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interviewyoutube.com· 18 mars 2026 18 min

Municipales 2026: l'interview de Bruno Retailleau, président Les Républicains

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

8h28 sur RMC et BFM TV. Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour Apolline de Monnerre. Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le président du parti Les Républicains. Vous êtes d'ailleurs candidat à l'élection présidentielle et ancien ministre de l'Intérieur. On va bien sûr revenir, puisque ça y est, les listes sont officiellement déposées, qu'on y voit plus clair, sur ce second tour à venir. À gauche, ils ont fait un certain nombre d'alliances entre socialistes et LFI. À droite, finalement, il y en a très peu, quasiment pas. Est-ce que vous avez hésité quand même à vous allier parfois avec le RN ?

0:35
Bruno Retailleau

Non, mais on n'a pas hésité. Ce qui est incroyable, c'est que la gauche nous accuse depuis longtemps d'hésiter, de ne pas être clair. Mais c'est la gauche aujourd'hui qui trahit ses idéaux. C'est la gauche. Et je pense qu'au moins, vous pouvez me reconnaître une chose, c'est qu'il y a plusieurs semaines, avant le premier tour, j'avais fait une conférence de presse, c'était au plan Ménil, où j'avais dénoncé les accords de la honte. Cette expression était reprise, elle vient de moi. Ces accords de la honte, c'était avant le premier tour.

1:03
Présentateur

Vous les aviez prédits, en quelque sorte ?

1:04
Bruno Retailleau

Je les avais prédits, expliqués, il y en avait 112 avant le premier tour. Et là, on a vu des gens qui, la main sur le cœur, disaient, mais pas d'accord national, faire des accords partout. À Nantes, à Lyon, à Strasbourg, à Toulouse, sous le prétexte de l'antifascisme. Franchement, est-ce que Jean-Luc Moudinck est le parangon, est la figure symbole du fascisme à Toulouse, pardon ? Etc. Donc, vous avez des gens qui, au niveau national, disent, il n'y aura pas d'accord national, mais au niveau local, oui. Ils ont inventé, le parti socialiste, les écologistes, en France, ont inventé, en réalité, l'antisémitisme à géométrie variable.

1:43
Présentateur

L'antisémitisme à géométrie variable, c'est-à-dire qu'il le dénonce au niveau national,

1:48
Bruno Retailleau

c'est inacceptable au niveau national, mais c'est parfaitement fréquentable au niveau local. C'est une bande de tartuffes.

1:55
Présentateur

Alors, en même temps, vous dites, on ne s'est pas associés, mais à Paris, vous avez salué le retrait de Sarah Knafo, je vous cite, je salue le retrait de Sarah Knafo, c'est une décision sage et responsable qui rend possible l'alternance que les Parisiens attendent. Sarah Knafo, c'est l'extrême droite.

2:12
Bruno Retailleau

Oui, mais je signe, je persiste, je dis que c'est une décision sage et que sans cette décision, il n'y avait aucune chance pour Rachida Dati, pour notre camp, de l'emporter. Moi, je m'adresse aux Parisiens et aux Parisiens qui ont été transformés depuis 25 ans de socialisme municipal à Paris en des sortes de cobayes, d'un laboratoire pour tous les délires de la gauche, parfois très parisienne, mais très hors-sol. Que veulent-ils aujourd'hui ? Tourner la page ? Eh bien, grâce à Rachida Dati, ils le peuvent. Et il y a une opportunité absolument historique. Sans ce désistement, sans aussi le ralliement de Pierre-Yves Bournazel, que je veux saluer, aucun espoir n'était permis.

Or, il fallait tourner la page de la gauche à Paris.

2:57
Présentateur

Tourner la page de la gauche à Paris, mais avec donc une main que vous acceptez de Sarah Knafo ?

3:04
Bruno Retailleau

Mais bien sûr ! Sarah Knafo, il n'y a pas d'accord, mais il n'y a pas d'accord. Le programme de Rachida Dati n'a pas changé. C'est simplement la décision de Mme Knafo que j'ai saluée.

3:18
Présentateur

Vous l'aviez eu au téléphone ?

3:20
Bruno Retailleau

Non, je ne la connais pas. Et je ne l'ai pas eu au téléphone. D'accord.

