Droits de douane de 50% pour l'Europe: Benjamin Haddad, ministre de l'Europe, réagit sur BFMTV
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Avant la Rost, la réponse. L'Union européenne, par la voix de son commissaire au commerce assure aujourd'hui travailler de bonnes foi pour obtenir un accord commercial avec les États-Unis, fondé sur le respect et non sur les menaces mises au point au lendemain de la nouvelle menace de Donald Trump d'assommer les Européens de droits de douane de 50 % dès le 1er juin. C'est dans 8 jours.
Tout le monde veut conclure un accord. Je suis sûr que maintenant l'Union européenne veut vraiment conclure un accord. Ils ne le font pas correctement.
Ils ne s'y prennent pas correctement. Il y avait des restrictions contre nous pour vendre des voitures à l'Union européenne, ce qui n'est pas agréable. Et je viens de dire qu'il est temps que le jeu se joue à ma façon.
Bonsoir Benjamin Adad. Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir dans Newsbox.
Vous êtes le ministre délégué chargé de l'Europe. Ça tombe bien. Parlons de la réponse européenne à cette nouvelle menace de Trump.
Elle est pas un peu molle là pour l'instant quand même ? Non, c'est pas le moment de montrer de euh la fébrilité. Il y a des négociations en cours avec un objectif très clair qui est d'obtenir une desescalade et au fond de revenir à la situation qu'on avait avant avant euh ces euh guerres commerciales et ces tarifs qui sont parfaitement illégitimes.
Alors là, euh vous l'avez cité, le commissaire Savkovic mène une négociation avec euh Washington et une suspension des droits douanes pour enfin des tarifs pour l'instant. Fondamentalement déjà, il faut rappeler ces tarifs, ces droits de douane qu'impose l'administration américaine, c'est une taxe sur le consommateur américain, sur les entreprises américaines, sur la croissance des États-Unis et on voit aujourd'hui les marchés obligataires, on voit les révisions de croissance à la baisse aux États-Unis, l'impact que c'est en train d'avoir. Bon, vous dites les négociations sont en cours.
Non, c'est pas ce que dit Trump. Pour lui, c'est terminé, hein. C'est Non, on verra.
L'Union européenne en revanche, elle a les moyens de répondre et donc elle a les moyens d'assumer. Quand vous dites "On verra, attendez, quand quand vous dites on verra euh le compte arbour est lancé hein, c'est dans 8 jours qu'il compte mettre sa menace à exécution." Mais précisément, c'est pour ça que l'Union européenne, on a une négociation de bonne foi, comme l'a dit le commissaire pour obtenir une des escalades.
Nous avons les moyens de répondre. Alors, je vais décrire un petit peu. Il y a un premier paquet de réponse au droit sur l'AC et l'aluminium de plus de 20 milliards d'euros qui a été adopté, qui a été pour l'instant suspendu par l'Union européenne le temps d'avoir la négociation.
La Commission européenne a proposé un deuxième paquet sur les biens américains importés en Europe de l'ordre de 95 milliards d'euros que l'on pourrait taxer qui est en ce moment en train d'être examiné par les étamendes qui pourraient être adoptés s'il y a des droits douanes américains qui reviennent en effet et après on pourra aller plus loin parce que vous savez quand vous attendez de voir s'il met sa menace à exécution et ensuite vous direz bah réciprocité nous aussi 50 % sur les problèmes but le but encore une fois c'est de négocier pour obtenir une désescalade et pour pouvoir revenir à la situation normale où on peut avoir des relations commerciales avec les États-Unis mais encore une fois l'Union européenne mais l'Union l'Union européenne c'est pas le moment d'être fébril. Moi je crois ce que disent les Britanis Kipcam et Carryon mais en revanche une négociation elle s'appuie sur un rapport de force et nous avons les instruments pour nous faire respecter pas nous pour nous faire marcher dessus. Est-ce qu'il faut pas faire de Trump ?
Ce que l'administration ce que l'administration Trump reproche c'est dire il y a un déséquilibre commercial sur les biens. Déjà c'est faux. il est pas du tout lié à du protectionnisme de l'Union européenne, il est lié à un modèle américain de consommation et donc fondamentalement fondé sur la demande intérieur.
