Trump lance sa fête à Washington... et lâche tout à l'Iran - C dans l’air - 25.06.2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 52 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:27ComplaisanteRéponse directe
Vous êtes auteure de 'Requiem pour le monde libre'.
- 2:12OuverteRéponse partielle
L'Amérique plie face à l'Iran. C'est vraiment le terme qui convient ?
- 4:20OuverteRéponse partielle
L'Iran fanfaronne ou dit-il la vérité sur sa victoire ?
- 5:04OuverteRéponse partielle
Un accord sans vainqueur est-il possible ?
- 5:46RelanceÉludée
Qui a gagné selon vous ?
- 7:12OuverteRéponse partielle
Trump parvient-il à sauver la face ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:56N.BacharanFait
« D.Trump célèbre la puissance et la force. On va avoir des avions de combat plein le ciel. Il célèbre D.Trump. Il organise une fête Maga. »
- 3:16N.BacharanFait
« Il dit qu'au détroit d'Ormuz, il n'y aura jamais de péage. Les Iraniens en face disent que ça circule pendant 60 jours, et qu'après, il y aura des frais de service. »
- 3:36N.BacharanFait
« D.Trump envoie de l'argent, qui n'est pas son argent... Il lâche des milliards et des milliards à l'Iran en disant: "De toutes façons, ils vont nous acheter plein de produits agricoles. Ca va nous rapporter plein d'argent." »
- 14:21D.TrumpPromesse
« L'Iran ne disposera jamais de l'arme nucléaire. C'est réglé. »
- 14:21D.TrumpFait
« Et grâce à la puissance et au savoir-faire des forces armées américaines, l'Iran n'a aujourd'hui ni marine, ni armée de l'air, ni moyens antiaériens, ni lance-missiles, ni industrie. Ses dirigeants ont été anéantis. »
- 15:06D.TrumpChiffre
« En échange de la réouverture du détroit d'Ormuz, les Etats-Unis ont accepté la création d'un fonds de 300 milliards de dollars pour l'Iran. »
- 15:06D.TrumpFait
« Sur le nucléaire, ils ont désormais 60 jours pour se mettre d'accord. »
- 15:49M.RubioFait
« Je ne connais aucun pays sur la planète qui soutienne la mise en place d'un péage ou d'une taxe pour l'utilisation du détroit. »
- 16:33IranFait
« Nous ne céderons ni à la force, ni à l'oppression, ni à l'humiliation. Nous ne renoncerons pas à notre droit à l'enrichissement et ils seront contraints de l'accepter. »
- 17:15InconnuFait
« Le vote de 4 sénateurs américains en faveur de la fin des opérations en Iran est l'humiliation ultime. »
- 18:00InconnuChiffre
« Selon les derniers sondages, 59 % des Américains désapprouvent aujourd'hui son action. »
- 34:52InconnuFait
« Le rêve du président vire au cauchemar. Devant le mémorial Lincoln à Washington, le miroir d'eau bleu comme le drapeau américain promis par D.Trump pour les 250 ans de l'indépendance des Etats-Unis, est envahi par les algues vertes et la peinture s'écaille, 2 semaines après la fin des travaux. »
- 35:36D.TrumpFait
« Je veux récupérer mon argent, quand je vois ça. L'argent que tout le monde donne aux parcs nationaux de notre pays doit être versé aux parcs nationaux. Au lieu de ça, il est gaspillé par les projets mégalos du président. »
- 36:20D.TrumpFait
« Des voyous... Ils viennent de me le dire il y a pas longtemps. 6 ont été Arrêtés. 6 ou 7 font l'objet d'une enquête. Ils ont des photos et tout le reste. »
- 37:03D.TrumpFait
« Il n'y a pas de dégâts énormes, mais il va quand même falloir vider la piscine. »
- 37:03D.TrumpFait
« Quand vous avez à peu près 600 m de déchirure d'un point à un autre, vous avez vraiment besoin de preuves? »
- 38:29D.TrumpFait
« Vous le savez, on construit la plus magnifique salle de bal du monde à la Maison-Blanche, et elle est bientôt terminée. »
- 52:46D.TrumpFait
« Elle m'a demandé, supplié de prendre une photo avec elle. J'ai eu pitié. »
- 53:30G.MeloniFait
« Certaines choses méritent une réponse immédiate. Les déclarations de D.Trump sont inventées. Je ne comprends pas pourquoi il se comporte ainsi envers ses propres alliés. »
- 54:13D.TrumpFait
« Elle croit en ma présidence! »
- 54:57D.TrumpFait
« Je n'aime pas ça. Je ne suis pas un grand fan du pape Léon. C'est quelqu'un de très libéral. C'est un homme qui ne croit pas en la lutte contre la criminalité. »
Temps de parole
- ?100 %
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ZzzQuil Sommeil ... - C.Roux: Bonsoir. Bienvenue dans ce "C dans l'air". L'Amérique est de retour. Dans un meeting pour ouvrir les festivités des 250 ans d'indépendance des Etats-Unis, D.Trump s'est lancé dans une auto-célébration. Le président américain est obnubilé par la mise en scène de la puissance de son pays. Il n'a pas lésiné sur les moyens et enchaîne les projets monumentaux, avec plus ou moins de succès. Il semble même que la couleur du grand bassin du Lincoln Memorial, envahi par les algues, le préoccupe bien davantage que les négociations en cours avec l'Iran. Dans ces discussions qui ont commencé, Washington donne l'impression de tout lâcher à Téhéran pour tourner la page d'une aventure militaire périlleuse. Nucléaire, pillages à Ormuz, avoirs gelés... L'Iran fixe ses règles du jeu, pendant que D.Trump prépare une fête aux allures de sacre. Avec nous pour en parler ce soir, N.Bacharan. Vous êtes historienne, politologue et spécialiste des Etats-Unis.
Vous êtes auteure de "Requiem pour le monde libre". L.Menget, vous êtes grand reporter, spécialiste des questions internationales. A.Bellanger, vous êtes éditorialiste à franceinfo TV, spécialiste des questions internationales. I.Lasserre, vous êtes correspondante diplomatique au "Figaro", ancienne correspondante en Russie. Je rappelle votre livre: "Les Fantômes de Munich". Une fois n'est pas coutume, on commence par écouter D.Trump. - D.Trump: Je suis ravi de vous dire que l'Amérique est de retour. Acclamations. Comme vous le savez très bien, il y a peu de temps, nous étions un pays mort. Maintenant, nous sommes le pays le plus excitant du monde.
- C.Roux: "Le pays le plus excitant du monde". Voilà D.Trump qui célèbre l'Amérique puissante et victorieuse. Au même moment, il y a des négociations où on a l'impression que l'Amérique plie face à l'Iran. - N.Bacharan: L'Amérique plie face à l'Iran. C'est vraiment le terme qui convient. D.Trump célèbre la puissance et la force. On va avoir des avions de combat plein le ciel. Il célèbre D.Trump. Il organise une fête Maga. Ces 250 ans, ce n'est pas une fête de l'Amérique. Il n'y a pas de discours unificateur. C'est vraiment Maga, autour de D.Trump. Il invente un récit de victoire face à l'Iran qui n'existe pas,
où il est contredit sans arrêt. Il dit qu'au détroit d'Ormuz, il n'y aura jamais de péage. Les Iraniens en face disent que ça circule pendant 60 jours, et qu'après, il y aura des frais de service. D.Trump parle d'inspecteurs de l'AIEA. L'Iran dit que pas du tout. D.Trump envoie de l'argent, qui n'est pas son argent... Il lâche des milliards et des milliards à l'Iran en disant: "De toutes façons, ils vont nous acheter plein de produits agricoles. Ca va nous rapporter plein d'argent." Il essaye de mettre en place avec le Qatar un système où les avoirs gelés reviendraient, mais à charge pour la Banque nationale d'Iran de commander des produits essentiellement humanitaires. Les Iraniens disent non. C'est leur argent. Il y aura pas de contrôle. Il y a un récit américain de victoire et une réalité iranienne où on ne cède à rien. - C.Roux: On va revenir sur tous les points essentiels un peu plus tard dans l'émission. Après avoir signé cet accord à Versailles, on voit bien que les 2 pays sont en train d'expliquer au monde entier qu'ils l'ont emporté.
