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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 26 avril 2021 24 min

Laurent Nuñez : "Il faut trouver un équilibre entre protection des concitoyens et libertés individuelles"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin, dans le grand entretien, le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, également conseiller renseignement du Président de la République. Questions et réactions au 01 45 24 7000, le standard vous attend. Passez sinon par les réseaux sociaux et l'application de France Inter. Laurent Nunez, bonjour. Bonjour. Et venons-en évidemment à l'attaque du commissariat de Rambouillet vendredi dernier.

Avec elle, on se retrouve une fois encore avec un assaillant inconnu des services de renseignement, d'un profil comparable à celui de l'attentat de la rue Nicolas Appert devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, d'un profil comparable encore à celui de l'homme qui a assassiné Samuel Paty. Depuis octobre 2019 et l'attaque de la préfecture de police de Paris par Michael Harpon, il y a eu huit attentats commis par des individus sous les radars qui passent à l'acte brutalement, sans qu'aucun signe n'ait permis de l'anticiper. Dites-nous pour commencer si c'est ça aujourd'hui le profil type du terrorisme et du terroriste en France, si c'est ça la grande menace.

1:08
Laurent Nuñez

Oui Nicolas Demorand, vous avez raison.

Sur les huit dernières attaques, le profil d'auteur d'attentats que vous avez décrit est exactement celui-là, c'est-à-dire des individus qui sont plutôt isolés, inconnus des services de renseignement, donc totalement inconnus, qui se sont radicalisés en général très peu de temps avant de passer à l'acte, qui en général ont donné très peu de cette radicalisation à voir, qui n'ont pas de contact avec d'autres individus, parce que des acteurs, des auteurs qui étaient présents sur le territoire français, nous en avons eu aussi en 2015, en 2016, en 2017, mais qui pouvaient être en contact avec des individus en Syrie et en Irak, qui les incitaient à passer à l'action, et ces relations-là les rendaient en quelque sorte détectables.

Donc voilà, c'est le profil type, et j'y ajoute, pour compléter votre description, souvent des failles d'ordre psychologique, voire d'ordre psychiatrique, dont sont atteints ces auteurs d'attaques.

2:01
Invité

On va en parler, parce que ça fera partie aussi du... C'est un point important de ce qui s'est passé et du prochain projet de loi. Mais vous dites qu'il n'était pas connu des services de renseignement, cet homme, qu'il était hors des radars, et pourtant l'enquête souligne l'évolution de ses publications sur les réseaux sociaux. Jusqu'en avril 2020, il y défend la communauté musulmane et la lutte contre l'islamophobie. Mais depuis un an à peu près, il ne publiait plus que des versets coraniques et des prières. Après l'assassinat de Samuel Paty, il change aussi sa photo de profil pour s'inscrire dans un mouvement de défense du prophète Mahomet.

Là, dans ses écrits, il n'y a rien qui vous a alerté ?

2:34
Laurent Nuñez

Alors d'abord, je vais vous dire une chose. Si nous en arrivons à ce type de profil comme auteur d'assaillant, c'est parce que tous les individus connus, tous les groupes constitués qui veulent passer à l'action sont maintenant détectés par les services de renseignement et sont suivis. Et depuis 2017, on a fait des efforts énormes en matière de législation. On en reparlera quand on parlera de la loi Reims et la loi antiterroriste, qui va être prorogée dans les semaines qui viennent.

Mais grâce à ce dispositif juridique, grâce au renforcement des moyens humains, grâce à une meilleure coordination entre les services de renseignement qui a été voulue par le président de la République, ce sont quand même 36 attentats déjoués depuis 2017. Et surtout, surtout, un bien meilleur suivi d'individus qui sont connus des services, des cellules qui se constituent.

3:18
Invité

Il y a combien de cellules aujourd'hui ? Il y a combien de cellules que vous avez suivies ?

3:21
Laurent Nuñez

Chaque fois que des cellules sont détectées, elles sont suivies, démantelées, judiciarisées. Quand je dis, quand on parle de 36 attentats déjoués, ça veut dire des individus qui se préparaient à passer à l'action. Mais bien en amont de cela, grâce au travail des services de renseignement, il y a énormément d'individus qui sont détectés, qui sont entravés et qui sont judiciarisés ou qui continuent à être suivis pour essayer de détecter s'ils ont d'éventuelles complicités. Donc il y a un travail énorme qui a été fait. On ne peut pas dire, comme on l'a entendu dire, que c'est le chaos, que rien n'est fait. C'est totalement faux.

