Ségolène Royal : « Si j’étais aux responsabilités, il n’y aurait pas de mouvement social »
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:44OuverteRéponse directe
Vous présidente, comment vous la calmez cette colère lycéenne ?
- 2:12RelanceRéponse partielle
Par exemple... Qu'est-ce que vous auriez pris comme mesure concrète ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Comment on fait pour résoudre ce problème d'effectifs ?
- 3:55FerméeRéponse directe
Est-ce que vous augmentez les professeurs ?
- 4:33FerméeRéponse directe
Ça veut dire vous engagez à avoir un seul ministre de l'Éducation sur le quinquennat ?
- 5:10OuverteRéponse directe
Du jour au lendemain, les professeurs de mathématiques se sont sentis complètement déconsidérés. Comment on fait pour résoudre ce problème très concret ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:29Ségolène RoyalChiffre
« À l'issue du Covid, un jeune sur dix a pensé faire une tentative de suicide. »
- 3:55Ségolène RoyalPromesse
« Bien sûr, j'augmente les professeurs. »
- 5:10Ségolène RoyalFait
« Le gouvernement s'était engagé est-ce qu'il y a un professeur devant chaque classe ? Ça n'est pas le cas. »
- 7:05Ségolène RoyalFait
« La France est au bord du gouffre financier. »
- 8:21Ségolène RoyalFait
« Il faut aussi sécuriser la jeunesse sur le maintien du modèle français de la sécurité sociale. »
- 10:21Ségolène RoyalFait
« Le chaos social aggrave les conditions, aggrave la crise financière. »
- 12:23Ségolène RoyalPromesse
« Si j'étais aux responsabilités, il n'y aurait pas de mouvement social. »
- 13:40Ségolène RoyalPromesse
« Il n'y aurait pas eu les gilets jaunes avec moi ? Il n'y aurait pas eu de taxe carbone ? »
- 15:51Ségolène RoyalFait
« La jeunesse n'a pas toujours raison, mais ceux qui la frappent ou qui la méconnaissent ont toujours tort. »
- 18:31Ségolène RoyalFait
« On ne se met pas derrière la France insoumise, qui d'ailleurs ne le demande pas. »
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rejoint et ce week-end les électeurs de la gauche sociale-démocrate qui sont appelés à choisir leur candidat à la présidentielle et nous recevons l'une des cinq candidats. Bonjour Ségolène Royal, merci beaucoup d'être avec nous ce matin. On va parler de votre programme de ce que vous ferez si vous arrivez à l'Elysée, pour répondre notamment à cette colère sociale qui s'exprime dans la rue, mais aussi aux difficultés budgétaires que connaît le pays. Interview en partenariat avec la presse régionale, représenté ce matin par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Auriane, bonjour Ségolène Royale. Ségolène Royale, on commence par cette mobilisation lycéenne.
Vous avez vu ces centaines de milliers de jeunes hier dans la rue. Vous présidente, comment vous la calmez cette colère lycéenne ? D'abord, je l'aurais anticipé déjà. C'est-à-dire que les lycéens et les jeunes se manifestent depuis longtemps, expriment depuis longtemps leur anxiété dès la fin du Covid. Parce que jamais une génération n'a été au bord d'un tel basculement. C'est quelque chose de plus profond que l'état physique des lycées. C'est une angoisse sur le futur. Et moi, c'est ce que j'appelle la dette générationnelle. Donc on n'a pas le droit de laisser une dette générationnelle. Et comment on répond à ça ? D'abord, il fallait anticiper. Parce qu'il y a eu aussi beaucoup de protestations contre les systèmes de parcours sup.
