaments.

12:47
Locuteur non identifié

Alors ça, vous avez raison, mais ça n'était pas dans le discours. C'est-à-dire qu'il est revenu après, que ce soit... Parce qu'il y avait les retraites, il y avait la taxe sur les hauts revenus, il y avait les 4000 suppressions de postes dans l'éducation nationale. Et dans le discours, c'est vrai qu'on n'a pas entendu le Premier ministre apporter de précision sur ces questions-là,

13:07
Marc Fesneau

sans vouloir être offensant avec tout le monde. Voyez bien la situation chaotique, je le répète, dans laquelle on est. Chacun arrive avec, moi, je ne veux aucune hausse d'impôt. Les autres disent, il faut faire des coupes drastiques dans les budgets. Les troisièmes disent, il faut augmenter le nombre de fonctionnaires. Si on commence à faire le catalogue, je ne veux pas citer le nom du catalogue, de tout ce que chacun veut, on en a pour 3h30 de discours, et ça ne ressemble plus à rien. Donc, c'était bien qu'on ait un discours plutôt de fond et fondamental.

13:31
Locuteur non identifié

Il va se passer quoi sur les 4000 suppressions de postes à l'éducation nationale ?

13:35
Marc Fesneau

Bayrou a dit une chose très simple, c'est qu'il n'y aurait pas de suppression de postes d'enseignants dans l'éducation nationale. Et je crois que c'est conforme à ce qu'étaient les attentes d'un certain nombre. Mais deuxième élément, pardon, évitons de nous polariser que c'est sur ce sujet-là. Le sujet de l'éducation nationale, c'est le sujet de l'attractivité des métiers. Parce qu'il y a des milliers de postes qui sont créés et qui ne sont pas pourvus. C'est plutôt ça le sujet. Et c'est là que j'ai un débat, et parfois une différence avec les socialistes. On ne peut pas dire qu'il faut maintenir le nombre de postes, on n'est même pas fichu de les pourvoir. Pourquoi ?

Parce qu'on a un problème de rémunération, on a un problème de reconnaissance, on a un problème de difficulté à exercer son métier, on a un problème de formation. Bon, peut-être qu'on peut poser l'ensemble de ces sujets, et ça, ça ne participe pas seulement d'un discours de politique générale.

14:16
Présentateur

Il y a aussi la question des économies. Le Premier ministre François Bayrou annonçait donc qu'il y avait mille agences ou organes de l'État aujourd'hui qui constitue, je le cite, un labyrinthe dont un pays rigoureux peut difficilement se satisfaire. Il va donc falloir supprimer certaines de ses agences. L'ADEME, par exemple, qui est l'agence qui s'occupe de l'environnement. Le Haut-Commissariat au plan, tiens, l'agence sur la biodiversité ? Oui, alors, moi, il y a quelque chose...

14:41
Marc Fesneau

Parmi ces trois-là... L'ancien ministre de l'Agriculture, qu'est-ce qu'il en dit ? Non, alors, je vais vous dire un truc très simple. D'abord, on est un pays qui adore les totems. Alors là, depuis 15 jours, c'est la chasse à l'ADEME.

14:50
Locuteur non identifié

Oui, vous avez noté, c'est Valérie Pécresse sur ce micro.

14:53
Marc Fesneau

Ah, attendez, c'est moi, je suis... Et je trouve que ce truc totémique où on prend... On a décidé d'une victime expiatoire et là, tout d'un coup, les pauvres, ça tombe sur l'ADEME, ça tombe sur l'OFB, ça tombe sur... On a trois problèmes sur les agences quand même, je le dis. Le premier problème, je fais court, mais quand même, puisque vous me posez la question. On a un problème de gouvernance. Parce que l'État, c'est pas mille agences. L'État, c'est une unité. Et moi, j'en ai marre d'avoir parfois des agences qui se gouvernent elles-mêmes et qui décident en dehors de l'État. Deuxièmement, les agences, elles ont tendance à produire leurs propres normes, leurs propres schémas d'instruction.

