TRAFIQUANT DE DR*GUE INTERNATIONAL : APRÈS 22 ANS DE PRISON, IL RACONTE (FUSILLADES, ARRESTATION…)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 66 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:40non_speechFait
« Je suis sorti en 2019 au mois d'octobre. »
- 5:06non_speechChiffre
« Il y a 55 fiches, tu vois, pour être précis, pour donner un peu de chiffre sur les gendes. »
- 8:45non_speechChiffre
« On était six. Six. On était six, on dormait tous dans la même pièce. »
- 12:20non_speechFait
« Je trouvais un petit peu un climat que j'avais pas à la maison. »
- 15:17non_speechFait
« Donc j'avais des bleus vraiment partout et à chaque fois que j'étais repris, c'était un peu près la même histoire. »
- 17:06non_speechFait
« On arrive à un moment donné dans un petit village et arrivé dans ce petit village euh on voit une on tombe sur une voiture une espèce de quatrelle fourgonnette qui est démarrée. »
- 20:17non_speechFait
« Il avait un couteau dans les mains que je n'avais pas vu et en fait ça m'avait juste éraflé. »
- 20:54non_speechChiffre
« Elle faisait 10 cm de long. »
- 23:26non_speechFait
« Moi je cours derrière eux et tout, je suis fatigué et eux, je les vois, ils ont la pêche et j'ai ma grosse doudoune. »
- 24:42non_speechFait
« J'ai rien senti. Ça m'a donné envie de vomir comme c'est souvent le cas quand on consomme au début. »
- 26:01non_speechFait
« Tu dis qu'est-ce que tu ressens au début et qu'est-ce que tu ressens après ? »
- 27:40non_speechFait
« Quand je prenais ce produit, ben je ne ressentais plus en fait euh ça m'empêchait de ressentir euh cette douleur qu'il y avait en moi. »
- 31:09non_speechFait
« Ma mère me dit voilà il faut que tu arrives à faire quelque chose faut que tu arrives à trouver un travail. »
- 33:00non_speechFait
« J'ai laissé, je suis reparti avec eux. Donc bah là dégringolade. »
- 34:53non_speechFait
« On se fait courser, il arrive à se sauver puis moi je me fais arrêter parce qu'en fait on tourne, je le vois rentrer dans un immeuble. »
- 36:04non_speechFait
« Le juge pour enfant, c'était pas seulement le juge quand je faisais une connerie. C'est le juge qui a décidé pour mon premier foyer, qui a décidé pour mon deuxième foyer. »
- 37:08non_speechFait
« Il y avait pas trop de caméra de surveillance. C'était pas, il y avait pas d'alarme, il y avait pas de caméra de surveillance. »
- 37:39non_speechFait
« Je vais t'envoyer en prison, je vais pas te laisser longtemps, juste quelques jours mais au moins tu vas voir ce qui t'attend. »
- 38:18non_speechFait
« Tu manges 2 heures après, tu as faim mais bah tu auras rien d'autre en fait. Il faudra attendre la gamelle suivante. »
- 39:31non_speechFait
« La majorité des détenus aujourd'hui qui utilisent des téléphones, c'est pour appeler leur famille, pour appeler leurs gamins. »
- 41:13non_speechFait
« Dès le lendemain, en fait, j'arrive en promenade et là quand je vois la cour de promenade, bah je vois quoi dans la promenade ? Je vois tous les mecs de mon quartier. »
- 42:19non_speechFait
« On a créé un lien qu'on avait pas avant. »
- 42:57non_speechFait
« Dans mon quartier, bah j'ai les mêmes potes, les mêmes connaissances. Enfin, ma vie, elle a pas changé. »
- 44:17non_speechFait
« Il a connu les amphétamines donc il avait un petit peu galéré. »
- 1:29:11non_speechFait
« il organise un trafic à l'extérieur avec sa nana. Enfin je suis absolument pas au courant, j'ai rien à voir dans cette histoire. »
- 1:29:43non_speechFait
« Le jour de la naissance de mon bien, on me retire tous mes permis de visite. »
- 1:30:15non_speechFait
« Le juge d'instruction vient de retirer tous vos permis de visite. »
- 1:30:15non_speechFait
« ils explosent ma cellule sur du juge. Donc, ils prennent ma puce de téléphone, c'est tout ce qui trouve. »
- 1:30:50non_speechFait
« ils ont trouvé une corde artisanale, un pass pour ouvrir les menottes, un téléphone, une puce, une batterie et cetera. »
- 1:31:22non_speechFait
« Tu avais un téléphone et cetera et donc tu reprends à chaque fois en fait tu t'aggraves ton cas à chaque fois. »
- 1:32:01non_speechFait
« ils viennent dans ta cellule et donc quand tu vas arriver au jugement, tu vas prendre combien sur ce jugement là ? »
- 1:32:40non_speechFait
« je suis confié au zéris, donc groupe d'intervention. Je suis emmené à l'isolement total, donc à Angoulem. »
- 1:33:19non_speechFait
« je suis là pour une raison au départ qui ne m'appartient pas. Ce trafic j'y ai jamais participé et j'en étais absolument pas à l'origine »
- 1:33:56non_speechFait
« le juge se trompe, il fait un fou en écriture, il corrige hors de ma présence, qui est complètement illégal. »
- 1:34:32non_speechFait
« je me rends compte que je suis en train de tout perdre alors que pour une fois, je suis pas à l'origine de ça »
- 1:35:06non_speechFait
« il y a un renouvellement de mandat de dépôt. Le juge se trompe, il fait un fou en écriture, il corrige hors de ma présence, qui est complètement illégal. »
- 1:35:40non_speechFait
« Faites votre pactage, vous êtes libéré. »
- 1:36:16non_speechFait
« j'ai fait des faux papiers, j'ai j'ai mis des choses en place et dès que j'ai pu, bah je me suis barré. »
- 1:38:31non_speechFait
« il a une somme d'argent de marchandise et il a décidé de partir avec tout ça. C'est que de la trahison dans c'est. »
- 1:39:06non_speechFait
« je vais le lever de toute façon. Voilà, c'est hors de question que je laisse ça comme ça. »
- 1:39:38non_speechFait
« elle donne l'adresse du village. Mais moi, j'étais pas dans ce village, j' dans une autre ville à côté. »
- 1:40:07non_speechFait
« j'ai un mandat d'arrêt européen qui est lancé. Ils me cherchent dans ce côté de l'Espagne. »
- 1:40:46non_speechFait
« je me fais arrêter sur un flag ou ou je me fais arrêter parce que j'ai une balous sous la voiture. »
- 1:41:17non_speechFait
« Je vois les deux voitures hein. Des faux couples. Ouais, ben c'est des flics hein. »
- 1:41:52non_speechFait
« mandat d'arrêt européen, c'est-à-dire un mandat d'ar interpol. Non, c'est européen en fait. »
- 1:42:26non_speechFait
« je suis inculpé pour deux affaires pour lesquelles le mec s'est fait arrêter à la guerre du Nord avec la valise à un double fond qui pas balancé. »
- 1:43:42non_speechFait
« ce qui est violent en prison déjà, c'est la maison d'arrêt à cause de la promiscuité, à cause du manque d'intimité. »
- 1:44:58non_speechFait
« le seul faut dans l'histoire, c'est toi. C'est toi parce que bah personne t'a obligé. »
- 1:45:35non_speechFait
« j'ai connu une vraie solidarité de la part de pas mal de personnes aussi bien sûr un beaucoup de violence mais souvent ils s'en prennent au plus faible. »
- 1:46:11non_speechFait
« le vrai luxe, c'est d'avoir un avocat qui arrive à te faire sortir avant l'heure. »
- 1:46:43non_speechFait
« quand tu as un enterrement auquel tu peux pas assister, quand j'ai perdu mon père, on m'a pas laisser y aller. »
- 1:47:22non_speechFait
« je vois 30 40 téléphones sortir. Alors qu'il y a une guérite, il y a le mec en haut, il nous voit, personne se cache, des téléphones de partout. »
- 1:48:33non_speechFait
« il découpe le grillage devant le il a découpé le grillage normal, il essaie d'attraper les colis et il y a une fois un surveillant qui arrive, il prend devant le surveill mais vraiment devant lui he à 1 m c'était le surveillant qu'il prenait. »
- 1:49:09non_speechFait
« le mitard, donc c'est la prison dans la prison euh là, tu es tu es tu as l'impression d'être vraiment plus rien, d'être même encore moins que rien. »
- 1:49:46non_speechFait
« tu es face à toi-même. Tu as pas d'échappatoire, tu peux plus faire de sport, tu as pas la télé, tu peux pas cuisiner et tu as tout qui remonte à la surface. »
- 1:50:21non_speechFait
« tu as ton stylo, tu peux écrire voilà, tu fais un peu de pompe et bon ça te pl pas tes 20 tes 24 heures et 30 jours c'est long quoi. »
- 1:50:56non_speechFait
« ma vie, elle est finie quand je vais sortir en fait. »
- 1:51:36non_speechFait
« la trahison de mon frère, ça me dévore de l'intérieur. Mon propre frère, enfin je lui ai donné de l'argent, je me suis occupé de lui. »
- 1:52:14non_speechFait
« je mets mes lettes en évidence sur la table et je défa mon drap, je mets au barreau, je me le passe autour du cou »
- 1:53:26non_speechFait
« j'ai trouvé la foi en prison. J'ai pas été chercher ça. Ça m'est tombé dessus. »
- 1:54:04non_speechFait
« j'ai demandé à être baptisé. Euh je suis sorti en permission pour me faire baptiser et mon visiteur de prison était mon parrain. »
- 1:54:43non_speechFait
« quand tu cherches du travail, on te demande ton casier judiciaire. Donc pendant un an, je postulé à 10 offres par jour. »
- 1:55:18non_speechFait
« je postule pour un poste de veilleur de nuit dans une association d'hébergement pour migrants. »
- 1:56:56non_speechFait
« c'est aussi tout ce parcours qui fait l'homme que je suis aujourd'hui avec mes valeurs, avec mes principes. »
- 1:58:07non_speechFait
« le jour où il y a de la marchandise qui va se faire prendre, il va se faire éclater dans la cave et là il va falloir qu'il rembourse la marchandise avec les intérêts et là c'est que le début d'une très grande galère. »
- 1:59:19non_speechFait
« il y a sur terre, il y a une nana qui est faite pour moi, une nana celle qui qu'il me faut. »
- 2:01:04non_speechFait
« Dans la vie, on fait tous des choix, des bons choix, des mauvais choix et chaque choix, il a ses conséquences. Moi aujourd'hui, je suis en train de payer les conséquences de mes mauvais choix passés. »
- 2:02:06non_speechFait
« à peu près à 20 reprises dans notre vie, où j'habitais là où elle travaillait, où elle habitait là où je travaillais. »
- 2:02:40non_speechFait
« j'ai écrit dans mon livre que j'ai fait une deuxième rencontre avec celle qui va devenir mon épouse et auprès de qui j'apprendrai le vrai sens du mot aimé. »
- 2:03:16non_speechFait
« je connaissais la personne de l'intérieur et mais j'avais aucun doute, quoi. »
- 2:03:53non_speechFait
« je lui ai pardonné parce que en même temps personne m'a forcé à lui faire confiance. Encore une fois c'est moi qui lui ai fait confiance. »
- 2:04:24non_speechFait
« Le monde a changé en 12 ans. Il y a des pays qui ont disparu, d'autres qui ont changé, d'autres qui ont des frontières qui ont éclaté, des voitures qui ont évolué, des technologie de l'IA. »
- 2:05:36non_speechFait
« aujourd'hui, j'arrive à me réveiller que cinq ou six fois. Mais ça, j'ai jamais repassé 8h d'affilé. »
- 2:06:46non_speechFait
« un ministre lui fait croire que finalement l'auteur des faits pour lesquels est devenu victime, on l'envoie pas en prison mais on l'envoie dans un club M. »
- 2:07:21non_speechFait
« on a reconstitué une cellule de prison avec un lit superposé, avec la table, avec une cabine téléphonique, avec toutes les les trace d'humidité, de saleté, les toilettes, le manque d'intimité, enfin voilà, on a vraiment tout reconstitué avec les graffiti tout ça. »
- 2:07:53non_speechFait
« dans une cellule quand tu vois tes vidéos, tu vas t'apercevoir déjà il y a qu'un lit dans la cellule. Donc déjà, tu es pas en maison d'arrêt. »
- 2:09:00non_speechFait
« c'est les mecs qui gueulent aux fenêtres, c'est les mecs qui gueulent dans les coursives, c'est le bruit des clés, des grilles, des portes, c'est les haut-parleurs, les talkywalky, euh voilà, c'est tous ces bruits qui sont là en permanence du matin au soir »
- 2:09:42non_speechFait
« la prison elle répare rien. Moi aujourd'hui j'ai l'impression de réparer mes mauvais choix et en même temps si j'en suis là aujourd'hui c'est aussi parce qu'on m'a tendu la main »
- 2:10:15non_speechFait
« Ton témoignage, il m'a tellement touché, il m'a tellement donné à travailler. Je voulais te dire j'ai suivi tes conseils, je suis parti de mon quartier, je me suis engagé dans l'armée, je suis réserviste aujourd'hui, j'ai un boulot, je développe une passion pour la photo. »
- 2:11:27non_speechFait
« Quand on s'est vu, bah c'est un étranger que je vois, c'est mon fils mais un étranger. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gendes. Aujourd'hui, notre invité s'appelle Yannick Desland. Il a été trafiquant de drogue internationale. Il vient de sortir de 22 ans de prison. Il y a des mecs que je connais, je leur achète 3 kg qui sont planqués dans la [musique] voiture. 3 kg en France, c'est beaucoup hein. Très clairement. C'est plus années de prison. À un moment donné, donc mon ex me dit "Merde, il y a les gendarmes qui sont en train de contrôler au feu rouge." À peine j'arrive à leur niveau, je les appelle, je les appelle.
Je dis "Excusez-moi et tout, j'ai rendez-vous avec les gens de la ville [musique] à l'hôtel Ibis mais là, j'arriverai jamais à l'heure avec les embouteillages qu'il y a." Et là le gendarme dit "Bah bougez pas, on va vous ouvrir la route." Et là il y a un gendarme motard qui se met devant un autre derrière girofa et il nous accompagne jusquà l'hôtel Ibis. Tu as déjà pensé à tirer sur quelqu'un ? Ouais. Tu as déjà vu quelqu'un te tirer dessus ? Non. Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gendes. Aujourd'hui, notre invité s'appelle Yannick Desland. Il a été trafiquant de drogue internationale. Il va nous raconter son parcours. Il vient de sortir de 22 ans de prison.
Euh il a 56 ans aujourd'hui, complètement repenti. Il a fondé une association qui s'appelle Murmure pour venir en aide et pour aider aussi à la réinsertion et pour surtout donner euh euh au aux gens envie de faire autre chose que des choses illégales pour ne pas aller en prison. Il va nous raconter son parcours total. Il m'a proposé de venir vraiment pour pouvoir lui poser toutes les questions possibles qu'on se pose sur ce qu'est un traficant de drogue internationale. Comment est-ce qu'il passait tout type de drogue ? Comment est-ce qu'il passit les frontières entre l'Espagne, la France, la Belgique ? Vous allez voir les parcours.
Est-ce qu'il y a des règlements de compte auquels il a pu assister ? Est-ce que parfois il y a des amis qui ont été touchés par des balles ? Il se tirent dessus, il va nous raconter tout ce qu'il a pu voir de l'intérieur. Est-ce que ça ressemble au film ou pas ? C'est une mission exceptionnelle qui nous propose de de faire aujourd'hui. En tout cas, il nous a envoyé un mail. N'hésitez pas à faire pareil. Contact@legendegroupe.fr. Juste avant de commencer, abonnez-vous à notre chaîne YouTube si vous voulez les amis, dans 30 secondes. Ça nous aide vraiment. Plus vous êtes nombreux, plus on peut avoir d'invités exceptionnels comme Yannick Deland aujourd'hui.
Et puis sur les podcasts sur Spotify, 10, Apple Podcast et Amazon Podcast, vous pouvez nous écouter si vous nous découvrez aujourd'hui en vidéo par exemple sur YouTube, vous pouvez nous écouter sur les plateformes de podcast audio quand vous êtes sur la route, vous pouvez le mettre comme ça dans la voiture, sur un trajet ou en faisant du sport. En tout cas, merci d'être là. Et juste avant de commencer, je vous rappelle qu'on part en tournée, ça va s'appeler le légende tour avec six invités qui ont marqué la chaîne.
On s'est dit avec toute l'équipe qu'on allait réserver des salles pour faire le plus grand podcast du monde puisqu'on va garder quelques minutes par jour pour en faire le plus grand podcast avec 1200 d'entre vous qui allaient venir sur toutes les dates. Il y a 18 dates au total. On passe deux fois à l'Adidas Arena à Paris. On passe aussi à Forêt Nationale deux fois. Je vous mets toutes les dates. C'est en octobre et novembre 2026. On part avec des invités qui ont marqué la chaîne, des invités exceptionnels. Il y aura pas moyen de capter. Vous n'aurez pas de possibilité de filmer à l'intérieur de la salle, pas de vidéo. Euh tout ce qui va se passer en salle restera en salle.
Vous allez entendre des anecdotes, des confidences exceptionnelles. Chaque invité racontera trois choses qu'il n'a jamais raconté et il y aura des artistes qui se rajouteront à chaque date. Franck Dubosque sur certaines, Ragnard le Breton sera là sur d'autres par exemple. On aura Remy Gaillard sur certaines, Esther Abraham la violonise qui sera avec nous. Sarawab aussi qui fait des imitations exceptionnelles. Il y aura Maxime Gasteuil aussi comme humoriste. Il y aura Michelun, je crois Cavadam sur certaines date qui viendront nous nous rejoindre. Donc voilà toutes les dates. Vous pouvez aller les voir sur légende-tour.fr pour prendre vos places.
Vous pouvez venir en famille, vous pouvez venir avec des enfants, avec vos parents, vous pouvez vraiment venir en famille. On va apprendre beaucoup de choses. Ça va changer d'aller voir des concerts. Là, c'est vraiment un show, un spectacle, il y aura des surprises et il y aura plein de choses intéressantes à entendre aussi. En tout cas, hâte de vous y voir et c'est parti du coup avec Yannick Dayland qui est trafiquant de drogue internationale qui a été trafiquant de drogue internationale sur les jambes qui va nous raconter son parcours. C'est parti. Bonjour, je suis Yannick Dland, ancien trafiquant de drogue internationale.
J'ai fait 22 ans de prison et je suis venu pour vous raconter mon histoire sur légende.
[musique]
Voilà. Bienvenue Yannick, je te reprends le je te reprends le clap. Merci de de venir nous raconter ton parcours. Tu es sorti en quelle année de de prison ? Ça fait 22 ans de prison. Tu disais ? Je suis sorti en 2019 au mois d'octobre. Au mois d'octobre. Tu as sorti un livre, on en parlait. Tu participes à une association aussi qui s'appelle Murmur. Tu l'as créé l'association Murmur ? Je suis fondateur de l'association. Fondateur et qui aide les détenus à se réinsérer. Tu vas nous raconter ton parcours. Tu as vécu beaucoup de choses. Vous allez voir, c'est un peu ta vie, c'est un peu une série, un peu un film. Mais tu regrettes plein de trucs.
Tu vas nous raconter, tu as plein de regrets sur sur ta vie. Comment tu t'es retrouvé là d'ailleurs dans l'émission ? Bah tout simplement parce que sur les réseaux sociaux euh je suis en contact avec différentes personnes qui sont passées dans votre émission et du coup il y a toujours des renvois euh sur ce qu'ils ont fait. Ah ou tu vois des petites capsules des trucs. Exactement. Voilà. Donc je je suis tombé sur les capsules et en découvrant un petit peu leurs interviews, je me suis dit "Ouais, c'est une émission qui est géniale et à laquelle j'aimerais participer." Et par contre en arrivant aujourd'hui dans vos studios, j'étais très surpris par l'équipe que vous avez.
Donc une équipe 38 personnes, très honnêtement. Enfin, moi je m'attendais à ce qui est 7 8 10 personnes quoi. Donc j'étais assez impressionné quand même. C'est vrai ou maintenant il y a quasiment 40 personnes dans l'équipe là. Ben tu as vu, en fait ça va vite hein. Il y a déjà six journalistes en fait on dirait pas mais euh il y a du monde en régie, il y a du monde pour le maquillage, il y a du monde partout en fait. Et beaucoup de travail en amon. Et beaucoup de travail. tu m'as dit il y a des auteurs qui préparent l'émission quasiment h aujourd'hui. Ouais, il y a 55 fiches, tu vois, pour être précis, pour donner un peu de chiffre sur les gendes.
C'est intéressant aussi parce qu'on le dit jamais. C'est pas ton vrai prénom, Yannick, ni ton nom des Landes d'ailleurs, c'est ni ton c'était un prénom que tu avais utilisé en caval je crois. Exactement. En fait, c'est une identité que j'avais sur mes faux papiers quand j'étais recherché que j'étais en Espagne. J'étais arrêté d'ailleurs sur ce sous ce nom-là. Euh effectivement, c'est un pseudonyme que j'utilise en c'est mon pseudonyme d'intervenant et d'auteur. Et pourquoi tu as pas pris ton vrai nom ? Est-ce qu'il y a une raison particulière ? Alors au début quand j'ai écrit mon autobiographie, bah moi j'ai mis mon vrai nom en vrai prénom parce que j'ai rien à cacher.
Enfin voilà, j'assume complètement. Et après avoir envoyé mon autobiographie à mon éditeur, c'est mon épouse qui m'a dit "Mais non, en fait, tu vas pas mettre ton nom parce que sa famille n'est pas au courant de mon passé. La famille de ta femme ?" Ouais, ma belle famille. Tout à fait. En plus, bon, ils sont à l'étranger. Donc elle m'a dit suffit qu'un de mes vœux tape ton vrai ton ton nom sur internet et il voit ancien trafiquant 22 ans de prison et [rires] tout. C'est juste pas possible quoi. Là c'est divorce assuré quoi. C'est le dimanche après-midi, le poulet il a pas le même goût quoi. Tu manges dire tu nous as pas raconté un truc ? C'est ça. Bah surtout dans les débuts quoi.
Je pense qu'aujourd'hui ça fait quand même 6 ans qu'on est ensemble. Donc même s'il découvrait mon passé, ils connaissent l'homme que je suis aujourd'hui donc ça passerait beaucoup mieux. Mais voilà, du coup, j'ai quand même respecté ça sa sa demande. On va parler de tu es allé en isolement, tu les tentatives d'évasion, deide aussi, tu as eu plein plein de choses. Euh tu as été trahi par des des gens de ta famille, par des amis, les les milieux de de voyou, je sais pas comment comment vous appelez ça entre vous d'ailleurs du milieu vous dites. Bah moi je disais que j'ai été trahi par mes pseudos associés et mes pseudos amis. Tu dis que tu es un commerçant de l'illégal.
J'ai vu un moment donné dans le livre. Alors consid enf tu te considérais en tout cas est-ce que tu es pas fier de ce que tu fais ça pourtant enfin de ce que tu as faitas tu as fait des erreurs et tu les assumes complètement alors évidemment je suis pas là pour faire la promotion du trafic qui évidemment ne devrait même pas exister parce que ça tue des vies et ça en brise beaucoup d'autres euh évidemment que je suis absolument pas fier de d'avoir eu ce cheminlà mais c'est ce chemin aussi qui fait l'homme que je suis aujourd'hui. Euh pourquoi je dis que je suis un enfin que j'ai été commerçant du légal tout simplement parce qu'aujourd'hui il y a des commerces légals.
Je parle du tabac, je parle de de l'alcool qui tue énormément de vie et pourtant enfin quand on en parle genre c'est pas grave les gens qui première cause de mortalité le tabac première et deè deè cause pour l'alcool tout à fait donc oui ce que j'ai fait c'est légal tu as raison c'est légal et c'est ce que je dis souvent parce qu'il y a des gens des fois qui font des commentaires sur les réseaux sociaux qui me disent ouais vous vendiez de la mort mais comme je leur dis enfin si demain votre neveu il est buralise lui serrerit la main et vous serez très content de ce qu'il est devenu pourtant ça crée beaucoup plus de mort que ce que j'ai fait ça ne justifie pas ce que j'ai fait on On est bien d'accord là-dessus hein, mais voilà, c'est aussi une réalité.
