Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 13 octobre 2025 23 min

🟡 Suivez en direct le discours de départ de Bruno Retailleau au ministère de l'Intérieur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Bruno Retailleau

vous dire un grand merci pour que vous puissiez continuer votre tâche en sachant tout le rôle que vous jouez ici dans cette belle maison du ministère de l'Intérieur. Je voudrais m'adresser à travers vous à toute la grande famille du ministère de l'Intérieur.

Je pense parce que je vois les uniformes aux policiers, je pense aux gendarmes, je pense à la sécurité civile, je pense, monsieur le secrétaire général, à toutes nos directions, je pense au corps préfectoral, je pense à tous les agents de l'administration territoriale de l'État, à toutes celles et ceux qui, dans le quotidien, ont essayé de me rendre la vie plus facile, je pense à l'intendance, au secrétariat, bien sûr à mon cabinet, mon cher directeur de cabinet, cher Franck et à vous tous. Et je voudrais vous dire ceci avec mes mots, avec des mots très simples. Avoir été pendant ces 12 mois votre chef aura été le plus grand honneur de toute ma vie.

Parce que pour moi, vous incarnez la République exemplaire pour beaucoup d'autres raisons aussi. Mais d'abord parce que vous incarnez la République exemplaire. C'est vous qui protégez, qui protégez nos compatriotes, les Français, quand tant d'autres se protègent. C'est vous aussi qui portez ces si belles valeurs, simples, mais à la fois si vraies, la loyauté d'un engagement, la fidélité à un idéal, la sincérité d'une parole donnée. Ces valeurs, vous devrez les conserver, les cultiver. Mais surtout, les transmettre. Les transmettre à celles et à ceux qui vous sont confiés, sur lesquels vous avez une autorité. Les transmettre tout particulièrement aux jeunes générations.

Dans le rôle de ministre de l'Intérieur, j'ai adoré m'adresser aux jeunes policiers qui sortaient d'école, aux jeunes commissaires, aux jeunes officiers de gendarmerie pour leur dire ce que je croyais être le rôle de chef. Mais un chef sans ces valeurs ne mérite pas le titre de chef, bien évidemment. Et puis, j'ai décidé il y a un peu plus de 12 mois d'entrer au gouvernement. Je l'ai fait pour servir mon pays. Je l'ai fait librement. Et aujourd'hui, c'est tout aussi librement que je quitte notre ministère, mais je continuerai à servir notre pays, notre nation, notre peuple, tout aussi librement, mais autrement. Je me souviens très bien, c'était le 23 septembre, il faisait beau.

J'ai franchi la porte, la grille, les grilles de Beauvau, si caractéristiques qu'elles sont devenues l'emblème, le logotype du ministère de l'Intérieur. Et je me souviens parfaitement de ce que j'avais en tête. Je me souviens parfaitement des priorités qui étaient pour moi comme une évidence et qui m'habitaient. vous vous souvenez de ce discours de passation de pouvoir, quand il y avait des discours de passation de pouvoir ? 1. Rétablir l'ordre. 2. Rétablir l'ordre. 3. Rétablir l'ordre. J'étais parfaitement conscient de la difficulté de l'exercice, avec une majorité introuvable à l'Assemblée nationale, et finalement, dans une configuration politique assez confuse.

Mais pour autant, je me suis toujours tenu à ces priorités. Et avec vous, dans le quotidien, nous avons passé 12 mois à lutter pied à pied, à batailler, pour que, malgré les obstacles, les difficultés, les limites dont je sentais la morsure quotidienne, nous puissions avoir des résultats. Et grâce à vous, et c'est ce que je voulais vous dire, nous en avons obtenu dans ces mauvaises conditions. Sur le front de l'immigration, nous avons, malgré la fermeture de l'Algérie, réussi à augmenter considérablement les éloignements, à tel point que nous sommes désormais des 27 pays européens, le premier rang pour les éloignements.

En quelques mois, jamais en France, nous avions réussi à diminuer autant les naturalisations. Et nous avons augmenté non seulement les éloignements, mais aussi 38% de plus pour diminuer, si j'ose dire, les régularisations. Donc nous avons obtenu des résultats. Je ne reviendrai pas, je ne les égrènerai pas sur le plan de la sécurité. Simplement, un point qui me tenait à cœur, et vous le savez parfaitement, c'est le narcotrafic. C'est la loi narcotrafic.

J'ai eu la chance, finalement, et le privilège, d'assister à sa naissance au Sénat, lorsque j'avais lancé la commission d'enquête, et j'étais au banc du gouvernement, lorsque, à l'unanimité, elle a été votée au Sénat, puis à une très large majorité, à l'Assemblée nationale. Croyez-moi, ce texte-là, les armes qu'il va donner à l'État, et notamment la nouvelle organisation, c'est un changement de donne. Quand je discute avec la police nationale, la DNPJ, la gendarmerie nationale, quand je vois les résultats que nous avons presque quotidiennement dans la lutte, le combat contre le narcotrafic, qui est devenu un combat existentiel.

