Nathalie Loiseau : "Pour lutter contre le changement climatique, il faut un investissement européen massif"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:59OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que l'Europe progressiste ?
- 1:39RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que ça veut dire ?
- 3:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous le regrettez ?
- 3:40RelanceRéponse directe
Ils disent que vous avez volé l'élection, ces partis que vous venez de critiquer.
- 5:33OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous qu'une fraction importante de l'électorat européen ne croit plus à ce que vous venez de dire ?
- 6:08RelanceRéponse partielle
Il y a eu une lettre aux Européens écrite par Emmanuel Macron début mars, qui insistait beaucoup sur les frontières et la protection. Est-ce que c'est du greenwashing ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:48Invité politiqueFait
« On n'a pas assez demandé à l'Europe. »
- 2:15Invité politiqueFait
« en matière fiscale, elle n'a pas avancé d'un millimètre »
- 2:31Invité politiqueFait
« On n'a pas assez demandé à l'Europe. »
- 5:07Invité politiquePromesse
« si on veut lutter contre le changement climatique, on a besoin d'un investissement européen massif. »
- 5:13Invité politiqueFait
« Si on veut avoir les champions industriels de demain, c'est au niveau européen que ça va se passer. »
- 8:14Invité politiquePromesse
« nous sommes déterminés à sortir du glyphosate en 2021. »
- 11:21Invité politiqueFait
« Ce gouvernement, c'est le premier à avoir décidé la fermeture de toutes les centrales à charbon en France. »
- 21:34Invité politiqueFait
« depuis deux ans, on a mis fin à l'exploitation et à l'exploration des hydrocarbures en France. »
- 21:43Invité politiqueChiffre
« On est le seul pays européen à l'avoir fait. »
- 21:47Invité politiqueFait
« On aide à la conversion vers les voitures propres. »
- 21:50Invité politiqueFait
« On aide à la conversion vers les chaudières propres. »
- 21:57Invité politiqueFait
« il faut aussi le faire au niveau européen. »
- 23:26Invité politiquePromesse
« nous allons pouvoir peser au Parlement européen. »
- 24:06Invité politiqueChiffre
« Nous, nous serons le troisième groupe. »
Temps de parole
- Nathalie Loiseau61 %
- Présentateur22 %
- Invité12 %
- Invité 24 %
- Auditeur2 %
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Suite et fin aujourd'hui des grands entretiens spéciaux que vous propose France Inter depuis la semaine dernière, avec tous les jours une tête de liste aux Européennes. La campagne est donc bientôt terminée. Aujourd'hui avec Yael Gauze, nous recevons celle qui emmène la liste Renaissance Parti La République En Marche. Nathalie Loiseau, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro de France Inter. Progressiste contre populiste, progressiste contre nationaliste, c'est la lecture que fait le président de la République de l'état des forces politiques en présence en Europe. Vous avez naturellement fait campagne en cherchant à imposer ce clivage.
Si la position de l'autre camp est claire, une Europe minimale, la souveraineté retrouvée de la France, le contrôle strict des frontières, on peine encore à comprendre ce que serait une Europe progressiste. C'est l'Europe telle qu'elle est, telle qu'elle a toujours été, c'est toujours plus d'Europe pour réparer les manques de l'Europe, c'est l'ouverture contre la fermeture. Qu'est-ce que l'Europe progressiste ?
Alors d'abord, on n'a pas essayé d'installer un match, il est là. Il est là, malheureusement. Moi, je préférerais avoir en face de moi, au coude à coude, des partis qui s'intéressent à l'Europe différemment de nous. La réalité, c'est qu'en face de moi, au coude à coude, c'est un parti qui veut déconstruire l'Europe. C'est malheureux et ça n'est pas seulement en France. Aujourd'hui, il y a des élections aux Pays-Bas, sont au coude à coude les progressistes du parti du Premier ministre Marc Routeux face à une extrême droite extraordinairement violente, celle d'un dénommé Thierry Baudet. Donc c'est une réalité européenne, il ne faut pas refuser de la nommer.
