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interviewPublic Sénat· 22 juin 2026 27 min

Retailleau, « C’est possible » ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bruno Retailleau, le président des LR et candidat a donc lancé sa campagne présidentielle samedi lors d'un grand meeting au parc floral à Vincennes. Bruno Retailleau qui s'est présenté lors de ce meeting en défenseur des classes moyennes il a défendu des mesures de radicalité il en a aussi profité pour fustiger LFI est-ce encore possible pour lui d'aller au bout on va en débattre avec nos éditorialistes bonjour Yves Tréard bonjour Auriane merci d'être avec nous directeur adjoint de la rédaction du Figaro bonjour Nathalie merci également d'être là vous étiez présente lors de ce meeting vous allez tout nous raconter journaliste politique pour les journaux régionaux du groupe Ebra et Pablo Pinovivien bonjour Pablo merci également d'être avec nous rédacteur en chef de la revue Regards avant de vous c'est qu'il doit d'abord créer une dynamique un défi devant quelques milliers de militants en pleine après midi caniculaire je suis venu du Morbihan en car parce que c'est le lancement de la campagne de monsieur Retailleau et c'est le candidat naturel de la France une une candidature validée par 73 % de militants LR en avril dernier pourtant l'option Retailleau peine à décoller les sondages le crédit de 8 % d 'intention de vote alors il se montre bien entouré avec un invité surprise, l 'écrivain franco-algérien Boilem Sansal et des cadres du parti au premier rang, Michel Barnier, Valérie Pécresse, François Baroin et le président du Sénat, Gérard Larcher. Tout naturellement parce que je soutiens Brudeau-Retailleau.

Une manière de faire oublier les absents Laurent Wauquiez ou Xavier Bertrand qui rêvent eux aussi d'un destin présidentiel et tous les membres du gouvernement exclu temporairement écoutez on ne les remarque pas il a eu un petit coup de moins bien avec la sortie du gouvernement et donc il faut qu'ils retrouvent cet élan c'est finalement aussi cet espoir qu'il incarne pour cela bruno retaillot a fait le choix d'un discours essentiellement programmatique sans note il assène quelques coups à la macronie après dix ans d'emmarche avant de charger la france insoumise cette nouvelle france c'est un nouvel antisémitisme qui s'abreuve aux sources de l'islamo gauchisme j'ai trouvé très efficace il a fait ce que les militants attendaient de lui je pense et maintenant à suivre je me devais d'être là je me devais d'être là pour lui parce qu'il a été là pour moi on le sait bien à la fin si on veut éviter la tenaille LFIRN il faudra qu'on soit tous rassemblés et qu'il n'y en ait qu'un mais aujourd'hui Bruno Retailleau a un message à porter et ce message il était fort, il était sincère, il était intéressant et il apporte à la France. Un message que Bruno Retailleau devra amplifier pour rester dans la course à droite. Est-ce que Bruno Retailleau a réussi son lancement de campagne ?

Ecoutez, c'est difficile à mesurer, mais il fallait qu'il rentre en campagne de toute manière. Alors il y avait la canicule, c'est le mois de juin, les esprits sont peut-être un peu dissipés ailleurs. Il fallait qu'il...

De toute manière, c'est une course contre la monde pour lui, parce que vous avez ce qu'on appelle le bloc central. Alors je sais bien qu'il ne se considère pas comme étant partie prenante du bloc central, mais enfin ils sont actuellement, ils sont trois au milieu à occuper le terrain. Il a quand même un retard certain par rapport notamment à Édouard Philippe.

Donc et on voit d'ailleurs qu'il tape beaucoup sur Gabriel Attal parce que ça va se joué à l'heure d'aujourd'hui entre Attal et lui, contre Edouard Philippe. Vous savez, c'est une course de fond à plusieurs étapes. Et donc là, on est, je dirais, dans les 16e ou 8e de finale, et puis après, il y a les quarts de finale, après, il y a les demi-finales et après, il y a la finale.

Il en est loin et il n'est pas sûr d'être en finale. Très loin de la finale. Donc il faut absolument que la chose se clarifie, à mon avant la fin de l'année, dans cet espace politique-là.

Sinon, je donne guère de chance à un candidat se revendiquant, je dirais, de de cette droite, du centre au deuxième tour de l'élection présidentielle. Nathalie, vous étiez à ce meeting samedi, vous l'avez couvert pour les journaux du Gompébras. Est-ce que vous avez le sentiment que c'était un meeting réussi ?

Et que vous ont dit les militants qui étaient présents sur place ? Alors c'était un meeting réussi sur la forme, parce que LR sait faire des meetings. C'est un parti de gouvernement, ils en ont fait tout le temps et il sait faire.

Sur la forme, c'était plutôt bien. Là où à mon avis, j'ai quand même une grosse réserve, c'est sur la performance entre guillemets de Bruno Retailleau qui a parlé pendant une heure sans note. De façon j'ai écrit dans les journaux professoral et érudite.

C'est-à-dire qu'il n'a pas laissé la place aux militants de dire on va gagner, de les laisser applaudir, etc. Donc, on sent que ce n'est pas un tribun comme peut l'être. D'une manière polie de dire qu'il n'a pas soulevé les foules, c'est ce que vous voulez dire.

Non, je ne dirais pas ça. Il aurait pu les soulever parce que les militants étaient très enthousiastes, sauf qu'il ne leur a pas laissé l'espace de le faire. Les militants qui étaient là samedi au Parc floral, ils étaient extrêmement convaincus.

Ils étaient convaincus, ils ont envie de gagner. Ils sont convaincus par Bruno Retailleau. Ils ne sont pas convaincus qu'il ira au bout.

Et c'est là où je rejoins Yves, ce meeting qui était quand même réussi parce que réunir 3000 personnes un samedi de juin c'est quand même pas mal. Je trouve qu'il faut qu'il convainque qu'il ira jusqu C'est quand même ça aujourd'hui. Et pour ça, il faut avoir une dynamique et avoir un espace politique.

Et pour l'instant, il n'y est pas. – Mais est-ce que les militants étaient autant convaincus en arrivant qu'en repartant – Oui, parce que quand on est militant, on est convaincu, quoi qu'il arrive. Évidemment, après, certains...

Il a quand même beaucoup épargné, peut-être qu'on en parlera, Édouard Philippe dans son discours, et vraiment, parce qu'il a beaucoup cogné Et LFI et Gabriel Attal, Édouard Philippe. Et on voit bien que sa marche de manœuvre, elle est vers ceux qui pour l'instant sont sur Édouard Philippe. Il y avait des présents, il y avait des ténors, des ALR.

Et il y a des absents. Et on va en parler. Il y avait Gérard Larcher, François Varrand, Michel Barnier, Valérie Pécresse.

On les a vus dans le sujet. Mais comme vous le dites, Nathalie, il y avait aussi des absents et non des moindres. Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez qui dirige le groupe à l'Assemblée, Jean-François Copé.

Pablo, comment on interprète ce choix et est-ce que c'est possible de rassembler le pays quand on n'arrive pas à rassembler son parti ? Effectivement, ce sont des prolégomènes importants que de pouvoir commencer par rassembler les plus proches de soi. À gauche, c'est aussi un problème pour les différents candidats et candidates à la présidentielle de ce côté-là, de l'échiquier politique.

J'aime beaucoup les litotes et les euphémismes de mes camarades pour expliquer que franchement, pour Bruno Retailleau, aujourd'hui, à ce stade, à la suite de ce meeting, ça ressemble plus à une candidature de témoignage que veut faire Bruno Retailleau parce qu'il est à la tête d'un parti qui se veut de de gouvernement, mais qu'aujourd'hui on ne voit pas très bien le chemin pour réussir à accéder à l'Elysée. Donc il fait une proposition qui n'est pas très bien ficelé, je veux dire quand on écoute son discours ça part un peu dans tous les sens il n'y a rien, il n'y a aucune proposition très forte, il n'y a aucune colonne vertébrale très identifiée si ce n'est que...

Il y en a payé pour vous ? Sur l'immigration, sur l'autorité Oui, alors il dit, je ne veux pas l'immigration géo. Exactement, c'est un discours à droite.

Donc pour un parti de droite, ça paraît quand même la base. Vous avez dit qu'il a épargné Édouard Philippe, il a aussi largement épargné le Rassemblement national. il n'a pas parlé de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen, de quelconque candidat de ce côté-là politique.

