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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 12 mars 2020 26 minContradictoireActualité / polémiqueSantéEurope & internationalÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Coronavirus, Emmanuel Macron, municipales… Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:06OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron s'adresse aux Français ce soir à la télévision et à la radio sur France Info. Est-ce qu'il doit d'abord les rassurer ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    Comment comprendre la décision de Donald Trump d'interdire les voyages en provenance d'Europe ?

  • 3:34RelanceRéponse directe

    La santé n'est pas de la compétence communautaire aujourd'hui. Vous trouvez qu'il y a besoin de Donald Trump pour insister sur le manque d'unité en Europe ?

  • 6:13OuverteRéponse directe

    La situation économique en France et en Europe nécessite-t-elle de casser la règle des 3% de déficit ?

  • 8:56OuverteRéponse directe

    Jean-Luc Mélenchon vous consacre un poste. Est-ce qu'effectivement vous êtes écologiste et libéral pro-business ?

  • 13:12OuverteRéponse directe

    Votre ligne politique sur les polices municipales armées est-elle cohérente ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:41Invité politiqueFait
    « La santé n'est pas de la compétence communautaire aujourd'hui. »
  • 5:40InvitéChiffre
    « Il nous faut 40 000 infirmières. Il nous faut 4 milliards sur la table. »
  • 6:45Invité politiquePromesse
    « Il faut casser définitivement la règle des 3% de déficit. »
  • 13:20Invité politiqueFait
    « Là où il y a déjà une police municipale armée, si on gagne la ville, on la garde. »
  • 20:01Locuteur non identifiéFait
    « Je demande qu'on renonce à cette mesure. »
  • 20:20InvitéChiffre
    « La ministre du Travail évoque 60 000 salariés d'ores et déjà menacés par le chômage partiel à cause de la crise du coronavirus. »
  • 20:31InvitéChiffre
    « Nous avons contesté cette réforme qui va mettre en difficulté, selon l'unédic, 1,3 million de Français. »
  • 21:43InvitéFait
    « Je suis stupéfait que le gouvernement n'ait pas annoncé la fin du débat au Sénat sur la réforme des retraites. »

Temps de parole

  • Invité72 %
  • Yannick Jadot11 %
  • Présentateur8 %
  • Invité 26 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Yannick Jadot

Emmanuel Macron s'adresse aux Français ce soir à la télévision et à la radio sur France Info. Est-ce qu'il doit d'abord les rassurer ?

0:13
Invité

Bien sûr, bien sûr, donner du sens à cette crise que nous traversons, rassurer les Français, démontrer que chaque décision prise est une décision qui s'inscrit dans une logique de prévention de la maladie, de soins de l'épidémie. Ce qui est le cas jusqu'à présent pour vous ? Globalement, oui. Ce n'est pas facile une situation comme ça. Vous savez, si vous surestimez la crise, vous êtes damné. Si vous la sous-estimez, vous êtes maudit. Donc de toute façon, on ne connaît pas réellement les modes de contamination. On ne sait pas quelles sont les populations exactement qui sont touchées. On commence à le savoir. On n'a pas de traitement. On entend qu'il y aurait un, deux coronavirus.

Donc dans cette situation-là, ce n'est pas simple. Je crois qu'aujourd'hui, et le ministre de la Santé et le gouvernement font preuve de sérieux. Et surtout, moi, je trouve que les Français font preuve d'une grande maturité parce que finalement, face à une crise dont on connaît mal les tenants, les aboutissants, qui angoisse tout le monde, il n'y a pas de scène de panique. Les gens continuent à faire ce qu'ils ont à faire. Et je trouve que les Français font preuve d'une grande maturité dans la situation. Renaud Delis. Vous évoquiez la réaction des autorités françaises. Évidemment, dans le monde, on voit des réactions extrêmement diverses.

Et l'une des principales cette nuit, c'est la décision de Donald Trump d'interdire aux ressortissants européens de voyager aux États-Unis pendant une durée d'un mois. Je vous propose d'écouter le président américain.

1:45
Locuteur non identifié

« Pour empêcher que de nouveaux cas pénètrent sur notre territoire, nous allons suspendre tous les voyages en provenance d'Europe à destination des États-Unis pour les 30 prochains jours. »

1:55
Invité

Comment comprendre cette décision, Yannick Jadot ? À la fois qu'on prenne une décision sur les vols. Aujourd'hui, il y a plusieurs pays qui prennent des décisions sur les vols. Et donc, c'est un des outils. En revanche, là où on voit que la décision du président américain est totalement politique, c'est qu'à la fois, en fond, il en fait un virus étranger. Un, je veux masquer totalement l'effondrement du système de santé américain, qui n'est absolument pas prêt à affronter ce type de crise, y compris avec la privatisation du système de santé. Deuxièmement, il fait, là où on voit que c'est totalement politique, c'est qu'il dit l'Europe, sauf la Grande-Bretagne.

Alors que la Grande-Bretagne est toujours, aujourd'hui, sortie de l'Union européenne, mais jusqu'à la fin de l'année, on a la même liberté de circulation. Et on voyait hier à Liverpool, pour un match de foot, je ne sais pas combien de personnes venant de Madrid, alors que Madrid est entrée dans des logiques extrêmement dures de confinement sur le coronavirus. Donc, il en fait, au fond, un argument de son logiciel politique, qui est de dire « c'est étranger, c'est mal, donc on s'isole ». Il cherche aussi à diviser et à attaquer l'Europe à la faible Europe. Bien sûr, mais comme d'habitude, et en plus, il dit « l'Europe est la nouvelle Chine ».

Donc, au fond, il y a une volonté de sa part de dire « toutes les menaces et toutes les difficultés que peuvent rencontrer les Américains, toutes les failles de la politique américaine, notamment depuis des années, depuis tant d'années, autour de la santé, est un problème étranger, n'est pas un problème américain ».

3:34
Yannick Jadot

La santé n'est pas de la compétence communautaire aujourd'hui, Yannick Jadot. Franchement, vous trouvez qu'il y a besoin de Donald Trump pour insister sur le manque d'unité, aujourd'hui, en Europe, quand vous voyez que l'Italie lance un appel à ses partenaires, et que c'est la Chine qui lui envoie des masques et des médicaments ?

3:49
Invité

Vous avez raison. Qu'est-ce que ça raconte ? Alors certes, effectivement, la santé n'est pas une compétence européenne, mais on attendait des institutions européennes qu'elles mettent en commun l'ensemble des matériels, des dispositifs médicaux qui auraient dû permettre d'intervenir là où les crises étaient les plus aigües. Donc on aurait dû aider l'Italie, et on devrait aider un pays à partir du moment où il se retrouve dans des difficultés considérables. L'Union européenne n'a pas fait son travail, et les États membres font preuve d'un égoïsme coupable. Mais ça raconte aussi autre chose.

La crise du système de santé en Italie, c'est des années et des années de sous-investissement dans le système de santé en Italie. Vous vous rendez compte ? En Europe, on avait quand même le sentiment que la vie peut avoir un prix quand il s'agit de la pollution de l'air, des pesticides. Trop souvent, les lobbies économiques ne nous permettent pas de soigner correctement, de prévenir. Mais on pensait qu'une fois qu'on était rentré à l'hôpital, la vie n'avait pas de prix. On le sait qu'elle en a à un moment donné, mais que la vie n'avait pas de prix, qu'on faisait tout. Vous vous rendez compte ?

On se retrouve en Italie où, selon votre âge, vous bénéficiez des dispositifs de respiration artificielle ou pas. Donc on est en train, dans un pays européen, on est en train d'arriver où la vie a un prix. Et il y a une des mesures que j'attends du Président de la République ce soir, c'est qu'il fasse un correctif budgétaire sur l'hôpital public. Qu'enfin, il tienne sa promesse de campagne qui est de supprimer la tarification à l'activité dans les hôpitaux, qui a fait qu'on est en rupture de lit en permanence. Il faut annoncer des créations de postes, concrètement ? Bien sûr. Combien ?

Écoutez, moi, quand j'écoute les spécialistes et les médecins à l'hôpital, ils disent qu'il nous faut 40 000 infirmières. Il nous faut 4 milliards sur la table. On a joué l'austérité budgétaire à l'hôpital. Nous nous apercevons, et tant mieux, nous on l'a toujours défendu, que l'hôpital public est un bijou absolu de la République. C'est un bijou de notre vivre ensemble, et qu'en période de crise, il nous faut des infirmières, il nous faut des médecins, il nous faut du matériel, et il nous aurait fallu plus d'Europe pour mieux coordonner à l'échelle européenne.

6:13
Yannick Jadot

Au-delà de ces emplois que vous appelez de vos voeux dans l'hôpital, Yannick Jadot, la situation économique qui est aujourd'hui en France, en Europe, et un peu partout dans le monde, je voudrais vous faire entendre tout d'abord ce que disait le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, chez nos confrères de France Inter, c'était lundi.

6:26
Locuteur non identifié

Nous devons décréter la mobilisation générale. Nous devons travailler un plan de relance qui pourra passer par des mesures fiscales, par des mesures budgétaires, par des baisses d'impôts, pour que dès que la crise épidémiologique sera derrière nous, nous puissions relancer la machine économique.

6:45
Yannick Jadot

Il faut casser définitivement la règle des 3% de déficit. Ça fait tellement longtemps qu'on le demande, elle est tellement absurde. C'est un virus qui apporte de l'eau à votre moulin, c'est assez étonnant quand même, non ?

6:55
Invité

Oui, mais moi je ne fais pas d'une crise, d'une angoisse. Tu dis ça parce qu'en Guillaume Merkel, hier en Allemagne, a dit pour la première fois depuis des années, pourquoi pas revenir sur cette règle ? Les mesures d'urgence, effectivement, le chômage partiel, aider toutes les entreprises en termes de trésorerie, parce qu'il y a beaucoup d'entreprises qui s'en prennent plein à la figure en ce moment, dont l'activité est en train de se réduire, de fondre ou de disparaître. Il faut aider nos entreprises à passer cette étape. Ça, c'est l'urgence, c'est le court terme.

Le moyen et le long terme, c'est effectivement de revenir sur la règle des 3%, de lui donner beaucoup plus de flexibilité, pas pour ouvrir les robinets à tout point de vue, mais parce qu'on a besoin d'investir dans notre système de santé en Europe. On a besoin, face au dérèglement climatique, d'investir dans l'isolation de logements, dans les énergies renouvelables, dans les transports collectifs. Vous savez, on vit une pathologie économique. J'ai fait un appel avec Daniel Cohen, Laurence Tubiana, Dominique Méda et Guillaume Duval sur le Green Deal européen. On est dans une pathologie économique, on emprunte à taux négatif à moyen terme, à taux zéro à long terme.

Si un État emprunte aujourd'hui, qu'il investit dans l'isolation des logements, qu'il investit dans nos transports collectifs, qu'il investit dans l'hôpital public, dans le logement des étudiants de l'école... Il ne faut pas compter ça dans les 3%. Non, ce n'est pas seulement ça. C'est que c'est rentable. Là, ce n'est pas la question des 3%. C'est la question d'avoir 1% d'investissement public, 1% du PIB européen en investissement public, pour relancer notre économie, mais sur des bases qui nous protègent du point de vue de la santé, qui nous protègent du point de vue des climats, et qui créent des emplois partout sur nos territoires. C'est une occasion, une opportunité historique.

Il faut que le président Macron arrive à porter ce débat-là, qu'il fasse alliance avec les Espagnols, les Italiens, qui le réclament depuis longtemps, et qui tordent un peu le bras à Angela Merkel.

8:56
Yannick Jadot

Vous parliez, Yannick Jadot, il y a quelques instants, des aides aux entreprises, qu'il faut aujourd'hui pour les aider à traverser cette crise. Il y a un homme à qui votre ligne pro-entreprise ne fait pas plaisir en ce moment, c'est Jean-Luc Mélenchon qui s'est exprimé hier sur cette question. On va en parler dans un instant si vous le voulez bien. D'abord le fil info à 8h42 avec Mélanie Delonnet.

9:14
Présentateur

Dès ce matin et jusqu'à la fin du mois, les écoles, collèges, lycées, fermées dans toute la Corse pour tenter de freiner l'épidémie de coronavirus. C'est la bonne décision, il fallait des actions fortes, réagit ce matin sur France Info le maire de Bastia. Fermeture des établissements scolaires, décidée aussi dans l'Hérault, dans 16 communes à l'est de Montpellier. Les Européens ne sont plus les bienvenus aux Etats-Unis pendant 30 jours actions fortes, mais nécessaires pour protéger la santé des Américains, explique Donald Trump. La mesure entre en vigueur demain soir, le Royaume-Uni n'est pas concerné. En Italie, il y a plus de 800 morts et de nouvelles restrictions face au coronavirus.

Les commerces baissent le rideau, seuls les magasins d'alimentation et les pharmacies sont désormais autorisés à ouvrir. Le Paris Saint-Germain qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des Champions, victoire 2-0 contre Dortmund avec des tribunes vides, mais la ferveur des supporters à l'extérieur du Parc des Princes pour encourager les joueurs. France Info, et tout est plus clair.

10:17
Yannick Jadot

Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon vous consacre un poste, hier soir, hier d'ailleurs, sur son blog,

10:23
Invité

que va nous résumer en quelques instants. Je suis honoré par la République, d'une certaine façon. Je vais vous le résumer, Yannick Jadot. Jean-Luc Mélenchon vous reproche d'être un libéral. Il explique, je le cite, votre ligne, votre ligne à vous, Yannick Jadot, c'est un pur bienfait pour eux, pour les insoumis, car vous êtes pro-business et proche du centre droit. Est-ce qu'effectivement, vous êtes écologiste et libéral pro-business ?

Écoutez, Jean-Luc Mélenchon, quand il venait au Parlement européen, quand il était député européen, il voyait qu'il y avait un député européen qui se battait contre tous les accords de libre-échange et qui menait le combat au niveau du Parlement européen, c'était moi. Maintenant, peut-être que Jean-Luc Mélenchon considère que tout ce qui est à sa droite est de droite, mais moi, je revendique le fait d'être pro-européen. Il ne l'est plus. Je revendique le fait de critiquer Vladimir Poutine quand il bombarde les hôpitaux et les écoles. et je revendique un souverainisme alimentaire, climatique. On parlait tout à l'heure de la crise du coronavirus.

Il va falloir qu'on ait une politique industrielle européenne du médicament. Et donc, si vous voulez que Jean-Luc Mélenchon, maintenant, toutes les semaines, me critique, dit peut-être... Pourquoi ? Pourquoi votre avis ? Parce que l'écologie est en train de... C'est autour de l'écologie que c'est en train de se passer. Ça ne vous empêche pas de faire des listes communes aux municipales. Cette différence de faux que vous soulignez et que souligne Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous me voyez toutes les semaines critiquer Jean-Luc Mélenchon ? Toutes les semaines, aujourd'hui...

11:55
Yannick Jadot

Vous venez de nous décrire l'antiportrait de ce que vous êtes. Non.

11:58
Invité

Et pourtant, vous faites des listes communes dans certaines villes. Parce qu'à l'échelle locale, visiblement, c'est pas Jean-Luc Mélenchon qui décide. D'ailleurs, je ne vois pas Jean-Luc Mélenchon faire la campagne des municipales. Pourtant, vous savez, la campagne municipale, on parle en ce moment beaucoup des EHPAD. Les EHPAD publics, ce sont les municipalités. On parle de l'hygiène dans les écoles, ce sont les municipalités. On sait à quel point, à travers les déplacements, le logement, l'alimentation, on peut retrouver la maîtrise de nos vies. On peut retrouver la maîtrise de nos vies. Ça, ça va se décider dans les municipales.

Et c'est pour ça que s'il y avait une forte abstention, dimanche, du fait du coronavirus, ce serait dramatique pour notre capacité à affronter ce type de crise, mais notre capacité à vivre mieux à l'échelle locale. Alors, c'est vrai que moi, je suis investi dans les municipales. Et je le disais, il y a trois ans, le paysage politique se recomposait autour d'une personne, Emmanuel Macron. Là, pour les municipales, le paysage politique se recompose autour d'un projet, d'une idée, d'une espérance, c'est l'écologie. Et c'est quand même autrement rassurant que ces personnes autodésignées leaders maximaux.

13:12
Yannick Jadot

La question de la ligne politique des écologistes, Yannick Jadot, elle se pose aussi pour les polices municipales. Vous avez dit, il y a quelques jours, dans une interview au journal du dimanche, là où il y a déjà une police municipale armée, si on gagne la ville, on la garde. Alors même que vos candidats sont contre, en tout cas celui à Paris, les polices municipales, et encore plus contre le fait qu'elles soient armées. Attention, alors, on n'est pas pour les polices municipales armées. Mais s'il y en a une, vous la gardez.

13:36
Invité

Mais on ne va pas aller. Et la responsabilité du maire, c'est de répondre aux enjeux très lourds d'insécurité et de tranquillité. Aujourd'hui, vous avez des quartiers, dans certaines villes, qui sont livrées aux dealers, où il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'insécurité. Nous avons, je le vois, à Villeurbanne, à Perpignan et ailleurs. Donc c'est utile, une police municipale armée, c'est utile. Aujourd'hui, ce n'est pas notre choix. On a toujours considéré que l'armement devait relever de la police nationale. De la police nationale. Ce n'est pas votre choix, mais là où ça existe, vous ne l'enlèverez pas. Mais on est en responsabilité.

14:15
Yannick Jadot

Vous avez donné le manichéisme de la question, mais soit c'est une bonne chose pour baisser l'insécurité, soit c'est une mauvaise. Soit on la garde, soit on l'enlève.

14:22
Invité

Non, parce qu'aujourd'hui, quand vous êtes dans des quartiers où il y a beaucoup d'insécurité, beaucoup d'insécurité, Nos candidats, notamment à Villeurbanne, à Perpignan, veulent mettre en place, à l'échelle quasiment de chaque immeuble, de chaque quartier, identifier les problèmes d'insécurité, associer les élus, des médiateurs, les associations, associer la police, associer la justice, pour mettre en place une véritable politique de prévention et de lutte contre l'insécurité. Une fois qu'on aura rétabli de la sécurité, pourra se poser la question du désarmement de la police municipale.

Mais on ne va pas, là où il y a énormément de problèmes d'insécurité, commencer à dire, parce qu'on a une vision idéale de l'insécurité ou de la sécurité et de la tranquillité, on va commencer par désarmer et après on va s'attaquer aux problèmes. Non, on va s'attaquer de manière structurelle aux problèmes d'insécurité et à ce moment-là, j'espère qu'on pourra rendre à la police nationale sa vocation à assurer la sécurité, notamment sur ces grands enjeux. Entre les deux tours des élections municipales, un petit peu partout en France, des listes vont fusionner, vont s'allier, vont se rapprocher, il va y avoir des coalitions qui vont se former.

Est-ce que les listes portées par les Verts, Europe Écologie Les Verts, au premier tour, s'allieront forcément toujours avec des formations de gauche au deuxième tour ? On verra comment ça se passe. Vous savez, les élections municipales sont deux élections. Il y a le premier tour, il y a le deuxième tour. Ce n'est pas la même élection. Aujourd'hui, notre objectif, c'est d'arriver le plus haut possible partout. On a des configurations partout, je le disais. Le paysage politique se recompose autour de l'écologie. Donc, dans des villes, ça s'est fait des listes écologistes avec ELV, avec Génération Écologie, tous les partis identitairement écologistes et des citoyens.

Dans d'autres villes, parce que les partis politiques s'écologisent plus vite, on est avec des partis politiques et notamment des partis politiques de gauche. Quelle sera la dynamique de second tour ? On verra dimanche soir. Il n'y a pas d'exclusive à l'endroit de la droite. Pourquoi pas rallier ou s'entendre avec un maire Les Républicains ou un collier Les Républicains qui soit, à vos yeux, écologiste. Mais regardez, là, à chaque fois, on fait de la politique nationale. Regardez ce que prônent aujourd'hui Les Républicains en matière d'écologie. C'est zéro mètre de distance de pesticides entre les champs et les habitations, même les écoles.

Donc, on ne protège pas les habitations des pesticides. Et c'est 1500 mètres sur les éoliennes. Alors, je résume votre position, Yannick Jadoudite, moi, si je me trompe.

17:03
Yannick Jadot

Les alliances à gauche, pas d'alliance à droite. Est-ce qu'il peut y avoir des alliances avec des marcheurs ? Mais l'idée, à chaque fois, vous faites des élections municipales, une politique nationale. Non, il se trouve que c'est la règle du scrutin municipal. À 10%, on se maintient. En dessous, on ne peut pas. Et à 5%, on fusionne. Mais pour nous, aujourd'hui, fusionner... Les majorités se créent comme ça dans les mairies de France.

17:25
Invité

Je sais bien. Je sais bien. Et je fais beaucoup de campagnes sur ces municipaux. Aujourd'hui, fusionner avec En Marche. Est-ce que vous excluez de vos alliés entre les deux tours avec des marcheurs ? Fusionner avec En Marche, aujourd'hui, au regard de la politique écologique, sociale, démocratique que mène ce gouvernement et que mène Emmanuel Macron, c'est impossible. Nous considérons aujourd'hui que le macronisme est une déliquescence qui, aujourd'hui, est le fioul lourd du national-populisme. Affaisse la démocratie.

À force d'avoir cette technocratie verticale arrogante vis-à-vis des maires, vis-à-vis des syndicats, vis-à-vis des Français, vis-à-vis des parlementaires, avec le 49-3, on a une démocratie qui s'affaisse et, vous le savez bien, même Emmanuel Macron ne peut plus promettre de battre Marine Le Pen en 2022. Donc nous, nous voulons agir, agir, agir, agir, lutter contre le dérèglement climatique, adapter nos villes, se battre contre les centres commerciaux à l'extérieur des villes qui tuent les terres agricoles, ouvrir des magasins de proximité. Vous savez, quand vous avez des centres-villes vivants, vous avez moins de problèmes d'insécurité.

18:36
Yannick Jadot

On poursuit cet entretien dans un instant, Yannick Jadot, 8h51, le Filinfo, Mélanie Delaunay.

18:42
Présentateur

À partir de demain soir, impossible de se rendre aux Etats-Unis si l'on arrive d'Europe contre le coronavirus. Donald Trump suspend pendant 30 jours les voyages pour tous les étrangers qui ont séjourné dans des pays de l'espace Schengen. En Italie, plus de café au comptoir, tous les commerces sont fermés, mis à part les épiceries, les supermarchés, les pharmacies. Le Premier ministre promet des effets dans une quinzaine de jours. Emmanuel Macron lui prend la parole ce soir sur le coronavirus, allocution prévue à 20h, alors que près de 500 nouveaux cas ont été enregistrés en l'espace de 24h.

Tous les établissements scolaires fermés pour deux semaines en Corse, vacances forcées pour 420 000 élèves en France. Mais la fermeture totale de toutes les écoles n'a jamais été envisagée, explique Jean-Michel Blanquer sur France Info. Le ministre de l'Éducation annonce par ailleurs un assouplissement du calendrier pour les prochaines sessions de contrôle continu du nouveau bac. Elles auront lieu entre avril et juin. La banque de sujets sera désormais publique. Et puis autre information à retenir pour les lycéens et leurs parents. Minuit ce soir, dernière limite pour enregistrer ses voeux sur la plateforme Parcoursup. France Info. Et tout est plus clair.

19:51
Yannick Jadot

Éric Jadot, dans quelques jours, début avril, doit entrer en vigueur le deuxième volet de la réforme de l'assurance chômage. Voici ce qu'on disait hier, à cette même place, le leader de la CFDT, Laurent Berger.

20:01
Locuteur non identifié

Je demande qu'on renonce à cette mesure. Ce que je dis particulièrement à cette heure, c'est que ce serait complètement anormal, injuste qu'on ait des mesures de soutien aux entreprises, qu'on ne remet pas en cause, vous entendez bien ça, mais qu'on n'ait pas une mesure de soutien aux travailleurs qui vont subir les impacts de cette épidémie.

20:20
Invité

Et ce matin, la ministre du Travail évoque 60 000 salariés d'ores et déjà menacés par le chômage partiel à cause de la crise du coronavirus. Est-ce que vous aussi, Yannick Jadot, vous réclamez le report de cette réforme des règles de l'assurance chômage ? Nous avons contesté cette réforme qui va mettre en difficulté, selon l'unédic, 1,3 million de Français. Nous savons que le taux de pauvreté augmente dans notre pays. Nous savons que cette colère sociale, elle est là, et que le gouvernement, plutôt que d'apaiser, trop souvent épuise, plutôt que de réconcilier, trop souvent il divise. Et nous, nous combattons cette réforme de l'assurance chômage.

Donc évidemment, un moratoire sur sa mise en œuvre, c'est le minimum, puisque ça va mettre beaucoup de Français en difficulté. Mais je pense que le président de la République devrait avoir aujourd'hui la lucidité de voir quelle est la situation du pays. Je l'ai dit, beaucoup de Français sont révoltés, beaucoup de Français sont résignés. Il y a de la colère, il y a de la brutalité, beaucoup de violence, beaucoup de défiance dans notre pays. Et je crois qu'il a l'opportunité, avec cette crise du coronavirus, qui ne parle pas de tous les sujets, mais de dire, est-ce que ce n'est pas mon rôle aujourd'hui d'apaiser, et donc de stopper les réformes sociales qui divisent notre pays ?

Moi, je suis stupéfait que le gouvernement n'ait pas annoncé la fin du débat au Sénat sur la réforme des retraites. Pourquoi ? Parce qu'y compris, on entend qu'il pourrait y avoir des malades au Sénat. Est-ce que notre pays, aujourd'hui, est en capacité sur un sujet aussi lourd ? Le sujet des retraites, c'est quand même, si on a de la chance, 20, 30, 40 années de vie. C'est notre fin de vie. Donc c'est les moments essentiels. Les Français, ils sont opposés. On arrête la réforme des retraites ? On arrête le débat sur la réforme des retraites.

De toute façon, j'ai toujours dit qu'il fallait une réforme des retraites, mais en partant des sujets qui préoccupent les Français, la pénibilité, le travail des seniors, et quel est le niveau de vie qu'on aura à la retraite. Cette réforme est très contestée. Aujourd'hui, le pays est mobilisé sur une épidémie. On ne peut pas passer en catimini une réforme sur les retraites. Parce que sinon, y compris, ça crée un doute sur la sincérité de l'État. Quand on vous écoute, il faut que le pays s'arrête, Yannick Jadot ? Il faut que tout ce qui divise le pays, du point de vue politique, s'arrête.

Qu'on n'ait pas de doute sur la mobilisation pleine et entière du gouvernement autour de l'épidémie de coronavirus, et qu'il n'y ait pas de doute sur sa sincérité. Donc il faut reporter les élections municipales, si on vous écoute. Les élections, par définition, ça divise, ça suscite des débats contradictoires. Non, non, non. On garde les élections ? Bien sûr, il faut garder les élections. Il faut que notre système démocratique fonctionne.

Mais à partir du moment où le gouvernement lui-même dit qu'ils sont 100% mobilisés sur l'épidémie, on devrait stopper les débats qui nous divisent dans des assemblées dont on ne sait même pas si elles peuvent encore se tenir, du fait que des parlementaires sont malades.

23:28
Yannick Jadot

Vous irez voter dimanche ? Bien sûr. Vous votez où ? Dans le 10e arrondissement. 10e arrondissement de Paris, avec des mesures de précaution particulières. Vous emmenez votre stylo, comment vous faites ? Mon stylo ? Vous savez qu'on peut emmener son propre stylo, si on ne veut pas avoir un stylo tout le monde. Ah, pour la liste d'émargement.

23:43
Invité

Pour la liste d'émargement. Vous aviez compris quoi, ma question ? Non, je ne sais pas, parce qu'on n'est pas sur des bulletins où on coche. Non, mais il faut signer, vous savez, à la fin. Vous savez, vous savez, ça m'arrive. Ça m'arrive. Mais généralement, comme j'ai ma carte d'électeur, donc tout va bien. On vous reconnaît. Non, non, il faut faire attention. Vous savez, on a vu au début, quand il y a eu les instructions sur ne pas se serrer la main, ne pas s'embrasser, quand vous êtes en campagne, ce n'est pas simple. Au début, il faut reconnaître qu'il y a eu un peu de laxisme autour de ça. Et maintenant, tout le monde prend ça au sérieux. Et c'est la bonne nouvelle.

On essaye d'avoir du gel hydroalcoolique. Et on revenait sur l'Europe. Moi, je suis surpris que l'Europe, sur la question du gel hydroalcoolique, dont on sait qu'on n'en a pas assez, sur la question des masques, sur la question des respirateurs, ne se soit pas mis en situation de produire pour l'ensemble de l'Europe ce qui était nécessaire. Et la vraie solution, Yannick Jadot, à terme, c'est évidemment la découverte d'un vaccin. Le jour où ce vaccin existera, vous irez vous faire vacciner ? Écoutez, on verra où en est l'épidémie. Aujourd'hui, on cherche le traitement. On ne cherche pas le vaccin, on cherche le traitement. Donc, vous allez avoir des tests. C'est très bien.

L'Europe va tester à peu près 3000 patients, si je ne dis pas de bêtises. Mais moi, j'appelle sur votre antenne, toutes celles et tous ceux, y compris qui vont marcher samedi pour le climat. Je les appelle à aller voter dimanche. Ce qui se joue dans cette élection municipale, c'est la lutte contre le dérèglement climatique. C'est la lutte pour la santé. C'est dans tout ce qu'on parlait de ces enjeux de souveraineté économique. C'est relocaliser l'économie, c'est créer de l'emploi durable. Qu'on ne rate pas cette occasion de changer nos mairies. Qu'on ne rate pas cette occasion que l'écologie gouverne nos mairies pour que tout le monde aille mieux. Et ce sera le mot de la fin.

25:26
Yannick Jadot

Merci Yannick Jadot. Merci. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr. Disponible aussi sur l'application Radio France.