La première interview de Marion Maréchal après son ralliement à Éric Zemmour
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Bonsoir Marion Maréchal, merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation de BFM TV pour cette première interview depuis l'annonce de votre ralliement à Éric Zemmour, Benjamin Duhamel, journaliste politique de BFM TV nous a rejoint. Et d'abord bien sûr, ce 13ème jour de guerre en Ukraine, une attaque russe a fait aujourd'hui au moins 21 morts à Soumy, à 350 km au nord-est de Kiev, parmi les victimes, deux enfants. Il s'agit d'un bilan provisoire communiqué par le parquet régional ukrainien. Que vous inspire cette guerre menée par Vladimir Poutine et comment qualifiez-vous cette invasion ?
Ah mais la situation est proprement déplorable en premier lieu évidemment pour les Ukrainiens et pour l'Ukraine. Moi je crains, si vous voulez, la volonté de la Russie de vouloir créer un effet de sidération jusqu'à peut-être aller faire tomber le gouvernement ukrainien qui fait partie des objectifs éventuels du gouvernement russe. Voilà, donc c'est vrai qu'on sent que le risque d'escalade est très important. On sent que les civils peuvent être menacés par certaines frappes, mais aussi un certain nombre d'installations.
On l'a vu, on a eu très très peur au moment où on a cru que la centrale nucléaire avait été visée, et c'est les bâtiments administratifs, mais on voit bien qu'il en faudrait peu pour qu'on passe à côté d'un drame. Donc maintenant, face à cette situation, il y a deux options possibles. Soit on va vers une escalade avec une espèce de course aux provocations, aux sanctions, avec des discours de va-t'en-guerre, comme on a pu entendre dans la bouche notamment de notre ministre de l'Économie Bruno Le Maire, ou bien on tente la médiation.
Je pense qu'il a mesuré qu'avec ce type de propos outranciers, malheureusement, la riposte russe risque de ne pas être indolore pour les Français et l'Europe, notamment, vous le savez, sur le plan énergétique, agricole ou des matières premières. Donc c'est vrai que c'est une donnée, malheureusement, à prendre en compte.
Et ça veut dire qu'il ne faut pas faire de sanctions si vous mettez en avant le risque qu'il y ait un effet bruit ? Au moment où on s'interroge beaucoup, pour au contraire les renforcer.
Ce que je crois, c'est qu'il faut en tout cas les calibrer, les calibrer de telle manière que nous ne nous retrouverons pas dans une situation dramatique sur le plan social, parce que précisément, nous n'avons pas été capables d'anticiper les conséquences. Je parlais du plan énergétique, on peut parler évidemment du gaz, du pétrole et des matières premières, mais on pourrait également parler des conséquences sur le secteur bancaire, qui pourrait advenir s'il y avait une application inconsidérée du blocage du système SWIFT. Je dis ça pourquoi ?
Parce que nous avons cette posture-là, qui manifestement aujourd'hui est la posture de la présidente de la Commission européenne, qui aujourd'hui explique qu'elle a amorcé l'intégration de l'Ukraine dans l'OTAN, en tout cas la candidature et l'étude de la candidature. Sur quelle légitimité, on ne sait pas.
Vous n'êtes pas favorable donc ?
Je ne crois pas que ce soit un bon signal envoyé au moment où justement on essaye d'avancer vers une médiation. Et on espère qu'à la fois le gouvernement ukrainien et la Russie puissent faire chacun un pas pour amorcer la désescalade et revenir à la paix. Moi, je suis quand même étonnée, si vous voulez, que l'Union européenne et cette présidente de la Commission, sans avoir consulté les nations, sans savoir même si cette posture est majoritaire au sein des nations, puissent aller aussi loin dans ce type de déclaration.
Est-ce que vous condamnez sans ambiguïté cette attaque contre l'Ukraine de la Russie ?
Ah bien sûr ! Non mais évidemment !
C'est important qu'on vous entend le dire.
Non mais évidemment, pour une raison simple, c'est qu'il y a une violation aujourd'hui manifeste du droit international et donc de la violation de l'intégrité du territoire et des frontières. Ce qui, si vous voulez, est compliqué dans ce sujet, c'est qu'il y a eu des procès d'intention, pour une raison qui est simple, c'est que parfois, on n'a pas fait la distinction entre l'explication, les explications qui nous ont conduit à cette situation dramatique, à l'attitude de la Russie, dans des responsabilités qui pouvaient parfois être partagées côté russe, côté ukrainien ou côté européen, et les solutions.
Voilà, moi je pense que... Oui mais, alors attendez, parce que précisément, vous parlez de responsabilité partagée. On a entendu le candidat, en l'occurrence, que vous soutenez, Éric Zemmour, expliquer que si Poutine est coupable, l'Occident est responsable. Est-ce que vous faites partie de celles et ceux qui, dans leur grille de lecture, considèrent qu'il y a une forme de responsabilité de la part de l'OTAN, de la part de l'Occident, ou est-ce qu'au contraire, vous dites, non, non, Poutine est le seul coupable, le seul responsable ?
Alors, en tout cas, ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, il est le coupable de la situation et de la déclaration de la guerre, alors même qu'il n'y avait pas de raison immédiate à entraîner une réaction aussi radicale, si je puis dire, en violant les frontières ukrainiennes. Ça, c'est certain. En revanche, sur le plan des explications, vous savez, en géopolitique, malheureusement, rien n'est jamais tout blanc, rien n'est jamais tout noir. Il n'y a pas d'un côté les gentils et d'un côté les méchants. Il y a une multiplication de responsabilités partagées, probablement. Une fois de plus, là, on est dans les explications sur le temps long, de la part d'avancer...
Pour qu'on ne se méprenne pas, vous n'êtes pas du tout en train de justifier l'intervention russe. Non, mais je crois que c'est pas parce qu'il y a des torts partagés dans la situation diplomatique.
On est totalement d'accord. C'est pas parce qu'on explique qu'on justifie. Une fois de plus, il y a des accords de mise qui n'ont pas été respectés. On se souvient du traitement des populations russophones par l'Ukraine. On se souvient des avancées de l'OTAN sur les pays de l'Est, qui a donné le sentiment à la Russie peut-être que son glacis sécuritaire était menacé. Mais la réalité aujourd'hui, c'est que maintenant, on est face à la responsabilité sans équivoque de la Russie. Et donc, il faut être capable de riposter par rapport à cela. Mais une fois de plus, ne soyons pas, si je puis dire, les dindons de la farce.
Les États-Unis savent mesurer le risque qu'ils ont lorsqu'ils prennent des sanctions. Joe Biden, après avoir quand même tenu des propos extrêmement forts, c'est le premier qui a parlé de guerre à ce sujet-là, a tout de suite affirmé qu'il n'enverrait pas de soldats. Il calibre quand même leurs sanctions en fonction des secteurs. Ils sont moins exposés que nous à la dépendance. Donc, les Européens, je pense, doivent avoir aussi cette démarche raisonnable et ne pas transformer cette guerre en argument électoral, en particulier en France.
Madame Maréchal, on vous pose la question aussi, parce que dans votre camp, on a retrouvé certaines déclarations qui pouvaient laisser penser qu'il y avait une forme de complaisance à l'égard de la Russie de M. Poutine. Voilà ce que vous disiez en 2014. Ce qui est sûr, c'est que M. Poutine est un patriote. Il défend les intérêts de son pays. Et je dois dire que ça fonctionne plutôt bien. Vous rajoutiez, la Russie, contrairement à ce qu'on dit, n'est pas une dictature. