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interviewBFMTV· 3 février 2026 18 min

Attaques du RN, budget, énergie...L'interview de Roland Lescure en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Roland Lescure. Merci d'être à ce micro ce matin pour répondre à mes questions. Vous êtes le ministre de l'économie, il y a eu 3,49,3, il y a eu 6 motions de censure, mais ça y est, c'est officiel depuis hier soir, 20h, la France a un budget. Alors heureux ?

0:19
Roland Lescure

Heureux non, mais satisfait qu'on ait passé cette première étape importante. Ça permet d'avoir un budget, d'un budget qui va réduire le déficit public de 5,4 à 5 cette année, mais aussi et surtout de financer les politiques publiques. La Défense, on en a beaucoup parlé. On peut financer les associations pour lesquelles il y avait un risque, évidemment, en loi spéciale. On va augmenter les rémunérations de 3 millions de Français de 50 euros. Donc bref, on entre en 2026, j'allais dire, enfin, on est en février, il était temps, avec un budget qui tourne, une France qui tourne, et surtout beaucoup de travail pour continuer à la développer.

0:51
Présentateur

Oui, on va parler d'ailleurs de la suite, mais quand vous dites, ça y est, un budget, est-ce que vous considérez franchement que c'est un bon budget ?

0:57
Roland Lescure

Oui.

0:58
Présentateur

Oui, vous, le macroniste de la première heure, vous considérez un bon budget ?

1:02
Roland Lescure

Oui, parce que je suis un macroniste de la première heure qui est conscient de la situation politique à laquelle on fait face. On est face à une Assemblée nationale extrêmement éclatée, avec 11 groupes parlementaires, 8 qui ont décidé de jouer le jeu pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, seulement 5 qui, au fond, ont décidé de jouer le jeu sur le budget. Donc ce budget, on a vu l'extrême droite qui le qualifiait d'extrême gauche, l'extrême gauche qui le qualifiait d'extrême droite, au fond, il n'est ni l'un ni l'autre. C'est un budget de compromis qui permet d'avancer et qui, au total, moi c'est l'essentiel, permet de préserver la croissance.

On a eu plutôt des bonnes nouvelles pour 2025, je pense qu'on en aura, je l'espère, des bonnes pour 2026.

1:36
Présentateur

Disons en tout cas qu'on appelle les mauvaises nouvelles que vous redoutiez.

1:39
Roland Lescure

Non, on s'attendait à 0,7% de croissance, l'INSELA a dit il y a 3 jours, 0,9%, ça c'était l'année dernière. Nous on espère 1% cette année, on est bien parti. C'est-à-dire que déjà à la fin de l'année 2025, on a embarqué, si je puis dire, 0,5% de croissance. Donc il faut faire 0,5% de plus, on a une année pour le faire. Moi j'ai confiance dans les entreprises qui ont continué à investir l'année dernière, malgré tout ce qu'on a dit, qui se sont remises à exporter, c'est important, dans un monde bouleversé, et même les consommateurs se mettent à consommer.

2:07
Présentateur

Vous avez confiance dans les entreprises, mais les entreprises n'ont plus confiance en vous.

2:11
Roland Lescure

Écoutez, moi je regarde ce qu'elles font, j'écoute ce qu'elles disent évidemment.

2:14
Présentateur

Vous avez entendu Bernard Arnault, quand même emblématique patron français, qui dit que désormais la France est contre les entreprises.

2:21
Roland Lescure

Je suis contre ce qu'il vient de dire, je suis contre ça. Moi je suis pour les entreprises, je souhaite les accompagner, mais face à un risque d'instabilité boutique qui était réel, et face à un déficit public qui était trop élevé, on a trouvé un compromis qui permet d'avancer, qui permet de donner de la stabilité.

2:38
Présentateur

Sur leur dos quand même, non ? C'est en tout cas comme ça qu'ils le vivent. Vous l'avez même vu, le MEDEF ça ne suffit plus, ils rajoutent désormais une nouvelle organisation de patrons combatifs, ça s'appelle Trop, c'est trop.