Donc il y a une invisibilisation de l'avenir des jeunes aujourd'hui. Ils sont sortis anxieux du Covid. Ils n'ont pas été soignés après Covid malgré les promesses. Vous savez, à l'issue du Covid, un jeune sur dix a pensé faire une tentative de suicide. C'est considérable. Plus ce qui se passe sur les réseaux sociaux, plus l'angoisse sur le futur, plus la crise du pouvoir d'achat que vivent leurs parents. Ça se répercute aussi sur les jeunes et les guerres à nos – La crise climatique, vous voyez, on leur laisse une crie et c'est ce que j'appelle moi le pacte générationnel. Et si j'étais présidente, je ferais un pacte générationnel, c'est-à-dire je mettrai en mouvement l'ensemble des secteurs de la société pour dire, mais finalement, qu'est-ce que c'est que les fondamentaux de la politique ?
C'est de se demander, pour chaque décision, est-ce que c'est bon ou pas pour les nouvelles générations. Notre objectif, c'est les nouvelles générations. Je parle un peu comme une mère de famille, mais je pense qu'il faut remettre dans la politique parce qu'il n'y en a jamais vraiment eu. Il faut les aimer, les gens. Mais comme mesure concrètement ? Parce que par exemple... Moi je suis allé à la sortie d'un lycée, ils sont formidables les jeunes d'aujourd'hui. Le budget de l'éducation nationale a augmenté ces dernières Qu'est-ce que vous auriez pris comme mesure concrète ? On entend bien la question du pacte générationnel, d'aimer les jeunes, mais comment vous auriez répondu concrètement ? C'est quoi ? C'est plus de professeurs ? C'est abrogé par courfus ?
– Regardez, en 10 ans, il y a eu 8 ministres de l d'éducation. C'est pas scandaleux ça ? Avec chaque ministre, avec ses marottes, ses obsessions, un qui supprime les maths, l'autre qui supprime les filières au bac. Et donc le corps enseignant aussi a été profondément secoué, déstabilisé, au lieu de consacrer l'essentiel de son temps aux jeunes. Vous savez, j'étais ministre à l'éducation nationale, j'étais ensuite présidente de région, donc chargée
de matériel, des travaux des lycées. Donc j'ai vu l'intelligence des jeunes. Dans ma région, j'avais fait par exemple le budget participatif. Ça pourrait être fait dans tous les lycées. C'est-à-dire 10 % des investissements étaient débattus dans les lycées pour savoir qu'est -ce qui qui est important pour eux, par exemple. Ça, c'est du respect. Eux prend du doigt, par exemple, un problème essentiel qui est le manque de professeurs devant les élèves. Le gouvernement s'était engagé est-ce qu'il y a un professeur devant chaque classe ? Ça n'est pas le cas. Comment on fait pour résoudre ce problème très concret ? Est-ce qu'il faut augmenter les professeurs ? Mais on a un budget très contraint. On va le voir dans les semaines qui arrivent. Comment on fait pour résoudre ce problème d'effectifs ?
D'abord, il y a une dégradation du nom du... Il
dans la société, parce qu'effectivement les salaires n'ont pas suivi, parce que l'éducation est en grande mutation et parce que les jeunes et les enseignants se rendent compte que la transmission des savoirs est concurrencée par les réseaux sociaux, bientôt par l'intelligence artificielle. Ce gouvernement ne réfléchit à rien. L'intelligence artificielle arrive. Donc, qu'est-ce qu'on en prend comme le meilleur dans le cadre de l'éducation nationale ? Et qu'est-ce qu'on évite comme étant le pire ? Je vous pose une question très concrète, vous, présidente. Est-ce que vous augmentez les professeurs ? Bien sûr, j'augmente les professeurs. – Bien sûr, j'augmente les professeurs. Mais surtout, je leur donne aussi des opportunités de
formation professionnelle pour aborder les nouveaux temps qui viennent. Ça, c'est très important. Et j'arrête de secouer l'éducation nationale. Quant à un ministre de l – Ça veut dire vous engagez à avoir un seul ministre de l'Éducation sur le quinquennat ? – Oui, il faut en prendre à bon, le stabiliser et surtout ne pas détruire les bonnes choses qui ont été faites ou inventer des choses nouvelles. Vous savez quand le ministre Blanquer a supprimé les mathématiques. C'est comme une absurdité, le monde entier a regardé ça, alors que dans tous les pays, on renforce au contraire les enseignements scientifiques. Il a supprimé les mathématiques et les sciences de la vie et de la Terre, au moment où il y a la question de la crise climatique et de l C'est aberrant.
