Immobilier : la décision de la BCE d'abaisser son principal taux directeur est "une bouffée d'air frais" pour la Fédération des promoteurs immobiliers
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Vous êtes président de la FPI, la Fédération des promoteurs immobiliers.
- 0:29OuverteRéponse directe
Est-ce que ça, pour vous, c'est une bouffée d'air frais ?
- 0:54OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça veut dire que vous vous attendez à ce qu'il y ait au moins un effet psychologique, au-delà d'une baisse du coût de l'emprunt, que ça redynamise votre marché ?
- 1:16OuverteRéponse directe
Parce que, qu'on comprenne bien, le secteur de la construction neuve, aujourd'hui, va mal ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Ça veut dire quoi ? Il n'y a pas de demande ? Il n'y a pas d'offre non plus ? Tout est bloqué ?
- 3:04OuverteRéponse directe
Et quel impact ça a pour vous, promoteurs immobiliers ? Est-ce qu'il y en a qui doivent procéder à l'élicencement ? Est-ce qu'il y en a qui mettent carrément la clé sous la porte ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Oui, c'était incontestablement une bouffée d'air frais. Ils viennent de baisser de 0,25. »
- 0:36Invité politiqueChiffre
« Et nous, on sait qu'un point, ça resolvabilise 10% de la clientèle. »
- 0:41Invité politiqueChiffre
« Donc là, on peut estimer qu'on a resolvabilisé 2,5% de la clientèle. »
- 1:30Invité politiqueChiffre
« On est aujourd'hui à peu près à la moitié, aussi bien en mise en vente qu'en réservation, d'une année normale. »
- 2:36Invité politiqueChiffre
« Où nous avons 23% de retrait de logement dû à des causes commerciales. »
- 2:46Invité politiqueFait
« On a essayé de vendre, ça ne vend pas, on retire. »
- 3:24Invité politiqueFait
« tous ont licencié, tous réduisent leur voilure, si vous me permettez l'expression. »
- 3:37Invité politiqueFait
« C'est plutôt un problème national. C'est une conjoncture nationale. »
- 5:13Invité politiquePromesse
« Le PINEL doit s'arrêter au 31 décembre 2024. Nous, on demande qu'on le reporte encore de trois ans. »
- 6:01Invité politiqueChiffre
« Nous, les promoteurs privés, la FPI, nous produisons 54% du logement social en France. »
Temps de parole
- Pascal Boulanger68 %
- Présentateur32 %
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Bonsoir à toutes et à tous. Ce soir, nous parlons d'un secteur en crise qui alerte depuis des mois, qui alerte depuis des années. Même bonsoir Pascal Boulanger. Bonsoir Camille. Vous êtes président de la FPI, la Fédération des promoteurs immobiliers. Avant qu'on se parle de ce qui va mal, peut-être quelque chose qui va bien ce soir pour vous. La Banque Centrale Européenne, la BCE, vient de baisser ses taux directeurs pour la deuxième fois. La première, c'était en juin. Après, il y a plusieurs mois, elle est tenue à un niveau record pour lutter contre l'inflation. Est-ce que ça, pour vous, c'est une bouffée d'air frais ?
Oui, c'était incontestablement une bouffée d'air frais. Ils viennent de baisser de 0,25. Et nous, on sait qu'un point, ça resolvabilise 10% de la clientèle. Donc là, on peut estimer qu'on a resolvabilisé 2,5% de la clientèle. Ce n'est pas énorme, mais ça va dans le bon sens.
Oui, parce qu'on l'explique bien. Si c'est plus facile et moins cher pour les banques d'empruntés, ce sera potentiellement, pour des acheteurs particuliers ou professionnels, plus facile. Mais est-ce que ça veut dire que vous vous attendez à ce qu'il y ait au moins un effet psychologique, au-delà d'une baisse du coût de l'emprunt, que ça redynamise votre marché ?
Ça va dans le bon sens. De là, redynamiser le marché, non. Je ne pense pas que ça va l'améliorer dans cette crise profonde, violente que nous vivons. Donc, c'est une bonne nouvelle. Ça ne va pas tout changer.
