Le Parlement européen, vu de l'intérieur - Avec Karima Delli & Fabienne Keller
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Cette émission a été rendue possible grâce à notre partenaire, le Parlement européen. On est super content d'être à Strasbourg pour cette émission. Je vous propose que nous accueillions notre premier invité politique. Il s'agit de la députée européenne Lever, élue depuis 2009, qui ne se représente pas. Il s'agit de Karima Dely. Merci Karima Dely d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Backseat. Je vous propose d'accueillir notre deuxième invité politique. Cette semaine, nous recevons légalement députée européenne, cette fois-ci du groupe Rignou, élue depuis 2019, ancienne sénatrice et ancienne maire de cette très belle ville de Strasbourg, Fabienne Keller.
Merci Fabienne Keller, merci Karima Dely, merci à toutes les deux d'être venues. On voulait vous recevoir sur le plateau de Backseat. On va parler d'Europe, on va parler de vos mandats d'eurodéputés. Vous venez de terminer la dernière session, c'était aujourd'hui ce mandat. Vous allez nous en parler. Mais avant ça, Malek, je crois que tu connais déjà Fabienne Keller.
On va croire que c'est un running gag. Je crois qu'on a un invité politique, j'ai une anecdote avec. Vous êtes peut-être en train de vous demander qui est concerné parmi vous deux.
Elle.
C'est Fabienne Keller. Fabienne Keller ? Fabienne Keller, on s'est vu le 2 novembre 2016. Une lointaine époque. Le ton est très drama. On est donc sur la primaire LR de 2016. Je suis originaire d'Argenteuil. J'habite au Val-Nord, sur la dalle d'Argenteuil.
On a visité.
Visite d'Alain Juppé, exactement. Je m'étais permis d'intervenir parce que, disons les choses, cette visite était complètement orchestrée. Il n'y avait aucun habitant du quartier. Il n'y avait que des habitants à droite, à gauche. C'est vrai qu'à un moment, j'ai un peu craqué. J'ai voulu interpréter Alain Juppé. J'ai été attrapé par son service d'ordre. Malheureusement, je n'ai pas pu poser ma question comme je le voulais. Il y a une vidéo qui tourne sur YouTube notamment. On vous voit juste devant, avec le service d'ordre, en train d'essayer de protéger Alain Juppé de ma personne. Alors que je suis un gentil garçon, je vous assure.
C'est faux, il est dangereux.
Je suis content de vous retrouver aujourd'hui.
Moi aussi. Vous m'étonnez parce qu'on visitait un centre de santé.
C'était plutôt assez cool. Ça, le centre de santé, c'était la version officielle pour pouvoir justifier le déplacement avec M. le maire, Georges Mautron. Mais la vérité, c'est que vous avez fait une petite visite du quartier. Vous avez fait un petit pot ensuite dans un café, un salon de thé, où il n'y avait aucun habitant d'Argenteuil. Vous avez visité également une maison de quartier. C'était Alain Juppé, ce n'était pas Fervin Keller. Non, c'était Alain Juppé. C'était Alain Juppé. Et moi, surtout, ce qui m'a interloqué, c'est qu'Alain Juppé venait défendre un discours différent de celui de Nicolas Sarkozy ou de François Sillon par rapport aux jeunes de quartier.
Mais il était accompagné de Georges Mautron, maire d'Argenteuil, fondateur de la droite populaire, qui avait notamment dit quelques jours auparavant qu'à Argenteuil, il y avait des vagues d'immigrés difficiles à digérer. Voilà.
Et ça m'avait mis un petit peu en colère. Ça a laissé des traces. Ça m'avait mis un petit peu en colère. Vous vous souvenez de cette campagne de 2016 ?
Je m'en souviens, mais moi, j'aime beaucoup Alain Juppé, pas le maire d'Argenteuil. Parce qu'en fait, il a, comme à Strasbourg, des quartiers fragiles. Il était plutôt proche de ses habitants à Bordeaux. Il a fait des rénovations urbaines. Il a été, voilà, sur le terrain pour œuvrer avec les assos, parce qu'on ne peut rien faire sans les habitants des...
Mais en tout cas, pour parler de la campagne d'Alain Juppé, très bon service d'ordre, ça, je vous le dis.
Ils m'ont attrapé. Putain, sous le bras, c'était magnifique. C'était nickel, c'était bien organisé. Parcours différent, toutes les deux, Karim Adéli, Fabienne Keller, groupe différent, mais vous êtes toutes les deux députées européennes. Un mot pour commencer sur cette dernière session plénière du mandat. En quelques mots, dans quel état d'esprit est-ce que vous êtes ? Triste ? Contente ? Le sens du devoir accompli ?
Moi, je me sens plutôt très contente de ce que j'ai fait et d'où je viens, en fait. Tout simplement parce que, tout à l'heure, je vais vous écouter un peu. Malek, tu balances direct. Non ! Moi, à aucun moment, quand je suis rentrée là... Ça fait 15 ans que je suis là, en fait.
Oui, 2009.
Et quand je suis rentrée ici, moi, j'ai un... Au fait, depuis toujours, je suis ce qu'on appelle une anomalie sociologique. Pourquoi je dis ça ? Parce que je suis la neuvième de 13 enfants. Je suis née à Roubaix. Ne partez pas tout de suite. Voilà. Et j'ai des parents qui ne savent pas lire et écrire. Et mon père était ouvrier textile. Et jamais dans ma vie, mais au grand jamais, on m'aurait dit qu'un jour, je serais la première femme présidente au Parlement européen à diriger l'une des plus grandes commissions des transports. Parce que je crois que c'est ça aussi qui est... Tout à l'heure, vous avez parlé des quartiers populaires qui m'ont beaucoup touchée.