Hier, l'Iran a dit ceci. ... C'est une façon pour l'Iran de fanfaronner ou est-ce la vérité? - L.Menget: C'est entre les 2. L'Iran fanfaronne parce que l'Iran a besoin de ce récit de la victoire, pour des raisons de politique intérieure, comme D.Trump. D.Trump se recentre sur les actions à venir. C'est le récit d'un grand homme qui a conduit le pays à des victoires, parce qu'il espère ne pas perdre les élections de mi-mandat en novembre. Les Iraniens ont aussi besoin de ce récit pour leur population intérieure, mais aussi dans la région.
Les Iraniens développent en ce moment un récit partiellement exact, selon lequel ils sont redevenus une grande puissance régionale incontournable. Ils ont même réussi à convaincre le président américain d'imposer aux Israéliens la fin des combats au Liban. Pour l'Iran, cette nouvelle République islamique d'Iran, dirigée par des militaires, est une victoire régionale importante qui affirme la puissance de l'Iran pour les années à venir. Les 2 récits sont à mi-chemin de la vérité. Chacun ment et chacun s'attribue des victoires qui sont nécessaires pour des raisons de politique intérieure. - C.Roux: C'est inhabituel dans notre histoire de signer un accord dans lequel il n'y a pas de vainqueur? Vous parliez de la déclaration de l'Iran. D.Trump dit la même chose, à peu de choses près:
"J'ai mis l'Iran dans les cordes, prêt à nous donner n'importe quoi pour la première fois depuis des décennies, en respectant les Etats-Unis et leur président." Je me mets à la place des gens qui nous regardent ce soir. Ils se demandent qui a gagné. - A.Bellanger: Ce n'est pas la 1re fois qu'on nous fait le coup. G.W.Bush, quand il entrait en Irak, quelques semaines après, était apparu sur les télévisions du monde entier avec le message "mission accomplie". 10 ans après, les soldats y étaient encore. C'est B.Obama qui a retiré le dernier soldat américain d'active.
Là, pour le coup, il n'y a pas moyen, hormis dans l'esprit de D.Trump, de vendre ça comme une victoire. Ce que D.Trump veut faire, c'est en finir le plus vite possible. Il a tenté un coup. Ca n'a pas marché. Il veut partir au plus vite. Il veut que son traité-cadre ait un nom. Ce sera le traité de Versailles. Il veut ensuite faire la fête. Il hurle quand il entend quelqu'un qui le critique, ne serait-ce que les sénateurs républicains qu'il a rencontrés hier et qui essayent vaguement de l'interroger sur son sens de la victoire. Il se met à hurler immédiatement. Il fait ce qu'il aime faire le plus: se retrouver avec sa base Maga et faire des meetings.
On l'a oublié, mais cet homme est en meeting permanent. Pendant toute la période où il n'était même pas encore en campagne électorale, il sillonnait les Etats-Unis et faisait meeting sur meeting. C'est sur un meeting qu'il a gagné son aura d'invincibilité, puisqu'il s'est fait tirer dessus. C'est encore dans un meeting qu'il essaie de tirer la victoire à lui, là. Rien de ce qu'on lit raisonnablement ne laisse penser à une victoire. - C.Roux: Surtout qu'il avait dit: "On signe, c'est réglé en 60 jours". Là, on apprend qu'il y a des négociations en cours pour mettre en place des groupes de travail. C'est une façon de différer le moment où on va entrer
dans un sujet très lourd. - I.Lasserre: Pour l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, il avait fallu au moins 9 ans pour obtenir cet accord. Je pense que D.Trump a obtenu une victoire militaire partielle. Il a détruit en grande partie le programme militaire et de défense iranien. Les Iraniens ont obtenu une victoire politique. Ils ont obtenu cette victoire car ils ont réussi à survivre à la 1re puissance mondiale. Ensuite, ils ont réussi à imposer les termes de leur paix aux Etats-Unis. Pour l'instant, dans une guerre qui se termine, c'est la victoire politique qui est la plus importante.
Par exemple, Nétanyahou passe son temps à avoir des victoires militaires. Il est absolument incapable de transformer ces victoires en victoires politiques. Donc la guerre ne s'arrête jamais. On voit qu'il y a 2 temps: le temps long pour les Iraniens qui comptent en termes de générations et qui projettent l'hégémonie iranienne dans toute la région à très long terme, et le temps court de D.Trump, qui est celui des élections. Mais on n'est qu'à un protocole d'accord. On n'a pas encore l'accord. On ne pourra juger du résultat qu'à la fin. - C.Roux: Quand vous dites la fin, c'est quoi? - I.Lasserre: C'est: est-ce que D.Trump va réussir à prendre
ce tout petit passage, qui me semble très mal barré et très fin, qui permettra de transformer la région et de sortir positivement de cette histoire? Je m'explique. Il reprend à son compte la fameuse phrase de Scipion l'Africain, ce général romain qui disait: "Si tu veux faire la paix avec ton ennemi mortel, offre lui un pont d'or." Le pari de D.Trump, en déversant de l'argent sur les dirigeants iraniens, est le suivant: avec tout cet argent, ils vont reconstruire leur pays, essayer de rattraper le retard qui les sépare de tous les Etats du Golfe aujourd'hui. Ensuite, on aura une normalisation. Ca, ça va dépendre de qui va diriger l'Iran
dans les années qui viennent. - C.Roux: Il pourrait y avoir une victoire sur le long terme? - I.Lasserre: Si les pragmatiques l'emportent, le président du Parlement, et qu'ils considèrent aujourd'hui que l'accord leur offre la victoire, ils peuvent faire ce pari. Si les ultraradicaux l'emportent, en disant que c'est la vengeance qui doit perdurer, un nouvel affrontement avec les Etats-Unis... Aujourd'hui, on penche plutôt vers une capitulation de D.Trump, mais nous ne sommes qu'au début du processus. - C.Roux: Je retiens ce que vous dites. Vous dites qu'il y a une victoire militaire d'un côté et une victoire politique de l'autre. On est quand même dans le commentaire en expliquant que c'est une capitulation. C'est ce que dit la presse américaine. Vous dites que non. Militairement, il a gagné cette opération. - I.Lasserre: L'économie iranienne est détruite. Les infrastructures nucléaires iraniennes...
