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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 10 novembre 2015 94 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Conférence de Jean-Luc Mélenchon sur « L’Ère du Peuple » à Sciences Po Aix-en-Provence

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 79 %Attaque 16 %Défensif 6 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:12:49OuverteRéponse directe

    Quelle est la place de l'apprentissage des codes sources dans l'alphabétisation numérique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:21Invité politiqueFait
    « combien je suis glacé et horrifié à l'idée que la maison Fayard est à l'idée de rééditer le livre du criminel nazi Adolf Hitler, Mein Kampf. »
  • 12:33Invité politiqueChiffre
    « on échange 4 000 fois plus en signes monétaires que l'on échange en réalité. »
  • 20:06Invité politiqueChiffre
    « À 2 degrés d'augmentation de la température de la Terre, la mer monte de toute façon d'au moins 1m40 d'ici à 2050. »
  • 26:26Invité politiqueChiffre
    « 85% de la richesse totale concentrée dans quelques mains. »
  • 33:17Invité politiqueFait
    « Il avait fallu 200 000 ans pour atteindre le premier milliard et même pas 100 ans pour passer aux 3 milliards. »
  • 33:22Invité politiqueChiffre
    « De ce moment à maintenant, 7 milliards et nous serons tantôt 9 et bientôt 12. »
  • 36:15Invité politiqueChiffre
    « 7 milliards d'êtres humains. Donc dans une vie d'êtres humains et moi je ne suis pas encore mort la population a triplé. »
  • 36:30Invité politiqueChiffre
    « Plus de la moitié de l'humanité à moins de 25 ans. »
  • 36:35Invité politiqueChiffre
    « 26% de l'humanité à moins de 15 ans. »
  • 40:46Invité politiqueChiffre
    « L'espérance de vie est passée de 47 ans en 1950 sur la planète à 69 ans aujourd'hui. »
  • 41:41Invité politiqueChiffre
    « En 1950, 30% de la population vivait en ville aujourd'hui à l'échelle de la planète c'est 60% dans nos pays c'est 85%. »
  • 43:53Invité politiqueChiffre
    « L'alphabétisation c'est 70% de la population mondiale qui est alphabétisée. »
  • 44:36Invité politiqueChiffre
    « 60% des femmes du monde ont recours à un système de contraception. »
  • 57:18Invité politiqueFait
    « il n'y a qu'un seul écosystème compatible avec la vie humaine »
  • 58:57Invité politiqueFait
    « ce qui est absolument incompatible avec les limites de l'écosystème »
  • 1:00:27Invité politiqueFait
    « les communistes ne se sont donc pas trompés il y a bien des biens communs qui doivent échapper au régime de l'appropriation individuelle »
  • 1:07:31Invité politiqueFait
    « il est inadmissible que la finance domine l'économie réelle »
  • 1:08:08Invité politiqueFait
    « on ne prend pas plus à la nature que ce qu'elle peut reconstituer »
  • 1:09:26Invité politiqueFait
    « au sommet de la hiérarchie des normes il y a la concurrence libre et non faussée »
  • 1:10:37Invité politiqueFait
    « l'accord d'entreprise soit supérieur à l'accord de branche et quand il n'y en a pas supérieur de toute façon à la loi »
  • 1:21:01Invité politiqueFait
    « quoi qu'ils aient fait ils ne méritaient pas d'être électrocutés pour ça »
  • 1:21:19Invité politiqueFait
    « vous ne pouvez pas croire que la police républicaine mène des ventes d'état »
  • 1:21:33Invité politiqueChiffre
    « il s'est trouvé un million huit cent mille personnes pour reproduire mon message »
  • 1:25:58Invité politiqueChiffre
    « on nous en a tué 4000 au Chili 30 000 en Argentine »
  • 1:28:28Invité politiqueChiffre
    « je suis passé de 3 à 11 4 millions de voix »
  • 1:30:11Invité politiqueFait
    « le gosse plan ça ne marchait pas si mal que ça »
  • 1:30:37Invité politiqueFait
    « la planification écologique qu'est-ce que ça veut dire les gens que vous vous réappropriez le temps long »
  • 1:31:41Invité politiqueChiffre
    « la fusée Ariane qui a capté 50% du marché mondial des satellites »
  • 1:32:19Invité politiqueChiffre
    « il me faut à peu près 100 milliards »

Temps de parole

  • Jean-Luc Mélenchon98 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Jean-Luc Mélenchon

Merci à celles et ceux d'entre vous qui ont eu le bon goût de mettre un peu de rouge dans l'Arabie et à l'Université. Et merci à vous, bien sûr, l'association d'étudiants qui m'a invité, ainsi qu'à la direction de cet établissement qui manifeste de cette manière le meilleur de ce que doit être l'université française, c'est-à-dire un lieu où l'on réfléchit et où l'on confronte des idées sur la base du débat argumenté de la raison. Je sais que dans cette salle, sans doute, aient-je des amis et peut-être même des partisans, mais aussi des personnes qui s'y trouvent, qui viennent entendre et se donner un temps de réflexion, peut-être en contradiction avec leurs convictions les plus ancrées.

Aux uns et aux autres, ce que j'aurais à dire ce soir est une contribution à leur propre construction. Ce n'est pas un meeting, c'est une conférence. Pour moi, c'est un moment de plaisir particulier. J'ai rarement l'occasion d'exprimer mes vues et la cohérence d'une pensée politique. Je suppose qu'il y a ici beaucoup d'étudiants en sciences politiques, mais je reproche parfois au cursus universitaire de morceler le savoir et de ne pas laisser toujours bien apparaître la nécessité qu'il y a dans l'action politique d'agir en fonction d'idées claires, si l'on a des vues claires, en fonction d'une cohérence philosophique, d'une cohérence de méthode de pensée, d'où se déduit ensuite l'action.

Trop souvent, la politique est réduite aux méthodes de communication qui permettent, non de convaincre, mais de séduire ou de fasciner. Ma stratégie politique implique ou nécessite la formation d'un noyau conscient, éduqué, automotivé par ses convictions, pour que l'action politique à laquelle j'appelle ait lieu et qu'elle soit en capacité d'entraîner une majorité du peuple, du peuple français en l'occurrence. Je vous présente mon manifeste, L'ère du peuple, qui est pour moi un des livres les plus importants que j'ai écrits pour moi-même. Je ne dis pas que ce soit un des livres les plus importants, quoique secrètement, je le pense.

Mais il est écrit dans une langue qui, hélas, est peut-être trop rigide, mais bien sûr, pour des étudiants, d'une manière générale, c'est peu de choses. Pour moi, c'est important parce que quand je fais un livre, je passe un contrat avec l'éditeur pour la taille des caractères, le prix du livre, toutes choses qui sont conçues pour que le livre soit une incitation à lire et non pas par sa forme même, par son apparence, comme une sorte de barrière pour tous ceux pour qui de tels documents pourraient être un repoussoir.

Comme j'évoque l'éditeur, je ne peux faire ce soir cette conférence sans commencer par dire, en dépit de l'estime personnelle qui me lie à l'éditrice de chez Fayard, combien je suis glacé et horrifié à l'idée que la maison Fayard est à l'idée de rééditer le livre du criminel nazi Adolf Hitler, Mein Kampf. Ce livre tombant dans le domaine public, il s'envisage de le rééditer. On me dit qu'il sera entouré d'un appareil critique.

Je voudrais savoir quel appareil critique, plus significatif que le massacre de 6 millions de juifs, de centaines de milliers de dzyganes, de 50 millions de morts d'une manière générale résultant de la guerre provoquée par les nazis, sans oublier les 20 millions de soviétiques accourus à la rescousse pour notre liberté, quel appareil critique est plus important que celui-ci ? Je ne veux pas être même catalogue qu'Adolf Hitler et je pense qu'aucune personne raisonnable et responsable n'a envie de s'y trouver. Je dis à mon éditrice que je l'adjure peut-être de perdre quelque argent, mais du moins de vouloir conserver l'honneur de ne pas participer à la nouvelle débâcle qui s'annonce.

Dans quel monde vivons-nous ? Jeunes gens, j'ai le cœur blessé de penser que vous héritez d'un monde dans lequel M. Netanyahou peut nier la responsabilité d'Adolf Hitler dans le massacre et qu'en même temps, ce soit à Mme Merkel de rappeler que l'Allemagne a eu sa part. Bon, cette protestation est en faite. Je ne sais pas ce qui se passe dans le couloir, mais j'en suis désolé, on ne peut pas faire mieux, ne nous empêchez pas tous de faire la réunion. J'en viens au fond. Le livre commence par une trentaine de pages inutiles qui font la critique de François Hollande. Elles sont inutiles parce que, là aussi, la critique est faite et déjà réalisée par les faits.

Cependant, mon propos était surtout de montrer ce qu'il y a de plus nocif dans son action. Ce n'est pas tant ce qu'il a fait ou n'a pas fait, mais plutôt une méthode politique particulière qui a consisté à voler les mots, à en changer la nature et la destination. Qu'est-ce qui se passe ? À voler les mots et à en changer la destination, si bien qu'à la fin, on puisse entendre de toutes parts la gauche et la droite, c'est pareil. Nous avons besoin des mots pour désigner les choses, car désigner les choses correctement, c'est commencer à pouvoir les maîtriser, les dominer, se rendre maître d'elles et à partir de là, se rendre maître de soi.

Si on appelle politique de gauche une politique de l'offre, alors plus rien n'a de sens. Qu'est-ce qu'une politique de gauche ? La politique de gauche a toujours été la politique de la demande. Et depuis que le monde est monde, l'économie de base des êtres humains est une politique de la demande. C'est parce qu'on a soif qu'on va chercher de l'eau. Et si on veut en garder un peu pour la soif suivante, il faut inventer le récipient dans lequel le mettre. La politique de l'offre est une invention particulière de la société de la production de masse et du productivisme de notre époque. J'y reviendrai dans un instant.

La politique de la demande, par des besoins humains, elle cherche d'abord à les régler. C'est un exemple que je donne. Pourquoi la falsification des mots nous nuitant ? D'abord parce qu'elle vous empêche de penser. La meilleure manière de penser, c'est de penser avec des mots. Sinon, c'est une agitation neuronale, électromagnétique. Et ceux qui se réfèrent à Karl Marx dans cette salle, peut-être y en a-t-il quelques-uns, savent que Karl Marx lui-même disait que la pensée était une sorte d'ébullition qui ne commençait à prendre de réalité que par la malédiction, dit-il entre guillemets, d'une réalité matérielle, la parole.

Et moi, je m'inquiétais de dire, au moment où tant de choses ont changé, si nous ne disposons pas des mots dont nous étions les héritiers pour montrer en quoi ce qu'il désigne a changé, alors nous serons dans la plus grande difficulté pour nommer les choses. Et j'ai fait commencer mon livre par une petite remarque, quelques phrases que j'ai empruntées à 100 ans de solitude de Garcia Marquez. Vous avez lu 100 ans de solitude ? Qui est-ce qui a lu 100 ans de solitude ? Bon, ben, c'est déjà ça. Bon, ça ne vous dira rien, alors, les autres. Lisez 100 ans de solitude, vous ne serez plus les mêmes en sortant du livre. Ça raconte 100 ans de solitude.

Et au début du livre, le colonel Aureliano Buendia, que l'on va fusiller, ce qui est, paraît-il, une circonstance à la faveur desquelles toutes sortes de pensées viennent à l'esprit, s'aperçoit qu'il réfléchit et il se dit « Mais moi, je suis arrivé ici à un moment où le monde était si récent que beaucoup de choses n'avaient pas encore de nom. » Et pour les mentionner, il fallait les montrer du doigt. J'ai à vous montrer du doigt des choses radicalement neuves, dont la nouveauté réorganise totalement l'espace politique. En tout cas, l'espace dans lequel les êtres humains doivent concevoir leur futur. Ces choses radicalement nouvelles, vous les avez sous les yeux.