2:49
Roland Lescure

Et je les ai rencontrés, et qu'est-ce que je leur ai dit moi ? Je leur ai dit, un, la stabilité politique, elle a une valeur, donc intégrer-la. Et deux, j'allais dire, plutôt que de râler, engagez-vous, j'ai entendu qu'il y avait un certain nombre de chefs d'entreprise qui voulaient tous être président de la République. Ils ne le seront pas tous. Mais que des chefs d'entreprise s'engagent dans la chose publique en proposant des idées, moi je l'ai fait. J'ai été dans le milieu des affaires pendant des années, j'ai décidé de tout lâcher, de traverser l'océan pour revenir en France, laisser un océan entre moi et ma famille pour m'engager en politique.

Engagez-vous, re-engagez-vous, donnez-nous des idées.

3:21
Présentateur

C'est une bonne nouvelle que les patrons, et pourquoi pas, vous pourriez même soutenir, je ne sais pas, une candidature d'un Michel-Édouard Leclerc, d'un Xavier Niel ?

3:29
Roland Lescure

Je pense qu'on meurt en France du fait que la présidentielle est la rencontre, comme on dit, d'un homme et d'un peuple. Ça pourrait être une femme d'ailleurs. La réalité, et je pense qu'Emmanuel Macron avait réussi à faire ça en 2017, c'est que c'est aussi la rencontre d'une équipe de gens qui s'engagent sur un programme, sur une démarche. Moi je l'ai fait en 2017, et j'espère que d'autres vont le faire en 2027, parce que les défis sont énormes.

3:51
Présentateur

Donc vous dites au patron, allez-y, venez en politique.

3:54
Roland Lescure

Mais bien sûr, moi je ne le regrette pas, puis j'aurais fait mon temps à d'autres de le faire.

3:59
Présentateur

Moi je veux bien, là vous leur dites que vous êtes super, mais la vérité c'est qu'ils continuent quand même à vous dire trop c'est trop, et que dans ce compromis comme vous dites, c'est les impôts sur les entreprises qui ont le plus augmenté. Vous dites qu'il n'y a pas de hausse d'impôts sur les particuliers.

4:14
Roland Lescure

Et sur les entreprises, ils n'augmentent pas. Les entreprises, les grandes entreprises, les fameuses, celles qui gagnent de l'argent à l'international, et qui, c'est vrai, ont contribué en 2025 au rétablissement des comptes publics. Taxes proposées par Michel Barnier, et adoptées par François Béroux. On les maintient au niveau où elles étaient l'année dernière, pour les très grandes entreprises. Oui, parce que vous leur aviez promis, la main sur le cœur,

4:36
Présentateur

que ça ne durerait qu'un an.

4:37
Roland Lescure

Je ne vais pas... Comment on peut vous croire maintenant ? Je ne vais pas faire l'histoire, je n'ai rien promis. Oui, je suis ministre. Alors, ce n'est pas vous, mais enfin, c'est Amélie Monchalant. Non, mais c'est le gouvernement, mais oui, mais je veux quand même...

4:45
Présentateur

Vous n'auriez pas promis ? Vous pensiez déjà l'année dernière que ce n'était pas temporaire ?

4:47
Roland Lescure

En tout cas, ce que je peux vous dire cette année, c'est qu'avant de m'engager à des promesses que je ne saurais peut-être pas tenir, je souhaite parler de la méthode. Et avec les groupes dont je parlais tout à l'heure, qui ont souhaité adopter un compromis, je souhaite qu'on parle de méthode, avant de s'engager sur telle ou telle mesure, parce que face à une assemblée dispersée, il faut savoir tenir ce qu'on dit.

5:05
Présentateur

Je vais vous reposer la question, Roland Lescure, cette contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, qui avait donc été mise en 2025 en promettant que ça ne durerait qu'un an, qui cette année a finalement été prolongée, elle a toujours dans son titre le mot « exceptionnel ». Mais est-ce que ce matin, Roland Lescure, vous pouvez nous dire « l'an prochain, on ne le fait plus ».

5:24
Roland Lescure

Non, je ne peux pas vous dire ça. Je peux dire que j'aimerais qu'on y arrive, mais que tout ça va dépendre d'un équilibre global et d'un budget global qu'il va falloir négocier. Donc les patrons doivent se préparer

5:35
Présentateur

à l'idée que cette contribution exceptionnelle dure au-delà de deux ans, peut-être trois.

