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interviewfranceinfo· 22 septembre 2025 25 min

Yaël Braun-Pivet : "Il n'y aura ni drapeau palestinien, ni drapeau israélien sur l’Assemblée"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Yael Brun-Pivet. Bonjour. Vous qui aviez fait savoir que vous étiez disponible pour Matignon, vous allez nous dire quelles sont vos pistes pour un compromis sur le budget, notamment sur une taxation des plus riches. Mais d'abord, la France va officiellement reconnaître l'état de Palestine aujourd'hui à l'ONU. Écoutez le président, il a posté un message sur les réseaux sociaux juste avant de décoller pour New York hier.

0:23
Invité

Cette reconnaissance, c'est le début d'un chemin. C'est un parcours avec toutes ses conditions, ses exigences pour les parties prenantes.

0:30
Présentateur

Le début d'un chemin, car c'est une reconnaissance sans conditions préalables. Et vous dites dans Le Parisien hier que vous êtes réservé sur cette initiative du président. Est-ce que vous la déplorez, Yael Brun-Pivet ?

0:41
Yaël Braun-Pivet

En fait, je comprends quel est l'objectif du président de la République et en cela, il a raison. Et on voit qu'il a réussi un certain nombre de grandes avancées, notamment cette fameuse déclaration de New York qui a été endossée par plus de 140 pays la semaine dernière. Et moi, j'ai noté dans ces cas-là des grandes avancées, puisque certains pays qui ont endossé la déclaration de New York sont des pays qui ne reconnaissent pas l'existence de deux États et l'existence notamment d'Israël, qui n'avaient pas condamné l'attaque terroriste du 7 octobre et qui n'appelaient pas à la libération des otages. Donc il y a dans cette démarche des choses extrêmement positives.

1:15
Présentateur

Mais c'est juste une base qui demande à être encore complétisée sur la reconnaissance sans conditions préalables.

1:20
Yaël Braun-Pivet

La base, la déclaration de New York, pour moi, c'est une grande avancée, c'est extrêmement positif et je l'ai salué. Maintenant, la reconnaissance de l'État de Palestine sans conditions et sans les conditions préalables qui avaient été fixées par le président de la République lui-même, qui était la libération des otages, la sécurité de deux États d'Israël et de la Palestine, le fait qu'on puisse faire rentrer l'aide humanitaire dans Gaza, etc. Pour le moment, ces conditions ne sont pas assurées et c'est la raison pour laquelle j'ai exprimé des réserves.

Moi, ce que je souhaite, c'est qu'aujourd'hui, justement, à New York, on puisse avancer à nouveau et que des pays arabes tels que l'Arabie Saoudite, par exemple, le Qatar, reconnaissent formellement l'existence d'Israël pour que nous puissions avoir vraiment quelque chose d'équilibré qui permette d'avancer sur un chemin de paix, de sécurité pour deux États. C'est ça que nous visons, c'est ça l'objectif de la France. Et je sais que c'est l'objectif du président de la République. Et c'est ça que nous devons réussir ensemble. Et donc, c'est pour ça que moi, j'ai exprimé des réserves pour une reconnaissance sans condition, unilatérale, indépendante de garantie de sécurité affirmée pour Israël.

2:32
Invité

Et on voit que plusieurs pays, dont l'Australie, le Canada, le Portugal et le Royaume-Uni, soutiennent l'initiative française. Mais je reviens sur ce mot, il est important. Vous regrettez une reconnaissance unilatérale. Est-ce que vous pouvez être encore plus précis dans ce que vous attendez de la position française ?

2:44
Yaël Braun-Pivet

Mais je crois que je viens de le dire, je suis très précise dans ce que j'ai dit. Et c'est juste la position qu'avait exprimée le président de la République, avec des conditions qu'il mettait à la reconnaissance d'Israël.

2:57
Invité

Vous êtes aligné avec lui, il n'y a pas de différence ?