Moi ce que je pense c'est que Bruno Retailleau il attend, il se dit si Marine Le Pen est empêchée de se présenter à la présidentielle, si c'est Jordan Bardella qui est le candidat, et que Jordan Bardella, parce qu'il est trop jeune, parce qu'il n'arrive pas à faire une campagne, comme ça se dit dans les bruits de couloirs un peu partout, peut-être que je peux être l alternatives du côté de cette droite radicale-là. Donc, effectivement, il fait un discours où il parle, genre de l'immigration, on va en faire un référendum alors qu'aujourd'hui on n'a pas le droit constitutionnellement, l'état de Il faut redonner la parole au peuple. Il y a un référendum alors qu'on n'a pas le droit, constitutionnellement.

Il veut parler sur l'état de droit et dire que je ne suis pas contre l'état de droit, mais quand même, l'état de droit et la démocratie faut remettre ça en marche enfin formé de ça remettre la France à l'endroit remettre la France à l'endroit voilà bon ça ressemble vraiment un discours que le rassemblement national pourrait tenir donc moi je pense qu'il attend d'être l'alternative à voilà l'échec de pendant la campagne de jordan bardella est ce qu'il va réussir son pari moi je ne le pense pas parce que on peut pas réussir à devenir président de la république lorsqu'on n'a pas un projet qui est gens suivent il n'a pas la popularité aujourd'hui du rassemblement national et quand je dis popularité c'est le rapport au populaire, le LR c'est un parti de s'adresser aux classes moyennes non c'est un parti pas de classe moyenne c'est au dessus des classes moyenne et il n'arrive pas justement à parler de ses classes moyennes à ses classes populaires comme arrive à le faire le rassemblement national oui c'est super il peut s'adresser mais genre c'est pas un parti de classe moyenne enfin le parti des classes moyennes et des classes populaires aujourd'hui j'en sais pas ils vont plutôt du côté du rassemblement national lorsqu'ils sont de droite donc il n'arrivera pas à faire ça et je vois pas comment lr peut réussir à choper les voix du rassemblement national sur ce oui enfin bon la messe n'est pas dite on en est loin il peut très bien réussir c'est une course d'obstacles qui va durer longtemps si on regarde bien ses adversaires ils sont pas très très fort non plus quoi je veux dire ils sont mais juste sur le rn il yves est ce que le 7 juillet va changer les choses pour lui est-ce que c'est pas la même campagne pour Bruno Retailleau si c'est Marine Le Pen ou si c'est Jordan Bardella c'est pas la même campagne pour lui ? C'est une nouvelle campagne qui commence pour tout le monde c'est à dire que tout se fixe en fonction de ce qui va se passer le 7 juillet soit c Jordan Bardella et à ce moment là le discours évidemment notamment à droite va être probablement nécessairement ajusté et puis pour ramener les électeurs du RN c'est possible Oui je pense que si Jordan Bardella a pris un positionnement qui est un positionnement de droite ce qui n'est pas le cas de Marine Le Pen Marine Le Pen a fait jusqu'à présent un tout autre discours elle a un discours qui est ni de droite ni de gauche d'ailleurs elle le dit elle-même donc ça change beaucoup de choses pour tout le monde sauf éventuellement pour le discours du RN Oui non mais effectivement si c'est Marine Le Pen le discours est quand même assez étatiste oui effectivement beaucoup plus que si c'est Jean-Anne Bardella mais faut pas du tout enterrer contrairement j'écoutais pas moi je pense qu'il faut jamais enterrer un candidat jamais ce qui peut se passer n'importe quoi imaginez que l'été soit dominé je sais pas moi par un thème tel que la canicule que le gouvernement ne s'en sortent pas que les autres de candidats ne disent rien. Enfin, il peut se passer plein de choses qui changent la donne.

Et donc, je crois que c'est pour ça qu'aujourd'hui, il y a un empressement qui est très fort. On le voit, Edouard Philippe fait aussi un meeting au début du mois de juillet parce qu'ils veulent marquer, ils veulent cranter, comme on dit aujourd'hui, je déteste ce mot, mais ils veulent cranter avant les vacances et l'été parce que ça va se jouer à l automne, ça c'est clair. C'est très clair.