3:24
Présentateur

Vous n'êtes pas parlé ? Il n'y a pas eu d'échange ?

3:25
Bruno Retailleau

Il n'y a pas d'échange. Non, non, il n'y a eu aucun échange. Mais en tout cas, ça crée les conditions objectives avec le retrait de Pierre-Yves Bournazel, et notamment la fusion de sa liste pour gagner Paris. Ça, c'est fondamental. Paris, c'est la capitale. Ce n'est pas seulement les Parisiens que ça concerne. Ça concerne les Français. Nous, les Français, moi, je suis un provincial. Moi, demain, parce que j'aime la France, j'aime Paris, j'ai envie d'être fier de Paris.

3:51
Présentateur

Vous avez entendu sans doute Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, dit qu'à titre personnel, s'il votait à Paris, il voterait pour Rachida Dati.

4:01
Bruno Retailleau

Je ne sais pas, mais son candidat fait moins de 2%.

4:03
Présentateur

Oui, 1,5%.

4:04
Bruno Retailleau

Il n'y a plus d'enjeux. Les jeux sont faits.

4:08
Présentateur

Le fait qu'ils votent pour vous, est-ce qu'il n'y a pas, au fond, une sorte d'union par les urnes ?

4:13
Bruno Retailleau

Ah non, mais l'union par les urnes, c'est très bien. Moi, j'ai toujours revendiqué, j'ai toujours rejeté l'union des appareils. D'ailleurs, le Rassemblement national, sans doute, on en parlera sur Marseille, dit qu'il n'est pas de droite, dit qu'il va se maintenir dans des villes, j'ai la liste ici, où il pourrait faire gagner la gauche contre la droite, contre nous, mais ils ne sont pas de droite. Mais dans les urnes, oui. Moi, j'accepte et j'assume de dire aux électeurs du Rassemblement national, votez pour Rachida Dati. Votez sur tous nos candidats.

Parce que ce sont nos candidats qui, dans la plupart des cas, notamment maintenant à Strasbourg, à Nantes et ailleurs, peuvent, par exemple aussi à Toulouse, peuvent faire échouer la gauche. Et parfois, et souvent, désormais, une gauche, elle, est fisée. C'est le cas à Toulouse, c'est le cas à Nantes, c'est le cas à Strasbourg, c'est le cas à Lyon.

5:05
Présentateur

Ça veut dire, Bruno Retailleau, que pour vous, la digue est absolument nette. Quand vous voyez à Nice, ce qui s'est passé, avec un Éric Ciotti, qui au fond a fait cette union avant. Éric Ciotti, ce n'était pas juste un républicain. C'était le président des républicains. C'était votre prédécesseur à la tête de votre parti.

5:24
Bruno Retailleau

Bien sûr.

5:24
Présentateur

Est-ce que vous pensez qu'il a changé d'idée ?

5:27
Bruno Retailleau

Je ne sais pas, mais en tout cas...

5:28
Présentateur

Je veux dire, il a changé d'étiquette, mais est-ce qu'il a changé d'idée ? Est-ce qu'au fond, Éric Ciotti, quand il était président des républicains, il partageait vos idées, puisqu'il était président de votre parti ?

5:36
Bruno Retailleau

J'observe d'ailleurs que dans sa campagne, il n'y a pas eu beaucoup de logos du Rassemblement National, d'ailleurs, à Nice.

5:43
Présentateur

Non mais aujourd'hui, au fond, vous seriez à Nice, vous hésiteriez ?

5:46
Bruno Retailleau

Non mais... Les choses sont très claires pour nous. Éric Ciotti était notre président. Et il nous a quittés au plus mauvais moment. Souvenez-vous, au moment où nos combattants, nos candidats, devaient partir au front dans les conditions les plus mauvaises, puisque c'était la dissolution ratée d'Emmanuel Macron. Et c'est à ce moment-là qu'il a choisi de déserter le champ de bataille.

6:08
Présentateur

Sur le plan des idées, est-ce que vous pensez qu'Éric Ciotti a changé aujourd'hui ?

6:12
Bruno Retailleau

C'est à lui qu'il faut poser cette question.

6:14
Présentateur

Si vous étiez à Nice, encore une fois, vous voteriez Christian Estrosi sans état d'âme ?