2:59
Yaël Braun-Pivet

Aujourd'hui, la reconnaissance de la Palestine va se faire du point de vue de la France sans le respect des conditions préalables que le président avait indiquées, puisqu'il avait indiqué un certain nombre de conditions. Et dans cela, moi, je suis réservée. Mais il faudra lui demander...

3:12
Présentateur

Pourquoi est-ce qu'il a abandonné ces conditions, il y a le brune pilote ?

3:14
Yaël Braun-Pivet

Je ne suis pas là pour exprimer ce que pense Emmanuel Macron et pourquoi il agit dans tel sens ou dans tel sens. J'ai salué la démarche. Je déplore simplement qu'aujourd'hui, il n'y ait pas d'autres pays qui, s'inscrivant dans cette même démarche, reconnaissent formellement l'existence d'un État d'Israël qui permettrait d'avoir quelque chose d'équilibré. Peut-être qu'il va se passer des choses dans la journée. En tout cas, moi, je l'espère. Vous savez, on n'est pas encore ce soir. Et peut-être que... En tout cas, moi, j'appelle les États arabes qui ont endossé la déclaration de New York ce soir à franchir le même pas que la France, que le Canada, qui vont reconnaître la Palestine.

Je les appelle à franchir ce pas décisif qui est la reconnaissance formelle à l'ONU de l'existence d'Israël. Ils ne l'ont pas fait depuis 1948. Il est temps de le faire si nous voulons sincèrement, collectivement, avancer sur une solution à deux États. Puisque moi, je souhaite profondément ramener la paix dans la région de façon équilibrée, équitable, que chacun, palestinien et israélien, puisse vivre en paix.

4:11
Présentateur

Écoutez, l'ambassadeur d'Israël en France, il était interrogé sur France Info au moment où Emmanuel Macron a annoncé qu'il reconnaîtrait un État palestinien. C'était fin juillet.

4:20
Invité

Quel est le message du président Macron avec cette reconnaissance ? Le message est la violence marche. Utilisez la violence, vous aboutirez à vos fins.

4:28
Présentateur

Vous entendez ceux qui pensent, comme l'ambassadeur d'Israël en France, mais ce n'est pas le seul, que c'est la consécration des méthodes du Hamas, cette reconnaissance ?

4:35
Yaël Braun-Pivet

J'entends ceux qui disent ça. Moi, je ne le crois pas. Je pense que la France a été très claire depuis le début sur la condamnation sans réserve de ce qu'a fait le Hamas et de ce pogrom du 7 octobre qui a tué plus de 1 000 personnes et dont une cinquantaine de nos compatriotes. Et donc, je ne crois pas que ce soit le cas. En revanche, comme je vous le disais, pour parvenir à une solution de paix négociée, il faut que chaque partie reconnaisse l'existence de l'autre et ce n'est pas le cas aujourd'hui, malheureusement. J'espère que les choses vont évoluer dans les heures qui viennent.

5:10
Présentateur

Mais il ne va rien se passer ? Il ne va rien se passer ? C'est une reconnaissance symbolique et ça ne va rien changer ? Je ne le souhaite pas.

5:16
Yaël Braun-Pivet

Je souhaite qu'on puisse avancer et que ce soit à chaque fois des pas vers une solution de paix négociée. C'est ce qu'essaye de faire en toute sincérité le président de la République. Donc, ça avance dans le bon sens. Maintenant, le chemin est encore long.

5:33
Invité

Le président a posé comme condition lors d'un entretien sur CBS, hier soir, la chaîne américaine, l'ouverture d'une ambassade en Palestine. Pourquoi pas à Ramallah ? A-t-il dit la libération des otages détenus par le Hamas. Sur ce point, est-ce que vous êtes d'accord ?

5:45
Yaël Braun-Pivet

À nouveau, je pense que la libération des otages doit être la priorité de tous et doit être la condition préalable, indispensable, essentielle et première de tout avancer dans la négociation avec l'État de Palestine.

