Anne Hidalgo : "Le pays a besoin d'une autre voie, qu'on apaise les choses"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Karine Bécart, le 6-9. L'invité du grand entretien ce matin est la maire de Paris. Elle vient de réunir ses plus fidèles soutiens, 200 élus socialistes. Autant dire qu'elle ne cache plus ou de plus en plus mal sa très probable candidature à l'élection présidentielle. Elle a d'ailleurs sérieusement accéléré sa pré-campagne. Cette pré-campagne qui doit lui permettre d'apparaître à gauche comme la seule candidate, comme la candidate naturelle. Pour cela, il lui faut parvenir à rassembler, à convaincre et à décoller dans les sondages.
En attendant, elle s'affiche de plus en plus souvent et de plus en plus clairement en opposition au président Macron qui lui a tout fait hier pour montrer que malgré la situation sanitaire, malgré le nouveau variant Delta, son principal objectif reste celui d'avancer, celui de réformer. Vos questions, vos témoignages, vos observations, comme chaque matin sur France Inter au 01 45 24 7000. Le standard vous est bien sûr ouvert. Bonjour Anne Hidalgo. Bonjour. Vous étiez hier à Villeurbanne. Vous êtes ce matin en duplex depuis Lyon. Merci d'avoir accepté notre invitation. Alors parlons pour commencer bien sûr de l'allocution hier soir d'Emmanuel Macron.
Est-ce que le président vous semble avoir pris les bonnes mesures, les bonnes mesures sanitaires pour freiner la propagation du variant Delta en France ?
D'abord, je pense que bien sûr, vu l'augmentation des contaminations, il est important de rappeler à tous nos concitoyens que la vaccination reste sans doute le meilleur moyen, sans aucun doute le meilleur moyen de se protéger et puis d'essayer de retrouver une vie normale. Je pense que c'est très important de le dire ici. Mais vous savez, moi, je préfère beaucoup l'incitation à la sanction. Je pense qu'il faut bien sûr encourager, pousser les personnels soignants à se faire vacciner. Mais je pense qu'il faut faire attention à ne pas les stigmatiser. On les a applaudis. Ce sont vraiment des héros.
Je pense aux personnels des EHPAD qui, d'ailleurs, sont très très mal payés, mais qui ont fait vraiment le boulot, qui ont été là pour s'occuper de nos personnes âgées. Et je pense qu'il ne faut pas opposer les Français les uns aux autres. Donc, l'incitation, l'incitation en mettant en place des mesures. Aujourd'hui, les doses existent. Aujourd'hui, on peut se faire vacciner. Vous savez, sur Paris, par exemple, pendant tout l'été, nous avons des jeunes avec des tablettes qui vont prendre des rendez-vous pour la vaccination. Je sais que c'est fait partout en France, par tous les maires que je rencontre, qui ont ce type de dispositif.
Mais je crois que, vraiment, l'incitation, l'accompagnement, vaut toujours mieux que la menace et la sanction. Mais là, on est beaucoup plus loin que l'incitation.
Vaccination obligatoire pour tous les types de personnel de santé. Passe sanitaire qui va, si on a bien compris, progressivement être exigée à peu près partout où on ira. Et les tests PCR qui vont très progressivement devenir payants. Est-ce que ce n'est pas une vaccination obligatoire pour tous un peu déguisée ?
Je pense. Bon, vous savez, moi, j'accompagnerai ces mesures. Je pense que le pays est dans une situation où il faut, évidemment, sortir de cette crise sanitaire le plus vite possible. Parce que la quatrième vague qui se profile, qui arrive sûrement beaucoup plus tôt que prévu, est très inquiétante. Mais vraiment, je pense que les Français ont fait beaucoup d'efforts. Il y a eu déjà, même sur les personnels soignants, beaucoup des personnels, évidemment, se sont fait vacciner. Il faut accompagner. Je crois qu'on a besoin aussi d'un discours et d'une pédagogie pour être plus efficace dans l'action.
Et je crains que si, encore une fois, on vient chercher un sujet ou de polémique ou de confrontation des Français entre eux, on perde de l'énergie et de l'efficacité. Mais bien sûr, j'accompagnerai ces décisions. Je pense aussi aux restaurateurs. Je pense à tous les professionnels, tous les acteurs culturels qui, là encore, vont devoir s'adapter. C'est très, très difficile pour tout le monde de s'adapter et de se projeter. On accompagnera.