L'Iran va mettre plusieurs années avant de les faire repartir. C'était vraiment le coeur de la stratégie iranienne. Les alliés de l'Iran n'ont plus confiance en l'Iran. Les proxys sont affaiblis. L'Iran est en train d'essayer de retourner ça. A priori, on voit que c'est l'Iran qui a la main. Qu'en sera-t-il dans un an? - C.Roux: Il y a une habileté des Iraniens. - A.Bellanger: Il faut bien comprendre qu'il y a un grand plan américain qui dure depuis 25 ans, qui est un plan d'alliance entre les puissances sunnites et Israël pour recomposer le Moyen-Orient. C'est une espèce d'obsession, pas seulement de D.Trump, mais aussi de J.Biden, avec l'Otan arabe... Cette volonté-là n'avait que 2 défauts: elle ne tenait compte ni de l'Iran ni de la Palestine. C'est exactement ça qui a tout bouleversé
ces dernières années. L'Iran est revenu au centre du jeu et la Palestine a réémergé en devenant la mère de toutes les batailles. C'est cette tension entre les 2 visions du Moyen-Orient qui est en train de se mettre en place. - N.Bacharan: Très brièvement, c'est vrai que ce que vous décrivez, ce sont des scénarios tout à fait possibles et qui sont plutôt positifs. Mais ça dépend du régime iranien. A l'heure actuelle, ce sont vraiment des fanatiques prêts à mourir. Il y a un 3e scénario, pas forcément très drôle: qu'il n'y ait jamais d'accord. Ca aussi, c'est possible. - C.Roux: Vous diriez que vis-à-vis de l'Occident, vis-à-vis de nous, l'Iran a gagné la bataille de la communication? - L.Menget: Non, mais ils en sortent dans un moment où, comme le dit D.Trump à B.Nétanyahou,
le monde est... Comme Israël est sorti affaibli, même si, militairement, Israël a rempli sa mission parfaitement et a détruit tout ce qu'il fallait détruire de leur point de vue en Iran, l'Iran gagné une bataille de la communication. Mais cette bataille de la communication a été mal initiée. D.Trump a dit qu'en 48 heures, le régime tomberait. On pense à ce moment-là, le 28 février, qu'il y en a pour quelques jours, une semaine au maximum. Eh bien non. Ce n'est pas ce qui s'est produit. Ils sortent renforcés en termes de communication, extrêmement affaiblis d'un point de vue militaire. Mais aussi d'un point de vue politique.
D.Trump aime les victoires rapides. Or, là, il est un peu coincé car les Iraniens peuvent jouer la montre et faire durer les négociations pour l'accord pendant des mois ou des années, le temps que D.Trump ne soit plus à la Maison-Blanche. - C.Roux: Ces négociations ne sont pas simples. Elles tournent un peu au poker menteur. Les 2 parties communiquent sur leur victoire respective, mais sur les dossiers clés, jour après jour, l'Iran donne l'impression d'imposer ses volontés et contredit les avancées américaines. ... - C'est sur son air favori que D.Trump a donné le coup d'envoi du 250e anniversaire des Etats-Unis.
... Aucune place ou presque pour les fausses notes. Le président profite de l'événement pour vanter son bilan, notamment son grand succès au Moyen-Orient. - D.Trump: L'Iran ne disposera jamais de l'arme nucléaire. C'est réglé. Acclamations. Et grâce à la puissance et au savoir-faire des forces armées américaines, l'Iran n'a aujourd'hui ni marine, ni armée de l'air, ni moyens antiaériens, ni lance-missiles, ni industrie. Ses dirigeants ont été anéantis.
- Une version très personnelle de la situation en Iran, une semaine après la signature du protocole d'accord à Versailles. En échange de la réouverture du détroit d'Ormuz, les Etats-Unis ont accepté la création d'un fonds de 300 milliards de dollars pour l'Iran. Sur le nucléaire, ils ont désormais 60 jours pour se mettre d'accord. Un deal 100 % gagnant aux yeux de Téhéran. - L'accord que nous avons conclu n'est pas le résultat de pressions ou de coercitions mais celui de la résistance et de l'autorité de la vaillante nation iranienne. Ce mémorandum d'entente s'apparente à une défaite pour les Etats-Unis. - Qu'en est-il vraiment?
Dans le détroit d'Ormuz, point névralgique du conflit, le trafic a repris au compte-goutte. Mais la libre circulation dans le détroit est provisoire. Téhéran prévoit d'imposer un système de péage. En tournée dans les pays du Golfe pour rassurer ses alliés, M.Rubio monte au créneau. - M.Rubio: Je ne connais aucun pays sur la planète qui soutienne la mise en place d'un péage ou d'une taxe pour l'utilisation du détroit. Cela ne va pas se produire. Le président a été très clair sur ce sujet. - Mais l'Iran estime être en position de force, jusqu'à affirmer qu'il va continuer d'enrichir son uranium. - Nous ne céderons ni à la force, ni à l'oppression, ni à l'humiliation.
Nous ne renoncerons pas à notre droit à l'enrichissement et ils seront contraints de l'accepter. - Un affront de plus à D.Trump, mis en difficulté au même moment dans son propre pays. - C'est un désaveu majeur, un désaveu symbolique. - Aujourd'hui, pour la 1re fois, le Sénat a voté pour mettre fin à la guerre en Iran. - Le Sénat américain veut mettre fin à la campagne militaire. - Le président américain désavoué par le Congrès, raillé par l'opposition démocrate. - En Iran, la politique étrangère de D.Trump ressemble à une voiture de clown qui fonce vers la catastrophe. Le livre de D.Trump, "L'Art du deal",
devrait plutôt être rebaptisé "L'Art du plantage". - Le vote de 4 sénateurs américains en faveur de la fin des opérations en Iran est l'humiliation ultime. Parmi eux, Bill Cassidy, adversaire notoire de D.Trump. Les 2 hommes se seraient violemment invectivés hier. - Le sénateur Bill Cassidy a été traité de fou par D.Trump. Le sénateur lui aurait dit: "Vous n'avez pas dit au peuple américain ce qui se passe. Ca devait durer 4 semaines. Ca dure depuis 4 mois." - Le président n'a pas voulu entendre ma question et il m'a interrompu. Moi, j'essayais d'obtenir des réponses pour le peuple américain. Je ne me laisserai pas intimider lorsque j'essaie d'obtenir des réponses pour le peuple américain.
- D.Trump parviendra-t-il à sauver la face? Selon les derniers sondages, 59 % des Américains désapprouvent aujourd'hui son action. - C.Roux: On se disait que le sujet restait sensible. Il donne le sentiment d'avoir tourné la page et d'être sur la célébration des 250 ans d'indépendance de l'Amérique, mais malgré tout, il est contrarié dès qu'on lui impose le fait... - A.Bellanger: Cet homme n'est pas stupide. Il est impossible de ne pas avoir vu qu'il a perdu la partie. Bill Cassidy, c'est quand même quelqu'un qui n'a plus rien à perdre. Il a été battu dans une primaire par un candidat Maga.