Depuis 2017, il y a eu une action, et la lutte antiterroriste est une priorité, il y a eu une action résolue et déterminée qui est menée. Maintenant, quant à l'auteur de Rambouillet, encore une fois, de ce que nous savons, l'enquête dira si les signes de radicalisation étaient plus importants que ceux que vous avez rappelés. Effectivement, c'est ce que disait le procureur hier. Une radicalisation peu contestable, a-t-il dit. Un basculement dans la radicalisation qui semblait visible sur le net. Mais, M. Lemorand, quand le procureur de la République dit une radicalisation qui semble peu contestable, c'est dans le passage à l'acte.

Il fait référence, et il l'a dit, à la consultation d'une vidéo juste avant le passage à l'acte. Il ne qualifie pas ce qu'a pu publier cet auteur sur les réseaux sociaux dans les semaines ou dans les mois précédents. Il n'y a pas de faille, donc. Il n'y a pas de dysfonctionnement des services. Ce n'est pas une question de faille. Je vous demande les postes qui ont été postés. Était-il en soi porteur de menaces ? Je ne pense pas. Je ne pense pas. Sinon, cet individu aurait été détecté, suivi et autres. Et quand le procureur parle de radicalisation, c'est dans les minutes qui ont suivi le passage à l'acte où il indique qu'il a consulté notamment un anachide.

Mais l'enquête infirmera peut-être ce que je vous dis. Il faut rester évidemment prudent. Il y a une enquête en cours.

5:04
Présentateur

Sur les écrits publics sur les réseaux sociaux, à quel moment les services de renseignement estiment-ils que ça se met à clignoter, qu'on a quelqu'un qui est en train d'évoluer idéologiquement et peut-être personnellement, en tout cas basculer dans autre chose ? Est-ce que vous lisez tout ? Est-ce que vous avez des outils techniques ? Est-ce qu'il y a des algorithmes qui permettent de repérer une évolution comme celle dont on parle ce matin ? Expliquez-nous comment ça se passe.

5:30
Laurent Nuñez

Sur le suivi des réseaux sociaux, qui sont des réseaux sociaux qui peuvent être publics, évidemment, les services de renseignement travaillent sur ces réseaux. Et donc, bien évidemment, nous avons aussi également une plateforme judiciaire, la plateforme Pharos, qui permet à n'importe quel individu, c'est pour ça que j'en appelle aussi à la vigilance de chacun, sur des contenus porteurs de menaces, il faut évidemment saisir la plateforme Pharos.

Les services de renseignement sont aussi attentifs aux contenus menaçants éventuels qui pourraient être publiés sur les réseaux sociaux et aux contenus porteurs de menaces qui sont judiciarisés ou examinés en renseignement à la Direction Générale de la Sécurité Intérieure pour essayer d'identifier évidemment l'auteur de ces posts, de ces tweets et autres et être en capacité évidemment de vérifier s'il y a réellement une menace derrière cet individu ou pas.

6:16
Invité

Mais dans le cadre de cet homme-là, à aucun moment il n'y a quelque chose qui clignote ou quelqu'un qui saisit Pharos ou dans les services de renseignement quelqu'un qui voit ses publications qui dit attention, rien du tout à ce moment-là sur cet homme-là ?

6:29
Laurent Nuñez

À ma connaissance à ce stade, non. Donc c'est vous dire, voilà, il faut... Je vous rappelle que dans le précédent de M. Samuel Paty, l'auteur avait publié un certain nombre de tweets qui avaient entraîné la plateforme saisine de la plateforme Pharos et qui n'avaient pas été jugés comme étant porteurs... Ces tweets n'avaient pas été jugés comme étant porteurs de menaces.

6:48
Invité

C'était une erreur.

6:49
Laurent Nuñez

Donc là, nous parlions des réseaux sociaux. Nous parlions des réseaux sociaux. On dira un mot évidemment de la nouvelle technique de renseignement qui est l'algorithme et qui est évidemment porteuse d'avenir face à ce profil de la vie. Dites-le maintenant,

6:58
Invité

puisque ça c'est un des angles forts du projet de loi qui va être présenté mercredi par Gérald Darmenin. Une nouvelle loi donc pour lutter contre le terrorisme et sur le renseignement. Ça va être quoi le grand changement majeur sur ces algorithmes ? Qu'est-ce que ça va changer ?