Donc bah ça a été mon parcours. Mais on va l'expliquer de toute façon. Tuas tu as grandi à Barb ? Tu es né ? Tu es né à Paris ? Alors moi je suis né à Paris dans le 18e arrondissement à l'hôpital La Riboisière. J'ai grandi dans vers Montmartre pour ceux qui si vous connaissez pas bien Paris, c'est vers Montmartre le 18e arrondissement. Exactement. Et donc j'ai grandi dans ce quartier de Barbè qu'on appelle également le quartier de la Gutte d'Or dans le 18e arrondissement de Paris. Euh un quartier qu'on dit populaire. pour faire bien qui est très différent de Montmart pour le coup.
Mon marte c'est très euh c'est très cher euh c'est très luxe, très un peu bobo sur certaines rues et puis d'un coup tu tombes à la goutte d'or et c'est pas du tout euh le même prix des loyers. C'est impressionnant parce que Paris à deux rues près, les loyers peuvent être divisés par deux ou euh et c'est beaucoup plus populaire la goutte d'or. Ouais. Tout à fait. Bah le premier appartement qu'on a eu après ma naissance, c'était un petit studio une seule pièce. Il y avait pas d'eau chaude. Vous étiez combien dans la famille ? On était six. Six. On était six, on dormait tous dans la même pièce. On se lavait dans une cuvette, fallait chauffer l'eau avant.
Euh et ensuite quand mes parents déménageaient, on avait juste un deux pièces qui est pas plus grand que deux cellules réunies de cellules de prison. Et il y avait toujours pas d'eau chaude, il y avait pas de salle de bain, les toilettes étaient sur le palier, on était quatre enfants. On dormait même le sol à part mon père qui lui avait un petit lit de son côté mais sinon les quatre enfants et ma mère ben on dormait dans la chambre à même le sol quoi. Comment ça se passe la cohabitation avec les frères et sœurs et cetera ? Comment ça ? Très compliqué en fait.
très compliqué parce que bah déjà j'avais ma mère qui travaillait 15h par jour donc elle a eu 5 emplois donc elle rentrait un petit peu tard le soif aux alentours de 20h. Tu faisais quoi dans la vie de tes parents d'ailleurs ? Alors donc ma mère était femme de ménage euh elle est illétrée, elle savait ni lire ni écrire, cumuler jusqu'à 5 emplois par jour, elle faisait 15h par jour, elle partait à son premier emploi 5h du matin et en général quand il rentrait était à peu près dans les vers les 20h. Lui, mon père était pâtissier, mais il était il avait surtout deux principals défauts, c'est qu'il était bah alcoolique et violent.
Et souvent après son boulot, bah il était au bistro toute la soirée. Donc des fois c'est moi-même qui allait le chercher. Enfin, on allait le chercher pour le ramener à la maison. Mais dans tous les cas, quand il rentrait de toute façon, il était complètement déchiré. [grognement] Et donc du coup à la maison, ben on se retrouvait ma sœur qui était 3 ans mon aîné, mon frère qui était 3 ans mon cadet et la petite dernière qui avait 4 ans de moins que moi. Donc on se retrouvait bah un petit peu dès les enfin laissé à nous-même quoi. Donc ça partait souvent en bataille quoi.
Malheureusement des fois ma mère elle rentrait le soir, il y avait de la bouffe sur les murs, sur le plafond, s'envoyait ça. Enfin des fois même ça allait encore plus loin. Enfin je me rappelle d'une fois je j'ai j'avais sauté sur la tête de mon frère avec une grosse clé en ferraille. ça s'est enfoncé dans son crâne, il est tombé sur la télé, il s'est ouvert les deux lèvres et la langue quoi. Euh enfin bon voilà, c'était vraiment pas la guerre en fait. On vivait déjà dans la violence donc je pense que on savait pas vivre autrement et même entre nous bah il y avait une forme de violence quand même qui s'était instaurée.
Quo tu dis tu écris dans le livre à 6 ans, il m'arrive de traîner dans le quartier jusqu'à 22h. À 6 ans même plus. [grognement] 6 ans, c'est pas vieux hein, c'est CP hein. Donc voilà euh parfois minuit pour ne rentrer qu'une fois la maison apaisée et le père endormi Pat c'est ça euh tu vas être placé en foyer c'est pour dire vraiment à quel point c'était compliqué ta vie on se rend pas compte mais voilà c'est comment tu vas te retrouver en foyer c'est toi qui va demander tu vas aller voir la police comment tu vas basculer en foyer mais en fait ce qui s'est passé c'est que ben moi du plus vieux que je me rappelle c'est mes 6 ans.
J'ai très très peu de souvenirs avant et ce qui se passait c'est que bah à chaque fois bah c'était toujours la même histoire avec mon père. Donc du coup je commençais à traîner de plus en plus tard. Moi mon école elle était à 20 m de la maison puis juste à côté il y avait un squar et le soir en fait tous les jeunes du quartier se retrouvaient dans le squar. Donc on passait par-dessus la grille et on se retrouvait là. Et donc dès l'âge de 6 ans, bah je commençais à les rejoindre parce que je savais que mon père allait pas tarder à rentrer. Je savais que ça allait être encore la même violence.
Donc pour fuir un petit peu cet orage paternel, je commençais à rester de plus en plus tard avec les gamins. Et enfin, j'étais surtout le plus petit hein, mais j'étais considéré un peu comme la petite mascotte quoi. Donc c'est vrai que tout on se connaissait tous, enfin tout le monde me connaissait. Et euh très rapidement bah j'ai commencé à rencontrer sans savoir hein les les dealers du quartier, euh même les grossistes du quartier qui étaient dans les barres et je t'ai toujours accueilli. Donc cit toujours bah viens, vas-y, qu'est-ce que tu veux manger ? Donc j'avais finalement c'était un petit peu comme une pseudo famille. Je trouvais un petit peu un climat que j'avais pas à la maison.
Donc je commençais à traîner de plus en plus tard et parfois jusqu'à minuit quand je rentrais, je me faisais tuer par ma mère. Puis on de toute façon mon père lui dormait, il était bourré puis on allait dans la chambre et on s'endormait. Mais comme il était tard le matin quand j'allais à l'école, bah j'avais pas fini ma nuit. Donc j'allais au fond de la classe et j'avais toujours ma prof qui me ramenait un petit coussin. Donc je m'allongeais par terre et je dormais parce qu'elle voyait que tu étais crevé. Ouais savait que j'étais crevé. Elle savait le climat familial qu'il y avait à la maison.
Et du coup au bout de 2 ans vers l'âge de 8 ans, bah il y a eu un signalement au juge pour enfant de la part de l'école. Ah c'est la maîtresse qui a dit il y a un problème. Ouais ouais. Bah tout le monde le savait après l'école he c'était on était c'était vraiment dans le quartier. Donc les quatre enfants et tes frères et sœurs, c'était comme ça ? Non parce que bah eux ils avaient pas cette violence parce que c'est vraiment moi qui m'interposé avec mon père. Euh mon frère c'était différent, il était il est sous remué de naissance. Donc il allait dans une école spécialisée, il rentrait que le weekend. Donc il entendait pas les mêmes choses. Donc forcément, il y avait pas la même provocation.
Et mes sœurs, bah c'était des filles. Donc voilà, ils sétaient un petit peu plus épargnés. Et donc à l'âge de 8 ans, bah j'ai le juge pour enfant qui me convoque avec ma mère et il dit à ma mère voilà, on peut pas continuer comme ça. Enfin, à un moment donné, il faut que votre fils il puisse suivre une scolarité. il faut qu'on arrive à le sortir de tout ça. Et il lui dit voilà bah j'ai trouvé un foyer grec en banlieu parisien grec parce que ma mère est est d'origine grecque. Il y a des foyers grec Ouais. C'était tenu par docé orthodoxe. OK. C'était pas forcément bien.
Et du coup il dit à ma mère voilà ça lui permettra d'une part d'avoir une scolarité mais en même temps ça lui permettra aussi d'apprendre sa langue maternelle. Donc ma mère a donné son accord sauf bah que moi en fait je l'ai très mal pris parce que bah on m'a pas demandé mon avis et j'avais l'impression finalement bah d'être puni pour des choses qui m'appartenaient pas. Euh donc dès que je suis arrivé dans ce foyer, bah clairement dès la première semaine, j'ai fugué. C'était quoi ? C'était la DAS ? H ça faisait partie, c'est un peu comme la DAS, c'était pas laad mais c'était un peu la même chose. Euh vous étiez 200 jeunes dans ce que j'allais dire.
On était 2 ans 200 résidents garçons et filles. C'était tenu par deux curés orthodoxes et après il y avait des éducateurs, des éducatrices. Donc un grand bâtiment avec des chambres partagées. Euh il y avait un local où ils faisaient leur messe là orthodoxe tous les weekends. Il y avait des salles de cours pour les cours grecques. Il y avait Mais après les les portes elles sont fermées la nuit, les portes extérieures. Mais bon, on passe par une fenêtre, ça y est, on est dehors. Oui. Oui, il y a pas de rador c'est pas une prison. Tu as qu'à connu les deux, c'est pas la même chose. Non, pas du tout. Mais à l'inverse, c'est que bah je fais ma première fugue.
Donc bah mère à un moment donné, elle rappelle en disant "Bah, il est à la maison, OK, ben le weekend va se finir, ben vous le remettez dans le car pour le pour le ramener là avec les autres les autres élèves." Et arrivé là-bas, bah dès le lendemain, je suis reçu dans le bureau des directeurs, des deux directeurs, des deux curés là. Et je me rappellerai toujours, il y en avait un qui avait un bâton qui était aussi grand que lui. Il s'en servait toujours un peu comme Can mais qui était vraiment à la hauteur de sa sa tête de sa tête. Et euh bah pour me faire comprendre en fait, il a pris le bâton de mains et là il m'a défoncé.
Donc j'avais des bleus vraiment partout et à chaque fois que j'étais repris, c'était un peu près la même histoire. Donc en fait je suis parti de chez moi à cause de la violence paternelle. J'arrive dans un foyer, je la retrouve voir même pire encore que ce que j'avais à la maison. Quasiment pire. Après, tu pars à l'imoge, tu vas être transféré dans un dans un foyer mais qui qui est plus pour jeunes délinquants. Là, il y a plus de de personnes qui ont fait des conneries avant. Comment ça se passe ? C'est pareil, c'est c'est une usine à rencontrer d'autres mecs pour faire d'autres trucs. Ouais. Ben du coup, je reste un an donc dans ce foyer, dans le premier foyer, enfin le second.
Euh là, je suis euh changé de foyer, je vais à côté de Limoche dans un foyer qui s'appelle le vieux collège qui existe toujours encore à l'heure actuelle et dans lequel il y a beaucoup de jeunes délinquants, des délinquants un peu plus confirmés. Euh je me retrouve dans une pleule, on est quatre personnes. Les trois autres avaient tous commis des actes de délinquence. Et là, très rapidement bah on commence à à chercher un petit peu voilà bah où est-ce qu'on peut prendre un peu d'argent, qu'est-ce qu'on peut faire. Donc on fume en plus tous du cheat ensemble.
Et là donc on on sort, je crois que c'est le deuxème jour où je suis arrivé, on fracasse une voiture parce qu'on a vu qu'il y avait un portefeuille qui traînait. Donc ben on prend ce qu'il y a à prendre. On remonte dans dans dans notre chambre, puis là, on trouve une petite chaîne en or, enfin deux trois conneries et le reste, on jette carrément par-dessus la fenêtre sur le toit de notre chambre, sur le toit au-dessus du foyer. Et euh et on repart et dans la même semaine, donc on voit alors on part à 4, on se dit "Allez viens, on se case, on va pas rester dans ce foyer là avec ces sédu qui nous casse la tête." Donc on part à 4, on vole une première mobylette.
Alors, il y en a un qui est qui est destiné à nous conduire. Donc il en prend un, il fait un bout de chemin, il revient chercher le deuxème et cetera et [grognement] là on trouve une deuxième mobylette. Donc du coup on monte deux et deux sur les bécanes puis on envole une trisè et puis là on a volé le la trisème le mec s'en est aperçu, il a pris la voiture, ils nous ont coursé deux mecs de malar. Obligé de jeter les bécanes, de partir en pleine nuit dans les champs. On a de la bouche jusque là, on sait même pas où on va.
Enfin euh voilà et puis on arrive à un moment donné dans un petit village et arrivé dans ce petit village euh on voit une on tombe sur une voiture une espèce de quatrelle fourgonnette qui est démarrée. Il y a les clés dessus et là on se dit "Allez vas-y on s'engouffre tous." Il y en avait un qui savait conduire. On part avec cette camionnette et on trouve un petit chemin de terre. On se garde quelque part et on se dit "Bon allez, on va essayer de dormir à l'arrière et puis demain on va demain on verra ce qu'on fait." Donc on ouvre à l'arrière et là bingo ! Caverne d'Alibaba, c'était la camionnette d'un boulanger. Donc dedans, il y a plein de vieillignoiserie encore chaude.
Il y a il y a il y a plein de chocolaterie. Enfin, on va dedans. On était tous les quatre allongés derrière en train de manger manger. On finit par s'endormir comme ça. Et au petit matin, on est réveillé par la police, donc la gendarmerie. Donc voilà, donc on est ramené au foyer. Voilà. Et puis bah le soir même donc on je repars, je vais chez enfin je fais la rencontre d'une fille qui habite juste à proximité et en rentrant au foyer, on me dit tiens la police il vous cherche. J'y sort de question, j'y retourne pas. Alors je rev je vais chez la fille, je passe la nuit là-bas et le lendemain euh tu as 15 ans là ? J'ai 14 ans. J'ai 14 ans.
Donc le lendemain, je rentre à Paris et finalement bah en fait la police, ils avaient fait une enquête, ils nous avaient reproché. Enfin, en ce qui me concernait, ils avaient h chefs d'inculpation parce qu'ils avaient retrouvé les papiers du portefeuille juste au-dessus de nos chambres. Donc, il savaient que c'était nous, que les autres avaient reconnu le coup. Et du coup, il y avait h chefs d'inculpation. Et là donc je revois le juge pour enfant, ça faisait un mois et il me dit "OK, il y a rien à faire avec toi, donc je vais te laisser rentrer chez toi. Mais par contre, sache une chose, c'est que si tu continues comme ça, quand tu auras 16 ans, tu iras en prison." Donc je rentre chez moi.
Euh donc après rentrer chez moi, déjà mes parents s'était séparé. Ma mère avec ses petites économies, elle avait acheté un petit studio et mon père s'était installé dedans. Et ma mère avait rencontré une nouvelle personne avec qui elle avait recommencé une relation sentimentale, un de nos voisins. Et sauf que ce voisin, ben en fait, il avait deux principales défauts. Il était alcoolique et il était violent. Euh un soir euh je suis chez ma mère donc je les entends se disputer dans la chambre. Il y a ma grande sœur qui arrive et je dis voilà, ils sont encore en train de se prendre la tête de l'autre côté.
Donc ma sœur qui avait aussi le sang chaud, elle tape à la porte, il sort, elle commence à l'insulter et tout en s'en allant, en fait, il lui met un coup de point, il lui casse le nez et là il ferme la porte, il il descend les escaliers, il rentre chez lui, il se cache lui et du coup on se retrouve ma mère, ma sœur et moi. Donc on descend en bas parce que lui sa fenêtre a donné sur l'extérieur.
qu'on est dans la rue et au au fur et à mesure en fait il y a des copains de ma grande- sœur, il y en a un qui passe qui s'arrête commence à injurier le mec, il dit "Vas-y, viens descends, je vais te montrer c'est quoi la différence entre un frapper sur une femme et frapper sur un homme." Puis [grognement] il y en a un deuxième. Enfin bref, à un moment donné, on se retrouve, on est une trentaine en bas et c'est là que je je me rends compte en fait que cette pseudo famille en fait, elle est là. Elle est quand même là. C'est tous les potes de quartier de ma grande- sœur, homme et femme.
On finit quand même par rentrer à la maison et le matin 5h du matin, ma mère me réveille, elle me dit "Est-ce que tu peux m'accompagner au travail ? Parce que je pense qu'il a dû boire toute la nuit, il va m'attendre sur le chemin." Donc évidemment, je l'accompagne et effectivement bah quelques centaines de mètres plus loin, il attendait. Complètement bourré, ivre et donc commence à s'en prendre verbalement à ma mère. Je me mets entre les deux et à un moment donné, il va pour me mettre une grande gifle et là je recule la tête. Donc j'arrive à esquiver. Quelques minutes après, ça s'arrête.
On commence à marcher avec ma mère, elle me regarde, elle me dit "Mais tu as du sang là ?" Et en fait, c'était pas une gif qu'il avait voulu me mettre, il avait un couteau dans les mains que je n'avais pas vu et en fait ça m'avait juste éraflé. Bah, j'ai toujours la cicatrice qui est là. Ouais. Elle faisait 10 cm de long. Ouais. Si j'avais pas reculé ma tête, bah je serai plus là, quoi. Et en heureusement, c'était pas profond. Ça faisait que 2 mm de profondeur. Donc donc voilà. Puis ma mère, bah déposé les plaintes. J'avais j'avais 15 ans à ce moment-là.
Et euh donc il a été incarcéré, ce que ma mère m'a beaucoup reproché par la suite parce que bah parce qu'elle l'aimait quand même et euh bah me reprocher en fait cette solitude. Il a quand même essayé de tuer son fils. [grognement] C'est étonnant qu' est en veuille de Elle a pas percuté en fait de la gravité du geste. Elle ce qu'elle m'a reproché en fait c'est sa souffrance à elle dans le sens où elle pense que ça aurait pu se passer autrement euh que voilà peut-être que si j'avais pas été là. Enfin, celle qui m'a demandé d'être là, mais c'est quand même moi qui l'ai provoqué pour attirer un petit peu les bah encore une fois les foot sur moi.
Et euh elle me reprochait, c'est sa souffrance parce que bah se sentait seule parce que malgré tout elle l'aimait. Donc terro familial compliqué quand même enfance compliquéqu j'ai j'ai j'ai noté c'est c'est dans le livre c'est entre tes 14 et tes 15 ans. C'est pas très très précis mais tu découvres l'héroïne et tu vas pas découvrir l'héroïne pour la vendre, tu vas en consommer. C'est que tu vas tomber dans la drogue avant de la vendre. Ouais. Ben en fait ce qui s'est passé c'est que bah à ce moment-là, je décide de partir de chez ma mère. Donc bah je me retrouve avec toute cette cette bande de quartier les amis de ma grande- sœur.
Et il y avait surtout une amie d'enfance à ma grande sœur que je connaissais très bien parce qu'on avait déjà fait plein de conneries ensemble. Euh j'arrive chez elle et euh elle est en couple et quand j'arrive chez elle, elle a un petit studio dans le 18e arrondissement et là il y a une trentaine de de de jeunes plus âgés que moi, mais une trentaine de jeunes qui étaient là. Donc moi, j'ai 14 ans passés. Euh et les autres ont pour le plus jeune 17 ans et le plus vieux 32 ans. Donc on est tous assis en cercle dans la pièce. On ass un peu partout. On fume tous du cannabis hein. Il y avait un petit peu de tout en terme de de cannabis.
Et à un moment donné, je les vois sortir un un disque 33 tours, les grands disques de l'époque, les vinyles. Et ils mettent une espèce de poudre blanche dessus. Enfin, je les vois, ils font des des traits. Puis je les vois se les se le passer de main en main. Ils sont tous en train de s niffer et euh notre ami d'enfance a dit à tout le monde "Le mom là-bas, il y a personne qui lui donne, c'est hors de question." Donc moi, je me sens encore une fois puni, quoi. Je trouve pas ça juste mais je ne sais pas en fait ce que c'est. Je sais même pas que ça s'appelle de la drogue. Enfin, j'ai aucune idée parce qu'à l'époque on en parle pas à la télé, on en parle pas dans les écoles.
Ça se prend comme de la cocine. Ouais. Du coup, ça se s'était avec une piure, on peut faire les deux. Mais à l'époque, en tout cas, tout le monde se niffait. Et euh et moi à l'époque, il faut savoir quand même, comme je je l'ai dit tout à l'heure, j'ai une tête de moins que les gens de mon âge. Je suis tout petit. Euh je suis quelqu'un de très timide, de vraiment complètement renfermé. Dès qu'il y a deux personnes dans la pièce, on m'entend plus. Et là, ils sont quand même 30, donc on risquait pas de m'entendre. Euh et là, quand ils ont tous niffé, bah déjà, je vois que la parole se libère. Je les vois tous en train de parler parler parler complètement désinhibé.
Déjà, je trouve que pour c'est un truc miracle quoi. Ensuite, on sort, on est quand même en plein hiver, on a traversé tout Paris mais dans plusieurs fois dans tous les sens. Moi je cours derrière eux et tout, je suis fatigué et eux, je les vois, ils ont la pêche et j'ai ma grosse doudoune. Je suis frigorifié, ils sont tous en t-shirt, ils ont chaud. C'est pas normal hein. Ouais. Hen voilà. Mais moi, je me dis mais leur truc là, c'est un produit miracle. Ça enlève la fatigue, ça désinhible et en plus ça tient chaud. Tu vois pas du tout les incrovenirs ? Je les connais pas, je les je les devine pas. Alors pendant les pendant quelques jours donc bah j'ai interdiction de touche à ça.
De toute façon, personne risque de m'en donner et quelques jours passent et j'ai un peu d'argent pour aller acheter du du cheat et je suis avec de deux potes de la bande qui m'accompagnent. Et à un moment donné, bon, il y en a un des deux qui me dit "Écoute, nous on devrait aller acheter notre truc là mais il nous manque de l'argent. Si tu veux, au lieu d'acheter du mets ton argent avec nous, on te fait tourner un petit truc." Ah moi j'ai dit oui ok c'est cool. Et donc effectivement donc ils me font mon premier truc mais c'était vraiment tellement minime insignifiant. J'ai rien senti. Ça m'a donné envie de vomir comme c'est souvent le cas quand on consomme au début.
Mais passer ce moment-là bah j'ai qu'une envie c'est de reessayer. J'ai j'ai envie vraiment découvrir j'ai envie de ressentir ce que eux ils ont ressenti quand j'avais vu. Et donc quelques temps après, voilà, il y a il y a un mec en fait qui va déposer des chez eux. Donc un trafiquant qui devient grossisse très très rapidement et très rapidement en fait il entrepose 3 fois 2 kilhoroï par semaine chez eux. Donc c'est dans une boîte métallique cadé mais ils ont le double de la clé et donc on a accès et là on a la consommation à volonté.
Donc pendant un peu plus d'un an tous on consomme à volonté jour et nuit mais on en a tellement à volonté que pas une pas une seule fois j'ai découvert qu'on pouvait être en banque. Je ne le savais pas parce qu'on consommait constamment. On vivait tous. Enfin, moi je vivais chez eux. Tu avais quel âge là ? Euh, ça a commencé à l'âge de 14 ans jusqu'à l'âge de 16 ans. Et tu en prends tous les jours ? On J'en prend on en prenait tous les jours, vraiment tous les jours parce que quand il venait bah il mettait son bloc là, son caillou de 2 kg, il cassait ça au marteau.
Donc ça partait dans tous les sens, il coupait, il faisait ses paquets de 100 g, 200 g, 500 g, il remettait tout dans dans la boîte métallique et il nous demandait bah de de nettoyer ce qu'il avait laissé. Et du coup, bah il y avait des cailloux un peu partout. Donc on récupère dans ton livre c à cette époque là. Voilà, tu étais enfin sur cette période là, tu écris un plaisir infini euh quand tu testes ça, tu vas nous raconter ce que ça te fait, mais qui se transforme rapidement en un véritable calvaire, en un cauchemar indescriptible. Tu dis qu'est-ce que tu ressens au début et qu'est-ce que tu ressens après ? C'est ça. C'est ça.