Parce que depuis trop longtemps, on ne montre pas, au fait, ou on ne dit pas assez que tous les talents... Et nous sommes des talents. Vous voyez ? Et qu'on arrête de penser à notre place. On a autant de compétences et de talents que n'importe qui. Alors, c'est dur pour nous. Et il faut le dire, c'est plus dur pour nous. Parce que moi, quand je suis arrivée ici, ou dans les études, parce que j'ai fait un BTS action commercial, j'ai vendu plein de trucs. Et personne ne m'avait dit que Sciences Po, c'était possible. J'ai fait Sciences Po. Mais j'ai galéré, au fait. J'ai galéré parce que je n'avais pas les codes. Vous voyez ? Et pourtant, cette maison, quand je suis arrivée...
Alors, c'était très drôle. Quand je suis arrivée dans cette maison, et c'est pour ça que je suis très nostalgique aujourd'hui, on m'a dit... Alors, déjà, on ne me prenait pas pour une française. On croyait que j'étais espagnole, portugais, grecque, etc. On me parlait en italien, etc. C'était marrant. Et quand je dis que je suis la France, tout le monde regarde ça de manière extraordinairement... Les yeux qui pétillent, parce qu'ils disent, la France, on est capable de montrer que ce genre de parcours est possible à ces postes-là.
Et je crois que la France a oublié quelque chose, de dire qu'on est tous des enfants de la République, et quand on est à la tête de ces postes à responsabilité, c'est à nous d'ouvrir les portes et les fenêtres. Mademoiselle, vous l'avez dit tout à l'heure, notamment la génération qui vient. Donc, allez-y. Demain, c'est vous.
Et vous, Fabienne Keller, une journée qui est marquée également par un long discours du président de la République, Emmanuel Macron. Vous l'avez pris comment ? Comme un professeur qui tape sur les doigts de ses députés, ou qui, au contraire, met en avant le bilan ?
Alors, pour nous, c'était un petit peu compliqué puisqu'on a vu le début en équipe. On a regardé toute la délégation française de mon groupe. Et puis ensuite, en même temps qu'on votait, regardé les fils d'informations, puisque c'était simultané. Non, c'est un acte pour nous de la part du président qui ne nous surprend pas parce qu'il a une vraie vision de l'Europe, sur l'avenir de l'Europe. Et donc, on l'attendait depuis déjà presque un an, ce grand discours, notamment en lien avec cet événement incroyable qui nous est arrivé pendant ce moment-là. C'est la guerre. L'Europe, c'est presque 80 années de paix. Et puis, boum, la guerre qui revient à nos portes.
Donc, il avait été très, très visionnaire en 2017. Il l'a été à nouveau. Vous ne vous êtes pas surpris. Je suis du groupe qui représente la majorité présidentielle. Donc, une séance qui était marquée par ce discours-là, mais quand même à Paris. Et puis, au sein de l'hémicycle, un mélange de grandes émotions et de tensions parce qu'on votait encore. Pas mal de rapports.
Beaucoup de votes aujourd'hui.
Et puis, il y a eu des prises de parole. Alors, très brèves, parce que tout le monde veut être efficace dans ce Parlement, mais des prises de parole très émouvantes de gens qui quittaient par choix pour certains, par choix de leur parti pour d'autres. Donc, pour d'autres, c'est douloureux. Donc, une grande émotion très partagée.
Safia ?
Non, mais je crois que Karim Adéli voulait réagir, justement.
Plusieurs choses. Il y avait beaucoup d'émotions parce que c'est... Vous savez, le Parlement européen, souvent, nous, en France, dans beaucoup de partis politiques, on envoie les gens qui n'ont rien à faire ou qu'ils attendent. C'est sale d'attente.
Ça a souvent été vu comme ça.
Sale d'attente. Oui, mais moi, je peux vous le dire. J'ai le nom des Français qui ne bossent pas. Vous voyez ce que je veux dire. Et en fait, on envoie les parlementaires dans cette salle d'attente qu'on appelle le Parlement pour une autre... Ils attendent l'autre élection. Vous voyez ? Et alors que dans les autres pays, ils se battent pour venir ici parce que tout se fait ici. Au Parlement européen, c'est la législation. Et moi, je suis écolo parce que, oui, on peut avoir des quartiers, venir de classe populaire et être écolo. Voilà, ça, je le dis aussi. Parce que souvent, on pense que les écolos, c'est pour les bobos. Moi, je ne connais pas les écolos bobos.
Je pense que tout le monde est écolo et avec une fibre un peu plus populaire comme moi, je l'aime. Et donc, ce qui était quand même assez fou dans l'hémicycle, c'est de voir ceux qui ont un égo, ils ont besoin de leur vidéo pour partir en campagne et ceux qui sont sincères. Vous voyez ? C'est-à-dire ceux qui ont bossé. C'est leur dernier mandat. Moi, je n'ai pas pris la parole. On m'a proposé de prendre la parole parce que ça fait quand même 8 ans que je suis à la tête de cette commission et je n'ai pas voulu, au fait. Je n'ai pas voulu prendre la parole parce que je trouve que, ici, et ce qui me plaît, c'est qu'on n'est pas dans une bataille d'égo. Le Parlement européen, c'est une équipe.