6:17
Bruno Retailleau

Écoutez, on avait un accord national, avec Horizon, notamment, qui comprenait Nice. Maintenant, cette campagne était délétère. Donc la question que vous me posez désormais, j'y réponds en disant, c'est désormais aux niçoises et aux niçois de trancher dans les yeux.

6:30
Présentateur

Vous ne voulez pas choisir entre Christian Estrosi et Éric Ciotti ?

6:33
Bruno Retailleau

Nous avions un accord, je vous l'ai dit, nous avions un accord. Mais compte tenu, écoutez, compte tenu, la campagne qu'il y a pu y avoir à Nice...

6:39
Présentateur

Vous parlez de la fin de campagne, vous parlez de la tête de cochon, avec des doutes...

6:42
Bruno Retailleau

Je parle de l'appel à la gauche, je parle aussi de l'appel au communautarisme.

6:49
Présentateur

De la part de Christian Estrosi ?

6:51
Bruno Retailleau

Voilà.

6:52
Présentateur

Pour vous, Christian Estrosi a basculé ?

6:54
Bruno Retailleau

Je dis que la campagne est délétère. Donc vous ne m'emmèneriez pas sur ce terrain-là. Je dis, c'est désormais aux électeurs.

7:01
Présentateur

Est-ce que Christian Estrosi peut toujours se revendiquer du soutien des Républicains ?

7:07
Bruno Retailleau

C'est désormais aux électeurs et à eux seuls de choisir. Vous me parliez justement des urnes, et bien je vous réponds par les urnes. C'est à eux de décider.

7:16
Présentateur

Je ne sais pas, je n'ai pas regardé les affiches de Christian Estrosi à Nice. Moi non plus. Mais il y a sans doute encore le logo quelque part des Républicains qui le soutient.

7:26
Bruno Retailleau

Je ne le sais pas, mais c'est au Niçois.

7:27
Présentateur

En tout cas, ce matin, vous n'apportez pas votre soutien à Christian Estrosi.

7:30
Bruno Retailleau

Je demande, c'est au Niçois, c'est au Niçois. On leur a à mes consciences de faire ce choix.

7:34
Présentateur

Mais quand Jordan Bardella dit à titre personnel, je voterai pour Rachida Detti, vous ne vous dites pas à titre personnel, je voterai pour Éric Estrosi ?

7:41
Bruno Retailleau

Non.

7:42
Présentateur

Non ? Non. Vous ne voulez pas choisir entre là et vous ?

7:45
Bruno Retailleau

Je ne donne pas de consignes dans les conditions de cette campagne absolument délétère, dans laquelle je ne me retrouve pas.

7:51
Présentateur

Pour vous, cette campagne délétère ? Ni d'un côté ni de l'autre. Ni d'un côté ni de l'autre, vous condamnez les deux.

7:55
Bruno Retailleau

Je ne condamne pas, je dis, je m'en remets aux électeurs. On peut continuer l'émission. Non, non, mais vous avez l'air surtout... On peut continuer les 20 minutes sur Nice, Apolline de Maillard. Oui, mais je vais vous dire, j'en ai marre du parisianisme, y compris des médias. Parce que depuis dimanche, attendez, depuis dimanche, justement depuis dimanche, il y a une France dont on parle beaucoup, c'est la France des grandes villes. C'est 15% de la population française. Et ce débat-là, Apolline de Maillard, cannibalise totalement les débats. Alors évidemment, dans ce débat, dans ces villes, il y a une existence de l'EFI. Il y a une existence du Rassemblement National.

Mais qu'est-ce qu'on fait des 85% de Français ? De la France périphérique ? Qui, en effet, ont surtout voté d'ailleurs à droite ou à gauche,

8:39
Présentateur

mais je dirais la droite et la gauche classique, c'est-à-dire les Républicains ou le Parti Socialiste.

8:43
Bruno Retailleau

Les communes de plus de 9000 habitants, à 56%, à plus de 56%, ils ont voté pour un candidat investi ou soutenu par LR. Les chiffres du ministère de l'Intérieur sont très clairs. On a récolté, nos candidats, soutenus ou investis par nous, ont récolté au premier tour 5 400 000 voix. Ceux de la gauche, PS, 5 millions. Ceux LFI, 600 000, je crois. Et le RN, c'est 4 fois moins que nous. Et ça, on n'en parle pas. Vous voyez ? On se focalise sur des cas de figure qui sont parfois totalement aberrants, mais qui ne sont pas représentatifs de la France.