5:58
Présentateur

Elbrun Pivé, une commission d'enquête indépendante rattachée à l'ONU, mais qui ne s'exprime pas au nom de l'ONU, a pour la première fois accusé Israël de commettre un génocide à Gaza depuis octobre 2023 avec l'intention de détruire les Palestiniens. Peut-on parler de génocide, selon vous ?

6:12
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, ce sera aux instances judiciaires de le qualifier. La qualification demande effectivement des faits matériels. Je suis avocate. Et donc, c'est un crime. Et donc, il faut des faits matériels et une intention de commettre ce crime tel qu'il est décrit. Et donc, il y a des instances internationales avec des magistrats qui sont saisis, la Cour internationale de justice. Et donc, nous verrons bien, ce sera à eux de le faire. Ce n'est pas à nous de qualifier ce qui se passe du point de vue juridique. On peut le qualifier d'un point de vue politique, humanitaire, et on voit bien à quel point la situation est absolument dramatique et elle nous bouleverse tous. Et donc, il faut avancer.

Et il faudra aussi que les instances internationales de la justice internationale puissent avancer pour qualifier ce qui est en train de se passer.

6:57
Invité

Est-ce que vous avez regardé la Tour Eiffel cette nuit qui était pavoisée aux couleurs des drapeaux palestiniens et israéliens avec une petite colombe de la paix au milieu ? On sait qu'Olivier Faure a appelé à pavoiser les mairies avec le drapeau palestinien, que Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur, démissionnaire s'y oppose. Dans lequel de ces deux camps vous vous situez, madame ?

7:13
Yaël Braun-Pivet

Vous savez, moi, je me situe dans un seul camp, le camp de la justesse et le camp du droit. C'est de la langue de bois, avec tout le respect. Mais non, c'est pas de la langue de bois. Totalement. Moi, je me suis posé la question à l'Assemblée nationale, qu'est-ce qu'on fait ? Et donc, j'ai été regardée, c'est quoi la loi, c'est quoi les usages, c'est quoi le passé ? Et donc ça, c'est pas de la langue de bois. C'est juste quand on a des responsabilités politiques, essayer d'être le plus juste possible. Vous savez, non, non, je suis pas... Vraiment, c'est pas de la langue de bois. Vous savez pourquoi ?

Parce que moi, je suis présidente de l'Assemblée nationale et je ne dois pas instrumentaliser l'institution que j'ai l'honneur de présider. Et donc, quand on doit prendre ce type de décision majeure, il faut aller regarder. C'est quoi la loi ? C'est quoi le droit ? C'est quoi les usages ? Et après, ça me permet de prendre une décision la plus juste possible, qui n'est pas instrumentalisée en fonction de qu'est-ce qu'a envie de faire Yael Brown-Pivet, mais qu'est-ce qu'il est juste de faire.

Et donc, c'est ce que j'ai fait à l'Assemblée nationale et il ressort de cet examen qu'il n'y aura ni drapeau palestinien ni drapeau israélien sur l'Assemblée nationale aujourd'hui parce que telles ne sont pas nos règles et telles ne sont pas nos usages.

8:18
Invité

Jeudi, je suis allé à la manifestation, vous savez, qui n'était pas du tout... qui était plutôt opposée, qui n'était pas liée au drapeau palestinien, mais il y avait énormément de drapeaux palestiniens dans la manifestation du 18 septembre jeudi et les gens, massivement, m'ont dit comment est-il possible qu'il y ait eu autant de drapeaux ukrainiens dans les mairies et pas de drapeaux palestiniens. Ils trouvent que ça fait deux poids, deux mesures. Qu'est-ce que vous répondez à cet argument qu'on entend beaucoup ?