On porte les intérêts européens, vous voyez. On n'est pas là. Ce n'est pas la cour de récré au Parlement européen. Quand je vois la politique un peu française, par moments, ça me fait de la tristesse parce que je trouve que c'est un peu trop la cour de récré.
Mais est-ce que ça ne permet pas, justement, de politiser le débat pour les gens, que les gens le comprennent ? Parce qu'en réalité, l'Europe est peut-être des débats aseptisés.
Ça ne nous parle pas ? C'est parce qu'ils ne sont pas du tout aseptisés. Le problème de fond, c'est qu'on en parle quand ça devient la faute à l'Europe où tout ce qu'on fait de bien, on ne le dit pas. On dit, c'est la France. C'est tel ministre. C'est tel maire. Il coupe des rubans. Il ne nous invite jamais, d'ailleurs. C'est vrai, moi, j'aimerais bien couper des rubans aussi. Et on ne dit jamais que c'est l'Europe. Vous voyez ? Mais derrière, c'est des combats de dingue. Parfois, on le dit.
Parce qu'il y a le mouvement des agriculteurs. Le mouvement des agriculteurs, en l'occurrence, il a pu repolitiser toute la question européenne. Après, nous, dans notre génération, il y a eu la question de la guerre, de l'inflation, de voir des migrants mourir par rapport à Frontex. Il y a eu le Covid. Et là, dernièrement, il y a le mouvement des agriculteurs qui a remis un peu, on va dire, des questions européennes dans tout ça. Mais là, le mouvement des agriculteurs, ça a été très particulier. Et là, ma question, elle s'adresse à vous deux pour le coup.
C'est qu'on a vu un Emmanuel Macron qui n'a pas trop voulu parler Europe, qui a dit, du coup, face à cette colère, on va abroger le plan éco-phito. Donc ça, c'est à l'échelle nationale. Mais on ne peut pas se mentir que sur la question des pesticides, c'est un travail à l'échelle européenne. Et je le dis d'autant plus qu'en fait, nous, ça nous concerne à notre alimentation. Mais moi, par exemple, je travaille sur les ouvriers agricoles en Martinique et en Guadeloupe qui ont été pollués par la question du chlordécone. Aujourd'hui, il y a plein de cancers. Il y a des ouvriers qui meurent. Toute la population est contaminée. Là, le chantier, il en est où actuellement ?
Le problème de fond, c'est qu'aujourd'hui, l'agrobusiness, ils sont plus forts que tout. Et tout le monde se... Ils mettent nos agriculteurs à genoux. Quand les agriculteurs sont dans la rue... Pourquoi ils sont dans la rue ? Mais parce qu'ils ne vivent plus de leur travail. Un agriculteur sur deux, aujourd'hui en France, se suicide. Ils vivent avec 700 euros. 700 euros par mois. On ne peut pas vivre avec 700 euros. Et ensuite, on a une PAC. Alors, c'est une politique agricole commune. C'est une des grandes politiques à l'échelle européenne. Donc ça, c'est génial. Vous voyez ? Sauf que le problème, c'est qu'elle est injuste, cette PAC. 80% des aides vont déjà aux 20% les plus gros.
Et comment ça se fait que c'est comme ça ? Et nous, on se bat au Parlement européen, nous, les écolos. Le problème de fond, c'est qu'on est encore minoritaire. Vous voyez ?
Fabienne Keller, ça a repolitisé l'Europe, la question des agriculteurs ?
Oui, clairement. Et c'est bien qu'on en ait parlé à cette occasion. Vous avez raison de rappeler les scandales avec le recul qui fait qu'on connaît les conséquences des produits utilisés. Alors que le débat porte souvent sur des produits assez nouveaux ou sur lesquels on n'a pas un recul suffisant. Donc il n'y a pas de conscience. Le court terme, le problème du revenu, qui est un problème réel, il faut que les agriculteurs puissent vivre. La question de l'équité, est-ce que c'est juste ou pas ? Je ne sais pas, il y en a beaucoup plus. Il y a plein de problèmes de moisissures sur plein de plantes.
Est-ce qu'on va empêcher des agriculteurs dont le revenu dépend de leur production d'utiliser certains produits fongicides qui vont éviter que la récolte soit largement perdue ? Ou est-ce qu'on reste sur une ligne écolo ? Est-ce que ce Parlement, en 2019, la préoccupation environnementale est très très forte ? Madame von der Leyen est amenée à prendre des engagements forts pour être élue par ce Parlement. C'est très partagé. Ou est-ce qu'on respecte cette ligne ? Alors de temps en temps, il faut savoir faire une concession. Mais il ne faut pas garder le cap, quoi. Parce que sinon, on va avoir des scandales comme ça dans 20 ans.
Alors permettez-moi de faire un autre commentaire sur le débat au Parlement européen. Il est assez difficilement lisible. Parce qu'il est très très différent du Parlement national.
Et ça, c'est qu'il y a une culture parlementaire qui est très différente. Maintenant, on est habitué à l'Assemblée nationale en France avec son ambiance aussi, sa manière de travailler, sa majorité absolue, l'opposition.
Absolument. Or ici, il n'y a pas de majorité. Tout se fait par coalition. Tout se fait par compromis. Donc, tout le monde est mécontent. Eh ouais ! Non, mais il faut comprendre ça. Donc, ce n'est pas du tout simple et carré. Non, non, non. C'est un truc super compliqué. On prend le temps tous de comprendre quelles sont les opinions des autres. Alors ça aussi, c'est un truc qui n'est pas très fréquent en politique. Pourquoi ils ont telle position ? Parce que leur pays, parce que leur territoire, parce que leur sensibilité, comme ceci ou comme cela. Et puis, on trouve ce qu'on a en commun d'abord. Puis, comment, quelles concessions doivent être faites pour arriver à un accord d'ensemble ?