7:10
Laurent Nuñez

Alors en 2015, il y a une loi qui a été votée qui encadre les techniques de renseignement, c'est-à-dire les outils que peuvent utiliser les services de renseignement. Je crois que pour vos auditeurs, le plus connu est évidemment ce qu'on appelle les écoutes, l'interception de sécurité. Et il y en a d'autres. Il y a d'autres techniques de renseignement, notamment la géolocalisation, l'accès aux falettes. Généralement, ces techniques sont mises en œuvre sur des individus connus, des individus qui sont connus des services.

L'algorithme, c'est une technique qui est actuellement expérimentée depuis 2017 et qui vise à travers des échanges sur Internet ou des communications téléphoniques ou des communications sur Internet et qui vise à partir des données de connexion et non pas à travers du contenu, à travers des données de connexion, à détecter des individus inconnus. Donc c'est tout l'intérêt de cette nouvelle technique qui est tout à fait adaptée à la menace telle que l'a décrivée Nicolas Demorand, donc d'individus inconnus.

Et ça permettra de les détecter à partir de leurs échanges sur Internet, leurs communications, non pas les contenus, mais les mises en relation avec les données de connexion téléphonique, Internet, et évidemment, les services de renseignement auront des hits. Par exemple, quand un individu entre en relation avec une zone sensible. Par exemple, quand un individu entre en relation avec un individu qui lui est connu des services. Donc on est légitime

8:27
Invité

à se demander

8:28
Laurent Nuñez

à aller vérifier le motif de cette mise en relation.

8:32
Invité

Vous dites vous-même, ça existe déjà. C'est expérimenté. Pourquoi le mettre dans la loi et est-ce qu'avec cette loi, par exemple, pour être très clair, est-ce qu'avec le passage de cette loi mercredi, un attentat ou cet homme qui a agi d'origine tunisienne qui a agi à Rambouillet, est-ce que vous auriez pu le détecter avec cette loi ? Est-ce que ça va changer consciemment quelque chose ?

8:50
Laurent Nuñez

D'abord, Léa Salamé, je voudrais rendre hommage au service de renseignement et notamment à la DGSI et à la DGSE qui travaillent d'arrache-pied sur ce dispositif technique qui n'est pas facile à mettre en œuvre. A la fois techniquement, à la fois juridiquement, à la fois en termes de liberté aussi. Vous savez qu'il faut qu'on trouve aussi un équilibre dans notre pays entre la protection de nos concitoyens et nos libertés individuelles. Je vous invite, je vous renvoie au débat qu'il y avait eu au Parlement au moment où cette expérimentation a été lancée. Il n'allait pas de soi que nous pouvions aller vers des techniques d'algorithme. Il n'allait pas de soi.

Je suppose d'ailleurs que le débat qui aura lieu dans les semaines qui viennent sera un débat animé. Donc il faut aussi être prudent et avancer prudemment sur ces techniques qui sont très compliquées à mettre en œuvre. Donc la technique, elle a été expérimentée. Elle a été expérimentée depuis 2017 et elle nous a permis de détecter des auteurs de menaces. Elle a été expérimentée au travers de trois algorithmes. Évidemment que le ministre de l'Intérieur est très attaché au développement de ces techniques. Il va proposer, un, sa pérennisation, deux, son extension en termes de données qui vont pouvoir être prises en compte. Dans des conditions, j'insiste, très sécurisées.

Il y a une autorisation du Premier ministre, une commission indépendante qui se prononce et les services de renseignement n'ont pas accès direct à ces données.

9:54
Invité

C'est ce que j'allais vous dire parce qu'il y a vraiment la question des libertés publiques qui sont là. C'est-à-dire, dans quelle mesure vous allez pouvoir, l'État va pouvoir surveiller les algorithmes de tout le monde.