Et comme vous les avez sous les yeux, vous ne vous rendez pas compte du fait qu'elles sont totalement nouvelles. Je vais aller du plus simple au plus compliqué. C'est-à-dire des choses matérielles au cœur des êtres humains. L'idée courante en politique, c'est que nous vivrions une crise. Il n'y a pas de crise. Le mot crise désigne un moment passager au cours duquel l'ordre des choses se dérègle avant que par des remèdes on ne revienne à la situation antérieure. Voilà ce qu'est une crise. Jamais on ne reviendra à la situation antérieure. Jamais. Plus jamais. Ce à quoi nous avons affaire n'est pas une crise, mais une bifurcation du cours de l'histoire.

Le mot bifurcation remplace dans mon vocabulaire d'une manière usuelle le mot crise et souvent le mot révolution. Qu'est-ce qu'une bifurcation ? Je vais en donner une image quasi caricaturale, assez caricaturale, mais qui permet de bien comprendre. C'est quand l'ensemble des paramètres d'une situation ne changeant pas, un seul paramètre change et la totalité du système en mouvement change de trajectoire. Les sociétés humaines sont, on peut dire, des systèmes composés d'une multitude d'éléments, vous, des situations matérielles, en mouvement dans le temps. Un paramètre change et tout change. La trajectoire d'ensemble change.

Exemple caricatural, vous êtes dans une voiture, sur une route toute droite, vous roulez d'une manière constante, vous êtes assis confortablement derrière votre volant et vous ne bougez pas, et tout va bien, jusqu'à ce que surgisse une guêpe. C'est-à-dire, finalement, très peu de choses. Et qui va provoquer une sortie de route vraisemblable si elle vient à vous piquer. Une bifurcation est de cette nature. Tous les paramètres sont les mêmes, mais la trajectoire change. Je vous propose donc de réfléchir rapidement à trois bifurcations fondamentales. J'ai dit, je commence par la plus simple.

Une qui ne vient pas forcément à l'esprit, que vous connaissez, c'est le fait que l'économie est non pas mondialisée. L'économie a toujours été mondialisée. Toujours. L'Empire romain est une mondialisation. L'Empire égyptien est une mondialisation. Dès que les êtres humains, par petits groupes, ont commencé à être en contact les uns avec les autres, mais on peut supposer qu'en réalité, n'ont jamais perdu contact les uns avec les autres, le monde étant celui des êtres humains, il a toujours été mondialisé. Même si le monde était tout petit, puisque le nombre des êtres humains était tout petit. Nous vivons une globalisation. Ce n'est pas pareil.

Le mot anglais, pour une fois, désigne mieux les choses que le mot français. La globalisation. La globalisation de quoi ? L'interpénétration des économies, reliées toutes par une peau subtile, qui est l'ensemble des bits qu'il y a dans les ordinateurs. est dans ce monde particulier une réalité particulière. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, l'accumulation de la richesse ne dépend pas de l'achat et de la vente de valeurs d'usage, mais repose exclusivement sur le mécanisme des valeurs d'échange. Au point que les valeurs d'échange ont pu se libérer de tout rapport avec les valeurs d'usage.

C'est-à-dire que l'on échange 4 000 fois plus en signes monétaires que l'on échange en réalité. Que quand on échange pour 40 millions, en réalité, il s'échange pour 4 000 milliards. Et ça, tous les jours. Je ne vous fais pas la liste année par année, parce que ma conférence comportant plusieurs points, on y passerait la soirée. Mais ça a été d'un coup un envol dont on peut dire quel est le point de départ. 15 août 1971. Ce jour-là, le président des Etats-Unis décide que le dollar n'est plus convertible en or.

C'est-à-dire que contrairement à ce qu'on avait toujours fait dans l'histoire, à savoir qu'un signe monétaire devait toujours avoir sa contrepartie matérielle immédiatement vérifiable, ça n'existait plus. A partir de là, les Etats-Unis d'Amérique, dont la monnaie était la monnaie de réserve de toutes les autres, elles-mêmes assises pour finir sur des réserves d'or, le président des Etats-Unis a eu la possibilité de faire tourner la planche à billets autant qu'il voulait, sans que personne n'aille jamais vérifier si derrière se trouvaient les marchandises attentes. Pourquoi y est-il arrivé ? Parce que le dollar était le moyen d'échange monétaire mondial.

Si bien que par un effet de substitution, toutes les valeurs qui s'échangeaient en dollars étaient censées être accordées au dollar. Mais pour autant, ces valeurs sont des valeurs de différents pays. J'espère que ce n'est pas trop abstrait. Mais c'est un changement inouï quand vous voyez le total de la capitalisation boursière représenter des dizaines de fois la production réelle. Vous avez donc la formation d'une énorme bulle, une circulation au-dessus de la sphère de l'économie réelle qui se fait hors de tout contrôle et qui absorbe toute la puissance, toute la richesse, tout ce qui est produit et qui en invente d'autres par le mécanisme du crédit.

Mécanisme qui a permis de contenir les salaires pendant un temps en offrant du crédit quasi illimité, gonflant cette bulle. C'est incroyable. Le banquier central Mario Draghi a pu au début de l'année décider de mettre 1 000 milliards d'euros, 1 000 milliards d'euros à la disposition des banques. Vous n'en avez pas vu un seul arriver dans la production réelle. Tout est parti dans la sphère financière.

Parce que dorénavant, le mécanisme traditionnel de stabilisation des crises qui faisait que les Etats-Unis d'Amérique injectaient des milliards chaque fois qu'il y avait un bug pour relancer le crédit, lequel relançait la consommation, lequel relançait la production, ce mécanisme qui a fonctionné jusqu'à 2008, dorénavant, ne fonctionne plus. A partir de 2006, les Etats-Unis d'Amérique ont cessé de publier la masse de dollars qu'ils mettaient en circulation chaque année. A partir de 2008, face à la crise qui s'est produite, vous vous en souvenez peut-être, vous avez lu sur le sujet, la crise des subprimes, ils ont injecté des milliards de dollars.

Et pour la première fois, on a vu les milliards de dollars arriver. Le crédit faire ça, la consommation faire ça et la production faire ça. C'est-à-dire, impossible de relancer la machine. Nous vivons dans ce monde-là. Une pierre dans la vitrine peut tout faire s'écrouler. Quoi qu'il fasse, aucune politique de relance ne peut fonctionner. Quand par hasard elle fonctionne, elles remettent la machine en route, mais elle ne fonctionne pas. Vous êtes là, en ce moment, dans cette situation. Tous les mois, ils vous annoncent la reprise, il n'y en aura pas. Cela n'est pas possible. Tant que la bulle est là, on accumulera plus dans la bulle que dans la production réelle.

Et comme la production réelle est dans des pays qui eux-mêmes ont créé une bulle comme la Chine, les choses ne bougeront plus. Cet ordre des choses provoque au moins une conséquence. Un renversement de l'ordre géopolitique est à l'ordre du jour. Si les Etats-Unis d'Amérique perdent la première place géopolitique, l'instant d'après, la première place, comment la perdrait-il ? C'est si le dollar cesse d'être la monnaie de circulation et d'échange mondial. S'ils perdent cette première place, ils n'iront pas à la deuxième place derrière les Chinois qui produisent les premiers dans le monde.

Ils iront à la 60e, à la 70e place parce que tout d'un coup, explosera une hyperinflation quand on essaiera de mettre en harmonie la masse monétaire en circulation avec celle des marchandises disponibles. Voilà pourquoi les Etats-Unis d'Amérique sont une puissance dangereuse et menaçante parce que c'est leur propre existence qui est en cause. Et ils ne peuvent survivre qu'à la condition de la prééminence s'ils veulent s'éviter le désastre d'une hyperinflation. Deuxième bifurcation, celle-là, vous la connaissez tous, c'est celle qui est en train de se produire dans l'écosystème compatible avec la vie humaine.

Je suis écosocialiste, vous le savez, ce n'est pas la peine que j'aille au bout de ma conférence pour vous le dire. Et vous comprenez que lorsqu'on regarde l'écosystème compatible avec la vie humaine et qu'on prétend le défendre, on ne défend pas la nature en général. On n'essentialise pas la nature. A plus forte raison, ne la divinise-t-on pas. Il n'y a pas la mère nature. Les êtres humains pourraient tous disparaître. Des tempêtes incroyables dévaster la survie face de la planète, l'eau monter et recouvrir je ne sais combien de terres aujourd'hui émergées. Qu'est-ce que ça changerait ? Rien. Il n'y aurait plus d'êtres humains, la belle affaire. Il n'y a plus de diplodocus.

La terre roulerait dans l'espace infini avec peut-être peuplé de cafards, de fourmis et de quelques personnes que nous connaissons tous sont increvables. Et c'est tout. Donc ce n'est pas la nature que nous défendons. Nous défendons l'écosystème, l'ensemble des conditions qui rendent la vie humaine possible, qui incluent la nature telle que nous la connaissons aujourd'hui. Une bifurcation est commencée. Sous vos yeux, la question se discute. Quoi qu'il arrive, la mer monte parce que la température augmente. La température qui augmente et la mer qui monte détraque le climat, le dérègle.

Ce dérèglement n'est pas linéaire, il est stacostique, c'est-à-dire qu'il passe par des phases d'accélération, des paliers et des accélérations. Le réchauffement climatique fait fondre les glaces, les glaces qui fondent augmentent la masse d'eau dans la mer, la masse d'eau dans la mer pèse sur la glace qui est au fond, laquelle craque et remonte. Et elle libère des quantités incroyables de méthane qui aggravent l'effet de serre. Et lorsque cet effet de serre est aggravé, on passe à la deuxième phase où recommence le cycle. Et à la fin, qu'est-ce qui se passe ? Ainsi qu'en cours de route, il pleut. Il pleut beaucoup tant qu'il fait chaud. Et puis tout d'un coup, il fait très froid.

Il y a une conférence qui est convoquée au mois de novembre et de décembre. Il est du devoir de tout responsable politique de prendre une mine grave et d'espérer que les choses se passent bien. Je ne vais pas vous raconter d'histoire. Ce n'est pas possible. Il y a une contradiction absolue entre la nature du système productif actuel et les objectifs que prétend s'afficher l'humanité. Ce n'est pas une affaire de perversité des décideurs. C'est qu'il leur est impossible, compte tenu des régimes économiques qu'ils promeuvent, de faire autre chose que ce qu'ils font. Si l'on pense que c'est le marché, la concurrence libre et non faussée, la politique de l'offre.

Chacun produit ce qu'il veut, comme il veut, quand il veut, à la quantité qu'il veut, du moment que ce n'est pas cher. Alors, on ne peut rien faire d'autre que de détraquer ce qui reste encore maîtrisable. A 2 degrés d'augmentation de la température de la Terre, la mer monte de toute façon d'au moins 1m40 d'ici à 2050. au-delà de 2, nous allons plus loin. Il y a des disputes pour savoir si c'est 1m20, 1m40, 70 cm, et si c'est en 2040, ou si c'est en 2050, ou en 2060. Eh bien, j'avoue que j'ai tort. Comme ça, ce problème est écarté. Mais ce que personne ne peut nier, c'est que l'eau est montée plus haut en même pas 5 ans qu'en 3000 ans.

et qu'à partir d'un mètre d'élévation du niveau de la mer, nous savons quelles sont les surfaces actuelles qui seront recouvertes par l'eau. Quelles conséquences a-t-il ? Pas seulement que vous aurez les pieds mouillés. Que faire ? Le problème n'est pas le changement de la nature, c'est le changement de la nature dans le contexte nouveau dont je vais parler dans un instant des êtres humains. Des tsunamis, il y en a toujours eu. Des tremblements de terre, il y en a toujours eu. Sauf qu'avant, les tremblements de terre provoquaient des tsunamis qui passaient sur des cabanes de pêcheurs. Aujourd'hui, elles passent sur des centrales nucléaires. Tout le monde voit la différence. C'est Fukushima.