Puisque en fait, qu'est-ce que ça te fait quand tu en prends toi la pr enfin les premières fois où vraiment tu en prends beaucoup ? [grognement] Bah en fait euh pour ceux qui ont jamais, tu vois, parce que c'est c'est c'est à ne surtout pas faire. Du coup, c'est important d'avoir quelqu'un qui a fait la connerie pour que tu l'exliques. Qu'est-ce que ça te procure au début et après ? Ben, en fait, ce que ça me procure au début, c'est il faut tout simplement comprendre que à cette époque-là, juste un gamin qui est complètement détruit de l'intérieur. Euh beaucoup de souffrances sur lesquelles je ne mets absolument pas de mot, que je ne comprends pas.
Je suis euh j'ai jamais j'ai jamais suivi de thérapie. Enfin, je ne sais absolument pas. Tout ce que je sais, c'est que je suis pas bien dans ma peau. Je me demande ce que je fais sur terre. J'ai pas trouvé ma place. Euh je me rappelle souvent, [raclement de gorge] je disais "S'il y a quelqu'un qui existe là-haut, en fait, tu as dû te tromper de planète pour moi parce que j'y trouve pas ma place en fait." Euh dans la bande, je suis le dernier, donc je suis toujours le petit gamin, voilà, qu'on met un peu de côté. Euh dans la famille, j'en parle même pas. Euh dans les foyers, c'était pas mieux. Donc j'ai j'ai pas de scolarité. Enfin, j'ai quitté l'école, j'avais 14 ans, j'ai pas de métier.
J'ai qu'un souvenir, c'est qu'à l'école, quand on demandait au gamin "Qu'est-ce que tu aimerais faire plus tard ?", Ils avaient tous une deux trois trois métiers à proposer. Moi, j'en avais aucune idée. Quand on demandait un gamin, tiens, enfin, quand on demandait à la classe d'apprendre une petite poésie, tout le monde passait au tableau, tout le monde s'en rappelait. Moi, je lisais une phrase, j'étais incapable de me rappeler d'un mot. Donc, je me croyais vraiment nul. Et en plus, j'ai tellement entendu de la part de mon père, mais pas que, que j'étais bête, que je ferais jamais rien dans la vie, que j'étais un incapable, bah à un moment donné, bah j'ai fini par le croire en fait.
Donc je ne trouvais pas ma place sur terre. Et quand je prenais ce produit, ben je ne ressentais plus en fait euh ça m'empêchait de ressentir euh cette douleur qu'il y avait en moi. Euh j'avais l'impression en fait c'est un peu comme si je me mettais une carapace qui m'empêchait de ressentir. Ça ça faisait vraiment un mur entre moi et mon ressenti. Euh c'est c'était un peu comme quand quand je fermais les yeux, c'est un peu comme si je partais dans un rêve. Ma vie était un cauchemar et là en fermant les yeux après avoir pris du produit, je partais dans un rêve et voilà, c'était bien quoi.
Je me sentais bien comme si tu étais un peu réparé, ce que je ne connaissais pas dans mon quotidien naturel. Sauf que quand ce grossist s'est fait arrêter, bah là on a on a usé utilisé ce qui restait et là on a découvert le manque. Et là qu'on a découvert le manque euh c'était l'enfer quoi. C'était l'enfer parce que on se tordait de douleur, on était frigorifié mais vraiment jusqu'aux eau comme une comme quand tu as la grippe un peu. Tu as froid, tu es gelé beaucoup plus que la grippe, c'est une grippe fois x 20 x 30 quoi. C'était tu vomis, tu tu vraiment c'était indescriptible ce cette douleur.
La première fois où j'ai arrêté, alors il faut savoir qu'entre-temps, j'ai connu le le shoot, l'intraveneuse. Euh un jour, je suis déçu parce que des potes à moi, enfin des consommateurs comme moi, euh avaient utilisé des trucs que j'avais volé sur un cambriolage. Enfin bref, ils ont vendu, ils ont acheté des produits pour eux. J'arrive en M qui me disent non, on s'est fait combrioler. Enfin bon, donc je savais, c'était une première trahison que j'avais eu. Donc je rentre à pied de la porte de Bagnolet à Barbess en plein hiver en manque. J'arrive chez ma mère, je réveille tout le monde chez elle. Euh donc ma mère se réveille, ma petite sœur et ma grande- sœur.
Et pour la première fois, je vais leur dire, je leur dis voilà, ça fait 2 ans que je me drogue, je prends un truc qui s'appelle de J'ai commencé à me piquer. Euh j'arriverai pas à m'en sortir sans vous. Alors euh ma grande- sœur, sa réaction, ça a été euh une très mauvaise réaction. Elle m'a dit "Tu me dégoûtes, je veux plus te parler." Euh ma mère et ma sœur, bah ils m'ont dit "Bah, on va s'occuper de toi, quoi." Donc euh elle m'a fait une place dans la chambre. Je me suis allongé dans la chambre à même le sol toujours. [soupir] Donc, ils essayaient de me couvrir autant que possible. Malgré ça, de toute façon, j'étais frigorifié. Et en même temps, je transpirais.
Je transpirais et c'est ma petite sœur qui bah qui m'épongeait. Elle a mis une bassine à côté de moi parce que j'arrêtais pas de vomir avec ma mère quand elle était là. Il m'accompagnait aux toilettes bah pour que que je puisse faire mes besoins. Ils essayaient de me laver au gant de toilette. Enfin voilà. Tu dire combien de temps cette période de manque ? Euh il y a plusieurs phases dans dans dans la décro. Donc c'est pas une journée ou deux je c'est long. Ah non. La la première phase vraiment où tu vomis, où tu te torss dans tous les sens, où tu arrives pas à dormir, ça durait quand même une bonne semaine.
Et ensuite euh ce froid qui vraiment te prend jusqu'aux eaux mais qui a qui est également très atroce, ça dure un bon mois quand même avant que tu arrives progressivement à retrouver un peu près très long. C'est très très long. Tu vas enchaîner après des cambriolages pour en racheter je crois pour payer ta conso. Tu disais c'est avant cette période de se brage là pendant 2 ans, tu vas faire des cambriolages ou c'est après tu retombes dedans ? Euh on avait déjà commencé à en faire juste avant puisque c'est justement le le ce que j'avais pris sur un cambriolage qui qui m'a fait me décider d'arrêter [grognement] euh pendant mon sevrage en fait on parle avec ma mère.
Ma mère me dit voilà il faut que tu arrives à faire quelque chose faut que tu arrives à trouver un travail. Je ne sais rien faire. Donc on prend la décision d'acheter un petit scooter et de faire coursier puisque c'était accessible. Donc je pars, ça faisait une dizaine de jours à peu près que j'avais décroché. Donc je suis encore en manque en réalité. Excuse-moi juste petite pause, tu as rien vu sur ton physique quand tu prends une pendant 2 ans. Est-ce que ça abîmé quelque chose où tu vois, je sais pas des veines qui pètent, je n'importe quoi, j'en sais rien. Des dents qui qui se cassent. Est-ce qu'il y a il y a des signaux physiques que tu te dis [ __ ] c'est c'est c'est très mauvais ?
Alors, moi je m'en rends pas compte à ce moment-là, mais par contre plus tard, quand j'ai revu des photos de cette époque, effectivement, j'ai vu que j'avais commencé à baigrir euh tu as creusé un peu ? Ouais, je commençais à creuser très clairement. Euh tu fais beaucoup moins attention à ton hygiène. Euh les dents, elles commencent à éclater quelques années plus tard, c'est pas immédiat. Euh mais il y a quand même, voilà, il y a une vraie différence. C'est très très mauvais pour l'instant. C'est du poison pour le corps. Ah, complètement. Complètement. parce que tu vas retomber dedans après. C'est c'est ça en fait tu perds tu perds l'appétit.
Enfin voilà, c'est vraiment et en fait tu vis que pour ça. Tu te réveilles le matin, tu penses à l'héroïne, tu te couches le soir, tu penses à l'héroïne, tu vis que pour ça. C'est ton cycle en fait complètement. Et donc tu vas faire coursier, ta mère te dit trouve un métier peu importe lequel mais histoire déjà de travailler, de revenir dans un cycle un peu plus sain, sans drogue, avec un travail et pas de cambriolage en gros, tu vas y arriver. Alors, dans un premier temps, on achète un scooter, je trouve un boulot tout de suite, je démarre, ça fait 10 jours à peu près que je suis que je vais commencer le sevrage.
Je suis quand même encore un petit peu en manque mais je m'accroche parce que j'ai envie de m'en sortir. Donc je commence à bosser. J'ai bossé, je crois pendant un peu près 8 mois, mais à chaque fois, j'avais tout le temps une galère sur la bécane. Puis alors moi, je suis vraiment pas bricolo, donc ça me saoulait quoi. Et puis je fais jamais des mois complets. Enfin, là le salaire est minable. Euh mais quand même, je m'accroche, je m'accroche et un jour au bout de 8 mois, bah je croise ce couple d'amis chez qui il y avait avec qui on j'ai grandi. Euh et ils sont avec un autre couple d'amis encore dans une voiture volée. Et euh je m'arrête, je les vois bien saper.
Bon, je les vois défoncer évidemment, je vois qu'ils ont de l'oseille, je vois que bon, ils ont l'air bien quoi. Et un un des gars me dit "Mais vas-y, jette-le ton scooter, viens avec nous." Puis j'en avais tellement marre, j'en ai tellement marre. Bah j'ai dis vas-y. J'ai laissé, je suis reparti avec eux. Donc bah là dégringolade. Tu reprends de la drogue ? Je reprends de la drogue. Ça va te poursuivre longtemps ça. Donc ça me poursuit alors il y a eu plusieurs étapes. Donc là en fait j'arrive à mes 16 ans. Euh un soir je fais un vol de voiture, je me fais arrêter. Je passe de voiture. Tu as volé combien de voitures dans ta vie ? Parce que je sera incapable de le dire.
Je serais incapable de le dire. Ouais. Vrai. Je serais vraiment incapable de le dire. Tu as fait ça des années ? Je faisais pas que ça pendant des années. Non, tu as fait des cambriolages mais j'en ai volé sur plusieurs années. Et tu pensais pas du tout au mal à l'époque ? Enfin, tu savais que c'était intérens aux gens qui allaient travailler le matin avec leur voiture et tout. Tu as rien à [ __ ] C'est pas que je m'en foutais, c'est que je me met enfin j'y pensais pas. Cette société je la connaissais pas. Moi, je connaissais cette société parallèle dans laquelle nous on vivait. Je connaissais notre réalité. Mais le reste pour moi, enfin j'en avais aucune idée en fait.
pas un moment, je me suis dit euh quelqu'un qui travaille qu'est-ce que ça doit être quand il trouve pas ça ? C'est quelque chose que je ne connaissais pas. C'est un un monde que j'ignorais totalement. C'est un comme un monde parallèle pour toi. Ah, complètement. Complètement. Moi, le seul monde que je connaissais, c'était celui euh que j'ai vécu avec mes parents, celui que j'ai j'ai connu dans la délinquence, euh dans la consommation de stupéfiant. Mais l'autre monde, je le connaissais pas.
J'ai mis des années avant de le découvrir et et donc bah justement un soir bah je la nuit c'était je vole une voiture, le matin je me fais griller, je suis emmené devant le juge pour enfant donc je passe voilà, il me laisse sortir, il met un contrôle judiciaire et le soir même bah je repars dans un cambriolage avec un mec qui était majeur, on se fait courser, il arrive à se sauver puis moi je me fais arrêter parce qu'en fait on tourne, je le vois rentrer dans un immeuble, je me dis si je rentre dedans, ils vont me voir, ils vont le griller, allez je continue tout le droit, c'est pas grave et je me fais serrer.
Bon bah rebolotte, je retourne devant le juge le le juge pour enfant et c'est toujours le même juge pour enfant qui s'occupait du 18e moment qui te revoit à chaque fois. Donc voilà. Et là tu avais plus de 16 ans. Et là j'avais 16 ans et il m'avait prévenu. Donc tu savais c'est ça.
Et là donc garde à vue, j'arrive devant le juge, j'ai un avocat d'office et l'avocat d'office, il me dit "Bon, tu peux sortir mais il faudrait que quand même que tu balances le mec qui s'est qui s'est barré." Et là, je dis me sors de question quoi et je passe devant le juge et dans sa défense, il dit "Ouais, on pourrait peut-être lui donner une chance si il se décidait à balancer le mec qui mais vas-y, casse-toi quoi." Et du coup, ben bon, l'avocat il sort. Tu restes correct avec le juge quand même ? Oui. Non, je reste correct. On se connaît bien. Enfin voilà, je veux dire, j'ai rien contre, il m'avait vu quand même des dizaines de fois quoi.
Et et là, quand tu dis des dizaines de fois, c'est qu'on imagine parce que c'est pas très grave. Tu as fait combien de cambriolage dans ta vie ? En fait, quand quand je dis des dizaines de fois, il faut comprendre que le juge pour enfant, c'était pas seulement le juge quand je faisais une connerie. C'est le juge qui a décidé pour mon premier foyer, qui a décidé pour mon deuxième foyer. Tu vois pas que pour des con, je le voyais pas que pour ça, mais il me connaissait déjà depuis l'âge de 8 ans. Et donc tu fais quand même beaucoup de con, c'est que tu enchaînes beaucoup de bêtises à l'époque. Je faisais que ça. Caines Tu as fait des centaines de cones, dizaines. Oui. Plusieurs centaines.
Plusieurs centaines de convriolage. Ouais. Donc c'est vraiment quelque chose qui est très récurrent chez toi. Tu enchaînes vraiment. C'était pas un coup par-ci par là. C'était vraiment non parce qu'en fait quand dans dans dans cette équipe qu'on était de gamin de quartier, faut savoir qu'on se droguait tous. Donc déjà quand on faisait des comargent des congriolages, bah il y avait une partie de l'argent qui partait évidemment pour la drogue, une grande partie. Euh je sais pas quand on avait besoin de fringue, ben on voyait un magasin de fringue, on rentrait dedans, on se servait donc on s'habillait tous et on donnait évidemment à tous les gens qu'on connaissait.
Euh quand on ait besoin de bouffe, bah voilà, on cassait un magasin de bouffe et et on se servait et on donnait à tous les gens qu'on connaissait. Ça nous est arrivé de casser des restaurants juste pour aller manger dedans quoi. Euh, on se faisait manger dedans avant de repartir. Euh, mais on ne savait rien faire d'autre. Des fois, on faisait deux trois cambriolages dans la même nuit et on faisait ça tous les jours. Tu y a 50 ans parce que tu à 56 donc cit à 40 ans plutôt, 16 ans. Donc, il y avait pas trop de caméra de surveillance. C'était pas, il y avait pas d'alarme, il y avait pas de caméra de surveillance. Euh vraiment, au début c'était tranquille.
Voilà, c'était assez facile de rentrer dedans, de repartir et en plus on trouvait de l'argent quand même dedans assez facilement. Et donc le juge là, pardon, tu as 16 ans, il arrive, il t'a prévenu 10 fois, il te dit euh si tu balances, on peut s'arranger, tu dis "Non merci." C'est ça. Et qu'est-ce qui se passe ? Et donc l'avocat ressort puis euh j'ai le juge et mon éducatrice de de liberté de surveillée qui sont là. Puis je les entends discuter devant moi. Il dit "Bon là la plédoirie de l'avocat, ben il y a pas le choix quoi.
Un moment donné, voilà, il va falloir l'envoyer." Donc ils me disent "Voilà, je vais t'envoyer en prison, je vais pas te laisser longtemps, juste quelques jours mais au moins tu vas voir ce qui t'attend." Donc et ben j'arrive pour la première fois en prison. Alors au début, j'avais peur d'y aller parce que moi quand j'entendais les grands de mon quartier me dire "Ouais, la prison c'est chaud, il faut pas y aller et tout." Tu vas où en prison ? Euh Florim Rogis. Donc le CJD, c'est le centre pour jeunes détenus. Euh donc la plus grande prison d'Europe. Euh donc j'arrive en prison. Alors qu'est-ce que je découvre ? Bah déjà il y a pas de télé en cellule à l'époque, c'est une douche par semaine.
La [raclement de gorge] cellule elle est vide, il y a rien dedans. Donc tu arrives, tu es mineur, tu as pas d'argent forcément. Donc tu as une cellule vide, tu attends la gamelle parce que bah il y a pas le choix. Tu manges 2 heures après, tu as faim mais bah tu auras rien d'autre en fait. Il faudra attendre la gamelle suivante. Donc tu tu gardes juste le morceau de pain qu'on t'a donné le midi pour m' grignoter un peu le reste du temps. Et puis bah les premiers jours bah tu as pas de courrier. Enfin tu as enfin tu as l'impression d'être d'être complètement isolé du du reste du monde en fait. Tu es tout seul en cellule ? Ouais. En cellule on était seul quand on était mineur.
Il y avait pas à l'époque de portable il y a 40 ans ? Ah il y avait pas de portable parce aujourd' il y en a quand même beaucoup en prison. On a eu pas mal de détenus même de chens d' pas mal de ministres d'ailleurs aussi qui ont parlé. Donc voilà, c'est pas un secret. Heureusement qu' était portable. Euh et et donc pas mal de gens qui ont expliqué du coup qu' a les télé même des consoles euh parfois avoir des consoles des ordinateurs sur internet. Enfin, il y a plusieurs en fonction des prisons. Si c'est des quartiers de de sécurité, on a eu plusieurs versions.
Mais en tout cas, il le téléphone permet de passer quand même du temps de s'occuper avec un écran, ce qu'il n'y avait pas à l'époque, même si c'est pas et contrairement, enfin souvent on entend dans les médias que en prison, les gens, ils font du trafic avec les téléphones, mais la réalité c'est que les mecs qui qui essayent de gérer des du business extérieur avec les téléphones, il y a 200, 300, 400 personnes dans toute la France, mais il y a 85000 détenus à côté. La majorité des détenus aujourd'hui qui utilisent des téléphones, c'est pour appeler leur famille, pour appeler leurs gamins. Parce que la journée, quand on avait accès aux cabines, bah les gamins, ils sont à l'école.
Leurs épouses souvent bah allaient au travail. Donc à part le soir, il y avait pas d'autres moyen de de de pouvoir appeler euh ses proches. Et sans oublier que le prix des cabines, c'est juste hors de prix. Aujourd'hui, par exemple, il y a des forfaits pour appeler 20 minutes par jour sur un portable, c'est 120 € par mois. euh à l'extérieur, on on paye tous une dizaine d'euros pour appeler autant qu'on veut, quoi. Donc c'est aussi ce décalage qui fait qu'à un moment donné, bah les gens, ils préfèrent prendre le risque d'avoir un portable euh que de d'appeler de la cabine qui est hors de prix.
Euh sans oublier que avoir un portable en prison, c'est pas euh c'est pas le club maître contrairement à ce qu'on dit parce que avoir un portable, c'est prendre le risque de le perdre à tout à tout instant. Ça veut dire à chaque fois que tu vas aller en promenade, que tu vas remonter, c'est j'espère qu'ils l'ont pas trouvé. Donc c'est quand même un stress permanent qui est là. Avoir un portable, c'est aussi prendre le risque d'aller au mitard. Aller au mitard, c'est 2 jours de prison de plus pour un jour de mitard. Donc c'est rallonger sa peine de prison.
Euh se faire serrer avec un portable, c'est aussi prendre le risque bah d'avoir des remises de pai en moins à la prochaine commission puisqu'on aura fait du bitard pour ça. C'est aussi prendre le risque de repasser en jugement de prendre 4 mois supplémentaires. Donc c'est pas un loisir, c'est pas un amusement d'avoir un portable. Toi tu en as pas à l'époque quand tu as 16 ans. On va y revenir [grognement] après. Et tu vas tu vas rester combien de temps sur ce problème ? Je suis pas resté longtemps, je suis resté 8 jours. Sauf que pendant ces 8 jours, c'est histoire de te montrer. Ouais, mais [grognement] ça fait tout l'inverse. Ça fait tout l'inverse parce que tuas pas fait peur.
Ça m'a enlevé toute la peur que j'avais de la prison. Ça m'a enlevé toute la peur finalement. Pourquoi ? Parce que bah j'avais l'impression que c'était un foyer de plus. Sauf que bah là, j'étais pas maltraité. J'ai pas reçu de coup moi le temps le temps que j'y étais. Et au-delà du temps passé en cellule, je suis arrivé moins de coup dans le foyer, jeunesse. Ah bah là, j'en ai reçu aucun même. Et et dès et dès le lendemain, en fait, j'arrive en promenade et là quand je vois la cour de promenade, bah je vois quoi dans la promenade ? Je vois tous les mecs de mon quartier. Donc bah du coup, je suis pas dans dans terrain inconnu.
Et en plus, faut savoir qu'à l'époque, il y avait beaucoup de clandestins dans Barbess majeur qui se faisaient passer pour des bineurs pour avoir des peines réduites. Donc, il se retrouvait au CJD. Donc ben je retrouvais tous les du mon de mon quartier plus mes potes. Il te disait qu'ils étaient pas du tout minis, je les connaissais, je je connaissais leurs âges. Euh j'ai retrouvé des mecs que j'avais connu dans les foyers. Donc et en plus bah très rapidement, tu es là pourquoi vol de voiture. Ah vas-y, tu fais comment toi pour voler les voitures ? Donc j'apprends des nouvelles techniques et toi tu es là pour quoi combriolage ?
Tu utilises quoi comme matériel pour rentrer pour les les serrures pour c pour ça ? Donc j'apprends en 8 jours, j'ai appris énormément de choses. Donc moi quand je ressens tu te formes pour faire d'autres trucs quoi. Ah c'était vraiment l'école quoi. Mais complètement. Et en plus quand je sors, non seulement j'ai appris des nouvelles techniques, mais j'ai même gardé quelques numéros de téléphone. Et en plus même dans les dealers du quartier, il y en a que je connais cette vue là. On s'est côtoyé pendant 8 jours. On a joué aux cartes, on s'est donné des des un peu de bouffe, tu vois. On s'est dépanné, on a partagé quelque chose. Donc on a créé un lien qu'on avait pas avant.
Tu vas ressortir et tu vas y retourner plusieurs fois avant tes 18 ans. Euh combien de fois tu vas y aller en prison au total ? Avant tes 18 ans ? Avant mes 18 ans ? Euh 4 c fois peut-être. Tr qu fois. Quatre Ouais. Cinq fois. tu vas passer tes 18 ans en prison. Ton anniversaire de tes 18 ans, tu vas le passer enfermé. Euh c'est toujours pour les mêmes motifs. C'est des cambriolages, c'est des vols de voiture, c'est Oui. Donc au départ ce qu'à 18 ans, c'est vraiment les mêmes motifs. Ça te calme pas du tout ? Absolument pas. Bah ça me calme pas tout simplement parce que après bon, j'étais de 2 mois, 6 mois, 1 an.
Mais dans tous les cas, enfin tu ressors de là le dents, bah il y a rien de préparé. Je retourne où ? Dans mon quartier. Dans mon quartier, bah j'ai les mêmes potes, les mêmes connaissances. Enfin, ma vie, elle a pas changé. Donc euh on m'enlève de ma vie pendant quelques temps et on me remet exactement dans la vie que j'ai laissée. Donc forcément bah rebelote hein, reconsommation et c'est reparti. Et puis euh à mes 18 ans, ce qui se passe c'est que je sors de prison et euh je retrouve euh cette fille que j'avais connu à mon dernier foyer. Donc je suis invité chez elle. Euh on décide de construire quelque chose ensemble et pour moi, il y a quelque chose de nouveau qui se crée.
Donc je prends mon premier appartement euh on on on vit ensemble [grognement] euh très rapidement. Elle me dit "Voilà, c'est bien, tu as fait des efforts, tu as un petit peu coupé les points avec tout le monde, c'est pas mal et ce serait bien quand même que tu travailles. [grognement] Mais moi comme je dis, enfin j'ai pas de métier, enfin je sais rien faire quoi. Tu veux que je travaille dans quoi ? Ben tu n'as aucune formation ? Absolument rien. Et même quand on me demande ce que j'ai envie de faire, bah j'en sais rien en fait. Euh et elle me dit "Bah pourquoi tu t'orientes pas sur la cuisine ? Tu aimes bien cuisiner ?