Il faut sûrement que l'État soit aux côtés de tous ces professionnels, aux côtés aussi des communes, parce que les maires de toutes les villes sont quand même ceux qui mettent en œuvre, concrètement, réellement, toutes ces opérations, d'ailleurs avec leur propre personnel, souvent. Et je pense qu'il faut plus de coopération dans notre pays et peut-être moins de positionnement binaire qui ferait qu'il y a les bons, les mauvais. Voilà. On est dans une situation très compliquée.
Mais la vaccination, dès l'âge de 12 ans, il fallait aller jusque-là, même si l'Élysée, ce matin, dit qu'il y aura des accommodements, des assouplissements. C'est très fort quand même comme mesure. 12 ans, c'est jeune, non ?
Oui, c'est jeune. Et je pense que lorsqu'on annonce des choses de cette nature, il faut savoir comment on va s'y prendre. Vous savez, moi, je suis une responsable politique. Je suis maire d'une grande ville. Je vois bien, si on veut être efficace dans l'action que l'on porte, il faut toujours penser le comment on va faire. Comment ça va être reçu ? Comment ça va être compris par la population ? Et comment on va faire ? Et souvent, d'ailleurs, dans les annonces qui sont faites, il y a l'annonce et puis il n'y a pas vraiment le comment.
Et dans le comment, il faut faire travailler ensemble les Françaises et les Français, les professionnels de santé, les élus locaux, les associations de prévention, toutes les associations qui, par exemple, viennent au domicile des personnes isolées, il faut faire travailler ensemble et pas simplement décider et après se dire, puisque c'est décidé, ça va se faire. Souvent, c'est là que le bas blesse, le diable se niche dans les détails. Mais le détail est quand même important. Le détail, c'est la méthode. Et je pense qu'il faut mieux soigner cette méthode.
On va s'y employer, nous les maires, pour essayer de faire comprendre que le mieux, c'est de se vacciner et de pouvoir repartir sur une vie plus normale.
Alors, je voudrais vous faire réagir aussi, Anne Hidalgo, sur ce président réformateur. Pas question de lâcher pour Emmanuel Macron. Il veut montrer qu'il va continuer à avancer, même sur la réforme des retraites. Alors là, il fait un petit pas de côté ou un petit pas en arrière. Il préfère investir dans les industries du futur. On parle de 10 milliards. Il veut protéger nos aidés, soutenir les jeunes. On est toujours dans le quoi qu'il en coûte. Vous applaudissez, Anne Hidalgo.
D'abord, vous savez, le mot réforme, finalement, a perdu beaucoup de son sens. Moi, ce qui est envisagé sur les retraites, pour moi, ce n'est pas une réforme. La réforme, ça renvoie au progrès, au progrès partagé. En fait, c'est une régression, puisque ce qui est envisagé sur le front de cette retraite, et d'ailleurs que personne vraiment ne veut, c'est, au contraire, c'est allonger la durée du travail dans la vie. Ne pas tenir compte d'une réalité, et ça aussi, c'est très frappant, dans cette méthode qui nous est proposée, c'est de ne jamais partir des réalités. Aujourd'hui, beaucoup de personnes qui arrivent à l'âge de 60, 61, 62 ans, sont des personnes qui ne travaillent plus.
Soit elles n'ont plus de travail, soit elles sont dans des dispositifs qui font que la retraite, ce n'est pas un sujet pour elles. Donc, ne pas partir des réalités de notre pays est toujours quand même très compliqué. Puis souvent, ce sont aussi des personnes, d'abord, qui ont commencé à travailler tôt, qui sont fatiguées, qui ont fait des emplois pénibles. Je pense à eux. Je ne pense pas aux gens qui ont envie de prolonger leur vie professionnelle parce qu'ils sont en pleine forme, parce qu'ils ont des boulots super intéressants et que ça ne pose pas de problème pour eux. Je pense vraiment à tous ceux qui sont dans des métiers pénibles.