C'est bien loin. Une histoire de japonais. Avec un vent de 140 km heure et des creux de 7 mètres, la centrale nucléaire de Blaille, située à 50 km de Bordeaux, a failli être noyée. Heureusement, un ingénieur s'est dit que compte tenu de la montée de l'eau, des vagues, des tourbillons qu'il y avait dans le fleuve et dans la mer, les prises d'eau froide nécessaires pour refroidir le mécanisme de la centrale seraient sans doute obstruées et il a coupé le système. Nous lui devons la vie. Le système a été coupé. Au contraire, de Trimail Island où celui qui contrôlait le pupitre avait un sigre au ventre qu'il ne voyait pas les boutons s'allumer en dessous.

Qu'à Tchernobyl, ou un imbécile, a voulu voir quelle était la résistance du matériau s'il faisait monter le truc. Il a vu. N'oubliez jamais qu'un système 100% rationnel n'existe pas aussi longtemps qu'il y a des êtres humains derrière. Ça n'existe pas. Vous voyez, des fois ça produit le meilleur, des fois ça produit le pire. Mais ce qui est certain, c'est que 7 mètres de creux 140 km égale noyade. Si 1 mètre 20, la centrale de Blay est noyée, c'est une centrale nucléaire. Qu'est-ce qu'on fait ? Deux attitudes possibles. Ça compte pour soi et de la prévision intellectuelle. Investissez dans les compagnies de déménagement.

Ou bien vous êtes des planificateurs habitués au désordre et vous dites c'est un problème toute cette eau qui monte et toute cette eau qui tombe. Qui est-ce qui sait nager ? Ne croyez pas que je plaisante. Il y a une ville en Inde qui est noyée tous les 3 mois. Et bien maintenant c'est ça que fait la municipalité. Quartier par quartier, elle regarde si tout le monde sait nager. C'est une vraie histoire. Je ne l'invente pas. C'est une vraie histoire. En tout cas, ce que vous voyez c'est que la conséquence de cette situation que je décris bien sûr dans son extrême catastrophique mais vous en connaissez toutes les étapes intermédiaires.

Le retour du courant al Nino va provoquer une aggravation des changements atmosphériques que l'on connaît dans des zones dont on sait d'avance où elles sont. Et ce dérèglement va provoquer une crise agroalimentaire dont nous verrons bientôt les effets au mois de janvier de l'année prochaine quand le climat aura été perturbé et que les récoltes seront moins bonnes ou n'auront pas lieu et provoqueront ainsi de nouvelles tensions sociales parce qu'on peut se passer d'à peu près tout sauf de manger et de boire. Ça, c'est un des effets. Et il y en a combien d'autres comme ça ?

Par exemple, le réchauffement fait que la mouche drosophile se déplace et monte du sud du pays vers le nord si bien qu'elle commence à s'attaquer à des vignes si vous ne buvez pas de vin ça vous est égal mais qui font disparaître la récolte ici et là et donc les moyens qui sont liés à la récolte pour ceux qui en vivent. Par conséquent, il est impossible de considérer que le changement climatique ou le dérèglement climatique est une question à côté, un chapitre à l'intérieur du programme. questions environnementales. Non. C'est la condition numéro un. L'équilibre de l'écosystème qui rend la vie humaine possible est la question numéro un.

La question numéro un est entrée en turbulence et elle est en voie d'une bifurcation. Ceux qui sont confrontés à cette situation ne peuvent pas la résoudre. Parce que pour la résoudre, il faudrait premièrement prendre des décisions qui s'imposent à tous. Or, le modèle libéral, c'est que la régulation est un obstacle au fonctionnement de l'économie. Seule la liberté la plus extrême permet, au fond, à la main invisible de réaliser l'équilibre.

Deuxièmement, dans une situation où l'économie est financiarisée, vous devez choisir entre l'investissement qui va vous permettre de changer les process de production pour les faire correspondre à des exigences compatibles avec l'écosystème ou bien rémunérer vos actionnaires. Que voit-on ? Que la rémunération des actionnaires est supérieure à l'investissement dans tous les pays développés. Nettement supérieure. Et dans notre pays comme dans les autres. Cela résulte encore une fois de la logique du système lui-même. Il n'y a aucune perversité. Celui qui est payé, c'est son métier de faire le trader ou de faire celui qui fait vivre des fonds de pension ou des comptes.

C'est son travail d'optimiser, comme ils disent, le résultat. Et vous obtenez des taux de rendement qui sont exigés comme on ne l'avait jamais vu auparavant. Lorsque j'étais un jeune homme de votre âge, 3-4% de taux de profit était considéré comme une polliation barbare des droits des travailleurs. On était à l'époque dans la proportion 70% de la richesse produite répartie en salaire et 30% pour le capital. aujourd'hui, nous sommes à 60-40. Dans les ex-pays de l'Est, nous sommes à 50-50. C'est du jamais vu. 50% de la totalité de la richesse produite distribuée à quelques personnes et le reste à tous les autres. Ça vous donne le 99 pour 1.

85% de la richesse totale concentrée dans quelques mains. Etc. Quand ce déséquilibre qui peut vous paraître choquant sur le plan moral ou sur le plan social a une conséquence écologique fondamentale, il y a un rapport entre l'extrême richesse et le dérèglement climatique. Il y a un rapport entre l'extrême richesse et l'extrême pauvreté. Je vous le dis parce qu'il m'arrive des fois qu'on me dise « Mais monsieur Mélenchon, tout de même, vous n'allez pas nous dire que s'il y a des pauvres, c'est de la faute des riches. » Et les gens ont l'air de découvrir. Et je leur dis « Ben si.

Pour qu'ils puissent être aussi riches, il faut que essoter toutes les cloisons qui permettaient que ça leur vienne dans leurs mains jusqu'à une situation qui est humainement, culturellement absurde, comme l'a dit Bernie Sanders. Pourquoi celui qui a un milliard en voudra un deuxième ? Pourquoi faire ? Pourquoi faire ? Qu'est-ce qu'un être humain qui veut s'enrichir au point d'avoir de quoi satisfaire des besoins 4 francs fois supérieurs à celui du voisin ? Qu'est-ce qu'un être humain qui a des besoins 400 fois supérieurs à celui du voisin ? Un handicapé très grave qui a besoin d'aide et de secours ? Non !

Une poignée de gens qui eux-mêmes ne savent même plus quoi faire de tout ça ni même combien ils en ont. Vous le savez bien. Bon. Ça, c'est la deuxième bifurcation. Et maintenant, j'en viens à la troisième. Ces choses nouvelles. C'est la condition humaine elle-même. Le cycle solaire, ça marche quand vous êtes une société agricole. Bon, vous connaissez l'exemple, peut-être que vous m'avez entendu le développer. Pharaon va faire se lever l'étoile de Sirius tous les ans. Et grâce à son action magique, l'étoile de Sirius se lève, du coup, la crue a lieu, du coup, le Nil déborde, du coup, les allusions fécondent la terre, augmentent les surfaces et passent les agents du fisc qui viennent mesurer.

Et c'est comme ça qu'on invente les maths avec le fisc et on dit aux gens ce qu'ils vont devoir payer après. l'ordre cosmogonique, l'ordre politique, l'ordre social sont en harmonie l'un avec l'autre parce que mis au même rythme, soumis au même rythme. Et donc, je me suis aperçu qu'il y avait un rythme interne qui permettait de rendre compte d'un grand mystère. Comment se fait-il que le calendrier que j'ai perdu, oui, il est perdu, non, le voilà, habilement caché, que le calendrier de l'histoire de l'humanité soit ce qu'il est. Regardez bien, écoutez, c'est dans le bouquin aussi, 1er janvier, naissance du premier être humain. Le jour même, il avance les premiers outils, forcément.

1er janvier, eh bien, vous devez attendre fin octobre, janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre. Oût, c'est un bon mois, c'est mon anniversaire. Octobre. Fin octobre, on invente le feu. 13 décembre, les premiers rites funéraires. 28 décembre, la grotte de Lascaux est peinte. 30 décembre, invention de l'agriculture. Le 31 décembre, c'est la dernière journée. A 4h du matin, on invente la roue. A 22h05, quand même, toute la journée, Christophe Colomb découvre l'Amérique. A 22h50, première machine à vapeur. Et la dernière heure, en 23h10, la révolution française. 23h46, première centrale nucléaire. 23h58, premier smart téléphone. Comment expliquer ça ?

Quel est le facteur à l'œuvre ? Est-ce qu'on est devenu de plus en plus intelligent ? Oui. De plus en plus sachant, car la communauté humaine et chaque individu procède par un processus de culture cumulative. faites-vous expliquer ça. Ce soir, je ne peux pas. Ainsi que de désirs mimétiques. Ça, vous comprenez mieux. Ça veut dire je veux ce que l'autre veut parce que sans doute que ça doit être bon. La preuve, c'est qu'il le veut. Ce qui fait que la communauté humaine procède par apprentissage. Mais de tout ça, ce qu'il faut retenir, qu'est-ce qui s'est passé à mesure ? Le fait, c'est le nombre.

Chaque fois que l'humanité double en nombre pour répondre aux nécessités résultantes du doublement, quel que soit le temps que ça prend pour doubler, pour passer de 10 à 20 et ainsi de suite, quel que soit le temps que ça prend, quel que soit le nombre de ceux qui meurent avant que le doublement soit fait, tout simplement parce qu'il n'y avait pas assez à manger pour tout le monde, de toute façon, le nombre oblige à une prédation supplémentaire sur la nature. Pour simplifier, si vous commencez par faire de la cueillette, vous voyez bien qu'à 3 ou à 4, ça peut aller, il n'y a pas besoin d'aller trop loin.

Mais à 10 et à 20, il faut aller de plus en plus loin et puis il faut changer d'endroit sans arrêt jusqu'à ce que quelqu'un trouve l'agriculture. Et du moment où vous trouvez l'agriculture, vous arrêtez de vous déplacer, donc vous diminuez les risques, vous augmentez la quantité de nourriture disponible, donc vous améliorez la qualité et la viabilité des êtres humains qui naissent. Le nombre est le moteur de l'histoire. L'histoire est l'histoire des fluctuations du nombre. Ah, comment fais-je cohabiter ce que je viens de dire avec le fait que j'appartiens à l'école du matérialisme historique et donc du marxisme qui lui affirme que l'histoire est l'histoire de la lutte de classe ?

Eh bien oui, c'est l'histoire de la lutte de classe, mais la lutte de classe est une conséquence du nombre parce que pour qu'il y ait des classes, il faut qu'il y ait une accumulation. Pour qu'il y ait une accumulation, il faut qu'il y ait du nombre. Ça n'est donc pas incompatible, c'est un point de vue qui élargit la compréhension. Donc, chaque fois que vous êtes confronté à un problème politique, pensez aussi à la question du nombre. Par exemple, si vous voulez comprendre ce qui se passe entre les Français et les Allemands depuis bientôt un siècle et demi, référez-vous à chaque fois au nombre des uns et des autres qui déclinent, qui croient, qui est plus nombreux, qui est moins nombreux.

Beaucoup des rivalités et des rapports de force se résolvent par les questions du nombre. Mais je ne veux pas le mettre que sur ce plan-là. Le nombre, c'est l'occupation croissante de l'espace. Plus on est nombreux, plus il faut s'étendre. On peut s'empiler aussi. Mais surtout, on s'étend. Si bien que, progressivement, les troupes humaines, petites hordes, finissent par occuper toute la surface de la Terre. Et puis, que s'est-il passé sous nos yeux ? Pas sous les vôtres, sous les miens. En 1951, outre l'événement extrêmement intéressant de ma propre naissance et prometteur, il y avait 2,5 milliards d'êtres humains sur Terre.