Ils avancent en Europe, vous leur opposez ici en France l'idée d'une Europe progressiste. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire qu'on n'a pas assez demandé à l'Europe. Ça veut dire qu'on a laissé l'Europe être un grand marché, un espace de paix, tant mieux. Et ça, nous le reconnaissons, nous sommes reconnaissants de cet héritage. Ça, c'est le passé. Mais aujourd'hui, l'Europe est fragile parce qu'elle n'a pas assez traité les injustices sociales à travers le continent, parce qu'en matière fiscale, elle n'a pas avancé d'un millimètre, parce que sur le plan de sa sécurité, elle s'en est remis pendant des décennies aux États-Unis. Et aujourd'hui, il faut se réveiller. L'Amérique de Donald Trump s'intéresse à l'Europe, surtout comme client et surtout en la morcelant.
Donc, on n'a pas assez demandé à l'Europe. Et même en matière migratoire, on n'a toujours pas trouvé de solution européenne, parce que les populistes n'en veulent pas. Eux, ils veulent vivre du problème. Donc, une Europe progressiste, c'est une Europe qui fait revenir le progrès en Europe. Le progrès technologique, on a accepté, nos prédécesseurs ont accepté qu'il se passe ailleurs. en imaginant qu'on pouvait encore avoir une grande révolution technologique nationale. Ça n'existe pas. C'est en Europe qu'on aura la révolution technologique du XXIe siècle.
Yael Gauze, en tout cas, on a changé d'ambiance, Nathalie Loiseau. Il y a deux ans, Emmanuel Macron, il ouvrait son quinquennat par l'hymne à la joie devant la pyramide du Louvre. Maintenant, on est passé de l'hymne à la joie des débuts à l'hymne à la peur. C'est Yves Bertoncini, l'ex-président de l'Institut Jacques Delors, qui le dit en ces termes. C'est une campagne contre, pas une campagne pour, que vous faites. Est-ce que vous le regrettez ?
Au contraire. Ce que je regrette, c'est de ne pas pouvoir parler assez souvent de mon projet. Ce que je regrette de cette campagne, c'est que ça a été beaucoup des petites phrases, des punchlines. Et que finalement, pour rentrer dans le projet, c'est plus compliqué. Beaucoup de partis politiques en France sont venus à la campagne des Européennes parce qu'il y avait une élection, mais pas parce qu'il y avait l'Europe. Notre projet...
Ils disent que vous avez volé l'élection, ces partis que vous venez de critiquer. Ils le disent, Nathalie Loiseau, que le match, entre guillemets, Rassemblement National-La République En Marche, c'est celui de la présidentielle que vous rejouez là. Donc, c'est vous-même qui avez tout intérêt à faire ce duel plutôt qu'à ouvrir le jeu. Franchement... Vous ne découvrez pas la critique, vous l'avez entendu pendant toute la campagne.
Je l'ai entendu de la part de Tête de liste qui déplore, et moi aussi, d'être aussi bas dans les sondages. Moi aussi, je déplore que des partis traditionnels qui combattent le Rassemblement National soient aussi faibles. La différence entre eux et nous, c'est que nous, nous avons une possibilité de le battre. Ce n'est pas fait, ce n'est pas gagné, mais on peut y arriver. C'est une énorme différence parce que c'est une absolue nécessité. Mais je voudrais reparler du projet parce qu'en effet, j'ai ce regret, cette frustration, que très peu ont parlé du projet pendant cette campagne des Européennes. Nous, ce que nous proposons aux Français en Europe, c'est de redresser la tête.
C'est de se dire qu'on peut construire un avenir meilleur, moins incertain, moins inquiétant, que c'est possible et que l'Europe peut nous y aider. On a entendu l'Europe qualifier de tous les mots pendant cette campagne. C'est une vieille habitude française. Tout est toujours de la faute de Bruxelles et au niveau national, on serait tellement meilleur. Moi, je suis désolée. Aujourd'hui, si on veut lutter contre le changement climatique, on a besoin d'un investissement européen massif. Si on veut avoir les champions industriels de demain, c'est au niveau européen que ça va se passer. Parce qu'en face, les compétiteurs, ce sont des continents.