Il ne se représente donc pas. - C.Roux: Que penser de ce vote au Sénat pour le retrait des forces américaines? Il y a cette question. ... - N.Bacharan: Pas du tout. C'est un vote, malheureusement, fantôme, si j'ose dire. C'est une résolution où une majorité de sénateurs, dont quelques républicains, demandaient le retour des troupes déployées pour la guerre en Iran actuellement au Moyen-Orient. Donc c'est un camouflet. Ca veut dire qu'il y a une partie du camp Trump
qui le lâche. Mais c'est une résolution, pas une loi. Ca n'a pas force de loi. Et puis, il y a eu cette scène mémorable qu'on découvre petit à petit, Trump qui va au Congrès et qui se réunit avec quelques élus républicains au Sénat. Ca hurle. Il les a insultés. Certains ont résisté, particulièrement ceux qui n'ont plus rien à perdre, mais pas seulement. Qu'est-ce qui s'est passé le soir? Le Sénat votait une résolution dans l'autre sens. Il n'exige plus, ne suggère même plus ce retour des troupes. Donc Trump les a intimidés. - C.Roux: Donc c'est Trump qui gagne à la fin. - N.Bacharan: A l'heure actuelle, le Congrès n'impose pas à Trump de ne pas frapper l'Iran. - C.Roux: C'est important, cette question. A chaque fois qu'il s'énerve, il dit: "Si ça ne se passe pas comme je veux, je reprendrai les bombardements." - L.Menget: Il a la possibilité de le faire, comme il l'a déjà fait. Il peut tout à fait dire: "La sécurité nationale est menacée par l'Iran. Israël, notre allié, est menacé par l'Iran, donc on reprend les bombardements." Maintenant que le protocole d'accord a été signé, il y a
chez Trump un vent de panique à la Maison-Blanche et au sein du parti républicain. - C.Roux: Pourquoi? - L.Menget: Parce qu'on voit qu'il y a des tensions. Il n'arrive plus à tenir complètement... Bien sûr, il tient sa base Maga. C'est indéniable. C'est un clan, presque familial, qui, pour l'instant, tient bon. Mais autour, ça commence à se désagréger un peu. Beaucoup d'entre eux estiment que Trump s'est planté dans cette opération qui a coûté très cher aux contribuables américains, sans compter les dégâts faits au Moyen-Orient. Et puis, il y a des élections qui arrivent dans 4 mois. Beaucoup d'entre eux regardent les courbes de popularité, regardent ce qui se passe au Congrès. Ils se disent qu'ils vont perdre un nombre de sièges pas possible. Trump arrive bientôt à 2 ans d'exercice
de son 2e mandat. Dans 2 ans, il ne sera donc plus là. Il y a toute une base républicaine non Maga qui se dit qu'il va falloir faire une 3e voie entre les républicains Maga et les démocrates. On voit bien que Trump est tendu. - C.Roux: Il est tendu sur le dossier iranien. - L.Menget: Oui, mais aussi avec ses amis. De toute façon, Trump n'a pas de proches. Il peut s'engueuler avec tout le monde. Il faut que ce soit lui qui ait raison à la fin. Mais en ce moment, on voit bien, que ce soit sur la politique internationale, quand il hurle sur Nétanyahou, hier sur Cassidy... Un président américain doit en théorie rester un peu calme. Il est président de la 1re puissance militaire
et économique du monde. Je ne dis pas qu'il panique, mais on sent que ça se tend dans les camps républicains aux Etats-Unis. - A.Bellanger: Il a un pouvoir de nuisance. Il peut par exemple faire battre Bill Cassidy lors d'une primaire. Ce pouvoir de nuisance, il tente de montrer qu'il l'exerce encore, par exemple en impressionnant hier lors de cette séance ahurissante où il a hurlé sur les sénateurs républicains de son propre camp, en leur expliquant qu'ils étaient tous des inutiles et des imbéciles, qu'ils n'avaient rien compris. Il essaye de tester jusqu'au bout son pouvoir de nuisance. D'autre part, il essaye aussi de tester les pouvoirs
de la présidence des Etats-Unis qui n'ont jamais été testés. Ce mélange des 2 parvenait à maintenir une sorte de magisteria de Trump sur son camp républicain. Or, c'est ça, cette humeur de Trump, cette humeur délirante de Trump, le fait qu'il s'énerve face à ses collaborateurs, face à ses alliés, ça montre qu'il est en train de perdre pied dans l'un de ses 2 leviers de puissance. - C.Roux: Il s'énerve aussi lorsqu'il commente sur ses réseaux sociaux les négociations en cours avec l'Iran. Sur la question d'Ormuz, je ne vais pas vous faire le résumé de toutes les déclarations, à la fois iraniennes et américaines qui vont en sens opposé. On a les Iraniens qui nous disent "nous administrerons le détroit d'Ormuz" et D.Trump qui répond "il n'y a aucun péage, aucun frais d'assurance, aucun autre frais de quelque nature que ce soit". Là aussi, on sent une espèce de crispation sur le sujet d'Ormuz. Il ne peut pas plier sur Ormuz. - I.Lasserre: C'est normal. C'est le seul problème qui n'existait pas avant le début de la guerre et qu'il a créé lui-même.
Sur Ormuz, on se demande ce qu'il va rester. C'est normal, ces différences d'appréciation. Ils sont sur des lignes radicalement opposées. Qui croire? En tout cas, pas D.Trump, qui prouve tous les jours qu'il a un rapport à la vérité un peu particulier. Davantage les Iraniens, parce que c'est eux qui ont la main sur le bouton. Le détroit d'Ormuz, c'est chez eux. Ils peuvent décider demain de le fermer ou d'appliquer des péages. La question est de savoir si les Iraniens vont avoir un intérêt
à perturber le détroit d'Ormuz pendant très longtemps. Si, en échange, D.Trump les arrose de pluie de pétrodollars et de dollars, ils peuvent juger qu'ils n'ont pas d'intérêt, en tout cas jusqu'aux midterms, et qu'ils peuvent jouer le jeu. Si, en échange, il n'y a pas de négociations sur les missiles balistiques et sur les proxys, comme c'est le cas aujourd'hui, et qu'ils arrivent à résister sur le nucléaire, ce sera une toute petite concession. Ils s'appuient là-dessus, car comme c'est le point le plus sensible pour D.Trump...
Il a commencé la guerre en disant qu'il allait anéantir le pouvoir iranien. Il la termine en disant que pour lui, la victoire, c'est de débloquer le détroit d'Ormuz. C'est acquis, mais c'est fragile. Les Iraniens, qui n'avaient jamais bloqué le détroit d'Ormuz avant, là, il l'ont bloqué. Ils savent qu'ils ont la capacité de perturber l'économie mondiale. C'est ça qui a fait plier D.Trump. Donc on ne se sépare pas d'un levier aussi facilement. En tout cas, on le monnaye de manière très haute. C'est ce qu'ils font. Je pense qu'à l'arrivée, ils vont trouver un modus vivendi sur le détroit d'Ormuz qui sera beaucoup moins solide que ce qui existait avant, bien sûr. - A.Bellanger: Quand on étudie un tout petit peu le détroit d'Ormuz... Il y a 2 ans, il y a l'angle que vous venez de décrire
qui est exact, c'est-à-dire le fait que les Iraniens se servent de ce détroit d'Ormuz comme une carte majeure pour discuter avec Trump. Il y a un autre intérêt du détroit d'Ormuz: ça permet d'indiquer aux monarchies du Golfe le chemin de la caisse enregistreuse. Les 300 milliards qui pourraient être échangés... Si l'Iran reçoit 300 milliards, pourquoi devrait-il continuer à fermer le détroit d'Ormuz? - I.Lasserre: C'est une manière de vassaliser les pays de la région. - A.Bellanger: Ces 300 milliards que D.Trump a mis au milieu du gué, qui va les payer? Il l'a dit lui-même. Ce seront les monarchies du Golfe, qui sont absolument furax
d'être rançonnées par l'Iran et par les Etats-Unis. L'Iran dit à toutes ces monarchies, qui sont riches sans l'Iran depuis des dizaines d'années, qui ont des fonds souverains chargés de centaines de milliards de dollars avec lesquels ils font n'importe quoi: "Je vais vous expliquer ce que vous pouvez faire avec ces fonds souverains. Vous allez acheter votre tranquillité, le fait qu'on ne taxera pas vos bateaux, qu'on ne mettra pas de frais de service à vos bateaux.
Voilà le chemin de la Banque nationale d'Iran." - L.Menget: C'est pour ça qu'il a envoyé M.Rubio pour essayer de calmer un peu les monarchies du Golfe, pour leur dire qu'on les aime toujours. - C.Roux: M.Rubio a dit ce matin que le péage iranien serait un chaos total. - I.Lasserre: Normalement, quand une guerre s'arrête, c'est le vaincu qui paye des droits de réparation. Là, c'est le vainqueur, plus les victimes, les pays du Golfe. C'est le monde à l'envers. - C.Roux: Sur la question du nucléaire, qui était aussi une question majeure de ce conflit... Il faut suivre les déclarations des uns et des autres. Les Américains disent "ils ont accepté les visites des agents de l'AIEA", et les Iraniens disent"non, pas du tout". Je repose la question: qui croire?