10:02
Laurent Nuñez

Ils n'ont pas accès direct à ces données. Ils doivent définir des paramètres qui permettent d'y avoir accès et donc, et j'insiste, à votre question, dans l'affaire d'hier, moi je ne sais pas si l'algorithme, c'est trop tôt, dans l'affaire de vendredi, pardon, les investigations judiciaires permettront de le savoir. Mais dans l'affaire de M. Paty, vous savez que l'auteur a eu des contacts qui n'étaient pas des contacts opérationnels, on le sait maintenant, mais il a eu des contacts avec des individus qui étaient dans le nord-ouest syrien.

Un algorithme, demain, permettra de détecter non pas le contenu de cette communication, c'est très compliqué, nous avons des chaînes chiffrées, mais de pouvoir détecter qu'un individu en France a eu un contact avec un individu dans le nord-ouest syrien. Et peut-être qu'au vu des paramètres que nous rentrerons dans cet algorithme, il y aura un hit positif qui permettra aux services de renseignement de se dire là il faut qu'on allait voir ce qui se passe et donc on rentrera sur des techniques plus intrusives après autorisation et donc évidemment que c'est un outil d'avenir et qui est complètement adapté à la menace que nous avons définie en début de cette interview.

11:01
Présentateur

Beaucoup d'auditeurs au Standard Inter ce matin, la parole à Benjamin de Saint-Ouen, bonjour, bienvenue.

11:07
Invité

Bonjour Nicolas Demorand, Bonjour Léa Salamé. Monsieur Munez, est-ce que vous pourriez arrêter de parler de gens qui ont des problèmes psychiatriques ou psychiques ? C'est insultant pour les 4 à 5% de Français qui sont dans le cadre qui sont atteints de maladies psychiques, des schizophrènes, qui sont des gens très doux. Mon ami d'enfance a des troubles psychiques, il est doux, il ne t'y aura jamais personne. C'est insultant. Les terroristes sont des gens qui ont déclaré la guerre à la France, ils se défoncent comme les nazis le faisaient, comme les gens de Daesh le faisaient au Capiton.

Ce ne sont pas des gens malades mentaux, ce sont des gens qui ont déclaré la guerre à la France pour ce qu'elle est.

11:44
Présentateur

Et en toute conscience, à vous entendre, si je prolonge votre question, merci Benjamin, qu'en est-il alors de cet aspect-là ? Que critique notre auditeur en disant que c'est une opération tout à fait consciente que de passer à l'acte. Le terroriste de Rambouillet avait sollicité une consultation psychiatrique en février dernier. Son état n'avait pas nécessité hospitalisation ou traitement. On sait qu'un tiers des personnes qui passent à l'acte ont des troubles psychiatriques. Je dis bien qui passent à l'acte ont des troubles psychiatriques. Comment vous gérez cet aspect-là de la question, Laurent Nunez ?

12:21
Laurent Nuñez

D'abord, troubles psychiatriques ou psychologiques. Évidemment, dans nos propos, il n'est absolument pas question d'insulter les personnes qui souffrent de maladies ou de tels troubles. Ce n'est pas du tout le propos. Mais nous serions bien naïfs d'imaginer que ceux qui nous déclarent la guerre, votre auditeur a raison, évidemment que l'État islamique à Al-Qaida nous déclare la guerre, personne ne le conteste. Mais évidemment qu'un certain nombre d'individus qui peuvent être fragiles, qui peuvent avoir des troubles psychologiques à un moment de leur vie, sont sans doute peut-être plus influençables et plus perméables à ce genre de thèse.

Et nous serions bien irresponsables de ne pas nous attaquer à ce problème. Nous n'insultons personne, nous travaillons pour arriver à des résultats qui est de prévenir des attentats. Nous travaillons avec le monde de la psychiatrie en bonne intelligence, et qui est la nôtre, c'est qu'on pourrait avoir un meilleur partage d'informations. On a la faiblesse de penser que quand un individu qui manifestement est sous l'emprise de la radicalisation religieuse et qu'il consulte un psychiatre et fait état par ailleurs de troubles psychiatriques, on a la faiblesse de penser que ces informations, il serait utile peut-être que les services de renseignement puissent en bénéficier. Donc c'est un appel

13:23
Invité

que vous faites au psychiatre ?