C'est pour ça qu'il y a des déficits aux États-Unis et puis ça compte pas aussi les services comme le numérique par exemple alors que les Européens sont consommateurs de services et donc on a aussi des instruments pour aller plus loin que la seule repost sur les biens américains. Vous savez, on a beaucoup parlé dans le débat ces derniers mois du fameux instrument anticoercition qui a été développé par l'Union européenne ces dernières années. précisément pour pouvoir assumer des rapports de force commerciaux et pas attendre des procédures interminables au niveau de de l'OMC qui nous permettrait de taxer les services numériques américains, de barrer l'accès à un certain nombre de marchés publics, de pouvoir saisir les licences, la propriété pas en arri personne n'espérait en arriver là, mais la présidente de la commission sauf que les États-Unis enfin Trump plus particulièrement n'hésite pas, il y va.
Ursula Van Derlen avait dit clairement la veille du début des négociations que ça faisait partie des des options des instruments qui étaient sur la table encore une fois en cas d'échec. Donc va se faire respecter. On défend nos intérêts, on mène une négociation dans laquelle il ne faut pas être fébrile.
On conserve notre les Chinois font mieux respecter que nous quand même pour l'instant. Ils ont gagné parce que c'est fact ils ont remporté le bras de fer pour l'instant quand nous sommes encore en train de nous demander à quelle sauce on va se faire manger par les états ce que l'administration Trump c'est totalement faux. Ce que l'administration Trump est en train mais non ce que l'administration Trump est en train de dire c'est qu'il trouve que les Européens sont trop durs dans la négociation.
Je voudrais quand même vous rappeler ça et c'est pour ça aujourd'hui qu'il y a cette déclaration. Donc moi je dis on on ne fait pas preuve de fébrilité. L'objectif c'est pas l'objectif ce n'est pas ni de se lancer dans une escalade ni dans le commentaire mais d'obtenir encore une fois ce qu'on veut c'est la levée de ces droits de douanes et de faire en sorte que ça ne devienne pas une sorte de nouvelle normalité qui s'imposerait dans la relation entre les États-Unis et l'Europe.
Ce serait parfaitement illégitime. Nous avons les instruments pour répondre le cas échéant. C'est comme ça qu'on établit un rapport de force à la fois survie française et qui frémissent là depuis voir plus qui depuis hier se disent mais ça se trouve dans 8 jours enfin c'est la catastrophe pour nous.
Mais vous savez que depuis le début nous justement on accompagne dans un dialogue les entreprises françaises. On moi je leur dis he que quand vous voyez l'incertitude le climat d'incertitude et de révision de croissance à la baisse qui est en ce moment aux États-Unis. Aux États-Unis l'incertitude économique l'incertitude juridique je pense que c'est peut-être pas le moment de se précipiter pour aller investir aux États-Unis.
Au contraire, je crois qu'il y a beaucoup de points d'interrogation sur ce qui se passe au aux États-Unis. Et après l'autre volet, parce que là on est en train d'essayer de savoir ce que va faire ou pas faire l'administration Trump. Mais concentrons-nous aussi sur nous-mêmes.
Les entreprises françaises européennes, elles nous parlent aussi des de l'inflation de normes en Europe, des barrières qui existent encore sur le marché intérieur européen, des complexités administratives et bureaucratiques. Et là, on a un travail à faire et c'est ce qu'on est en train de mener et qu'on exige de la part de la Commission européenne de simplification de nos normes et de nos textes au niveau européen, de lever des différentes qu'onentend tout le temps l'opération simplification trop de normes. Mais quand est-ce que ça change vraiment ?
L'Europe doit accélérer sa transformation. C'est la banquière Arian de Rcheld qui le dit aujourd'hui dans un entretien au FIAR. Mais quand comment il y a urgence ?
C'est précisément ce que nous on est en train de porter. La Commission européenne par exemple dans les dernières semaines a mis une pause, suspendu l'application de certains textes comme la CSRD, la CS3D, c'est des textes qui demandent des aux entreprises un certain nombre de données d'indicateurs de reporting sur les données environnementales qui sont très complexes. Parfois, c'est des milliers d'indicateurs d'aller demander sur toute la chaîne de valeur, la chaîne de production auprès des sous-traitants.