Il avait fallu 200 000 ans pour atteindre le premier milliard et même pas 100 ans pour passer aux 3 milliards. Et de ce moment à maintenant, 7 milliards et nous serons tantôt 9 et bientôt 12. Peut-être avant la fin de ce siècle. Mais quand bien même 9, ça veut dire une explosion du nombre. Et ça n'aurait pas de conséquences. Non, il ne s'est rien passé de particulier. Si, je viens de vous lire la liste là, on pourrait continuer sur les 10, sur les 15, sur les 3, sur les 4 dernières années. Bouleversement complet de la façon avec laquelle les gens sont en relation les uns avec les autres. Le nombre a modifié la condition humaine et déjà il a modifié une condition géopolitique.

Les êtres humains étant si nombreux, 75% d'entre eux sont concentrés au même endroit. Où ? À la frontière du monde. Où est la frontière du monde ? La côte. 75% de l'humanité est au bord de la mer. Et 70% du territoire de la planète est composé d'eau. Que va-t-il se passer ? C'est inéluctable. Nous allons entrer en mer pour occuper l'espace et y prendre tout ce qui se trouve. Comme nous l'avons fait sur Terre. Cette opération est commencée. N'importe comment. À la libérale. Chacun y va comme il sent. Et tout le monde balance ses ordures dedans. Des continents entiers de plastique qui flottent.

Ceux-là vont faire des trous pour sortir du pétrole sans se demander ce qui se passe si jamais le tuyau saute. D'autres vont faire ceci. D'autres vont faire cela. Dégueulassez tout. Pillez tout. Videz tout. Comme ça ne se voit pas. Et pourtant il se produit un phénomène. Je ne vous donne que celui-ci pour que vous soyez attentifs à la nouveauté. Tout à l'heure quand je vous ai dit on est passé de la cueillette à l'agriculture vous étiez tous d'accord pour dire ah oui tiens ça change en effet à cause de l'agriculture à cause du nombre etc. Il s'est produit la même chose. Quand ? En 2003. Il s'est produit un événement de la même dimension.

Pour la première fois on a consommé plus de poissons d'élevage que de poissons pêchés. C'est-à-dire que là aussi on est passé de la cueillette à l'agriculture en mer. C'est un exemple. Mais si vous avez 75% des gens installés au bord d'un endroit où le niveau de la mer va monter et en occuper vous êtes certains que la quasi-totalité de l'humanité est confrontée au problème de la montée des eaux et tout ce qui va avec. Et donc de la réponse politique que les sociétés vont apporter à cette situation nouvelle. Politique ! Personne ne pourra échapper au choix chacun pour soi ou tous ensemble. Personne !

Et par conséquent les grands débats qui structurent la pensée politique vont être des grands débats de tous les jours. On va en parler quand j'en serai à la révolution citoyenne. Maintenant ce changement de l'identité humaine. Je vais vous donner une ou deux indications pour que vous y pensiez ensuite. Je vous ai dit 7 milliards d'êtres humains. Donc dans une vie d'êtres humains et moi je ne suis pas encore mort la population a triplé. Qu'est-ce que c'est que cette population ? Elle est incroyablement et nécessairement jeune. Plus de la moitié de l'humanité à moins de 25 ans. 26% de l'humanité à moins de 15 ans. Bonne nouvelle ? Ce n'est pas le sujet.

Le sujet c'est que nous sommes une espèce d'apprentissage. Les petits humains même les plus petits jouent à apprendre aux autres. Sous l'empire du désir mimétique ils veulent ce que veut l'autre. Et l'apprentissage se construit comme ça. Et la culture cumulative se fait comme ça. L'être humain n'est il n'a pas grand chose en tête et puis il accumule des sensations et puis elles se mettent en ordre et puis une pensée se construit et puis on lui parle alors les mots lui permettent d'organiser les choses etc. La construction d'un être humain est le résultat d'une culture cumulative. A plus forte raison la société tout entière. Mais encore faut-il que la transmission puisse se faire.

Si vous avez un nombre aussi important de personnes il faut penser que la première tâche humaine est la transmission du savoir. D'où soit dit par parenthèse la question centrale de la place de l'éducation dans nos sociétés et de la priorité absolue à y consacrer les meilleurs moyens et l'essentiel. Pourquoi ? Parce que vous sortez d'une société où l'apprentissage se faisait par la tradition. Bon pas vous vous n'avez pas connu ça ou un peu peut-être encore vous êtes quand même conditionné par votre éducation parfois pour le meilleur des fois pour le pire mais enfin le plus souvent aussi pour le meilleur.

Ça ce sont les transmissions des usages mais après des objets essayez de faire marcher un smartphone en faisant tourner le cadran. Vous comprenez ? Les objets changeant sans arrêt. La société humaine est en proie à la trans du futur et cette trans est entretenue par la société productiviste. Déjà c'est compliqué tant mieux qu'on trouve des techniques plus adaptées mais la politique de l'offre ça consiste à proposer sans cesse des choses y compris des choses dont vous n'avez pas besoin qui vont sans cesse révolutionner les usages tant mieux dans certains cas mais dans d'autres pourquoi faire ?

Si bien que si vous vous référez à la tradition vous vous condamnez vous êtes obligé de penser le futur et de vous y inscrire et d'être dans cette trans. Notre société est de cette manière en quelque sorte préparée en permanence par les frustrations qui y sont créées par le mécanisme de la publicité à se tendre vers un au-delà de soi-même. Ça a une très grande importance sur la définition des catégories sociales. Beaucoup d'entre vous sont des enfants de la classe moyenne. La classe moyenne ça n'existe pas c'est une classe idéologique.

Pour prendre un exemple extrême dans tous les pays où nos amis ont tiré de l'extrême pauvreté et de la pauvreté des masses considérables de personnes celles-ci sur son senti classe moyenne. Ni comme les riches dont les consommations scandaleuses et indécentes sont choquantes pour tout le monde ni comme les pauvres qui quand même pourraient faire un effort. C'est la classe moyenne. La classe moyenne a beaucoup d'ambition individuelle et peu d'ambition sociale. Ce n'est pas un reproche que je lui fais c'est une observation de tous les sociologues. Et cette classe s'autodéfinit par quoi ? ses consommations.

Ce sont donc les consommations et certaines ostentatoires qui lui permettent de s'afficher et d'être identifié par le regard de l'autre comme classe moyenne c'est-à-dire ni très riche ni un seul amant pauvre. Ce mécanisme-là qui est lié au productivisme qui est lié au système publicitaire qui est lié au système de la frustration nous pose une question stratégique fondamentale dans les tâches de la révolution citoyenne. En attendant elle nous montre au moins un mécanisme.

Je viens de vous dire un monde jeune j'ajoute un monde où l'on vit plus longtemps et si l'on vit plus longtemps ça veut dire qu'un nombre croissant de personnes ont des exigences minimales à présenter à la société et à la vie donc des prédations supplémentaires sur la nature. Ne croyez pas que ce soit juste le refrain habituel de tous les technocrates pour répéter cette imbécilité qui consiste à dire puisqu'on vit plus longtemps il faut travailler plus longtemps sans qu'un seul de ces benets ait compris que si on vivait plus longtemps c'est parce qu'on travaillait moins longtemps. L'espérance de vie est passée de 47 ans en 1950 sur la planète à 69 ans aujourd'hui.

Ça fait quand même un paquet d'années de plus. Et enfin c'est une société urbaine et en réseau ça change tout. L'interdépendance des êtres humains prend une forme qu'elle n'a jamais eu dans l'histoire. Tous les êtres humains ont toujours dépendu des autres pour survivre dans la horde dans la tribu dans le clan mais là vous ne dépendez pas des autres pour survivre heureusement pour vous heureusement pour moi nous dépendons du système pour survivre ça change tout. Nous sommes des homos pas au sens urbanus pas au sens de masculin êtres humains urbanisés la population du monde est urbanisée comme elle ne l'a jamais été auparavant dans son histoire.

En 1950 30% de la population vivait en ville aujourd'hui à l'échelle de la planète c'est 60% dans nos pays c'est 85%. Ça veut dire que le moindre acte y compris le plus intime dépend d'un immense rouage social qui fait appel à des systèmes et pas seulement à des personnes.

Et ce phénomène qui va vous rendre plus dépendant que jamais par exemple d'un réseau électrique par exemple d'un réseau d'eau potable par exemple d'une route qui existe ou n'existe pas va vous rendre multidépendant et bien tout le monde sait ce que ça veut dire vous avez tous des identifiants et des mots de passe que vous oubliez tous comme moi et vous en avez une pleine page mais vous êtes singulier plus vous êtes dépendant d'un système global plus vous êtes globalisé plus vous êtes singulier. C'est donc le monde le nombre qui crée la singularité alors que l'intuition suggère que le nombre dilue la singularité et l'individualité. Ce n'est pas vrai c'est l'inverse.

C'est parce que vous dépendez de plusieurs sortes sources de moyens de régler vos besoins que vous êtes singulier et que vous le savez parce qu'il n'y a que moi qui connais mes identifiants et mes codes secrets pour prendre cet exemple caricatural mais mon numéro de sécurité sociale dont je dépends pour plein de choses etc. mon numéro de contrat EDF auquel je n'ai rien compris puisque maintenant il y a de la concurrence etc. la dialectique du nombre et du singulier est arrivée à des formes paroxystiques qui changent la condition humaine. Bon quand je dis ça on croit que je décris des grands phénomènes peut-être assez extérieurs.

Bon je viens au plus intime pour que vous compreniez quelles sont les questions nouvelles que l'humanité doit répondre à laquelle jamais eu à réfléchir jusque là. Je vous donnerai un exemple c'est lorsque l'être en tant qu'être de chair conditionné je n'ai que deux yeux et je n'en ai pas derrière moi donc je ne sais pas ce qui va se passer derrière encore que bientôt je le saurai grâce à des lunettes Google qui me signalont ce qu'il y a derrière dehors, dedans, à côté et ainsi de suite. Mais en quelque sorte une limite physique cessera d'être une limite intellectuelle il y a un moment que c'est fait.

La limite physique de la vie humaine et la dépendance à la tradition orale a été vaincue par l'alphabétisation. Tiens l'alphabétisation c'est 70% de la population mondiale qui est alphabétisée c'était même pas 30% dans les années 50.