C'est les Etats-Unis, c'est la Chine, c'est la Russie, c'est l'Inde.
Comment expliquez-vous qu'une fraction importante de l'électorat européen ne croit plus à ce que vous venez de dire et qu'on pourrait dire dans un certain nombre de langues, croit même exactement l'inverse ?
Parce que très longtemps, très longtemps, des politiques nationaux se sont essuyés les pieds sur l'Europe. Et très longtemps, les partis traditionnels, pour lesquels j'ai évidemment beaucoup plus de sympathie que pour le Rassemblement national, mais ils ont co-géré l'Europe, j'allais dire à la pépère, une espèce d'Europe du statu quo. Or aujourd'hui, tous les défis dont on parle, ce sont des défis pour lesquels il n'y a pas une minute à perdre. L'urgence climatique, on sait que c'est tout de suite...
Alors parlons-en de l'urgence climatique, c'est bien le projet, parlons-en. Il y a eu une lettre aux Européens écrite par Emmanuel Macron début mars, qui insistait beaucoup sur les frontières et la protection. Et puis il y a Livret Programmatique, votre programme qui a été publié le 9 mai, dans lequel on voit en priorité, en tête de gondole du projet, l'Europe verte. Est-ce que c'est du greenwashing ? Est-ce que c'est vraiment écolo ? Est-ce que vous êtes, aujourd'hui, Renaissance, la liste écologiste ?
A votre avis, s'il y a Pascal Canfin sur cette liste, s'il y a Pascal Durand sur cette liste, si elle est soutenue par Daniel Cohn-Bendit, est-ce que ça ne vous garantit pas qu'on a un engagement fort d'écologie, de solution ?
C'est vous les écolos, aujourd'hui, en France ?
C'est nous qui pouvons peser, c'est nous qui pouvons changer les choses en Europe.
C'est vous l'écologie efficace, alors ?
C'est l'écologie, exactement, c'est l'écologie efficace, parce que nous allons constituer un groupe au Parlement européen, sans lequel aucune majorité ne sera possible. Et cette priorité climatique, cette priorité écologique, qu'on voit monter dans un pays comme l'Allemagne, Pierre Haski le disait très bien. Ce que nous voulons faire, c'est secouer les vieux partis. Pourquoi ça monte en Allemagne ? Parce que malheureusement, la CDU ne s'en est pas emparée.
Parce que malheureusement, aujourd'hui, l'Allemagne émet deux fois plus de CO2 que la France, parce qu'elle a des centrales à charbon, et qu'il y a aujourd'hui une jeunesse partout en Europe, qui a conscience qu'il faut agir tout de suite, que sinon il est trop tard.
Comment vous faites pour dire que vous êtes la liste écologiste en France, alors qu'au sein des 79 noms que compose votre liste, on trouve par exemple en quatrième position, Jérémy Decerle, ancien des jeunes agriculteurs, pro-FNSEA à l'époque, et Pascal Canfin en numéro 2, ex-WWF. On peut être les deux en même temps ? Mais il faut être les deux en même temps.
Moi je ne ferai jamais... Mais on peut être les deux en même temps ? Mais il faut être les deux en même temps. Jérémy Decerle, il partage tout ce qu'il y a dans le projet. Il partage toutes nos convictions, tous nos engagements. Mais moi je ne vais pas faire de l'écologie contre les agriculteurs, ou sans les agriculteurs. On ne va pas diviser les Français les uns contre les autres, avec les bons et les méchants. Il faut trouver des solutions ensemble. Sur le glyphosate par exemple, nous sommes déterminés à sortir du glyphosate en 2021. Pour le moment, il y a des solutions pour 90% des territoires en France. Qu'est-ce qu'on fait avec les 10% qui restent ? On les punit ?
On leur dit tant pis pour vous ? Ruinez-vous ? On vous laisse tomber ? Non, il faut accompagner tous ceux qui doivent sortir du glyphosate. Plus généralement des pesticides, mais en laissant personne sur le bord de la route.