Les Français ne sont pas conscients des résultats qu'on engrange chaque semaine. Je suis sûr que, dans un an, au plus de deux ans, nous viendrons à bout de la DZ mafia. Donc nous avons fait des choses, nous avons obtenu des résultats, mais nous avons dit les choses aussi. Je me suis efforcé, dans cette responsabilité politique qui était la mienne, d'agir sur le réel, mais aussi de rétablir le sens et la vérité des mots. Parce que je pense que la crise de la démocratie, c'est aussi la crise de la parole publique. Quand les mots n'ont plus de sens, quand on veut travestir leur sens, quand on veut euphémiser leur portée ou la travestir. J'ai voulu redonner toute la puissance à ces mots-là.

C'était pour moi fondamental pour réaligner, finalement, la parole publique sur ce que ressentent les Français. C'est pour moi la condition de l'action politique. C'est pour moi la condition pour qu'on puisse renouer avec la confiance du peuple. Ces mots, vous les connaissez. Sur l'immigration, j'ai assumé de dire que désormais, ça n'était plus une chance pour notre pays parce que les désordres migratoires conduisent au désordre sécuritaire. L'état de droit, l'état de droit doit rester un cadre juridique et certainement pas un cadre idéologique. La séparation des pouvoirs entre ceux qui votent la loi, ceux qui jugent l'exécutif, c'est fondamental.

La démocratie doit s'accorder avec l'état de droit. La souveraineté populaire est la source dans une démocratie de l'état de droit. Puis la liberté. Liberté chérie, j'écris ton nom. La liberté qui est le premier mot de notre devise républicaine. Qu'en a-t-on fait ? Qu'a-t-on fait des promesses de ce beau mot, la liberté ? Quant au nom de la Liberté, j'ai vu tant d'individus dangereux, relâchés et trop de vies amputées ou même parfois volées. Nous avons agi, nous avons assumé de bouger les lignes dans le débat public. Et je pense que ces lignes, que nous avons bougées, c'est définitif. Personne ne pourra revenir sur ces lignes que nous avons réussi à bouger dans le débat public.

Sauf à se mettre de façon orthogonale vis-à-vis des Françaises et des Français. J'en suis convaincu. Ce que nous avons fait, ce que j'essayais de faire, correspond au mot de l'Aïr, qui était un grand compagnon de Jeanne d'Arc et qui, quelques années après, avait eu ces phrases. J'ai fait tout ce qui était possible de faire. Et pour le reste, j'ai fait tout ce que j'ai pu. Cette phrase correspond assez bien, je crois, à ce que nous avons ensemble essayé de faire. Et puis, je voudrais peut-être terminer et conclure, pour ne pas abuser votre patience, évidemment, je pense profondément qu'il y a une vérité que les Français doivent savoir.

Le ministère de l'Intérieur ne peut pas, à lui seul, porter cette question du rétablissement de l'ordre public. Parce que l'ordre, ça doit être l'affaire de tous. Parce que l'ordre, ça doit être assumé par tous. Évidemment, aux côtés de la justice. Évidemment. J'en ai trop vu pour me taire. Trop de violents interpellés grâce à nos forces de sécurité intérieure. Jugés, y compris en écopant des peines de prison et qui ne feront pas un seul jour de prison. Trop de violeurs, eux aussi condamnés à des peines carcérales et qui ne feront pas la totalité de la peine pour laquelle ils ont été condamnés. Des mineurs ultra-violents, totalement insensibles au sort de leurs semblables.

Mais qu'on emprisonne, finalement. On ne veut pas leur donner des peines de prison dès qu'ils accomplissent les premiers délits graves. Mais on les emprisonne dans un parcours de violence qui les conduira immanquablement derrière les barreaux. Mais il y aura des dizaines de victimes. Trop de victimes qui ont été oubliées. Il faudra une révolution pénale. Et je sais que ces convictions sont aussi partagées par le garde des Sceaux. Mais veulent l'accompagner dans les efforts qu'il pourra déployer. L'ordre, c'est une question aussi de compte public. Ce n'est pas évident au départ de lier l'ordre public et les comptes publics. Mais quand on y réfléchit depuis des décennies, que s'est-il passé ?

Je l'ai souvent dit au cadre de ce ministère. Ce qui s'est passé, c'est que l'État-providence s'est dilaté. Et proportionnellement, l'État régalien s'est rétracté. Avec ce paradoxe, c'est que la France s'est désarmée et les Français se sont appauvris. C'est une vérité. La nécessité de rétablir les comptes publics se conjugue avec la nécessité de rétablir l'ordre public. Et puis, un dernier point, la question des repères, la question de la culture au sens général du terme. Pour rétablir l'ordre public, il faut aussi le rétablir dans les esprits. Finalement, mai 68 est loin, si loin, et pourtant si proche. Parce qu'aujourd'hui, nous savons, avec la distance de l'histoire et des années.