Mais le 16 juillet va être déterminant. Nathalie, avant de vous entendre, on va écouter Marion Maréchal qui était hier l'invité de BFM et qui appelle Bruno Retailleau à se rapprocher de son camp. Si j'écoute Bruno Retailleau et qu'il est sincère dans ce qu'il dit, ce que je crois, qu'est-ce qui aujourd'hui est irréconciliable entre lui et moi ou lui et le corps national au sens sage, objectivement rien.

A certains égards, parfois je me sens même plus proche de lui sur la ligne que d'autres au sein du camp national. C'est un peu le baiser de la mort pour Bruno Retailleau, ce genre de déclaration. Complètement, mais c'est pas C'est-à-dire qu'on voit bien que l'extrême-droite a totalement pris les voies des Républicains.

Aujourd'hui, les Républicains, ils ont fait, je vous Je vous rappelle moins de 5 % lors de la dernière présidentielle et depuis, les scrutins, et c'est ça qu'il faut regarder, depuis, ils ne se sont pas remis. C'est-à-dire qu'ils ont fait de mémoire 8 ou 9 % aux européennes. Donc, non, ils ont beau dire, on revient parce que, effectivement...

Voilà, c'est ça. Donc, objectivement, c'est ça le problème. Aujourd'hui, l'électorat de droite, il est allé traditionnel, il est allé lors de la la dernière présidentielle, majoritairement chez Éric Zemmour et au RN.

Donc tout l'enjeu aujourd'hui de Retailleau avec ce discours très fort où il a reparlé de la tronçonneuse, donc avec un discours très très libéral, et en même temps un discours très anti -assistanat. Ça aussi, c'était en direction du Rassemblement national. L'objectif, c'est de récupérer l'électorat perdu, Or, au Rassemblement national, ce qu'ils disent, c'est mort.

C'est-à-dire qu'à partir du moment où les électeurs sont allés chez le Rassemblement national, ce n'est pas au moment où le Rassemblement national apparaît comme le favori qui vont retourner vers un parti qui est objectivement moins en dynamique. C'est très compliqué. Et pour le moment, Bruno Retailleau et les cadres DLR maintiennent une digue avec l'ERN, à l'image de ce que disait Valérie Pécresse ce matin, invité d'RTL.

La droite républicaine, elle est aujourd'hui le rempart entre une gauche qui se mélenchonnise et le rassemblement national, l'extrême droite. La seule question, monsieur Soto, celle que vous me posez en filigrane, et je l'entends, c'est que bien sûr si on veut échapper à cette tenaille LFIRN, il faudra un seul candidat, il faudra se rassembler. Et oui, je le crois, il faudra se rassembler.

Est-ce que, Mathalie, les militants LR sont sur cette ligne de Valérie Pécresse ou est-ce qu'il y a des militants samedi qui disaient qu'il faut l'union des droites, il faut une candidature commune avec Jordan Bardella, Marine Le Pen, le camp de Marion Maréchal ? – Les deux. Alors majoritairement, ils étaient tous, enfin ceux que j'ai vus étaient sur bon bah s'il faut aller chez Edouard Philippe on ira voir Edouard Philippe mais certains sont pas loin du Rassemblement National je vous rappelle que l'ancien patron du DLR Eric Ciotti il a créé un parti qui s'appelle l'UDR, qui est aujourd'hui un formidable marche-pied pour le Rassemblement national.

Donc on voit bien que de plus en plus, notamment dans le Sud, il y a des élus LR qui rejoignent l'UDR. Et encore une fois, c'est une histoire de dynamique. C'est vrai que ce meeting était plutôt globalement réussi, même si ce n'était pas le meeting du siècle, mais il va falloir beaucoup plus qu'un meeting où vous réunissez 3000 personnes pour être en dynamique.

Parce Parce que je vous rappelle que Bruno Retailleau, il a depuis le 12 février, date de sa déclaration de candidature, émaillé plusieurs propositions. Je vous mets au défi d'en citer une, c'est-à-dire que ça n'imprime pas. Donc c'est une vraie difficulté et un certain nombre de personnes qui étaient au premier rang samedi le pense aussi.