8:39
Yaël Braun-Pivet

Je comprends cet argument et c'est vrai que les choses parfois ne sont pas complètement claires. Moi, j'ai été regardée. On a des décisions par rapport au drapeau ukrainien de tribunaux qui ont dit il faut les laisser et d'autres tribunaux qui ont dit il faut les enlever. Et donc, on voit bien qu'il y a hiatus et c'est là qu'il faut revenir à la règle de base. La règle de base, européen et ça s'arrête là sauf en cas de visite de chef d'État, etc. Ou d'expression de solidarité par rapport à quelque chose ce qui pourrait être le cas aujourd'hui. Mais voilà, on est dans siatus. Rien n'est clair. Mais donc, j'entends la position du ministre de l'Intérieur.

Je pense que celle-ci elle est claire et ses instructions ne font pas débat.

9:24
Présentateur

Est-ce que vous êtes d'accord avec ceux qui jugent que cette initiative va importer encore plus le conflit et donc alimenter l'antisémitisme dans un contexte où les actes antisémites ont augmenté ?

9:34
Yaël Braun-Pivet

Ce qui est sûr c'est que depuis le 7 octobre on voit bien que les actes antisémites ont augmenté dans notre pays que beaucoup confondent ce qui se passe sur le territoire palestinien avec quoi qu'ils font l'amalgame entre Israël les juifs, etc. Moi je trouve que c'est absolument abominable. Il faut arrêter de faire cet amalgame et il faut surtout arrêter de considérer que les juifs ne seraient pas des français comme les autres.

Moi vous voyez je suis assez choquée parfois j'entends des gens dire les juifs sont les bienvenus en France mais en fait personne ne demande que les juifs ne demandent pas être les bienvenus en France ils sont chez eux en France et la France on va célébrer les 120 ans de la loi de 1905 de séparation de l'église et de l'état il faudrait quand même retrouver un peu son sérieux en France on ne trie pas les français selon leur religion selon d'où qu'ils viennent il n'y a qu'une communauté la communauté nationale et la communauté française donc arrêtons de dire et de prendre de considérer que selon la religion on va avoir telle ou telle pensée politique que selon la religion on va avoir tel ou tel attachement ou telle fidélité quelles que soient nos religions en France on est français avant tout et donc cessons ces débats et peut-être retrouvons un peu de collectivité nationale vous savez moi je me souviens quand on a avec le président du Sénat organisé la marche pour la république et contre l'antisémitisme nous avions eu une exigence vis-à-vis de tous les manifestants nous leur avions demandé de n'entamer qu'un seul champ la marseillaise et nous leur avons demandé d'arborer qu'un seul drapeau le drapeau français et bien j'aimerais que dans toutes nos manifestations il n'y ait qu'un seul drapeau le drapeau français

11:16
Présentateur

dans un instant que proposent les macronistes pour taxer les riches et convaincre les socialistes avec vous donc il y a il-brun pivet mais tout de suite il est 8h45 et c'est l'info en une minute avec Jeanne Mézière

11:27
Invité

Près de 5 ans après la disparition de Delphine Jubila à rouverture du procès ce matin de son mari Cédric devant les assises du Tarn il est accusé du meurtre de l'infirmière de 33 ans dont le corps n'a jamais été retrouvé c'est un grand jour c'est un grand jour pour la paix déclare ce matin le ministre France à des affaires étrangères alors que la France va reconnaître l'état de Palestine ce soir au sommet annuel de l'ONU à New York une décision qui montre l'attachement du pays à une solution à deux états avec Israël selon Jean-Noël Barraud la Bretagne toujours en vigilance orange pluie et inondation ce matin hier soir les intempéries ont déjà provoqué des évacuations à Paimpol le sud-est aussi touché par un épisode météo intense des pluies diluviennes à Avignon où il est tombé l'équivalent d'un mois de pluie c'est justement à cause de ces intempéries que le match de football entre l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain a été reporté et se joue ce soir au Vélodrome pour le compte de la cinquième journée de Ligue 1 coup d'envoi 20h