Un, ça prend du temps. Donc, ça, ça ne rend pas terriblement lisible les débats. Deux, ça donne des compromis. C'est comme dans une famille. Ce n'est pas hyper tranché. Donc, ce n'est pas toujours très facile à vendre. Cette culture de coalition d'autres États européens l'ont beaucoup plus que nous. C'est le cas, par exemple, des Allemands. Ils passent très, très longtemps, après les élections, plusieurs mois, à signer un accord de coalition qui ne tient pas toujours bien, d'ailleurs, qui est parfois compliqué dans sa mise en œuvre.
Il n'y a pas le même doute de ce que tu as. Il y a la proportionnelle.
Moi, ce que je trouve très, très, très intéressant au Parlement européen, c'est qu'on a fondamentalement envie de savoir quelqu'un qui est dans la coalition, donc on écarte les extrêmes, qu'est-ce qui le passionne, pourquoi, et au-delà, moi, j'ai beaucoup travaillé sur un sujet très délicat, le pacte asile-migration, et au-delà des postures de départ, qu'est-ce qui vraiment motive la personne, motive son pays, motive son groupe, pour essayer de trouver en responsabilité, parce que ce n'est pas simple, des pistes d'équilibre pour le texte final.
C'est aussi dans l'ADN un petit peu de la majorité présidentielle, ce compromis, cette coalition, on l'a vu avec la loi asile-migration en France, où en fait, on marche main dans la main avec le RN. C'est la réalité, Mme Keller.
Mais non, c'est Mme Le Pen qui a été habile, qui, alors que son parti avait voté contre... Attendez, ne refaites pas l'histoire. Alors qu'elle avait voté contre au Sénat, en commission et en plénière, qu'ils ont voté... Pardon ?
Le RN, ils n'ont pas de sénateur.
Oui, enfin, ou a indiqué qu'ils étaient opposés au moment de la commission et de la plénière. Ils n'en ont pas deux non inscrits ? Aujourd'hui, ils en ont deux.
Ils en ont deux ? Mais ils ne se sont pas tous barrés, tous les deux, pour aller chez Zemmour ?
Oui, oui, oui. Pardon. C'était pas de gravier. Reformulation, l'extrême droite.
Pardon, excusez-moi.
En tout cas, en commission à l'Assemblée nationale, ils votent contre. Et juste avant le vote, elle a tenté un hold-up. Et malheureusement, la majorité n'a pas réalisé qu'il y avait un changement de poste. C'est pas de l'ordre. De dernière minute. Mais en aucun cas, ce sont ces voix-là qui ont fait passer le texte.
Vous regarderez, on a fait... Il y a eu un très beau documentaire sur notre belle émission Backseat. Vous regarderez sur YouTube. On avait prédit 237 jours avant le vote de la loi de l'immigration avec Jean que ça se passerait comme ça. Donc, si nous, on a réussi à le voir... Alors, je vais vous dire un truc
qui va vous surprendre.
Allez-y.
Il y a plein de dispositions dans cette loi qui n'ont absolument pas été débattues, qui n'étaient pas dans les journaux et qui concernent la mise en œuvre du pacte européen. Par exemple, on simplifie les procédures de recours administratifs. Il y en avait 12. Maintenant, il y en a 4. Ce qui fait qu'en fait, elles étaient très mal mises en œuvre. Les droits des migrants étaient assez mal appliqués. C'était trop complexe. C'était très sinué. Il y a la régularisation des travailleurs. L'idée générale, c'est de clarifier la situation des gens pour qu'ils puissent avoir accès au logement, par exemple. Cette régularisation est rendue possible par ce texte.
Ça va dans le même sens, de procédures plus efficaces, plus claires, plus rapides que le texte européen. Personne ne l'a commenté longuement, alors que c'est quand même le minimum de donner un statut à des personnes qui contribuent à l'économie.
Malek, je vais répondre tout de suite, parce que pour nous, on est très cohérents entre ce qui se passe en France et ce qui se passe ici, nous, les écolos. On n'a pas voté ce pacte. Parce qu'il y a quelque chose qui nous fait vibrer, c'est de dire, mais au fait, personne dans le monde, personne dans le monde ne choisit de quitter son propre pays. Vous voyez ? Personne. Et ensuite, s'il faut commencer à dire, bon, toi, tu travailles, on va te régulariser, donc tu as un avantage économique et pas les autres, sur ça, on n'est pas d'accord. Et pour nous, la ligne rouge qui a été vraiment... Pour nous, c'est la question des enfants. Mais nous, on ne met pas des...
La loi française, qui est un petit peu redite entre les lignes des enfants dans les centres de rétention, pour nous, ce n'est pas possible. Donc, sur ce pacte, asile et migration, je crois qu'il manque toute la partie, et je vous le dis, qui aurait dû être travaillée pour lutter contre l'extrême droite. L'Europe, quand elle naît, elle naît au sortir de la guerre, avec des valeurs. Et là, moi, je vous le dis, on est dans un moment où sont les humanistes ? Où sont nos valeurs ? Et je crois que c'est ça qu'il nous faut, en fait. Et je suis très en colère sur cette campagne. On aura l'occasion d'en parler. Mais on n'entend pas beaucoup les Européens, les pro-Européens.
