Reconquête ukrainienne de Koupiansk / Occupation russe de Siversk
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- 1:00Sébastien GobertFait
« Les Européens sont désignés dans ces documents par le mot Europe. Et donc en fait, on ne sait pas ce que ça veut dire. »
- 1:30Sébastien GobertFait
« On parle de 30 % mais par contre on ne sait pas du tout de quelle juridiction cette partie relèverait. »
- 3:00Sébastien GobertFait
« Le 20 novembre, l'État-major russe a assuré à Vladimir Poutine que la ville était capturée. »
- 5:00Sébastien GobertChiffre
« C'était la plus grande attaque aérienne que l'Ukraine a mené dans la profondeur russe depuis 2022. »
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Plus personne ne comprend rien au processus de négociation initié par Steve Witkof et Kiril Dimitriev. Et c'est bien normal puisque on ne sait plus de quel document on parle et on ne sait pas si de Moscou à Kiev, de Washington à Bruxelles, on parle d'une même proposition. Par contre sur le terrain, la guerre continue et elle peut-être floue et confuse tout autant.
Mais ces dernières 24 36 heures, elle nous a apporté quelques nouvelles très claires. D'une part, la ville de Siversque est tombée aux mains des Russes et d'autre part, les Ukrainiens ont quasi intégralement repris la ville de Kouansk. Et c'est la première fois dans cette guerre que les Ukrainiens arrivent à déloger des Russes qui se sont infiltrés dans une ville après une très longue bataille urbaine.
Alors, parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo où l'on constate donc deux évolutions majeures sur le front et qui vont dans deux sens différents. Donc un succès ukrainien et un succès russe.
Comme je l'ai dit he, j'ai pas forcément besoin de m'arrêter sur les négociations diplomatiques. Ça part dans tous les sens et d'après énormément d'avis de juristes et d'experts qui ont pu consulter des documents de travail, il n'y a encore rien qui aurait une base juridique suffisante pour ressembler à un accord de paix. Par exemple, je pense que c'est très parlant, les Européens sont désignés dans ces documents par le mot Europe.
Et donc en fait, on ne sait pas ce que ça veut dire. Est-ce que ça veut dire le continent, l'Union européenne, les Britanniques, les Suisses, la Norvège ? vraiment d'un amateurisme assez crasse.
Il en va de même pour la fameuse zone démilitarisée qui occuperait donc une partie de l'oblast de Donèvque. On parle de 30 % mais par contre on ne sait pas du tout de quelle juridiction cette partie relèverait. Les Russes évidemment considèrent que cette partie devrait leur revenir et que donc s'ils n'y mettent pas leur armée et ben ils pourront quand même y mettre leur police ou leur garde nationale.
Ce qui ne correspond plus à la définition d'une zone démilitarisée. Donc bref, c'est vraiment un gros bazar et il semble que à l'origine et au bout de cette séquence diplomatique, il y a vraiment Donald Trump puisque en fait c'est lui qui veut des résultats et c'est lui qui force les différents acteurs de ses pour parler à se démener même si ces derniers comprennent sans doute que ce processus ne va pas forcément déboucher sur quelque chose ou en tout cas pas sur quelque chose de global mais Donald Trump veut que ça bouge alors on fait bouger le cheblic sans forcément qu'il avance. Moi personnellement, je suis à peu près persuadé que Donald Trump n'a aucune idée de l'existence des villes dont on va parler dans cette vidéo.
Donc Koupiansk et siversk. On a vu que dans sa récente interview à Politico, il ne savait même pas si tu es la Crimée puisque il considérait que ces quatre côtés étaient entourés par un océan. Mais pourtant, c'est sans aucun doute en partie, évidemment en partie à cause de lui que ces batailles urbaines se déroulent en ce moment pour l'impressionner que ce soit dans un sens ou dans un autre.
Et là-dessus, évidemment la stratégie ukrainienne est très lisible et c'est aussi ce qu'on voit dans la résistance acharnée que l'armée ukrainienne offre à Mirnograde et à Pokrovsk. Ça, j'en avais déjà parlé dans ma précédente vidéo sur le sujet. Mais c'est aussi ce qu'on voit donc à travers cette opération de reconquête de Kouanssk qui s'est achevé aujourd'hui.