Est-ce que sur le nucléaire, les Américains arrivent à imposer d'avoir une surveillance des installations nucléaires? - I.Lasserre: On n'en est pas du tout là. Pour l'instant, on a un protocole d'accord. Quand l'accord sera signé, on parlera pendant 60 jours de la question du nucléaire sur 2 bases: d'abord, la dilution des 440 kg d'uranium enrichi en Iran, et ensuite, la limitation ou l'interdiction du programme de l'enrichissement nucléaire iranien. On n'en est pas encore là du tout. - C.Roux: Est-ce que vous pensez qu'au fond, il a tourné cette page? Le pétrole coule à flots, à Ormuz, les bateaux passent... Tout ce dont nous sommes en train de parler, est-ce qu'au fond,
l'administration américaine s'en moque? Est-ce que ce sont des détails à leurs yeux? - N.Bacharan: Il veut absolument tourner la page et il va ficeler un récit de victoire sur le nucléaire. Après, il faut voir ce que les Iraniens vont lui fournir comme écran, comme faux-semblant, pour l'aider à ficeler ce récit de victoire sur le nucléaire qui n'existera pas. Lucas le rappelait très justement... Les déclarations iraniennes sont aussi tout le temps en rapport avec la politique intérieure. C'est très mauvais.
Le mollah et les Gardiens de la révolution disent qu'ils acceptent les inspecteurs de l'AIEA, qu'ils vont diluer leur uranium, qu'ils vont le laisser sortir... En réalité, ils ne céderont... Pendant 60 jours, on va négocier, et on peut renouveler les 60 jours indéfiniment. Ils n'accepteront que des choses non vérifiables. S'ils acceptent de faire entrer quelques inspecteurs, c'est parce qu'on va leur montrer des villages Potemkine, des faux-semblants de sites d'enrichissement. S'ils acceptent de diluer leur uranium... Ca, c'est toujours réversible, comme processus. Ce sera invérifiable. A l'heure actuelle, les sites sont inaccessibles. Ils font en sorte que ça reste inaccessible. Je ne vois pas à quel moment ils donneront réellement une victoire aux Etats-Unis sur le nucléaire.
- C.Roux: Question. - L.Menget: L'histoire avec un grand H est longue. Pas forcément, mais ça restera comme un des moments trumpiens d'une Amérique chaotique mais qui a aussi une puissance indéniable. Trump, et Dieu sait qu'ici, et moi le premier, on critique beaucoup D.Trump, est aussi un outil de la puissance américaine. Il fait des choses que notre président n'aurait pas osé faire. Ca fait 47 ans que cette question iranienne est au coeur de toutes les questions au Moyen-Orient et de la politique étrangère américaine.
Il a tenté. On ne peut pas dire qu'il ait gagné... Une humiliation. Il faut attendre de voir. L'ayatollah, on ne l'a toujours pas vu. On ne l'a toujours pas entendu. On ne sait pas ce qui va se passer. - N.Bacharan: On ne sait pas s'il existe! - L.Menget: On sait peu de choses. Il nous apparaît extrêmement puissant, solide, le régime. Mais qui sait si, dans 6 mois, ce régime ne va pas tomber par le réveil des manifestations à l'intérieur? Là, Trump pourra dire: "Tout ça, c'est grâce à moi. Vous m'avez embêté avec des broutilles, l'AIEA, mais au final..." L'histoire, c'est du temps long. - I.Lasserre: Et il n'aura pas tort de le dire. Il faut attendre que la poussière retombe. Pour l'instant, c'est très défavorable aux Etats-Unis
et à Israël, mais on ne sait pas ce qui se passera quand la poussière retombera. Une chose qui est très importante... Aujourd'hui, même sur la question du nucléaire, il n'y a plus d'union nationale en Iran depuis la répression catastrophique du mois de janvier. C'est terminé. Une fois que la guerre se sera arrêtée, les Gardiens de la révolution se retrouveront un peu isolés au sein de leur pays. Comment les rapports de pouvoir vont se gérer? Qu'est-ce que ça va donner comme pouvoirs... - C.Roux: Ce qui apparaît aujourd'hui comme la défaite de l'Amérique peut changer de perception avec le temps? Vous nous invitez à être patients. C'est parfaitement clair.
- A.Bellanger: On oublie toujours, et nos téléspectateurs doivent le comprendre, que le régime iranien ne se bat pas sur un front, mais 2 fronts, y compris le front intérieur. Vous croyez que les Iraniens ont oublié les 40 000 morts de la répression du 9 janvier? Vous croyez que les 80 % d'Iraniens qui manifestaient dans la rue, qui détestaient ce régime, l'ont oublié? Quand le régime devra retourner vers son peuple, il lui faudra beaucoup d'argent et beaucoup de temps pour tenter de continuer à maintenir cette oppression et cette cohésion interne en Iran. - C.Roux: L'histoire donnera peut-être raison à D.Trump... - N.Bacharan: On peut être tous d'accord que l'Iran
des mollahs est un ennemi très dangereux pour tout le monde. Si ça arrive, je pense qu'on l'applaudira. Mais faire tomber le régime iranien implique une population qui ose y aller. A l'heure actuelle, la terreur est épouvantable. On pend tous les jours en Iran. On pend, on torture, on fouette. Les arrestations se multiplient. Ils publient les photos de jeunes gens magnifiques en disant: "Untel a été pendu..." Uniquement, les grands perdants aujourd'hui, c'est la population iranienne. - C.Roux: On évoquait tout à l'heure son empressement à célébrer l'Amérique et à se célébrer lui-même.
C'est devenu son obsession: redonner son lustre à l'Amérique avec des grands projets, comme un arc de triomphe plus grand que celui de Paris, une salle de bal à la Maison-Blanche et un bassin, le Lincoln Memorial, auquel il voulait redonner du lustre, mais l'affaire ne s'est pas déroulée totalement comme prévu. D'ailleurs, Trump fulmine, là aussi. - Un beau bassin bleu, moins bleu, vraiment moins bleu... Le rêve du président vire au cauchemar. Devant le mémorial Lincoln à Washington, le miroir d'eau bleu comme le drapeau américain promis par D.Trump pour les 250 ans de l'indépendance des Etats-Unis, est envahi par les algues vertes et la peinture s'écaille, 2 semaines après la fin des travaux. - Je veux récupérer mon argent, quand je vois ça. - L'argent que tout le monde donne aux parcs nationaux de notre pays doit être versé aux parcs nationaux. Au lieu de ça, il est gaspillé par les projets mégalos
du président. En plus, ce n'est même pas du bon boulot. - Les travaux du bassin mythique de Washington ont commencé en avril. Ils ont coûté quelque 16 millions de dollars, pour l'instant. Au départ, tout allait bien. - D.Trump: Ca va être absolument sublime. On va en être fiers. Cette piscine va tenir pendant au moins 50, 100 ans, avant de devoir y faire quelque chose. C'est du solide. - Et nous y voilà! La piscine va encore être vidée. - Le président accuse des vandales d'être à l'origine des problèmes du miroir d'eau à Washington. - Autour du bassin, la garde nationale est déployée. Les arrestations s'enchaînent. Gare à ceux qui s'approchent un peu trop près de l'eau. Hier, le président, en entretien avec le secrétaire général
de l'Otan, reparle une fois encore de son bassin vandalisé. - D.Trump: Des voyous... Ils viennent de me le dire il y a pas longtemps. 6 ont été Arrêtés. 6 ou 7 font l'objet d'une enquête. Ils ont des photos et tout le reste. - Les saboteurs auraient entaillé une partie du bassin et auraient déversé des produits. Le président nie toute responsabilité dans l'échec des travaux de réhabilitation et s'agace quand on lui demande des preuves. - D.Trump: Il n'y a pas de dégâts énormes, mais il va quand même falloir vider la piscine. - Vous avez des preuves de ça, des photos? - D.Trump: Oui, j'en ai. Quand vous avez à peu près 600 m de déchirure d'un point à un autre, vous avez vraiment besoin de preuves?