Yannick Jadot, ici même, à ce micro hier, Nathalie Loiseau, voyez votre tardif verdissement comme de l'opportunisme politique de fin de campagne, afin d'aller assécher non pas des marées, mais un certain nombre de réserves électorales, notamment chez les Verts. Et il vous renvoie systématiquement aux deux premières années de bilan d'Emmanuel Macron en la matière. La conversion à l'écologie, vous avez été touché par la grâce, là ? Et que dites-vous aux écologistes anciens qui se battent depuis toute leur vie politique et qui disent, attention, c'est de l'arnaque, c'est du greenwashing ?
Les écologistes anciens, en tout cas Yannick Jadot, parce qu'il y a beaucoup d'écologistes que je connais depuis très longtemps, parce qu'en ce qui me concerne, c'est un engagement très ancien. Yannick Jadot, il a une conception patrimoniale de l'écologie. Il pense que l'écologie, c'est dans un seul parti, et que les électeurs qui se préoccupent de la planète lui appartiennent. Il devrait se réjouir qu'il y ait davantage de partis politiques aujourd'hui en Europe et notamment en France qui prennent au sérieux l'urgence climatique. En réalité, il s'en désole. Qu'est-ce que ça a apporté d'avoir Yannick Jadot depuis dix ans au Parlement européen ?
Est-ce que l'Europe a fait un bond en avant en matière écologique ?
Ça ne tient pas sur ses seules épaules.
Vous le savez bien. Bien sûr, et heureusement qu'on arrive avec une conviction écologique. Il devrait s'en réjouir. Et demain au Parlement européen, on travaillera avec les Verts, on travaillera avec tous ceux qui portent cette urgence climatique et écologique.
Donc toute la guerre de campagne, en fait, c'est rien. Ce ne sont que des mots et des postures. Tout le monde se retrouve lundi matin ou un peu plus tard pour travailler ensemble. C'est ça ce que vous nous dites.
C'est tout sauf des mots et des postures. Enfin, j'espère. J'espère que Yannick Jadot, quand on fera des propositions au Parlement européen pour lutter contre l'urgence climatique, ne sera pas dans des postures en disant si ce n'est pas moi, je dis non.
Nathalie Loiseau, opportunément, vous ouvrez ce matin un conseil de défense écologique, le premier du genre, à trois jours. Ancienne ministre, vous suivez ça de près, évidemment. Édouard Philippe, douze ministres, autour d'Emmanuel Macron ce matin pour lancer encore plus ce virage vert dont vous parlez. Vous avez des annonces concrètes à dire en matière d'écologie ce matin ? Il va se passer quelque chose ou c'est juste de l'affichage ?
Alors, je vous rappelle que je ne suis plus au gouvernement. Mais ce que je rappelle aussi, c'est que Nicolas Hulot avait fortement demandé. C'est lui qui a inventé ce concept de conseil de défense écologique.
Non mais le concept d'accord, mais est-ce que la coquille est pleine ou elle est vide ?
Je suis convaincue qu'elle est pleine. Je suis convaincue qu'il y aura des mesures fortes.
Alors quoi ?
Mais ce n'est pas à moi de les annoncer avant le conseil de défense écologique. J'imagine que ça vous ferait plaisir de les avoir sur France Inter en avant-première. Ce n'est pas mon rôle. Mais je suis absolument convaincue de l'engagement de ce gouvernement. Et je reviens sur ce que vous disiez tout à l'heure Nicolas Demorand. Ce gouvernement, c'est le premier à avoir décidé la fermeture de toutes les centrales à charbon en France.
Ce n'est pas fait encore. Mais c'est décidé. Bien sûr que ça prend du temps. C'est décidé, mais on attend de voir. C'est comme fait ce n'aime.
A votre avis, pourquoi ça prend du temps ? Parce qu'on ne peut pas mettre en péril l'approvisionnement d'électricité en France. Fermé, si on n'a pas une solution de remplacement, ça veut dire couper le courant.
Vous le savez aussi Nathalie Loiseau, c'est aussi le gouvernement qui a vu partir Nicolas Hulot en disant « La politique des petits pas ne suffit pas, ne suffira plus. Il n'y a pas de prise de conscience au sein de cette équipe politique. » Et on va à la catastrophe. Donc, je veux bien que vous ayez un œil vert sur votre programme. Mais il y a quand même un arbre au milieu du paysage. Et c'est Nicolas Hulot qui a tiré les leçons idéologiques et politiques de sa présence parmi vous.