Une limite une aptitude biologique cesse d'être un destin social les femmes le savent la contraception qui permet de maîtriser le moment où les enfants naissent de choisir ce qui n'est pas d'ailleurs le plus simple à faire modifie complètement la condition la vie le déroulement de la vie d'une femme on voit bien sur cet exemple qu'une aptitude biologique cesse d'être un destin social tout le monde comprend ça 60% des femmes du monde ont recours à un système de contraception ça veut dire qu'il y en a 40% qui n'y ont pas accès 60% en 1950 10% 10% et maintenant 60% ça change tout et bien vous allez y réfléchir mais vous voyez bien que ça change la condition humaine dites-vous qu'une autre question va nous être posée bientôt puisqu'on vit plus longtemps puisqu'on a la possibilité progressive de remplacer un nombre croissant d'organes par des organes artificiels ou par des moyens de toutes sortes qui rendent possible ce que certains par anticipation et science-fiction ont parlé de transhumanisation mais enfin on en remplace des choses peut-être avez-vous un grand-père ou un arrière-grand-père dont on a changé les deux cols de fémur ça n'existait pas ça avant les gens allaient clopinant jusqu'à ne plus pouvoir revivre et maintenant tchoc un coup de scie toc un peu de céramique et hubiquette c'est reparti vous le savez comme moi voilà j'ai encore des lunettes d'ici quelques temps je n'en aurai plus parce que je vais aller me faire fendre je ne sais quoi avec une machine ce dont je suis mort de peur d'avance mais après j'aurai plus de lunettes et comme ça ça fera que j'aurai pu aller chercher toute la journée une autre question va se poser à vous puisqu'on vit plus longtemps puisqu'on peut changer des parts croissantes de notre organisme qui va décider le moment où c'est fini c'est une question je veux pouvoir décider moi moi-même pour moi pas l'imposer aux autres c'est comme quand on parle de droit à l'avortement on n'a jamais dit qu'on était pour l'avortement on est pour le droit à l'avortement c'est pas pareil et bien je revendique le droit de mourir dans la dignité quand j'ai décidé parce que l'aspiration humaine à l'émancipation le mot émancipation vient du mot latin mancipium qui est la main du père sur les enfants on retire la main et tu es libre tu décides tu es émancipé de toutes les contraintes qui pèsent sur nous de notre condition intellectuelle qui nous limite dans nos savoirs et nous empêche de pouvoir accéder à telle ou telle action de rapport social des uns avec les autres des contrats de la loi bref l'émancipation c'est ce processus dans lequel nous nous rendons maîtres de nous-mêmes c'est comme ça qu'il faut le comprendre et c'est un ressort fondamental non seulement de l'identité individuelle des êtres humains mais de la société tout entière souvent je le rappelle la question numéro 1 que se posent les communautés humaines c'est celle de la souveraineté je sais bien qu'il a été fait un tel usage du mot souveraineté pour le transformer en souverainisme et de souverainisme à repli et je ne sais quoi blablabla et à la fin ça veut dire on est borné pas du tout l'anthropologue Maurice Gaudelier je ne cesse de le répéter explique que la première chose que fait qui décrit une communauté politique humaine c'est à dire ayant des règles communes ça n'est pas la famille contrairement à ce que suggère l'intuition la première communauté humaine c'est quand un groupe humain décide d'asseoir son autorité sur les membres qui le composent et sur le territoire qui l'occupe les membres qui les composent tu feras ci mais tu ne feras pas ça ce n'est pas permis ici tu n'es pas d'accord dégage dans les premières sociétés humaines la pire des punitions ce n'est pas la mise à mort c'est le bannissement débrouille-toi tout seul donc la souveraineté est un processus individuel ça s'appelle l'émancipation personnelle puis ça devient un processus collectif ça s'appelle l'émancipation collective et ça porte un nom la souveraineté la souveraineté sur soi la souveraineté sur le territoire qu'on occupe mais plus important que tout sur le groupe humain qu'on constitue voilà comment la question de la démocratie va venir ensuite comme une réponse à cette manière d'instituer des lois légitimes parce que décidées par tous et ça pique donc à tous mais j'en reste là où j'étais modification de la condition humaine voilà donc le nouvel acteur de l'histoire l'homo urbanus en réseau ces réseaux ont toujours été pour nous le moyen de l'émancipation la classe ouvrière qui était au 19ème siècle selon nous la classe révolutionnaire elle l'était non seulement du fait des conditions matérielles particulières de la relation sociale de patron à employer qui faisait le travail en réalité et bien ceux qui le faisaient mais qui s'en appropriait les biens ceux qui possédaient les moyens de production on voyait la révolution et l'émancipation comme la domination du grand nombre sur lui-même en expulsant les parasites qui en prenaient leur part mais cette classe ouvrière si l'on y réfléchit bien qu'est-ce que c'était sinon déjà un groupe humain en réseau par comparaison aux paysans qui vivaient éparpillés dans la nature en petits bourgs ceux connaissant peu et en rivalité des uns avec les autres tandis que les ouvriers nivelaient par leurs conditions communes et leurs installations obligatoires aux alentours de l'usine regroupés dans des habitats communs vous avez tous entendu parler des corons dont je vous prie de croire que c'est pas du tout d'un paradis c'est un endroit de surveillance mutuelle et bien c'était donc un réseau ces réseaux sont dorénavant à l'échelle de l'humanité ce n'est pas rien ce n'est pas rien qu'il y ait 3 milliards d'individus connectés par internet ce n'est pas rien que dans notre pays il y ait 30 millions de personnes à facebook même si ça nous fait ça nous fait râler pour plein de raisons mais ça change tout le rapport entre nous entre le virtuel et le concret est modifié le concret c'est votre voisin de palier vous ne le connaissez pas et d'ailleurs si vous le croisez vous lui dites bonjour et c'est tout pour qu'il vous foute la paix ne parlons pas de celui de l'étage du dessus ni de ceux de l'étage du dessous ceux du dessus font du bruit et ceux du dessous ont les oreilles trop fragiles vous ne savez pas qui ils sont des fois vous savez ce qu'ils vont manger mais pas toujours mais par contre vos amis de facebook le moyen d'échapper à leur anniversaire le moyen de ne pas savoir toutes les étapes de la croissance de leur gamin il n'y en a pas ceux-là sont plus concrets pour vous alors qu'ils sont virtuels que votre voisin qui est concret et qui est dans un voisinage tout à fait virtuel pour vous vous êtes unis à des millions de gens et donc dans les processus collectifs d'appropriation des situations le réseau a fonctionné à plein pour la première fois on peut observer la révolution depuis un satellite on repère l'augmentation du nombre des communications par téléphone et par internet c'est comme ça plus on est prêt plus on communique l'intuition suggère le contraire que plus on est loin on communique pour savoir ce qui se passe pas du tout les réseaux les plus intenses de communication sont dans les villes on le sait grâce à la géolocalisation vu que tout le monde a un téléphone dans la poche qui permet vous contribuez tous d'ailleurs vous collaborez activement avec la police parce que vous mettez le nom de vos copains quand ils sont dans les manifs alors il y a un petit cadre machin, truc comme ça les autres ils collègues ils connaissent un parent tous ceux qui y étaient hein voilà vous le savez tout ça cette cette homo urbanus c'est le peuple tout le monde dépend du système et quand tout le monde est confronté à des problèmes simples de survie quotidienne pas idéologique alors des montagnes de gens ils vont se mettre en mouvement exemple au brésil vous savez que les brésiliens reçoivent à leur naissance le gène du football c'est à dire que dès leur première apparition ils commencent à donner coup de pied dans des balles donc il est bien connu que le brésilien comme disait machin est footballeur et voilà qu'on organise la coupe du monde de foot et que font les brésiliens des manifestations pour exiger qu'à la place des matchs de foot et des stades de foot on leur donne des transports en commun et pourquoi des transports en commun ?

justement parce qu'ils n'en ont pas et que ne pas avoir de transports en commun c'est se faire voler deux à trois heures de vie chaque jour comme c'est pas trois à quatre heures de vie chaque jour trois à quatre heures de ta vie de ta peau de ta personne de ta respiration sont perdus parce que pour aller au travail pour aller à tel endroit tu dois passer par la route qui est complètement engorgée complètement embouteillée et tu voudrais des transports en commun et on a dit mais qu'est-ce qui se passe pourquoi font-ils ça et les gens dans la rue mettaient tout à l'ordre du jour nous voulons des transports en public ras-le-bol de votre corruption et d'abord vous qu'est-ce que vous foutez là vous êtes élus vous faites rien ça change rien d'ailleurs où ils sont ceux-là à bas au-dessus de ma tête oui parce que là-bas par exemple à San Paolo les riches circulent d'une tour à l'autre en hélicoptère et moi comme j'étais naïf je dis à un camarade ben bon débarras comme ça ils nous cassent moins les pieds pour blaguer il me dit ben écoute figure-toi que c'est pas du tout une bonne nouvelle parce que comme ils circulent en hélicoptère ils en ont plus rien à foutre de ce qui se passe en bas pas bête mais vous voyez ce que c'est qu'une multitude qui à ce moment-là se met en mouvement pour régler des problèmes concrets et comment ça se passe quelle est la multitude devenant peuple c'est ce moment-là où elle devient peuple parce qu'elle est acteur politique comment ça se passe à quel moment monsieur Mélenchon pensez-vous que cela se produira maintenant encore demandé on n'en sait rien on ne sait pas quand mais on sait que ça va avoir lieu tout ce qu'on sait pas c'est quand et c'est là que prend place ce que j'appelle l'événement fortuit qui est événement dans l'histoire autrefois bon vous êtes des étudiants de Sciences Po donc vous avez le temps de réfléchir dans le matérialisme historique on se représentait l'évolution de la société d'après le déterminisme tel qu'on le pensait à la fin du 19ème siècle je vous le résume si on connaît la position et la vitesse d'un corps à n'importe quel moment on connaît toutes ces positions dans le futur et dans le passé ça c'était la vision du déterminisme à la fin du 19ème siècle sans déterminisme pas de science les amis ne confondez pas le mot déterminisme avec fatalisme déterminisme depuis la mécanique quantique on sait qu'il y a un principe d'incertitude ce principe n'est pas une incapacité de l'esprit humain à comprendre c'est une propriété de la nature le principe d'incertitude fait que tout déterminisme est probabiliste il a une chance de se produire de 90% votre cerveau en réalité c'est ce qu'on a découvert est une machine à fabriquer du futur parce qu'il passe son temps à évaluer ce qui va se passer l'instant d'après et quelle est la signification de ce qui se passe si tout d'un coup il y a un bruit violent etc votre cerveau est une machine qui produit le temps le temps n'existe pas il existe des rythmes des temporalités et votre perception de ce que vous appelez le temps qui se traduit par la montre c'est juste la simultanéité des événements et votre cerveau la fabrique elle n'existe pas elle n'existe pas par elle-même le rythme de croissance d'un arbre et le vôtre ça n'a pas de rapport et ainsi de suite ok donc une fois qu'on a compris ça on comprend l'événement tant pis c'est quoi à quoi tenir le principe d'incertitude bon au monde c'est une chose c'est nous c'est ce que nous allons faire ici normalement je vais terminer vous allez me poser des questions on va s'en aller mais je pourrais décider de prendre ça j'en mets un bon coup il est mort principe d'incertitude bon un moment de folie c'est pas quoi hein bon c'est une image caricaturale bon en tout cas vous vous n'amusez pas à le faire mais ça vous montre comment l'apparente stabilité des choses ne doit jamais faire oublier les raisons qui font que tout ça est une construction qui des fois a des critères de fragilité extrêmement intenses dedans mais ça n'est qu'une construction qui marche parce que nous y consentons aussi longtemps qu'on consent à l'ordre l'ordre fonctionne et quand on n'y consent plus il ne fonctionne pas et si en plus il contient en lui-même des contradictions qui peuvent l'effondrer une seule pichenette peut le mettre par terre c'est pourquoi je n'ai pas peur quand on me dit comment ça se fait que ça ne se voit pas dans les urnes que vous n'avez pas encore gagné les élections ça viendra alors je vous ai décrit les conditions totalement neuves de l'histoire les problèmes totalement neuves auxquels vous alliez être confrontés et cet acteur nouveau le peuple le peuple multitude devenant un acteur politique par l'exercice de la souveraineté sur lui-même j'ai été déjà bien long il me faut me résumer pour conclure la thèse de l'ère du peuple c'est ce que je viens de vous développer des conditions particulières nouvelles de l'histoire de l'humanité un acteur nouveau le peuple des réseaux face au problème que j'ai soulevé deux logiciels politiques pour parler avec le vocabulaire qui convient sont définitivement morts le logiciel libéral au sens économique du terme tel que nous le comprenons en europe et non pas libéral par référence à la pensée philosophique ou économique du siècle précédent qui va partir de l'idée que la politique de l'offre l'abaissement des coûts salariaux l'augmentation du crédit va permettre le rattrapage bla bla bla vous connaissez tout ça ça c'est la porte ouverte du productivisme c'est la publicité partout c'est les besoins créés artificiellement des prédations sans cesse sur la nature en espérant que ça s'arrange tout seul l'autre logique c'est la logique qui n'a jamais existé en France pour des raisons sur lesquelles je ne m'attarde pas compte tenu de l'heure c'est la logique traditionnelle de la social-démocratie mondiale qui était nous allons corriger les inégalités que nous constatons dans la société par une répartition inégalitaire des fruits de la croissance on va donner d'après ce qu'on produira plus aux uns qu'ont le moins et moins aux autres qu'ont le plus double erreur première erreur stratégique si vous ne touchez pas à l'accumulation déjà réalisée c'est pas seulement à des comptes en banque que vous ne touchez pas c'est que vous ne touchez pas à leur réseau à leur média à leur manière de dominer la société et en plus vous leur donnez le droit évidemment d'être contre vous parce que nous croyons la démocratie dans un instant ça sera ma conclusion et l'autre raison pour laquelle c'est une erreur c'est parce que l'idée qu'on va corriger les inégalités constatées dans une masse de 7 milliards d'habitants et bientôt de 10 en partageant les fruits de la croissance inégalitairement supposent une croissance infinie ce qui est absolument incompatible avec les limites de l'écosystème par conséquent quoi que l'on pense de ce courant de pensée et de ce qu'il illustre si pitoyablement aujourd'hui quoi que l'on pense quant au fond cette affaire là est terminée c'est donc autre chose qu'il faut inventer je vous ai évoqué tout à l'heure maintenant je viens à la stratégie révolutionnaire mais je dois d'abord vous dire le cadre qu'est-ce que l'écosocialisme que je considère comme étant la réponse à cette situation l'autre logiciel le nouveau logiciel premier je vais vous formuler la doctrine en quelques minutes même pas premièrement il n'y a qu'un seul écosystème compatible avec la vie humaine donc nous sommes tous semblables oui oui ça n'a l'air de rien pour vous mais pendant un siècle et demi on s'est pelé avec les autres nous les progressistes les gens des lumières parce qu'il nous disait ce que vous racontez ça n'existe pas dans la nature il n'y a pas d'égalité il y a des petits des grands des gros des mecs des hommes des femmes ce qui suffit déjà c'est à signaler la différence et l'inégalité donc tout système politique basé sur l'idée de l'égalité entre les êtres humains sera toujours une violence contre la nature le fait que nous sommes tous dépendants du même écosystème tous prouve que nous sommes semblables et que donc l'intuition de l'esprit des lumières est vérifiée objectivement et si donc nous dépendons tous du même écosystème il y a donc une part de cet écosystème qui est bien commun s'il ne l'est pas lui-même tout en entier il y a donc des biens communs les communistes ne se sont donc pas trompés il y a bien des biens communs qui doivent échapper au régime de l'appropriation individuelle parce que ce régime est incompatible avec quoi ?

