"On vit mieux en banlieue parisienne qu'en Lozère" (Arnaud Stéphan)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse partielle
Quel bilan faites-vous de ce weekend de mobilisation et appelez-vous à une deuxième journée d'action ?
- 0:42RelanceÉludée
Les violences occultent-elles les revendications ?
- 1:57OuverteRéponse directe
Comment analysez-vous les violences et les pillages ?
- 2:29FerméeRéponse partielle
Pensez-vous avoir gain de cause à 6 mois de la présidentielle ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a-t-il une légitimité historique ?
- 4:19OuverteRéponse directe
Comment analyser la violence au-delà des actes ?
Temps de parole
- ?100 %
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En ce qui concerne les demandes sur le pouvoir d'achat, les difficultés du quotidien, là aussi on a l'impression que c'est passé au second plan à côté de ces violences, de ces pillages, de cette casse. Quel est le bilan que vous faites de de cette de ce weekend et est-ce que vous appelez comme certains gilets jaunes à une deuxième journée d'action, à un deuxième acte, comme le disent les gilets jaunes, samedi ? On peut dire plusieurs choses. La première, c'est que déjà, il y a une mobilisation assez massive puisqu'elle a été 5 à si fois plus grande que ce qu'attendait le gouvernement que ce qu'avait anticipé les renseignements puisque ils anticipaient 80 à 100000 personnes et qu'en fait il y en a eu plus de 550000 au moins selon la police. Donc ça veut dire qu'il y a bien une
colère très forte dans ce pays et je veux dire qu' mobilisation aussi grande à 6 mois de la présidentielle justement alors que habituellement quand il y a une élection les gens attendent plutôt l'élection ça veut dire que non seulement la colère est très forte mais ça veut dire aussi qu'il y a des dizaines et des dizaines de milliers de gens qui sentent bien que l'élection présidentielle malheureusement elle risque de pas vraiment régler les choses. Alors à pas vous poser la question de savoir est-ce que les revendications en gros sont invisibilisées par les violences. Bon, il y a toujours ce que vous posez dans les questions. Pardon, mais le c'est vous les médias et alors je vous je je vous mets pas en cause vous personnellement, mais les médias en général, c'est vous qui depuis 48 he
parlez que des violences ou il y a pas que nous, on voit aussi les commerçants, les habitants, tous les Français ont été extrêmement choqués par ce qui s'est passé ce weekend. Bien sûr. Mais en fait, on est le relais de ce qui se dit en France. Non, mais vous êtes le relais mais les médias, vous avez aussi un rôle d'analyse, je le sais puisque j'en suis un aussi. Maintenant practice, c'est un méth là justement pour intervenir et donner votre point de vue ? Tout à fait. Bah mon point de vue si vous voulez c'est que on peut tous être choqué par les violences. On peut tous avoir de l'empathie et j'en ai bien sûr pour les commerçants qui se sont fait piller. J'ai même vu des commerçants qui se sont fait attaquer par des délinquents. Bah évidemment que ces délinquants méritent tout simplement
d'être interpellés, d'être présenté à la justice et d'être jugé, d'être condamné. Mais si vous voulez ça, bah la loi elle existe. Donc bon, on peut le dire et puis une fois qu'on l'a dit, bah on peut passer au fond des choses. Pourquoi il y a une colère aussi grande dans ce pays ? Bah parce que depuis 10 ans tout simplement vous avez un pouvoir qui n'a écouté personne, qui a méprisé tous les corps intermédiaires, qui a fait semblant à justement, je vais vous poser la même question qu'à l'intervenante juste avant. Il y a des élections dans 6 mois et vous le disiez vous-même, c'est rare qu'il y a une mobilisation à 6 mois d'une élection justement parce que c'est quand même compliqué d'obtenir des choses à 6 mois d'une élection. Est-ce que vous pensez avoir gain de cause
sachant que ce gouvernement encore une fois se dit lui-même être le plus faible de la 5e République et qu'il est sur le départ ? Bah déjà si vous voulez qui porte la responsabilité de la dissolution si ce n'est Emmanuel Macron ? Personne n'avais l'appel bah il va partir dans 6 mois. Il pourrait peut-être partir plus tôt aussi. Ah vous demandez le départ d'Emmanuel Macron ? Je demande rien, je dis simplement que ça fait 2 ans si vous voulez qu'il nous fait perdre notre temps. Que Emmanuel Macron, il a été complètement délégitimé par deux résultats aux élections successives à savoir les élections européennes et les élections législatives. À chaque fois, le peuple français était très clair. Au 2 tiers, ils ont dit "Nous ne voulons plus de la politique d'Emmanuel Macron."