5:39
Roland Lescure

Non, les patrons doivent se préparer au fait que ce budget, on va le construire en avançant et pas d'un gouvernement tout puissant, majoritaire, comme ça a été le cas depuis 80 ans, qui dit en janvier ce qu'il va faire en décembre prochain. On va devoir travailler. Moi, je souhaite travailler la méthode et évidemment, je souhaite qu'on imite les prélèvements sur les entreprises. Je suis ministre de l'économie et des finances, mais je souhaite aussi qu'on continue à réduire le déficit et tout ça, il va falloir...

6:02
Présentateur

Réduire le déficit, une question très précise. Vous avez redit les 5%, mais moi, je lis dans les mots d'Amélie de Montchardin, la ministre du Budget, ce matin, chez mes confrères du Parisien, cette phrase. Ce budget 2026 va réduire de 0,6 point de PIB notre déficit et là, elle rajoute virgule, hors charge de la dette. Alors moi, ça m'étonne toujours quand on met une petite astérix. Donc qu'est-ce qu'il faut comprendre ? Est-ce que vraiment, on va repasser sous la barre des 5% ou est-ce qu'il y a une entourloupe ?

6:29
Roland Lescure

Non, il n'y a pas d'entourloupe. On était à 5,4 l'année dernière et on sera à 5 cette année. Donc c'est 0,4%. Et ce qu'elle dit, c'est que ce 0,4% de vraie réduction de déficit, elle va se faire malgré une hausse de la charge de la dette. Donc la vraie réduction qu'on va devoir vivre, vous et moi, c'est plutôt 0,6. C'est un calcul, j'allais dire, comptable. Mais on repasse sous les 5%. C'est sûr. C'est sûr. En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que l'année dernière, on s'était donné 5,4%. On l'a tenu. Et cette année, on se donne 5% et on va tout faire pour le tenir. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en pratique, on va faire ce qu'on appelle un comité de suivi et d'alerte.

Donc tous les mois, on va rassembler les parlementaires, leur rendre des comptes sur le budget. On va suivre les budgets de tous les ministères, de tous nos collègues, euro après euro, de manière à ce que, ce qu'on a promis, on le livre. Mais ce qu'on peut reconnaître, c'est qu'on l'a livré l'année dernière.

7:18
Présentateur

Roland Escur, le Conseil constitutionnel a été saisi, notamment parce que, malgré tout, ce budget, c'est un peu un patchwork d'amendements qui parfois sont disparates. Est-ce que vous vous dites qu'il y a quelques amendements qui pourraient tiquer et qui pourraient être rejetés par le Conseil constitutionnel ?

7:34
Roland Lescure

Non, on verra ce que le Conseil constitutionnel décide. Mais moi, je suis assez confiant sur le fait que ce budget, il tient debout et il va faire en sorte que la France, elle aussi, se tienne debout.

7:43
Présentateur

Pour vous, ça tient debout. Une question aussi, d'ailleurs, on en parlait à l'instant sur BFMTV et sur RMC, la question du prix des transports en commun. Une loi cadre serait présentée la semaine prochaine en Conseil des ministres. C'est ce qui ressort de certaines informations du ministère des Transports qui dirait que les tarifs des transports en commun, qui sont aujourd'hui une convention décidée par les régions et les communes, sont trop bas qu'en gros, en fait, quand on achète un ticket de métro, ce n'est plus des tickets ou un Navigo ou ailleurs, partout en France pour les bus et les transports en commun, en fait, on paye, l'usager paye trop peu.

Est-ce que vous allez, en effet, demander aux Français de payer davantage ?

8:21
Roland Lescure

Non. Ce qui est vrai, vous l'avez dit, c'est que les transports publics en France sont subventionnés. Et c'est très bien parce que ça veut dire que les transports publics, ils sont plus développés en France qu'ailleurs dans le monde et que ça permet à la fois de décongestionner, moins de circulation, de dépolluer, moins de pollution. Et ça, c'est tant mieux. Et ce modèle français, on va le poursuivre. Ce qui est vrai aussi, c'est que dans les années qui viennent, il va falloir financer de nouveaux investissements et qu'il faudra réfléchir à la manière dont on les finance.