Et personnel. Moi, Nicolas Hulot, c'est quelqu'un pour qui j'ai non seulement de l'estime, mais de l'amitié. Je pense qu'il a été malheureux comme ministre. Je le conçois. J'ai envie de dire à Nicolas Hulot qu'on va le surprendre. Qu'aujourd'hui, il n'y a pas une minute à perdre. Ce Conseil de défense écologique, il était temps qu'ils se réunissent. Ceux qui disent « Pourquoi le réunir maintenant ? » Il faut attendre. Il faut se tourner les pouces pendant l'urgence climatique. Il faut dire que pour des raisons politiques, on ne fait rien avant un scrutin. Mais enfin, bon sens.
Il vous soutient ou pas ? Il a transmis un message. On se parle souvent. Vous vous parlez souvent, mais vous pouvez vous prévaloir de son soutien ?
Je ne parle jamais de quelqu'un à la place de cette personne. Jamais. C'est un principe parce que je détesterais qu'on parle à ma place.
Il y a une suite, vous disiez, mais après le 26 mai... Les auditeurs, pardon, Nicolas. Après le 26 mai, il y a le 27, il y a la recomposition, la composition des groupes au Parlement européen. Ce sera un élément clé. Et pour suivre votre cohérence politique, vous voulez refonder un groupe central, centriste, qui s'appelle l'ALDE aujourd'hui. Quatrième force au Parlement européen, dans lequel siège un parti tchèque, Hanno, celui du Premier ministre tchèque, Andréis Babis, oligarque, anti-immigration, est soupçonné d'avoir détourné des dizaines de millions de fonds européens. La police tchèque veut même l'inculper. On a connu plus progressiste comme partenaire.
Vous allez faire le ménage après ?
Alors, on a déjà fait le ménage sur Alde Roumanie. Vous connaissez peut-être ce parti qui soutient un gouvernement qui, aujourd'hui, encourage la corruption, empêche la lutte contre la criminalité et contre la corruption.
Moi, je vous parle du tchèque Babis.
Oui, mais je voudrais faire un détour par la Roumanie, pas pour changer de sujet, mais pour dire aussi, parce que j'entends Laurent Wauquiez et François-Xavier Bellamy, ce qui me désole, se ruer dans les fake news, dire que nous voulons que la Roumanie entre dans l'espace Schengen. Nous avons dit, le président de la République a dit, il y a deux ans, que le moment venu, quand la Roumanie aurait répondu à tous les critères, elle était la bienvenue dans Schengen. Aujourd'hui, en Roumanie, la corruption gangrène le pays. Le gouvernement fait tout pour éviter cette lutte contre la corruption. Donc, c'est non à l'entrée de la Roumanie dans Schengen. Et sur la question de Yael Goz ?
Sur la question de Yael Goz, sur le parti de M. Babich. Il y a un parti, il y a un Premier ministre. Ce Premier ministre, il y a des soupçons contre lui, il faut que la justice fasse son travail. S'il doit quitter le pouvoir, ça sera une affaire intérieure tchèque. Après, il y a une énorme différence entre la République tchèque et un pays comme la Pologne, un pays comme la Hongrie ou un pays comme la Roumanie. Aujourd'hui, en République tchèque, la justice n'est pas menacée. La presse n'est pas menacée. Les libertés ne sont pas menacées. Qu'il y ait un soupçon sur l'utilisation de fonds par le Premier ministre tchèque, c'est à la justice tchèque de le gérer.
Vous faites du partenariat à géométrie variable.
Non.
La LDE est une vaste auberge espagnole. Pas du tout. Parce que moi, je suis ferme sur les valeurs. Et les valeurs en République tchèque ne sont pas menacées. En revanche, les Républicains, quand ils disent qu'ils continuent à travailler avec Victor Orban, qui muselle la presse et qui met la justice à sa botte, ils ne protègent pas la civilisation européenne.