12:22
Présentateur

France Info

12:26
Invité

le 8.30 France Info Agathe Lambret Paul Larouturou

12:32
Présentateur

avec vous Yael Broun-Pivet présidente de l'Assemblée nationale l'exécutif va-t-il se convertir à une taxe sur les riches Paul

12:40
Invité

Le débat sur la fameuse taxe Zuckman est un débat national le patrimoine des plus riches agite la classe politique Bernard Arnault le PDG d'LVMH a qualifié l'économiste de militant d'extrême gauche de pseudo-universitaire comme Thierry Breton d'ailleurs à notre micro qui cherche à mettre à terre l'économie française est-ce que vous êtes d'accord avec Bernard Arnault ?

12:59
Yaël Braun-Pivet

Moi vous savez je ne parle jamais des gens et de ce qu'ils pensent de cette façon-là et donc je ne vais pas m'y mettre je ne vais pas commencer aujourd'hui en revanche ce que j'ai toujours dit c'est que ce budget qui doit être un budget d'effort doit être cet effort il doit être partagé partout c'est donc il n'est pas question d'exonérer telle ou telle catégorie de la population de l'effort partagé les français ne le comprendraient pas et donc à partir du moment où on demande des efforts aux plus fragiles et notamment moi je soutiens le fait qu'on ait un gel de notre budget et donc qu'on n'ait pas de pension etc.

revalorisée et bien il faut que cet effort soit partagé par les plus fortunés d'entre nous il faut trouver le bon mécanisme il y a plein de mécanismes je me suis déjà opposée à la taxe Zuckman telle qu'elle est présentée aujourd'hui mais il faut regarder

13:48
Invité

il a répondu Gabriel Zuckman la fébrilité n'autorise pas la calomnie il appelle Bernard Arnault à respecter la vérité et l'effet comment vous vous situez parce que ce débat on l'a parlé tout le week-end

13:56
Yaël Braun-Pivet

arrêtez de me demander de me situer entre bidule et machin moi je me situe entre Yael Brunpivet qui devant vous en tant que président de l'Assemblée nationale et responsable politique vous dit qu'elle souhaite qu'un effort soit fait par tous aujourd'hui et que cet effort soit partagé et qu'on ait un budget dans lequel les français se disent on fait tous des efforts et ça sert à quelque chose voilà les deux conditions donc après il faut qu'on trouve le bon mécanisme aujourd'hui sur votre plateau dites nous quel mécanisme une sorte d'ISF revisité moi je suis parlementaire avant tout les négociations aujourd'hui on n'a même pas de gouvernement donc on va peut-être faire les choses dans l'ordre on va attendre d'avoir un gouvernement d'avoir un ministre du budget un ministre de l'économie et des finances qui va entendre l'ensemble des partis politiques des groupes politiques il y a des débats qui vont s'ouvrir à l'Assemblée nationale vous pourriez dire

14:43
Présentateur

oui pour un nouvel ISF

14:45
Yaël Braun-Pivet

qui n'est pas je vous donne mes objectifs et le souhait qui est le mien le souhait qui est le mien qui est d'avoir quelque chose qui soit partagé qui apparaisse juste et équitable pour les français à nous trouver collectivement le bon mécanisme autrement on piétine l'Assemblée nationale à toujours faire les débats à côté sur les réseaux sociaux ou sur des plateaux les débats doivent avoir lieu à l'Assemblée nationale c'est là que siègent les représentants du peuple et donc moi j'attends des débats à l'Assemblée nationale en commission et dans l'hémicycle que justement on regarde quels sont les bons mécanismes qui remportent l'adhésion d'une majorité de l'Assemblée nationale c'est cela que l'on doit trouver dans les semaines qui viennent dans les semaines qui viennent pas sur votre plateau ce matin

15:23
Invité

ce matin dans le décryptage le gouvernement travaille selon ces informations à une sorte on va dire d'impôt sur la fortune revisité l'idée serait d'empêcher la sur-optimisation fiscale en obligeant les plus riches à payer au moins 20% d'impôt que pensez-vous de cette idée du gouvernement ?