Mais les pro-Européens, avec une autre vision d'un nouveau chapitre de l'Europe. Parce que demain, qu'est-ce qui va se passer ? Tout à l'heure, vous l'avez un petit peu dit. J'étais hyper attentif. Mais demain, en fait, c'est les réfugiés climatiques. On va leur dire quoi ? Restez ? Restez là-bas ? Ben non, en fait. Le problème, il est ça. Il est comme ça. Les réfugiés climatiques ne vont pas demander. Et donc, moi, j'ai vécu 15 ans ici et il y a un moment dans ma vie, franchement, j'ai eu les étoiles dans les yeux. Alors, vous l'aimez ou vous ne l'aimez pas, c'est lorsque Merkel est arrivée, dans l'hémicycle. Elle est arrivée, mais véritablement comme un chef d'État.
Elle a pris la parole et elle a dit, face à la guerre en Syrie, je prends mes responsabilités. parce que moi, qui vivais de l'autre côté du mur, je sais ce que ça veut dire être exclu. Je sais ce que ça veut dire manquer de tout. Et elle a dit, oui, j'ouvrirai les bras, notamment les stades, les gares, pour les réfugiés. Un million. Et elle avait préparé sa... C'est là où, nous, on est considérés, par l'Europe, comme le pays des droits de l'homme. Et je crois qu'on ne le sait pas assez, mais les autres pays nous regardent en permanence. Vous voyez ? Et c'est là... Attendez, je finis ça, parce que je trouve qu'il y a un truc qui est incroyable.
Elle avait préparé la population allemande, non pas sur des... Après, on a dit, oui, c'était économique. Non. Les gens allaient dans les gares, ramenaient des vêtements, et chaque match de foot allemand, il y avait ces banderoles, welcome refugees. Et c'est là où l'Allemagne a sauvé l'honneur de là. grande idée qu'est l'humanisme. Et moi, j'ai trouvé ça extraordinaire. Vous voyez ? C'est ça qui manque en Europe, par moment. Je suis désolée, Jean...
Mais justement, peut-être que... Ça fière. Cet esprit dont vous parlez d'une population et des réfugiés qui organisent la solidarité, les banderoles, welcome refugees. Cet esprit-là, il est frappé de plein fouet par l'agence européenne Frontex. Absolument. De l'Union européenne. Et c'est l'un des angles morts du pacte européen pour l'asile et la migration. Et quand même, on a été confrontés à des scandales successifs de gardes-côtes qui ont laissé des centaines de personnes mourir en Méditerranée, qui ont reçu des appels de personnes qui demandaient à être sauvées et secourues, et il y a eu des politiques de refoulement.
On a appris, grâce à des enquêtes de journalistes, qu'il y a eu des négociations avec des États comme la Libye, qui laissent se perpétrer en son sein quand même une politique esclavagiste des personnes immigrées noires dans des logiques de refoulement. Pour moi, ça, ça a été l'angle mort. Et je voudrais que toutes les deux, vous puissiez clairement vous prononcer sur Frontex. et qu'est-ce qui va devenir de cette chose qui, je pense, est en contradiction totale avec cet esprit de solidarité ?
Fabienne Keller. Alors, Frontex
est une agence créée il y a, je ne sais pas, 10, 15 ans pour épauler les États et renforcer leurs gardes-frontières, pour faire respecter leurs frontières. Parce que nous sommes un ensemble souverain. On a d'ailleurs défini une frontière commune qui est Schengen. Et certains États, à certains moments, font face à une migration importante, voire une migration organisée. Moi, je suis allée, j'ai à mon actif une trentaine de déplacements dans le cadre de l'asile et de la migration. Je suis allée sur les îles grecques, à Lampedusa, plusieurs fois, à Malte, à Chypre, et dans la plupart des États membres, notamment en Roumanie, aux Pays-Bas, enfin, voir ce qui se passait dans les ports également.
Certains États membres, je pense à Chypre, par exemple, qui est en fait l'État membre qui a le plus de migration par rapport à sa population. Et donc, c'est la partie turque de l'île qui est régulièrement, où les Turcs laissent arriver des personnes et la ligne verte se traverse très facilement. Frontex est là et surtout l'agence d'asile qui est une autre agence très importante. Donc, ce travail est utile. Par contre, ce travail, il est dans un cadre. Et les droits de l'homme et surtout la Convention de Genève, c'est-à-dire le droit qui a été appliqué, tu le rappelais, avec honneur par l'Europe en 2015-2016 à protéger toute personne qui est persécutée parce qu'il y a une guerre.
Donc, ça, c'est évident. C'est le cas syrien. Mais aussi, parfois, pour des raisons plus individuelles, parce que c'est un lanceur d'alerte, parce que c'est un LGBT. Il y a beaucoup de pays dans le monde où c'est quelque chose qui est poursuivi. ont besoin. Donc, il faut assurer cette protection. Et pour cela, il faut être en mesure de le faire au moment où les faits arrivent. Donc, Frontex est une sorte de police ou de garde-frontière à l'échelle européenne. Et donc, comme dans toute police, comme dans notre police nationale, il y a une inspection générale, il était prévu qu'il y ait 40 officiers des droits fondamentaux chez Frontex.
la personne qui est numéro 3 sur la liste du Rassemblement national a refusé de les recruter. Il est assez bien à sa place, finalement.
Oui, oui, c'est ça.
Là où il est.