Parce que, qu'on comprenne bien, le secteur de la construction neuve, aujourd'hui, va mal ? Va de plus en plus mal ?
Écoutez, moi, je suis l'oiseau de mauvaise augure. Tous les trimestres, j'annonce qu'on a touché le fonds. Et tous les trimestres, on est encore plus mauvais que le trimestre précédent ou que le trimestre N-1. On est aujourd'hui à peu près à la moitié, aussi bien en mise en vente qu'en réservation, d'une année normale. Donc, on est à moins 50 et on continue à baisser. On va finir l'année peut-être à moins 60, moins 65. On verra bien. Donc, oui, ça va très, très mal, bien sûr. Comment voulez-vous faire un business model quand vous êtes à 35 ou 40 % de votre objectif ?
Ça veut dire quoi ? Il n'y a pas de demande ? Il n'y a pas d'offre non plus ? Tout est bloqué ?
Alors, tout est bloqué. Au départ, on avait un problème d'offre. Les maires n'aimaient plus tellement donné des permis de construire. Les maires bâtisseurs n'étaient plus à la mode. Et depuis la montée des taux d'intérêt, nous n'avons plus de demande. Nous avons une demande qui n'a pas été solvable. Donc, comme nous n'avons pas beaucoup de demandes, nous ne mettons plus rien à l'offre. Et la crise alimente la crise. C'est ça, le vrai problème. C'est qu'aujourd'hui, je vous dis que j'ai un problème de demande. Le jour où la demande reviendra, elle va revenir, je le pense. Le jour même, je dirai, j'ai un problème d'offre.
Parce que comme nous ne mettons plus rien à l'offre, quand il y aura la demande, nous n'aurons pas assez d'offres. C'est assez kafkaïen, d'ailleurs. Parce que parfois, il y a des projets qui sont autorisés par des élus, mais qui ne naissent pas quand même ? Oui, bien sûr. J'ai mis une nouvelle stat en circuit dans nos statistiques. J'ai fait ma conférence de presse il y a une semaine. Où nous avons 23% de retrait de logement dû à des causes commerciales. Non pas à des causes techniques, non pas à des causes juridiques, à des raisons commerciales. On a essayé de vendre, ça ne vend pas, on retire. Donc, aujourd'hui, ce problème d'offre que j'entends quelquefois est désuet.
C'est vraiment relancer cette demande qui existe. Le besoin est là, la demande est là, mais elle n'est pas forcément solvabilisée. Et une fois qu'on aura remis cette demande en route, on traitera le problème de l'offre qui sera insuffisante.
Et quel impact ça a pour vous, promoteurs immobiliers ? Est-ce qu'il y en a qui doivent procéder à l'élicencement ? Est-ce qu'il y en a qui mettent carrément la clé sous la porte ?
Alors, il y a de tout. Il y a des promoteurs qui ont... En fait, le secret, c'est la trésorerie et les fonds propres. Ceux qui ont une grosse trésorerie et les fonds propres font le dos rond. Mais tous, quelle que soit leur taille, de petits aux plus gros promoteurs français, tous ont licencié, tous réduisent leur voilure, si vous me permettez l'expression. Et certains, déjà, malheureusement, mais ça j'ai annoncé depuis longtemps, ont déjà mis la clé sous la porte.
Et c'est dans toutes les régions de France que la situation est la même ? Oui, ça va mal partout.
C'est plutôt un problème national. C'est une conjoncture nationale. C'est un problème qui est global. Il n'y a pas la confiance. Il n'y a pas les financements. Donc, oui, c'est national.
Et il n'y a pas de marge de manœuvre ? Vous vous dites, on ne peut pas baisser nos prix ?
Non, c'était le grand débat qu'on avait avec le gouvernement qui disait, mais le logement est trop cher, donc faisons un peu souffrir les professionnels, ils vont s'adapter. Et mon débat a toujours été de dire, non, on n'a pas de marge de manœuvre. Nos marges sont très faibles. Et donc, qu'est-ce qui se passe ? On ne baisse pas nos prix parce que techniquement, on n'y arrive pas. On quitte le marché.