13:25
Laurent Nuñez

Non, ce n'est pas un appel qu'on fait au psychiatre. Le monde de la psychiatrie sait très bien que nous travaillons sur ces sujets avec le ministre de l'Intérieur, avec le ministre de la Santé. Voilà, nous continuons à travailler, il faut qu'il y ait un meilleur partage d'informations. Il y a déjà une disposition législative en ce sens dans la loi dans la loi renseignement et lutte anti-terreau qui sera discutée dans les semaines qui viennent et nous irons plus loin. Mais nous n'insultons personne mais nous ne sommes pas naïfs non plus. Les profils des auteurs des huit dernières attaques, certains de ces profils interpellent et il faut le prendre en compte.

13:53
Invité

Laurent Nunez, est-ce que le confinement a un impact depuis un an sur le passage à l'acte ?

13:58
Laurent Nuñez

Je serais prudent. D'abord, le confinement n'a pas l'impact sur les actes puisqu'on a vu que les attentats ont continué et que la menace est toujours là. On peut penser que le confinement crée aussi non pas des troubles psychiatriques ce n'est pas le mot mais peut-être parfois pour certains individus une détresse psychologique qui peut les rendre peut-être plus perméables à certaines thèses de la propagande de l'État islamique, d'Al-Qaïda ou de la propagande de l'islam politique.

14:24
Présentateur

Oui, on peut aller au standard. Sinon, on ne va pas l'arrêter parce qu'il y a un certain nombre de questions qui vont dans le même sens que celles de Pierre. Bonjour. Oui. On vous écoute, Pierre. Allez-y.

14:35
Auditeur

Oui, bonjour. Excusez-moi. Je vous en prie. Merci de me prendre ma question. Je voulais juste demander à M. Louniaz comment il peut expliquer qu'une personne peut rester sur le sol français en situation irrégulière pendant dix ans.

14:49
Invité

Alors, c'est ce que dit Marine Le Pen C'est ce qu'a réagi Marine Le Pen en ce sens. Quelques minutes après l'attentat, elle a tweeté cette question-là. comment un homme qui est resté dix ans clandestin sur notre territoire a-t-il pu être régularisé ? Il aurait dû être expulsé ? C'est ce qu'elle vous dit. C'est un peu la même question que Pierre.

15:08
Laurent Nuñez

Oui, elle le dit pour tous les étrangers en situation régulière et elle fait un lien évidemment avec le terrorisme que je ne peux pas partager. Votre auditeur souligne que cet individu aurait dû être expulsé. C'est un peu la politique d'abord, il est rentré en 2009 je rappelle, les dates ont quand même un sens et c'est un peu la politique que met en oeuvre le gouvernement d'expulser les individus qui sont en situation irrégulière au travers de procédures qui respectent évidemment des procédures juridiques et j'insiste mais le ministre de l'Intérieur le dit systématiquement et il a raison. Il le redisait hier dans une interview au journal du dimanche.

Évidemment que les individus radicalisés en situation irrégulière sont expulsés en priorité. Le ministre de l'Intérieur a donné le chiffre 575 dont 300 pour la dernière année et puis évidemment que même des étrangers en situation régulière qui seraient porteurs de menaces graves pour l'ordre public sont également expulsés. Il y a un arrêté ministériel d'expulsion qui est pris pour menaces graves à l'ordre public et nous en avons des dizaines qui ont été pris ces dernières semaines. Donc nous ne restons pas inactifs sur ce sujet contrairement à ce que dit Mme Le Pen.

16:07
Invité

Mme Le Pen mais aussi la droite Valérie Pécresse vous dit il faut cesser de nier le lien entre terrorisme et immigration. Est-ce que vous le faites vous ce lien ?

16:14
Laurent Nuñez

Écoutez, je ne fais pas ce lien. Les services de renseignement travaillent sur des individus qui sont porteurs de menaces quelle que soit leur nationalité les individus qui veulent passer à l'action. Je veux simplement rappeler que depuis 2015 les 4-5ème des auteurs d'attentats terroristes sur le territoire national sont des ressortissants français. Donc au bout d'un moment il faut je pense arrêter de raconter des bêtises. Les services de renseignement travaillent sur des porteurs de menaces.

16:40
Invité

Vous ne faites pas le lien vous ne faites pas le lien Laurent Nunez entre immigration et terrorisme Emmanuel Macron l'a fait en novembre dernier pour la première fois il l'a dit il faut regarder lucidement les liens qui existent entre immigration et terrorisme lui le dit vous ne faites pas le lien Gabriel Attal hier à notre micro ne faisait pas le lien aussi en disant je refuse de faire le lien entre immigration et terrorisme Emmanuel Macron l'a dit.