Vous avez un dossier d'une collectivité, vous avez un dossier d'un agriculteur, vous passez par plusieurs agences qui, chacune, ont leur cahier des charges, leur doléance, leur demande réglementaire. Et parfois, il y a des surcoûts. Mais on a besoin de ce que fait l'ADEME. Donc, c'est pas la question ADEME ou pas ADEME. L'ADEME, c'est le fond vert.

15:39
Locuteur non identifié

Oui, mais c'est toute la subtilité depuis hier. C'est-à-dire que quand on annonce qu'on va aller... Mais il y a peut-être des regroupements d'agences qui sont possibles. Mais lesquels ? C'est là où on demande des précisions. Vous voyez ce que je veux dire ? On va regarder. Mais oui, mais on annonce qu'on va aller faire la chasse au gaspillage dans les agences de l'État. Et on vise, puisqu'il l'a visé. L'Office de la biodiversité a été mentionné par François Bayrou. Ça veut dire que quoi ? Il sera...

16:04
Marc Fesneau

Mais non, mais l'Office de la biodiversité, c'est une police de l'environnement. La police de l'environnement, on en a besoin. Et contrairement à ce qu'on croit, l'essentiel des missions de la police de l'environnement, et j'en sais quelque chose, il y a eu des débats rugueux avec le monde agricole, mais l'essentiel de la biodiversité, c'est la lutte contre le trafic d'animaux, c'est plein d'autres choses.

16:20
Locuteur non identifié

D'accord, mais quand François Bayrou dit...

16:22
Marc Fesneau

Mais attendez, est-ce qu'on peut poser la question différemment ? La question, c'est pas suppression ou pas suppression des agences, c'est est-ce que la politique publique, au travers des agences ou directement par l'État, elle est efficace ? Et donc c'est pas seulement on diminue, c'est simplement est-ce qu'on est plus efficace avec l'argent public ?

16:36
Présentateur

Bon, donc on attendra de connaître la liste de ces agences.

16:39
Marc Fesneau

Il n'est pas objet dans un discours de politique générale de faire ça, et par ailleurs, moi j'ai dit à la tribune, tous ces gens qui nous expliquent, partout, qu'on peut faire des économies, je voudrais qu'on passe du Yaka Faucon à IFO.

16:51
Présentateur

Il y avait aussi dans le discours des questions institutionnelles, et justement Gérard, bonjour et bienvenue sur Inter.

16:58
Auditeur

Bonjour Inter, écoutez, ma question est simple à M. Fénault, c'est la question par rapport au mode de scrutin. Le Premier ministre a abordé très rapidement, en survolant la question d'invitation à une proportionnelle, avec respect de la territorialisation. Tout le monde a pensé à la loi de 85, c'est-à-dire à la proportionnelle départementale dite intégrale. J'ai trois remarques à faire.

17:25
Présentateur

Alors c'est un peu technique, c'est un peu technique Gérard, et malheureusement l'entretien touche à son terme, mais la question de la proportionnelle, pour que tout le monde comprenne, vous allez donc avancer un principe de proportionnelle au scrutin législatif, Marc Fénault ?

17:37
Marc Fesneau

Oui, et d'ailleurs c'est des travaux que nous avons commencés à l'Assemblée nationale, parce qu'entre partis et entre groupes, on se parle avec la présidente de l'Assemblée nationale pour essayer de déboucher sur un texte qui soit acceptable par la majorité de l'Assemblée nationale sur la question de la proportionnelle, c'est une question de pluralisme. Vous voyez bien que nous n'aurions pas les mêmes débats, y compris ce matin, si chacun était élu sur ses seules convictions. Si on était chacun élu sur nos seules convictions, on pourrait nouer, y compris des accords, sans avoir le sentiment ou se faire à chaque fois reprocher de trahir ses électeurs.

18:04
Locuteur non identifié

Qui a été élu pas sur ses convictions ?

18:07
Marc Fesneau

Quand vous avez un accord électoral, par exemple le NFP, je pense qu'il y a une partie des socialistes qui ne pensent pas tout à fait comme M. Mélenchon. Ils le disent d'ailleurs à longueur d'antenne. Il y a une partie des écologistes qui ne pensent pas comme M. Mélenchon, sauf que comme ils sont dans un cartel électoral qui les contraint pour avoir des sièges et pour être élus par le mode de scrutin actuel, ils se trouvent coincés par leurs extrêmes.

