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InterviewRadio France (sur Site radio)· 27 août 2026 7 minComplaisantActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Sécheresse : "L'effondrement est tel que les agriculteurs ne se relèveront pas tout seuls"", alerte un syndicat agricole

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:40OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez déjà vu un tel effondrement de la production ?

  • 1:36RelanceRéponse directe

    Vous parlez de l'effondrement de la main-d'oeuvre, Raymond Girardi.

  • 2:16OuverteRéponse directe

    Est-ce que les agriculteurs peuvent se remettre de cet été 2026 ?

  • 2:58FerméeRéponse directe

    Vous avez chiffré les pertes ?

  • 3:09OuverteRéponse directe

    Et vous estimez, vous, avoir besoin de combien de l'État pour vous relever ?

  • 4:07RelanceRéponse directe

    Mais toutes ces mesures, Raymond Girardi, est-ce que finalement ce ne sont pas dépensements à une crise qui touche l'agriculture en France depuis 40 ans ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueFait
    « on a eu les inondations et l'accès d'eau au début d'année »
  • 1:02Invité politiqueFait
    « un effondrement de ce niveau, non, c'est jamais arrivé »
  • 1:28Invité politiqueChiffre
    « on produit en France aujourd'hui, une année normale, que 47% des fruits et légumes dont on consomme »
  • 1:49Invité politiqueFait
    « il y a une quarantaine d'années, on était autosuffisant »
  • 2:35Invité politiqueChiffre
    « Il y a 150 000 producteurs de fruits et légumes à peu près en France »
  • 2:42Invité politiqueChiffre
    « Les trois quarts sont en grave difficulté aujourd'hui »
  • 3:27Invité politiqueChiffre
    « La perte est estimée entre 30% pour les plus chanceux et jusqu'à 100% pour ceux qui ont tout perdu »

Temps de parole

  • Raymond Girardi68 %
  • Présentateur25 %
  • Présentateur 27 %

≈ 4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Ici Paris-Ile-de-France, pour bien commencer la journée, ici matin. Il est 7h46, beau réveil avec nous, l'effondrement de la production des fruits et légumes en France, frappé de plein fouet par la canicule et la sécheresse. C'est un état des lieux, et prévu aujourd'hui par la ministre de l'Agriculture et l'ensemble des préfets. On en parle ce matin, Valentine Letesse, avec l'invité d'ici matin, agriculteur sur le terrain. Bonjour Raymond Girardi. Bonjour. À la tête du MoDef, la Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux de France a pris plus de 50 ans passés dans les champs, si j'ai bien calculé, Raymond Girardi.

0:40
Raymond Girardi

Bien sûr.

0:40
Présentateur

Est-ce que vous avez déjà vu un tel effondrement de la production ?

0:45
Raymond Girardi

Alors il y a deux niveaux. Un effondrement, comme ce temps-là, lié à différents accidents climatiques, parce qu'il faut savoir qu'on a eu les inondations et l'accès d'eau au début d'année. Ensuite, bien sûr, maintenant, la sécheresse et la canicule. Donc, un effondrement de ce niveau, non, c'est jamais arrivé. Le cumul d'autant de calamités impossibles à contrôler pour les agriculteurs, c'est quand même assez historique. Il faut juste espérer que ce ne soit pas tous les ans ainsi. Mais il faut quand même préciser que la crise du manque de fruits et légumes ne date pas d'aujourd'hui.

Il faut que les auditeurs sachent que l'on produit en France aujourd'hui, une année normale, que 47% des fruits et légumes dont on consomme. Le reste est importé. Alors, à une crise...

1:36
Présentateur

Vous parlez de l'effondrement de la main-d'oeuvre, Raymond Girardi. On ne parle plus de l'effondrement de la production de cet été à cause des aléas climatiques.

1:45
Raymond Girardi

Non, c'est la disparition massive des producteurs de fruits et légumes depuis 30 ans, qui fait qu'il y a une quarantaine d'années, on était autosuffisant. Et aujourd'hui, on est dépendant des importations. Donc, c'est important de le préciser parce que la crise conjoncturelle de cette année vient de s'ajouter à une crise structurelle de manque de production française.

2:06
Présentateur

Et d'ailleurs, les patrons de la grande distribution préviennent déjà qu'on va manquer de certains produits sur les étals et dans les rayons de supermarchés cet hiver. Est-ce que les agriculteurs peuvent se remettre de cet été 2026, de ce printemps-été 2026 ?

2:23
Raymond Girardi

Il faut dire les choses clairement. L'effondrement est tel, et les prix n'étaient pas au rendez-vous d'ailleurs, même si maintenant, ça a un petit peu augmenté. Les agriculteurs tout seuls ne se relèveront pas. Il faut savoir qu'il y a 150 000 producteurs de fruits et légumes à peu près en France. Les trois quarts sont en grave difficulté aujourd'hui. S'il n'y a pas des aides de bonne dimension venant de l'État, autant dire que ceux qui sont aux portes de la retraite vont partir sans renouvellement et les autres vont être en situation de faillite. Vous avez chiffré les pertes ?