C'est vrai que j'ai toujours cuisiné un petit peu." Et donc je commence à faire une formation de 6 mois d'être cuisinier. Et là je sympathise de ouf avec mes patrons. Ils ont 27 et 29 ans. Euh là ça devient vraiment un peu comme une pseudo famille. Et ils ont connu la galère aussi un petit peu surtout mon patron. Enfin voilà, il a connu les amphétamines donc il avait un petit peu galéré. Donc on se comprenait assez bien et il me prend vraiment sous son aile et tous les après-midis pendant notre pause, bah il m'apprend en fait on reste, il m'apprend à cuisiner euh donc on fait des plats ensemble qu'on ramène chez nous le soir et tout. Tu apprends un métier, il m'apprend un métier.
Tu habites avec ta chérie ? J'habite avec ma chérie, je passe mon permis de conduire. Une vie plutôt normale. Tu prends plus de drogue ? Je prends plus de drogue. Je coupe les ponts avec tout le monde. J'ai enfin un compte bancaire. Enfin, j'ai je commence à avoir un nouveau départ dans ma vie. Et entre-temps, j'ai ma grande sœur qui était tombée dans les drogues. Elle sortait avec un un braqueur pour qui d'ailleurs j'ai volé des voitures pendant pendant pas mal de temps euh qui était utilisé sur ces braquages. Et à un moment donné, ils viennent habiter dans le même immeuble que nous. Mais comme je ne veux plus faire de retour en arrière, on se voit pas trop.
Quand on se voit, c'est vraiment "Bonjour, au revoir, ça s'arrête là". Euh par la suite donc on décide de déménager parce que je voulais vraiment encore plus m'éloigner de tout ça. Donc on déménage et on se met juste à côté de mon boulot. Ça fait à peu près 2 ans qu'on est ensemble. Donc de gens je je ne fais vraiment plus de conneries. Euh quand j'ai fini ma formation de 6 mois, mon patron m'a dit "Je peux pas prendre déclarer parce qu'on a pas les moyens." Mais du coup je on décide de continuer à ce travail mais au black mais j'ai un salaire tous les mois. Vraiment je me sens bien avec eux. Et au bout de 2 ans donc je m'accompagne de l'époque qui tombe enceinte de moi.
Et pour moi bah c'était euh c'était juste une continuité logique quoi. Euh je travaille, on a appart, je suis en couple, avoir un bébé bah ouais génial quoi. Je vais enfin c'est la vie un peu que tu aurais tu rêvais. Ouais parce que je me dis au moins voilà si j'ai un enfant, je vais pouvoir lui offrir ce que j'ai pas eu. Je vais pouvoir bah quelque part peut-être réparer mon enfance à travers cet enfant. Euh donc pour moi, c'est une évidence. Enfin voilà, je suis super content, je suis super heureux. Et euh un un après-midi donc je suis au travail, on prépare un repas avec mon patron.
Euh je me rappelle c'était dorade qu'on avait farci enfin et le soir donc après le service donc je ramène ça chez moi, je suis super content et j'ouvre la porte et je vois vraiment au fond de la pièce un mot sur la table et là j'ai pas besoin d'en savoir plus. Je sais exactement ce qui se passe. Donc je rentre, je pose le plat dans la cuisine, je prends la lettre, je la lis et là en gros dans la lettre, elle me dit pour elle les choses étaient encore trop frais et elle se sentait pas prête à assumer la grossesse parce qu'elle avait peur en fait que mon passé ressurgisse. Et elle me dit, je suis parti chez la seule personne capable de me comprendre pour me faire avorter.
Et là pour moi, je l'ai très mal vécu. Ça a été une grande douleur. Et en même temps parce que je me disais enfin un enfant ça se fait à deux mais un avortement aussi ça se fait à deux. Et encore une fois on me demande pas mon avis. Euh donc ça a été très compliqué. Euh la semaine suivante elle est rentrée, elle s'était faite avorter et là pour moi c'était pas possible. Donc tu la quittes ? Donc c'était pas possible. Je la supportais plus. On se sépare, je quitte mon travail. Et un jour, je vais chez ma mère et dans la rue, je rencontre ma grande sœur juste devant chez ma mère et je lui dis "Tu fais quoi dans la rue ?" Elle me regarde, elle me reconnaît pas, elle sait pas qui je suis.
Je dis "Qu'est-ce que tu me racontes ?" Elle me dit "Je cherche, je cherche où j'habite." Je dis "Te fous de ma gueule, on habite juste là." Puis du coup, on monte chez ma mère ensemble. Et en fait, je découvrirai plus tard euh qu'en fait, elle est tombée dans des cachets qui s'appellent les iminoctales qui ont qui ont fait énormément de morts sur la région parisienne à l'époque. On venait déjà de perdre une amie 6 mois avant à cause de ce même médicament. En gros, avec ces cachets là, en 6 mois, tu sais plus comment tu t'appelles et dans les semaines qui suivent, tu es plus C'est quoi ces cachets ? Ça sert à quoi ? C'est les substitutes de drogue.
C'est c'est des médicaments qui étaient donnés en psychiatrie mais des trucs assez forts. Vraiment très très violents qui étaient vendu à Châelet Léal. Ça fait vraiment beaucoup de bruit et on on a le surnom de ces médicaments s'appelait des kounou. C'était très connu. Enfin j'ai jamais touché à ça. Et donc donc ta sœur est tombée dans la drogue aussi entre guillemets. Ouais. Donc ma sœur était tombée dans to est sorti elle y est tombée. Elle a sorti avec un braqueur qui qui lui-même consommait. Donc ils ont consommé ensemble et puis après il a été arrêté pour braquage.
Donc du coup s'est retrouvé toute seule puis comme une ça coûte cher bah elle a commencé à prendre ses cachets là qui était vendu à 5 francs l'unité à Chel Léal et bah très rapidement elle savait même plus comment elle s'appelait, elle sait plus où elle habitait. Enfin c'était vraiment un truc de fou. Et pendant longtemps, j'ai culpabilisé en fait parce que j' pensais bêtement que si elle avait consommé la première fois, c'était pour comprendre pourquoi moi j'avais consommé. Pendant longtemps, j'ai porté ce fardeau parce que j'en étais convaincu. Alors que la réalité, c'est juste parce que elle est sortie avec un mec qui consommait.
et tu vas l'aider à sortir de la Et donc euh je viens de quitter mon boulot, j'ai quitté euh ma relation sentimentale, j'ai mon appartement et donc je prends la décision de l'emmener chez moi. Je l'attache avec des menottes, euh je l'attache avec une chaîne de manière à ce qu'elle puisse atteindre le frigo, à ce qu'elle puisse aller se doucher, à ce qu'elle puisse aller aux toilettes, mais surtout qu'elle puisse ni se jeter par la fenêtre ni sortir. Euh pendant euh Pourquoi tu l'emmènes pas dans un centre ? Il y a pas des centres à l'époque on parlait pas des hôpitaux des trucs de désintoxication.
Aujourd'hui on entend parler des postes curs, des descentes, mais à l'époque on parlait pas de la drogue, on en parlait pas à la télé. Là je je parle des années 80, on en parlait ni dans les écoles ni nulle part. Enfin même s'il y avait des petits centres qui existaient, euh j'en ai jamais entendu parler nulle part à cette époque-là. [grognement] J'ai j'ai découvert vraiment quelques années après. Et alors au début, je la laisse chez moi, elle est attachée avec ses menottes et au bout de 4 jours un peu près, elle me dit euh "Ouais voilà, j'aimerais bien sortir.
Regarde, ça commence à aller mieux, j'ai repris mes esprits." Elle me dit "Tu sais c'est quoi l'enfermement ?" Elle me dit "Viens, on va faire un petit tour et tout." Donc bon, je lui dis "OK, enfin voilà, je pouvais que comprendre." Donc je la détache tranquillement. Je lui dis "Si tu veux, on va se cacher maman puis on revient." Moi, j'habitais à Luxembourg à côté du parc du Luxembourg. Donc, on va se cacher ma mère. On monte chez ma mère. à un moment donné, elle nous dit "Bon, je vais aux toilettes, j'arrive toilette sur le palier." Euh ouais, elle a pas été aux toilettes, elle est partie. Donc euh voilà. Donc bah le lendemain, bah je vais Châte Léal, hein, pour la chercher.
Et quand je suis à Châel Léal, bah à un moment donné, je la vois arriver, je la vois aller acheter son médicament à un mec, bah je saute sur le mec, je commence à le frapper, à le frapper, à le frapper. Puis à un moment donné, j'entends un bruit sur le côté. Je tourne la tête. C'était son collègue avec une batte de baseball. J'ai pris un coup de bas de baseball ici. Bah, j'ai eu l'os du mal qui était cassé là. En fait, l'os du mal, il se retrouvait là. D'ailleurs, j'ai une psychiatrice ici puis une plaque en fer ici. Maintenant, j'étais vraiment défiguré. Enfin, j'ai pas senti le coup. Ça m'a complètement anesthésié. J'ai dégagé sur 10 m, quoi.
Et donc, c'est ma mère vraiment qui m'a dit "Non, non, tu restes pas comme ça, tu vas à l'hôpital." Enfin, j'ai attendu 2 tr jours puis après à l'hôpital, ils m'ont dit "Bah oui, il faut vous opérer sinon vous serez défiguré à vie." Donc voilà, j'étais opéré. Mais entre-temps donc je retourne avec ma sœur chez moi, je la reattache chez moi et là je réfléchis qu'est-ce que j'ai comme solution. Puis je me dis "OK, je vais vendre de l'héroïne, je vais lui donner, je vais la mettre dans la sortir de ces cachets là, sinon elle en sortira pas." Tu la passes d'une drogue à l'autre ? Oui, parce que cette drogue là, je voyais bien qu'en 6 mois les gens ils meurent. Euh, j'en suis sorti.
Donc le sevrage, je le connais. Je sais qu'on peut en sortir. Et malgré tout, enfin même pendant les années que j'ai pris, je me suis toujours souvené de comment je m'appelais. Enfin, voilà. Donc je c'est c'est une drogue qui est quand même moins violente que ces médicaments-là. Et donc je prends la décision euh de vendre pour lui pour lui donner sa consommation. Et donc au fil des semaines qui se passe tout doucement elle commence à redevenir elle-même et euh bien évidemment bah je me fais arrêter pour trafic de stupéfiant. Donc là ben rebelotch je vais à Florim Rogis je suis incarcéré pour trafic de stupine, je prends 6 mois il me semble.
[grognement] Et ça doit faire à peu près 3 mois que je suis en prison. Et un jour, j'ai le chef de détention qui m'appelle dans son bureau et il me dit "J'ai une mauvaise nouvelle, votre sœur est décédée." Donc en fait quand quand je suis tombé, bah elle avait plus d'héroïne. Donc elle s'est remis dans ses cachets et là 3 mois après, bah son cœur s'est arrêté, elle est morte. Voilà. Et donc là et tu étais en prison quand tu apprends qu'elle est morte en prison. Ouais. Tu peux aller dans à son enterrement ? Pour le coup, j'ai j'ai eu une autorisation, j'ai une perme exceptionnelle de 48 he pour pouvoir y aller.
[grognement] Euh mais pour moi, ça a été l'effondrement parce que pendant vraiment des dizaines d'années, vraiment des dizaines d'années, plusieurs décennies, euh j'ai porté ce poids sur mes épaules parce que je me sentais coupable, parce que je pensais qu'elle avait consommé à cause de moi, puis parce que je me disais euh qu'est-ce que j'aurais pu faire ? Qu'est-ce que j'aurais pu faire pour la sauver ? Et après, c'était des questions, c'était est-ce que je lui assez dit que je l'aimais ? Est-ce qu'elle savait que je l'aimais ? Ça, c'est des choses vraiment qui m'ont vraiment torturé. Euh, tu vas retourner en prison ?
Donc je sors à l'enterrement, ce qui se passe que je suis tellement tellement détruit, je suis tellement mais complètement vraiment je suis en l'air quoi. J'ai de l'argent de côté puisque je vendais avant d'être arrêté. J'achète de l'héroïne, je ramène avec moi en prison, j'ai consommé ce qu'elle m'a sorti. Donc j'ai sniffé tous les jours parce que je je n'arrivais pas à supporter l'idée de la perte de ma sœur. Donc il me resta un peu près 2 mois à faire. Donc je sors de mois après, je suis chez ma mère. Ça fait quelques jours je suis dehors et ma mère elle me dit "Je voudrais te présenter quelqu'un." Bah je dis "Ouais si tu veux. De toute façon, je suis pas bien dans ma peau.
Je suis pas bien dans dans le fait d'être retombé là-dedans. Je suis pas bien d'avoir perdu ma sœur. Je suis pas bien dans rien. De toute façon, je me demande vraiment encore ce que je fais sur terre parce que j'aurais aimé partir à sa place. Et là, en fait, ma mère me ramène le curé de l'église à côté de chez nous. Donc il s'assoit avec moi, on commence à discuter et il me dit "Tu sais ta mère, elle a déjà perdu sa fille, continue comme ça, elle va perdre aussi son fils, sauf que là tu vas la tuer." Et donc je sais qu'il dit vrai, c'est ce que je lui dis. Je dis "Je sais que vous avez raison, mais je sais pas comment faire. J'ai pas de mode d'emploi. J'aimerais bien vivre autrement.
J'aimerais bien me sentir mieux euh dans dans ma peau. Je connais rien d'autre. Je connais rien d'autre et je sais enfin je sais pas comment faire. Donc il me trouve une poste cure. Euh il faut savoir que pour aller en poste cû, il faut être sevré. Sauf que pour être sevré, il faut faire une demande dans un dans un hôpital, il y a des délais d'attente, 15 jours de sevrage et ensuite aller là-bas. Mais comme là, j'ai plus envie d'attendre parce que là pour une fois on on m'apporte une solution euh quand je suis en contact avec la poste cure. Donc on me demande est-ce que vous êtes une poste cure ? Une poste cure c'est un endroit dont il faut y être se vrai hein.
Vous allez y aller pendant plusieurs mois. On va vous apprendre à reprendre une activité un peu physique. Euh faire à manger, faire la vaisselle. Donc il y a des activités obligatoire comme ça. Il y a une salle de sport, vous allez voir un psychologue, vous allez voir des éducateurs. Donc ils vont essayer en tout cas de vous permettre déjà de rester un certain temps sans produit, d'avoir une nouvelle expérience de vie sans produit et de reprendre des habitudes que vous avez peut-être jamais eu ou vous avez perdu de manière à pouvoir bah retrouver progressivement une place dans la société.
Et c'est c'est pendant un été, je crois, après cette cure, tu tu vas donc tu vas rencontrer la la mère de ta fille euh qui s'appelle Valérie. Enfin, en tout cas, tu la nommes Valérie dans dans le livre. Tu es à La Rochelle, je crois, à ce moment-là et tu vas apprendre que tu elle est enceinte et que tu vas devenir papa. C'est ça. C'est ça. En fait, ce qui s'est passé, c'est que j'arrivais à la Rochelle, donc je commence à rencontrer des gens lambda des gens pour habiter à la Rochelle pour habiter ? Bah, j'avais nulle part d'autre voilé. Donc, je suis un petit peu euh voilà en train de squatter dans les toiles de tente euh à l'berge de de jeunesse.
Et là, bah je rencontre une fille euh qui devient ma compagne et très rapidement bah elle est enceinte de moi. Et et moi depuis que mon ex s'était fait avorter, j'avais qu'une envie, c'était d'avoir un enfant. Donc euh bah là, ça y est, je suis à nouveau super content. Je suis à nouveau super heureux. Là, j'arrive vers les 22 ans et je lui propose de venir avec moi à Paris euh pour qu'on puisse essayer de trouver du travail et construire une vie ensemble. Donc euh on part sur Paris et sauf que bah ma mère, elle me dit "Bah écoute, on a un appartement, c'est celui où est mort ma grande-œur. Euh et il était vide, donc je vais habiter dans cet appartement.
Euh sauf que bah dans cet appartement, bah il y a tous ces vieux souvenirs. Donc je sais que ma sœur, elle est morte là. Enfin tous les jours où je rentre dans le salon, c'est c'est ce que je vois. C'est l'emplacement où on l'a retrouvé morte. Et donc très rapidement bah je me casse la gueule et je retombe dans la drogue. En fait, je ne savais pas encore qu'elle était enceinte. On l'a su vraiment juste après. Donc d'abord, je me recasse la gueule. Elle avait déjà connu des produits avant de me connaître. Donc on se casse tous les deux la gueule euh rapidement. Donc on la prend qu'elle est enceinte, on décide quand même de le garder.
On trouve tous les deux un travail sauf que nos vies, voilà, enfin dans nos têtes, c'est pas c'est pas encore ça. Vous prenez tous les deux à ce moment, on prend tous les deux alors qu'elle est enceinte. Alors qu'elle est enceinte. H voilà. Mais le problème c'est qu'on avait connu une avant et du coup ce ce le fait qu'elles soit enceinte, ça arrivait après. Vous arrivez pas à vous stopper d'un coup quand on arrive pas. On essaie déjà de de maintenir le travail qu'on avait. On a un appartement, on a un travail, on a un semblant de vie mais malgré plusieurs essais, on narrive pas à arrêter. Tu dis page 78, je suis au paradis mais avec les deux pieds en enfer à ce moment-là.
C'est que tu es tellement content de savoir que tu es de papa et en même temps tu es bloqué sur la drogue, tu arrives pas à t'en sortir encore. C'est ça. Je suis vraiment heureux parce que là pour une fois, elle est d'accord pour qu'on garde l'enfant. Donc enfin ce rêve va se réaliser. Mais on a les pieds en enfer parce qu'on arrive pas à se sortir de de la drogue. Comment se passe [grognement] la grossesse ? Inaperçu. Inaperçu parce qu'en fait on apprend qu'elle est enceinte. Ça fait déjà 6 mois qu'elle est enceinte. Ça se voyait pas parce que à cause de la drogue, on était bah même comme un déis de grossesse. Ouais, complètement. Le ventre ne grossit pas avant 6 mois.
Bah le ventre ne grossit pas et en plus faut savoir qu'une femme quand elle prend héroïne, elle a pas ses règles. Donc c'était pas une surprise qu'elle ait pas ses règles parce qu'elle elle les avait déjà pas avant. Et donc on est même pas du tout au courant. Puis alors je sais plus comment on s'en a aperçu hein. Je pense un examen médical qu'elle a dû faire. Et donc on apprend ça. Donc on décide de le garder. Elle accouche prématurément euh chez ma mère. Euh donc elle m'appelle, je perds les eaux, j'arrive chez ma mère, les pompiers sont là, les médecins et elle a couché très très rapidement.
Euh donc en ma présence, [grognement] la petite comme elle est n prématurée, elle est mis en couveuse et on apprend qu'elle a aussi une toxoplasmose donc elle est placée en pouponnière. Donc qu'est-ce que c'est que la toxoplasmose ? Alors, c'est une maladie qui vient souvent à cause soit à cause des chats, soit à cause de la viande rouge que la maman a pu manger. Il y a pas une de gravité à ça. Donc, mais elle elle est placée en pouponnière. Donc, en plus, bon, il voient que la maman est toxicomane. Une pouponnière, [grognement] c'est une boîte.
Non, une [raclement de gorge] pouponnière c'est euh c'est comme un c'est un service dans lequel ils ont plusieurs enfants parce qu'ils sont traités, ils sont soignés à l'intérieur de de cette pouponia. Donc, il y a des professionnels. Elle y reste combien de temps ? Elle y reste un peu près un an. 1 an ? Ouais. Elle reste 1 an à l'hôpital. Ouais. [grognement] Donc pendant 1 an, nous on va la voir assez régulièrement mais on se sort pas pour autant de la drogue. Et euh et pour avoir la drogue, moi j'en vends. Et et donc au bout d'un an euh on apprend qu'elle va être placée en famille d'accueil. Donc alors là voilà, pour moi c'est désastreux.
Donc on s'enfonce davantage et très rapidement bah je me retrouve incarcéré pour trafic de stupéfiant à nouveau. Donc quand j'arrive en prison euh bah je me dis voilà enfin ça peut pas durer comme ça. Et à un moment donné j'entends parler de l'antenne toxicomanie. Donc je vais voir une psychologue et là je tombe vraiment sur une une professionnelle vraiment extraordinaire qui m'a qui a réussi à mettre des mots sur ce que je ressentais, qui a réussi à aller chercher vraiment au fond de moi ce qui n'allait pas et qui m'a aidé en tout cas à comprendre bah ce qui ce qui en fait tout ce mal-être que j'avais en moi. [grognement] Euh j'ai travaillé sur l'histoire de mes parents.
J'ai commencé à comprendre que mon père enfant ses parents s'étaient séparés. Euh, il vivait avec sa mère qui a refait sa vie, qui a eu deux autres enfants avec son nouveau mari. Et du coup, mon père c'était devenu un peu le bâtard de la famille. Sa mère était alcoolique. Elle le frappé régulièrement. En fait, il reproduisait ce qu'il avait vécu enfant. Tu es allé combien de fois en prison ? Parce que tu rentres, tu sors, tu rentres, tu sors. Tu sais combien de fois tu es rentré en prison ? [soupir] Au total, j'ai dû aller je sais pas 8 9 mois une 8 9 fois peut-être euh à peu près. Mais au début c'était vraiment des courtes périodes. Bon après c'était des périodes beaucoup plus longues.
Et là tu vas commencer à der euh de manière tu après tu dis trafic international et cetera. C'est ça commence à quel âge ? C'est c'est à partir de là ou ça en fait ça va ça va vraiment changer quand je vais sortir de deux peines de prison. C'est-à-dire, je fais 15 mois, 32 mois à la santé pendant lesquells je fais une langue thérapie où je commence à mettre des mots sur ce que je ressens et où je décide de changer. Je décide de je dis "La drogue c'est terminée, je ne retomberai pas dedans." Euh je sors et je me dis "OK, première chose, je pars de Paris, je coupe les ponts avec tout le monde.
Donc là, je prends un sac, je pars à la Rochelle et [grognement] je me dis allez, je prends la mère de ma fille sous le bras parce que bah je veux pas faire la même chose que mon père. Donc je vais récupérer ma la mère de ma fille et je vais récupérer ma fille." Donc on arrive à la Rochelle, je commence très très rapidement à vendre un tout petit peu de cheat. Euh même pas une semaine après, le mec à qui j'ai acheté ma mon premier truc, bah c'est moi qui le fournit. Euh quelques mois après, bah ça y est, j'ai déjà plusieurs clients, j'achète par plusieurs kilos.
Je prends un duplexe au bord de la mer, j'ai une voiture, je demande une enquête sociale à mon domicile dans le but de récupérer ma fille. Donc l'enquête sociale est alors que tu vis de trafic de drogue. Alors je vis de trafic de drogue. Mais bon voilà, je crois. C'est quelle drogue que tu vends ? Au début, je vendais que du cannabis parce que je voulais pas retomber dans Croï et en même temps parce que je me disais que les drogues dures, ça va attirer les flics très facilement. Donc au départ, je vends que du cheat et puis euh mes clients en fait, j'apprends que bah en fait, ils achètent de et de cocaïne ailleurs.
Donc puis je me dis "Attends, mais si les flics ils se mettent sur eux à cause de ces produits là, bah ils me remontront de la même façon." Donc bah autant que je le revende directement. Et je me sentais assez fort en tout cas pour y arriver parce que tout simplement bah j'achetais un kil là, je le revendais tout de suite, je ne stockais pas. Donc j'en avais pas avec moi, ça me posa aucun problème. Euh donc l'enquête sociale à mon domicile est favorable parce que tout simplement tu dis de l'argent de où ? Bah tout simplement parce que bah moi j'ai mon RMI à l'époque. Euh la mère de ma fille a son RMI. RMI c'est le le RSA c'est le l'équivalent du RS. C'est ça. On a des allocations logement.
On a pris en colocation avec mon beau-frère donc le le frère de la mère de ma fille qui lui a une allocation adulte handicapé. Donc on a suffisamment de revue de revenus pour vivre. On a deux allocations logement parce que c'est de la colocation. Euh tout est meublé. Ma fille a sa chambre. Euh donc l'enquête sociale reste favorable. Euh d'autant plus que moi ce que j'avais demandé c'était d'avoir ma fille pendant les vacances scolaires pour la récupérer. Quelle rent tu plus avec cette fille-là quand tu la récupères ? Non. Alors à ce moment-là tout on est encore ensemble. À ce moment-là, on est encore ensemble.