Vous parliez du gouvernement. Il y avait un ancien gouvernement. On n'a pas encore un nouveau. En revanche, on a un nouveau Premier ministre. Michel Barnier, double question. Il a déjà pris plusieurs fois la parole. Est-ce que ces prises de parole vous ont donné confiance, vous ont inquiété ? Et avez-vous déjà eu des échanges avec lui ?
Alors, les prises de parole du Premier ministre, Michel Barnier, sont plutôt rassurantes pour nous. A chaque fois qu'il prend la parole, il dit qu'il faudra s'attaquer au logement, et notamment à la construction de logements. Donc, je sais qu'il s'y intéresse. J'ai eu des contacts un peu unilatéraux. Ce sont des messages que j'ai laissés par SMS. Je n'ai pas eu de réponse, mais je sais qu'il en a parlé à quelques députés ou sénateurs qui m'ont fait le retour.
Là, vous pouvez lui lancer le message tout de suite, sur France Info, y compris au futur sénateur ministre du logement.
Je crois qu'il vient d'arriver à Annecy. Je pense que c'est les journées parlementaires des LR. Il le sait très bien. Nous, on a un gros message. Ça va très mal. On est à la moitié de l'année normale. Il y a une solution. Aujourd'hui, c'est le contre-la-monde pour nous. Il y a le PLFR qui va arriver, etc. On n'a pas vraiment le temps. Une solution très simple. Ne stoppez pas le PINEL à la fin de l'année. Reportez-le pour encore trois ans. Le PINEL doit s'arrêter au 31 décembre 2024. Nous, on demande qu'on le reporte encore de trois ans. Et dans la version qui était le PINEL d'avant 2022.
Alors, je vais juste préciser qu'on parle du dispositif PINEL qui est un dispositif d'investissement locatif qui permet à des particuliers d'acheter dans le neuf avec une réduction d'impôt à condition de pratiquer des loyers plafonnés. Effectivement, normalement, ça doit s'arrêter en fin d'année. Il n'y a pas encore de budget ? Non. Il n'y a pas encore de gouvernement. Vous vous dites que ce n'est pas encore perdu ?
Ce n'est pas encore perdu parce qu'en plus, la semaine dernière, la Cour des comptes a sorti un rapport sur le PINEL qui était favorable. Pas parfait, mais favorable. Qui dit que c'est comme ça que les locataires sont heureux. que le PINEL permet aussi de lancer les programmes, parce que les investisseurs viennent au début, ça permet de lancer des programmes de logements sociaux. Il y a une crise dans le logement social. Nous, les promoteurs privés, la FPI, nous produisons 54% du logement social en France. Comme on fait la moitié moins, à due concurrence, on produit la moitié moins aussi de logements sociaux que d'habitude.
Donc, le PINEL a cet effet vertueux qui permet de déclencher les programmes. Et donc, nous, ce qu'on appelle, on ne peut pas être dans la complexité. Je dis toujours, il y a une maladie chronique du logement. On a un peu le temps de la gérer. Mais là, on est dans l'urgence médicale. Et la réponse à l'urgence médicale, c'est ne stoppez pas le PINEL au 31 décembre. Remettez-le dans sa version qui marchait bien d'avant le 31 décembre 2022. Et vous allez voir, ça va dérouler.
Effectivement, ce rapport de la Cour des comptes disait qu'il ne remplissait qu'imparfaitement son objectif de construction. Mais qu'il avait largement contribué au déclenchement d'opérations immobilières qui n'auraient pu au moins rapidement aboutir. Impossible d'en évaluer précisément l'impact, dit la Cour. Mais vous vous dites, n'abandonnons pas le PINEL.
Oui, la Cour disait, n'abandonnons pas le PINEL, continuons-le. Et la Cour disait, il est impossible d'évaluer l'impact parce qu'ils n'ont pas les stats. Ce n'est pas parce que ce n'est pas possible, c'est parce qu'ils n'ont pas cette statistique. Mais le rapport est quand même favorable. Et moi, j'en remercie d'ailleurs la Cour des comptes d'avoir fait un report que nous, on trouve objectif.
Et on attend votre appel sur France Info. Merci beaucoup Pascal Boulanger. Merci à vous. Président de la Fédération des promoteurs immobiliers. Vous étiez notre invité éco sur France Info.