Cette France majoritaire, 85%, elle est totalement cannibalisée sur les plateaux parisiens par, justement, la France métropolitaine, qui doit exister, évidemment. On en parle, et j'en parle chaque jour. Il ne faut pas oublier la France du réel.

9:34
Présentateur

Je trouve ça, évidemment, très juste de parler de la France du réel, mais vous comprenez bien que Nice est un endroit très emblématique, puisqu'à Nice, Éric Ciotti, c'est un des vôtres, au départ. Et il a choisi une autre stratégie que la vôtre, c'est-à-dire une stratégie d'alliance avec le RN. Pour l'instant, force est de constater que sa stratégie a plutôt fonctionné et que vous ne la condamnez pas totalement.

9:55
Bruno Retailleau

Non, si, non, la stratégie, je l'ai condamné. J'étais le premier il y a un an. J'étais président du groupe LER. J'avais fait au Sénat, j'avais fait une conférence de presse. On ne déserte pas le champ de bataille au plus mauvais moment. Et je précise, et je précise, pour moi, c'est un comportement dans la vie qui est important. Et je pense que la vie politique, c'est aussi la vie tout court.

10:15
Présentateur

Et je précise, parce que vous disiez qu'Éric Ciotti ne s'était pas beaucoup vanté d'être soutenu par le RN. Christian Estrosi, semble-t-il, ne s'est pas non plus tellement vanté d'être soutenu par vous, parce qu'on vient de vérifier, et mon équipe, Laurie m'a dit, je la cite, vient de vérifier. Il n'y a pas le logo LR, pas d'étiquette sur l'affiche de Christian Estrosi. Mais on a compris pour l'instant que vous ne lui apportiez pas franchement un soutien franc et massif. Il y a donc trois villes où des candidats, où des ex-LR fusionnent avec le candidat RN. Alors, à Reims, c'était un candidat dissident. Vous, vous avez soutenu Arnaud Robinet, qui est en tête.

Il y a Brie-Contrebert, quand même, où, arrivé respectivement troisième et quatrième à l'issue du premier tour, il y a le candidat RN, le candidat Les Républicains, qui va fusionner, qui sera exclu.

11:03
Bruno Retailleau

Vous vous rendez compte, on commence par Nice, on commence par cette ville et métropole. Maintenant, on va aller chercher dans le détail. Brie-Contrebert, c'est pas une ville et métropole. Les choses sont très claires. Il est exclu. À chaque fois que Christian a franchi la ligne, ils sont exclus. Donc, on est très, très net. Très, très net. On est de droite, et je pense que la droiture, quand on est de droite, c'est une valeur qui compte.

11:20
Présentateur

Votre droite, est-ce que c'est celle aussi, justement, de ceux qui sont beaucoup plus larges ? Je pense notamment à Jean-Michel Hollasse. Jean-Michel Hollasse, il est soutenu par vous, il est soutenu par Horizon, il est soutenu par Renaissance. Bien sûr. Est-ce que c'est cette alliance-là qui, pour vous, a vocation à perdurer ?

11:36
Bruno Retailleau

Non, c'est une alliance pour les municipales. Parce que moi, j'assume totalement que vous avez cité à Lyon, mais on pourrait aussi citer Nantes avec Foulchand-Mardelot, si on veut ébranler, et pari pour Bordeaux, si on veut ébranler cette gauche, souvent LFisé, notamment écologiste, alors il faut s'allier. Parce que sinon, il n'y a pas de voie de passage. Donc je pense que c'est une bonne chose. Et entre nous, pour les élections locales, ça se fait toujours. Ça s'est toujours fait. Autour d'une table, d'un conseil municipal, il y a toujours des sensibilités qui sont différentes.

12:09
Présentateur

Bordeaux, vous pensez pouvoir gagner Bordeaux ?

12:12
Bruno Retailleau

Je l'espère.

12:13
Présentateur

C'est arithmétiquement tout à fait possible ?