Et Valérie Pécresse quand elle dit oui c'est bien je soutiens Bruno Retailleau mais au bout d'un moment il va falloir qu'un seul candidat, c'est l'exact contraire de ce qu'a dit Bruno Retailleau en disant samedi au Parc Loral je serai là jusqu'au bout. Est-ce que c'est possible pour reprendre le titre de ce débat et pour reprendre l'anaphore de Bruno Retailleau, est-ce que c'est vraiment possible pour lui d'aller jusqu'au bout Yves quand on a Valérie Pécresse, Gérard Larcher, pas des moindres chez les LR qui prônent une candidature unique à l'automne quand on a de l'autre côté une partie de ses troupes qui poussent vers un rapprochement avec le Rassemblement national ? C'est possible pour lui de maintenir sa candidature jusqu'au mois d'avril prochain ?

Non mais attendez, il va pas vous dire que j'ai...

Attendez, deux secondes, il va pas vous dire je vais me retirer au mois d'octobre. Non, jamais, ils vont tous vous dire qu'ils iront jusqu'au bout sauf que la réalité va faire que peut-être que ça sera un écrémage par les sondages on sait qu'il n'y aura pas de primaire mais évidemment qu'il y en a qui vont qui vont qui vont jeter les ponts et vous ça vous paraît possible pour bruno retailleau au vu des sondages au fait du poids des LR aujourd'hui, d'aller jusqu'au bout ? Pour le moment, il n'a pas la dynamique.

Une élection présidentielle, c'est une question de dynamique. Si vous avez une dynamique, eh bien, vous pouvez être en passe de gagné. La dynamique, on voit très bien que c'était celle du rassemblement national, notamment de Jordan Bardella, puisque dans la tête de beaucoup, Marine Le Pen est disqualifiée.

On voit qu'il y a une dynamique certaine du côté de Jean-Luc Mélenchon. Au centre, qui a la dynamique aujourd'hui. Edouard Philippe a un petit peu, un petit peu, mais il n'y a pas de dynamique chez...

Mais cette dynamique, elle peut arriver, elle peut. À partir du moment où la dynamique ne vient pas, vous jetez les éponges et vous pensez...

Est-ce que vous croyez que les Républicains vont avoir les moyens ? Parce que c'est une histoire de pognon aussi pour parler comme le président de la République. Parce qu'il faut faire 5 % pour être remboursés.

Ils ont quand même le souvenir qu'ils ont fait moins de 5 % la dernière fois. C C'est-à-dire qu'ils n'ont pas été remboursés. 'est-à-dire que là, maintenant, il va falloir faire des prêts et il va falloir arriver à les banques en disant « La fois dernière, on n'a pas été remboursés ».

Cette fois-là, on n'est pas sûrs mais quand même, prêtez-nous des... – Vous avez fait appel aux dons des militants aussi. – Exactement.

Mais moi, juste pour rebondir sur ce que disait Yves, je suis complètement d'accord. La présidentielle, c'est une affaire de dynamique. Et le problème, c'est qu'aujourd'hui, lorsqu'on regarde le peuple de droite, on voit que les dynamiques, elles ne sont pas du côté du candidat LR de Bruno Retailleau.

La question que vous avez posée, c'est...

Mais ils sont plutôt pour l'union des droites, donc avec Édouard Philippe ou avec le Rassemblement national Bon ben voilà, on a bien montré la partition qui existe à l'intérieur des militants LR, y compris du cœur LR. C'est-à-dire, c'est...

La question qui se pose déjà, c'est est-ce qu'on va plutôt aller du côté d'Édouard Philippe ou est-ce qu'on va plutôt aller du côté de Jordan Berdela ou Marine Le Pen ? Pas est-ce que Bruno Retailleau va réussir à rassembler, à mettre derrière lui Jordan Berdela ou à mettre derrière lui Édouard Philippe. Cette question, pour l'instant, personne ne se la pose.