La parole aux auditeurs d'Inter. Françoise, bonjour et bienvenue à l'antenne. Bonjour. On vous écoute.
Je voulais demander à Madame Oiseau si elle est consciente que toute confrontation est excluante. et qu'en voulant obliger les gens à choisir dans cette confrontation qui est organisée avec le RN, ils ne vont pas empêcher des électeurs de voter pour les partis qui ont leur adhésion. Alors que l'ARM et RN ne leur conviennent pas du tout. Ils nous foutent les élections européennes en l'air tous les deux.
Vous avez l'impression, Françoise, qu'on vous a volé cette campagne ? Je pense qu'on est en train, oui, de la voler.
Et cette chose arrive grâce à l'ARM et au RN.
Merci Françoise. Nathalie Loiseau vous répond.
Il y a 34 listes qui se présentent aux élections européennes. Il y a des débats tous les soirs. On ne peut pas dire que quiconque vole la campagne. Mais est-ce qu'on doit fermer les yeux sur le danger de la montée des extrêmes droites en Europe ? Est-ce qu'on doit ne rien dire et faire comme si de rien n'était ? Quand ces extrêmes droites sont les marionnettes de Vladimir Poutine ? Quand M. Badin parade à Paris en disant « je veux atomiser l'Union Européenne » et « je soutiens Marine Le Pen », il faut se boucher les yeux et les oreilles ? Il ne faut pas le dénoncer ?
Vous voulez susciter le réflexe de vote utile, de vote « surtout pas ça », de vote « c'est nous ou le chaos », « c'est notre Europe ou plus d'Europe ». Vous jouez sur ce biais-là qui est un biais ancien dans la vie politique française, Nathalie Loiseau. En dernière instance, c'est là-dessus que vous jouez.
Mais Nicolas Demorand, ce n'est pas un jeu. Moi je suis très sérieuse.
C'est là-dessus que vous voulez agir, ou c'est le levier que vous voulez mobiliser si le verbe jouer ne vous plaît pas ?
Ah il ne me plaît pas du tout, parce que ce qui se passe en Europe aujourd'hui, ce n'est pas du tout un jeu. Quand vous avez de l'homophobie qui monte, quand vous avez de l'antisémitisme qui monte, quand vous avez de la xénophobie et du racisme qui monte, quand vous avez de l'autoritarisme qui monte, quand vous avez les libertés menacées, ce n'est pas un jeu Nicolas Demorand. Alors on peut continuer à faire comme avant, on peut dire qu'on n'a rien vu, rien compris, rien appris de l'histoire. Moi c'est un combat, oui je le mène, parce que je nomme l'ennemi, parce que cet ennemi il peut nous miner de l'intérieur, et on peut se réveiller demain, et il sera trop tard.
Enfin vous entendez la colère de cette auditrice électrice, Françoise ?
Je vous demande d'entendre la mienne. Cette électrice, elle est libre de voter pour qui elle veut, elle a de la chance. Elle est en 2019 en France, la liberté est totale, les médias sont complètement libres, la justice est complètement libre. Et bien qu'elle se dise bien qu'il y a des partis en Europe qui veulent mettre fin à ça.
Cette situation de duel de duopole stérile, comme dit notre auditrice, est-ce que ce n'est pas la conséquence aussi de vos erreurs de campagne ? Avoir nationalisé le scrutin dans une circonscription unique, c'était le choix d'Emmanuel Macron très tôt dans le quinquennat, ça amenait forcément à cette polarisation. Est-ce que vous reconnaissez une forme d'erreur dans la manière de mener cette campagne ?
Mais il y avait le Gauze, 2014, vous vous souvenez, c'était un scrutin régional. Quel est le premier parti qui est sorti de l'élection à ce scrutin régional ? Le Rassemblement National, à l'époque il s'appelait le Front National. 24 députés au Parlement européen, qui soit n'ont rien fait, soit se sont servis dans la caisse, soit, puisqu'ils ont été condamnés, il y a eu une condamnation qui a été prononcée par le tribunal de l'Union Européenne, soit ont voté systématiquement contre les intérêts des Français. Ce n'est pas une question de liste nationale ou de liste régionale.