avec le fait que si nous sommes tous semblables si nous dépendons tous du même écosystème alors il y a un intérêt général humain un intérêt général humain quand j'avais votre âge quand quelqu'un disait intérêt général il y avait toujours un qui levait la main pour dire non ça c'est l'intérêt du capital intérêt général intérêt du capital pourquoi ? parce qu'on pensait que c'était une construction idéologique et bien sûr que c'est une construction idéologique idéale on va dire mais il y a un intérêt général humain comment va-t-on le trouver ? on va essayer comment ?

parce qu'on va en discuter et on doit en discuter nécessairement contradictoirement je dis ça pour les vieux de la vieille il y en a pas dans cette salle mais enfin quand même je parle quand même à eux aussi la démocratie n'est pas une concession provisoire que nous faisons avant la société parfaite et où il n'y aura même plus besoin de règles d'organisation démocratique non la démocratie est la condition nécessaire pour la détermination de l'intérêt général parce qu'il n'existe aucun moyen de le connaître autrement qu'en confrontant des arguments et en pouvant changer d'avis non seulement soi-même mais dans la règle que l'on a posée autrement dit nous avons besoin de lois qui ne soient pas des lois éternelles mais des lois réversibles pour l'adapter à la perception que nous avons de l'intérêt général ça change complètement l'approche qu'on a de la pensée démocratique et qu'allons-nous décider pour pouvoir décider de cette manière un nous avons besoin de la démocratie deux nous avons une exigence par dessus de tout c'est que le débat puisse être contradictoire et si tout le monde est d'accord c'est qu'il y a un problème toute situation où tout le monde est d'accord est suspecte c'est le dissensus qui permet la démocratie pas le consensus parce que le dissensus et la contradiction vous rendent maître de votre décision et vous devrez opiner et 51 auront raison contre 49 pas parce qu'ils ont raison mais parce que nous acceptons la règle du jeu et 49 peut garder sa conviction voilà l'autre manière de regarder la démocratie comme un résultat de l'unicité de l'écosystème commun à tous les êtres humains et de notre similitude mais évidemment pour que cette délibération puisse avoir lieu valablement et contradictoirement il ne peut pas y laisser la place aux arguments d'autorité ni la vérité révélée n'a rien à faire dans la discussion publique même si elle est respectable pour soi-même un argument dont on ne peut pas discuter la valeur et le contredire n'est pas un argument si vous venez en nous présentant les tables de la loi appliquez-les vous-même mais ne demandez pas à la société de les appliquer de force parce qu'une vérité viendrait de l'extérieur cette vérité ça ne peut être ni celle de Dieu puisque personne n'est d'accord sur le sujet ni non plus celle du marché ou de n'importe quelle forme d'organisation économique de la société il n'y a pas de loi naturelle dans l'organisation des communautés humaines la domination c'est que le puissant ne domine pas le faible au moment où on discute que l'homme ne décide pas la place de la femme etc.

etc. etc. voici comment toutes ces choses s'emboîtent confirmant l'intuition socialiste l'intuition c'est-à-dire on s'en sort tous ensemble l'intuition du communisme il y a des choses qui nous sont communes et par-dessus tout l'esprit des lumières la similitude des êtres humains et de la république nous ne décidons pas ce qui est bon pour nous ce qui est simplement une question de démocratie nous décidons ce qui est bon pour tous voilà pourquoi la république n'est pas un régime neutre ce n'est pas une organisation elle a un contenu la république a vaincu l'ancien régime elle doit vaincre maintenant les communautarismes les ethnicismes comment pouvons-nous le faire ?

par une méthode révolutionnaire j'admets que l'on évidemment j'admets et même je demande que l'on conteste ce que je vais dire mais je demande qu'on me dise comment on compte faire autrement je ne parle pas à tout le monde ici je parle à ceux de ma famille d'idées qui veulent changer profondément la société cette stratégie révolutionnaire c'est celle de la constituante pourquoi ? la multitude devient peuple et elle devient peuple quand elle devient peuple constituant c'est-à-dire quand on convoque une assemblée constituante qu'on y appelle à la participation populaire la plus profonde qu'est-ce qu'on y fait ?

on se reconnaît mutuellement des droits et cette reconnaissance de droits mutuels ce sont nos devoirs individuels on ne met pas des devoirs dans une constitution on n'y met que des droits et le droit de l'autre est mon devoir que son droit soit respecté quand nous décrivons les droits que nous nous reconnaissons alors nous formons une communauté humaine une est indivisible puisque la loi s'appliquera à nous tous de la même manière le peuple français doit se reconstruire en tant que peuple acteur de l'histoire et s'émanciper par la méthode révolutionnaire de la convocation d'une constituante après il y a mille manières de faire une constituante vous pouvez la faire type 1958 quatre types dans une piôle qui vous écrivent un truc bon c'est un tel bazar que les gens viennent voter après au référendum oui oui je sais pas quoi ou bien vous avez une autre méthode qui consiste à appeler tout le monde à participer au processus constituant en élisant cette assemblée mais surtout en impliquant le peuple à Venezuela on avait jusqu'à écrit les slogans l'article de la constitution sur les paquets de pâtes et les paquets de riz pour que les gens puissent en discuter à la maison le soir avec les gosses parce que c'est le plus important c'est d'en discuter ensemble et en équateur les gens venaient du plus petit village avec leurs feuilles leurs papiers ils s'étaient réunis pour dire et ben voilà nous voulons que dans la constitution il soit dit qu'on n'a pas le droit de faire ci on n'a pas le droit de faire ça mais on a le droit de faire ci on a le droit de faire ça voilà la constituante qu'il nous faut convoquer donc moi quand je parle de sixième république je n'en parle pas en juriste j'en parle en révolutionnaire pour refonder la république française et si on refonde la république française c'est le peuple lui-même la France qui va se refonder comment voulez-vous la refonder autrement sinon par l'action de la multitude des habitants de ce pays devenant un peuple politique nouveau c'est la nouvelle France qu'il faut construire je ne vous fais pas la liste des réseaux pour lesquels l'ancienne France et son ancienne constitution est dépassée je vous ai montré comment ces choses-là s'enchaînent l'une avec l'autre c'est ce que j'appelle la révolution citoyenne et le livre l'ère du peuple avec ses innombrables défauts est une théorie de la révolution citoyenne c'est-à-dire l'ensemble des faits qui constituent et font système pour penser le réel et pour agir dedans la révolution citoyenne on ne brade pas les mots oui c'est une révolution non c'est pas un arrangement à la papa c'est une révolution parce qu'il s'agit de changer l'ordre juridique des droits que vous reconnaissez y compris les droits fondamentaux surtout les droits fondamentaux si vous ne croyez pas une seconde à tout ce que je viens de vous dire au moins dites-vous ça il y a des droits nouveaux que l'on doit inscrire dans la constitution parce que c'est une obligation tout à l'heure je vous ai dit il est inadmissible que la finance domine l'économie réelle bon vous êtes d'accord avec moi donc ça veut dire qu'il faut limiter les droits de la propriété des moyens de production ne doit pas donner les mêmes droits par exemple à celui qui investit sans dire si demain il s'en va et celui qui laisse son capital pour 10 ans si vous ne nationalisez pas tout autrement dit les droits de la propriété privée qui sont déjà limités doivent être limités dans les formes nouvelles que cette propriété privée a prise le contraire des tribunaux d'arbitrage où les investisseurs veulent se dispenser de la loi vous avez dit tout à l'heure il a raison sur l'écologie vous l'avez pensé bon et bien il y a une conséquence pratique si vous voulez faire bifurquer le modèle économique vous devez poser une règle cette règle c'est la règle verte on ne prend pas plus à la nature que ce qu'elle peut reconstituer allez cherchez les ingénieurs les techniciens femmes et hommes de tous les côtés faites le bilan de votre entreprise de votre production comment ferez-vous pour produire pas davantage et pour pas prendre davantage que ce que vous pouvez que la nature peut reconstituer vous savez tous qu'on est en dette écologique chaque année un peu plus tôt maintenant c'est le 13 août quand on a commencé à faire les comptes on était le 18 sept décembre voilà des droits nouveaux tout à l'heure je vous ai parlé du droit à l'avortement vous êtes d'accord pour qu'à chaque législature on recommence à avoir des gens qui nous menacent sur le sujet non il faut le mettre dans la constitution parce que c'est un droit de la personne à disposer d'elle-même et de même pour le droit à mourir dans la dignité je ne veux pas défendre d'une législation changeante bon elle changera peut-être la constitution elle-même au bout d'un certain temps vous voyez il y a des raisons objectives urgentes qui nous conduisent à devoir légiférer d'une manière constante et stable à travers le mécanisme constitutionnel au moins que des raisons de stratégie de reconstitution de notre patrie commune j'ai dit je ne brade pas les mots révolution changement de l'ordre juridique changement dans l'ordre de la propriété changement dans la hiérarchie des normes aujourd'hui au sommet de la hiérarchie des normes il y a la concurrence libre et non faussée au sommet de la hiérarchie des normes pour ma part je souhaite qu'on mette la solidarité et la responsabilité devant l'écosystème c'est donc bien une révolution mais n'allez pas prendre peur vous vivez dans la révolution vous n'en rendez même pas compte est-ce qu'ils n'ont pas changé l'ordre de la hiérarchie des normes en mettant la concurrence libre et non faussée au-dessus des valeurs de la république est-ce qu'ils n'ont pas changé l'ordre de la propriété quand ils ont privatisé des milliers et des millions d'entreprises dans le monde entier et dans notre pays est-ce qu'ils n'ont pas changé l'ordre de la propriété que ce qui était collectif est devenu privé et ainsi de suite je ne vous fais pas la mauvaise grâce de refaire toute la liste vous êtes dans la révolution et quand vous voyez l'affreux monsieur Gattaz survivant d'une variété de diplodocus équipée essentiellement d'une glande lacrymale qui vient jeter de grosses larmes en vous passant la sébile pour des subventions de toutes sortes parce que les assistés dans ce pays c'est le grand capital et bien lorsque cet homme vient dire nous proposons comme idée moderne pour le monde qui a changé de revenir même pas au Moyen-Âge d'ailleurs nous proposons que l'accord d'entreprise soit supérieur à l'accord de branche et quand il n'y en a pas supérieur de toute façon à la loi autrement dit chacun dans son entreprise dans le rapport fraternel et amical qui unit Marcel le patron à Popole l'ouvrier qui en se tapant sur l'épaule parce qu'on se connait depuis combien de temps bon ça c'est la petite entreprise mais après on peut passer au CAC 40 s'entendent en commun pour fixer le salaire ça n'existe pas tout ça donc dans cette situation de dépendance il faudrait établir la loi parce que c'est ça dont on parle c'est une contre-révolution gigantesque qui vous est proposée là donc vous n'êtes pas confronté à un homme qui vient vous parler d'une révolution citoyenne qui serait un bouleversement de vos pauvres existences si confortables vous êtes confronté à un choix entre la révolution qu'il vous propose et celle que je vous propose vous êtes devant un choix devant la faillite de l'équilibre de l'écosystème vous n'êtes pas en train de réfléchir sur les questions de l'état de la nature vous êtes devant un choix on continue comme ça ou on arrête et si on arrête comment on fait c'est de la politique évidemment ça vous dit pas ce que je vais faire au deuxième tour ni avec qui compte m'allier au premier ce sont les questions passionnantes qui occupent le devant de la scène politique moi j'ai appris quelque chose en regardant dans vos yeux déjà tout ce que j'ai vu devant un exposé d'une cohérence j'espère que vous serez plus les mêmes après qu'avant en toute hypothèse nous aurons fait acte de citoyenneté car la citoyenneté c'est bien sûr comme je l'ai dit tout à l'heure s'emparer du pouvoir à exercer sa souveraineté mais c'est d'abord avoir un avis pour le bien de tous et quel qu'il soit si vous vous souciez du bien de tous déjà vous n'êtes plus la même personne car s'engager politiquement réfléchir politiquement ce n'est pas seulement opiner dans l'arène politique c'est se transformer soi-même à mes yeux de matérialiste c'est pas le goût des biens matériels matérialisme philosophique et de l'esprit des lumières la seule morale qui permet de vivre vraiment en commun est la morale de la responsabilité absolue il faut se sentir à chaque instant responsable de tout en tout point et surtout des autres merci