18:28
Locuteur non identifié

Après, il y a une partie du modem qui ne pense pas comme Édouard Philippe. Comment ? Il y a une partie du modem qui ne pense pas comme Édouard Philippe. Mais c'est très bien.

18:33
Marc Fesneau

Que nous puissions chacun défendre nos convictions, ça mettra un peu de clarté dans les convictions de chacun et ça permettra à chacun, en liberté, de nouer des accords et des alliances. Question courte, réponse courte, s'il vous plaît,

18:43
Locuteur non identifié

sur les déclarations. Pas de nouvelle loi immigration comme le souhaite Bruno Retailleau ? On n'a pas entendu Bruno...

18:49
Marc Fesneau

Non, mais d'abord, je pense que... Et c'est ce que pense François Béraud et je pense que Bruno Retailleau le pense aussi. On a des lois qui ne sont pas appliquées déjà.

18:56
Locuteur non identifié

Donc pas de nouvelle loi ?

18:57
Marc Fesneau

S'il y a des ajustements pour qu'on puisse rendre plus applicable des lois qui auraient été peut-être améliorées, oui, mais une grande loi immigration, vous voyez bien que les conditions... Enfin, je veux dire, il faut être lucide. Les conditions au Parlement ne sont pas réunies pour qu'il y ait une loi parce qu'il n'y a pas de majorité pour les voter. Et donc, moi, je suis favorable à ce que... S'il y a des besoins de quelques modifications législatives, faisons-le et faisons appliquer.

Je crois que Bruno Retailleau s'y emploie dans la suite de ce qu'a essayé de faire aussi Gérald Darmanin, avec le ministre de la Justice aussi, d'ailleurs Gérald Darmanin pour le coup, de faire en sorte que les lois soient appliquées. Le mal français, c'est un ancien ministre des Relations avec le Parlement qui vous le dit, c'est la volonté en permanence, dès qu'il y a un problème, de faire de la loi. Il n'y a pas besoin de faire de la loi, il y a besoin de faire appliquer la loi. C'est ce que les gens attendent.

19:37
Présentateur

Donc, il n'y aura pas de nouvelle loi. Les ONG disent que l'urgence climatique n'a pas été mentionnée. Elles s'en indignent. Que leur répondez-vous ?

19:43
Marc Fesneau

Je ne sais pas, quand vous parlez de décarbonation et de l'urgence à décarboner sur l'hydrogène, sur le nucléaire et autres, ce n'est pas un sujet climatique, la décarbonation. C'est le sujet climatique, la décarbonation. Et donc, ceux qui disent que ça n'a pas été abordé, je leur conseille de lire le texte.

19:56
Locuteur non identifié

Marc Fénaud, demain, si le PS venait à voter cette motion de censure, vous espérez, vous dites ce matin aux députés RN, ne la votez pas ?

20:03
Marc Fesneau

Non, je ne dis pas. Chacun est libre, je vais vous dire. Chacun est libre. Chacun est devant ses responsabilités. Moi, je fais des voeux, comme beaucoup d'élus en ce moment. Les gens, ils vous disent, ils emploient des mots d'ailleurs qui sont un peu grossiers pour une antenne comme la vôtre, sur la situation du pays, la pagaille, mais ça pourrait être un mot plus grossier, et deux, ils disent, entendez-vous. Faites comme vous voulez, mais entendez-vous. Comme l'a dit cette dame tout à l'heure, votre auditrice, il y a besoin d'un budget, il y a besoin d'avancer. Les Américains ne nous attendent pas, les Chinois ne nous attendent pas, M. Poutine ne nous attend pas.

Et donc, si on continue à ne pas être capable de tirer des fils entre nous sur un certain nombre de choses, il y a quand même des choses sur lesquelles on peut être d'accord, à ce moment-là, on va au chaos. Et donc, c'est ce sur quoi ils nous attendent. Et donc, chacun est libre,

20:44
Présentateur

même à l'Assemblée nationale. Bonne journée.

Marc Fesneau : "La réforme des retraites est en route et elle est modifiable" — Marc Fesneau · Pourquijevote