- Alors que Trump voulait faire de ce bassin bleu l'un des symboles de ses grands travaux à Washington, les critiques s'emballent jusque dans son camp. - Vous me dites, même si cela reste à prouver, que détruire le revêtement d'une piscine miroir fait l'objet de poursuites? C'est ce que veut le président? Et il relâche des gens qui ont plaidé coupable de l'agression d'un agent de police? Mais dans quel univers parallèle je viens de me réveiller? - Décidément, les grands projets de Trump rencontrent quelques difficultés. Sa salle de bal dorée est désormais chiffrée à 600 millions de dollars, soit 400 millions de plus qu'annoncés. L'arc de triomphe, conçu pour dépasser tous les autres, suscite des recours en justice. Hier, le grand concert qui devait lancer le début de la fête
nationale a été boudé par les artistes. Qu'à cela ne tienne. Pour les 250 ans de l'indépendance des Etats-Unis, D.Trump offre à l'Amérique un discours et quelques obsessions. - D.Trump: Vous le savez, on construit la plus magnifique salle de bal du monde à la Maison-Blanche, et elle est bientôt terminée. - Et pour être sûr de laisser son empreinte, le président espère bientôt des billets de 250 dollars à son effigie, même si l'apparition d'une célébrité vivante sur un billet de banque aux Etats-Unis est prohibée depuis plus de 100 ans. - C.Roux: On a bien compris à quel point cette affaire de bassin n'est pas anecdotique. Ca tourne à la bataille politique. - N.Bacharan: Complètement. Les opposants à Trump, et même ceux qui le trouvent simplement trop vaniteux, se réjouissent.
Ce bassin, c'est un bassin profond qui va du Lincoln Memorial sur une très longue distance, dont le but était de faire réfléchir le ciel... C'est un bassin de réflexion. - A.Bellanger: Un miroir d'eau. - N.Bacharan: C'est vrai que Trump voulait un bassin bleu. Qui a eu le contrat pour le rénover? Un riche donateur de Trump. Il n'y a pas eu d'appel d'offres. Un contrat pour 14 millions. Anthony me disait qu'ils en étaient à 15 millions. Ils ont drainé la piscine, nettoyé, mis un revêtement bleu, de l'eau
et, au bout de très peu de temps, les algues s'en sont emparé. Je ne peux pas vous expliquer pourquoi. - C.Roux: Lui, il dit qu'il a eu du vandalisme. - N.Bacharan: On a versé, pour éliminer les algues, des produits chimiques très forts. Le revêtement part en lambeaux. - C.Roux: Merci. Ce qui est intéressant, c'est les images. On voit que la garde nationale va arrêter des gens qui s'approchent trop près de l'eau. - L.Menget: C'est ça qui fait beaucoup parler. On envoie la garde nationale pour arrêter les gens qui vont faire des photos, qui prennent de l'eau... Toute l'Amérique rigole de cette histoire. Parfois, il y a des symboles... L'histoire est parfois faite de symboles. Trump fait la guerre. Les Américains subissent.
Ils se demandent s'il a raison ou pas. D'un coup, il y a des Américains, quel que soit leur bord politique, qui se disent: "Il est en train de transformer Washington en Mar-a-Lago." Il veut que tout soit clinquant. Les Américains en ont marre. Ils rigolent pas là. Ils rigolent moins en voyant des chevaux pour aller arrêter des gamins sur une piscine qui a des algues parce que le pisciniste était mauvais... Je suis les explications de Nicole... A un moment, ce ridicule devient gênant. - C.Roux: Ca tourne au fiasco. - L.Menget: Dans le reportage que vous venez de diffuser, la colère, presque la moquerie du sénateur américain qui se demande: "Dans quel monde on vit? On va pas parler des années de la piscine du Lincoln Memorial". Ca devient obsédant pour les Américains et ça fragilise D.Trump. Sa cérémonie d'hier, ce bassin, il passe pour quelqu'un qui donne des contrats à des copains, mais qui ne sait pas faire. Les avions ne volent pas exactement comme ils devraient voler.
C'est jamais exactement calé, tout simplement car les pilotes n'ont pas l'habitude. La musique, il y a des fausses notes. Les artistes qui devaient venir ne sont pas venus... Ca fait pschitt. - A.Bellanger: Quand il est arrivé au pouvoir il y a presque 10 ans, un de ses slogans, même une de ses chansons de campagne, c'était: "Drain the Swamp". Aujourd'hui, que fait-il? Il crée un marécage, avec ce bassin qui se transforme en flaque malodorante. Il paraît que même les canards n'arrivent pas à y nager. Ils meurent. Il y a tout, là-dedans. - C.Roux: C'est pour ça que ça s'allume. - A.Bellanger: Il y a plein de manières de le prendre, métaphoriquement, "lexicalement", historiquement. Et enfin, concrètement. Il a transformé un monument de Washington en mare malodorante. - C.Roux: Il y a une question. - I.Lasserre: C'est ça, la comparaison est ce qui énerve les Américains. Les présidents veulent souvent laisser leur trace dans l'histoire
et dans la culture. La pyramide du Louvre de Mitterrand, c'était plus classe que la mare de D.Trump. - C.Roux: On ne lance pas le débat! - I.Lasserre: Il y a autre chose... Je vois qu'il y a un anti-pyramide... - A.Bellanger: Pas du tout! - I.Lasserre: Autre chose énerve les Américains, le côté culte de la personnalité. On l'a vu sur le billet. Mais maintenant, sur plusieurs bâtiments fédéraux, il y a le portrait de D.Trump. - C.Roux: Là, c'est sur la façade du département de l'Intérieur. Il y a, à gauche, le président G.Washington, et, à droite, D.Trump. - I.Lasserre: On voit normalement ça dans les pays autoritaires ou dictatoriaux, ce culte de la personnalité. Ce n'est pas tant dans les traditions de l'Amérique.
- C.Roux: Mais est-ce qu'ils y adhèrent? Le fan-club de Trump adhère, mais est-ce que ça va au-delà? - I.Lasserre: Non... C'est le roi. Il veut être le roi de la communication, du monde. D.Trump voudrait que le monde entier se réveille en commentant son 1er tweet de la matinée. - C.Roux: C'est ce qu'on fait! - I.Lasserre: Le monde entier tourne autour de D.Trump. Mais chez les électeurs américains qui ne sont pas Maga... C'est vrai qu'il y a un relent de président autoritaire qui cogne un peu avec la démocratie américaine. Il est un peu à cheval, D.Trump.
On voit bien qu'il admire les dictateurs, qu'il envie les V.Poutine qui n'ont pas besoin de passer par des élections et qui ont juste besoin... Ils n'ont pas besoin de passer par le Parlement pour prolonger la guerre. Ca, ses portraits, c'est le symbole de cette espèce d'ambivalence de D.Trump. - A.Bellanger: J'ai voulu vous interrompre, tout à l'heure, non pas car je n'étais pas d'accord avec vous, mais parce qu'il faut cesser, nous, Français, de lui donner de mauvaises idées. Tous les ennuis de Washington aujourd'hui sont originaires de France. L'arc de triomphe, c'est notre idée. C'est en le voyant chez nous, lors du défilé en 2017, qu'il a eu
l'idée de le rapporter aux Etats-Unis. La salle de bal de la Maison-Blanche, c'est notre idée. Il a vu la salle des fêtes de l'Elysée entièrement refaite par E.Macron. Avec un peu Windsor, et Versailles, aussi. Les dorures, c'est notre idée. Il dit de Versailles que c'est "le real deal". Les avions qui passent au-dessus de Washington, c'est notre idée... - C.Roux: Que va-t-il se passer, au-delà de cette affaire de bassin? Que faut-il attendre de cette célébration des 250 ans de l'indépendance des Etats-Unis? - L.Menget: Il a transformé cette célébration, les 250 ans
de la démocratie américaine, qui est vraiment, pour plein de pays dans le monde, quelque chose de très important... Il ne faut pas minimiser la place dans l'histoire de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis, la création de la démocratie libérale américaine. C'est un modèle pour énormément de pays. D.Trump le transforme en spectacle à son effigie. J'ai parlé à pas mal d'amis américains. Ca leur fait très peur. Aucun président américain, et il y en a eu, des présidents vaniteux, orgueilleux... - C.Roux: Mégalo? - L.Menget: Mais à ce point! Il veut absolument son effigie sur le billet de 250 dollars.