Moi, je pense à tous ces ouvriers, à toutes ces personnes. J'ai pris récemment l'exemple dans ma famille de mes oncles qui sont morts juste un an après être partis à la retraite parce qu'ils étaient usés par le travail. Je pense à toutes ces personnes-là. Et ce n'est pas juste. Ce qui est envisagé n'est pas juste du tout. Donc, il faut tenir compte aussi, vous savez, ça n'a pas été le cas pendant ce quinquennat, mais des partenaires sociaux. Il faut tenir compte de ce que disent les organisations syndicales unanimes, CFDT, CGT et toutes les autres organisations qui disent ce n'est pas cela qu'il faut faire pour notre pays.
Et par ailleurs, d'ailleurs le MEDEF l'avait aussi dit il y a quelques semaines, c'est sans doute une, entre guillemets, réforme qui va à nouveau provoquer quoi ? Du conflit social, qui va provoquer de l'incompréhension, qui va provoquer du mal-être, du chaos, alors que vraiment notre pays a besoin de se rassembler, notre besoin, un besoin vraiment de s'apaiser, de regarder l'avenir d'une façon beaucoup moins conflictuelle que ce qui nous est encore proposé ce matin. Écoutez, Anne Hidalgo,
on vous entend dans vos propos en filigrane, vous continuez à décrire Emmanuel Macron comme ce président des conflits, des tensions, de la régression, vous avez même dit tout à l'heure. Et vous, vous essayez d'apparaître comme une candidate qui pourrait ramener le calme, ramener la confiance. Comment fait-on, très sincèrement, dans le contexte qui est le nôtre aujourd'hui, pour apaiser le pays très concrètement encore ? On annonce quelles mesures, par exemple, et on prend quel type de décision ?
D'abord, il faut partir des réalités, il faut partir de ce que vivent les Français dans leur vie quotidienne. Il faut voir qu'aujourd'hui, il y a un décrochage très clair des classes moyennes, des catégories populaires, parce que... Des mesures, des mesures concrètes. Parce que le travail, parce que le travail, par exemple, ne rémunère pas assez. Je pense que notre pays a un problème, à la fois social et économique, qui est que le travail ne permet pas de vivre dignement. Je pense aussi, vous savez, qu'il faut partir des grands défis qui sont ceux qui s'ouvrent à nous. On parle beaucoup, bien sûr, de transition écologique. On sait qu'on n'a plus le temps d'attendre.
Et ce gouvernement a beaucoup attendu, n'a pas fait grand-chose. On a perdu le leadership à l'international sur les questions relatives au climat. Je pense que tout ce qui a trait à la transition écologique peut être un moteur extraordinaire extraordinaire pour réindustrialiser le pays. Mais vous trouvez que Paris, par exemple, remettre du travail... Mais vous trouvez
que Paris est une ville unie, est une ville calme, est une ville apaisée grâce à l'écologie ?
Je pense que c'est long, vous savez, c'est long. Et il n'y a pas de baguette magique et personne ne peut d'un claquement de doigts. Mais je trouve qu'on a perdu beaucoup trop de temps dans notre pays. On aurait pu, d'ailleurs, puisque l'accord de Paris date de 2015. Les choses sont sur la table. les scientifiques, Jean Jouzel et beaucoup d'autres, nous disent tous les jours qu'on est dans le rouge et qu'il faut vraiment passer à l'acte. Moi, ce que je proposerais et ce que nous sommes en train de proposer avec mon équipe de France des Mers, c'est justement de faire de la transition écologique, de faire aussi de ce qu'on appelle l'économie de la vie, c'est-à-dire de notre santé.
On a vu que nous étions très dépendants sur la fabrication de masques, très dépendants sur la fabrication de médicaments, de matériel médical, tout ça. Il faut le ré-internaliser, il faut le ré-installer dans toutes les régions de France. Et je crois qu'il faut partir de ça. Le moteur, finalement, d'un risque, faisons-en une chance. Le risque, c'est la crise écologique. Faisons-en une chance pour ré-industrialiser le pays, mais pas en partant simplement du haut, pas simplement avec un État qui dirait je veux ça à tel endroit, je veux telle activité dans tel autre ou rien du tout d'ailleurs parce qu'aujourd'hui, franchement, il est plutôt absent sur les questions industrielles.