C'est assez remarquable puisque on se rappelle que les Russes avaient grignoté de plus en plus de terrains notamment au nord de la ville. Donc des terres qu'ils avaient perdu lors d'une contreoffensive à l'automne 2022. Ils se sont infiltrés dans la ville au cours de l'automne et en octobre et en novembre, la situation semblait vraiment critique.
Le 20 novembre, l'État-major russe a assuré à Vladimir Poutine que la ville était capturée. Le 2 décembre, Vladimir Poutine lui-même a invité des journalistes, notamment des journalistes ukrainiens pour constater la capture de la ville. Et donc aujourd'hui, le 12 décembre et bien c'est en fait Volodimir Zelenski qui s'est présenté aux portes de la ville pour y enregistrer une vidéo et annoncer la reprise de l'essentiel de Kouyansk.
Et c'est aussi le 12 décembre que le service Deep State a montré donc les conséquences d'une opération de reconquête à partir du contrôle des routes logistiques du nord. C'est principalement le deuxième corps d'armée hartia qui a conduit cette contreoffensive notamment en se concentrant sur le contrôle des route logistique donc des routes d'approvisionnement des Russes qui avaient infiltré la ville de Kouansk. Ils ont aussi libéré quelques villages avoisinants et donc ce qui fait que il reste effectivement quelques unités russes dans la ville de Kouyansk mais elles sont maintenant coupées de leur base arrière.
Le fait qu'il reste des Russes Acouk, ça justifie que Volodimir Zelenski ne soit pas entré en ville pour enregistrer sa vidéo. Mais on a bien situé où était le président ukrainien et donc c'est aux portes de la ville. C'est à environ 500 m du début de la zone grise donc selon le marquage de Deep State et c'est à 2 km environ des positions supposées des quelques soldats russes qui restent dans la ville de Kouansk.
On peut critiquer Volodimir Zelenski pour beaucoup de choses et la crise politique actuelle en est une. On voit que de semaines après la démission d'André Yermac, il n'a toujours pas renommé de chef de cabinet ce qui pose un véritable problème de gouvernance mais ça c'est encore une autre question là. Donc même si on peut critiquer Vladimir Zelenski, il faut quand même reconnaître qu'il a des trips de se présenter aussi proche de la zone de combat.
Ce n'est vraiment pas de Vladimir Poutine qu'on attendrait ce genre d'initiative. Et en effet, le symbole est très fort. Donc il montre que l'armée ukrainienne a encore les capacités de contreattaquer sur certains endroits du front.
Et c'est aussi, comme j'ai dit, la première bataille urbaine dans laquelle l'Ukraine prévaut. Ça c'est quand même assez important parce que jusqu'ici à partir du moment où des soldats russes s'infiltraient dans des villes et bien ils s'accrochaient au blocs d'habitation aux pâté de maison et il était très très difficile voire impossible de les en déloger. Et cette image très forte donc de la reprise de Coupiansk elle est doublée par celle-ci qui est donc une capture d'écran d'un système de monitoring des raid de drone qui date de la nuit du 10 au 11 décembre.
C'était une nuit où les autorités russes ont estimé à plus de 350 le nombre de drones ukrainiens lancés sur des cibles dans la profondeur russe. C'était la plus grande attaque aérienne que l'Ukraine a mené dans la profondeur russe depuis 2022. On est encore très loin évidemment des 700 800 drones et missiles que la Russie arrive à envoyer en une seule fois.
Mais cette attaque d'environ 350 drones, elle a provoqué un certain nombre de dégâts en Russie, notamment contre cinq raffinerie, contre quatre aérodromes, contre une plateforme pétrolière de Lil dans la mer Caspienne, donc quand même relativement loin. Et la ville de Moscou, la capitale, a passé plusieurs heures cette nuit-là au son des sirènes d'alerte aérienne. Et là encore, donc le symbole est très fort.
Donald Trump n'arrête pas de dire que Vodimir Zelenski n'a aucune carte, mais l'Ukraine démontre clairement que si elle en a et qu'en plus elle sait s'en servir. Et dans sa vidéo aujourd'hui donc enregistrée aux portes de Kouansk, le président ukrainien fait clairement le lien entre ce succès et les négociations diplomatiques en répétant que c'est en tenant ces positions sur le terrain que l'on va tenir ces positions dans les pourparles. Ce qui est fondamentalement vrai, mais ça n'empêche pas que les difficultés structurelles de l'armée ukrainienne restent et que en plus de ça, on ne sait pas si c'est pour parler vont déboucher sur quelque chose.