Mais on a fait une erreur. C'est-à-dire,
on a attendu que ce gars-là
aille sur la liste pour se dire que le travail de Frontex
ne va pas bien. Non, Karima, je suis en commission des transports et dans d'autres commissions. Moi, j'étais en commission Libé. Oui, justement. On l'a interrogé. Et moi, je suis d'ailleurs quand même. qui était dans la commission. Allez-y, Fabienne Keller. On l'a interrogé. On a interrogé son conseil d'administration parce qu'il n'est pas tout seul. Et on a créé un groupe de suivi plus précis pour ces push-back, pour ces refoulements de personnes. On a auditionné le responsable des gardes-côtes italien. Vous évoquiez des naufrages. Moi, j'ai en tête le naufrage il y a environ un an maintenant. Bon, il ne nous a pas répondu sur tout.
Il dit que c'est la justice italienne qui est à peu près indépendante. On va voir ce qu'il en est. Mais dans le descriptif fait par Frontex du navire détecté et le responsable des gardes-côtes, il y a six heures de trou. Ils sont allés au contact de ce bateau. Puis ensuite, ils ont vu que tout le monde était naufragé et disparu. Donc, Frontex a une mission qui est claire, qui est de renforcer dans le respect des règles nationales et européennes et le respect de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Convention de Genève, donc l'obligation de non-refoulement d'assurer sa mission.
Et quand elle ne le fait pas bien, parce que c'est comme toutes les polices, la question, ce n'est pas est-ce qu'ils font certaines erreurs ou pas. La question, c'est en cas d'erreur, qu'est-ce qui se passe ? Quel est le niveau de sanctions et éventuellement de changements dans les méthodes ? Mais nous n'avions pas la structure en capacité de faire cette analyse et ce qui ne lui convenait pas, donc il a fini par démissionner parce qu'après, il y a eu également des reconnaissances de fautes graves et de mauvais management en interne par l'organisme de lutte contre les fraudes européennes qui s'appellent l'OLAF. Donc, nous avons mis en œuvre, nous, dès 2020, ses auditions.
Il a démissionné en 2022, donc on n'a pas attendu qu'il soit sur la liste. Pour moi, c'est un homme maintenant en perdition. Par contre, la question pour les entités européennes, c'est d'assurer quand même cette sécurité des frontières. On ne peut pas non plus être complètement désorganisé et quand, via la Bélarusse, la Russie, en fait, pousse des migrants à entrer dans l'Union européenne de manière complètement organisée et artificielle... Mais nous, on paye des pays
pour ne pas faire entrer des migrants. Donc, nous aussi, on est dans l'institut
de la Libye. Et la Turquie, oui.
On va écouter Karim Adéli, aussi, qui n'a pas répondu à la question sur Frontex.
Je suis prête à vous répondre. Il y a des explications très différentes dans les deux cas.
Moi, je trouve que, normalement, l'agence Frontex ne devrait pas exister. Parce que, normalement, on aurait dû mettre tous les moyens pour sauver 50 000 morts. La Méditerranée, c'est 50 000 morts, vous vous rendez compte ? Et au fait, on a 27 pays qui sont des égoïstes. Parce que, sur la question de l'immigration, on a laissé pourrir la situation en Grèce, en Italie. Parce que c'est les premières portes d'entrée. On a attendu, on a attendu, on a attendu. Et si, malheureusement. Alors qu'à un moment, ben si, on n'est plus là, mais à un moment, il y a même eu la question de la répartition. Tout le monde devrait accueillir dignement. Et c'est l'accueil digne.
Et moi, je peux vous le dire, je suis ch'ti. Ben oui, vous pouvez sourire. Mais moi, je vois caler les conditions des migrants. Combien de fois j'ai fait des courriers arrêtés de lancer des tentes dans les bennes en essayant de renvoyer les gens. Les gens qui sont là-bas, je vous assure, parfois, ils me disent en anglais, mais on est traité moins bien que des chiens. Ils ont des droits, ces gens. ils espèrent à une chose, traverser la frontière. Et là, il faudrait vraiment avoir une diplomatie européenne. Et c'est là où ça manque. Ces gens-là ne veulent pas rester en France. La France, et je vous le dis, était le pays d'accueil aujourd'hui.
C'est un pays dont même les réfugiés ne veulent pas rester chez nous. Je suis désolée de vous le dire. Et je termine,
il y a ça.
Et puis, il y a surtout des choses qui sont dites par l'extrême droite qui sont fausses. On nous dit, il y aurait une vague de migrants, là, là, là, là. Mais les flux les plus importants, c'est de sud à sud, mais en Afrique. Parce que ceux qui peuvent partir, c'est ceux qui ont les moyens. Et quand ils arrivent, ils ne vont pas profiter de votre sécurité sociale ni rien. Ils sont déjà grands. Ils ont des diplômes.
Quand on est présidente de la commission des transports, comment on fait concrètement, parce que vous parliez d'accueil digne, pour mettre en place des revendications concrètes pour cet accueil ? Moi, je vais vous donner un exemple. Moi, j'accompagne des mineurs isolés qui, actuellement, occupent la maison des métallos Paris 20e. L'une de leurs revendications, c'est le transport gratuit pour pouvoir accéder à des formations à l'école. Et c'est le pouvoir d'aller de pays en pays pour faire en sorte de se faire régulariser correctement. Que fait la commission des transports ?
Alors, la commission des transports travaille en lien directement avec notamment la commission sur cette volonté de travailler sur la gratuité. Le problème de fond, c'est que l'Europe n'a pas les pouvoirs, aujourd'hui, je n'ai pas les pouvoirs sur les villes sur rendre gratuit. Donc ça, c'est la première... Attendez, attendez, attendez.