12:15
Bruno Retailleau

Écoutez, je l'espère. Je l'espère. C'est un choix que nous avons fait. J'avais discuté avec Philippe de Sertines. L'alliance n'avait pas pu se faire. Il s'est donc retiré. Et il s'est retiré. Je l'ai eu avant-hier. Mais j'ai appris comme tout le monde qu'il se retirait. C'est-à-dire que quand vous l'avez eu le téléphone,

12:29
Présentateur

vous lui avez demandé de se retirer ? Ou il n'hésitait ?

12:32
Bruno Retailleau

Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas gagner. J'ai beaucoup, beaucoup... Franchement, c'était un excellent candidat. Et il a fait tout seul, sans aucun soutien, d'aucun parti, 20%. C'est assez inédit. C'est quelqu'un que je respecte. Et j'ai de l'estime pour Philippe de Sertines. Je le lui dis. Et je pense que là aussi, je voudrais le remercier de sa décision, qui a été une décision difficile à prendre. Je le sais, mais courageuse.

12:54
Présentateur

À Marseille, j'imagine la déception ?

12:56
Bruno Retailleau

Bien sûr, à Marseille, une déception.

12:58
Présentateur

Déception. Martine Vassal, qui arrive donc troisième, elle se maintient. Certains l'appelaient à se retirer. Vous avez hésité ?

13:10
Bruno Retailleau

Non, mais j'avais été la soutenir, parce que c'est une candidate valeureuse et extrêmement courageuse. Et elle m'avait indiqué qu'elle souhaitait se maintenir. Et je pense que c'est la bonne solution. Je le répète. Et je crois qu'elle a des idées à défendre. Il y a derrière d'autres enjeux, d'ailleurs de la métropole.

13:26
Présentateur

C'est un peu pour ça, en vrai, qu'elle reste. Il y a quand même une histoire de poste. C'est-à-dire que si elle reste, elle a une chance de pouvoir récupérer la métropole. Oui, mais il y a une histoire de projet.

13:34
Bruno Retailleau

Elle a un projet pour Marseille. Le projet pour Marseille n'est pas celui de M. Payan. Ce n'est pas non plus celui de M. Alizio. Donc ce projet-là, elle va le défendre jusqu'au bout.

13:43
Présentateur

Vous vous souvenez, j'imagine, de ses valeurs ? Travail, famille, patrie ?

13:46
Bruno Retailleau

Non, mais c'était une maladresse, franchement. Pensez un seul instant. Franchement. Quand on connaît Martine Vassal, l'affilié au Maréchal Pétain, ça fait rigoler. Ça fait rigoler. Qu'il y ait eu cette phrase malheureuse. Très bien. Ce que je veux dire quand même à M. Bardella, qui m'a interpellé sur Marseille, c'est que M. Bardella, c'est « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ». Parce qu'il voudrait le retrait de Matrine Vassal, d'ailleurs, qui n'a pas d'étiquette ELR. Mais qu'est-ce qu'il fait, lui, dans les villes, où on est confrontés, nous, à la gauche ? Qu'est-ce qu'il fait à Gapes ? Qu'est-ce qu'il fait à Brest, à Fougère, à Alençon, à Comble-à-Ville, à Plaisir, à Limoges ?

Et je ne les cite pas tous. Ils se maintiennent. Regardez Mme Le Pen. Ils ont commencé la semaine en disant « on n'est pas de droite ». Ils ont vraiment juré leur grand-dieu qu'ils n'étaient pas de droite. Qu'en toute circonstance, ils se maintiendraient. Et ils se maintiennent, y compris quand on est opposé à la gauche, y compris quand la gauche peut nous battre, c'est-à-dire qu'ils feront gagner la gauche. Et en même temps, ils nous demandent de nous retirer. Ça ne marche pas comme ça.

14:48
Présentateur

Vous lui demandez, ce matin, alors c'est un peu tard parce que les listes sont déposées, mais on peut toujours décider, à la fin, de ne pas y aller, de se retirer dans ces villes-là ? Vous auriez appris, vous auriez...

14:58
Bruno Retailleau

Mme Le Pen l'a dit en débutant la semaine, qu'ils ont des idées différentes, qu'ils ne sont pas de droite et qu'ils se maintiendraient. Regardez pour Sarah Knafo, regardez les tweets de M. Tongui. Elle se présente, il l'accuse de trahir ses idées. Elle se désiste, il l'accuse de trahir ses électeurs. Est-ce que vous y comprenez quelque chose ? Moi, je n'y comprends rien.