Alors j'allais au bout de ma question, si Emmanuel Macron est monté en première ligne, comme il l'a fait là, est-ce que c'est aussi à cause de vos erreurs ?
S'il est monté en première ligne, c'est parce qu'il pense qu'il y a un danger pour l'Europe. Il en est convaincu et il veut que tout le monde l'entende. Et je vous rappelle... Il n'a pas dû être tête de liste, par défaut ? Je vous rappelle, Yael Gauze, qu'en septembre 2018, Jean-Luc Mélenchon a démarré la rentrée en disant « Les Européennes, ce sera le référendum anti-Macron ». Je vous rappelle que Jordan Bardella, Marine Le Pen ont passé leur campagne à dire « On va mettre une claque à Macron, on va mettre la fessée à Macron, ça donne le niveau du débat, pardon, on va faire un référendum anti-Macron ». Eh bien, il serait le seul, Emmanuel Macron, à ne pas répliquer à ses attaques.
Heureusement qu'il réplique.
Philippe est en ligne depuis Strasbourg. Bienvenue, Philippe.
Bonjour Nicolas Demorand, bonjour Yael Gauze, et merci pour la grande qualité de votre matinale. Bonjour Madame Loiseau.
Bonjour.
Voilà, moi je pense que le danger de la montée des extrêmes, c'est un vrai danger. Mais on n'est pas obligé de tomber dans le premier piège venu. Le match RN-République en marche, c'est un faux match. Je vais vous dire ma pensée, je suis extrêmement déçu. Pourtant, j'ai voté avec une très grande conviction et beaucoup, beaucoup de choix en Emmanuel Macron il y a deux ans. Ma décision pour dimanche allait être prise. Je vais pour la première fois de ma vie voter pour un parti écologiste. Je vais le faire parce qu'il manque une chose fondamentale dans votre approche. Ça s'appelle la sincérité. Et voilà, je travaille dans la communication. Je sais ce que c'est que la communication.
Mais en fait, vous pouvez faire tous les efforts de communication. Le manque de sincérité, il est trop visible. Merci. J'ai voté pour la première fois de ma vie écologiste. Pourtant, il y a des postures de gauche auxquelles je n'adhère pas. Mais l'urgence écologique est trop trop importante.
Merci Philippe pour cette intervention. J'ajoute celle de Céline. J'ai voté pour le président. Il m'a déçu niveau environnement. Donc, je ne voterai pas pour en marge. Je n'ai plus confiance car ils n'ont pas respecté leurs engagements. Je voterai Europe Écologie Les Verts. Voilà ce qu'on nous dit également au standard. Nathalie Loiseau sur l'absence de sincérité de cette liste et de ses engagements en matière d'écologie et d'environnement. Quelle est votre réponse ?
Eh bien, la différence de Philippe, moi, je ne travaille pas dans la communication. Et peut-être que je ne suis pas une très bonne communicante, mais moi, je suis dans la sincérité. Moi, si je fais de la politique, c'est pour permettre à mes enfants de vivre sur une planète habitable. Et je suis désolée, mais depuis deux ans, on a mis fin à l'exploitation et à l'exploration des hydrocarbures en France. On est le seul pays européen à l'avoir fait. Depuis deux ans, on aide à la conversion vers les voitures propres. On aide à la conversion vers les chaudières propres. On met beaucoup d'argent et je pense qu'on devra en mettre encore davantage dans l'isolation thermique des logements.
Simplement, si on veut aller plus loin, il faut aussi le faire au niveau européen. La taxation du kérosène, par exemple, elle est indispensable, mais elle est infaisable dans un seul pays, parce qu'elle créerait une concurrence déloyale entre les compagnies aériennes. Il faut la faire, cette taxation du kérosène, il faut la faire au niveau européen. La taxe carbone à l'entrée sur le marché, on ne va pas le faire au niveau national. Il n'y a que le Rassemblement national qui pense qu'on va fermer les frontières, sortir de l'Union européenne et s'en sortir mieux comme ça. Mais il faut la faire au niveau européen. Avec tout ça, c'est des mesures.