Il se trouve que depuis 2 ans, il a il est passé en force, il s'est maintenu au pouvoir en nommant des premier ministres à sa main à chaque fois et il nous a fait perdre déjà 2 ans et demi. Bon bah l'honneur si vous voulez et euh par exemple vous avez j'imagine vous avez écouté Manuel Macron hier soir je termine la phrase je termine la phrase s'il vous plaît. Une certaine tradition historique qui avait été instaurée par le fondateur de la 5e République lui-même le général de Gaulle. Pour lui, il était inconcevable en tant que président minoritaire dans le pays de se maintenir au pouvoir. Le général de Gaul était parti et c'était son honneur. C'est la une des traces qu'il a laissé dans l'histoire. Bah Emmanuel Macron, lui n'est absolument pas à la hauteur de
l'histoire et de de ce prédécesseur. Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour réagir François Boulot. Merci. Peut-être une réaction de votre part effectivement sur ce qu'on vient d'entendre. Alors, il y a il y a il y a évidemment beaucoup de choses. D'abord sur la violence, moi je pense qu'effectivement elle est là qu'il faut l'analyser mais que ça peut pas être le seul prisme mais mon voisin qui a qui l'a un peu évoqué tout à l'heure avec beaucoup de cultures historiques. La révolution française était violente, les les jours de juillet étaient violentes, mais 68 étaient violents. Mais il y avait des causes et on analysait les causes. Donc là, on est évidemment un peu dans enfin je pense qu' y a il y a cet exercice de regarder au-delà de la violence ce qu'elle veut
dire. Alors, il faudra effectivement voir la sociologie des des émettiers ou des insurrectionnels. Là, je vous renvoie Victor Hugo dans les Misérables qui fait la différence entre émeut et insurrection où on en est chacun jugera. Euh mais effectivement, il y a aussi dans les ça a été dit tout à l'heure par monsieur dans les commerces qui ont été saccagés, il y a des supermarché ce qui donc vous êtes peut-être pas d'accord mais il y a derrière l'idée du pouvoir d'achat, on a vu des gens voler du papier toilette, on a vu des gens voler des granolas et ça ils vont pas le revendre sur les plateformes. Et ça ils vont pas le revendre sur les plateformes. Mais il y a aussi quand vous traversez Paris beaucoup de slogans politique politique sur les murs. contrej de contre Macron mépris
onentend on entend beaucoup de colère et là on entendu avec notre invité à l'instant onentend dirigé vers Emmanuel Macron et on entendait aussi le commerçant tout à l'heure qui nous disait mais en fait il jetait des en disant mais nous ce qu'on attaque c'est l'état c'est la figure d'Emmanuel Macron aussi qui voilà donc quand Emmanuel Macron dit c'est une atteinte à la République il se trompe. C'est pas du tout une atteinte à la République c'est une critique de lui et de son gouvernement. Je pense que c'est tout à fait différent. Je crois pas que ce soit des faux qui veulent renverser la République. En revanche, c'est peut-être des gens qui veulent le départ d'Emmanuel Macon. C'est pas tout à fait la même chose et ça a été très bien dit par votre invité. C'est au fond
c'est l'accé de la fin du macronisme. C'est-à-dire effectivement il l'a dit, on a détruit les syndicats, on a détruit les associations, on a détruit les corps intermédiaires et on a aujourd'hui un président seul qui réfléchissait 2 minutes. Si aujourd'hui il voulait sortir de la crise, qui voulait recevoir des gens mais il reçoit qui ? Il reçoit qui dans dans cette foule des métiers ? Il y a il y a pas de représentant, tout est atomisé, il y a plus de corps intermédiaire. il a personnalisé le pouvoir. Donc c'est lui qui est même si pardon 6 mois qui reste en fronte et il est complètement démuni et ça donne une allocation un peu lunaire où il a pas grand-chose à annoncer, où il est le propre observateur de de lui-même, le le propre commentateur et ça lui donne très peu de
de solutions de de sortie de crise. Donc je trouve que effectivement des gilets jaunes à aujourd'hui il il y a une forme de continuité de de l'échec du macronisme total. Arnaud Stéphan. Ouais. Ce qui est intéressant c'est de prendre les transports samedi. Ouais. C'était intéressant parce que vous aviez les gens qui partaient des manifes et donc sociologiquement c'était passionnant quand même. C'est de regarder ces gens qui étaient des gens qui vont rentrer pour la plupart hein en banlieu parisienne ou dans la proche périphérie. C'estàd ceux qui ont été les bénéficiaires des 117 milliards des politiques de la ville. Certes, c'est des gens qui sont gavés davantage. Ce sont des gens qui sont à une demi-heure de la moindre fac ou à 40 minutes de n'importe quel lieu de culture.