Mais que les Américains aient entre les mains un billet de banque à l'effigie de D.Trump... Les billets de banque, aux Etats-Unis, ça a une importance symbolique. Bien sûr, la base Maga... Mais la base Maga, c'est 30 % des Américains à tout casser. Et encore, le coeur vraiment actif est sans doute plus petit. Mais cette autocratie dont parlait Isabelle tout à l'heure, les Américains ont quand même dans les veines et dans leur éducation la démocratie et le fait qu'ils sont les héritiers d'une démocratie de 250 ans. - C.Roux: Mais tout passe, même les engueulades
avec les sénateurs républicains, le billet de banque, la salle de bal, les outrances, les mensonges... Tout passe! - L.Menget: Ce qui passe, ce sont... - C.Roux: L'affaire Epstein... - L.Menget: Ce qui passe est plutôt cosmétique. Sur le fond, pour le moment, les institutions... On a beaucoup parlé, au moment de la réélection de D.Trump, de sa volonté de fragiliser les institutions, le système de contre-pouvoirs aux Etats-Unis. Pour l'instant, ça ne marche pas. Il n'a pas réussi à transformer le système démocratique américain en un système trumpiste. Oui, il est fasciné par les symboles, car il est fasciné par les dictateurs. Mais il va y avoir des élections.
Il y a encore un an, on se disait que S.Bannon aller le convaincre de ne pas faire d'élections de midterm. Pour l'instant, il va y en avoir. Les Américains s'amusent de cette histoire de bassin. Ils se disent qu'au moins, il ne touche pas à la Cour suprême. - A.Bellanger: Il y a, sur le bureau du Sénat et du Congrès, des Etats-Unis, une loi qui s'appelle le "Save America Act", qui vise à modifier les conditions de scrutin lors des prochaines élections et qui, là, pour le coup, serait véritable un véritable coup d'Etat légal. - C.Roux: Ca changerait quoi? - A.Bellanger: Ca durcirait les conditions de vote pour une grande partie des Américains qui n'ont pas de pièce d'identité. Aux Etats-Unis, il n'y a pas de pièce d'identité. Il faudrait une 2e identité pour pouvoir voter. Ensuite, il y a un moyen très établi aux Etats-Unis de voter, le vote par correspondance,
qui serait mis en cause dans beaucoup d'Etats. Cette loi, les républicains sont en train d'expliquer à D.Trump qu'elle ne peut pas passer ni au Sénat, ni à la Chambre des représentants, car il n'y a pas assez de voix pour la voter. C'est une loi liberticide. Mais on voit bien l'intention qu'il a. Il a l'intention de redessiner la carte électorale américaine pour avoir plus de députés, plus de circonscriptions gagnables... Il en hurle! Une des raisons pour lesquelles il a hurlé hier face aux sénateurs républicains, c'est parce qu'il veut que cette loi soit passée avant la prochaine élection. Le danger est là. - N.Bacharan: Je voudrais revenir sur ces 250 ans. Lucas rappelait précisément le sens de cette histoire américaine. La dernière fois qu'on a eu une très grande cérémonie,
c'était en 1976, les 200 ans. Le président américain n'était ni populaire, ni charismatique, ni tout à fait légitime. C'était G.Ford, qui n'avait pas été vraiment élu. On voit que ces fêtes d'anniversaire de la démocratie américaine, c'est vraiment centré sur l'unité du pays autour des grandes valeurs. 1776, c'est la Déclaration d'indépendance. Cette 1re phrase a changé le monde. C'était une phrase révolutionnaire qui s'adressait au monde entier. "Tous les hommes sont créés égaux." Or, on va avoir une fête Maga stricto sensu. Ca ne va ressembler à rien. On va avoir un grand discours de Trump, comme un discours de campagne, par car la plupart des artistes ne veulent pas venir. Il devait y avoir une représentation des richesses, des succès des 50 Etats. Ca ne se fait pas. On aura, pour les 250 ans, une fête Maga et non pas une fête de la démocratie. Une démocratie qui, à partir de 1776, a quand même fait rêver une partie du monde.
- C.Roux: Il s'est exprimé sur les réseaux sociaux à propos de tout ça. ... - A.Bellanger: Jamais mieux servi que par soi-même! - C.Roux: C'était après que certains chanteurs ont refusé de venir à la célébration. Dans la série des sujets qui fâchent D.Trump, il y a désormais le cas de G.Meloni. Après avoir joué la carte Trump, elle a changé de ton. Dans une vidéo, elle s'en prend directement au chef de la Maison-Blanche. - Sourire complice ou de façade? Cette photo publiée par le gouvernement italien en marge du G7 est à l'origine de la dernière brouille
entre G.Meloni et D.Trump. 2 jours plus tard, le président des Etats-Unis fait cette petite déclaration à la télévision italienne. *-D.Trump: Elle m'a demandé, supplié de prendre une photo avec elle. J'ai eu pitié. - La présidente, humiliée, répond avec colère. - G.Meloni: Certaines choses méritent une réponse immédiate. Les déclarations de D.Trump sont inventées. Je ne comprends pas pourquoi il se comporte ainsi envers ses propres alliés. Il y a une chose dont on doit se souvenir: ni l'Italie ni moi ne supplions jamais. - Tout avait pourtant si bien commencé entre les 2 dirigeants nationalistes. G.Meloni était même la seule dirigeante européenne à assister à l'investiture de D.Trump en 2025. A l'époque, le milliardaire ne cesse de la complimenter, à sa façon. - D.Trump: Je vais tenter ma chance. Où est-elle? La voilà! Ca ne vous dérange pas, quand je vous dis que vous êtes belle? Parce que vous l'êtes! Merci beaucoup d'être venue. Nous vous en sommes reconnaissants. Elle tenait à être ici. On la respecte vraiment, en Italie. C'est une femme politique qui a beaucoup de succès.
- G.Meloni en profitera pour tenter d'amadouer D.Trump sur la question des droits de douane qu'il souhaite imposer à l'UE. - L'Union européenne doit-elle continuer à croire que les Etats-Unis sont un partenaire fiable? - G.Meloni: Je suis ici pour rendre l'Occident plus fort car je crois en l'unité de l'Occident. Nous devons simplement parler. - D.Trump: Elle croit en ma présidence! - G.Meloni: Oui, aussi. - D.Trump: Nous allons conclure un accord. - Mais la relation d'amitié s'est dégradée. Une 1re fracture est apparue lorsque D.Trump s'en est pris au pape Léon. - D.Trump: Je n'aime pas ça. Je ne suis pas un grand fan du pape Léon. C'est quelqu'un de très libéral. C'est un homme qui ne croit pas en la lutte contre la criminalité.
Il estime qu'on ne devrait pas aller contre un pays qui veut se doter de l'arme nucléaire pour faire exploser le monde. - G.Meloni juge les propos inacceptables et se retrouve à son tour sous le feu des critiques. Dans la presse italienne, D.Trump lâche ses coups sur son ancienne amie, qui refuse d'impliquer son pays dans la guerre en Iran. ... L'Italie prend ses distances avec le géant américain et entame un rapprochement avec ses alliés européens.