Du jour au lendemain, les professeurs de mathématiques se sont sentis complètement déconsidérés et ils sont sortis de l'éducation nationale. Maintenant, on a un manque criant de professeurs de mathématiques et de scientifiques, les élèves... Donc la suppression des filières, ça a été l'irard ? Il y a eu un effondrement aussi des entrées d'élèves dans les grandes écoles et dans les classes préparatoires et notamment chez les filles. Il y a eu un effondrement des s'engageant dans les filières scientifiques, alors que les chefs d'entreprise ont tiré la sonnette d'alarme et ont dit qu'on a besoin de scientifiques et d'ingénieurs dans nos entreprises donc voyez l'aberration de ce qui a été fait sur
leur aujourd'hui pendant dix sébastien le cornu propose de banaliser la fin de la semaine pour permettre des temps d'échanges avec les élèves est-ce que de votre point de Aujourd'hui, ça va dans le bon sens. Mais ce n'est pas suffisant. La crise est très profonde et elle couvait depuis 3 à 4 ans. Donc là, il fallait faire des états généraux. Il faut quoi par exemple ? Il faut faire des états généraux des lycées. Il faut faire des cahiers de Il faut voir où sont les angoisses par rapport au futur, quelles sont les bonnes conditions de travail. Vous savez, une jeunesse qui se mobilise pour demander de bonnes conditions de travail, mais c'est positif, au lieu de leur envoyer des policiers armés comme s'il y avait une guerre. Mais avec quels moyens ?
Juste, de combien vous augmentez le salaire des professeurs ? Vous avez dit « moi j'augmente le salaire des professeurs ». Moi je ne règle Je ne règle pas les sujets comme ça, en claquant des doigts, en disant je vais les augmenter de temps. Ce n'est pas en claquant par exemple Édouard Philippe et Gabriel Attal ? Eh bien figurez, ce n'est pas comme ça qu'on gère un pays. Ce n'est pas en annonçant comme Il ne faut pas un programme précis ? Non, ce n'est pas comme ça qu'on annonce un pays. On annonce un objectif politique. Ensuite, on travaille avec les personnes intéressées. On fait de l'intelligence collective et on regarde ce que l'on fait. Je ne crois à aucune des promesses qui sont faites en termes de chiffres absolus, comme ça on va augmenter ci, on va augmenter ça.
D'abord la France est au bord du gouffre financier. Donc toutes les promesses financières de dépenses supplémentaires, il faut les financer. Alors les candidats qui annoncent des dépenses supplémentaires sans dire comment ils les financent. C'est une dépense, comment vous la financez ? Vous promettez d'augmenter les professeurs. Oui mais c'est pour ça que je vous dis qu'il y a un objectif politique qui est de revaloriser le rôle des enseignants, la forme et l des enseignants, mais ce n'est pas suffisant. Ce que veut la jeunesse aussi, c'est une visibilité sur son avenir. Vous voyez ? Paradoxalement, quand un gouvernement tape sur les retraités, ça impacte les jeunes parce qu'ils se disent « Mais nous, on n'aura plus de services publics. » Donc, ça les déstabilise.
Il faut aussi sécuriser la jeunesse sur le maintien du modèle français de la sécurité sociale. Car pour aborder les transitions qui viennent, notamment dans le domaine de l'intelligence artificielle, il faut sécuriser tout le monde. Il faut sécuriser les jeunes. Il faut leur dire vous avez quand même un avenir et voilà dans quelle perspective. Par exemple... Edouard Schiffré, pardon, l'actual ministre de l'éducation dit le problème démographique, la baisse de la démographie va naturellement régler le problème de l'éducation nationale. Vous partagez ce point de vue ? Mais c'est très faible de dire ça. Vous voyez, c'est vraiment très très faible. C'est pas comprendre que derrière la révolte des lycéens, je le répète, il y a une angoisse sur leur futur.