En revanche, ce que j'observe, ce que je vois sur le terrain, c'est que nos présidents de région, je pense à Carole Delga, je pense à Alain Rousset, ce sont eux les vrais ministres de l'industrie aujourd'hui dans le pays. Donc il faut s'appuyer sur ces énergies incroyables. Ils sont capables, ce qu'ils font tous les jours, ce que nous, les élus, nous faisons tous les jours, même si ça n'est pas facile, c'est de mettre autour de la table tous les acteurs. Les acteurs, c'est qui ? C'est les syndicats, c'est les entreprises, c'est les artisans, les commerçants, ce sont les ONG, les associations. Mettre autour de la table et décider ensemble. Anne Hidalgo.
Et avancer et avancer de façon concrète parce qu'il ne s'agit pas simplement d'annoncer des milliards, des milliards et des milliards. On assiste à des annonces de milliards, on pourrait applaudir, c'est vrai. Mais finalement, où vont-ils tous ces milliards ?
Anne Hidalgo, je vous coupe parce qu'il y a beaucoup de questions au standard de France Inter et je voudrais qu'on accueille Patrick. Bonjour Patrick, soyez le bienvenu. Oui. On écoute votre question.
Bonjour Madame Hidalgo. Bonjour. Vous aviez précédemment déclaré que si au mois de septembre vous n'atteigniez pas 10% dans les sondages, vous renonceriez à votre candidature. J'aurais voulu savoir ce qu'il en était.
D'abord, je n'ai jamais déclaré cela. Anne Hidalgo, juste un instant. J'ajoute à la suite de la question de Patrick, Valentin qui dit également lors de la campagne des municipales, vous disiez, il nous l'écrit sur notre site internet, que c'était Paris qui vous intéressait et pas l'élection présidentielle. Est-ce que vous pouvez répondre à Patrick et à Valentin ? Bien sûr.
D'abord, je n'ai jamais parlé des sondages. Vous savez, si j'avais écouté les sondages, je ne serais sans doute pas élue à Paris. Donc, je n'ai pas fait ce type de déclaration mais souvent, voilà, on vous prête des mots que vous n'avez pas tenus. En revanche, c'est vrai, je le dis à Valentin, j'avais dit pendant l'élection municipale que mon horizon, c'était Paris. Et c'est vrai que Paris, c'est cette ville que j'aime, vraiment, qui est pour moi absolument essentielle. Pourquoi j'ai fait ses pas vers, non pas l'élection présidentielle, mais pourquoi j'ai essayé de prendre ma part pour rassembler ? Parce que je pense que le pays a besoin d'une autre voie.
Le pays a besoin que, d'abord, on apaise les choses, qu'on se mette d'accord, qu'on se dise et l'élection présidentielle est un moment essentiel. C'est un moment où les Françaises et les Français vont devoir choisir leur destin. Où veulent-ils aller ? Que veulent-ils faire ensemble ? Il y a, d'un côté, ce qu'on nous propose aujourd'hui, et on a vu que ça manquait beaucoup d'efficacité. Regardez quand même la situation dans laquelle le pays, il y a eu beaucoup de conflictualité. Je ne veux pas revenir sur la crise des Gilets jaunes, mais on n'a jamais vu une crise durer autant avec si peu d'écoute, si peu de discussion.
On n'a jamais vu un pays dans lequel on a tant dénigré tout ce qu'on appelle les corps intermédiaires, les syndicats, les élus locaux. On est venu nous chercher à la rescousse à certains moments.
Et donc, je me suis dit, et partant d'ailleurs des territoires, des villes, des communes, des départements, avec beaucoup d'élus qui sont aussi venus me voir en me disant « Tu es maire de Paris, tu as une voix qui porte, tu dois nous aider à proposer quelque chose qui soit différent et qui parte des réalités des Français, mais qui soit aussi suffisamment ambitieux pour régler et pour nous mettre sur les rails de cette transition écologique parce que nous le devons, nous nous le devons à nous-mêmes, mais nous le devons aussi à nos enfants. Vous savez, les décisions qu'on prend ou qu'on ne prend pas aujourd'hui, elles vont peser pour les générations nos enfants et leur vie d'adultes.
Donc c'est cette énergie-là et cette demande-là qui fait que je prends ma part aujourd'hui sans arrogance, avec humilité, au milieu de beaucoup de femmes et d'hommes qui sont des femmes et des hommes qui connaissent vraiment les réalités du pays et qui essayent d'apporter des solutions.