Nous, on a demandé précisément à la Commission européenne de mettre une pause, de suspendre. ça a été fait sur plusieurs années pour pouvoir un peu ouvrir le capot et regarder en profondeur ce qu'on peut réviser, ce qu'on peut simplifier. Donc on est en train de faire ce travail précisément de simplification drastique de c qui est là qui est en train de se faire en ce moment et les textes seront réadoptés dans les prochaines semaines précisément pour pouvoir alors ils ont été repoussés d'un an ou de 2 ans et là ils sont en train d'être simplifiés pour réduire le nombre d'indicateur pour réduire les les effets de seuil pour en exclure un grand nombre de PME qui ont pas les mêmes moyens que des grands groupes internationaux précisément pour pouvoir aller remplir tous ces tous ces indicateurs.
Puis après, il faudra aller plus loin. faudra aller plus loin parce que l'objectif c'est que les entreprises européennes investissent ou réinvestissent euh en Europe, là où aujourd'hui euh bon nombre d'entre elles se sentent empêchées. Aujourd'hui, vous avez Je vais vous donner un chiffre là-dessus, vous avez raison.
Aujourd'hui, vous avez 300 milliards d'euros d'épargne européennes qui franchit l'Atlantique tous les ans pour aller financer les start-up, les boîtes américaines, les marchés de capitaux. Alors qu'on a des pépites dans l'intelligence artificielle, dans le quantique, dans la transition verte, on a énormément d'acteurs qui précisément ont besoin de financement mais qui disent on trouve pas les financements et on a encore du mal à pouvoir se développer au numéro au niveau européen alors que on a un grand marché unique de 450 millions d'individus mais encore les différents cadres bancaires, assurantiel, pas le même droit des affaires d'un pays à un autre, pas la même fiscalité et c'est là qu'il faut aller plus loin dans mais vraiment on a une fenêtre de tir je pense une opportunité, il Il faut voir ce moment comme une opportunité pour la compétitivité, pour la force de l'Union européenne, une fenêtre de tir dans la dans la prochaine année pour accélérer. Quand on est sous pression, il faut accélérer, il faut être audacieux, réformé pour précisément aligner nos systèmes sur le droit des affaires.
C'est ce qu'on propose en ce moment avec dans nos négociations avec la Commission européenne pour faire l'Union des marchés de capitaux, des sujets qu'on repousse depuis des années. Mais là aujourd'hui, il y a une convergence et il y a un sentiment d'urgence. On le voit.
Vous êtes à deux doigts de remercier Trump. Arian de Rootchill dans le Figaro, elle dit "Donald Trump prend un grand service à l'Europe en la forçant à sortir de sa léthargie. Elle exorte les Européens à changer d'état d'esprit pour s'adapter à la nouvelle donne mondiale." Moi, je fais mien ces propos.
Je suis parfaitement d'accord. Je pense que Trump est aussi à certains égards parfois un révélateur de nos insuffisances, de nos faiblesses, mais il doit être une opportunité précisément pour accélérer pour accélérer dans la voie de l'Europe puissance sur la défense. C'est ce qu'on fait.
Tous les pays européens sont en train d'augmenter leur budget de défense et on a attendez et pour la première fois on a des avancées sur la coopération industrielle sur les questions de défense. à le plan qui a été annoncé par la Commission européenne, on a fini cette semaine la négociation d'un grand emprunt européen 150 milliards d'euros qui viendra financer les entreprises, les États qui investissent dans des domaines où aujourd'hui on a des dépendances vis-à-vis des États-Unis précisément pour réduire nos dépendances dans les drones, dans le cyber, dans les frappes en profondeur, dans le satellite quand on voit le rôle que joue Starlink en Ukraine. Et puis après, il faut aussi qu'on ait ce volet sur l'économie pour approfondir notre marché unique, pour simplifier nos textes, pour avoir une union des marchés de capitaux qui fait que toutes l'épargne aujourd'hui qui est dormmente, mal investie ou qui part aux États-Unis, et bien elles viennent financer nos besoins d'investissement dans la tech, dans la transition verte, dans la défense.