Ma fille vient, elle visite l'appartement, elle voit sa chambre, elle est contente, le retour est favorable. Sauf que quelques temps après, je me fais arrêter pour trafic de stupéfiant. Tu as pas arrêté alors que tu as récupéré ta fille ? J'ai même pas eu le temps de la récupérer. J'ai même pas eu le temps de la récupérer. Et donc là, bah voilà, encore une fois tout s'écroule, je perds tout. Mais dans ma tête, bon voilà, je sais que ma fille, elle me le pardonne pas. De toute façon, c'était c'était une évidence. Et je me dis de toute façon, je sais rien faire d'autre.
Et pour une fois dans ma vie, il y a au moins une chose que j'ai appris à faire, c'est du trafic mais de manière plus professionnelle puisque là bah je suis monté très très vite. Voilà, j'ai j'ai tous mes clients qui sont là, j'ai mes fournisseurs, j'ai pour moi c un petit peu même si j'en avais pas conscience he je mettais pas de mots là-dessus, mais c'était un petit peu comme si j'étais devenu chef d'entreprise. Euh ça marchait bien, j'ai j'étais professionnel. Euh donc retour en prison. Donc retour en prison. Donc là bah je fais des rencontres. En fait, dans ce retour, ce qui se passe, c'est que je fais deux rencontres.
Une première rencontre avec un mec qui était trafiquant international, qui avait déjà été condamné deux fois à 10 ans, qui est de 20 ans mon aîné. [grognement] Le courant, il passe très très rapidement. Euh voilà, ils savent que je parle pas, ils savent que je suis là bon pour une affaire où j'assume tout, il y a aucun souci. Et il me dit "Bah écoute, quand tu sors si tu veux, bah on se revoit puis même je te fais des contacts et moi dès que je suis dehors, bah on travaille ensemble." [grognement] Donc ça ça a été une première chose et c'est avec la la personne avec qui j'ai fait tous mes trafics par la suite.
Et la deuxième personne que je rencontre c'est un braqueur qui faisait les courriers au détenus et comme moi je sais pas trop lire, pas trop écrire, je vais le voir, je dis voilà, tu peux me faire un courrier pour m'inscrire au sport ? Il me dit non. Je dis comment ça non ?
fais les courriers à tout le monde si tu arrives et il me dit non mais par contre si tu veux je le fais avec toi j'y vais il m'apprend à faire les courriers on se met même ensemble en cellule après [grognement] et un jour il m'explique que quand il était jeune il était euh convoqué avec sa mère à l'école auprès du conseiller conseiller avait dit à sa mère votre fils n'a pas les capacités intellectuelles d'apprendre il ne fera jamais de scolarité et il me dit sauf qu'aujourd'hui je suis en train de préparer un diplôme très élevé et pour moi c'est important parce qu'en fait ce qu'il m'a dit c'est que il m'a m'a dit, "Tu sais, dans réalité, on est tous capable.
Euh ce qui fait la différence, c'est de trouver la personne qui est capable de t'apprendre." Et [grognement] en fait, il m'a vraiment poussé à reprendre des cours par correspondance. Donc alors, j'ai il m' orientait sur une association qui s'appelle Auxilia. Cette association, c'est une association bénévole qui donne des cours par correspondance entre autres aux détenus. Donc il m'envoie un devoir test que je je fais vraiment que le début parce que mon niveau n'avait pas plus loin. Il m'envoie un une leçon en math, une leçon en français et là pour une fois bah bizarrement je comprends les leçons et je comprends ce qu'ils attendent de moi parce qu'en fait c'était simplement à mon niveau.
Donc je fais ces devoirs, je les envoie quelques semaines après, je reçois une enveloppe qui est ouverte évidemment, je vois les notes 18/ 20 19/ 20. Première réaction, je regarde le nom qui est sur l'enveloppe, c'était bien le mien. Et là, en fait, je me dis mais l'ancien en fait, il a raison, je suis capable. contrairement à ce qu'on a voulu me faire croire, je suis capable. Et là, j'ai voulu savoir jusqu'à où j'étais capable. Donc, je me suis vraiment engagé là-dedans dans les études. Euh, j'ai passé un CFG au début, un brevet des collèges, un CAP, un BEP, un DAU et j'ai fini par écrire mon autobiographie.
Euh donc ça a vraiment changé beaucoup de choses, mais quand je suis sorti de prison, ça changeait pas la réalité des des choses parce que ce même détenu m'avait aussi dit autre chose. Il m'a dit, "Tu sais, la société, elle est pas prête à réinsérer les gens comme nous. Tu as seule chance de t'en sortir, prendre l'argent." illégalement, blanchis-le, réinvestis-le légalement, fais ta place dans la société. Et donc moi quand je suis sorti, bah je croyais vraiment ce qu'il m'avait dit et c'est un peu ce qui a guidé les les années suivantes. Donc je sors de prison et quand je sors, ce trafiquant international que j'ai connu commence à me faire les premiers contacts.
Euh qui te présente des gars dans des barres ? Vous Non non, il a communiqué mon numéro de téléphone. Donc je suis appelé par un gars qui était en région parisienne, qui était en Île-de-Fance. Donc je le rencontre. Donc il m'explique déjà des règles essentielles. Il m'a dit déjà jamais on va s'appeler de portable à portable. Donc tu vas acheter un portable sous un faux nom qui sera utilisé que pour moi. Quand je veux t'appeler, je vais dans une cabine, je te fais sonner une fois. Tu vas dans une cabine, tu me rappelles à ce numéro. Il y a tu [raclement de gorge] te fais griller avec ton portable, il y a zéro trace.
Parce que comme quand il m'appelle en fait, il fait sonner qu'une fois, ça s'enregistre pas. J'ai pas décroché. Euh donc ça voilà, c'était une une première règle. Effectivement, ce gars, j'ai dû travailler avec lui pendant 17 ans. Euh, il y a jamais jamais jamais une affaire dans laquelle on a été lié ensemble. Jamais. Il était très prudent en gros. Il était plus que prudent mais il m'a aussi appris beaucoup de choses sur la prudence. C'était quelqu'un qui était plus âgé que moi, qui fréquentait le vrai milieu. Euh voilà, il m'a appris un tas de choses. Donc quand j'allais le voir, c'était pas compliqué hein. Donc on s'appelait de cabine en cabine, donc il y avait aucun danger.
Euh je lui disais ce que j'avais besoin et puis bah quand j'arrivais, on ouvrait la le l'habitacle de la voiture, il me donnait, je mettais dedans, je sortais l'argent, je lui donnais même pas 2 minutes, tout était fait en pleine rue, il y avait aucun problème. [soupir] Et c'était quoi ton rôle ? Qu'est-ce que tu faisais ? Donc en fait, j' acheté la marchandise, je rep en région parisienne à Paris même. Et donc moi je repartais sur La Rochelle où j'étais installé marchandise donc c'était que du cannabis avec lui. Il faisait que du cannabis, il fais absolum rien d'autre.
J'allais à la Rochelle et à peine j'arrivais à la Rochelle, donc j'avais trois qu jusqu'à 5 clients, je redistribuais l'intégralité à mes clients. Donc souvent c'était à crédit et après j'attendais, je récupérais mon argent puis voilà, je faisais que des Tu avais à gagner de l'argent beaucoup là ? Là déjà, je commençais je commençais à gagner un petit un argent quand même assez assez conséquent quand même. Mais en parallèle, donc ça c'était une partie des choses. La deuxième partie c'est que la la même personne que j'avais connu en détention m'a mis en contact avec des mecs fichés au grand banditisme qui étaient en Belgique.
Donc j'allais en Belgique et là je pouvais prendre deine de très bonne qualité et de laï également de très bonne qualité. Et là pareil, j'allais chercher, je revenais et je redistribuais à mes mêmes clients. Donc toujours mes quatre cents euh je je redistribuais l'intégralité. Donc je suis monté quand même assez vite. Euh [grognement] ensuite c'est comment ça se passe les rendez-vous où tu transportes la marchandise ? Est-ce que c'est comme dans des films ? C'est derrière des containers dans des ports avec des mecs un peu lugubres ? Est-ce que c'est des mecs totalement normaux d'apparence dans un parking Vinc dans Paris ?
Indigo là comment en fait il y a qu'est-ce qui ressemble à un film et qu'est-ce qui ressemble pas à un film en vrai ? Ben en fait euh il faut savoir que la plupart des gens que que je fréquentais, c'était des gens qui avaient allez 50 60 ans. Euh on les croise dans la rue, c'est monsieur tout le monde quoi. Vraiment, on jamais on peut se rendre compte vraiment euh euh [grognement] juste au physique hein. C'est c'est vraiment monsieur Lambda quoi. Euh alors des fois, moi j'en sais rien. Par exemple, j'avais un gars euh un ancien de la b de du gang des Lyonnais euh un mec qui faisait les fourgons blindés, enfin voilà, qui qui a quand même un sacré parcours. Lui son truc, il veut pas conduire.
Il arrivait avec une grosse valise vraiment remplie de marchandises. Il prenait le train tranquillement. Il arrivait dans un restaurant où on était 4 c à de l'attendre. Donc on mangeait tous ensemble tranquillement avec la marchandise comme ça. Puis à un moment donné, il ouvrait sa sa son sa valise, il donnait à chacun le sac qui nous avait ramené. Lui, on donnait des sacoches avec l'argent qu'on avait ramené. Il remettait ça dedans et il repartait tranquillement. Il comptait pas devant tout le monde. Non, il y avait pas bes Non, il y avait pas de souci entre nous. De toute façon, il recoment donc voilà. Est-ce que Est-ce queils sont armés dans ces rendez-vous ?
Est-ce que tu as déjà fait des rendez-vous avec des mecs armés derriè ? Oui, c'est arrivé mais là non vraiment c'était des gens, on se connaissait tous enfin de longues dates puis on était présenté. Enfin, il y avait aucun aucun aucun problème. C'est des potes de potes quoi entre guillemets contact de contact c'est des potes de potes mais c'est surtout des des mecs à l'ancienne. C'est vraiment à l'ancienne. Donc il y a il y a aucune raison. Tu as pas eu peur de te faire flinguer dans derrière une voiture dans un parking justement qui prennent le cash et qui te donnent pas la marchandise avec eux ? Non mais ça t déjà arrivé déjà arrivé. Ça m'est déjà arrivé.
Tu sens que les mecs tu es pas trop sûr ou tu les sens pas trop. Je me suis écarté assez rapidement d'ailleurs. Euh ouais, il y a eu des fois vraiment où c'était un petit peu plus chaud. tu as un ami qui va se faire avoir, Daniel va se faire avoir devant des douiniers, tu expliques dans le livre, il va un peu paniquer. Est-ce que tu peux expliquer ? C'est c'est qu'on comprenne aussi ce que c'est que vos vies de trafiquant de drogue. Et après, on va parler justement de de tu voulais parler aussi de d'une histoire qui t'arrive avec des gendarmes assez hallucinants qui vont qui vont t'escorter. Ça paraît irréel cette [raclement de gorge] scène. C'est une scène de film.
Ça paraît irréel et et c'est important de comprendre parce qu'après on va on va venir à l'après. Et donc pour bien comprendre ce que tu as vécu, c'est très important de comprendre ça. Qu'est-ce qui se passe avec ton ami Daniel ? [grognement] Alors effectivement, il y a eu deux choses. Donc avec Daniel en fait on monte à Paris, je vais chercher du cannabis, donc la voiture est quand même pleine. Euh c'est le soir de Noël, du réveillon de Noël. Donc comme j'ai une escorte parce qu'il va m'ouvrir la route, je cache pas le matos. Donc on ouvre mon coffre. hein, c'est une forme mondée au break. Donc tout l'arrière est rempli de cadeaux et il y a deux sacs à qui est rempli de pain de cannabis.
On prend l'autoroute, donc je lui dis un quart d'heure de distance entre nous deux. Donc on sait, on respecte la limitation de vitesse. Donc on roule, on roule. Arrivé à la roche sur on sort, on va vite fait sur un coin, je livre un client à moi qui est venu nous rejoindre. On reprend la route, donc il part un quart d'heure en avance et quand j'arrive à Fonten le compte, donc la sortie où j'habite, j'arrive au payage. En arrivant au payage, qu'est-ce que je vois devant moi ? Il était juste devant moi mais je me dis mais qu'est-ce qu'il m'a fait ? Ils sont où il les un quart d'heure de distance ? Et déjà, je commence à bouillir à l'intérieur de moi.
Puis je suis avec la mère de mon fils, la mère de mon futur fils qui est avec moi dans la voiture. Et là donc il passe, la barrière s'ouvre, il passe, j'arrive à la barrière et là je vois le rond-point, je vois les gendarmes et donc les gendarmes commencent à le contrôler, à le contrôler lui, à le contrôler lui. Donc il ils le font descendre de la voiture, ils ouvrent le coffre de sa voiture, il fait nuit hein, et il part. Et là, je me dis "Mais c'est mort." Enfin, j'ai aucun moyen de passer. Et puis je sais que le cheit il est visible dans dans le coffre de la voiture. Et là donc je dis à la mère de mon fils, je lui dis surtout tu es pas au courant.
Voilà je suis parti avec la voiture, je t'ai récupéré à Paris, on a fait la route, tu es pas au courant de rien. Et donc là on arrive au niveau ta femme était enceinte ton autre femme parce que tu avais une petite fille en prison. Elle était pas non, elle était pas encore enceinte. On a eu un fils plus tard. D'accord. C'était pas la même que la première maman. Non non non, j'étais on s'est séparé voilà dès ma première incarcération à l'époque on était à la Rochelle. On s dur de faire sa vie en tant que trafiquant. Très compliqué. très compliqué parce que c'est des années d'absence et c'est jamais facile à vivre pour ceux qui sont dehors.
Et donc euh bah là, j'arrive à la hauteur des gendarmes. Euh donc j'ouvre tout de suite ma fenêtre puis je commence à essayer de taper une petite discussion va vous travaillez le soir de Noël et tout. Ça doit être dur quand même. C'est pas ils sont pas sympas avec vous et tout. Enfin bref, voilà, de bah j'essaie un petit peu voilà de tranquilliser un peu les choses. Puis bon, il me demande les papiers de la voiture, je lui donne, je parle tranquille et euh bah à un moment donné, il me dit bah vous voulez sortir de la voiture et ouvrir le coffre. Dans ma tête, je me [rires] dis c'est mort parce que vraiment tu avais beaucoup de drog dedans ? Non, il y avait quoi ?
30 kg mais dès qu'on Ah bah oui mais tu dis non c'est oui c'est beaucoup 30 kg de cheat pour voilà et donc là je commence à faire le tour de la voiture. Je rappelle qu'on a il fait nuit quand même on est en plein mois de décembre et en ouvrant le coffre en fait j'ouvre le coffre tout doucement et dans mon coffre j'ai deux gros chiens. J'ai j'ai deux chiens, ils font 40 kg chacun et là je dis doucement les chiens doucement. Et là il me dit vous avez des chiens ? Il me dit bon laissez tomber. Et là je referme le coffre dans ma tête. Je me dis mais vraiment enfin pour moi j'étais quoi Ouais franchement je m'y attendais pas. Je remonte. Merci. Bonne soirée messieurs. Bon réveillon à vous.
Euh voilà, pas à la prochaine. C'est c'est quoi la plus grosse quantité de drogu que tu es vu de ta vie ? Tu parlais de 30 kg, tu dis c'est rien. Oui. Est-ce que tu t'es retrouvé face à une quantité ? Oui, je me suis retrouvé en Espagne. Il y avait 2 tonnes de cannabis qui étaient là. Euh voilà. Puis j'ai vu d'autres quantités aussi pour des cocaïne bien sûr. Euh donc ça ça c'était un premier événement. Mais il y en a eu un autre aussi qui était qui était aussi quelque chose. Donc je suis avec la mère de mon fils, on est à Lille. Tu as quel âge à Oh, je sais même plus quel âge que j'ai. On va dire une trentaine d'années à peu près.
Euh et donc je monte à Lille parce que en fait il y a des mecs que je connais, ils ont un hangar qui est entre la frontière la frontière belge et la frontière française. Donc j'emmène la voiture, voilà, je leur achète 3 kg qui sont planqués dans la voiture, on repart et là on est dans les heures de pointe dans l'île.
un moment donné donc mon ex me dit merde il y a les gendarmes qui sont en train de contrôler au feu rouge je lui tranquille t'inquiète pas elle est habillé en tailleur elle a un ordinateur sur les sur les genoux moi je suis en costard et tu avais quoi comme quantité de drogue et tu avais quoi comme j'ai 3 kg de cocaïne euh mais bon je suis pas inquiet parce qu'ils sont quand même cachés 3 kg de cocaïne en France c'est beaucoup hein en terme de prison en terme de prison ouais quand on a un casier très clairement c'est plusieurs années de prison ouais ouais plusieurs années ouais plusieurs années bien sûr ouais et donc mais bon enfin je suis pas inquiet parce que je sais que c'est rangé.
Je suis dans une voiture, il y a le nom de notre société sur la la vitre arrière. Je sais exactement ce que je vais leur dire. Et donc tu prépares ta légende entre guillemets, c'estàd tuas ton dans ma voiture, j'ai une deuxième peau. Je suis plus moi, je suis plus le trafiquant. Je sais, je suis voilà, je suis un professionnel, je sais exactement ce que j'ai à raconter. Pour moi, c'est vraiment une deuxième peau. Je suis un acteur quoi. Et là, bah j'ouvre la fenêtre. À peine j'arrive à leur niveau, je les appelle, je les appelle, je dis "Excusez-moi et tout. On est en train de mettre un site en commun entre la Belgique et la France.
J'ai rendez-vous avec les gens de la ville à l'hôtel bisarriverai jamais à l'heure avec les embouteillages qu'il y a et en plus je suis complètement perdu. Et là le gendarme dit bah bougez pas, on va vous ouvrir la route. Et là il y a un gendarme motard qui se met devant un autre derrière girofha et il nous accompagne jusqu'à l'hôtel Ibis. Et ma femme je me rappelle mon ex-femme me dit mais tu es complètement cinglé. Mais je dis au moins il y a plus personne qui va nous contrôler. Donc vraiment c'est escorté par la gendarmerie. Mais moi je m'attends pas à ce qui m'escorte.
Moi sur le moment quand je leur dis ça, c'est pour éviter le contrôle pour dire bon bah allez-y voilà si vous êtes pressé en plus si c'est les gens de la ville c'est leurs dis que c'était pour tu dis que c'était pour le site internet de la ville du coup ouais en fait j'explique très rapidement parce qu'ilsordent pas facilement les gendarmes ça arrive jamais à part pour les souvent les femmes enceintes qui vont accoucher ou quelqu'un qui fait un malaise dans une voiture évidemment voilà mais bon quand je leur dis c'est c'est avec la ville qu'on a rendez-vous c'est aussi leurs employeurs, c'est les gens avec qui il travaillent donc pour eux c'était Voilà vraiment il nous escorte et dès qu'on arrive à la vue de l'hôtel Ibis, je les vois repartir et là bah nous on rentre sur le parking de l'hôtel Ibis mais vraiment je m'attends pas jamais jamais j'aurais imaginé qu'il nous aurait escorté moi tout ce que je voulais c'était passer tranquillement quoi.
Donc voilà enfin il y en a eu d'autres he mais des des petits moments comme ça il y en a il y en a eu quand même pas mal c'est voilà de temps en temps c'est un peu des silures froides. Tu parles d'un ami qui avait une une valise avec un double fond aussi à la gare du Nord. Fameux Daniel. Ah oui, ça y est. Je un faux prénom, j'imagine. Non, ouais, c'est j'ai changé tous les prénoms, voilà, dans dans mon autobiographie pour éviter que qui que soit qui que ce soit soit reconnu. Effectivement euh donc il y avait un jeune Daniel que que j'avais recruté, que j'avais connu en prison. Euh il avait besoin d'argent.
Donc bah je lui propose de faire quelques voyages en Hollande, de ramener des produits des drogues dures et [grognement] je lui fais une valise avec un double fond. Et à un moment donné, il est dans le train, il m'appelle donc sur des portables jetables qu'on avait et il me dit enfin je le vois, il est en panique. Ah je me dis ça y est, lui il a dû prendre un rail de c là il est en train de paranoyer. Et à un moment donné il me dit "Ouais non, je les ai vu plusieurs fois, ils sont dans le wagon, je lui dis écoute ce que tu fais, tu mets ta valise en début de de wagon, tu t'assois tout à l'arrière et si tu vois qu'ils sont toujours là, bah tu le prends pas en fait.
Tu descends pas avec le truc, c'est pas grave. On refit un voyage, on se rembourse en un voyage, c'est rien. Mais comme il avait mis un tout petit peu d'argent dedans, il a pas voulu lâcher la valise. Donc il prend la valise, il descend Garde du Nord, il y a un tunnel qui descend en bas. En bas, moi j'y suis en bas et je lui dis il y a les gendarmes sans les chiens mais il y a les gendarmes. Je lui ai dit "Ne prends pas la valise, laisse-la rien à faire, il passe avec." Donc moi je sors, je vois pas ce qui se passe, je l' suis après coup. Et en fait quand j'ai lu le dossier d'instruction, ce qui s'est passé c'est qu'il arrive au niveau des gendarmes. Les gendarmes le contrôlent.
Est-ce que vous avez pris quelque chose ? pas euh il commence à paniquer, il commence à transpirer. Donc le gendarme lui repose la question, il voit qu'il transpire encore plus, il lui met la main sur le cœur, il sent le cœur qui est en train de battre la chamane et il lui dit "Attends, depuis tout à l'heure, tu es en train de transpirer, ton cœur il bat, il bat de son à l'heure." Et là, direct, il se met à table, il me dit "J'ai un double fond dans la valise [rires] prodit". Il panique. Ah, il panique mais il se met complètement à table. Et en plus, comme lui, il habite à la Rochion, qu'est-ce qu'il dit quand il est en garde à vue ?
"J'ai encore des produits chez moi, ce qui était faux parce que j'avais fait faire le ménage de toute façon. Mais il dit qu'il a encore des produits là-bas pour être transféré là-bas. Sauf qu'il a oublié une chose, c'est que la Roche, c'est pas les mêmes peines qu'un Paris, quoi. Donc là-bas, il prend 4 ans, j'en prends 6. Bien plus tard, lui, il me balance pas, je suis pas du tout identifié mais bien plus tard, quand je serai identifié dans cette affaire, [soupir] tu reprends 6. Tu as pris combien d'années de prison en cumulé ? Tu en as fait 22, mais tu en as pris combien au total ? Au total, j'ai été condamné à 35 ans de prison.
Sur 35 ans, avec les remises de peine, les aménagements de peine que j'ai eu, j'en ai fait 22. Est-ce qu'il y a des moments tu te poses la question sur le fait que la drogue ça peut tuer des gens ? À quel moment tu te dis tiens, je fais peut-être un truc qui est pas bien, qui est pas moral, tu vois ? Est-ce que est-ce que un moment donné ça te vient à l'esprit et puis tu vas devenir papa une fois, deux fois ? Est-ce que un moment donné ça te ça te vient à l'esprit ou pas du tout ou alors tout de suite ?
Alors aujourd'hui, il est évident euh que je me bat qu' contre le narcotrafic, que je me bats contre enfin que j'essaie d'aider en tout cas tous les gamins ne pas rentrer là-dedans euh parce que évidemment que c'est néfaste pour tout le monde. Euh ça détruit, encore une fois, je l'ai dit au début, ça détruit énormément de familles. Euh mais le problème c'est que un fumeur par exemple qui va travailler dans un bureau de tabac et qui va vendre du tabac au fond de lui, il sait que c'est pas bien que ça tue des gens mais il est lui-même fumeur. qui se rend pas compte enfin on met pas vraiment des mots dessus.
Le mec qui qui travaille dans un bar qui vend de l'alcool, qui boivent ou qui boivent pas au fond de lui, c'est que c'est pas bon, que ça détruit des vies, ça l'empêche pas d'en vendre parce qu'on se met pas vraiment à la place de l'autre. J'ai été consommateur, j'ai perdu ma sœur dedans, je sais que c'est néfaste mais sur le moment on n'y pense pas parce qu'on se dit c'est peut-être des excuses qu'on se donne mais on se dit de toute façon si les gens ils achètent pas à moi, ils achèteront ailleurs. Euh puis je suis pas la cause de leur consommation. S'ils consomment, c'est parce qu'il y a des choses qu'elle est pas dans leur vie. Euh c'est pas moi qui ai inventé la drogue non plus.