Voilà, une estimation approximative au niveau national, puisqu'il y a la réunion de cet après-midi avec la ministre de l'Agriculture et l'ensemble des préfets. Mais on estime déjà environ 4 à 5 milliards d'euros, bien sûr, de manque à gagner en chiffre d'affaires pour les exploitations agricoles.

3:18
Présentateur

Et vous estimez, vous, avoir besoin de combien de l'État pour vous relever ? Quand je dis vous, c'est la profession des agriculteurs, évidemment.

3:26
Raymond Girardi

Bien sûr. Mais la perte est estimée entre 30% pour les plus chanceux et jusqu'à 100% pour ceux qui ont tout perdu et qui ont été brûlés. On manque d'eau et bien sûr d'irrigation, mais en même temps la calicule. Donc, en fonction des exploitations, il faudrait qu'il y ait des aides par rapport aux chiffres d'affaires. L'exploitation de 30, 50, voire 80% de la perte subie. C'est ce qu'on demande au niveau du Bodef. C'est qu'il y ait des aides d'État qui représentent 80% de la perte subie, dans la mesure où les 20%, il y a un petit peu moins de main-d'œuvre, puisque la récolte n'est pas là. Voilà. Mais c'est 4-5 milliards d'euros qu'il faut.

4:07
Présentateur

Mais toutes ces mesures, Raymond Girardi, est-ce que finalement ce ne sont pas dépensements, comme vous le disiez, à une crise qui touche l'agriculture en France depuis 40 ans ? Est-ce que c'est aussi cet été 2026 le signal qu'il faut changer urgentement notre système agricole ?

4:25
Raymond Girardi

C'est clair. Et nous, on le dit régulièrement au niveau du Bodef. Il faut changer de modèle agricole. Alors, il faut parer au plus pressé. On est en 2026. Il y a ce manque à gagner. Des agriculteurs qui vont se retrouver ruinés. Donc, on attend de l'État des mesures conjoncturelles du moment pour redresser la situation de 2026. Mais il faut aller beaucoup plus loin et penser l'avenir différemment, dans la mesure où c'est bien le modèle agricole qui est en jeu. En fait, il faut, pour les fruits et légumes, après il y a l'élevage d'autres domaines, pour les fruits et légumes, il nous faut trois éléments conjugués.

Que les agriculteurs puissent dégager un revenu, sinon ils ne vont pas continuer leur métier. Ça semble évident, mais ce n'est pas le cas. Qu'on ait des moyens de protéger les plantes contre les parasites et les maladies. Parce qu'avec ces situations, il y a aussi les parasites et les maladies qui se développent. Donc, des moyens de protection contre ces aléas. Et ensuite, de l'eau. Les fruits et légumes ne peuvent pas se développer et exister dans ce pays si on n'irrigue pas. Ça n'existe pas. Voilà, les plantes, toutes les plantes en ont besoin, mais surtout, avant tout, les fruits et légumes.

Donc, il nous faut du revenu, des moyens de protéger les plantes et de l'eau pour pouvoir irriguer.

5:40
Présentateur

Pour terminer, Raymond, Gérardi, rapidement, est-ce que ce n'est pas aussi aux Français de se mobiliser pour que ça change ? Je sais que vous n'êtes pas en plateau avec nous ce matin, puisque vous êtes en route pour un marché de trappe et justement pour alerter les franciliens et sensibiliser les habitants à la situation des agriculteurs.

5:58
Raymond Girardi

Bien sûr. La mission des paysans, c'est une mission nourricière. On fait notre métier pour nourrir les Français. Donc, il n'y a pas plus concerné que les consommateurs. C'est-à-dire, aujourd'hui, moi, en tant que paysan, et c'est ce qu'on va dire aux consommateurs qu'on va raconter en milieu parisien cet après-midi, on va leur dire, on a besoin de vous. J'ai même envie de dire, au secours les consommateurs. Nous, on pourra subvenir à vos besoins en matière d'alimentation, à condition que vous tapiez le poing sur la table en disant, maintenant, on ne peut pas laisser l'agriculture française dans ce marasme.

Et nous, consommateurs, citoyens français, on demande effectivement que le modèle agricole soit changé, que les agriculteurs puissent vivre dignement, comme tous les travailleurs de ce pays.

6:41
Présentateur

Merci beaucoup, Raymond Girardi, agriculteur, à la tête de la Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux de France et invité en direct d'ici matin. Merci, Valentine Letesse. Retour de l'info à 8h avec la Ligue des champions de foot. Le Paris Saint-Germain, double champion d'Europe, connaîtra ses premiers adversaires puisque le tirage au sort de la phase de Ligue, c'est aujourd'hui. C'est aujourd'hui.