Oui, nous savons que sous les pavés, il n'y avait pas la plage. Il y avait la rage. Une rage qui surgit quand il n'y a plus de repères. Quand les hiérarchies ont été aplanies. Quand l'autorité a été fissurée. Quand le respect que l'on doit à ses semblables est relativisé. Je pense, pour ma part, que demain, si nous voulons remettre de l'ordre, il faudra remettre des repères. Les assumer à l'école, mais pas seulement à l'école. Dans les familles. Dans toute la société. Qui doit porter ce type de discours. Cette ligne-là. De fermeté, d'autorité.

Et, pour conclure, ce que je voudrais vous dire, c'est qu'au-delà de ces convictions que, rapidement, je voulais partager, que j'ai souvent partagées avec vous, dans des dialogues singuliers, à mon bureau, lors des déplacements, je voudrais aussi partager une affection. Une affection. Que j'ai pour notre ministère. Et pour les hommes et les femmes qui le servent quotidiennement. Au moment de quitter le ministère, de franchir dans l'autre sens, ces grilles de Beauvau, dont je parlais il y a quelques instants, je veux vous faire part du sentiment qui m'habite. C'est l'émotion, bien sûr. Mais au-delà de l'émotion, c'est d'abord et surtout la gratitude. La gratitude, c'est un sentiment désuet.

Encore plus désuet dans le monde politique. Parce que les femmes et les hommes politiques se targuent bien souvent de s'être faits seuls. Crânement. Et à force de le répéter, évidemment, ils finissent par le croire qu'ils se sont faits seuls. Mais on ne se fait jamais seul. Ce sont les autres qui vous font. Et c'est vous qui avez modelé, jour après jour, nuit après nuit, parfois aussi, le ministre de l'Intérieur que j'ai été. Je voulais vous en remercier. J'ai beaucoup aimé cette maison. La droiture qui la tient. Le courage qui l'habite. Les hommes et les femmes qui la servent. Désormais, vous serez conduits par un homme qui est remarquable. Et j'en suis très heureux. Laurent Nunez.

Il vous conduira sur les fronts que vous connaissez bien, sur d'autres fronts, les fronts de l'adversité. Et je sais qu'avec lui, sur ces fronts-là, vous tiendrez la ligne, en toutes circonstances. Parce que si nous voulons collectivement que la France demeure, il faut que l'État, l'État régalien, tienne. Qu'il tienne bon. Vous savez, les gouvernements passent, les ministres passent, les serviteurs, eux aussi, demeurent. C'est la continuité de notre État. C'est pour cela que vous le servez. Que nous le servons. Et c'est quelque chose d'absolument essentiel. Pour terminer, je voudrais simplement vous rappeler cette expression que j'ai souvent utilisée.

Le ministère de l'Intérieur, un ministère en clair-obscur. La part obscure, ténébreuse, c'est le mal. Qui nous habite tous, mais dont certains ne parviennent pas à réfréner la submersion intérieure. Et puis, la part lumineuse, c'est vous. C'est les hommes et les femmes du ministère de l'Intérieur. Que j'ai appris à mieux connaître. Que j'ai appris à mieux reconnaître. Parce que, au milieu du pire, vous donnez le meilleur. Surtout, vous êtes des remparts. Des remparts contre le chacun pour soi. Pour faire prévaloir le ton de soi. Et ça, dans une existence humaine. Parce que chaque existence est trop courte. Ça donne un sens extraordinaire à chacun de vos métiers.

Quel que soit le corps auquel vous appartenez. Quel que soit le grade. Quel que soit la qualité. Quel que soit le métier que vous avez ici. Alors, mes amis, un immense merci. Jamais, dans ces conditions si difficiles, nous aurions pu avancer aussi vite. Je savais que le temps nous était compté, sans que chacune et chacun d'entre vous, quotidiennement, ait pu prendre sa charge. Et cette charge, vous l'avez prise bien au-delà de ce que vos fonctions exigeaient. Vous continuerez, justement, à la mener bien au-delà de ce que votre métier vous demande. Et pour ça, je voulais vous remercier, et certainement pas partir comme un voleur, sans vous le dire du fond de mon cœur.

Moi, j'étais immensément fier. Oui, je le redis définitivement. Le plus grand honneur de toute ma vie aurait été d'être votre chef. Vive la République et vive la France.

19:19
Invité

Ici, dans la salle des fêtes, le ministère de l'Intérieur entourait des hommes et des femmes qui sont des courageux et qui luttent quotidiennement pour l'intérêt général, pour protéger les Français.

21:45
Bruno Retailleau

J'ai voulu simplement, très simplement, organiser un moment convivial pour leur dire un immense merci. Il faut les encourager, parce que la tâche est dure, souvent. Ils sont parfois critiqués. Certains m'aiment, certains m'aiment, et désignent comme des cibles. Voilà. Et j'ai voulu leur dire que, sans eux, je n'aurais rien pu faire. On a bien entendu, monsieur Retailleau.

22:06
Locuteur non identifié

Juste une dernière question. Je ne sais pas, je n'ai pas entendu. On suive la bite.

🟡 Suivez en direct le discours de départ de Bruno Retailleau au ministère de l'Intérieur — Bruno Retailleau · Pourquijevote