1:12:49
Invité

j'aimerais poser cette question qui moi une question qui me tient à coeur qui est est-ce que l'apprentissage des codes sources le maniement des codes sources par l'essentiel d'une population n'est pas une nouvelle forme d'alphabétisation qui correspond à un nouvel espace l'espace numérique voilà bonsoir monsieur Mélenchon ou alors devrais-je dire camarade Jean-Luc Mélenchon alors j'ai un petit problème c'est que vraiment je suis rentré avec des a priori mais j'ai été bouleversé par certaines choses que vous avez dites alors j'ai été j'ai été vraiment surpris par la...

attendez la suite au moins non mais vraiment j'ai été impressionné par la culture de l'homme le talent de tribun et c'est vraiment quelque chose que je vous reconnais seulement maintenant alors j'ai aussi été d'accord sur certaines choses que vous avez dites notamment sur l'écologie sur les talents or sur l'histoire de la mondialisation qui en vérité est quelque chose qui a toujours existé notamment sous l'Empire romain mais maintenant j'aimerais vous dire quelque chose c'est que je suis petit-fils d'immigrés espagnols d'une région que vous connaissez bien puisque c'est la région je suis petit-fils de mineurs qui ont vécu dans des corons et seulement le problème c'est que je ne vote pas pour vous je ne vote pas pour vous tout simplement parce que je ne crois pas en le système que vous proposez et même j'irai plus loin en disant que c'est un système que je trouve un petit peu étouffant je pense qu'il faudrait faire confiance si l'on veut l'emploi si on veut le pouvoir d'achat selon moi il faut faire confiance aux entrepreneurs il faut faire confiance à ceux qui créent l'emploi il ne faut pas comme le disait Georges Clémenceau qui avait cette phrase magnifique qui disait que la France était un pays tellement fertile formidablement fertile qu'il y plantait des fonctionnaires et qu'il y poussait des impôts donc maintenant monsieur Mélenchon ma question c'est pourquoi ne pas défendre les contribuables et ceux qui créent l'emploi en appelant d'un autre côté à davantage de pouvoir d'achat et plus d'emploi merci

1:14:54
Jean-Luc Mélenchon

je commence par la question philosophique non mais elle est très intéressante parce que c'est une question d'épistémologie c'est à dire science à propos des sciences comment peut-on avoir des certitudes s'il y a un principe d'incertitude ben précisément nous n'en avons pas nous avons des certitudes probabilistes c'est à dire que nous pensons qu'un événement a une probabilité X de se produire et donc nous nous comportons en fonction de cela par exemple vous traversez une rue et que c'est feu rouge vous avez une haute probabilité de pouvoir traverser sans être écrasé mais il y a quand même un dingue qu'il faut décider de passer au rouge et de vous écraser de la même manière vous êtes engagé sur le trottoir et c'est feu vert c'est pas une situation confortable mais feu vert veut pas dire permis d'écraser ça veut dire que c'est pas votre tour de passer et là aussi la probabilité va être quand même plus grande que vous fassiez amoucher que si vous étiez passé au rouge donc nous n'avons pas de certitude et c'est le défi humain le plus intéressant y compris en science dans les sciences dites dures il n'y a pas de certitude parce que le système d'Einstein bouleverse celui de Newton et en quelque sorte le rend caduc et si l'on va plus loin une vérité à une échelle se transforme en une erreur à une autre prenons un exemple bête et vraiment très bête quelle est la longueur de la côte de Bretagne et bien nous n'en savons rien parce que suivons l'angle sous lequel nous le mesurons la référence que nous allons nous donner c'est pas la même si vous faites un trait droit ou si vous suivez le tour de chaque caillou c'est pas la même longueur ce sont des exemples caricaturaux mais qui nous confrontent à la nature du savoir objectif qu'est-ce qu'un savoir objectif est-ce que seulement il en existe certains ont été très loin par exemple Bernard d'Espagna à la fin c'est quasiment la vérité étant de l'ordre de la pure poésie tout est vrai en même temps et pourtant c'est un scientifique au départ donc nous devons apprendre mentalement à fonctionner avec le principe d'incertitude mais c'est très stimulant moi je sais les atouts que ça me donne par exemple je ne me représente pas le futur comme une ligne droite ni même comme une ligne stacostique je me représente vous savez les représentations mentales sont très importantes pour structurer votre imaginaire et votre manière d'agir moi je me le représente comme une espèce de nuage dans lequel il y a des nuages de différentes couleurs qui cristallisent ou pas modifier votre perception signifie pas que vous serez incapable d'agir bon si je prends ce vert la probabilité qui ne me glisse pas des doigts est en général assez grande avec moi pas toujours et ainsi de suite je vous en ai fait la démonstration tout à l'heure donc nous n'avons pas besoin d'un déterminisme non probabiliste et linéaire pour être capable d'agir d'intervenir ou de penser le réel on n'a pas besoin mais nous avons besoin d'un certain nombre de certitudes de comment dire de savoir qui nous permettent d'agir efficacement alors ça donne mais cette intuition une fois que vous la libérez que vous libérez votre imagination prenons un autre exemple dans les fondamentaux du marxisme pardon je pars de ça parce que c'est mon école de pensée au départ je suis entré dans le matérialisme puis bon j'ai découvert le marxisme et j'étais absolument transfiguré par la lecture de l'idéologie allemande qui est un des livres qui n'a pas été publié du vivant d'aucun révolutionnaire puisqu'il n'est pas paru avant 1930 et c'était fantastique l'explication matérialiste de l'histoire semblait m'avoir donné des clés pour ouvrir tout alors il y a des principes qui sont stables tout à l'heure j'ai parlé du déterminisme c'est énorme le déterminisme bien un autre concept le temps social est une propriété de l'univers social comme le temps dans l'univers est une propriété de l'univers matériel il n'y a pas deux dimensions de l'espace et du temps c'est la même aujourd'hui le monde des réseaux sociaux me permet personnellement de me contrefoutre de la presse de révérence pardon de référence presse écrite je m'en moque au sens littéral et figuré littéral je m'en moque figuré je m'en moque et donc je les manipule parce que ce sont de grossiers manipulateurs qui ne méritent rien d'autre que d'être eux-mêmes manipulés ce sont des animaux assez primaires que l'on peut envoyer en n'importe quel mur en agitant un chiffon rouge pourquoi je dis ça parce que quand on a un compte twitter avec 500 000 followers on n'en a rien à foutre de libération et de ces 25 000 quotidiens de misérables lecteurs qui achètent cette bêtise qui bientôt crèvera la satisfaction générale et de même avec mes 240 000 personnes qui lisent ma page facebook je me contrefous du journal l'express cette misérable officine liée au front national et je me réjouis de sa mort prochaine je leur ris je me moque d'eux je les défie ils ont essayé de m'écraser pendant 3 ans en m'insultant en me photographiant vous avez tous une connaissance de mes trous de nez que moi-même je ne peux pas avoir de mes cheveux de l'ouverture de ma bouche ils ont essayé de m'écraser et je suis toujours là je me moque d'eux je les méprise bon excusez-moi ça m'a fait du bien pour venir aux choses sérieuses si vous parlez de l'espace nouveau nous avons au moins une bataille à mener celle de la neutralité du net et ça a un rapport avec ma moquerie d'il y a un instant pourquoi est-ce que je peux faire ça parce que moi tout seul avec mes petites mains et mon blog ma page facebook où je fais mon mini post dans ma chambre d'hôtel à Strasbourg le soir je peux faire un message et si j'ai trouvé le ton pour vous parler y compris à vous qui n'êtes pas d'accord avec moi mais qui seraient d'accord avec moi pour dire à madame le pen comme je l'ai dit une fois quand elle disait que les deux mômes qui ont été électrocutés à Clichy étaient des voyous j'ai écrit un petit post et j'ai dit je vais vous dire une chose quoi qu'ils aient fait ils ne méritaient pas d'être électrocutés pour ça et quoi qu'ils aient fait leurs parents ne méritaient pas qu'on les traite de voyous deux ans après leur mort et quoi qu'ils aient fait vous ne pouvez pas croire que la police républicaine mène des ventes d'état parce que pour elle c'est un échec que deux mômes se soient électrocutés ce jour là et bien il s'est trouvé un million huit cent mille personnes pour reproduire mon message et dedans il y avait des gens comme vous qui n'étaient pas d'accord avec moi mais qui sur ce point me rejoignaient pour affirmer la morale républicaine et humaniste donc chaque fois que nous bénéficions de cet extraordinaire outil pour dire des choses qui peuvent parler au coeur nous sommes certains d'être entendus par conséquent notre intérêt fondamental notre liberté individuelle est engagée par le fait que le net soit neutre c'est à dire que la rapidité de transmission ne soit pas reliée à la capacité d'acheter de l'espace vous comprenez ce que je suis en train de dire est-ce que vous savez de quoi je parle je suis en train de vous dire que ce qu'ils veulent faire c'est donner une plus grande rapidité d'accès à ceux qui payent le plus et vous qui ne payez rien si vous avez votre petit blog et vous vous passez après si vous appuyez sur je sais pas quoi moi Volkswagen parce que vous avez mis votre basque à gaz avant et bien vous y accédez plus vite parce qu'ils payent plus que moi avec mon petit blog donc la neutralité du net c'est à dire égalité de capacité d'accès et de diffusion est une lutte fondamentale de l'espace nouveau virtuel qu'est le net vous avez donc raison de dire qu'on doit le prospecter cet espace pour en comprendre vite quelles sont les règles essentielles à protéger pour protéger notre capacité à nous exprimer est-ce que c'est est-ce que le succès de madame Le Pen est mot d'échec alors cette question entièrement neuve je vais y répondre très franchement oui mais à coup le pas c'est de ma faute en effet si cette femme progresse c'est de ma faute s'il y a 9 millions de pauvres dans ce pays qui n'en peuvent plus de rage et ne savent que faire c'est de ma faute si tous les jours à la télévision les musulmans sont insultés montrés comme des terroristes exaspérés au dernier degré c'est de ma faute c'est de ma faute si pendant une semaine ça oui j'ai participé on a pu parler d'autre chose puisqu'on parlait d'Air France et de l'action bienfaisante de ceux qui ont défendu leur dignité et leur emploi pendant une semaine on a parlé de social quoi ?