17:01
Laurent Nuñez

ce que je vous dis c'est que moi je vous parle du point de vue des services de renseignement nous travaillons sur les individus qui sont porteurs de menaces Madame Pécresse elle fait un lien entre immigration et terrorisme j'aurais aimé j'aurais aimé je vous dis franchement les choses telles que je les pense qu'avant 2012 des individus qui étaient des individus condamnés pour des faits de terrorisme qui étaient dans les prisons françaises qu'il s'agissait de membres du GIA algérien de membres de Forsan Alissane des mouvements terroristes lourds ces individus n'ont pas été suivis en détention comme nous nous le faisons avec la création d'un service national de renseignement pénitentiaire ils sont suivis les sortants de prison condamnés pour faits de terrorisme sont suivis

17:37
Invité

si je traduis ce que vous dites c'est à dire sous Nicolas Sarkozy il n'était pas assez bien suivi et donc la droite a beau jouer de vous critiquer si je traduis

17:44
Laurent Nuñez

et une grande partie d'entre eux sont partis ensuite en Syrie et en Irak donc je pense que sur ces sujets là il faut un peu de concorde nationale ce sont des sujets graves et là où certains parlent nous nous sommes dans l'action et dans la prévention du terrorisme et je le redis ce sont 36 attentats déjoués depuis 2017

17:59
Présentateur

Laurent Nunez Xavier Bertrand demande lui des peines de 50 ans de prison pour ceux qui sont condamnés pour terrorisme quand on fait une guerre il faut se donner les moyens de réussir la perpétuité n'est que très rarement respectée quand un homme de 20 ans commet un acte terroriste je ne suis pas certain qu'à 50 tout ce fanatisme islamique soit sorti de sa tête qu'en pensez-vous que lui répondez-vous ?

18:22
Laurent Nuñez

D'abord je lui réponds qu'on est dans un état de droit on applique des peines que la politique pénale notamment du parquet antiterroriste elle est très sévère elle est très stricte vous savez que nous sommes un des rares pays où quand on se rend sur zone nous sommes en association de malfaiteurs terroristes il y a d'autres pays qui n'ont pas cette analyse ils vont demander que les personnes en Syrie, en Irak aient vraiment participé à des exactions nous ce n'est pas le cas donc notre politique pénale elle est répressive et il y a eu un tournant fort à partir des attentats de 2015 qui a fait que le procureur Molins a considéré que tout le monde devait être incriminé y compris les épouses de djihadistes présents sur zone

18:56
Invité

une peine de 50 ans de prison ça vous semble quoi ?

18:59
Laurent Nuñez

vous savez les condamnations les condamnations actuelles des personnes qui se sont rendues sur zone et quand on détermine parce que monsieur Bertrand il parle il n'est pas en gestion moi j'ai la chance d'avoir été des GSI j'ai été secrétaire d'état je suis maintenant coordonnateur du renseignement on travaille sur les individus sur zone grâce à une collaboration nous avons des grâce à l'action de nos services nous avons des preuves judiciaires qui permettent de confondre les auteurs et nous avons des condamnations qui peuvent aller jusqu'à 20-30 ans de prison pour ces individus qui sont des peines extrêmement lourdes et je veux saluer d'ailleurs le travail des enquêteurs judiciaires de la sous-direction antiterroriste ou de la DGSI qui se rendent dans chaque procès pour porter les procédures porter les dossiers et faire en sorte qu'on obtienne des peines beaucoup plus graves

19:39
Présentateur

colère et inquiétude dans l'application France Inter sur les libertés individuelles fliquer tout le monde dit Benoît pour tenter d'intercepter quelques malades mentaux les libertés individuelles vont à nouveau être reniées pour tout le monde et détournées au profit pour lutter contre quelques-uns Etienne vous demande qui vérifiera les algorithmes avoir ce genre de technique laisse penser que tout le monde est suspect sur ces deux questions-là Laurent Nunez

20:07
Laurent Nuñez

c'est évidemment le débat que pose votre auditeur c'est l'équilibre qu'il faut toujours avoir entre la protection