Donc on on en prend pas vraiment conscience. On en prend conscience. Ouais. Quand on sort de cette vue-là, est-ce que tu tu profites de l'argent sale ? Qu'est-ce que tu fais de cet argent ? Tu dis que tu en tu en blanchis une partie, est-ce que tu fais n'importe quoi en donné ? Parce que on a reçu des voyoux déjà ici, il disent que l'argent sale, tu te le dépenses très vite en réalité. Bah très clairement, à une époque, je gagnais entre 40 et 60000 € par mois. Euh, j'arrêais tout le monde, j'allais au restaurant, vas-y, on était 10, on était 20, je payais pour tout le monde.
J'envoyais des mandats à ceux qui étaient au placard, je prenais des des avocats alors que c même pas mon J'avais même pas l'utilité, enfin l'obligation en tout cas de le faire. Euh, on on mangeait au restaurant midi et soir tous les jours pendant des années. Enfin, un jour, je me suis retrouvé en prison. Je me suis dit "Mais rien que ce que j'ai dépensé au restaurant ces deux dernières années, midi et soir, j'aurais cet argent là tout de suite, ben je serai bien en fait." Euh, on changeait de voiture comme de chemise. Enfin, c'était du n'importe quoi. C'est en fait, on perd complètement la notion de l'argent. Tu t'as acheté de belles voitures ? On on louait en fait.
On avait un concessionnaire BM chez qui on pouvait toutes les enfin toutes les semaines façon de parler mais tous les 6 mois changer de voiture. On avait des voitures neuves. Voilà, on repartait sur un nouveau calcul, on payait tous les mois. Enfin, c'était Tout à l'heure, tu parlais de tu disais que tu tu roulais puis qu'il y a des gendarmes t'ont escorté avec de la cocaïne. Tu l'as caché où cette cocaïne ? dans les dans les doubles fonds des des portières. Tu le faisais tout seul ça ? Oui, bien sûr. Ouais. Tu as déjà vu la corruption ? Oui, bien sûr. Bien sûr. Comme tu étais du mauvais côté, est-ce que tu as vu euh est-ce que tu as pu t'acheter des Ouais, bien sûr.
Bah une un exemple [raclement de gorge] tout bête une fois dans mes débuts hein, vraiment dans mes débuts sans balancer les lieux précis. Il y en a d'autres que je pourrais pas raconter mais par juste un exemple dans mes débuts un jour je travaille sur Barbess enfin je travaille je mange je deal et euh mon collègue de l'époque il est sur Pigal et il me dit "Ouais vas-y tiens tu peux ramener telle quantité on a un client là on a rendez-vous je suis plus au McDonald's et donc j'ai j'ai cette quantité deine avec moi puis j'arrive dans le McDonald's donc je les vois tous sur une table et je reconnais parmi le groupe un flic donc bah moi qu'est-ce que je fais ? Je dis rien.
Bonjour tout le monde, je vais aux toilettes. J'ai tout dans les toilettes. Et quand je reviens, il me dit "Bon, c'est bon, tu peux lui donner." Je dis "Je sais pas de quoi tu parles. C'est pas que c'est un flic celui-là et je le connais parce que c'est un flic de barbesse quoi." Il me dit "Oui, je le sais mais t'inquiète pas, il y a aucun problème. Sa femme c'est elle, c'est une c'est une prostituée qui consomme." Je dis "Puvre con, pourquoi tu me le dis pas avant ? J'ai jeté la marchandise.
Et donc [grognement] en fait ce mec-là après bah par la suite une fois que je savais en fait il il nous il nous il n donnait des informations à chaque fois qu'il y avait des des planques de flics qui se faisaient à barbesse parce que souvent il se mettait en hauteur et il ils regardaient en fait ce qui se passe dans la rue. Donc à chaque fois qu'il y avait des choses, il nous tenaient au courant de tout. En échange de drogue. En échange bien sûr, on donnait toujours un petit peu de drogue pour ça nana. Voilà.
Mais ça même par la suite enfin il y avait des flics qui nous disaient sil y avait une fiche de recherche quand il y avait quelqu'un qui se faisait arrêter qu'on ait besoin de savoir où il était. Bon, on a vu juste à donner son nom, son sa date de naissance, on en savait tout de suite où il était. Euh voilà. C'est quoi l'erreur à pas faire quand tu es trafiquant de drogue pour pas se faire tuer ? De pas rentrer dedans, de pas en prendre, de pas rentrer dedans, de pas rentrer dans dans dans le trafic. Ah oui, je pourrais pas donner d'autres conseils parce que c'est pas un chemin à suivre de toute façon. Tu as déjà vu quelqu'un de se faire tirer dessus ? Non.
Tu as déjà pensé à tirer sur quelqu'un ? Ouais. Ouais, clairement, c'est pas forcément que tu l'as fait, c'est juste penser ça. Ça peut arriver de s'énerver sur quelqu'un. Je l'ai plus que pensé pour des raisons très simples. Euh j'ai cet immeuble, j'ai fait tous les travaux dedans pendant 2 ans. J'ai mis pas mal d'argent de côté. J'en avais à l'étranger, j'en avais chez mes clients. J'avais même de l'argent de planquer chez ma mère à l'époque. Mes affaires, allaient plus que bien. J'étais pas loin de m'arrêter.
Et à un moment donné, je suis dans dans notre maison avec ma femme, la mère de mon fils, et je lui dis "Écoute, ça fait quand même quelques années, il y avait un objectif, c'était de prendre de l'argent, de l' de le blanchir, de l'investir légalement. Aujourd'hui, on a de l'argent de côté, on a cet immeuble, je peux le reprendre sur mon nom. J'ai j'avais négocié en plus les deux immeubles qui étaient. Ça présente quelle somme qu'on imagine ton objectif à toi que tu voulais attendre l'immeuble ? Euh bah en fait, bon, c'est pas un HLM, c'est un petit immeuble de province de étages, mais il y avait les deux immeubles d'à côté que je pouvais acheter pour des sommes vraiment ridicules.
J'avais un peu plus de 400000 € en liquide, donc je pouvais largement faire les travaux. Et bah trois immeubles si je mets tous les appartements en location, bah voilà, j'ai de quoi vivre quoi. Je veux dire, j'ai pas voilà c'est c'est fini et je peux faire vivre ma famille avec. Euh moi c'était vraiment mon objectif. J'ai pas besoin de plus. Et donc je réfléchis, je réfléchis. Bah je lui dis en fait c'est peut-être le moment d'arrêter. Donc elle me dit ouais je pense que tu as raison. Donc je vais voir d'abord un notaire.
Euh je dis voilà comment je peux reprendre l'immeuble à mon nom sans avoir à ressortir de l'argent en sachant que j'ai fait des travaux d je peux tout justifier avec ma société. Et là c'était au nom de ton frère. C'était au nom l'immeuble était au nom de mon frère. Et donc on trouve un terrain d'entente avec le notaire. Puis donc j'ai dis à mon frère voilà bah rendez-vous tel jour chez le notaire et cetera et cetera. Et évidemment je contacte tous mes amis. J'en dis les mecs moi c'est bon j'arrête. Ça y est, c'est fini pour moi. Je m'arrête, j'ai ce qu'il me faut, j'ai pas besoin de plus. Donc aucun problème he. Tout le monde respectait ça.
Et puis à 3 jours d'aller chez le notaire, je reçois un texto de mon frère et il me dit "Je viens pas au rendez-vous, l'immeuble il est à mon nom, il est à moi." Voilà la réalité de l'argent sale en fait. Ça tourne la tête de n'importe quoi. Fait trahir par ton frère. Ouais. Alors là, autant dire je suis fou de colère he je prends la voiture, je monte direct à Paris mais quand même je passe prendre ma mère avant parce que je me dis bon, elle va peut-être réussir à raisonner à raisonner un petit peu. Euh donc elle se met entre nous, le ton il monte très très rapidement et en fait mon frère avait déjà prévenu la police avant mon arrivée parce qu'il sait qu'au flic je peux rien dire.
Lui, il peut justifier de l'achat d'immeuble, il a fait un crédit même si c'est moi qui tout remboursé. Je peux rien dire en fait. Évidemment, je risquais pas de dire quoi que ce soit. Puis euh à un moment donné ma mère elle est entre nous et il a poussé ma mère pas pour lui faire du mal. Vraiment ça a été un geste irréfléchi. Enfin il l'a juste Mais pour moi, j'ai vu rouge quoi. Je lui mets une droite, au moment où je lui mets une droite, bah les flics sont en train d'arriver et il porte plainte contre moi pour cou et blessures. Je suis en garde à vue. Donc je fais 48 he de garde à vue, je suis relâché. Donc là, je vais direct chez ma mère.
Enfin, je l'ai appelé d'abord, je l'entends pleurer au téléphone, donc je vais chez elle. Et là, j'ai jamais vu ma mère pleurer autant. et elle me dit "Ne fais pas de mal à ton frère, c'est aussi mon fils." Et là euh je suis je suis pris entre deux chaises parce que ma mère c'est la dernière personne sur terre à qui je peux faire du mal. Donc bah je rentre chez moi, je reste 48 he enfermé seul dans la chambre et je réfléchis, je réfléchis, je réfléchis. Puis je sors de cette chambre et je dis à mon ex OK "OK bah j'ai mis 2 ans à faire cette immeub bah en démarrant de zéro hein.
Aujourd'hui j'ai une clientèle, j'ai de l'argent, j'ai des connaissances que je n'avais pas au début, bah je vais refaire la même mieux que ça en 6 mois. Donc je reprends, je remets le couvert, j'appelle mes fournisseurs, mes mes clients un peu tout le monde. Dès le lendemain, je remets le couvert et 2 mois après, on est tous arrêtés parce que mes mes fournisseurs, enfin mes mes associés, mes amis, ils avaient déjà les flics sur eux pendant ces de mois, ils sont mis sur eux [grognement] et du coup, on est tous arrêtés pour trafic de stup international en bonne organisée. Donc là, c'est les assis spéciales. Et donc, tu prends combien de temps ? Combien de Alors là, je suis d'abord incarcéré.
Bon, quand je suis incarcéré, bah je fais ce que je sais faire, hein. Je travaille, je reprends mes études. Et c'est là que la mère de mon fils tombe enceinte. Donc quand m quand tombe enceinte, elle me dit "Ouais, j'ai quand même 40 ans." Enfin, garder un mot euh si jamais j'ai si j'ai jamais été mère avant, bah c'est peut-être que je suis pas fait pour être mère. Et moi, je suis pas d'accord avec toi parce que je t'ai vu avec ma fille et je sais que tu as tout pour être une bonne mère.
Et elle me dit "Mais c'est pas compatible avec la vie qu'on a." Bah je lui dis "Moi, je suis prêt à tout arrêter." Donc on se dit "OK, on le garde, donc on commence à à partir sur cette optique, on change de vie, on arrête tout et puis bon, il me resta encore de l'argent de côté malgré tout hein." Et là, il se passe quelques mois et au bout de 9 mois, euh en fait ce qui s'est passé, c'est qu'il y a un braqueur avec qui je tourne dans dans en promenade, avec qui on est très proche parce qu'on on a pas mal de connaissances en commun, il organise un trafic à l'extérieur avec sa nana. Enfin, je suis absolument pas au courant, j'ai rien à voir dans cette histoire.
Mais ça nana me connaît parce que ça ma femme la récupère à la gare, elle l'emmène en voiture donc on se connaît tous quoi. Elle se fait arrêter et quand elle se fait arrêter pour protéger son copain balancement en disant que c'est moi qui qui a remis de l'argent au parlo. Enfin raconte n'importe quoi. Sauf bah pour le juge lui prends ça au sérieux. Donc bah tout de suite il il me met en cause et moi je suis pas au courant. Je sais même pas ce qui se passe. Je suis appelé par la chef de détention. Elle me dit j'ai une bonne mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle votre fils il vient de net il pèse temps, il mesure temps, il est en bonne santé. Je dis OK c'est quoi la mauvaise nouvelle ?
Le juge d'instruction vient de retirer tous vos permis de visite. Le jour de la naissance de mon bien, on me retire tous mes permis de visite. Donc déjà là, ça commence à bouillir parce que je ne sais même pas pourquoi encore à ce moment-là, je l'ai vraiment après. Enfin, dans les jours qu'on suivit. Le soir même, je suis au téléphone. Le matin, ils explosent ma cellule sur du juge. Donc, ils prennent ma puce de téléphone, c'est tout ce qui trouve. Je prends 3 semaines demi-tard. Au bout de 15 jours demi-t-ard, on me dit "Bah, pactage, je t'ai transféré." Là, je suis transféré dans une autre prison. J'arrive à Poitier, une vieille prison, toute petite prison.
Je vois la directrice, elle me dit voilà, il vous reste une semaine demi tard, on oublie. Par contre, je vous préviens ici c'est 45 jours. Donc je dis "Vous êtes cach je vais être cach avec vous, je vais être patient quelques temps mais si on me laisse pas voir ma femme et mes enfants bah je reprendrai un téléphone. Que je sois au mitard, l'isolement où vous voulez, j'aurai un téléphone." Donc j'essaie d'être un peu tranquille. L'après-midi même, je vois la conseillère d'insertion et de probation qui voit tous les arrivants. Donc elle demande les coordonnées de ma femme pour enfin de ma femme, ma mère un peu tout le monde pour prévenir.
2h après, elle me rappelle, elle me dit "Je suis vraiment désolé, le juge nous a ordonné de ne pas prévenir votre famille. de l'endroit où vous vous situez. Le matin, je poste mes trois, quatre lettres comme j'ai toujours fait. Dans l'après-midi même, je reçois une notification, tous les lettres saisies et ça ça s'est jamais arrêté. Donc plus personne de mes nouvelles. Je suis interdit de communiquer. J'ai bah il y a pas de téléphone façon enfin officiel là-bas. Donc il se passe 3 mois comme ça. Bah forcément je boue pendant 3 mois et puis au bout de 3 mois bah il se passe ce qui devait se passer. Il ils explosent ma cellule. Il y a 20 surveillants qui sont là à la demande du juge.
Ils sortent absolument tout. Ils ont sondé les murs, ils ont enlevé le toilet. vraiment une fouille comme j'en avais jamais vu. Et là ben ils ont trouvé une corde artisanale, un pass pour ouvrir les menottes, un téléphone, une puce, une batterie et cetera. Euh je suis confié donc par le directeur qui venait d'où cette les Iris, c'est le grana, ils trouvaient ils ont trouvé pourquoi cette corde ? C'est toi qui l' caché ? C'était à moi. J'étais seul en cellule de toute façon. Donc forcément, tu me laisses pas voir pourquoi tu avais une corde ? Bah pour m'évaler, tu me laisses pas voir ma famille. C'est évident que c'est c'est moi qui vais aller les voir. Tu avais quoi ?
Tu avais une pu tu avais une corde ? J'avais un pass pour les menottes et j'avais plus de téléphone. Un téléphone. Comment tu trouves un pass pour les menottes ? On l'avait fait rentrer. Il marchait avec les menottes de prison. Avec les menotes des flics. On peut tout faire rentrer en prison. On peut tout faire rentrer en prison bien sûr. Après c'est une question de moyens, c'est une question d'argent, c'est voilà quoi, de connaissance. Et donc tu avais un téléphone et cetera et donc tu reprends à chaque fois en fait tu t'aggraves ton cas à chaque fois. Bah en même temps enfin je suis dans une situation et tu prends combien là ? Alors là pour l'instant moi je prends rien.
Tu es en préventive ? Euh je suis en préventive. Euh donc là le Tu as la voix d'Albon Ivanov. Comment tu as la voix d'Albon Ivanov ? [rires] Ça je trouvais pas. Non je sais pas si vous vous me direz en si vous nous écoutez si vous pouvez mettre un commentaire les amis soit sur Spotify si vous nous écoutez en podcast audio sur YouTube. Mais tuas tu as un truc d'Allemand 29 dans la dans la voix dans le rire dans le truc. On t'a jamais dit. Non non. OK je t'écoute Alban je t'écoute. Non non il y a pas de souci. [rires] J'entends plus que ça maintenant que je disais. Non, excuse-moi. Et non, tranquille, tranquille. Et mec, c'est choquant en fait. Plus plus je t'entends, plus c'est Alband Ivanov.
C'est un truc de fou. [rires] Et et donc ils viennent dans ta cellule et donc quand tu vas arriver au jugement, tu vas prendre combien sur ce jugement là ? Ben en fait, ça se passe pas comme ça. Ça va pas du tout se passer comme ça parce que [grognement] je suis confié au zéris, donc groupe d'intervention. Je suis emmené à l'isolement total, donc à Angoulem. Je suis changé de prison et là donc je me retrouve dans une salle d'isolement donc coupé du monde extérieur déjà depuis quelques temps mais également coupé du reste de la détention. Donc pas de sport parce que même à l'isolement il faut être au moins 2. Mais là j'avais interdiction de contact avec qui que ce soit.
Euh donc là euh bah c'est c'est l'injustice que je subis parce que je suis là pour une raison au départ qui ne m'appartient pas. Ce trafic j'y ai jamais participé et j'en étais absolument pas à l'origine et on me laisse pas voir mon enfant. Enfin voilà, c'était un truc de fou. Donc mais j'ai une arme que j'avais pas avant, c'est que je sais écrire et lire. Donc j'écris partout vraiment au ministère de la justice, au doyens des j d'instruction, au procure bref, il se passe rien. Il y a juste le directeur de la prison qui est venu me voir, ça faisait 6 7 mois à peu près, euh que mon fils était né.
Donc il vient me voir, il me dit voilà, il me dit "J'ai pas de pouvoir mais je trouve pas normal qu'on interdisse à votre fils de vous voir parce que lui il a rien demandé à personne." Donc il m'a dit "Je vais prendre contact avec le jus d'instruction pour essayer de vous obtenir un parloir." Effectivement de semaines après, j'ai un parlo avec mon fils, sa mère et un surveillant enfermé avec nous dans le parloir. Je ne savais même pas que ça existait. Je l'ai jamais comment ton fils où il y avait une vie ? Non non, on était dans le même parloir mais il y avait un surveillant à l'intérieur du par jamais vu un parloir. C'est ça.
Y en a qui ont des vitres avec un une sorte de haut-parleur, il y en a où il y a rien et tu peux en fait là il y avait rien mais il y avait un surveillant avec nous qui remplaçait la vitre. Donc bah là je découvre mon fils et puis bah en repartant, je lui fais une promesse. Je lui dis bah je je reviendrai, je rentrerai. Donc je retourne en cellule. Euh bah je fais appel sur absolument tout. Je fais les demandes de provisoire tous les jours. Et tu te dis dans ta tête que tu arrêtes tout là vraiment. Ah ben là, ça y est, j'étais plus là-dessus. Là, là, j'étais plus là-dessus parce que je la situation ça me rendait fou. Ça me rend compte que tu perds du temps ton enfant.
Je me rends compte que je suis en train de tout perdre alors que pour une fois, je suis pas à l'origine de ça, quoi. Et ta fille à ce moment-là ? Alors, ma fille, je la voyais là, ça faisait quelques temps que je la voyais pas quand même euh parce qu'elle voulait plus elle voulait plus venir en prison puis elle m'en a toujours voulu euh de cet échec. Et ce qui se passe en fait, c'est qu'à un moment donné, il y a un renouvellement de mandat de dépôt. Le juge se trompe, il fait un fou en écriture, il corrige hors de ma présence, qui est complètement illégal.
Je m'en aperçois, je fais appel sur ce mandat de dépôt, je passe à la cour d'appel et là, ils me disent "Voilà, vous avez fait appel sur un mandat de dépôt de 4 mois". Je leur dis "Non, j'ai fait appel sur un mandat de dépôt de 6 mois." Le juge regarde dans le dossier, bah il me dit "J'amende à dépôt de 4 mois, je lu emmène l'original et là je vois tous les visages se transformer." Je dis "Ah là il y a quelque chose qui peut jouer." Je retourne en cellule, la journée se passe, je les entends fermer la porte le soir. Bon parce qu'il avait dit délibérer cet après-midi. Bon on m'a rien fait signé. Bon je dis "Allez, ils ont encore trouvé un moyen de contourner le truc.
Je vais signer le refus demain." Le lendemain toute la journée, il se passe rien. Je dis "C'est bizarre quand même." Le soir, il ferme la porte. Une demi-heure après, j'entends la clé dans la porte. Je dis "Bingo Je savais, c'est le directeur qui est là, il me dit "Faites votre pactage, vous êtes libéré." Voilà parce qu'il y a eu un en écriture et cetera. Je sors, je vois la mère de mon fils qui me dit "Je t'avais fait une promesse de jamais te quitter quand tu étais en prison.
Aujourd'hui, tu es sorti, c'est terminé." Euh, elle m'a dit "La vie de maman, c'est pas compatible avec la vie de femme de voyou." Elle m'a dit "J'étais mis en garde à vue en fait quand j'étais inculpé, enfin mise en en cause pour cette histoire pour laquelle j'avais rien à voir. Elle a été mise en garde à vue, elle pour ça a été la goutte de donc elle a dit c'est fini, je pouvais comprendre, il y avait aucun problème. Donc moi dans ma tête, je dis OK c'est comme ça bah vas-y hein, on remet le couvert. J'ai fait des faux papiers, j'ai j'ai mis des choses en place et dès que j'ai pu, bah je me suis barré." Et tu as recommencé ? J'ai recommencé.
De toute façon, je vais c'est hors de question que je retourne en prison dans ces conditions avec un acharnement qui parce que là c'était juste une libération provisoire. Là, ils ont cassé le mandat de dépôt donc c'était donc tuis retourner en prison quand même. De toute façon, le procureur aurait fait cassation, je serais retourné en prison. Donc là, en fait, tu es parti en caval en gros. Je c'est ça. Ah, je me suis mis en caval. Donc, je me suis mis dans le centre de la France, j'ai pris tout de suite une maison sous un faux nom que j'ai meublé. Quelques temps après, j'ai le fameux braqueur qui m'a appris à lire et à écrire, qui sort de prison.
Donc je lui dis "Écoute moi je peux pas rester en France. Si tu veux, je te mets dans cette maison euh je te donne mes deux trois clients qui sont autour. Moi, je me barre en Espagne. Je trouve un mec là-bas en Espagne qui va te ramener la marchandise, tu la distribues, on partage à trois. On fait à peu près 20000 € par mois tous les trois chacun. Donc il me dit "OK, donc là donc je pars en Espagne. Bon, je m'installe tranquille au bord de la mer là-bas. Je gère tout là-bas. Où ça ? Euh dans le nord de l'Espagne. Terbilo. Ouais, exactement. Et là, je me dis euh, [grognement] je m'emmerdais en fait.
Je m'emmerdais complètement parce que moi j'ai l'habit d'être dans l'action, c'est moi qui gère quoi. Et là, je suis là comme un con bloqué sur place, juste à gérer, à dépenser de l'argent et puis là, je faisais n'importe quoi avec l'argent. Et euh il se passe quelques mois et à un moment donné, il doit aller livrer des clients. J'ai un client au téléphone et il me dit "On l'a pas vu ?" Je Comment ça tu l'as pas vu ? J'appelle un deuxième client, on l'a pas vu. Moi dans ma tête mais je suis sûr qu'il s'est fait arrêter. Et je me dis "Mais attends, c'est ma responsabilité. vient de faire 20 piges pour braquage. Là, il se fait arrêter dans mes affaires.
C'est pas possible, j'ai plus rien à perdre. Et je demande à au mec qui lui emmené la marchandise, un espagnol avec qui je bossais. Je dis voilà, trouve-moi des armes, je vais aller le chercher à la gendarmerie. Et là, il m'a dit c'est hors de question. Il m'a dit "Tu fais ça, ils vont vous tuer tous les deux mais jamais ils vous lâcheront." Et bref, il a réussi à me convoire qu'il me dit "La seule chose que tu as à faire, attends de savoir où il est et fais ce que tu as fait pendant toutes ces années, occupe-toi de lui." Faut savoir que ce mec quand même du jour où il m'a appris à lire et à écrire, il s'est passé un peu près une dizaine d'années. J'ai toujours fait des mandats.