Quels seront leurs métiers ? Quelles seront leurs formations ? Quelle sera leur place dans la société ? Comment est-ce qu'on leur transmet un monde en paix ? Comment est-ce qu'on répond à leur angoisse climatique ? Comment est-ce qu'on va répondre à la crise financière ? C'est la globalité du monde qu'on va leur laisser. Là, on leur laisse un monde de chaos, un monde de dette, un monde de déstructuration. On n'a pas le droit. On n'a pas le droit. On n'a pas le droit. On n'a pas le droit de transmettre une dette générationnelle. Un mot, puisque vous nous avez parlé de parcours sup. Vous le réformez ? Vous l'abrogez ? Je pense qu'il faut l'abroger et le remettre à plat. Ça, c'est... Et revenir à l'ancien système ? Il y a une angoisse. Pardon ? Revenir à l'ancien système ?
Non, il ne faut jamais revenir aux anciens Vous savez, le monde évolue donc il faut bien sûr remettre à plat Parcoursup. C'est vécu comme une grande injustice, comme quelque chose qui n'est pas transparent, qui n'est pas clair. Les inégalités se creusent manifestement. Il y a aussi ce sentiment-là, chez les jeunes, du creusement insupportable des injustices et des inégalités. Interrogation aussi, et on l'a vu notamment hier aux questions d'actualité à l'Assemblée, sur la doctrine du maintien de l'ordre, sur la manière dont ont été gérées ces mobilisations. Qu'est-ce que vous en avez pensé ? Comment vous les qualifiez ? Est-ce que vous comprenez les consignes de Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur ? – C'est insupportable ce qui s'est quand vous regardez la presse
internationale ils se demandent qu'est-ce qui se passe, vous croyez que les jeunes vont revendiquer de bonnes conditions pour travailler, on leur envoie une police armée comme s'il y avait une guerre, et il y en a qui sont mutilés. Il y a aussi des blessés dans le corps enseignant, il y a aussi des blessés chez les forces de l'ordre. Ça ne se voit dans aucun autre pays européen. C'est insupportable, c'est une provocation. Le ministre répond que les lycéens étaient très violents et qu'il n'y avait pas d'autre choix que d'envoyer la police. Je pense qu'il doit démissionner, ce ministre, parce qu'il a même plus pris... Il doit démissionner ? Ça a été demandé à l Assemblée nationale. Mais vous, vous le demandez ? C'est insupportable, ce qui se passe.
C'est gravissime, d'autant plus que, vous savez, le chaos social aggrave les conditions, aggrave la crise financière. Quand les créanciers de la France voient non seulement la crise financière, c'est-à-dire la mauvaise gestion financière, mais en plus qu'il n'y a même pas de stabilité politique et qu'il y a le chaos dans les rues, ça fait monter les taux d'intérêt auxquels la France emprunte pour couvrir sa dette. Donc, c'est irresponsable de la part d'un gouvernement de laisser cela et surtout de faire des provocations. Donald Trump, le président américain, s'est exprimé hier, vous l'avez entendu vu sur les mobilisations. Je vais lire ce qu'il a écrit.
Ce qui se passe en France n'est rien de moins qu'une immigration de masse incontrôlée. Il ne s'agit pas d'école. Il s'agit de l'islam qui veut s'emparer d'un pays autrefois grand. Pas de réaction pour le moment d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous, présidente, vous lui aurez répondu ? C'est toujours difficile parce que si vous répondez à des propos absurdes, vous les valorisez. Vous les faites reprendre. Donc je pense que ce qu'il faut, c'est répondre à la crise sociale. Ce que ça veut dire, c'est que, comme je le disais à l'instant, n'oublions jamais que la France est regardée dans le monde entier. Il y a eu d'autres réactions. Il y a même l'Iran qui nous a donné des leçons de démocratie, vous vous rendez compte ? Donc les gens sont effarés de ce qui se passe en France.