Mais non, il n'y a aucun plan ni caché ni ouvert de doubler, j'ai entendu sur votre antenne, de doubler le prix des transports pour les usagers. C'est non.

8:56
Présentateur

C'est non. Doubler c'est non, augmenter ?

8:58
Roland Lescure

Non. On va voir comment on finance les investissements des transports à venir, mais il n'y a aucun plan caché d'augmenter le prix des transports aujourd'hui.

9:06
Présentateur

Au moins, c'est très clair dans votre bouche, Roland Lescure, ministre de l'économie. Ce qui est vrai quand même, c'est qu'à chaque fois qu'il y a eu une petite tentation ou peut-être tentative, peut-être simplement de récupérer quand même un peu de sous au fur et à mesure de cette discussion budgétaire, là encore ce matin peut-être sur la question du prix des transports en commun, finalement vous y avez renoncé. Je regardais, tout ce qui faisait débat, vous y avez renoncé. Le doublement des franchises qui devait permettre d'économiser 2,3 milliards d'euros, vous y avez renoncé. Le gel des prestations sociales qui devait permettre d'économiser 3,6 milliards, renoncé.

L'année blanche qui avait été évoquée par François Bayrou qui permettait au fait aux barèmes et aux aides de rester fixes et donc pas indexés sur l'inflation, là aussi vous y avez renoncé. Moi je veux bien, mais ça veut dire quand même qu'à un moment elles seront où là les économies ?

9:52
Roland Lescure

Ça veut dire que quand vous êtes face à l'Assemblée à laquelle on fait face, vous devez dégager une majorité pour faire adopter des mesures et vous l'avez dit, il n'y avait pas de majorité pour adopter ces mesures d'économie qui étaient dans le budget. Donc on avait proposé. Donc tant que, effectivement, on n'est pas capable d'avoir des groupes parlementaires qui disent l'année blanche finalement c'est peut-être pas une mauvaise idée, l'inflation est quasiment réduite à zéro aujourd'hui, on ne va pas indexer telle ou telle prestation, on n'y arrivera pas. Il faut une majorité à l'Assemblée pour faire adopter les mesures.

C'est la démocratie et il n'y avait pas de majorité pour celle-là, on a dû en trouver d'autres.

10:26
Présentateur

Vous êtes dans le collimateur du RN qui vous reproche quasiment d'avoir joué contre la France. Jean-Philippe Tanguy dit à propos de la vente de LMB Aerospace à des Américains, Monsieur Lescure et la Macronie ont des liens de soumission aux intérêts financiers américains.

10:45
Roland Lescure

Vous vous rendez compte ? Jusqu'à samedi, il y a eu des débats de fonds sur un certain nombre d'entreprises qui ont été vendues avec des conditions d'ailleurs extrêmement strictes qu'on a mis en place, une entreprise qui fait des ventilateurs pour des moteurs de rafale. Le débat était sur le fond. Et puis, maintenant que le débat sur le fond a été perdu par mes contenteurs, vous avez raison, maintenant il se décale.

11:06
Présentateur

Enfin, il vous reproche à vous personnellement et on le sent bien. Il y a aussi l'idée que vous avez la double nationalité comme vous l'avez dit, que vous êtes canadien. Est-ce que c'est ça qu'il y a derrière ces reproches ? Est-ce que vous vous entendez ça ?

11:14
Roland Lescure

Je ne sais pas ce qu'on me reproche. Moi, ce que je sais, c'est que ceux qui me reprochent ça sont des gens qui étaient financés par la Russie de Vladimir Poutine jusqu'à ce que nous, on interdise le financement par des partis étrangers. Monsieur Bardella, vous savez ce qu'il disait il y a un an quand Monsieur Trump qui se précipitait à l'investiture de Donald Trump il y a un an presque jour pour jour. Louis Alliot, sans doute pour le bien de Perpignan ou leur ami Sarah Knafo qui est sur le même terrain.