Vous entendez quand même ces deux auditeurs. Il y en a d'autres, j'aurais pu lire d'autres interventions, notamment sur l'application France Inter, qui ne vous croient pas, Nathalie Loiseau, et qui vous disent que c'est de l'opportunisme ou de la triangulation, comme on dit en cuisine politique. On va mettre un pied chez les verts, comme ça on affaiblit les verts. On va mettre un pied du côté de l'écologie, comme ça on rapatrie l'écologie chez nous. Est-ce que vous l'entendez, ça ?
C'est de la défiance.
C'est de la défiance vis-à-vis de toute la classe politique. Et s'il n'y avait pas de la défiance vis-à-vis de toute la classe politique, il n'y aurait pas aujourd'hui un taux d'abstention annoncé aussi élevé. Je le déplore. Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas un coup vers les verts, un coup ailleurs. C'est qu'aujourd'hui, on a sur notre liste des écologistes convaincus, engagés, et j'en fais partie. Pascal Canfin en est un, Pascal Durand en est un, Daniel Cohn-Bendit nous soutient, mais j'en fais partie. Moi, c'est la raison pour laquelle je suis dans cette campagne. C'est pour porter cette urgence climatique.
Et à la différence d'Europe Écologie-Les Verts, je suis désolée, mais nous allons pouvoir peser au Parlement européen. C'est sympathique d'avoir bonne conscience en se disant, je vote pour quelqu'un qui me ressemble. Mais si ce quelqu'un, il bruise quelque part au coin du Parlement européen et qu'il ne réunit aucune majorité, à quoi ça sert ?
Vous n'en réunit pas non plus de majorité.
Si, il n'y a pas une majorité qui peut se faire sans nous au Parlement européen.
Les Verts font le même raisonnement. Plus les Verts seront importants au Parlement européen, plus il sera difficile de se passer d'eux dans ces grandes formations de compromis.
Mais regardez, depuis plus de dix ans, les Verts, ils voient passer les trains dans l'Union européenne. Nous, nous serons le troisième groupe. On met fin à cette espèce de co-gestion entre la droite traditionnelle et la gauche traditionnelle. Ils doivent compter avec nous et avec notre priorité écologique.
Vous vous vendiquez du libéralisme, Nathalie Loiseau, la journaliste du Monde, notre consorraine Chemin, sera convoquée la semaine prochaine par la DGSI, section des atteintes au secret de la défense, pour ses articles sur l'affaire Benalla. Vous trouvez ça normal ? Après déjà des convocations, il y a quelques jours, de la cellule d'investigation de Radio France pour des révélations sur les armes françaises au Yémen ?
Je pense qu'il faut garder la tête froide. Moi, je ne sais pas. Je ne sais pas l'objet de la convocation. Je ne veux pas parler sans savoir. Et je trouve qu'il y a déjà beaucoup de gens qui parlent sans savoir sur cette question. Je comprends...
Ça commence à faire beaucoup, non ?
Je comprends que la question qui est posée, c'est d'avoir donné l'identité de quelqu'un qui travaille dans les forces spéciales et du coup de mettre en danger cette personne pour son travail. C'est ce que je comprends. Mais je ne suis pas juge, je ne suis pas procureur et je ne suis pas à la DGSI. Ceci étant, vous avez raison, ça fait beaucoup. Et ma conviction, c'est qu'on a un devoir de vigilance extrême sur la protection de la liberté de la presse, sur la protection de la liberté des sources, sur la protection des sources, pardon. Et ce danger, il existe aujourd'hui clairement en Europe, j'y reviens, en Hongrie, en Pologne. Aujourd'hui, les journalistes sont menacés.
Il y a eu l'année dernière deux journalistes assassinés dans l'Union Européenne. Faisons attention. Là encore, les extrémistes veulent la peau de la liberté de la presse. En France, on a la chance d'être dans un état de droit.
Nathalie Loiseau, merci d'avoir été au micro de France Inter. Vous emmenez la liste Renaissance, République en marche. Bonne fin de campagne. Merci.
Merci.
Merci.
Nathalie Loiseau