20:13
Présentateur

il y a de l'inquiétude

20:14
Laurent Nuñez

de nos concitoyens et les libertés individuelles et c'est pour ça que le dispositif on l'expérimente d'abord c'est pour cela qu'il est réservé à la lutte antiterroriste c'est pour cela que les paramètres de détection sont définis à l'avance sont définis à l'avance j'insiste et autorisés par le Premier ministre après la vie d'une commission indépendante c'est pour cela que la détection est anonyme ce n'est qu'au cas où il y ait un contact suspect qu'il y aura levé de l'anonymat après une nouvelle autorisation donnée par le Premier ministre et c'est pour cela que l'accès aux données il ne sera pas directement effectué par les services de renseignement mais au travers d'un service du Premier ministre qui est celui qui exploite actuellement toutes les techniques de renseignement et qui offre beaucoup de garanties de dépendance donc les préoccupations de votre auditeur elles sont prises en compte

20:58
Invité

Encore deux questions D'abord cette tribune publiée par Valeurs Actuelles ce week-end signée par une vingtaine de généraux à la retraite et une centaine de haut-gradés qui dénoncent un délitement de la France ils évoquent l'intervention de leurs camarades d'actifs pour mettre fin au laxisme et sauvegarder la nation Marine Le Pen les soutient la gauche dit sa stupéfaction et dénonce un appel factieux est-ce que vous condamnez cette démarche ?

21:19
Laurent Nuñez

Je n'ai pas à me prononcer sur cette tribune je ne sais pas ce que c'est moi le soutien à la nation font-ils référence à des troubles à l'ordre public je ne sais pas en tout cas quand il y a des troubles à l'ordre public dans notre pays ce sont les policiers et les gendarmes qui les prennent en compte moi je n'ai pas je n'ai rien d'autre à dire vous n'y voyez pas

21:38
Invité

un appel à un putsch militaire il n'y a rien qui vous inquiète dans cette tribune

21:40
Laurent Nuñez

on ne peut pas avoir d'appel à des putsch militaires dans notre pays donc ça n'est pas possible ça s'appelle l'atteinte à la forme républicaine de nos institutions donc c'est une infraction pénale moi je ne me prononce pas sur ce qui a été dit je redis simplement qu'en cas de trouble à l'ordre public ce sont les policiers et les gendarmes qui dans notre pays assurent l'ordre public

22:01
Présentateur

Deux questions rapides il nous reste une minute que faites-vous demande Loïc sur l'application contre les terroristes d'extrême droite

22:07
Laurent Nuñez

Il y a des terroristes d'extrême droite évidemment je crois que les services de renseignement travaillent sur toutes les menaces nous avons eu d'ailleurs à l'ultra gauche à la fin de l'année 2020 un groupe qui a été démantelé une première depuis l'affaire dite de Tarnac et puis l'ultra droite oui il y a eu 5 groupes qui ont été démantelés par les services de renseignement à l'ultra droite et qui voulaient passer à l'action violente en s'inscrivant dans des organisations clandestines confection d'explosifs et donc nous sommes évidemment très actifs également

22:37
Invité

D'un mot sur ce qui s'est passé avec la petite Mia cet enfant de 8 ans qui a été enlevé par des survivalistes est-ce que pour vous c'est une autre menace terroriste sérieuse ?

22:46
Laurent Nuñez

Oui clairement ça le devient il faut faire attention le complotisme c'est celui qui vous dit que le gouvernement veut attenter à la vie à la santé de ses populations et donc il est illégitime donc le complotisme a pris un essor important avec les réseaux sociaux et puis on voit maintenant et c'était le cas dans l'affaire de la petite Mia qu'il s'organise également c'est lui clandestine et finalement pour renverser ce gouvernement illégitime et qui veut attenter à la vie de sa population et donc avec des individus qui s'organisent en groupes constitués qui essaient de fabriquer de l'explosif évidemment que c'est une vraie menace elle est prise en compte et vous noterez que le fond le substrat idéologique entre le complotisme et l'ultra droite est quand même très proche

23:22
Présentateur

merci Laurent Nunez coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme conseiller renseignement du président de la république merci d'avoir été à notre micro ce matin merci d'avoir regardé cette vidéo !

23:33
Locuteur

merci d'avoir regardé cette vidéo !