Parce que si cette reconquête de Kouiansk se traduit par des gains pérennes qui en plus de ça sont fructifiés dans le cadre d'un accord prochain, c'est très bien. D'autant plus que la reprise de Kouyansk, ça va bien au-delà du symbole ou du coup de com politique puisque le contrôle de Kouyansk garantit les position ukrainienne sur la rive gauche de la rivière au skill. Vous le voyez hein, c'est toute cette partie du territoire qui est quand même assez conséquente et donc il y a vraiment un intérêt à contrôler coupandisque plus que d'autres villes qui sont aujourd'hui assiégées.
Et s'il s'avère que l'armée ukrainienne s'est épuisée pour mener cette opération avec des ressources qui sont quand même limitées et que en plus de ça les négociations de paix n'aboutissent à rien dans un futur proche, alors ça pourrait tout à fait être une victoire à la pyus parce que en dehors donc de ce succès, la situation reste quand même très complexe sur le reste du front. Et donc évidemment, on a parlé de Mirnogrod Pokrovsk. Depuis ma dernière vidéo, la situation n'a pas vraiment changé.
Par contre, la ville de Siversk, elle est tombée aux mains des Russes. C'est une petite ville. Elle comptait environ 10000 habitants avant la guerre, mais c'était une ville importante car elle tenait depuis 2022 depuis que le front s'était arrêté dans ses faubours est après la chute de Sverodonet.
Donc vous voyez sur cette carte, Severodonet, Lisitchansk étant de grands pôles régionaux de l'Oblast de Louansk. Mais siers est tombé et en plus de ça, elle est tombée relativement rapidement puisque il a suffit d'une infiltration de soldats russes à partir des quartiers nord pour pousser les unités ukrainiennes qui tenaient la ville à l'évacuer et à se réfugier sur les hauteurs côté ouest. Et donc ça fait 40 mois de siège qui se termine de manière assez abrupte.
Et donc évidemment c'est assez sensationnel. Évidemment, on peut dire que le repli ukrainien, c'est plutôt une bonne décision étant donné que ça permet de préserver des ressources qui sont crucial dans une configuration où l'armée ukrainienne manque clairement donc de ses ressources et notamment des ressources humaines. Mais tout dépend de savoir comment c'est effectué ce retrait.
Est-ce que ça a été en bon ordre ou est-ce que plutôt ça a été de manière assez désordonnée et spontané ? Ça, on l'a vu par exemple près de Rouial Polé donc dans l'oblast de Zaporigia au sud. où on a assisté à une percée russe après qu'une unité ukrainienne se soit repliée de ses positions presque sans prévenir.
Donc si c'est effectivement ce qui s'est passé à Siversque, dans ce cas-là, c'est plutôt une mauvaise nouvelle. Sinon, oui, ça peut être une décision relativement intelligente. Donc on va voir si on obtient des informations là-dessus dans les prochains jours.
Toujours est-il que la chute de Siversque ouvre la voie aux troupes russes pour progresser un peu plus à l'ouest pour aller renforcer les attaques sur le secteur de Yampil. Donc le village de Yampil est occupé à plus de 70 % et donc si jamais Sivers que Ypille sont complètement occupés, alors dans ce cas-là, les Russes vont pouvoir progresser vers Sclaviansk, vers cette ceinture des villes forteresses de ce qu'il reste de l'Oblast de Donetsk. Et ça donc évidemment c'est une mauvaise nouvelle pour la défense ukrainienne dans ce secteur et c'est une mauvaise nouvelle qui s'inscrit dans un contexte militaire particulièrement difficile pour l'Ukraine.
Comme j'ai dit, ce succès à Couopiance que c'est un symbole très fort et c'est clairement une bouffée d'air frais puisque c'est la première bonne nouvelle militaire depuis déjà très longtemps. Il faut vraiment voir dans les jours et dans les semaines qui viennent si cette victoire est pérenne, comment elle peut influer sur l'équilibre global du front et aussi pourquoi pas comment elle peut s'inscrire dans le processus diplomatique en cours. Voilà, je m'arrête là.
Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. je file et je vous retrouve très vite.