Aujourd'hui, on a des gens qui ont des intérêts aux Etats-Unis, qui ont visiblement des connivences avec une certaine partie du pouvoir américain et qui viennent me reprocher des liens avec les Etats-Unis que je n'ai pas. Vous l'avez dit, j'étais canadien. Qu'est-ce qu'on me reproche d'avoir passé 8 ans de ma vie, j'ai bientôt 60 ans au Canada, d'avoir la double nationalité ? Une polémique habituelle de la part de l'extrême droite qui n'aime pas les binationaux. Alors, canadiens déjà pas beaucoup quand ils sont franco-algériens, franco-maricains, franco-tunisiens.

On est effectivement dans une polémique dégueulasse qui cherche à décréduliser un ministre qui, je le rappelle, a tout abandonné, je le disais tout à l'heure, pour rejoindre Emmanuel Macron en 2017 qui a mis un océan entre lui et sa famille pour s'engager, qui est très heureux de l'avoir fait et qui n'a de procès en souveraineté ou en intégrité à recevoir de personne. Surtout, et je finis là-dessus, d'un parti qui, la dernière fois que j'ai vérifié, était poursuivi en justice pour détournement de fonds publics. Franchement, pas de leçon, c'est dégueulasse.

12:48
Présentateur

Je vous sens, oui, à la fois en colère et atteint.

12:54
Roland Lescure

Oui, parce que, si vous voulez, je pense que j'ai fait tout ça pour des raisons assez personnelles, liées aussi à mon histoire personnelle et que s'engager pour l'intérêt général, ça mérite tous les débats de fonds. Et moi, je suis prêt à avoir tous les débats de fonds sur la fameuse procédure investissement étranger en France, mais pas de débat personnel sur mon intégrité. Ça, je ne le laisserai pas le faire, je ne le laisserai pas m'abîmer et je ne le laisserai pas au-delà d'abîmer ma personne, abîmer ma fonction, parce qu'évidemment, c'est ce qu'ils cherchent derrière moi.

13:23
Présentateur

Je vous repose la question malgré tout sur le fond, Roland Lescure, avez-vous des garanties suffisantes pour qu'un jour, peut-être, nous ne nous retrouvions pas dans une situation où un élément constitutif du rafale nous manque ?

13:37
Roland Lescure

Mais bien sûr, et sinon, vous pensez bien qu'on aurait trouvé un acheteur français, d'ailleurs. J'imagine que Dassault l'aurait acheté, cette petite boîte de Corrèze qui produit des vendilateurs de moteurs pour les rafales. Évidemment, on a mis dans l'accord sans aucune limitation de durée la fourniture des pièces de rechange pour les rafales et d'autres avions militaires. Oui, mais vous voyez bien dans la période

13:57
Présentateur

dans laquelle on est, quand on voit que, par exemple, le Danemark ou la Norvège ont acheté du matériel américain et qu'aujourd'hui, ils se disent si un jour on doit se défendre contre les Américains, ces fameuses règles aussi qui avaient été imposées à ce moment-là par les fournisseurs, c'est-à-dire Américains, pourraient se retourner contre eux.

14:16
Roland Lescure

On parle d'un fournisseur qui va rester installé en France. Ça aussi, on la met dans les conditions. On a une action de préférence, une fameuse golden share qui permet de limiter toute transaction de cette entreprise. Elle va rester en France, elle va produire en France 20%. Le reste est exporté d'eau France, d'eau Corrèze dans le monde entier. On a une entreprise qui rayonne, qui brille, qui cherche à se financer, qui ne trouve pas de financeurs français. Et le vrai problème, il est là. Comment on fait en sorte qu'on ait des capitaux français et européens pour financer nos pépites ? Elles ne l'ont pas trouvé. Elles sont allées chercher à y aller.

14:49
Présentateur

On l'enlécure la suite maintenant que le budget est adopté. Plusieurs questions. Une d'abord sur la loi pluriannuelle de l'énergie. Quelles conséquences et quand ?

14:57
Roland Lescure

Alors, il faut développer notre puissance énergétique. Nos prédécesseurs l'ont fait il y a 50 ans. Si on a aujourd'hui les réacteurs nucléaires...