15:38
Yaël Braun-Pivet

ça fait plusieurs mois que le gouvernement travaille sur ce sujet c'est pas nouveau et c'est intéressant de s'attaquer à la sur-optimisation moi je me dis aujourd'hui dans le monde tel qu'il est et dans la situation dans laquelle est notre pays je crois que les français en ont marre en fait moi de ce que j'appelle les profiteurs les profiteurs ils sont partout vous avez des profiteurs qui profitent de certaines allocations etc et on le sait bien il y en a qui profitent de l'optimisation fiscale pour échapper à l'impôt et on les connait et on le sait bien aussi et donc il faut s'attaquer finalement à toutes ces personnes qui se disent qu'elles ne vont pas participer à l'effort national et qu'elles peuvent en profitant de telle ou telle règle de telle ou telle situation y échapper et bien ça c'est plus possible aujourd'hui chacun on est 68 millions de français on est une communauté nationale chacun doit participer à l'effort donc il faut travailler sur justement cette chasse aux profiteurs que ce soit donc on a des textes qui arrivent lutte contre la fraude fiscale lutte contre la fraude sociale et il faut travailler sur la suroptimisation moi ça ne me choque pas du tout bien au contraire je pense que c'est ça qu'attendent les français se dire que chacun fait son bout de chemin et produit sa part d'effort

16:48
Présentateur

rapidement il y a le brune pivet la gauche réclame aussi une suspension de la réforme des retraites est-ce que ça c'est une ligne rouge pour vous ?

16:55
Yaël Braun-Pivet

moi je ne parle pas en ligne rouge mais je pense qu'il n'est pas de l'intérêt national de revenir sur la réforme des retraites et de suspendre cette réforme nous avons adopté une réforme qui est imparfaite on le sait tous certains voulaient la réforme par points d'autres voulaient une réforme qui soit davantage avantageuse pour les femmes etc et c'est évidemment mon cas et on peut avancer en revanche l'âge de la retraite s'il vous plaît soyons sérieux on est à 64 ans l'ensemble des pays européens est au-delà 65, 66, 67 ans on sait tous quel est le déficit de notre système de retraite donc il faut avancer améliorer la réforme éventuellement remettre tout le monde autour de la table pour travailler sur un autre système avec de la capitalisation etc mais s'il vous plaît ne faisons pas moi j'en peux plus de cette politique vous savez on est sur une politique de l'essuie-glace en France c'est formidable on fait un truc un jour le lendemain on le défait et puis le gouvernement d'après le défait le refait etc on ne peut pas avancer comme ça vous avez des idées

17:53
Présentateur

sur la méthode vous aviez fait savoir que vous étiez disponible pour Matignon au président vous n'êtes pas trop déçue ?

17:59
Yaël Braun-Pivet

alors j'avais dit au président que s'il estimait que je pouvais être cette personne qui mène ces discussions et tout ça que je ne m'accrocherais pas à mon siège et que je n'étais pas à une assise et que je pouvais prendre ce risque-là

18:13
Invité

après je n'étais pas

18:14
Yaël Braun-Pivet

candidate c'était simplement si je fais partie de la solution mais je crois que je fais partie aussi de la solution en étant président de l'Assemblée nationale aucune déception

18:23
Invité

le président vous a préféré son fidèle Sébastien Lecornu est-ce que ça veut dire que maintenant prendre votre risque c'est l'Elysée ?