pendant une semaine le seul problème ça n'était pas les arabes les musulmans les terroristes heureusement nous voici revenus à notre menu quotidien mesures de sécurité dans les transports fouilles à corps pour le cas où quelqu'un viendrait avec une bombe pour vous faire sauter votre tramway etc etc qui a recommencé cette semaine avec comme couronnement madame le pen va-t-elle venir nous casser les pieds encore ce soir à je sais pas quoi la déparole et des actes il paraît qu'elle a pas voulu des gens qui étaient là et qu'elle veut pas y aller je sais plus si elle y va ou pas elle n'y va pas eh ben vous allez quand même pas élire pour une femme qui a peur d'un débat mais madame Merkel en ferait qu'une bouchée moi elle voulait pas me parler vous vous rappelez de cette histoire là vous m'avez insulté à me traiter de demi-démande j'ai dit bah ça vous laisse une bonne moitié là dessus elle fait la gueule elle prend son journal et moi pendant 10 minutes j'ai raconté ce que je voulais n'ayez pas peur de ces tigres de papier parce qu'à la fin peut-être qu'ils vont gagner provisoirement mais nous continuerons nous sommes inépuisables rien ni personne ne viendra jamais à bout de nous et quand il ne reste plus qu'une braise il suffit d'une braise pour remettre le feu à la plaine tant que chacun d'entre nous garde sa conviction et la certitude absolue de son esprit de résistance à l'ethnicisme et au dégoût des autres quelles que soient nos convictions politiques ils ne gagneront jamais jamais alors bon il faut vous dire sérieusement vous n'êtes pas obligé de le savoir mais bon maintenant je vous réponds plus académiquement on va dire sinon ça va se transformer en meeting je ne tiendrai pas ma parole à l'égard de l'IEP dans les périodes de crise sociale lorsque l'ordre ne peut plus être maintenu les dominants inventent des systèmes de maintien de l'ordre quand ils n'y arrivent plus du tout ils font des dictatures militaires on tue des gens en paquet bon on nous en a tué 4000 au Chili 30 000 en Argentine etc etc etc avant d'en arriver là ils essayent de trouver un modèle de régulation et comme vous le savez le problème de la droite et du capitalisme c'est quoi ?

c'est le peuple l'extrême droite est là pour répondre au problème de la domination sur le peuple voilà ils servent à ça ils ont toujours servi à ça les gens disent oui mais le culot monstrueux c'est qu'on me dit votre discours est proche du ciel ah pardon c'est l'inverse c'est que eux de tout temps vous croyez qu'on attrape les mouches avec du vinaigre vous ?

non ils viennent ils nous collent après elles récitent des pages entières de ce que je raconte et puis elles captent les gens qui leur expliquent oui mais le problème c'est pas le capitalisme c'est un communiste du système archaïque non le problème c'est les arabes c'est bien connu la génération d'avant c'était les juifs et puis la génération prochaine ça sera les chinois vu qu'il y en a beaucoup il y en a partout bon voilà ces gens là chaque génération invente un ennemi un bouc émissaire qu'on va monter monter monter jusqu'à faire tellement peur à tout le monde ils sont cachés en plus on ne les voit pas tous bon vous le savez ça et cette opération est réussie comment elle a réussi grâce aux militants de terrain du front national qui en discutant convainc les gens qu'il n'y a rien au dessus de l'ethnicisme pas du tout vous avez un matraquage du système qui assigne à résidences d'extrême droite le peuple en disant la majorité des ouvriers vote pour madame c'est pas vrai mais ça ne fait rien c'est dit répéter répéter répéter jusqu'à ce qu'il y a une conviction le système tout entier est arbouté pour vous enfermer d'abord en vous volant les mots vous ne pouvez plus être de gauche parce que si vous êtes de gauche c'est que vous êtes pour Hollande et comme vous ne voulez pas être pour Hollande alors vous n'êtes pas de gauche et donc vous êtes interdits d'être vous-même on vous a enlevé le mot qui vous désignait on m'enlève mon prénom on m'appelle chose parce que je ne m'appelle plus Jean-Luc je ne suis plus Mélenchon je ne suis rien je suis transformé dans la chose que le puissant et le dominant a décidé voilà ce que je vous disais tout à l'heure sur la capture des mots bref voilà comment ils se sont emparés dans certains pouvoirs et alors la route tourne l'événement fortuit se produira il peut rebondir d'une manière ou d'une autre vous savez comme moi que les prochaines élections s'il y a un attentat à la veille ce n'est pas les mêmes que s'il n'y en a pas vous le savez bien la campagne de 2012 je vois des gros malins qui me disent ah vous êtes trop agressif soit vous n'êtes pas rassemblés ben vas-y bonhomme je suis passé de 3 à 11 4 millions de voix c'est déjà pas mal non comme rassemblement qu'est-ce qui s'est passé pendant la campagne de 2012 qu'est-ce qui s'est passé après des mois d'efforts patients pour construire la question sociale et la ramener devant la scène pendant des mois pour parler de culture d'amour de fraternité les valeurs que nous portons qu'est-ce qui s'est passé tout le monde a oublié le lendemain du rassemblement à République l'attentat de Mohamed Merah qui a ramené toute cette saloperie sur le devant de la scène le meurtre l'ethnicisme la haine le dégoût et ben nous avons tenu bon vous savez les gens notre honneur c'est d'avoir fait le discours de Marseille juste derrière en disant qu'il n'y a pas d'avenir dans ce pays sans les arabes et les berbères qui s'y trouvent qui sont français comme nous et qui partagent avec nous la République française parce que être français ce n'est pas une ethnie ce n'est pas une couleur de peau ce n'est pas une religion ce n'est même pas l'usage du français parce que 29 pays longtemps partagent avec nous la langue française c'est un contrat politique que nous pouvons proposer à tout être humain liberté égalité fraternité ça c'est la grandeur de la République française alors je viens à vous et après on arrête alors vous me dites bon je ne vais pas vous brocarder parce qu'on n'a plus le temps puis c'est un juge je suis en position de force je suis au dessus de vous 3 ou 4 mètres là vous avez dit c'est un système étouffant ce que vous craignez c'est que l'application d'abord ne me confondez pas je ne pense pas que vous m'ayez confondu ne me confondez pas avec quelqu'un qui voudrait organiser chaque détail je vous dis ça parce que souvent on me dit quand vous proposez la planification écologique vous êtes pour le gosse plan bon d'abord je fais remarquer que le gosse plan ça ne marchait pas si mal que ça et que d'ailleurs la terre entière planifiait et que sauf erreur le général de Gaulle n'était pas un bolchevik ni non plus les dirigeants des Etats-Unis on a planifié dans tous les pays la planification il y a autant de planification qu'il y a de formes de marché les gens qui me disent vous êtes contre la société de marché de quoi vous parlez toutes les sociétés sont des sociétés de marché qui confrontent l'offre et la demande bon donc la planification écologique qu'est-ce que ça veut dire les gens que vous vous réappropriez le temps long dans une société où domine le temps court qui est celui de la circulation de la finance à la nanoseconde vous savez que la valeur boursière est évaluée à la nanoseconde mais mes amis réfléchissez-y quelle est la valeur différente d'une patate ou d'un kilo de blé entre l'instant A et l'instant B est-ce qu'il a changé de nature est-ce que vous allez en manger davantage ou moins non ça n'existe pas donc dans cette époque comme le pharaon faisait surgir l'étoile cette époque a donné tout le pouvoir au temps court le temps court est un temps anti-écologique le temps long c'est le temps des cycles de la nature notamment et des cycles de la vie humaine voilà pourquoi la planification c'est la propriété collective du temps sur lequel vous prenez des dispositions mais après chacun est libre d'y intervenir bien sûr mais réfléchissez-y concernant votre propre patrie en France tout a été fabriqué par l'état tout à l'initiative de l'état il y a d'autres pays où c'est autrement mais quand on a fait la fusée Ariane qui a capté 50% du marché mondial des satellites c'est une décision de l'état de faire des missiles balistiques intercontinentaux ne vous inquiétez pas je sens vous agiter il va falloir que je conclue donc il n'est pas vrai que le système soit nécessairement étouffant du moment qu'il veut planifier tout dépend de la liberté des acteurs qui s'y trouvent je reconnais que c'est un réglage délicat mais certains secteurs doivent être du domaine de la propriété collective et d'autres non moi je ne propose pas de nationaliser les coiffeurs mais par contre l'industrie financière si je propose de la nationaliser de manière à ce qu'on puisse par ce moyen décider où l'on alloue la ressource collective sur le temps long nous en aurons besoin pour l'économie de la mer il me faut à peu près 100 milliards et ensuite la manière dont ces 100 milliards se répandront dans l'économie française dépendra de toutes sortes d'acteurs alors bien sûr qu'il faut des entrepreneurs à condition que c'en soit dites-moi voir quel est l'esprit d'entreprise et quels sont les risques qui sont pris par ces gens qui viennent sans arrêt mendier des réductions de ce qu'ils appellent des charges qui s'appellent des cotisations quel est le risque que prennent tous ces gens il y a des start-up dans notre pays c'est-à-dire des petites entreprises créées pleines d'intelligence ou des très petites entreprises menées par des gens qui s'auto-exploitent le modèle de l'auto-exploitation c'est l'auto-entrepreneur ça fait mieux qu'esclave s'appeler auto-entrepreneur mais quelle est la différence le malheureux et la malheureuse courent après une tâche se payent sa sécurité sociale et se retrouvent dans la condition du cerf bien mais il est content parce que socialement ça le fait plus de dire qu'on est auto-entrepreneur que de dire qu'on est travailleur à la tâche qui est pourtant la réalité vous voyez comment les symboles culturels ont une grande importance mais je vous donne raison sur ce point bien sûr qu'il faut aller dans tout ce qui encourage l'invention l'imagination mais alors il ne faut pas dessécher l'âme humaine si vous voulez inventer eh bien il faut que votre imaginaire soit nourri il faut donc pouvoir aller à l'école tous pas seulement ceux qui peuvent se la payer il faut beaucoup de profs pour que ça rentre dans toutes les têtes tout ce qu'il y a à partager car le savoir est c'est la seule chose dont plus on le distribue puis il y en a donc vous voyez il nous faut pour tout ça des services publics puissants et notamment le premier d'entre eux le service de l'éducation donc ce n'est pas vrai qu'il y a une contradiction entre l'innovation l'invention et cette forme de collectivisme que je propose à travers la planification écologique et la démocratie radicale de la révolution citoyenne merci beaucoup monsieur Mélenchon et merci à tous d'être venus ce soir merci à tous d'être venus ce soir

Conférence de Jean-Luc Mélenchon sur « L’Ère du Peuple » à Sciences Po Aix-en-Provence — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote