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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 28 septembre 2021 26 min

Protocole sanitaire à l'école, port du masque... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Michel Blanquer

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour Marc Pauvel. Ça fait un peu plus de trois semaines maintenant que les élèves ont fait leur rentrée. Où en est l'épidémie aujourd'hui à l'école ?

0:11
Jean Michel

Elle est vraiment sur une courbe baissière. Selon une courbe d'ailleurs que j'ai constatée à peu près à tous les retours de vacances. C'est-à-dire, il y a eu pendant les 15 premiers jours une montée. Et puis ensuite, au bout de 15 jours, une descente. Donc on est descendu en dessous de 2000 classes fermées. Ce qui est évidemment un assez bon chiffre. Là où on était monté à 3000. On était monté au-dessus de 3000. Oui, 3500 même. Donc voilà, la courbe est baissière. C'est évidemment une bonne nouvelle. Évidemment, on reste prudent et surtout très attentif.

0:39
Invité

Jean-Michel Blanquer, il y a quelques jours, le journal Le Monde a publié la dernière note du Conseil scientifique qui n'a pas été encore rendu public. Et on y apprend que le Conseil n'est pas d'accord avec le protocole sanitaire que vous avez mis en place dans les écoles. La règle du 1 cas positif, on ferme la classe. Le Conseil scientifique, lui, recommande plutôt un dépistage systématique qui permettrait de renvoyer chez eux que les enfants qui sont positifs. Pourquoi on ne fait pas ça ? C'est logique.

1:02
Jean Michel

Alors, plusieurs choses. D'abord, un, ça ne veut pas dire qu'il n'est pas d'accord. Ça veut dire qu'il fait une nouvelle proposition. Ensuite, qu'on puisse diverger de temps en temps entre le Conseil scientifique et nous, ce sont des choses qui arrivent. y compris, par exemple, pour les prévisions qu'il y avait pour la rentrée. Moi, j'ai tenu toujours une ligne qui était d'ailleurs très inspirée par la courbe dont je viens de parler. Ensuite, on est évidemment très attentif à ce que dit le Conseil scientifique. Et donc, on va prendre en compte cet avis en lançant une expérimentation dans une dizaine de départements.

Et l'expérimentation consiste, à chaque fois qu'il y a un cas positif, à tester toute la classe et à ne renvoyer à la maison que ceux qui sont positifs. On verra si cela change vraiment la donne. Mais donc, ça ne fera pas une différence gigantesque avec ce que nous faisons actuellement. À partir de quand on va l'expérimenter ? Probablement dès le début de la semaine prochaine. En tout cas, on est à pied d'œuvre avec le ministère de la Santé déjà depuis de nombreux jours. pour lancer cette expérimentation. Et quels départements ? Plutôt ceux où le virus circule le plus ou au contraire là où ça circule le moins ? Justement, on le fait dans des départements variés pour pouvoir comparer.

Et puis, vous le savez, la semaine prochaine, certains départements seront sans masque. Donc, ce sera aussi intéressant de pouvoir comparer d'un département à l'autre l'effet de ce type d'expérimentation.

2:20
Invité

Alors, vous vous proposez de dépister l'ensemble de la classe quand il y a un cas positif. Ce que propose le Conseil scientifique, c'est de dépister systématiquement. C'est-à-dire plus de tests en général dans les écoles. Aujourd'hui, on teste combien d'élèves ?

2:33
Jean Michel

Alors, notre objectif, c'est 600 000 par semaine. En réalité, on est encore en dessous assez nettement. On doit être autour de 200 000. Il faut dire qu'on a un taux de positivité extrêmement faible. Il faut le dire. C'est en dessous de 0,15%. Et c'est cette situation qui, aujourd'hui, permet de constater, un, une courbe baissière de la défermeture de classe. Deuxièmement, je le redis aussi, une baisse en population générale. Mais pourquoi on n'arrive pas aux 600 000 ? Souvenez-vous quand même, je voudrais, pour éclairer le débat, rappeler ce qui se disait il y a moins d'un mois.

Il y a moins d'un mois, beaucoup nous expliquaient que la rentrée des classes signifierait explosion des contaminations en population générale. Je ne vais pas vous refaire tout le florilège des déclarations faites à ce moment-là.

3:15
Invité

Après, l'Institut Pascal dit toujours que la moitié des contaminations à l'automne viendra des enfants.

3:19
Jean Michel

Ça, c'est les prévisions. En tout cas, il y avait aussi des prévisions pour septembre qui ne se sont pas avérées justes. Nous avons maintenu une ligne, je dirais, sereine et claire, inspirée de toute l'expérience que nous avons depuis un an et demi, qui s'appuie aussi sur toute une série d'éléments scientifiques, ce que dit la Haute Autorité de Santé publique, ce que dit le Conseil scientifique, ce que dit la Société française de pédiatrie, et sur la base de tout cela que, depuis le début de cette crise, depuis 18 mois, nous prenons des décisions.

Si je m'étais laissé trop influencer par certaines déclarations, on n'aurait pas eu les écoles aussi ouvertes l'an dernier, et cette année, on n'aurait pas fait la rentrée comme on l'a fait. Donc, aujourd'hui, on maintient cette ligne claire, mais on écoute. Et en écoutant, on fait, par exemple, l'expérimentation dont je vous parle. Et si elle produit des effets intéressants, on pourra aller plus loin éventuellement.

4:06
Présentateur

Sur le dépistage, Jean-Michel Blanquer, il y a 12 millions d'élèves en classe. Vous dites, c'est l'objectif, 600 000 tests chaque semaine. Or, on n'en fait que 200 000. Pourquoi ? Est-ce qu'on n'a pas les tests ? Est-ce que les familles refusent qu'on teste leurs enfants ? Ou est-ce que ça bloque ?

4:19
Jean Michel

Alors, souvent, depuis le début de la crise sanitaire... Parce qu'avouer que 200 000, 12 millions, ça fait quand même un sacré delta. À chaque fois, vous savez, il y a une montée en puissance qui est lente. Il faut se rendre compte de ce que tout ceci signifie. C'est le déplacement d'équipes entières dans les écoles, etc. Sur ce point-là, on est d'ailleurs à l'heure, si je peux dire. Après, il faut l'autorisation des parents. On ne l'a pas toujours, même si... C'est là que ça bloque ou c'est un problème de logistique ? Depuis le début, que ce soit sur le sujet des tests ou sur le sujet des vaccins, il y a un sujet d'offre et il y a un sujet de demande.

Et là où les choses montent lentement, c'est toujours la demande. Par ailleurs, il faut bien se rendre compte qu'il y a une capacité des laboratoires à faire les tests qui n'est pas infinie. Et les tests que vous faites en milieu scolaire, c'est parfois des tests que vous ne faites pas dans d'autres milieux. Mais aujourd'hui, avec ces 200 000 tests, nous gérons bien la situation. Chaque fois qu'il y a un soupçon, bien entendu, il y a tests. Et par ailleurs, il y a des tests aléatoires. Et tout ceci nous donne ce taux de positivité de 0,15%. Dans le cas de l'expérimentation...

5:17
Présentateur

Et des classes fermées de moins en moins nombreuses. Dans le cas de l'expérimentation que vous allez lancer dans les jours qui viennent dans une dizaine de départements, Jean-Michel Blanquer, si un élève est positif, le dépistage de toute sa classe sera obligatoire ? Oui, c'est ça. Tout à fait. Obligatoire. Sinon, si un élève ou un parent refuse le dépistage, il ne met plus les pieds en cours. Là, il sera considéré comme positif, justement, pour ne pas avoir accepté le test.

5:37
Jean Michel

D'accord. Toute non-réponse vaudra test positif. Exactement. Voilà. C'est typiquement ce que vous mentionnez. C'est typiquement un des problèmes posés par ce type d'expérimentation. Mais on va le faire quand même.

5:44
Invité

Et l'expérimentation, elle aura lieu aussi dans le secondaire, puisqu'aujourd'hui, les non-vaccinés doivent rentrer chez eux pendant 7 jours.

5:51
Jean Michel

Oui, mais ça, c'est déjà la règle. Ça, c'est la règle générale du protocole actuel, qui d'ailleurs fonctionne assez bien. C'est-à-dire que lorsqu'il y a un élève contaminé dans une classe du secondaire, avec des élèves de plus de 12 ans, tous ceux qui sont considérés comme cas contact rentrent chez eux, sauf s'ils sont vaccinés. Cette règle-là s'applique actuellement. Et c'est ce qui nous permet de fermer très peu de classes dans le second degré.

6:18
Présentateur

Autre nouveauté, Jean-Michel Blanquer, à partir de la semaine prochaine, dans les départements où le taux d'incidence est inférieur à 50. On s'est habitué à vivre maintenant avec ce genre d'indice dans notre quotidien. et où ce taux est en dessous de 50 pendant 5 jours consécutifs. Le port du masque ne sera plus obligatoire pour les petits à l'école élémentaire. Ça concerne aujourd'hui combien de départements ? Est-ce qu'on a une idée du nombre de départements qui seront concernés quand la mesure entrera en vigueur ?

6:40
Jean Michel

Oui, ça commence à se préciser. On donnera la liste complète des départements concernés jeudi, avec le ministère de la Santé, après-demain, pour que ce soit valable pour lundi. Mais le critère est celui que vous venez de rappeler, en effet. C'est-à-dire que pendant 5 jours, le taux d'incidence est au-dessous de 50. Et donc cette nouvelle règle devrait... Je ne préfère pas m'avancer sur des chiffres trop importants. L'ordre de grandeur, c'est sans doute entre un tiers et la moitié des départements. Pas plus que ça. Je dis ça pour être... Au dernier chiffre, les départements qui répondaient à ces critères, vous en avez déjà 40. C'est vrai. Ce qui fait un gros tiers, vous l'avouerez sur 100.

C'est vrai, c'est pour ça que je viens de vous dire entre un tiers et la moitié. Je préfère réserver des bonnes surprises que des mauvaises surprises. Donc je préfère rester sur un chiffre raisonnable. Les profs peuvent l'enlever aussi ou pas dans ces écoles-là ? À ce stade, pour l'instant, et ça aussi nous l'annoncerons jeudi, ce point-là n'est pas arrêté. Mais c'est plutôt oui ? Ce sont des discussions avec les autorités sanitaires parce qu'on veut être sûrs d'avancer pas à pas. C'est plutôt mon souhait, bien sûr, mais il faut avancer au rythme souhaitable.

7:40
Présentateur

Les enfants, les parents qui nous écoutent, encore une foule de questions à poser. On va essayer d'être leur relais sur ce plateau ce matin. Jean-Michel Blanc, porte-voix sur ce plateau. Vous restez avec nous. Le temps du Fil Info, une minute exactement avec Mélanie Delonnais puisqu'il est 8h40.

7:54
Invité

La hausse des prix de l'énergie va probablement durer quelques mois et le gouvernement a parfaitement conscience du problème. Pour le pouvoir d'achat, assure le ministre de l'Economie après l'annonce de la hausse des tarifs réglementés du gaz. Plus 12,6% ce vendredi. Cela concerne 5 millions d'abonnés, ceux également qui ont une offre annexée aux tarifs réglementés. Pas d'essai de phase 3. Sanofi sonne l'arrêt de son vaccin contre le Covid à ARN messager. Malgré des résultats annoncés comme positifs, le vaccin arriverait trop tard sur le marché, explique le laboratoire français qui prévoit de développer ce type de vaccin pour d'autres virus.

Par ailleurs, les recherches continuent sur son autre vaccin contre le Covid qu'il espère voir aboutir d'ici la fin de l'année. Au Royaume-Uni, l'armée sommet de se tenir prête à intervenir, mais le gouvernement assure qu'il n'y a pas de pénurie de carburant. Par crainte, des automobilistes se ruent dans les stations-service pour faire le plein. Messi et Verratti rétablis avant le match de Ligue des Champions à 21h ce soir entre le Paris Saint-Germain et Manchester City, le club britannique qui avait sorti le PSG de la compétition en demi-finale au printemps dernier. France Info

9:03
Présentateur

Toujours avec le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer,

9:11
Invité

on parlait à l'instant du port du masque qui ne sera plus obligatoire à l'école élémentaire dans les départements où le taux d'incidence sera inférieur à 50 pendant 5 jours. Est-ce que ce sera aussi le cas dans les collèges et les lycées dans ces départements-là ?

9:24
Jean Michel

Non. Depuis le début, d'ailleurs, nous disons que le jour où les choses s'allégeraient, on commencerait par le premier degré, par l'école primaire. Donc c'est ce que nous sommes sur le point de faire. On commence par l'école primaire. J'espère que nous serons en mesure, dans les semaines ou les mois à venir, de faire la même chose pour le collège et le lycée, mais ça n'est pas d'actualité. L'idée, c'est que ce soit le cas à un moment pendant cette année scolaire-là. Ah, j'aimerais beaucoup, évidemment. Avant, après Noël, mais... Le plus vite possible, j'espère, mais à ce stade, ça n'est pas encore d'actualité. Il ne faut pas aller plus vite que la musique, si vous me permettez l'expression.

C'est déjà beaucoup, finalement, de passer de niveau 2 au niveau 1. C'est vraiment le signe que l'épidémie, la circulation du virus s'affaiblit. Mais ce serait absurde d'aller trop vite et d'avoir ensuite un rebond.

10:11
Présentateur

Question pratique. Dans 2 jours, le pass sanitaire devient obligatoire pour les ados, entre 12 ans et 2 mois, et 17 ans compris. C'est très précis. Est-ce qu'il sera obligatoire pour toutes les activités sportives ? Que ce soit en intérieur, en extérieur, en sport de contact, ou en sport où on ne se touche pas, on ne se voit pas pendant tout le match ? On ne se voit pas, c'est toujours mauvais signe. Si on ne se voit pas, on ne se touche pas.

10:31
Jean Michel

À partir du moment où il y a compétition, il y a presque toujours contact. Donc, oui, le pass sanitaire s'applique pour les activités sportives.

10:39
Présentateur

Toutes les activités intérieures et extérieures.

10:40
Jean Michel

Oui, le seul moment où ça ne s'applique pas, c'est quand on fait de l'éducation physique et sportive en milieu scolaire. Puisqu'il n'y a pas de pass sanitaire en milieu scolaire. Mais dès que vous sortez du milieu scolaire, pour toutes les activités désormais, ça inclut le sport comme d'autres, c'est 12 ans et plus. Y aura-t-il une tolérance les premières semaines ? Ou est-ce qu'il faut le présenter dès jeudi ? La tolérance, c'est dans le fait que désormais, la règle qui a été retenue, c'est qu'on ne le présente qu'une fois que la première fois. Et après, les responsables des clubs sont en responsabilité pour que la personne qui a déjà présenté son pass sanitaire n'ait pas à le représenter.

Y aura-t-il un contrôle de l'identité de ceux qui présentent leur pass sanitaire ? Pas de contrôle, du pass sanitaire en tant que tel. Du pass, le QR code, mais pas la carte d'identité. On fait confiance aux fédérations et aux clubs, qui ont toujours été nos partenaires dans cette crise, parce que tout ceci se passe à une échelle très locale, où chacun se connaît. Donc on contrôle le pass sanitaire une première fois, et puis ensuite, on considère que c'est fait. Mais là aussi, c'est une incitation pour que les plus de 12 ans se vaccinent. C'est très important.

On a réussi tout au long de l'été et au cours de ce mois de septembre, à ce qu'il y ait de plus en plus de 12-17 ans qui soient vaccinés.

11:50
Invité

La vaccination dans les établissements scolaires, ça marche ou pas ?

11:52
Jean Michel

Oui, ça monte jour après jour. On est maintenant à environ 73% de 12-17 ans qui sont vaccinés. Ça, c'est la vaccination globale, pas celle dans les écoles. C'est pas forcément dans les établissements scolaires. Non, non, mais actuellement, ce qui monte, la montée des vaccinés de 12-17 ans, c'est surtout par les vaccins qui sont faits en milieu scolaire. Mais peu importe, que ce soit fait en milieu scolaire ou ailleurs, l'essentiel est que le vaccin ait eu lieu. Et donc, on continue à se fixer l'objectif de faire monter ce chiffre.

Et il est évident que, puisque le pass sanitaire s'applique aux plus de 12 ans, toute activité confondue à partir d'octobre, je pense que ça va créer une incitation supplémentaire aux vaccins. Et c'est évidemment souhaitable pour la santé des adolescents concernés comme pour la population en général.

12:34
Invité

Alors justement, à la mi-octobre, certains tests vont devenir payants. Qu'est-ce qui va se passer pour les mineurs ? Les tests seront gratuits uniquement s'ils sont vaccinés, comme pour les adultes ?

12:42
Jean Michel

Non, les mineurs ont vocation à avoir le test gratuit. En tout cas, en milieu scolaire, c'est quelque chose que nous avons garanti depuis le début.

12:49
Invité

Mais en dehors ?

12:50
Jean Michel

En dehors, je crois que nous avons à trancher cela ces jours-ci. Ce n'est pas tranché encore. On avait cru que ça l'était dans ce qu'avait dit Jean Castex. Je vous pose une question.

12:59
Présentateur

Un adolescent, d'ailleurs, qu'il soit vacciné ou pas, qui doit prendre un avion dans les mois qui viennent, pour lequel on lui demande donc, en plus ou pas de son vaccin, d'avoir un test récent. Est-ce que le test est payant ou pas, pour les parents ?

13:12
Jean Michel

Je crois que non, ça n'est pas payant. Mais vous savez, il y a beaucoup de discussions...

13:16
Présentateur

Donc les tests de confort restent gratuits, qu'on soit vacciné ou pas, si on est adolescent.

13:19
Jean Michel

Non, justement, l'idée, c'est qu'il n'y ait pas de test de confort dans la nouvelle configuration. Mais le sujet des mineurs, pour tout vous dire, je m'en suis surtout occupé pour la question scolaire. Et donc, en milieu scolaire, ce qui est garanti, c'est la gratuité.

13:32
Invité

Une proposition de loi arrive, Jean-Michel Blanquer, au Parlement, pour créer la fonction du directeur d'école. Concrètement, qu'est-ce que ça va changer dans les faits ?

13:40
Jean Michel

C'est une proposition de loi importante. Effectivement, c'est demain mercredi qu'elle arrive dans l'hémicycle. Évidemment, je la défendrai. Elle est présentée par la députée Cécile Rilac, qui a travaillé sur cela depuis maintenant plus de 3 ans. C'est un moment très important, parce que les directeurs et directrices d'école nous ont demandé toute une série d'évolutions qui, en effet, étaient très souhaitables. Certaines de ces évolutions ont déjà eu lieu. D'abord, nous avons un peu plus reconnu financièrement. C'est une prime de 450 euros annuels. On a augmenté les décharges pour les directeurs et directrices d'école.

On a aussi travaillé à tout ce qui environne ce qui fait le travail du directeur ou de la directrice d'école. C'est une des figures de la société française les plus respectées, à juste titre, parce qu'ils et elles font un travail absolument remarquable. Mais ce que l'on ignore souvent, c'est qu'ils ont assez peu de pouvoir pour le quotidien.

14:32
Présentateur

Ils sont un enseignant parmi d'autres. Il n'y a pas de relation hiérarchique.

14:36
Jean Michel

Exactement. Et souvent, même pour des décisions de tous les jours, ils sont obligés de faire appel à leur inspecteur de l'éducation nationale. Il y a une forme de bureaucratie qui s'est installée à cause de cela. Est-ce que vous souhaitez que ça change ? Oui, nous souhaitons créer une autorité fonctionnelle du directeur ou de la directrice d'école, c'est-à-dire une possibilité de prendre des décisions sur certains sujets de manière plus libre. L'exemple typique, c'est la formation continue des professeurs. Nous avons laissé plus de marge de manœuvre pour que l'équipe puisse définir ses besoins en formation continue. Mais les exemples sont multiples de la vie quotidienne.

Donc c'est une loi qui viendra consacrer beaucoup de choses que nous avons faites en faveur de l'école primaire depuis 2017, puisque l'école primaire a été ma priorité absolue. Et nous avons voulu changer l'environnement des écoles. Bien sûr, on retient toujours le dédoublement de classes en CPCE1 ou la limitation à 24 en grande section CPCE1 pour toute la France, qui sont des mesures qui sont presque à maturité aujourd'hui. Et donc ça, ça a changé beaucoup de choses sur le terrain. Le taux d'encadrement s'est amélioré de manière générale. Mais ce qu'on veut, c'est une direction d'école qui puisse tout simplement plus agir au quotidien.

15:44
Invité

Mais est-ce que ce nouveau statut que vous allez donner aux directeurs d'école va leur permettre aussi de choisir leurs enseignants ? C'est une expérimentation qui va être lancée à Marseille. C'était une annonce du président de la République. Est-ce que le but aussi de ce nouveau statut du directeur d'école, c'est pour ça aussi ?

15:59
Jean Michel

Non, ce sont deux choses distinctes. À Marseille, ce qui s'engage, c'est une expérimentation, puisque l'État va, aux côtés de la commune, contribuer à un renouveau complet du bâti scolaire, ce qui était éminemment souhaitable, puisque beaucoup d'écoles sont dans une mauvaise situation. Mais l'idée, c'est important de le dire, c'est que du fait même de ce changement massif du bâti scolaire à Marseille, les directeurs et directrices d'école concernées se trouvent dans une situation pratiquement de chef de projet pendant une période de transition. Et il était important de leur donner des pouvoirs actuels. Pardon, ils vont diriger le chantier ou ils vont pouvoir nommer une équipe ?

Ce n'est pas la même chose. Vous savez, dans l'enseignement secondaire, où les chefs d'établissement ont un grand pouvoir, quand vous construisez un futur collège ou un futur lycée, vous vous nommez ce qu'on appelle un proviseur-constructeur, c'est-à-dire quelqu'un qui va préparer les choses. Mais la question de Salia portait plus sur le chef d'équipe. Est-ce que le directeur ou la directrice pourra choisir son équipe ? Non, ce n'est pas prévu. La loi RILAC n'implique pas ça du tout. Et à Marseille ? À Marseille, oui, pour 50 expérimentations, il y aura cette possibilité de cela. Et ce sera intéressant de regarder ce que ça donne. Mais la loi RILAC ne va pas jusque-là.

La loi RILAC simplement permet un fonctionnement en équité. Renforcer, vous savez, le mot-clé dans toutes ces mesures, puisque ça peut parfois paraître un petit peu technique, c'est l'esprit d'équipe. Comment faire en sorte que les décisions soient prises au plus près du terrain et qu'il y ait une personne, et ça chacun peut le comprendre, qui soit en situation de coordonnée. Vous savez, ça ne choque personne qu'il en soit un cible pour le collège ou pour le lycée.

17:19
Présentateur

Pourquoi le faire à Marseille plutôt que dans les collèges de Seine-Saint-Denis ou d'une autre zone défavorisée ?

17:25
Jean Michel

Alors là, on parle d'école primaire.

17:26
Présentateur

Est-ce que l'objectif, à terme, si ça marche à Marseille,

17:28
Jean Michel

selon vos critères, c'est de le faire partout ? Non, mais ce qu'il faut, c'est être pragmatique. Et d'abord, de créer des effets de consensus avec les communautés. C'est ce que j'essaye de faire. Parce qu'on voit que sur la direction d'école, avec le temps qui passe, il faut abaisser certaines peurs. Puisqu'en gros, ceux qui sont contre, c'est parce qu'ils ont peur, éventuellement, d'une forme de caporalisation. Ou d'une autre concurrence entre les établissements,

17:47
Présentateur

disons, les meilleurs profs, on se battra pour les avoir. Non, parce que par exemple, à Marseille,

17:51
Jean Michel

ceux qui sont bien là où ils sont, ils vont rester là où ils sont, bien entendu. Mais ce qui est important, c'est que... Et les autres, ils iront où ? Ceux qui ne sont pas bien. Ils auront sans doute des possibilités, justement, d'aller dans un endroit qu'ils préfèrent. Donc, si vous voulez, c'est ça aussi, une gestion des ressources humaines plus moderne, c'est de permettre que tout le monde soit bien là où il est. Et puis que tout le monde travaille, non pas de manière cloisonnée, mais en équipe. Vous savez, les équipes à Marseille, j'en ai vu une lorsque j'étais avec le président, j'en ai vu d'autres à d'autres occasions, ils font un travail absolument remarquable.

Ils ne sont absolument pas mis en cause par ce qui a été fait. Au contraire, l'idée, c'est de les conforter. Et donc, il faut que... Simplement, il est normal qu'il y ait des questions et des inquiétudes chaque fois qu'il y a un changement. Et là, c'est le cas. Mais ce que chacun doit comprendre, c'est qu'on est en train de mettre plus de moyens et qu'on le fait pour une évolution qui soit qualitative ou aussi rapide des élèves.

18:32
Présentateur

D'un moment, ça, et ça se fera partir de quand ?

18:34
Jean Michel

J'espère que cette année, il y aura des premières expérimentations qui vont démarrer. Dans cette année scolaire-là ? On refera un point à la mi-octobre. Actuellement, le rectorat y travaille. Et moi, ce qui m'intéresse, si vous voulez, c'est le projet. On ne doit pas se perdre dans des éléments techniques. Ce qui est important, là, c'est de se dire que pour les enfants de Marseille concernés, ils vont avoir une plus belle école avec une équipe ayant plus de moyens d'agir, tout simplement. À Marseille. Et nous devons désirer pour toute la France cette efficacité au service des élèves et au passage au service du bien-être des professeurs.

19:02
Présentateur

Et à Marseille et partout ailleurs, en métropole, il est 8h52, on est donc en retard. C'est le fil info, Mélanie Delaunay. Et on vous retrouve dans un instant, Jean-Michel Blanquer.

19:10
Invité

Pour éviter les fermetures de classes entières, un nouveau protocole sanitaire va être expérimenté à l'école primaire. S'il y a une contamination, test pour toute la classe. Seuls les élèves positifs au Covid devront rester à la maison. Cela commencera dans une dizaine de départements, probablement dès le début de la semaine prochaine, précise sur France Info le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Les rescapés et les proches des victimes commencent à témoigner aujourd'hui au procès des attentats du 13 novembre 2015. Ils vont se succéder à la barre pendant 5 semaines.

Sur France Info, l'UFC que choisit regrette une flambée historique des prix du gaz avec la hausse de 12,6% du tarif réglementé. En octobre, l'Association de défense des consommateurs conseille de choisir une offre à prix fixe. La France va réduire le nombre de visas accordés aux citoyens du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie, car ces pays n'acceptent pas de reprendre leurs ressortissants, expulsés par la France, explique le porte-parole du gouvernement. Et puis, c'est un peu la coupe du monde de la gastronomie. La France remporte le Bocuse d'or, emmené par le chef étoilé David Tissot. France Info.

20:21
Présentateur

Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel.

20:25
Invité

Toujours avec le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Il y a quelques jours, la candidate socialiste à la présidentielle, Anne Hidalgo, a proposé de doubler le salaire des professeurs si elle arrivait au pouvoir. Vous, vous promettez une augmentation historique en 2022. Et ça tombe bien, le budget de votre ministère a bénéficié d'une rallonge de 1,7 milliard d'euros pour l'année prochaine. Ça veut dire une augmentation de combien pour les professeurs et qui sera concerné ?

20:51
Jean Michel

D'abord, c'est un thème dont je parle depuis 2017. C'est-à-dire, il est normal, légitime et éminemment souhaitable que les professeurs en France et les personnels soient augmentés. Un pays moderne paye bien ses professeurs et investit dans son éducation. C'est mon grand plaidoyer actuel, à l'échelle de la France, mais aussi à l'échelle de l'Europe et du monde. Nous sommes, j'espère, en train de sortir d'une crise sanitaire très grave, qui a vu une bonne partie des enfants du monde sans école. Heureusement, en France, ça a été moins le cas qu'ailleurs. Mais néanmoins, ça suppose un rebond de l'éducation en sortie de crise. Donc le monde entier doit investir dans l'éducation.

Et le sujet de la rémunération des professeurs, c'est un sujet que vous voyez dans pratiquement tous les pays du monde, presque. Et aujourd'hui, nous avons, pour la France, à faire en sorte que les professeurs soient mieux recrutés, mieux formés, mieux rémunérés. C'est le sens du Grenelle de l'éducation et de toute une série de mesures que l'on a prises. Donc, Ravouane Hidalgo, quand elle dit ça, sur le constat, il n'y a aucun doute. J'en disconvient. C'est sur le moment, je l'ai même dit largement avant. Je pense que je suis le ministre de l'éducation qui a le plus insisté sur ce problème.

Et d'ailleurs, tout au long de ce quinquennat, c'est ce quinquennat qui aura vu le plus d'augmentation budgétaire et donc la meilleure augmentation du pouvoir d'achat, même si ça reste insuffisant, je suis le premier à dire. Et depuis l'année dernière, enfin depuis le début 2021, ces augmentations ont commencé à être significatives avec des marges qui sont de l'ordre de 500 millions d'euros supplémentaires par an. Donc l'année prochaine, c'est 700 millions d'euros supplémentaires en plus des augmentations, je dirais, naturelles du budget. Ce qui se traduit par le fait que nous continuons à augmenter les plus jeunes puisque c'est là qu'il y avait vraiment les salaires très bas.

Donc concrètement, ça veut dire qu'un professeur qui gagnait 1700 euros il y a encore un an va gagner 1869 euros par mois à partir du début de l'année prochaine.