18:29
Yaël Braun-Pivet

pas du tout vous savez en fait moi je n'arrive pas à penser la politique en fonction de poste je pense la politique en fonction de l'ambition que j'ai pour mon pays et pour les français je crois qu'aujourd'hui je suis très utile à la place qui est la mienne et que les français n'en peuvent plus des gens qui se projettent vers 2027 ils ont envie qu'on se projette sur le mois d'octobre 2025 ça serait déjà pas mal est-ce qu'on peut travailler ? forcément vous y pensez forcément

18:53
Invité

c'est demain la présidentielle

18:54
Yaël Braun-Pivet

forcément mais c'est pas demain justement et je peux vous dire que quand je suis sur le territoire et que je vais voir les français ils ne me parlent pas de la présidentielle je n'ai pas un français qui lors des différents déplacements que j'ai fait j'en fais quasiment toutes les semaines ne m'a parlé de l'élection présidentielle autrement que pour me dire mais en fait la présidentielle elle pourrit tout c'est à cause de la présidentielle que les gens aujourd'hui ne peuvent pas se mettre autour de la table pour discuter et trouver des compromis et ça c'est problématique

19:22
Présentateur

en parlant de la présidentielle et de Matignon lui il a déjà occupé Matignon et il voit plus loin aussi maintenant c'est Gabriel Attal écoutez-le devant les troupes de Renaissance c'était hier à Arras

19:33
Invité

l'origine première de cette instabilité c'est la décision de dissoudre l'Assemblée Nationale je m'y étais opposé je sais combien cette décision a été pour beaucoup d'entre vous beaucoup d'entre nous une forme de rupture de cassure

19:46
Présentateur

Gabriel Attal cible clairement le président en taclant notamment la dissolution qui a engendré le chaos selon lui est-ce qu'il crache dans la soupe ?

19:55
Yaël Braun-Pivet

alors sur la dissolution on est plusieurs on est très nombreux à avoir dit que nous étions en désaccord et je l'avais exprimé et au président de la République et publiquement moi je fais partie de ceux qui pensent qu'une fois que quelque chose est fait il faut tourner la page il faut avancer la dissolution on ne va pas en parler pendant 10 ans elle a eu lieu elle a donné ce qu'elle a donné une Assemblée Nationale fragmentée mais qui représente les Français maintenant il faut aller de l'avant avec cette Assemblée Nationale on ne va pas passer notre vie à regretter une décision qui a eu lieu après cracher dans la soupe moi je considère et je fais partie de cela moi je viens de la société civile je ne faisais pas de politique avant 2017 je suis venue en politique dans cet grand élan de renouveau démocratique qu'a porté et qu'a voulu Emmanuel Macron Emmanuel Macron a voulu que des femmes s'engagent grâce à lui on a eu un groupe majoritaire paritaire et donc moi je ne cracherai jamais dans la soupe moi je sais ce que je dois au Président de la République je lui dois ma vie politique et je pense que là-dessus le Président de la République a eu une formidable intuition les Français ne voulaient plus de politique professionnelle ils voulaient du changement ils voulaient du changement de méthode ils voulaient du changement de visage et vous le savez moi j'ai été très critique sur la méthode vous dites que vous ne crachez pas dans la soupe contrairement à Gabriel Attal non j'ai pas dit ça ça c'est vous qui le dites mais en tout cas moi je ne le fais pas parce que moi j'ai cette reconnaissance-là envers le Président de la République envers Emmanuel Macron qui a fait ce que je suis après tout le monde sait que j'ai pris mes distances que je me suis opposée au Président de la République mais vous voyez c'est l'équilibre que j'essaye de trouver la justesse dans les prises d'opposition qui sont les miennes et je crois que c'est important dans la vie d'être juste et équilibré

21:36
Invité

contrairement à vous Gabriel Attal verbalise très fortement 2027 qu'est-ce que vous pensez de sa démarche est-ce qu'il part en solo

21:43
Yaël Braun-Pivet

en fait moi ce qui m'a gênée hier c'est quand il a utilisé l'expression il faut renverser la table