Après, on va parler de la campagne européenne.
Attendez. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, la deuxième chose qui, moi, me paraît très, très importante, c'est lorsqu'on a accueilli des Ukrainiens, etc., il y a eu des dispositifs tout de suite de déplacement, notamment dans les transports. Parce que quand on accueille, on accueille partout pour les accompagner. Et donc, là aussi, il va falloir lutter. Parce qu'ils doivent avoir les mêmes droits. Et dernière chose, c'est que la gratuité, elle se fait aujourd'hui à l'échelle des pays. L'Estonie, gratuité. Le Luxembourg, gratuité. Alors, quand je dis gratuit, ce n'est pas juste les transports. C'est aussi les trains, demain, vous voyez.
Et donc là, la véritable question, c'est que le droit à la mobilité ne concerne pas seulement les citoyens européens, mais devra concerner demain ceux qu'on accueille et qu'on doit accueillir dignement.
Fabienne Keller.
Voilà, ce n'est pas le sujet principal, mais un élément du pacte asile-migration, c'est de définir des conditions d'accueil par un texte qu'on appelle une directive, c'est-à-dire un texte d'encadrement. Prévoit notamment les conditions de logement, les conditions de transport et les règles pour les enfants qui prévoient que l'accueil doit se faire, comme c'est dans l'inconvention des droits de l'homme, dans l'intérêt supérieur de l'enfant.
Donc, ce pacte, je ne voudrais pas qu'il soit caricaturé, on ne va pas passer l'émission là-dessus, mais qu'il soit caricaturé, il vise à faire respecter les règles, parce qu'il y a des règles aux frontières, c'est comme ça, mais à appliquer une solidarité en cas d'arrivée nombreuse entre les États membres et pas juste la France, l'Allemagne et les Pays-Bas, comme c'est le cas actuellement, mais à 27, et puis avoir de meilleurs traitements des demandes d'asile, aujourd'hui, ce n'est pas bien ce qu'on fait. On fait attendre les gens et donc, ils sont mal accueillis, c'est une espèce de cercle vicieux. Les MNA ne sont pas correctement accueillis
et mineurs
non accompagnés, donc ils sont protégés plus particulièrement parce qu'ils sont mineurs. Ils ne sont pas correctement accompagnés, ce qui est très mal, parce que toutes les études sociologiques montrent que plus on est accueilli vite et mieux en fait ça se fait. C'est normal, tu le rappelais, nul ne choisit de quitter son pays par choix, donc c'est déjà un processus douloureux, on a quitté son chez soi, donc il est important de pouvoir s'installer très rapidement. D'ailleurs, il y a une statistique qui est passionnante, c'est le nombre de migrants en Hongrie, c'est 27. Je pense que c'est une erreur statistique, c'est zéro en fait. Pourquoi ?
Parce que les migrants, ils ne vont jamais là où ils savent, la Hongrie de M. Orban, qui est un dictateur, qui fait sa propagande contre les migrants, parce qu'ils savent qu'ils n'y seront pas bien accueillis et donc qu'ils ne pourront pas s'installer et poursuivre leur parcours.
On est en pleine campagne des élections européennes, c'est en train de monter en tension. Lorraine, tu avais une question sur le renouvellement.
Oui, il me semble que vous n'êtes pas candidate à votre réélection, toutes les deux. Oui.
Madame Keller, on attend encore la liste.
On attend la liste, on attend la liste. C'est encore mon pour parler. Mais je suis candidate à la candidature. Vous êtes candidate à la candidature. OK, bon. C'est le 9 juin, je ne peux pas dire. Pourquoi on accélère ? On est surpris jusqu'au 13 mai, je crois. Mais bon, pourquoi pas ? Mais donc, du coup, pardon, j'ai perdu ce que je disais. Donc, il semblerait qu'il y ait des petits tensions chez les Verts, on dirait. Parce que... J'ai l'impression que ce n'est pas que c'est chez les Verts. Non, mais tout pareil. Notamment. Notamment.
Mais il semblerait qu'il y ait des petites tensions chez les Verts parce que j'ai analysé votre feed Twitter, enfin X maintenant, et je n'ai pas vu de participation à la campagne de Mme Toussaint, d'Europe Écologie Les Verts. Donc, qu'est-ce qui se passe ? C'est plus l'ambiance boutithérapie. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je me suis entraînée, je suis prête. Non, ce n'est pas ça, c'est que moi, je suis présidente de commission et jusqu'à là et jusqu'à hier, vous savez, moi, je suis écolo, sauf que je préside d'une commission, alors je suis la première femme.
Vous n'avez pas fini votre phrase jusque-là, quoi ?
Et jusque-là, en fait, j'avais des textes à gérer. Et pour moi, les textes à gérer, je vous donne un exemple très concret, c'est notamment, je ne sais pas si vous l'avez entendu, l'arrivée des méga-camions en Europe, des 60 tonnes partout sur les routes. Et donc, je suis en train de négocier parce que la prochaine réunion du Conseil, c'est-à-dire la réunion des chefs d'État et des ministres, il faut que la France dise non. Parce qu'autrement, si elle ne dit pas non, les Allemands, ils ont dit oui, les Espagnols, ils ont dit oui, la Belgique, ils ont dit oui. Donc, si nous, on dit oui, on va avoir des méga-camions qui passent chez nous. Donc, ce n'est pas possible.