Je me suis je me suis occupé de sa femme, de ses cinq momes. J'ai pris des avocats, j'ai fait ce que personneait n'a jamais fait pour lui. [grognement] Et donc, il se passe quelques temps puis bah j'apprends qu'il a jamais été arrêté. J'apprends qu'il habite à Toulouse. Je retrouve son adresse et j'apprends surtout bah qui m'a volé l'argent. En fait, il a une somme d'argent de marchandise et il a décidé de partir avec tout ça. C'est que de la trahison dans c'est Ouais. Mais les les vit voyez-vous surtout aujourd'hui de plus en plus. De plus en plus. Ouais. Et et donc moi quand j'apprends ça euh je me dis "OK, je vais le lever de toute façon.
Voilà, c'est hors de question que je laisse ça comme ça." Et entre-temps, je dis "Ah, c'est dire quoi ? Je vais le lever Bah, je vais aller le chercher, je vais le mettre dans un coffre et je vais je vais récupérer mon osille. Et en parallèle, donc je dis à la mère de mon fils, je dis "Écoute voilà, emmène-moi mon fils, je voudrais le voir avant avant de dégager d'ici parce que je sais que je vais pas pouvoir rester plus longtemps." Je mets trois voitures relais sur la route pour l'emmener progressivement, changant de voiture.
Et quand elle est dans la troisième voiture qui est pilotée par un de mes clients, il m'appelle d'une cabine, je dis "Voilà, tu peux rentrer dans un petit village qui s'appelle comme ça, tu prends la route principale, t'occupe pas, c'est moi qui vais vous trouver." Je raccroche et j'ai en même temps je dis j'ai trouvé la trace de l'autre [ __ ] là, je sais où il est. Je vais aller lever la semaine prochaine. Je raccroche et cette personne qu'est-ce qu'elle fait ? Elle raccroche, elle reprend la cabine et elle l'appelle parce que je ne savais pas mais c'était sa complice. Elle appelle qui ? Le mec qui m'a volé l'argent.
Parce qu'en fait lui quand il a volé l'argent, il a mis en il a mis dans sa combine de de mes gros clients, il leur a dit voilà, je vous laisse la marchandise, moi je prends que l'oseille. Et personne n'a rien vu et personne ne dit rien. Ils étaient tombés d'accord tous les trois. Et donc cette personne l'appelle, lui dit voilà. Bah, il a retrouvé ton adresse, il va il va il va venir te lever. Par contre, je sais où il est. Elle donne l'adresse du village. Mais moi, j'étais pas dans ce village, j' dans une autre ville à côté. Et sauf que quand il s'appelle, le mec est sur écoute parce que les fils qui étaient sur eux depuis quelques temps.
Et le juge quand il entend ça, il dit "Allez, on lève tout le monde." Donc il les arrête tous. Moi, je suis pas au courant en fait, hein. Euh mais moi, ils savent pas où je suis. J'ai un mandat d'arrêt européen qui est lancé. Ils me cherchent dans ce côté de l'Espagne. Voilà, ils savent qu' de toute façon, ils vont me prouver, hein. Et il se passe un mois et demi, au bout d'un mois et demi, donc je suis arrêté. Alors, je me fais arrêter au nom de Yannique Déland. D'ailleurs parce que j'avais des faux papiers au nom de Dianique dand comment ça se passe l'arrestation ? Bah on va revenir sur ce moment. Juste raconte-nous parce que tu t'es fait arrêter 10 fois. Ah là là.
Fait 10 fois de la prison. C'est c'est c'est ton arrestation la plus improbable. C'est quoi qu'on imagine aussi ? La plus improbable, tu vois, pour qu'on comprenne bien ce que c'est qu'une arrestation. Bah celle-là par exemple, moi je m'y attends pas parce que habituellement quand je me fais arrêter, je me fais arrêter sur un flag ou ou je me fais arrêter parce que j'ai une balous sous la voiture. Enfin, il y en a une autre arrestation mais qui arrivera plus tard que je vais raconter euh qu'aurait jamais dû avoir lieu parce que j'avais rien à voir dans l'histoire. Dans le village, comment se passe ? Mais là, comment ça se passe ? J'ai deux furets.
Je suis en train de les balader au bord de la plage en laisse. Je suis au bord de la plage tranquillement. J'attends quelqu'un qui doit arriver. J'ai mon ex avec mon fils qui doivent arriver dans la journée. Donc moi, j'étais content. montré à moi. Puis à un moment donné, je vois une voiture avec un couple de dedans qui passe devant moi. Je tourne la tête, je vois un deuxième couple dans une autre voiture derrière. Je sais que c'est les flics. Ah, tu sais ? Et ouais, je sais tout. Bah oui, je le sens. Et là, je vois les deux voitures hein. Des faux couples. Ouais, ben c'est des flics hein. Et là, ben il me sert tout de suite devant derrière. Il sort de la voiture.
Alors, il m'appelle par mon vrai prénom mais avec mon faux nom. Et après en au commissariat, ils font l'inverse. Ils mettent mon prénom avec mon fond prénom. Il savent pas que OK. OK. Mais ils connaissent parce qu'il y a un mandat d'ar européen, ils avaient ma photo dedans, ils m'ont reconnu. Voilà, je me fais arrêter. Euh donc voilà, mandat d'arrêt européen, c'est-à-dire un mandat d'ar interpol. Non, c'est européen en fait. Tu as les mandats d'arrêt européens euh Interpol qui sont sur le monde entier international et tu as les mandats d'arrêt européens qui concernent que l'Europe. Donc il savait que j'étais en Europe de toute façon. Et donc voilà.
Donc là, je suis mis en prison à Sotoel Real à côté de Madrid. Donc c'est là où on met tous les mecs qui vont être extradés. Le un mois et demi à peu près après, je suis extradé en France. Donc je suis remis à la police de l'air, j'arrive en France et là bah je suis mis donc je passe devant le procureur, il m'incarcère et là j'apprends que je suis demandé par quatre tribunaux. Le premier tribunal bah c'est celui sur lequel je m'étais évalé he l'affaire qu'on doit passer aux assis spéciales. Euh le deuxième tribunal c'est là où j'étais mis en cause dans ce trafic pour lequel j'étais acquitté deux fois parce que le procureur a fait appel. J'étais acquitté.
Donc mon innocence a été reconnue quand même. Mais ça ça n'a pas empêché tous les dégâts qui sont qui ont été enclenchés derrière. Et dans les deux autres tribunaux, bah je suis inculpé pour deux affaires pour lesquelles le mec s'est fait arrêter à la guerre du Nord avec la valise à un double fond qui pas balancé. Les autres en fait en fait c'est les autres qui m'ont balancé sur toutes ces affaires. Donc ton passé te rattrape sur tous ces trucs là. Et là bah une fois que alors tu prends combien de temps cumuler ? 6 ans 6 ans 5 ans 8 ans ? 8 mois de de conditionnel de révoqué d'une précédente affaire. Je me retrouve avec 17 ans et 8 mois de prison pour trafic de f ferme ferme.
Donc là pendant les deux premières années, je suis une boule de ner. Je pense qu' une chose c'est m'évader, me venger très clairement. Tu as essayé de t'évader ? Ouais. Et alors ? Euh deux fois ça a été déjoué. C'est pas facile ? Non parce que même si tu la cris des menottes après il y a quand même 12 portes. Je sais je sais. J'avais les moyens financiers mais après il faut des mecs solides derrière et en même temps tant mieux que ça ne soit ça se soit pas passé parce que j'en serai pas là aujourd'hui. Qu'est-ce que tu vois de de plus dur ? Est-ce que c'est vraiment violent ?
Toi, tu as ta ta période de prison parce que ça dépend de chaque détenu, de chaque prison où vous êtes incarcéré et cetera. Est-ce que toi tu tu vois beaucoup de violence ? Est-ce que c'est réellement dur ? Bah après, enfin dur, c'est dur mais je pas violence. Bien sûr, bien sûr. En fait, ce qui est violent en prison déjà, c'est la maison d'arrêt à cause de la promiscuité, à cause du manque d'intimité. Un exemple tout bête, pendant 4 ans où j'étais à la santé dans une cellule, on est quatre. Tu vas aux toilettes, tu as un muret qui fait 1,20. Quand tu es assis sur les toilettes pour chier, bah tu as tu tu peux parler avec le mec qui est sur le lit du milieu, sur l'idot.
Enfin déjà rien que de faire ses besoins devant quelqu'un d'autre, tu as peut-être un petit muret mais il y a les bruits, il y a les odeurs. Donc déjà rien que ça, c'est c'est humiliant humainement. Euh ce qui est violent, c'est quand tu te retrouves à l'isolement, comme je me suis retrouvé privé de voir tes enfants, privé de tout courrier où plus personne a tes nouvelles pour des choses que tu n'as pas commises. Ça c'était extrêmement violent quand un juge d'instruction, parce qu'il a ce pouvoir va au-delà de tout ce qui peut se permettre. dans les dans dans l'intention de te briser. Ça c'est extrêmement violent. Qu'est-ce que tu as appris de ces années en prison ?
[soupir][souffle coupé] De ces 22 ans de prison. Bah ce que j'ai appris de ces 22 ans de prison, c'est que bah tout d'abord, le seul faut dans l'histoire, c'est toi. C'est toi parce que bah personne t'a obligé. Donc tu tu pourrais t'en prendre à 1000 à 1000 personnes en disant "J'ai pas choisi mon enfant, j'ai pas choisi ça" et cetera. Mais tu en es le seul responsable. Je vais donner un exemple très très con. Euh, pendant longtemps, j'en ai voulu aux gens qui m'ont balancé, mais même pour ça, la seule réalité, c'est que je suis le seul responsable parce que personne m'a obligé à leur donner des valeurs qu'il n'avaient pas. C'est moi qui qui ai fait cette erreur.
Ça c'est un un des premiers renseignements que la prison m'a appris. Le deuxième, c'est qu'on est tous capable de changer. J'ai appris à lire, à écrire, j'ai passé des diplômes alors qu'on m'avait fait croire le contraire pendant toute mon enfance. Euh j'ai trouvé aussi, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer euh beaucoup d'humanité en prison. J'ai connu une vraie solidarité de la part de pas mal de personnes aussi bien sûr un beaucoup de violence mais souvent ils s'en prennent au plus faible.
Euh c'est souvent des jeunes qui sont eux-mêmes tellement perdus qu'ils s'en prennent au plus au plus faible pour essayer d'exister, pour essayer de se montrer une voilà euh une façade qui correspond pas du tout à leur personnalité. Mais euh en tant qu'ancien, enfin le problème se pose pas quoi. Il y a il y a un vrai respect. Enfin voilà. [grognement] Il y a il y a pas de souci. C'est quoi le vrai luxe en prison que tu peux te payer avec de l'argent ? Euh le vrai luxe, c'est d'avoir un avocat qui arrive à te faire sortir avant l'heure. [grognement] Clairement quoi. Clairement parce que le reste, tout ce que tu peux avoir dans ta cellule, ça t'enlève pas l'enfermement.
Aujourd'hui, c'est ce que j'explique he quand j'interviens, c'est que même si tu as de l'argent, ce qui évidemment pas le cas de tout le monde, c'est pas parce que tu as une PlayStation ou une chaîne ifi ou un ordinateur le soir quand tu es dans ton lit que tu es pas là pour éduquer tes enfants et qu'ils vont mal, la douleur, elle est là. quand tu as un enterrement auquel tu peux pas assister, quand j'ai perdu mon père, on m'a pas laisser y aller. Euh la douleur, elle est là. Euh voilà.
Enfin, quand quand une fois je par exemple, j'ai j'ai eu ma mère au téléphone, elle a elle a déjà un certain âge, elle me dit en rentrant du travail euh je me suis fait arracher mon sac, le mec il m'a traîné par terre. Là, je suis même pas là pour la prendre dans mes bras. Je suis même pas là pour l'attraper cet [ __ ] qui lui a fait ça pour l'attraper par les cheveux. Je suis pas là pour la soigner. Enfin, je suis pas là. Et ça c'est c'est atroce de cette impuissance quand tu es en prison. Ça c'est vraiment dur. Qu'est-ce que tu as déjà vu de fou rentrer dans une prison ? Quel est l'objet le plus improbable que tu ai vu rentrer ? Euh, j'en sais rien. Je j'ai vu tellement de choses.
L'objet, je pourrais pas te dire parce que j'en ai tellement vu. Mais un un exemple tout bête, euh je suis à Nant, je suis transféré en en transfert disciplinaire après ma tentative de j'arrive dans une prison à Renn qui est en plein centre-ville. J'arrive en promenade et il y a un mec de cité qui vient me voir quand on entendu que je suis arrivé, on a des connaissances en commun. Il me dit "Ouais tiens, vas-y, tu veux téléphoner et tout ?" Donc il me semble un téléphone dans la promenade. Euh bon, je le remercie, je le connais pasin. Je téléphone, voilà et en même pas 5 minutes, je vois 30 40 téléphones sortir.
Alors qu'il y a une guérite, il y a le mec en haut, il nous voit, personne se cache, des téléphones de partout. Puis en même temps que je parle, j'entends tout le monde "Ouais, vas-y, prends-moi un kebab. Ouais, vas-y, emmène-moi ça." [grognement] Je fais pas trop attention, mais je l'entends quand même. Au bout de donc, je lui rends son téléphone, il me dit "Tu veux manger quoi ?" Je dis "Tu veux un kebab ?" Bah euh si tu veux euh quelle sauce ? Je dis algériene. OK, vas-y, bouge pas. Je sais pas, il se passe 10 minutes, au bout de 10 minutes, je vois des des parachutes, des colis qui arrivent par-dessus le mur. Mais quand je te dis 30, 40 50 colis euh ça tombe dans de tous les côtés.
Puis là, en 5 minutes, bah je vois tout le monde train de manger leur sandwich, boire de l'alcool, avoir des nouveaux téléphones dans la cour. Il laissent faire les là-bas. Franchement, tout était laissé faire. Et là par exemple un truc et j'aurais pu mettre des armes. Il y en a eu euh pas des armes à feu hein, mais des couteaux tout ça. Le truc c'est que si tu sors une arme à feu, je pense qu'il te tire dessus d'en haut. Non. Ouais, certainement. Oui. Bon, si je vois une arme à feu de toute façon, ça s'arrête pas là. Mais un exemple, donc il y a des colis qui tombent de l'autre côté du grillage.
Donc, il y a un mec qui dit à l'autre, il dit "Va me chercher la pince." Il ramène une pince, je vois en train de découper le grillage pour récupérer le truc devant la guérite. He ça m'a épité. C'était à Renn, elle existe plus. Maintenant, c'est la nouvelle, c'est une une prison moderne. Mais ça c'est quelque chose qui il découpe le grillage devant le il a découpé le grillage normal, il essaie d'attraper les colis et il y a une fois un surveillant qui arrive, il prend devant le surveill mais vraiment devant lui he à 1 m c'était le surveillant qu'il prenait. Trop tard, je l'ai eu et normal, il ouvre son truc normal, c'était un truc de fou cette prison.
Est-ce que tu as déjà pensé au sucide en prison ? Est-ce que un moment donné où c'était trop pour toi ça peut tu vois quand j'ai mes 40 ans, je m'embouille avec un surveillant. Bref, je crache au visage, je prends 30 jours de mitard, j'arrive au mitard. Donc au début, les premiers jours, je suis révolté euh parce que vraiment le survient, il cherchait un peu les histoires. Et puis une fois que l'énervement il commence à partir, en fait, faut savoir que le mitard, donc c'est la prison dans la prison euh là, tu es tu es tu as l'impression d'être vraiment plus rien, d'être même encore moins que rien. Et en fait, tu es face à toi-même.
Tu as pas d'échappatoire, tu peux plus faire de sport, tu as pas la télé, tu peux pas cuisiner et tu as tout qui remonte à la surface. C'est le quartier disciplinaire. Ouais. C'est une cellule de prison mais un peu comme si on te mettait dans une cave, sauf que ta cellule, elle est totalement vide. Et euh là vraiment tu vois plus personne, tu parles plus avec personne, tu as aucune échappe à toi en fait. Tu es vraiment face à toi-même, face à ta vie, un peu comme si tu te voyais de l'intérieur d' dans un miroir. Et en fait là, tu as tout qui remonte à la surface.
Alors, la première chose, ça te fait du bien ou ça te fait ce que tu quand tu dis ça avec soi-même, c'est bien aussi parfois de pas quand tu es en prison. Bah tout dépend de la Victa, c'est sûr. Si tu as un château que tu es chef d'entreprise que enfin voilà non que tu as utilisé des mots qui peuvent être aussi pris pour du positif. C'est pour ça que je ça en fait tu es s avec toi-même c'est c'est agréable aussi parfois d'avoir du temps. Ouais ça l'était mais en fait ça l'était jusqu'au moment pas quand c'est forcé en fait ça l'était jusqu'au moment où tu remontais à la surface. Euh si je à une période de ma vie dans les mêmes conditions ça aurait passé sans aucun problème.
Dimit j'en ai fait quand même. Non il y a rien. Absolument rien. Rien. Tu fais quoi ? C'est un livre euh qui te donne eux, ils te donnent deux livres par jour, mais bon, souvent il manque des pages donc c'est bien, tu vois, pour tu tu lis bon ben je saurais pas ce qui s'est passé là, quoi. Chouette. Donc mais bon voilà, tu as ton stylo, tu peux écrire voilà, tu fais un peu de pompe et bon ça te pl pas tes 20 tes 24 heures et 30 jours c'est long quoi. Mais au-delà de ça, c'est pas grave parce que de la du mitard, j'en ai fait beaucoup donc c'est pas ce qui m'atteignait.
Mais c'est juste qu'à un moment donné là, je suis dans une période de ma vie assez particulière et quand tout remonte à la surface, je me dis j'ai 40 ans, je suis condamné à 17 ans de prison. En fait, qu'est-ce qui me reste à vivre après ? Bah ma vie, elle est finie quand je vais sortir en fait. Et puis euh je me dis ma mère quand même, elle a un certain âge, je suis même pas sûr que je vais je vais pouvoir la voir libre de son vivant. Et mes enfants, bah je les vois pas parce qu'ils sont à 400, 500, 600 km. Et puis la trahison de mon frère, ça me dévore de l'intérieur. Mon propre frère, enfin je lui ai donné de l'argent, je me suis occupé de lui. Il a toujours l'immeuble ? Ouais.
Tu l'as jamais revu ? Non, il n'a jamais rien fait. Mais bon, j'en voudrais surtout plus. Et euh et puis après la trahison de mes pseudos associés, enfin des gens que j'ai côtoyé pendant 15 ans, vous êtes nos anniversaires, on partait en vacances, je m'occupais de leurs enfants. Enfin, tout ça. Voilà, ça commence à remonter à remonter, remonter. Et en plus, il faut savoir aussi que je venais de perdre tout l'argent que j'avais mis de côté puisqu'ils m'ont absolument tout pris entre les pseudos associés qui sont servis à gauche à droite, ils ont perquisitionné chez ma mère, enfin bref, mon imf absolument tout pris.
Les derniers argent que j'avais à l'étranger, c'est envie de payer mes trois avocats et de m'installer. Et là, je me dis "Allez, tu as un grand garçon, tu as joué, tu as perdu, bah c'est peut-être le moment d'éteindre l'interrupteur." Donc j'ai crie à mes enfants, j'écris à ma mère et j'attends que le surveillant il passe. Donc, j'entends la grille au fond s'ouvrir. Je l'entends regarder un œilon, deux œilons, il arrive à ma porte, il regarde, voilà, j'entends repartir. Il ouvre la grille, il la referme derrière lui.
Donc je mets mes lettes en évidence sur la table et je défa mon drap, je mets au barreau, je me le passe autour du cou et au moment de laisser mes pieds dans le vide, j'entends l'œ de s'ouvrir. En fait le surin fait semblant de partir. Il son l'alarme, la gradé qui est à côté de lui. Ils ouvrent la porte, ils enlèvent absolument toute la cellule et ce surveillant revient 10 minutes après et il me dit "Écoute, je suis la dernière personne à avoir ma place auprès de toi parce que mon père s'est fait tuer par un voye.
Je vais prendre le temps de te parler." Il me dit "Viens, on s'assoit." Donc on s'est assis sur le matelin, il me dit "Tu sais dans la vie, tu as le droit d'en avoir marre, tu as le droit d'en d'avoir envie d'en finir. C'est légitime, c'est ton droit.
Mais il y a une chose que tu as pas le droit, c'est laisser un tel héritage à tes enfants." [grognement] Et moi, ça c'est une phrase qui m'a bouleversé, qui a raisonné à moi parce que je me suis dit "C'est vrai que j'ai écrit à mes enfants, mais à quel moment j'ai pensé comment ils allaient pouvoir continuer à se construire après ça et et ma propre mère, je me suis dit mais elle a perdu sa fille, elle a perd son deuxième enfant dans ses conditions, mais je l'aurais je l'aurais bousillé ma mère et ça j'y avais pas pensé et ça ça a été vraiment le premier jour de ma reconstruction.
Je me suis dit "OK, le chemin il va être long mais je vais remonter tout ça pour [grognement] terminer parler de la suite. Après quand tu vas sortir, tu vas avoir une C'est important dans ta construction aussi, tu vasiras une permission pour tu vas obtenir une permission pour te baptiser." Ouais. Donc ce caslà, j'étais raté. J'ai toujours été enfin je croyais en rien et à un moment donné, bah j'ai trouvé la foi en prison. J'ai pas été chercher ça. Ça m'est tombé dessus. Je connaissais rien aux religions, hein. Ça m'est vraiment tombé dessus. J'ai trouvé la foi. J'en ai parlé avec des homonés parce que on a beaucoup travaillé sur le pardon.
J'en ai parlé avec mon visiteur de prison qui est devenu mon ami et qui est devenu mon parrain aussi. Euh et donc on a parlé du baptême. Donc j'ai demandé à être baptisé. Euh je suis sorti en permission pour me faire baptiser et mon visiteur de prison était mon parrain. Ma conseillère d'insertion de probation est venue également et les homonniers qui étaient là sont venus également à mon baptême.
Euh donc ça c'est quelque chose vraiment qui a qui a changé beaucoup de choses en moi parce que au-delà de la foi, ça m'a permis aussi de découvrir l'empathie, le vivre ensemble, cette mtendue aussi vers les autres parce que si je m'en suis sorti, c'est parce que beaucoup de monde m'ont tendu la main et du coup ça m'a pris à tendre la main vers les autres et du coup donc j'ai été libéré peu de temps après.
Alors la première année, c'était très très compliqué parce que 2019 du coup en 2019 en octobre et ça a été compliqué parce que quand on sort de prison, on pourrait se dire "Allez, ça y est, j'ai payé toutes mes dettes, je vois plus rien la société et bah je redémarre une nouvelle vie." Sauf que ça se passe pas comme ça. Ça se passe pas comme ça parce que bah déjà j'ai une amende douanière que je payerai jusqu'à la fin de ma vie que je paye depuis 20 ans. Ça se passe pas comme ça parce que quand tu cherches du travail, on te demande ton casier judiciaire. Donc pendant un an, je postulé à 10 offres par jour. On me l'a demandé partout.
Et c'est seulement au bout d'un an, il y a le Covid qui arrive, confinement du Covid. Je continue à postuler, à postuler et là, je postule pour un poste de veilleur de nuit dans une association d'hébergement pour migrants. Je me présente le lendemain. Euh donc là, la chef de service, elle me dit "OK, c'est bon pour moi, c'est un un remplacement d'un mois." Elle me dit "Bon écoute, demain tu m'emmènes ta carte d'identité, ta carte vitale." Bon, elle me dit, "Je te demande pas le casier judiciaire parce que le service des cases judiciaires est fermé pendant le confinement." Donc ouais, super. Donc je commence ce travail 15 jours après, donc ça fait 15 jours que j'y suis.
J'ai un employeur qui connaît mon passé devant qui je me suis présenté, il me dit "Écoute, j'aurais besoin de quelqu'un à partir de demain pour travailler comme expert en recherche de fuite." B j'y connais rien. Enfin, je suis pas plombier quoi. Mais il me dit "C'est rien, tu es un mec intelligent. Tu vois des traces sur un mur, tu voir ce qu'il y a derrière." Elle m'a dit "C'est que dalle." Il me dit "Écoute, viens demain matin, je te mets cinq clients, je fais le premier avec toi et après tu te débrouilles." Bah j'ai dit "Si tu penses que je peux le faire, moi je prends. C'est un CDI, j'ai jamais de la vie, je vais cracher sur un CDI.
