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interviewJean-Luc Mélenchon· 20 juin 2021 6 min

Élections juin 2021 : allocution de Jean-Luc Mélenchon #electionsregionales2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jean-Luc Mélenchon

On pensait avoir vu le pire avec les élections municipales, et le record d'abstention est encore battu. C'est le pire niveau de toute la Vème République. Dorénavant, plus de la moitié des électeurs ne seront plus aux urnes. Ici, à peine un sur trois. Et d'abord, ce sont les quartiers populaires qui refusent leur participation. A ceux qui pourraient se satisfaire de cette situation, je rappellerai qu'une démocratie sans électeurs, ce n'est plus vraiment une démocratie. L'abstention à ce niveau fonctionne comme un refus de vote, comme une grève des urnes. Dans ce contexte, le gouvernement a une responsabilité particulière. Pas de campagne d'explication.

Une carence de fonctionnement de l'État, quasi totale, et comme on n'en avait jamais vu. Tantôt, le matériel électoral n'est jamais arrivé dans les boîtes aux lettres. Tantôt, une partie seulement. Tantôt, les bureaux de vote n'étaient pas ouverts. Tantôt, la liste d'émargement des procurations n'existait pas. De leur côté, les militants politiques ont fait leur travail. J'en atteste. Présents partout, animant des réunions, allons au contact. Ils n'ont aucun reproche à se faire. Cependant, on interrogera l'absurdité du débat public depuis six mois, qui voit l'attention être attirée sur la sécurité, l'islamo-gauchisme, le séparatisme, le complotisme et autres biles visées.

Sans qu'un mot ni un débat soit jamais organisé à propos de l'aide sociale, qui est pourtant la compétence essentielle des départements dont l'élection a lieu en ce moment. Sans qu'un mot soit dit sur la formation professionnelle ou les transports qui sont dans la vie quotidienne de chacun, alors que ce sont les responsabilités essentielles des régions. Au point où nous voici rendus, il est temps de comprendre à quel point les abus de pouvoir permanent de la monarchie présidentielle ont fini par donner le sentiment que toute autre élection est résiduelle et sans signification.

C'est pourquoi nous demanderons que des mesures soient prises dès maintenant, avant les élections présidentielles et législatives de l'année prochaine, car il y a des raisons de s'inquiéter. D'abord peut-être parce que l'entreprise qui est censée assurer la distribution des professions de foi et des bulletins de vote pour ces deux élections, est la même que celle qui a si gravement défailli à cette occasion. Ensuite, parce qu'il est temps de s'interroger publiquement sur les causes de tels dysfonctionnements, le bureau de l'Assemblée nationale serait bien inspiré d'ouvrir une commission d'enquête sur les conditions dans lesquelles s'est déroulé le vote de ce dimanche.

Ensuite, sans doute, serait-il temps de se demander, et nous ferons une proposition de loi dans ce sens, s'il n'est pas nécessaire qu'il y ait un seuil minimum de participation pour qu'une élection soit déclarée valide, et dans ce sens, que le vote blanc soit reconnu comme tel, comme vote. Au total, il est temps que revienne dans le giron public l'organisation des élections. Il est temps que les citoyens soient munis de droits nouveaux à l'égard de ces élections et à l'égard des élus qui en sortent. De leur côté, les Insoumis, présents seulement à la tête d'une liste dans quatre régions, étudieront bien sûr leurs résultats comme ceux des autres.

Ils auront la modestie de savoir qu'en toute hypothèse, dans un tel océan d'abstention, quel est vraiment le sens de ce qui se dit. Pour autant, à la veille du second tour, les situations régionales et départementales seront naturellement très diverses, non de notre fait, puisque nous aurons en vain sollicité un accord national entre diverses formations politiques avant le premier tour. Mais nous lançons un appel pour ne pas ajouter à tous les malheurs de notre démocratie une affliction de plus. Nous ferons ce qu'il faut pour convaincre chacune et chacun qu'il ne faut pas donner de région au Rassemblement national.

Car c'est une formation politique qui incarne la violence qui s'exprime de plus en plus depuis plusieurs semaines, dans l'arène politique. Parce que c'est un parti de ségrégation religieuse et de discrimination sociale. La France doit pouvoir se relever de ce nouveau désastre démocratique, à la condition bien sûr qu'on n'y ajoute pas. Quoi qu'il en soit, nous serons et nous resterons la formation du refus des combines et des embrouilles avec les partis du système, portant fièrement les valeurs de l'insoumission et de la République. Merci.

5:44
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.