"10M€", "un impact psychologique atroce" : quelles conséquences des pillages sur l'économie
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Chapitres
Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse partielle
On a une idée de l'ampleur économique ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Quel est l'état de la casse à Bordeaux ?
- 3:19OuverteRéponse directe
Bruno Tripon, qu'est-ce que vous réclamez ?
- 4:17OuverteRéponse directe
Vous réclamez une forme de mesure spéciale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Ce sont 16 400 sinistres qui ont aussi été déclarés aux assureurs pour un montant de 793 millions d'euros. »
- 0:49InvitéChiffre
« Ce montant qui ne représente qu'une part des dommages aux biens est déjà 4 fois supérieur à celui des émeutes de 2005. »
- 2:02PrésentateurChiffre
« On a à peu près une centaine de magasins qui ont été pillés ou dégradés. »
- 2:02PrésentateurChiffre
« C'est plusieurs dizaines de millions d'euros de dégâts. »
- 2:26PrésentateurFait
« 'est, outre l'argent qui est perdu définitivement, c'est l'état psychologique de, on va dire, des dizaines de milliers de commerçants et salariés que nous avons à Bordeaux. »
- 2:26PrésentateurChiffre
« Je rappelle 40 000 salariés dans le commerce bordelais. »
- 4:24InvitéChiffre
« les incendies ont mis à l'arrêt plus de 13 000 entreprises sur ce département, qui en compte 115 000 »
- 4:30InvitéChiffre
« qu'il y avait déjà une perte estimée à environ 300 millions d'euros pour la seule période de sinistre de l'été. »
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Le Grand Matin Sud Radio. Parlons cash.
Oui, on parle cash parce qu'effectivement, après ce qu'on a vécu cette semaine, on le sait, le bilan va être lourd.
Il
va être lourd pour les entreprises qui sont au cœur du désastre. Clément Barguin,
on
vous retrouve. Le Premier ministre Sébastien Lecornu l'a dit ce week-end, le bilan va être lourd partout dans le pays. Ces images de destruction, il y a des milliers d'entreprises qui ont tout perdu. On a une idée de l'ampleur économique ? Alors, on n'a pas encore les chiffres définitifs de ce sinistre. C'est trop tôt, mais on a un précédent qui permet de mesurer ce que ça peut représenter. En 2023, après la mort de Naël et 11 jours d'émeute, plus d'un millier de personnes avaient été blessées, dont 782 agents des forces de l'ordre. Ce sont 16 400 sinistres qui ont aussi été déclarés aux assureurs pour un montant de 793 millions d'euros.
Ce montant qui ne représente qu'une part des dommages aux biens est déjà 4 fois supérieur à celui des émeutes de 2005. Oui, on se dirige probablement vers un chiffre qui sera supérieur. Le gouvernement a réagi. Le ministre du Commerce, Serge Papin, a promis une mobilisation à Bercy aujourd'hui même. Une réunion aura lieu avec les représentants des banques, des assurances, pour déterminer les moyens de répondre. Concrètement, qu'est-ce que l'État peut faire pour ses commerçants et ses chefs d'entreprise ? Les outils existent. Chômage partiel immédiat, report de charges, prêts garantis par l'État.
Mais l'expérience des crises précédentes montre que le délai entre la promesse et le versement effectif est souvent le problème. Les trésoreries des PME ne tiennent pas 6 mois. La vraie question, c'est la vitesse de mobilisation. Et si les assureurs seront au rendez-vous dans les délais, c'est ce qu'on va creuser avec votre invité. Et on prend la direction du commerce de Bordeaux, si je puis dire. Bruno Tripon est avec nous. Il est président de la commission commerce à la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux-Gironde. Bonjour Bruno Tripon.
Bonjour à vous. Merci de me recevoir.
Je vous en prie, quel est l'état de la casse à Bordeaux ? Est-ce que vous pourriez nous faire un bilan ce matin
? La
ville a été pillée samedi. On a à peu près une centaine de magasins qui ont été pillés ou dégradés. C'est plusieurs dizaines de millions d'euros de dégâts. Mais surtout, je voudrais mettre en avant le vrai sujet.
C
'est, outre l'argent qui est perdu définitivement, c'est l'état psychologique de, on va dire, des dizaines de milliers de commerçants et salariés que nous avons à Bordeaux. Je rappelle 40 000 salariés dans le commerce bordelais. J'en ai eu plusieurs. Ils sont choqués. On est dans un état psychologique atroce.
Oui,
c'est intéressant ce que vous nous dites parce qu'au-delà de l'argent, évidemment, on sent l'abattement chez vous, Bruno Trepon, ce matin. Et l'abattement, j'imagine, pour ces centaines de commerçants. J'ai entendu dire que la rue Sainte-Catherine, aucun des commerces de la rue Sainte-Catherine n'avait été épargné, quasiment.
Tout
à fait. Rue Sainte-Catherine, cour de l'intendance, place de la victoire, les capucins, le ventre de Bordeaux a été touché aussi. Non,
non,
ça a été une scène de violence et de guerre énorme qu'on ne voit plus aujourd'hui puisque la mairie et la métropole ont été remarquables. Avec les services d'entretien, nous avons une ville qui a retrouvé son éclat.
Bruno Trepon, qu'est-ce que vous réclamez ? Est-ce que vous demandez que l'on revoie les autorisations de manifester en centre-ville ?
Non,
alors, oui, je demande à ce qu
'on
les revoie. Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire, mais aujourd'hui, l'hyper-centre-ville doit être sanctuarisé. Je pense que le droit de manifester est tout à fait légitime. Ça a toujours été le cas en France, il faut que ça le reste. Mais par contre, de le faire dans un lieu où il y a des commerçants, des salariés, des habitants, ce n'est pas possible. Je pense qu'il va falloir trouver des lieux plus adaptés, juste à côté du hyper-centre. Par exemple, vous avez les quais où je pense que les forces de l'ordre seraient en capacité non seulement de protéger les manifestants, mais surtout d'empêcher cette délinquance, et le mot est faible quand on
se
dit délinquance, de venir se mêler aux manifestants.
Oui. Bruno Tripon, on précise qu'évidemment, tout cela arrive après cet été terrible que vous avez connu, puisque les incendies ont mis à l'arrêt plus de 13 000 entreprises sur ce département, qui en compte 115 000, qu'il y avait déjà une perte estimée à environ 300 millions d'euros pour la seule période de sinistre de l'été. Donc, vous réclamez une forme de mesure spéciale. Quelque part, le président a donné la main au préfet hier soir, si on a bien compris son allocution. Ça veut dire que vous vous tournez ce matin vers le préfet de la Gironde, et vous lui demandez une suspension des manifestations dans la ville de Bordeaux, compte tenu de tout ce qui s'est passé ?
Un
déplacement plutôt que suspension, le mot peut être mal compris. Un déplacement. Le président Seguin de la Chambre de Commerce a rencontré la préfète et était effectivement avec le maire de Bordeaux pour constater, et nous avons demandé effectivement une réunion pour trouver des solutions. Aujourd'hui, on parle de nos commerces, mais certaines foules ont voulu pénétrer aussi dans des habitations à Bordeaux. On ne peut pas rester comme ça. Ça risque de devenir encore plus grave.
Merci infiniment Bruno Tripon, président de la Commission Commerce à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bordeaux-Gironde, de nous avoir partagé votre sentiment ce matin sur Sud Radio.