D'accord. Alors que euh curieusement justement qu'il ne voi pas très concrètement dans leur quotidien où euh je vous je vous je vous je vous invite puisqu'on fait c'est aprèsmiti citation euh de de de le le livre de monsieur Vermeren sur la France qui déclasse. Euh et vous comprendrez euh ce qu'est la France des oubliés, ce qu'on appelait la France des oubliers, celle qui où il y a pas de fac, où il y a pas de transport, où il brûlent pas de d'abribus et les casse pas parce qu'il y en a pas de ceux qui sont à 3h 4h des lieux de culture ou des facs ou des choses comme ça. Voilà. Et cette France-là, curieusement, elle ne se mobilise pas de la même manière. Et je pense que s'il y a cette forte mobilisation, s'il y a cette expression qui est à la fois de révolte et de
politique, vous savez pourquoi ? Parce que vous l'avez dit tout à l'heure et ça c'est l'énorme éléphant dans l'énorme magasin de Porcelaine. C'est que il y a en effet une élection présidentielle dans 6 mois, mais que les gens qui instrumentalisent ça, ils savent qu'ils vont la paumer et que ils n'ont donc décidé d'utiliser un moyen de faire de la politique autrement. Parce que encore une fois la politique c'est aussi l'instrumentalisation de la violence. Parfois on a cité quelques auteurs mais c'est aussi l'instrumentalisation de la violence. G les gens vous avez les gens qui sont là qui qui soutiennent les les représentants politiques qui ont été aux manifestations, ils savent qu'ils vont paumer la prochaine présidentielle et que donc ils utilisent d'autres moyens
et ça s'appelle la stratégie de l'attention. Vous parlez d'fi quand vous parlez de et on en reparlera dans 2 secondes. Je voudrais faire enrégir Antoine. Oui. Mais mais justement quand même pour annoncer ce que ce que vous dites euh ce que vous dites c'est que vous pensez qu'aujourd'hui dans les banlieux euh dans autour des grandes villes, on vit mieux qu'avant. C'est ce que vous dites parce queil y a une université pas loin. On vit mieux, on est on est on est on vit mieux qu'en leer. Je je franchement. Ah non mais Ah non, mais c'est vous pouvez vérifier. Vous vérifiez autant que vous voulez, d'accord ? Quand vous n'avez pas quand vous n'avez pas d'emploi à côté, quand vous n'avez pas de transport à côté, quand vous n'avez pas la possibilité de faire des études,
quand vous n'avez pas la possibilité de faire des étud Marine Le Pen, il faut quand même le dire conseillation. Donc donc le fait que je dise que les on vit mieux il on vit mieux en banlieu parisienne qu'on vit en laer vous me renvoyez à mon vous me renvoyer au fait que j'ai fait j'étais conseiller en communication politique sur quelle étude et sur quel chiffre vous bas pour encore une fois vous lisez le débat Galimar qui s'appelle sur les limites de la le débat Galimar de monsieur Vermeren sur les limites de la de la métropolisation et vous vous aurez toutes les informations c'est vrai que le débat d'alimar est sûrement fasciste Non, je voudrais je voudrais qu'on en revienne. On a bien entendu et on a entendu euh les les remarqu sur le sujet. Qu'est-ce que vous
nous faites ? Arnaud Stéphan vous de toute façon on va parler politique dans 2 minutes. Je voudrais quand même faire réagir Patrick Vassor. Vous êtes toujours connecté avec nous et et je voudrais corriger he votre livre s'appelle face à la fascisation de la société l'antifascisme. Vous vouliez réagir ? Oui, tout à fait. Je je crois que euh monsieur Stéphan a une vue assez parisienne euh de de l'affaire "Moi qui enseigne dans une université de province à Quan ?" Euh en BasseNormandie. Euh les personnes qui étaient à la manifestation étaient des personnes qui viennent euh des départements autour, l'Orne par exemple, la Sart et cetera. Et ce sont des départements qui ne sont pas très riches et euh les personnes qui viennent
sur camp sont pour beaucoup hein euh parfois de d'extraction paysanes et malgré tout elle se retrouve dans ces manifestations malgré qu'elle soit loin des lieux de culture, loin des théâtres, loin de l'université et cetera. Donc il faut faire très très attention euh dans les populations qui se retrouvent au sein des manifestation et très particulièrement de ce que l'on a eu l'habitude d'appeler les groupes de tête parce que démographiquement euh on serait très très étonné. Bien sûr qu'il y a des jeunes en majorité, mais ce ne sont pas tous de jeunes casseurs comme on dit, c'estàd jeunes venant de banlieu ce sont des jeunes qui peuvent venir d'un peu partout qui ont une culture
politique parfois différente les unes des autres qui souvent ont un rapport soit aux politiques très développées et donc à la manifestation, soit un rapport à l'économie, c'est-à-dire l'impression d'être laisé économiquement. Il y a des femmes, des jeunes femmes, il y a des enseignants, il y a donc il faut faire très très attention. Euh votre premier intervenant parlait de la complexité de la situation et je le rejoins totalement à ce niveau-là. La situation est excessivement complexe et ce qui se joue là, je reviens dessus, c'est un point de bascule dans notre société entre le désir de faire de faire société et le problème que ressentent les gens, c'est-à-dire être abandonnés à
eux-mêmes, individualisés dans leurs problèmes sans trouver de solution pérennes ni pour aujourd'hui ni bien évidemment pour l'avenir. Merci beaucoup. Merci Patrick Vassor d'avoir été connecté avec nous cet après-midi sur France Info.