15:04
Présentateur

Je vous arrête un instant, Roland Lescure, parce que sur BFM TV, ceux qui nous regardent voient à l'image l'arrivée de Marine Le Pen. Marine Le Pen qui arrive donc au tribunal à Paris. Vous l'évoquiez d'ailleurs à l'instant, Roland Lescure. Le sort judiciaire de Marine Le Pen, c'est la journée cruciale puisqu'elle assistera ce matin à la plaidoirie de la partie civile, c'est-à-dire du Parlement européen, avant d'entendre les réquisitions du parquet général. Donc, vous l'avez vu, Marine Le Pen qui vient donc d'arriver au tribunal.

J'entendais d'ailleurs à l'instant, mais je vais vous réinterroger évidemment sur le budget, mais j'entendais à l'instant que vous considérez que ce procès-là, cette question quand même d'un détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires européens, c'est tout sauf anodin.

15:52
Roland Lescure

C'est plus sérieux que des insinuations à 2 euros dont je fais l'objet de la part de M. Tanguier-Bardella. Oui, c'est du sérieux. Après, la justice fera son travail et on verra ce qu'elle décidera.

16:01
Présentateur

Roland Lescure, vous me parliez à l'instant de la loi pluriannuelle de l'énergie. Quelles conséquences et surtout, qu'est-ce que vous allez mettre comme jauge dedans de la part du nucléaire, du reste, et quelles conséquences sur le prix de l'électricité ?

16:15
Roland Lescure

Alors, l'objectif, il est que, non pas seulement dans les 10 mois qui viennent, mais dans les 30 ans qui viennent, on ait d'électricité décarbonée en volume et pas cher en France. Si on en a aujourd'hui, si on a de l'électricité moins chère qu'en Allemagne, en Italie ou ailleurs, c'est grâce à nos prédécesseurs d'il y a 50 ans. Moi, je souhaite que dans 30 ans, dans 40 ans, nos enfants puissent dire merci papa, merci maman, j'ai de l'électricité pas chère grâce à vous. Et donc, c'est des investissements majeurs dans le nucléaire, 6 nouveaux réacteurs nucléaires.

C'est des investissements majeurs dans ce qu'on appelle l'éolien offshore, l'éolien marin, avec derrière des filières industrielles qui produisent. Donc, il faut équilibrer tout ça, du nucléaire, de l'éolien marin, du terrestre également, solaire et éolien, sans doute moins qu'initialement prévu.

16:54
Présentateur

Moins qu'initialement prévu. Oui, parce qu'on électrifie moins. On est quand même un peu moins dans cette logique-là, on est bien d'accord.

17:01
Roland Lescure

Mais pourquoi ? Parce qu'en fait,

17:02
Présentateur

finalement, on a beaucoup investi là-dessus et que ça marche moins bien. Non, parce qu'on consomme

17:05
Roland Lescure

moins d'électricité qu'on avait prévu, c'est vrai. On a des voitures électriques vendues en France, quand même un peu moins prévu. On électrifie nos logements qui permettent de moins polluer, mais moins que prévu. Et donc, on va annoncer aussi avec le Premier ministre un grand plan d'électrification pour qu'à la fois on puisse investir dans l'offre, comme on dit, mais aussi investir dans l'argent.

17:24
Présentateur

Vous allez le faire quand, ça ?

17:26
Roland Lescure

C'est vraiment une question de jours pour la programmation plurale de l'énergie et de semaines pour le plan d'électrification. On veut consulter tout le monde.

17:32
Présentateur

Donc, on va encore faire des choses quand même dans les mois qui viennent ?

17:35
Roland Lescure

Mais bien sûr, le monde n'attend pas. On l'a vu, le monde, il est aujourd'hui à la fois extrêmement risqué, bouleversé, il va à 100 à l'heure. Moi, je souhaite que la France, elle aussi, les mois qui viennent

17:44
Présentateur

ne vont pas être inutiles sur le plan politique ?

17:46
Roland Lescure

Non, j'espère que non. En tout cas, on va tout faire pour travailler mais surtout produire des résultats.

17:50
Présentateur

Merci Roland Liscure d'avoir répondu à mes questions ce matin sur RMC et BFM TV. Vous êtes le ministre de l'économie. Je reprécise d'ailleurs que vous avez bien dit que cette perspective de demander aux Français de payer double leur ticket de métro ou de bus, c'est non. Il est 8h47 sur RMC et BFM TV.