Donc, jusqu'au dernier moment, c'est-à-dire là, cette semaine, je ne pouvais pas réellement m'investir à fond dans la campagne parce que malheureusement, je suis aussi en train de négocier. Donc,
vous allez vous investir dans la campagne de Marie-Coussin ? Ça y est,
on est parti. Non, mais là, dès demain matin. Allez,
la vraie version, Karim Adé.
Donc, dès demain matin, en tout cas, moi, je pense que c'est une élection pour nous qui est indispensable et je vous le dis de manière assez sérieuse parce qu'on a réussi à arracher en 2019 le Green Deal et je peux dire que le Green Deal, on est le seul continent qui donne un cap de lutte contre le dérèglement climatique. Moins 55% d'ici 2030. Le problème de fond, c'est que tout le monde a signé, tout le monde est content mais tout le monde est en train de le détricoter et moi, j'étais furieuse contre le président Macron quand il a dit il faut faire une pause environnementale. On n'a pas le temps.
Vous l'avez dit avant.
Oui, mais on n'a pas le temps.
Mais vous étiez candidate à votre réélection ou pas ?
Non, je n'étais pas candidate. Vous pouvez aller vérifier, Malek.
Je vous pose la question. Vous allez faire quoi d'ailleurs maintenant ?
Désolé, je pense que on se revoit après. Réinvitez-moi. Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, avec mon expérience, je ne vais pas vous mentir, il y a beaucoup de gens qui m'ont proposé des choses.
Vous approchez ? Oui. Vous êtes bankable, Karim Adélie. Non,
je ne suis pas bankable. C'est-à-dire que je pense que je vais continuer à travailler sur les sujets que je connais, les trains de nuit, plus de vélos. On va mettre en place la première politique industrielle du vélo. Mais je vous le dis tout de suite, je reviens en force pour... Ah oui, non, mais je reviens sur le terrain. Je ne quitte pas l'Europe, mais je reviens en force en France pour faire de la vraie politique.
Fabienne Feller, on l'a dit, il n'y a pas encore de liste Renew déposée. Valérie Ayé a un petit peu du mal à percer l'écran et à faire une campagne européenne digne de ce nom. L'écart se creuse avec Jordan Bardella. Dans quelle situation est la campagne pour la majorité ?
Alors, on est complètement mobilisés en termes de campagne. Ça fait de longs mois qu'on est sur le terrain, mais ce n'est pas très visible. C'est comme ça, parce que c'est peu médiatisé en France. On parle peu d'Europe. D'ailleurs, Jean Arthuis, quand je suis devenu député européen, lui quittait le Parlement, m'a dit, c'est la diète médiatique. En fait, quand on fait des choses européennes, parce qu'en fait, on est sans cesse invité sur les plateaux à Paris et on est soit à Bruxelles, soit à Strasbourg. Donc, ce n'est pas très commode. Et puis, parfois, on a des réunions, des votes à assurer. C'est d'ailleurs intéressant. M.
Bardella et ses homologues des groupes d'extrême droite, ils sont tout le temps sur les plateaux. C'est parce qu'ils ne sont jamais chez nous. Moi, je peux vous dire sur le travail, les travaux que j'ai pu faire, soit en commission Butch, soit en commission Libé, ils apparaissent juste au moment des votes décisifs pour essayer de tout mettre par terre.
Tu les vois, moi, je ne les vois jamais. Oui, deux ou trois fois en cinq ans, c'est pas mal. Moi, je suis présidente et franchement, ils ne viennent pas. On les voit. Oui,
c'est hallucinant. Vous dites Valérie Hayé n'est pas connue. Il se trouve qu'elle est patronne d'un groupe qui rassemble 25 délégations, 25 pays différents, 103 députés de 25 nationalités. Donc, elle est légitime ici. Nous étions ensemble, j'étais avec elle, sur les sujets de budget et de plan de relance, les 750 milliards après la crise Covid, le plan Marshall pour remettre en route l'économie. Elle a été extrêmement combative, elle est très reconnue. Et ça, ce n'est pas connu du tout. Ça n'existe pas, en fait, en France. Mais moi,
je pensais qu'on allait...
Je pense que, et j'espère, que les semaines qui nous restent créeront une focalisation sur les questions européennes et du coup, des débats de qualité. Vous y contribuez et je m'en réjouis vraiment pour que, voilà, à cette occasion-là, peut-être un peu une découverte ou des compléments d'info sur, bah oui, ça compte pour nos vies quotidiennes, ce qui est décidé en Europe puisque, assez régulièrement, soit on décide d'argent, soit on décide de règles qui sont directement applicables.
Moi, je voudrais quand même dire un petit truc, s'il te plaît. C'est-à-dire, non mais moi, je passe à mon père, vous voyez ? C'est-à-dire, l'ouvrier textile qui n'allait, s'il n'allait pas au travail, il n'était pas payé au fait, vous voyez ? Et les Bardellas, etc., ils sont très bien payés parce que ça va quand on est député européen et ils ne foutent rien en fait. Et moi, je trouve ça scandaleux pour les Français mais aussi pour l'image de la France ici au Parlement européen parce que l'image qu'on va envoyer encore, c'est des gens qui ne travaillent pas et qui donnent une image, on s'en fout du travail parlementaire. Donc, il faut se réveiller sur ce volet-là.
Il faut envoyer des gens qui bossent.
Merci beaucoup Karim Adéli et Fabienne Keller d'avoir accepté de venir sur le plateau de la suite ici à Strasbourg. Merci à toutes les deux.
Fabienne Keller