15:18
Présentateur

Pour les présidentielles, vous l'avez peut-être entendu, Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, dit hier, au fond, nous pourrons discuter pour qu'avec Édouard Philippe, avec les uns et les autres, je pense à Bruno Retailleau, je pense à Gabriel Attal, nous puissions ensemble soutenir un seul candidat. C'est ça pour vous, aujourd'hui, la droite ?

15:39
Bruno Retailleau

Non, l'élection présidentielle... Vous ne discuterez pas avec... Je ne le dis pas. L'élection présidentielle, c'est la rencontre d'un homme, quand on est gaulliste, et d'un peuple. Je porte des convictions, j'en ai jamais changé. Ces convictions que l'école doit instruire, plutôt que déconstruire, que le travail doit payer beaucoup plus que l'assistanat, que la justice doit sanctionner beaucoup sévèrement, que l'immigration n'est plus une chance, eh bien, ces convictions ne sont pas partagées par M. Attal et par d'autres, d'ailleurs. Ces convictions sont les miennes. Elles sont partagées par ce que j'appelle la majorité nationale, la France des honnêtes gens.

Et je pense que ces convictions sont aussi les solutions pour relever la France, je dons, je les porterai.

16:19
Présentateur

Bruno Retailleau, vous êtes président du parti Les Républicains. Il y a un maire, Les Républicains, qui a été élu dès le premier tour. C'est celui d'Arcachon, Yves Foulon. Face à, notamment, un élu écologiste, son opposant, Vital Baud, voilà ce qu'il lui a dit dimanche devant un bureau de vote.

16:38
Auditeur

Vous pouvez vous coincer derrière les poubelles, ça me ferait plaisir. C'est pas vous que je critique. C'est pas vous que je critique, M. le maire. C'est pas vous que je critique. C'est le maire. J'ai des enculés à vous, je le ferai. Non, mais vous pouvez pas parler comme ça, M. le maire. Non, vous pouvez pas parler comme ça. Je me retiens.

16:56
Présentateur

Ce sont nos confrères du média d'investigation, Vakita, qui ont enregistré cet échange. Si je pouvais vous coincer derrière les poubelles, ça me ferait plaisir de vous mettre une branlée. Je vais tout faire pour vous baiser et je vais trouver quelque chose. C'est digne d'un maire Les Républicains, ça ?

17:08
Bruno Retailleau

Ces propos sont inacceptables. J'ai eu Yves Foulon, je lui ai demandé de s'excuser. Il m'a néanmoins expliqué le contexte. C'est que ce candidat avait publié sur des documents de propagande la photo de sa maison personnelle. C'est donc une atteinte à la vie privée. Ça n'excuse pas du tout pour moi les propos. Simplement, je les replaque.

17:31
Présentateur

S'il s'excuse, il sera pardonné ? Ou est-ce que vous estimez qu'il faut des sanctions ?

17:35
Bruno Retailleau

Compte tenu de ce qui s'est passé avant, de ce que je viens de vous dire, je pense qu'on doit éviter toute violence. Mais je pense que publier sur des photos la maison privée d'un élu, révéler ce point qui appartient à l'intimité d'une vie privée...

17:52
Présentateur

C'est une maison visiblement emblématique d'Arcachon, semble-t-il. Et pour laquelle il a donné lui-même les autorisations de destruction. C'est ce que dit en tout cas son opposant.

18:01
Bruno Retailleau

Oui, ça a été tranché par le Conseil d'État.

18:02
Présentateur

Tout à fait.

18:03
Bruno Retailleau

Donc la plus haute juridiction a tranché. Simplement, je le redis solennellement, ce sont des propos qui sont inacceptables. Mais vous n'allez pas lui redirer ? Je lui demande de clarifier cette position et de s'excuser. Il vous a dit qu'il le ferait ? Il m'a dit qu'il le ferait par un communiqué.

18:21
Présentateur

Bruno Retailleau, merci d'avoir répondu à mes questions. Vous êtes le président du parti Les Républicains, candidat à l'élection présidentielle. Il est 8h47 sur RMC BFM TV. Merci.

18:30
Locuteur

Merci.