Mais en même temps, je me dis je vais pas planter ceux du soir qui m'ont fait confiance. Donc bon, je vais le lendemain, je démarre le travail dans des conditions un peu compliqué parce que j'y connais rien. L'employeur me dit "Bah désolé, je peux pas venir avec toi. Tiens, tu as du matériel, je sais pas comment il marche, je te regarde sur internet. Enfin voilà, je pars comme ça. Mais aujourd'hui, 5 ans après, c'est moi qui forme tous les nouveaux salariés et le travail, j'y suis toujours. Ouais. Tu t'es stabilisé vraiment du jour au lendemain ? Complètement.
Mais mon en fait, je m'étais stabilisé bien avant, mais euh voilà, il a fallu ce temps-là, il a fallu ce dernier passage en prison pour que les choses se mettent en place dans ma tête. [grognement] Voilà, pour que ça se solidifie. Il a fallu que j'écrive aussi mon autobiographie, que je trouve la foi. C'est un tout. On va parler de ton association juste avant. Qu'est-ce que tu regrettes le plus dans ton parcours ? Tu as fait une tu as choisi une vie de voyou, tu dis que c'était un choix. Un moment donné que le choix c'est pas même si tu as une enfance difficile, c'est c'est tu dis ça très justement.
C'est c'est qu'est-ce que tu regrettes si tu avais vraiment un truc que tu regrettais dans ton parcours ? Alors souvent on me demande est-ce que tu regrettes le parcours que tu as eu ? Très clairement je le regrette pas pour une raison simple, c'est que c'est aussi tout ce parcours qui fait l'homme que je suis aujourd'hui avec mes valeurs, avec mes principes. Donc ça je regrette pas d'avoir vécu cette vie-là. Maintenant évidemment j'ai un million de regrets de cette vie-là. Si c'était à refaire, je fendrai évidemment pas de la drogue. Je ferai pas pleurer ma mère autant que j'ai pu la faire pleurer. J'ai dû créer mes enfants, je leur je le je leur offrirai pas cette vie sans sans père.
Euh il y a tellement tellement tellement de choses que je changerai. En plus, comme je le dis toujours, indirectement, j'ai quand même participé à ce qui est devenu le narcotrafic aujourd'hui. Euh et ça, évidemment, c'est un de mes plus grands regrets. Euh c'est aussi pour ça que bah que j'ai décidé de créer mon association, que j'ai décidé euh d'intervenir auprès des jeunes pour faire un maximum de prévention. S'appelle Murmuration. Ouais. Donc, on a créé une association qui s'appelle Murmur. Donc, on fait de la prévention, de la délinquence, de la récidive.
On fait de la sensibilisation sur les réalités carcérales parce que j'en ai marre de voir les gamins fantasmés sur la prison après avoir vu ce qu'on montre sur les réseaux sociaux qui est loin de la de la réalité euh sur les réalités aussi du trafic de stupéfiant parce que c'est facile d'emboucaner un jeune en lu disant allez tu fais 4 heures de de chouffle là par jour tu as 100 € par jour bah lui dire attends 30 jours 3000 balles quoi. Quel boulot il va me donner ça ?
Sauf qu'on ce qu'on lui dit pas, c'est que le jour où il y a de la marchandise qui va se faire prendre, il va se faire éclater dans la cave et là il va falloir qu'il rembourse la marchandise avec les intérêts et là c'est que le début d'une très grande galère. Donc c'est important de voilà et [grognement] j'interviens aussi auprès des chefs d'entreprise pour les sensibiliser à l'enjeu de la réinsertion parce que comme je dis toujours, bah un détenu de réinsérer bah c'est des victimes au moins derrière. Euh voilà donc avec mon épouse, on a créé notre association, on a financé nous-même.
Ta nouvelle épouse he pas celle avec qui tu as eu un enfant avec ma nouvelle ma seule épouse et celle avec qui je finirai ma vie. C'est que tu as rencontré il y a 6 ans de prison. J'ai rencontré il y a 6 ans. J'étais encore en prison. Travaille dans quoi elle ? Elle est gouvernante mais quelqu'un qui est à l'opposé de mon ancienne vie mais avec une Et comment tu la rencontres en prison ? Euh sur internet. Alors, c'est une très très grande histoire qui est importante. J'écris mon autobiographie, c'est mes deux dernières années de prison. Je finis mon autobiographie et là je me dis bon, il serait peut-être temps de renouer un peu avec l'extérieur.
C'est la première fois où je reste 2 ans de ma vie sans sans personne. J'avais je m'étais coupé du monde extérieur. Euh donc j'ai mon ordinateur puis bah il y a un pote qui sort. Je dis tiens fais-moi rentrer une clé 4G par un surveillant qu'on connaît. Voilà. Je rentre là, je me je me connecte sur internet, je crée un profil sur un site et mais sans plus chercher. Et un soir, je suis assis sur mon lit, je me dis il y a sur terre, il y a une nana qui est faite pour moi, une nana celle qui qu'il me faut. Et j'aimerais vraiment la rencontrer aujourd'hui.
Sauf que pour moi, c'est pas possible parce que si elle acceptait l'homme que je suis aujourd'hui avec la situation dans laquelle je suis, ça peut pas être elle. Parce que Nana tiré par les voyoues, ça m'intéresse pas. Et je dis mais toi là-haut, il y a que toi qui sait où elle est cette meuf. Il y a que toi qui saisit comment se ce à Dieu et je dis il y a que toi qui sait comment ce lien il est possible. Je te demande rien d'autre. Et bref, il se passe 3 jours. Je suis donc connecté bien sûr, je suis en train de cuisiner. Je mets les infos et j'entends un petit cling sur l'ordinateur.
Je dis "Ah !" J'enlève la casserole du de la plaque, je baisse le son, je m'assois puis là je vois un petit bonsoir. En prison tu dis ? Je suis en prison, je suis sur mon ordinateur, j'ai une connexion illégale internet avec cette clé 4G que je me suis fait rentrer par le sur par le surveillant et euh donc pas de photo. Euh on discute pendant 3h et à la fin des 3h, je sais que c'est elle. J'ai absolument aucun Je sais même pas quoi te parle sur quel réseau. Euh c'était un site de dialogue, pas un site de rencontre, un site de dialogue parce que elle c'est une femme qui a été mariée pendant 27 ans.
Elle a eu un homme dans sa vie, ça fait 2 ans qu'elle est séparée et un jour, elle a dit à sa fille voilà, je vais nulle part, je parle avec personne, travail, maison. J'aimerais bien pouvoir échanger avec des gens qui vivent la même chose que moi. Donc sa fille lui crée un profil sur le même site et donc là bah elle voit mon ma photo, je sais pas, ça lui a parler. Elle a dû se dire "Bon celui-là, il est un peu moche donc ça devrait pas être trop chiant quoi. Euh puis du coup ben elle m'envoie un petit bonsoir. On parle pendant 3h au bout de 3h, je sais que c'est elle. Et tu lui dis que tu es en prison ou pas ?" Non, je lui dis pas, je lui dis juste si donc on échange nos numéro.
Je lui dis "Par contre si tu m'envoies un message dans la journée, sois pas surpris si je te réponds pas. je ponds jamais mon téléphone avec moi la journée. Elle s'est pas posé de question. On parle comme ça pendant 3 jours. Le 3ème jour, je dis voilà, il y a des choses dans la vie que tu peux dire par texto. Il y en a d'autres faut les dire de vivoir. Est-ce qu'on peut s'appeler ? Elle me dit "Ouais." Donc on s'appelle. Je dis "Voilà, je vais pas tourner autour du pot." Dans la vie, on fait tous des choix, des bons choix, des mauvais choix et chaque choix, il a ses conséquences. Moi aujourd'hui, je suis en train de payer les conséquences de mes mauvais choix passés. Je suis en prison.
Alors la douche froide, elle m'a dit "Il ne se passera jamais rien entre nous." [raclement de gorge][rires] Mais après, elle m'a dit "Voilà quand même, en 3 jours, j'ai vu que tu es un mec, tu as des valeurs, tu as des principes, je vais pas te rajouter des grilles et des barreaux, tu es déjà en prison." Donc elle m'a dit "On peut rester amis." Donc je lui ai dit "D'accord." Et euh dans les jours suivants, elle m'a dit "Mais tu es sûr que c'est dû passé ?" Je lui dit "Écoute, j'ai écris mon autobiographie, si tu veux, je te lis un un chapitre tous les soirs." Donc je lui ai lu un chapitre tous les soirs et au bout de 15 jours, Ouais.
Et au bout de 15 jours, bah les sentiments étaient là des deux côtés. Euh, le plus magique dans notre histoire, faut savoir que quand on se parle, je suis un peu à 500 km d'elle. Donc construire une relation à 500 km, c'est compliqué. En plus avec un mec enô, ça l' encore plus. Sauf que dans la réalité, je vais sortir et ma mère, je vais aller chez ma mère. Ma mère habite à 10 minutes de chez elle. La deuxième coïncidence, c'est que quand donc quand je bah quand je sors, la première interview que j'ai d'une journaliste habite dans la même rue qu'elle.
La troisième coïncidence, c'est que l'observatoire international des prisons avec qui il a absolument rien à voir sont dans la même bruquelle et aujourd'hui on travaille beaucoup ensemble. Euh les synchronicités comme ça, mais comment c'est des synchronicités bizarres ? Mais encore plus que ça, à force de se connaître maintenant, de parler, on s'est rendu compte qu'à peu près à 20 reprises dans notre vie, où j'habitais là où elle travaillait, où elle habitait là où je travaillais. C'est pas possible qu'on soit pas au moins croisé sur dans sur le trottoir, sauf que là, on se rend compte vraiment bah au selon moment où quelque chose est possible.
Et avant même de la voir, j'ai écrit dans mon livre que j'ai fait une deuxième rencontre avec celle qui va devenir mon épouse et auprès de qui j'apprendrai le vrai sens du mot aimé. Je l'avais toujours pas vu. La seule chose que je savais, c'est ce qu'elle m'avait dit. T'inquiète pas, je suis potable. [rires] Tu l'as découvert physiquement en vrai ? Ouais, je l'ai découvert qu'après pasessembl Non mais mais je savais de toute façon que c'était elle. J'avais absolument aucun doute. Tu l'as décou et tu as pas envoyé de photo avant ? Je même ses chaussons elle les envoie pas en photo sur internet. Et tu avais pas peur quand même ?
Tu t'es dit tiens si je vais tomber amoureux d'une personne qui va pas me plaire et puis ça c'est c'est c'est m'a dit qu'elle était potable mais elle était plus que potable. C'est un trésor, c'est un vrai diamant. Mais mais pour moi, je connaissais la personne de l'intérieur et mais j'avais aucun doute, quoi. On parlait de pardon tout à l'heure avec le avec la religion, on terminer. Est-ce que tu as réussi à pardonner à ton frère ? C'est pas facile de pardonner. Ouais, c'est pas facile. C'est pas facile.
Mais en même temps, enfin moi ce qui ce qui ce qui ce qui m'a fait chercher justement le pardon, c'est que je me suis dit, je vais sortir de prison et tôt ou tard avec mon frère, on va se voir chez ma mère. Sauf que si on se voit en conflit, même si on se dispute pas, si on se voit avec une froideur, c'est ma mère qui va en souffrir et elle mérite pas ça. Et de toute façon, cet immeuble même on me le donnerait à ce moment-là. J'en j'en voudrais plus parce que aujourd'hui, je suis devenu croyant et de l'argent sale, ça m'intéresse pas. J'en voudrais surtout pas. Tu peux me donner ce que tu veux, je le prendrai pas. Je m'en fous royalement.
Et je me disais finalement bah il se punit lui-même parce que ce fardeau, bah c'est plus à moi de le porter, c'est à lui de le porter. Et la preuve, ça fait 20 ans qu'il l'a, il en a jamais rien fait. Donc je lui ai pardonné parce que en même temps personne m'a forcé à lui faire confiance. Encore une fois c'est moi qui lui ai fait confiance. C'est moi qui a fait le choix de lui faire confiance. C'était quoi le plus difficile ? Dernière question. Quand tu sors de prison au bout de de 12 ans, tu as fait 12 enfermes l'année dernière. Enf tu en as fait 22 en tout mais 12 d'un coup.
Qu'est-ce qui est le plus dur quand on arrive qu'on passe le le la porte de la prison pour la première fois quand on sort ? Le monde a changé en 12 ans. Il y a des pays qui ont disparu, d'autres qui ont changé, d'autres qui ont des frontières qui ont éclaté, des voitures qui ont évolué, des technologie de l'IA. Qu'est-ce que Qu'est-ce qui te saute aux yeux quand tu sors en 2019 ?
En fait, moi ça pas été tout ça le plus dur parce que malgré tout, enfin aujourd'hui tu as quand même la la télé en prison donc tu arrives à suivre à peu près l'évolution les nouvelles voitures même ou ça arriver à un moment donné mais on voit quand même des choses on arrive à rester informé on va sur internet enfin voilà on arrive quand même à à même si c'est illégal mais à se tenir un petit peu informé en plus bon j'ai toujours eu un contact avec l'extérieur donc tous les soirs j'étais j'étais connecté donc j'avais la tête en dehors de la prison donc j'ai suivi toute l'évolution après ce qui a été le plus dur c'est vraiment de se réadapter dans ce monde là parce que euh depuis que je Je suis sorti, c'est encore le cas aujourd'hui, ça fait 6 ans, je suis incapable de dormir 8h d'affilé sans me réveiller.
Quand je suis sorti, je me réveillais à peu près 20 fois toutes les nuits. Bah parce qu'en prison, comme j'étais particulièrement surveillé, on allumait ma lumière toutes les 2 heures. On tapait à mon œilon, bouge le bras, bouge le pied. Enfin voilà, c'était toujours ça pour montrer que tu étais pas mort, j'étais pas mort, que j'étais pas évadé que voilà. Et du coup, bah quand tu sors tous ces trucs là, ça reste inconsciemment. Mais aujourd'hui, j'arrive à me réveiller que cinq ou six fois. Mais ça, j'ai jamais repassé 8h d'affilé. Euh donc voilà, avec ton association, vous avez une cellule mobile. Est-ce que tu peux vous en parler pour terminer ?
Je mettrai le lien si vous voulez aller voir l'association directement de de je je de Yannick de ton faux prénom et ton faux nom, mais Yannick Dand, si vous allez voir son association qui s'appelle Murmur, je vous mettrai le lien dans la description. Qu'est-ce que c'est que cette cellule mobile ? pas terminer.
En fait, je regardais toujours sur les réseaux sociaux, je voyais les gamins euh regarder des vidéos en fait où on voit des cellules un petit peu genre luxueuse, enfin façon de parler et j'en avais marre en fait d'entendre les gens dire "La prison c'est le club m." Moi quand j'entends un politique dire à la télé que la prison c'est le club m, je me dis "Mais attends, mais quel message tuenvoie aux ados En fait, tu leur dis il y a pas besoin d'avoir peur, c'est le club m et les victimes.
Comment une victime elle peut se reconstruire si tu commences à si un ministre lui fait croire que finalement l'auteur des faits pour lesquels est devenu victime, on l'envoie pas en prison mais on l'envoie dans un club M. Et je me dis ça c'est pas possible. Et un [grognement] jour je suis avec l'observatoire international des prisons. Ils ont une cellule qui démontable et une fausse quoi du coup. Ouais. Ouais, une fausse bien sûr. Il y a pas le bruit, il y a pas l'odeur, il y avait pas le mobilier.
C'est très bien ce qu'ils font he parce que ça permet quand même de sensibiliser mais je trouve qu'il manquait beaucoup de choses et surtout les gens qui étaient venus c'était des gens qui étaient déjà sensibilisés et je me dit en fait il faudra emmener la prison vers ceux qui viendront pas vers la prison et il faut bousculer ces gamins pour leur montrer cette réalité parce qu'ils sont très loin de l'ignorer. Et donc je prends la décision de créer notre association avec mon épouse, on fait un crédit de 10000 €.
On achète une remorque fourgon dans laquelle on a reconstitué une cellule de prison avec un lit superposé, avec la table, avec une cabine téléphonique, avec toutes les les trace d'humidité, de saleté, les toilettes, le manque d'intimité, enfin voilà, on a vraiment tout reconstitué avec les graffiti tout ça. L'état dans lequel tu les as vu toi dans les maisons d'arrêt. Donc c'est vraiment cellules de d'anciennes maison d'arrêt parce que c'est les établissements les plus nombreux en France et c'est dans ces établissements où tout le monde va passer avant d'aller en centrale ou en centre de détention.
Et aujourd'hui euh on parcours vraiment toute la France he on va dans dans les quartiers prioritaires, on va dans les cités auprès des chefs d'entreprise, auprès des victimes. Et à chaque fois quand j'interviens, enfin je vois il y a 15 jours un gamin, il rentre dedans, il me dit "Mais bah je croyais que tu avais tout dans la cellule quand tu arrives." Bah je lui dis "Non, parce qu'en fait dans une cellule quand tu vois tes vidéos, tu vas t'apercevoir déjà il y a qu'un lit dans la cellule. Donc déjà, tu es pas en maison d'arrêt. Euh donc tu es au moins en CD ou en central." Sauf que pour arriver en CD ou en centrale, dis-toi que ça fait un peu près 4 ans que tu es en prison.
Sauf que quand tu arrives dans une cellule, elle est vide. Donc le temps de pouvoir acheter toutes ces choses-là, il va se passer encore 2 3 ans. Donc ça veut dire que les cellules que tu vois, le mec, ça fait un peu près 7 ans qu'il est en cellule et il en a pourquoi 2 3000 € dans sa cellule. Bah je lui dis tu travailles dehors en un an, tu as tout ça, tu as ta liberté en plus. Et [grognement] ça, ils en ont pas conscience. L'autre fois, j'ai un autre gamin, il est rentré dedans dans une cité également.
Je me rappellerai toujours, ça m'a fait rire, il ressort, il dit à ses potes, il dit "Ah non non, moi je veux pas y aller, j'arrête les gardes à vue." Voilà, c'est vraiment ce qu'on a voulu faire passer. Et auprès des chefs d'entreprise, c'est aussi pour leur expliquer que un mec qui se donne la peine d'étudier dans ses conditions avec ce manque d'intimité, avec le bruit, parce qu'on a mis le bruit de la prison aussi dedans que beaucoup de gens ignorent. Euh, c'est quoi le bruit de la prison ?
Ah, c'est les mecs qui gueulent aux fenêtres, c'est les mecs qui gueulent dans les coursives, c'est le bruit des clés, des grilles, des portes, c'est les haut-parleurs, les talkywalky, euh voilà, c'est tous ces bruits qui sont là en permanence du matin au soir et qui ne s'arrêtent jamais à part la nuit. Euh, et un mec qui étudie là-dedans, bah je sais pas, il mérite peut-être qu'on lui donne un vrai travail à sa sortie, pas un sousboulot. Voilà, je leur rappelle toujours bah qu'un détenu de réinsérer, c'est des victiments moins. Donc voilà, un petit peu aujourd'hui ce qu'on fait. On fait de la prévention surtout auprès des jeunes. J'interviens. Vous avez besoin de quoi ?
De quoi on a besoin euh de bénévoles déjà ? Parce que là aujourd'hui, on porte tout vraiment à bout de bras. C'est vraiment de bénévoles et euh rien d'autre. Je mettrai le lien du coup si ça vous intéresse d'aller aider. Merci Éric d'être venu. Merci à vous de m'avoir reçu. Encicland euh merci à toi d'avoir pris le temps nous raconter ton parcours et et du coup des leçons que tu en as tiré.
C'est ça qui est intéressant aussi de voir aujourd'hui la vie et que tu essayes de donner finalement de de donner des conseils et des c'est hyper important la preuve par l'exemple ce que tu fais de montrer en ayant vécu des choses en ayant fait des conneries de dire voilà en fait finalement c'était pas le bon chemin pour moi et ça a plus d'impact que quelqu'un qui [raclement de gorge] a rien fait qui va leur dire je pense. Mais mais en même temps enfin comme je dis toujours, la prison elle répare rien.
Moi aujourd'hui j'ai l'impression de réparer mes mauvais choix et en même temps si j'en suis là aujourd'hui c'est aussi parce qu'on m'a tendu la main donc enfin quoi de plus normal de l'attendre à mon tour quoi. Et et moi juste pour finir là-dessus, enfin moi j'ai un gamin qui m'a contacté il y a de tr mois là sur Messenger et il me dit "Tu es intervenu sur un stage de réparation pénal avec des mineurs ?" J'étais dans le groupe et il m'a dit "Ton témoignage, il m'a tellement touché, il m'a tellement donné à travailler.
Je voulais te dire j'ai suivi tes conseils, je suis parti de mon quartier, je me suis engagé dans l'armée, je suis réserviste aujourd'hui, j'ai un boulot, je développe une passion pour la photo." Il m'a envoyé plein de photos de paysage qu'il avait pris. Bah voilà, je me dis "Moi, ça sert pas à rien quoi." [grognement] Tu as tu revois tes enfants ? Est-ce que tu arrives à les revoir plus souvent ? Non, pas encore. Pas encore ? Mon fils le problème c'est que sa mère voulait pas qu'il vienne en prison à tort. À tort parce que le fait voir te visiter Ouais. Elle voulait pas qu'il voie la prison.
Elle lui disait "Ton père il travaille loin." Sauf que ce que je lui ai expliqué, c'est que des gamins à l'école avec le père qui travaillent loin, il y en a plein. Sauf que le weekend, il voyent leur père. Sauf que lui là, en le voyant pas, il va qu'est-ce qu'il va penser à la fin ? Bah c'est bah en gros, il veut pas me voir quoi. En gros, il m'aime pas. Et bon, il a su la réalité bien après. Mais on n pas construit de lien. Quand on s'est vu, bah c'est un étranger que je vois, c'est mon fils mais un étranger. Et lui quand il voit bah c'est mon père, cet étranger, quoi. Donc bon, après il a 18 ans donc il est dans la l'adolescence tout ça. J'espère pas. Voilà, ça ça viendra.
Ouais, il va grandir puis à un moment donné, il voudra me découvrir. Donc voilà, je vais offert mon livre, au moins, il aura peut-être des réponses. Et ma fille, c'est différent avec elle. On a construit un lien. La première fois qu'elle m'a dit "Je t'aime", elle avait 18 ans. Aujourd'hui, on sait tous les deux qu'on s'aime très fort, mais on est en conflit parce que bah forcément, elle a une vie qui me convient pas. Euh voilà, qui me convient pas mais dont je suis responsable aussi parce que j'étais pas là. Mais voilà, merci en tout cas pour euh Merci à vous de m'avoir accueilli et m'avoir permis de témoigner. Merci à toute l'équipe d'avoir préparé l'émission les amis.
On se retrouve tous les mercredis, tous les vendredis, tous les dimanches sur légendes pour une interview, un documentaire, l'émission du mardi aussi légend story présentée par Lola, journaliste. En tout cas, merci d'être si nombreux. Si si jamais ça vous dit de passer et de faire comme Yannick Dand aujourd'hui, hésitez pas à nous envoyer un mail, ça marche vraiment. Tu peux le confirmer vraiment. Contact@contactgroupe.fr, je vous mets l'adresse qui s'affiche à l'image. Hésitez pas, vous nous envoyez quelques anecdotes avec votre numéro de téléphone et vous serez tous les bienvenus.
On fait vraiment ce média pour que tout le monde puisse avoir la même parole sur le même siège et le même temps pour expliquer son parcours. On est 70 millions de français euh de belge et de Suisse encore plus de Canadiens et peu importe de vous nous écoutez. En tout cas, merci d'être de plus en plus nombreux. Merci de faire de légendes, le premier podcast de France. Abonnez-vous, vous êtes 150000 chaque mois à nous rejoindre sur la chaîne YouTube, ça nous aide vraiment. Et en podcast audio Spotify, dieser Apple Podcast et Amazon Podcast. Hésitez pas aussi à mettre 5 étoiles, ça nous aide beaucoup sur l'algorithme et merci de faire de légendes le premier podcast de France. Je vous embrasse.
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