21:52
Invité

vous n'avez pas aimé ça

21:52
Yaël Braun-Pivet

je n'ai pas aimé pour deux raisons la première c'est que pour moi le temps il n'est pas à renverser la table le temps il est à se mettre ensemble autour de la table pour discuter et faire avancer notre pays et donc je crois qu'aujourd'hui on est plutôt dans un temps où essayons de dialoguer de concilier d'être ensemble cette fameuse communauté nationale pour avancer c'est ce qu'attendent de nous les français qui n'attendent pas de nous qu'on renverse la table puis le renversement de la table c'est toujours cette fameuse politique des essu-glaces dont je parlais on fait un truc et puis on fait l'inverse et je crois que les français en ont marre de ça après renverser la table ça veut dire quoi ça fait 10 ans pourquoi 8 ans qu'on est aux responsabilités et on va être en rupture franche avec ce qu'on a fait moi je ne suis pas d'accord je suis fière de notre bilan je suis fière qu'on ait créé 2 millions d'emplois je suis fière qu'on ait fait rentrer les femmes en politique je suis fière de ce que l'on a fait sur la réindustrialisation pour notre jeunesse je suis fière de ce qu'on a fait aussi dans l'univers social évidemment on n'a pas tout réussi et je le dis je suis la première à le dire on a des grands échecs mais on a des grandes réussites et en tout cas moi je m'inscris dans cette continuité et entre vous appeler Gabriel Attal

23:03
Présentateur

à se rappeler aussi d'où il vient comme tous les jours c'est le moment il y a le brune pivet de la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux de France Info aujourd'hui la question qui jette de l'huile sur le feu un livre Palais Bourbier chronique d'une France ingouvernable chez Robert Laffont révèle qu'entre les deux tours des législatives l'année dernière Emmanuel Macron a secrètement tenté de faire échouer le front républicain contre le rassemblement national le président défendait le nini au point de passer des coups de fil à des candidats du bloc central pour leur demander de se maintenir dans des triangulaires face au RN et au NFP est-ce que vous Yael Brune-Pivet vous étiez au courant ?

23:40
Yaël Braun-Pivet

Non je n'étais pas au courant je ne sais pas ce qu'il en est c'est un excellent livre mais après vous savez comment sont ces livres là donc je ne sais pas quelle est la vérité mais en tout cas ce que je suis sûre moi c'est que farouchement je lutte contre les extrêmes et que ça me choque d'imaginer que cela ait pu être le cas et en tout cas dans les échanges que j'ai pu avoir avec le président de la république à aucun moment j'ai senti qu'il n'était pas dans ce front républicain et dans cette lutte farouche contre le rassemblement national c'est le combat de sa vie il a battu à deux reprises Marine Le Pen et donc pour moi comme pour toute notre famille politique nous continuons à lutter et nous avons toujours lutté farouchement contre le rassemblement national et ses élus

24:22
Invité

Il ne calcule pas Emmanuel Macron ?

24:25
Yaël Braun-Pivet

Écoutez à nouveau vous lui demanderez en tout cas moi Je ne sais pas

24:29
Présentateur

Le président voulait une majorité RN dit l'un de ses proches dans son livre est-ce que ça vous parle ? Est-ce qu'il a joué avec le feu ?

24:37
Yaël Braun-Pivet

Je crois bien et je crois que vraiment ce n'était pas le souhait en tout cas moi pour avoir été témoin d'un certain nombre de combats que nous avons menés pendant cette campagne législative je peux vous assurer qu'on était matin midi et soir sur le front pour battre le rassemblement national pour battre la France insoumise et nous avons réussi à faire en sorte que ni l'un ni l'autre n'ait de majorité à l'Assemblée nationale Je ne veux pas d'extrême au pouvoir dans mon pays

25:00
Présentateur

Merci à Elbron Pivet d'avoir répondu aux questions de France Info L'entretien à retrouver comme tous les matins sur Youtube

Yaël Braun-Pivet : "Il n'y aura ni drapeau palestinien, ni drapeau israélien sur l’Assemblée" — Yaël Braun-Pivet · Pourquijevote