et donc il y a une irresponsabilité dans ces provocations. – Mais est-ce que pour vous, là, il est en train de s'ingérer dans la présidentielle française, Donald Trump ? Il est en train de s'ingérer dans la présidentielle française avec ce genre de déclaration ? – Sans doute, de toute façon, ils s'ingèrent partout, donc j J'imagine qu'il cherche aussi à influencer, effectivement... Mais il l'a déjà dit, d'ailleurs, qu'il soutenait l'extrême-droite. Au profit de qui ? Il l'a dit, au profit de l'extrême-droite. Donc le mieux, c'est de ne pas relayer ce qu'il dit, parce que, comme je le disais à l'instant, ça donne un écho. Ce qu'il faut, c'est régler correctement les choses. Et comme je l'ai dit souvent, si j'étais aux responsabilités, il n'y aurait pas de mouvement social.
Est-ce que vous diriez... Regardez ce mouvement, vous Pour retirer la taxe carbone, comment se fait-il qu'au bout de 10 ans, Emmanuel Macron soit aussi aveugle sur l'écoute apportée au peuple français Et aujourd'hui que ce mouvement et la réponse qui lui est donnée nourrit le vote d'extrême-droite ? Le chaos nourrit toujours le vote d'extrême-droite. Parce que dans le simplisme des interprétations, il y a toujours l'idée qu'on va aller vers l'ordre. Non, ce qui est important c'est ce que j'appelle l'ordre juste et c'est ça aussi que demandent les jeunes c'est de l'ordre juste Vous nous l'avez répété vous l'avez dit d'ailleurs dans tous les débats moi si j'étais à l'Elysée il n'y aurait pas de mouvement Tous les présidents ont connu des mouvements sociaux.
Vous pouvez assurer que vous, durant tout un quinquennat, ne connaîtrez jamais un mouvement social ? Oui, je le pense. Pourquoi ? Parce que j'ai une autre conception de la J'ai toujours défendu la démocratie participative. J'ai toujours pensé que lorsque les gens expriment un malaise, un mal-être, une difficulté, il faut regarder cette difficulté et la traiter avec avec efficacité et avec rapidité, c'est ce que j'appelle la morale de l'action. Je vais vous donner un exemple, les gilets jaunes, il n'y aurait pas eu les gilets jaunes avec moi ? Il n'y aurait pas eu de taxe carbone ? Ou si elle avait été faite par un des ministres irresponsables, en 48 heures, j'aurais Il m'a dit, vous retirez ça, ça suffit. J'avais supprimé les co-taxes.
C'est renoncer à mettre en place des réformes qui fâchent ? Pas du tout. Pas du tout. C'est reculé devant la moindre contestation. Pas du tout. Mais là, il n'y aura pas Vous savez, c'est dur les contestations On croit que c'est facile que ça fait comme ça Mais non, il faut descendre dans la rue Il faut poser des congés, il faut se déplacer Il faut prendre des risques maintenant Avec les agressions de certains policiers C'est très le mouvement social. Donc, le mépris pour le mouvement social, c'est le mépris d'un pouvoir faible qui ne comprend pas le peuple et qui pense qu'il a raison tout seul. Un des enjeux de la prochaine élection présidentielle, c'est de changer en profondeur le mode d'exercice du pouvoir. Arrêter avec le pouvoir solitaire.