... "La felicita", "le bonheur" en italien, est d'ailleurs la musique de ce clip posté par l'Elysée sur l'arrivée de G.Meloni au G7. - Tout va bien. Tout le monde est content. - Meloni doit se repositionner. Même si elle a eu un échange cordial avec Trump, nous savons que ce que Trump a dit à Meloni, il n'oublie pas. Nous verrons s'ils auront un entretien bilatéral. L'Europe doit se préparer à faire front uni face aux Etats-Unis. - Cet après-midi, accueil des plus chaleureux pour la présidente italienne à Antibes. La France et l'Italie s'affichent main dans la main, 6 ans après leur dernier sommet bilatéral. - C.Roux: C'est un des succès de D.Trump, d'avoir réussi à rabibocher E.Macron et G.Meloni. - N.Bacharan: C'était pas gagné. Depuis l'élection de G.Meloni, on ne peut pas dire qu'il n'y ait pas eu de méfiance. Trump ne rate pas tout ce qu'il fait,
mais là, il tire contre son propre camp. Poutine avait réussi à unifier l'Europe face à l'Ukraine. D.Trump aussi. Là, il réunit l'Europe face aux Etats-Unis. Il rappelle quelque chose que l'on voit sans arrêt: on ne peut pas lui faire confiance. Il trahit tout le monde. Regardez Israël, les pays du Golfe... Il ne peut pas s'empêcher d'un coup de pied, d'une humiliation. Il ne faut pas lui faire confiance. - C.Roux: C'est le boss! Il l'a dit en arrivant au G7. Donc il s'autorise tout. - L.Menget: Oui, mais G.Meloni est aussi une boss.
Elle est aussi en train de voir le vent tourner en Europe. Par exemple, la défaite d'Orban, qui était un de ses grands alliés au sein de cette droite illibérale européenne, l'a beaucoup fragilisée. Elle se rend compte que se raccrocher à une Europe plus traditionnelle, plus celle de Macron, aujourd'hui, ça a plus de sens. D'une certaine manière, on peut dire merci à Trump de rabibocher les Européens. Le front uni européen est indispensable en ce moment. D'une certaine manière, Trump a offert Meloni à l'Europe.
- A.Bellanger: Attendez... G.Meloni a des élections dans moins d'un an. C'est une fine politique. Elle sait qu'elle peut gagner facilement une forme de popularité... Ca s'est traduit dans les jours qui ont suivi. Elle est descendue dans la rue en Italie. Vous le verrez sur Internet. Elle se balade au milieu d'une foule qui l'applaudit, qui lui saute dessus, qui l'embrasse pour lui souhaiter bonne chance... C'est pour la soutenir et pour lui dire combien elle a eu raison de résister à D.Trump. Il y a un front américain aussi, aussi bien en Espagne, au Portugal qu'en Italie... Les Italiens, on les aime.
C'est un peuple politique, qui est aussi susceptible. Il a été longtemps maltraité dans l'histoire. C'est une grande politique, mais elle a perdu des élections mi-mars. Elle a perdu un référendum. - C.Roux: Tant mieux. Elle fait de la vraie politique. - I.Lasserre: Elle a tenu tête à D.Trump sur la forme et sur le fond. S'il s'en est pris à elle, c'est aussi parce qu'elle est une femme. Elle s'est rebellée en disant "je ne supplie personne". Il lui reprochait de ne pas être assez ferme face aux ennemis de l'Occident. Ce n'est pas que de la politique. C'est une prise de conscience que même les plus proches amis de D.Trump commence en en avoir marre de son populisme débridé, disrupteur, au mauvais sens du terme, voire vulgaire. Là, elle se tourne vers un populisme plus lissé, plus modéré, qui a peut-être plus d'avenir en Europe. - C.Roux: Nous en venons à vos questions. Questions.
- L.Menget: Partiellement. Ca reprend, doucement. Ce n'est pas du tout ce qu'annonçait D.Trump: "Dès ce soir, tous les bateaux vont pouvoir entrer, sortir". - C.Roux: Il y a encore quelques accrochages. Un navire a été touché par un projectile d'origine inconnue dans le détroit d'Ormuz. - L.Menget: C'est les assureurs qui décident si les bateaux quittent le port. - C.Roux: Question. - I.Lasserre: Non. Les mollahs n'ont pas gagné la guerre économique.
L'Iran est dans un état économique catastrophique. L'argent qui va être déversé sur eux leur permettra de reconstruire l'économie ou de relancer leur programme militaire et de défense. D.Trump a en partie perdu sa crédibilité. Laissons les choses aller jusqu'à leur bout. - C.Roux: Question. - A.Bellanger: Ah! Bonne question, mon capitaine. - N.Bacharan: Non, car ils n'ont pas le choix. Néanmoins, ça ne veut pas dire qu'ils ne cherchent pas certaines ententes, certains rapprochements avec l'Iran. L'Iran sort politiquement renforcé. Ils n'ont pas renoncé à leurs proxys. Les Etats du Golfe ont été extrêmement choqués d'être bombardés. Ils n'étaient pas prêts à ça. Ils ne peuvent pas se passer de la protection américaine,
mais ils peuvent quand même chercher des accommodements avec l'Iran. On avait vu que l'Arabie saoudite demandait à être sous le parapluie nucléaire pakistanais, avant la guerre. Ils diversifient leurs atouts. - C.Roux: Question. - L.Menget: Vous disiez "tout passe". C'est difficile de se demander ce qui pourrait être le coup de trop. Je pense que le billet de 250 dollars, c'est le coup de trop qui n'est pas populaire, mais qui ne va pas changer non plus la face du monde. C'est peut-être pas un acte...
Mais cette histoire de piscine... Souvenez-vous, Imelda Marcos est restée dans l'histoire pour sa collection de chaussures. Quand le régime est tombé, les gens ont découvert qu'elle avait 1000 paires de chaussures. Elle est restée dans l'histoire comme la femme qui avait trop de chaussures. Est-ce que Trump, ça ne va pas être l'homme qui a fini par fatiguer toute l'Amérique avec sa piscine? - A.Bellanger: Il y a un sujet qui panique la Maison-Blanche et qui pourrait finir la popularité, voire la présidence de D.Trump: l'affaire Epstein.
Elle est loin d'être terminée. Il y a un bouquin qui vient de paraître qui raconte comment la situation room... "Regime Change", qui est sorti la semaine dernière. S'il y a un sujet qui peut fédérer les Américains et faire plonger D.Trump, c'est un dérapage sur l'affaire Epstein. Ou en tout cas, un dérapage de l'enquête... - C.Roux: Ca fragiliserait sa base. Question. - N.Bacharan: Personne. Je pense que les Maga en sont ravis. Pour eux, c'est le messie, le meilleur président du monde. Tout le reste du monde voit bien que c'est un culte de la personnalité qui divise le pays en 2. - C.Roux: Question. - L.Menget: Les actes de vandalisme ne sont pas prouvés. Il n'y a pas de photos. On voit des gens être arrêtés... Trump dit qu'il y a 106 mètres de matière déchirés... Mais personne n'apporte de preuves.
Il n'y a pas de chef d'inculpation. - C.Roux: Question. - A.Bellanger: Que des ennuis! Il faut arrêter ça. - C.Roux: Question. - I.Lasserre: Oui. - C.Roux: Question. - N.Bacharan: Il est extrêmement costaud, solide. Et puis, il a un atout dont on ne parle jamais: le Parti démocrate, extrêmement divisé, affaibli. Pour les électeurs plutôt modérés, conservateurs, qui ne sont pas fous de Trump, le camp d'en face ne fait pas envie. - C.Roux: Merci à tous les 4. Fin de cette émission. Il est l'heure de retrouver A.-E.Lemoine. - A.-E.Lemoine: Bonsoir. La canicule va frapper en France au moins jusqu'à dimanche, avec de nouveaux records. Le débat sur la climatisation étonne les Américains, là où 90 %
des ménages sont équipés.