On a là une opportunité pour vraiment émerger en tant que puissance, pour défendre nos intérêts, pour soutenir la compétitivité de nos entreprises. qui a la réponse très ferme, très claire qu'on doit avoir face aux menaces protectionnistes. Et en même temps, concentrons-nous sur nous-même aussi et voyons ce moment pour comme une opportunité pour l'Europe puisque vous employez le mot protectionnisme.
En fait, c'est ça l'avenir proche, c'est chacun son protectionnisme. Moi, je crois pas au protectionnisme qui se renferme de côté. Regardez, l'histoire nous montre quand on voit les années 30 quand il y a eu justement des guerres protectionnistes et ce type de de barrière douanière que ça n'a été dans l'intérêt de personne et que ça a d'ailleurs aussi nourri les nationalismes et les tensions entre les pays.
Moi je n'y crois pas. Et il suffit de voir encore une fois les résultats économiques aux États-Unis. Il y a des révisions de croissance à la baisse, il y a des entreprises qui tirent la langue.
C'est une taxe sur les consommateurs américains. En revanche, il faut pas être naïf. Risque c'est le perdant perdant.
Perdant d'un côté mais c'est toujours perdant perdant. En revanche, il ne faut pas être naïf. Et donc il faut être capable un d'avoir les instruments pour pouvoir défendre ses intérêts et les rapports de force.
Et en revanche, il y a certains domaines où on doit capable être capable de de défendre nos industries et notre autonomie stratégique dans la défense, dans les domaines des infrastructures critiques, dans les domaines de certains matériaux. C'est aussi la conclusion qu'on a tiré des crises de ces dernières années comme celle de Covid. On a vu la la façon dont on s'était rendu dépendant dans certains domaines, dans euh le domaine des médicaments, par exemple, d'autres acteurs.
Et donc c'est là, ça c'est tout l'agenda aussi qu'on pousse au niveau européen depuis des années avec euh le président de la République. Et on va se le dire, à un moment, on était euh un peu seul en 2017 quand on parlait de souveraineté européenne, d'autonomie stratégique. Aujourd'hui, on voit nos partenaires et nos voisins qui nous rejoignent. hm sous la pression américaine sous euh euh aussi euh l'agression de la Russie face à l'Ukraine et la menace que fait peser la Russie contre toutes les démocrit nous amène régulièrement à nous poser la question de la souveraineté a les paroles et puis a les sent il y a ce sentiment d'urgence ce sentiment d'urgence aujourd'hui qui est mais qui est suivi d'acte qui est suivi d'acte dans la défense qui est suivi d'acte aujourd'hui dans ce qu'on est en train de faire dans la simplification on a un nouveau chancelier allemand avec qui travaille beaucoup qui le lendemain de son élection dit euh euh l'Europe doit être plus indépendante des États-Unis.
Ça c'était tabou. C'est le retour du couple franco-allemand. Non seulement le couple franco-allemand, mais je crois qu'il y a un moteur qui va au-delà de ça.
Le triangle de Vmar avec les Polonais. Il y a une convergence aujourd'hui qu'on voit avec beaucoup d'acteurs européens, les Allemands aujourd'hui qui reconnaissent aussi l'importance que doit avoir le nucléaire pour l'autonomie énergétique de notre continent. Ça c'était un sujet sur lequel on avait des accords ces dernières années et aujourd'hui on voit bien que si on veut avoir une Union européenne qui dépend moins des autres pour son énergie, elles doit investir massivement dans les renouvelables et dans le nucléaire.
Voilà aussi des sujets sur lesquels on est en train d'avancer. Merci Trump hein. Vraiment faut le voir comme ça.
C'est c'est c'est le verre à moitié plein. C'est ce que c'est ce que vous dites moi je suis très stoïicien. Je crois qu'il faut toujours se focaliser sur ce qu'on contrôle et voir l'extérieur comme une forme de données neutre.
Donc là encore une fois on a une fenêtre de tir pour les Européens. Donc, passons moins de temps à commenter, plus de temps à agir.
Benjamin Haddad