Arrêter avec un président de la République qui pense qu'il a raison à lui tout seul alors qu'il était minoritaire. Je le rappelle dans le vote du second quinquennat. Et donc, par rapport à ça, c'est de faire confiance au territoire d'abord. Vous savez, même la question des lycées, vous ne la gérez pas de la même façon dans un milieu urbain, dans un milieu rural. Donc il faut aussi être attentif à l'intelligence des territoires et répondre aux problèmes avant. Et quand vous prenez tous les mouvements sociaux, mais ils étaient tous, si le pouvoir avait été attentif, ils
La seule guerre légitime, c'est la guerre contre le réchauffement climatique. Il y a déjà, entre la mutation, l'arrivée de l'intelligence artificielle, il y a déjà tellement de défis à relever que la moindre des choses pour un pays, c'est de régler et d entendre les attentes sociales avant qu'elles n'explosent. – Ségolène Royal, on apprend que Sébastien Lecornu va s'exprimer ce soir sur la colère nicéenne, sur les carburants, sur la dette, sur la crise agricole. Qu'est-ce que vous attendez de son intervention Mais d'abord qu'ils prennent conscience de la gravité de la situation, d'une part. Ensuite, qu'ils respectent les générations des jeunes lycéens qui ont des choses à dire, qui sont notre avenir. « La jeunesse n'a pas toujours raison, mais ceux qui la frappent
ou qui la méconnaissent ont toujours tort. C'est une grande phrase de François Mitterrand, vous voyez que je reprends à mon compte. Et par conséquent, et qu'il applique la doctrine républicaine du maintien de l'ordre, qu'il envoie des policiers qui ne sont pas armés comme ils le sont et qu'ils arrêtent la provocation. Parce que vous savez, les jeunes, il faut les connaître, ils sont très solidaires les uns des Donc, aux premières images d'un gamin de 14 ans menotté dans le dos d'une fille attrapée par le cou, d'abord les contacts physiques. Je suis désolée, mais les contacts physiques avec les femmes, normalement, ce sont des policières femmes. De quel droit est-ce que des hommes touchent les femmes avec des mains baladeuses parfois ?
C'est insupportable, c'est intolérable, c'est insupportable. Donc moi j'exige que ce ne soit que des policières femmes qui éventuellement puissent aller au contact des femmes. Et puis arrêter de menotter les champs, d'aider des jeunes ou les mettre en garde à vue. Alors cette police-là, ce ministre de l'Intérieur, ce ministre de la Justice, ils sont plus sévères avec les enfants des lycées qu'avec les pédocriminels. Vous avez vu un pédocriminel avec les menottes dans le dos quand des parents viennent au commissariat de police pour dire que leur enfant était victime d'un pédocriminel ? Vous avez vu la police aller chez le pédocriminel et lui mettre les menottes dans le dos ? On aimerait bien voir ça aussi. Donc qu'est-ce que c'est que ce ministère de l'Intérieur qui est plus...
Juste dernier mot parce qu'après il faut qu'on parle de la primaire mais comment on gère les casseurs ? C'est Guylaine Royal, vous savez très bien, il n'y a pas que des lycéens dans ces mobilisations, il y a des casseurs qui viennent se mêler. C'est pour ça qu'il ne faut pas laisser les mouvements sociaux dégénérer ni laisser les provocations policières parce que quand on voit des provocations de certains policiers, il faut des sanctions extrêmement rapide. Et on se dit, ceux qui sont filmés, heureusement, ça protège les jeunes. Mais tout ce qui s'est passé et qui n'a pas été filmé, alors que sont devenus les jeunes ? Vous vous rendez compte des centaines de jeunes mis en garde à vue ? C'est insupportable. On termine en parlant de la primaire.
On va parler de la primaire de la gauche, à laquelle vous êtes candidate. Le vote aura lieu vendredi et samedi. Si, à l'issue du second tour, vous êtes élue, désignée candidate du Parti socialiste et de passe publique. Vous allez devoir organiser une forme de rassemblement en vue du premier tour de l'élection présidentielle. Comment vous vous y prenez ? En 2022, vous étiez aux Amphys, donc les universités d'été de LFI et vous disiez, vous appeliez une dynamique d'union pour les européennes. Est-ce qu'il faut une dynamique d'union pour le premier tour avec la France insoumise notamment ? C'est l'éternelle question qui revient. Elle est essentielle. Elle est essentielle. Les choses sont très simples. On ne se met pas derrière la France insoumise, qui d'ailleurs ne le demande pas.