Mais Anne Hidalgo, pour rebondir sur la question de Patrick à laquelle vous n'avez pas souhaité répondre quand il vous parle d'au moins 10% dans les sondages, je vous pose la question différemment. Il faut combien de temps pour se donner une stature nationale pour se doter d'une stature présidentielle ? Ça fait des années qu'on vous connaît à Paris, vous commencez seulement à vous déplacer assez méthodiquement mais il y a moins de 6 mois dans toute la France, est-ce que ça suffit pour se lancer dans une campagne présidentielle ?
Vous savez, heureusement, que les responsables politiques, les femmes et les hommes qui choisissent de s'engager, s'engagent parce qu'ils ont des valeurs, des convictions, on ne fait pas des calculs arithmétiques, on ne fait pas des calculs pour savoir s'il vaut, si ça vaut le coup ou pas, on est, comment dire, porté par ces convictions et une envie de faire les choses positivement.
Quand je parlais tout à l'heure des classes moyennes, quand je parlais du travail qui ne rémunère pas suffisamment, quand je parle aussi souvent parce qu'on m'en parle, parce que je l'entends, des étudiants qui aujourd'hui n'y arrivent pas, vous savez, souvent, d'ailleurs des étudiants, des enfants de la classe moyenne, c'est terrible pour des parents de se dire on ne peut pas aider nos enfants à aller vers l'avenir qu'ils souhaiteraient, d'abord parce qu'on n'en a pas les moyens, que c'est très dur quand vous n'habitez pas dans une ville universitaire de devoir payer en plus le logement, etc.
Et on a vu que beaucoup de ces étudiants de classe moyenne travaillaient à côté de leurs études et on a vu ce que ça faisait quand ce travail-là s'arrête, on a vu cette immense précarité. Quand je vois cela, je pense qu'il faut apporter des solutions et des réponses. Vous parlez de stature, vous savez, quand on est maire de Paris, forcément, on intervient, et ça fait 7 ans que je suis maire de Paris, on intervient forcément dans le débat national et même international. Vous savez, je n'ai pas de sujet de stature, je suis aussi très engagée, reconnue d'ailleurs à l'international sur le combat écologique que je porte.
lorsque John Kerry vient à Paris, il vient me voir et nous travaillons ensemble parce que je suis très intéressée aussi par ce que fait l'administration Biden et le leadership qu'ils ont repris sur les questions climatiques et ce discours qu'ils ont aussi, et pas qu'un discours, des actes très concrets pour aider les classes moyennes. Donc vous savez, il faut avancer avec ce que l'on est.
pour avancer un discours très à gauche, mais Laurent, qui est au standard de France Inter, a une question très intéressante pour vous. Bonjour Laurent, on vous écoute.
Oui, bonjour. Vous voulez savoir si c'était vraiment de gauche quand on a un bilan qui fait qu'il n'y a pratiquement que des riches à Paris, les classes moyennes, on les a évacuées en banlieue et le prix de l'immobilier explose.
D'abord, ce n'est pas la réalité parisienne. Vous savez, aujourd'hui à Paris, c'est vrai que c'est un sujet qu'on véhicule souvent comme ça, à Paris aujourd'hui, 70% de la population est éligible au logement social. Ça veut dire quoi ? 70% de la population parisienne fait partie justement de ces classes moyennes et catégories populaires. Vous avez raison, le prix de l'immobilier est très très élevé et le marché de l'immobilier, qui est un marché privé, doit être régulé.
Et ce que nous avons fait d'ailleurs avec Yann Brossam, mon adjoint au logement, nous nous sommes battus, nous avons obtenu l'encadrement des loyers qui permet justement de maintenir, y compris ça a fait baisser un certain nombre de loyers dans la capitale et puis surtout, nous avons utilisé les outils dont on dispose, puisqu'il faut toujours partir aussi de ces compétences et notamment, nous avons construit beaucoup de logements sociaux. Vous savez, à Paris, nous sommes passés en 20 ans de 13% de logements sociaux à quasiment 23-24% aujourd'hui. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'à Paris, sur une population de 2,1 millions d'habitants, nous avons 600 000 Parisiens, plus de 600 000 Parisiens qui vivent à Paris, dans Paris, parce qu'il y a justement un accompagnement sur le logement et souvent d'ailleurs un accompagnement par le logement social. et puis nous avons aussi dans cette idée, parce que je suis d'accord avec vous, il faut absolument que partout en France et y compris bien sûr dans la capitale de la France, il y ait une grande mixité sociale. Cette mixité sociale, aujourd'hui, nous la portons avec une politique qui vise aussi à permettre l'accession à la propriété des classes moyennes, des jeunes actifs avec un outil que nous avons inventé.