22:37
Présentateur

On n'est toujours pas à votre promesse qui disait aucun enseignant en France en 2022, c'est-à-dire l'an prochain, doit gagner moins de 2000 euros net.

22:43
Jean Michel

Non, je n'ai jamais dit en 2022. Par contre, j'ai dit pas moins de 2000 euros par mois. Non, non, je crois que quelqu'un l'a dit. Il n'y a pas de l'aide de temps ? Quelqu'un l'a dit, mais ce n'est pas moi. Pas d'essence. Non, par contre, j'ai dit que cet objectif devait être atteint le plus rapidement possible. Et vous voyez bien qu'avec le rythme qu'on a pris, c'est autour de 2023-2024 qu'on doit arriver à un tel objectif. Mais c'est un objectif réaliste. C'est-à-dire que je pourrais aussi dire qu'on va tripler ou quadrupler le salaire des professeurs. Je ne m'aventure pas dans des choses infaisables.

Dire qu'on va doubler le salaire des professeurs, ça reviendrait à créer un nouveau ministère de la Défense, un nouveau ministère de la Justice, en plus du ministère de l'Education nationale.

23:16
Invité

C'est que les débuts de carrière qui vont profiter de l'augmentation ?

23:18
Jean Michel

Comment ?

23:18
Invité

C'est que les professeurs en début de carrière ?

23:20
Jean Michel

Non, le milieu de carrière aussi. Nous allons jusqu'au 9e échelon, pour ceux qui savent ce que ça veut dire. Ça veut dire en gros jusqu'au milieu de carrière. Alors c'est dégressif, c'est des augmentations moins importantes. Mais encore une fois, c'est un mouvement. C'est-à-dire que sur environ 7 ans, nous nous mettrons dans les pays en tête de l'OCDE en matière de salaire des professeurs. Ce faisant, nous changeons aussi plusieurs règles du jeu pour que la qualité au travail s'améliore et pour que tout ceci serve la qualité de notre système scolaire. Ce n'est pas seulement augmenter pour une raison sociale évidente, mais c'est aussi améliorer le système éducatif.

C'est pour ça qu'au moment du Grenelle de l'éducation, dont chacun peut voir les conclusions sur notre site internet, j'ai pris 12 engagements, et qui sont des engagements de modernisation de notre système. Et notamment la personnalisation de la carrière des professeurs.

24:05
Présentateur

Un mot encore, Jean-Michel Blanquer, dans deux semaines, ça fera un an, que Samuel Paty, professeur d'Histoire-Géo, a été assassiné devant son collège de Conflans-Saint-Honorin. Comment vous allez lui rendre hommage ? Qu'est-ce qui est prévu ?

24:16
Jean Michel

Nous allons évidemment lui rendre hommage. L'assassinat de Samuel Paty est remarqué malheureusement d'une pierre noire dans l'histoire de l'éducation nationale. Il y aura eu un avant et un après, et on ne saurait jamais oublier ce qui s'est passé. C'est une figure désormais emblématique. Donc nous prenons toute une série d'initiatives. Il y aura par exemple une plaque au ministère qui sera inaugurée avec sa famille pour commémorer cet assassinat. Il y aura quelque chose aussi dans les établissements scolaires de France ? Oui, nous prendrons des initiatives que je rendrai publiques bientôt dans les établissements scolaires. Ça peut être quoi, une lecture, un moment de recueillement ?

Oui, toute forme d'ailleurs pédagogique qui permette de sensibiliser les élèves aux valeurs qui sont les nôtres et pour lesquelles Samuel Paty est mort. C'est-à-dire la liberté d'expression, évidemment, la liberté tout simplement, la liberté tout court, l'éducation. Vous savez, nous respirons la démocratie comme de l'oxygène, parfois sans nous rendre compte que c'est un bien précieux. Et pour cela, il faut qu'au quotidien, l'école dise toujours aux enfants que les valeurs de la République, c'est fondamental et que parfois des gens sont morts pour elle. Et c'est le cas de Samuel Paty.

25:22
Présentateur

Merci Jean-Michel Blanquer. Cénial, votre dernier livre paru chez Gallimard, École ouverte. Merci d'être venu ce matin au micro de France Info. Merci à vous. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr. Sous-titrage Société Radio-Canada