Et c'est vrai que lorsqu'on regarde sociologique, bon, on regarde les études sociologiques sur les sympathisants LR, on voit qu'ils sont coupés en deux. Il y a la moitié qui dit « nous, on veut une alliance avec le Rassemblement national » et l'autre moitié qui dit « non, nous, on appartient plutôt au camp, on va dire libéral, du centre, etc. » Et cette dichotomie, la proposition de Rotaillot, moi je me souviens quand il se présentait pour être le patron de son parti, c'était d'essayer de transcender ça, c'est une une proposition, pour le coup en dynamique, et redonner une identité forte à son parti.

Pour l'instant, il n'a pas réussi. Pour l'instant, son parti n'a pas d'identité, si ce n'est, il y en a la moitié qui veulent aller plutôt vers la version Macron 3 .0, et l'autre moitié qui veut être le RN, genre un ersatz du RN.

Mais ça ne fait pas une élection présidentielle. Nathalie, il y a encore des gens chez LLR qui croient à une candidature de Bruno Rotaio qui ira jusqu'au bout ? Vous me posez la question.

Non. Si lui, sans doute, j'imagine qu'il est convaincu. Et je suis d'accord avec vous, il faut rien exclure.

Mais si on regarde les choses de façon très clinique et très objective aujourd'hui, ça va être quand même très, très difficile pour des raisons de dynamique, pour des raisons de récit. Parce qu'une présidentielle c'est une dynamique et un récit. C'est quoi le récit de Bruno Retailleau aujourd'hui ?

Moi après avoir suivi le meeting de samedi, j'ai encore du mal à le dire. Et puis après, c'est une histoire de moyens. Après, c'est une histoire de troupes aussi.

Et on voit qu'il y a quand même...

Pardon, mais les absents comptent beaucoup. Quand vous avez le patron des députés LR qui n'est pas là, quand vous avez quelqu'un comme Jean-François Copé qui est quand même quelqu'un qui compte et comme Xavier Bertrand qui est président de région et tous les deux, Copé et Bertrand de ce parti ils n'étaient pas là ils font savoir qu'ils ne sont pas d'accord avec la ligne, tout ça est quand même très compliqué pour avoir un discours construit qui crée une dynamique. Cela dit, il a trouvé un fil rouge samedi, il l'a répété, alors je sais pas ce que ça vaut, mais vis-à-vis d'une partie des Français de droite notamment, ça résonne, ça dit quelque chose.

C'est la France remettre la France à l'endroit. C'est-à-dire, il a énuméré la justice, la sécurité...

Ça marche plus. La justice, la santé, l'école, l'école, ça marche plus, c'est aussi une autre anaphore de son discours. La dépense publique, tout ça.

Bon, c'est un thème, la France à l'endroit. Remettre la France à l'endroit, ça peut être un conducteur. Et on va écouter juste...

C'est pas loin de celui du RN aussi, qui disent que rien ne fonctionne. C'est quand même très compliqué pour eux d'avoir une singularité. On va écouter un extrait de son discours et l'une de ses propositions suite à l'affaire Liana, elle concerne la castration chimique.

De voir des pédos criminels extrêmement dangereux qui, même après une peine d'emprisonnement, conservent toute leur dangerosité parce qu'ils sont soumis à des pulsions irrépressibles et qui peuvent récidivés. Je propose la castration chimique sans leur consentement. Signe d'un discours très à droite, Nathalie.

Est-ce qu'avec un discours comme ça, il peut rassembler derrière lui le bloc central ? Ou est-ce que là, il part trop à droite pour espérer rassembler ? Aujourd'hui, il part très à droite justement pour faire en sorte que son socle le plus radical, je veux dire, soit derrière lui, et ensuite, il a un petit peu commencé, et ensuite il élargira pour...

Mais là, dans un premier temps, il est sur la consolidation de son socle. Il est un peu revenu d'ailleurs sur ses propos sur les magistrats, il a dit ça sert à rien de pointé du doigt, les magistrats, on sent qu'il y a eu un...

Oui mais en même temps il faut quand même modifier la constitution sur l'état de droit, donc c'est un peu le « en même temps ». Non mais c'est quand même très très populiste et y compris la castration chimique et d'un populisme qui à mon sens est dangereux. Bon, c'est pas du tout possible à ce stade mais je vois très bien sur quoi ils surfent.