Il y a d'autres villes comme Rennes qui le font aussi. C'est par exemple de permettre l'acquisition de logements. La ville, la communauté, le public porte le prix du foncier, c'est-à-dire du terrain et en fait, c'est de l'accession qui permet d'acheter les murs des logements, ce qui vous met grosso modo des logements à moitié prix. Il faut beaucoup travailler mais la réalité est assez différente de ce que vous décrivez. Et il y a un énorme autre problème
qui est en train de se poser à la ville de Paris, c'est la question de la drogue, la question du crack plus spécifiquement. Dans les jardins d'Eole, à cheval sur les 18e et 19e arrondissements, on a 200 toxicomanes qui menacent, qui agressent régulièrement les gens du quartier. Vous avez fermé ces jardins il y a une dizaine de jours, ce qui n'a absolument rien changé. Est-ce que vous avez trop tardé, Anne Hidalgo ? Est-ce que vous avez trop longtemps laissé cette situation s'installer et donc dégénérer ?
D'abord, vous savez, sur la question de la drogue, il y a un problème majeur qui concerne Paris mais qui concerne beaucoup de villes de France aujourd'hui qui est celle du trafic, de la répression de ce trafic qui relève, je vous le dis, non pas des maires mais bien sûr du ministre de l'Intérieur et sur lequel tous les maires appellent à la rescousse. Mais quelles solutions vous avez pour les voisins par exemple de ces jardins ? D'abord, permettez-moi de revenir là-dessus, d'abord je pense qu'il faut plus de policiers par tous que nous n'avons pas ? Ça c'est la première chose.
Deuxième chose, on a eu cette discussion, je regrette d'ailleurs que le préfet de police de Paris sorte souvent de son rôle qui est celui d'un haut fonctionnaire pour aller un peu trop sur le champ du débat politique. Ça c'est le ressort des ministres, pas des fonctionnaires. mais par exemple, je suis scandalisée de voir qu'on est prêt à, puisque c'est la proposition qui m'a été faite, à prendre là le jardin des Halles, dans trois mois un autre jardin pour en faire un vaste espace et de consommation et de deals de drogue ouvert, ouvert à tous les vents, que ça, ça ne poserait aucun problème. D'ailleurs, il m'est reproché de ne pas accepter cela. Ça, ça ne poserait aucun problème.
En revanche, lorsque je sollicite le gouvernement sur la prise en charge, parce qu'on ne s'en sortira pas uniquement avec des meutures de police, il faut de la prise en charge aussi sanitaire, psychologique, psychiatrique, des personnes toxicomanes qui sont dans une grande, grande, grande difficulté, qui sont dangereuses pour elles-mêmes, mais qui sont aussi dangereuses pour les autres. Là, on me répond que c'est tabou. Vous savez, on est à peu près le seul pays, je dirais, vraiment, civilisé, évolué, moderne, dans lequel on a un tel retard sur la question de la prise en charge des toxicomanes.
Donc, je le dis, si je ne suis pas d'accord, je n'accepterai jamais qu'un jardin dont la vocation, je n'ai pas fermé le jardin, je l'ai réouvert aux riverains et aux... Vous l'avez interdit
aux toxicomanes.
Mais pas interdit, ne dites pas des choses comme ça qui ne peuvent pas, qui ne sont pas la réalité. Personne ne peut interdire quoi que ce soit, simplement, il faut qu'on mette un terme à cet entretien. Simplement, il faut simplement un jardin public partout en France, à Paris comme ailleurs. C'est d'abord un endroit de repos, d'agrément pour les familles et leurs enfants et c'est ce que je porte et je demande, je le demande ici instantanément à votre micro, au ministre de l'Intérieur mais aussi au ministre de la Santé, d'accompagner les communes aussi dans, notamment, la prise en charge des toxicomanes.
Merci beaucoup Anne Hidalgo, je vous souhaite une excellente journée, merci également aux équipes techniques de Lyon qui ont permis d'assurer la liaison. France Inter Sous-titrage Société Radio-Canada
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Anne Hidalgo