Donc on fait l'alliance déjà avec ses partenaires. Le PC est vert dans un premier temps. D'abord, il baisse. On fait l l'Alliance, et ensuite on fait campagne. On fait la campagne électorale ensuite et on réattire vers soi les électeurs. – Donc vous n'essayez pas de réunir autour d'un seul et même candidat la gauche avant le premier tour C'est pas possible Et vous espérez être au premier, enfin pouvoir accéder au second tour sans réunir comme ça autour de vous Je pense qu'il faut être au second tour Ségolène Royal, est-ce que le PS a encore un avenir pour vous Bien sûr. C'est pour ça qu'il faut que ce soit une socialiste qui sorte des primaires. Vous avez accusé... Si Raphaël Luxman, il n'a pas d'avenir le Parti Socialiste. Si Raphaël Luxman gagne, le Parti Socialiste n'a plus d'avenir ?
Ah ben il disparaît. Ça a été dit puisqu'il y a une refondation, puisqu'il n'y a pas d'accord avec la gauche, donc il voudra bien faire des accords avec les macronistes, etc. Puisque le seul objectif affiché politique, c'est de faire barrage à LFI, c'est-à dire diaboliser LFI pour ensuite justifier un accord avec les macronistes, c'est ça. – Donc la victoire de Raphaël Luxemann serait la disparition du PS ? – Absolument, la victoire de Raphaël Luxemann et elle a disparu. Ça veut dire que si c'est lui... Il a un autre nom, il va, et puis le pays se disparaît. Si c'est lui qui est désigné par les électeurs à l'issue du second tour, ça veut dire que vous ne le soutiendriez pas –
On a essayé une charte de soutien, sauf si ça dérive vers la charte. Elle prévoit l'union à gauche, elle ne prévoit pas l'union avec les macronistes. – Donc s'ils s'alliaient avec certains macronistes, vous ne soutiendiez. – C'est compliqué quand même, je pense que les Français ne veulent plus les macronistes, donc ça c'est compliqué à ce moment-là, c'est pas possible d'être au second. – Mais dans ces cas-là, qu'est-ce qui se passe ? Parce qu'il y en a Il y en a un qui se prépare, qui a des locaux de campagne, qui fait un tour de France. Il s'appelle François Hollande. Est-ce que vous pourriez le soutenir ? On respecte la primaire dans un premier temps. Et je dis que si ce n'est pas un socialiste ou une socialiste qui sort de la primaire, le PS disparaît.
Et moi, tant que le PS et l'appareil du PS, les gens ne sont pas attachés à l'appareil du PS, mais l'appareil du PS, il est au service d'une grande Et cette grande histoire, elle n'est pas à vendre. Elle ne nous appartient pas. Elle remonte au 19e et début du 20e siècle quand des hommes et des femmes ont risqué leur vie et ont parfois donné leur vie dans les luttes sociales, pour plus de justice sociale, pour l'émancipation, pour l'école. – Donc voter pour un candidat socialiste et sauver le parti socialiste. – Et par conséquent, juste un mot, c'est qu'avec le renforcement de la puissance de l'économie, de l de la bulle financière, de l'économie financière. Jamais la lutte pour plus de justice n'a été aussi forte qu'aujourd'hui. Et c'est ça que les jeunes ont compris aussi.
Ils ne comprennent pas pourquoi ils entendent qu'il y a 60 milliards distribuer aux actionnaires et que d'un autre côté n'ont pas de professeur en phase 2 dans les classes. Ils ne comprennent pas. Donc ce combat-là pour une justice, une transparence de la répartition des des gains et des richesses, elle n'a jamais autant été d'actualité que depuis le début du siècle. Et c'est ça qu'il faut continuer. Merci, Ségolène Royal. Merci d'avoir été notre invitée. Le vote pour la primaire de la gauche, c'est vendredi et samedi pour le premier tour et le week-end suivant pour le second tour. Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
Ségolène Royal