Ils surfent sur la peine de mort. C'est-à-dire que vous avez une partie des gens qui veulent l'appel de mort pour les pédocriminels. Aujourd'hui, aucun homme politique ou femme politique de premier plan a pris position pour la peine de mort.

Il n'en a pas parlé. Oui, mais ça, c'est la version atténuée, la castration chimique. Bien sûr, c'est la version atténuée.

C'est pour essayer de récupérer ceux qui veulent la peine de mort. Il se dit tiens, je vais leur proposer la castration chimique. Mais la castration chimique, il a dit ça.

Ça ne fait absolument pas fuir l'électorat centriste. C'est marginal, cette histoire. Marginal.

Moi, je pense que c'est central dans sa pensée de ce que c'est que l'État de droit. Et c'est pas du tout la peine de mort. La peine de mort, vous savez ce que c'est que la peine de mort Oui.

Et vous savez ce que c'est, la castration chimique ? La castration chimique, c'est une punition qui vaut exactement la même chose que la perpétuité. Oui.

Affreux. C'est affreux. Mais la perpétuité aussi.

Écoutez relisez Badenter pour savoir ce que c'est mais Badenter n'est pas du tout mon alpha et mon obéga qu'est-ce que c'est que ça ? on va terminer vous l'avez dit chacun ses modèles il a pas pointé du doigt trop le rassemblement national, il a pas non plus attaqué Edouard Philippe. En revanche, il a fait de la France insoumise son adversaire principal.

Est-ce que ça peut être payant politiquement, Nathalie ? Est-ce que ça sert à quelque chose pour lui ? – Oui, parce que comme il est dans l'objectif de réunir son socle, taper sur la France insoumise qui fait peur à l'électorat de droite, ça marche.

Donc, et il est allé, mais à plusieurs moments du discours, et c'est habile, et j'allais dire que c'est même classique, Quand vous voulez faire en sorte que votre socle soit derrière vous, vous tapez sur ceux qui font le plus peur. Et actuellement, celui qui fait le plus peur à l'électorat de droite, c'est Jean-Luc Mélenchon. – Oui, ils le font un peu tous, à droite, entre Edouard Philippe, Gabriel Attal, Jordan Bardella.

Enfin, je veux dire, tous, ils ont effectivement mis... – Glucksmann aussi. – Glucksmann, exactement.

Non mais ils prennent tous La France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon comme un épouvantail – Mais c'est payant, ça veut dire qu'en agitant cet épouvantail, ça peut ramener les voix sur le bloc central ? – Je ne vois pas trop l'intérêt parce que… S'il va être l'alternative précisément à Jean-Luc il faut qu'il en fasse la preuve et aujourd'hui il n'en a pas fait la preuve pour moi c'est désolé Yves mais pour moi c'est comme le slogan la France à l'endroit bon bah c'est super il veut pas laisser la France à l'envers bon d'accord ok il a dit que genre il faisait chaud peut-être aussi, d'ailleurs il l'a dit qu'il faisait chaud aujourd'hui bon bah enfin ce sont des lapalissades des choses qui peut agiter mais qui ne constituent pas encore une fois les ferments d'une dynamique possible mais encore une fois Yves a raison un peut-être que demain il va décoller parce que genre il va se passer plein de choses je sais pas mais aujourd'hui on voit pas Mais il lui manque quoi ? Il lui manque un slogan ?

Il lui manque quoi ? Est-ce qu'il a une colonne vertébrale ? Le slogan il l'a, remettre la France à l'endroit ça me paraît pas est un mauvais slogan, est-ce que vous connaissez le slogan du Rassemblement National ?

Pas encore. On connaît celui de Jean-Luc Mélenchon ? Bah oui c'est le seul à en avoir un, les autres ils en ont pas, ils sont tous à la recherche.

Oui mais ils ont identité, le RN a une identité très forte c'est ça qui est intéressant le 7 juillet c'est que c'est pas la même chose et l'un et l'autre donc c'est ça qu'on est encore dans une espèce de maelström pas très clair quand – Et voilà, à suivre et le prochain grand meeting ce sera donc suite d'Édouard Philippe le 5 juillet. Merci beaucoup, merci Nathalie et Pablo d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis.

A demain. Très bonne journée. Sous-titrage Société Radio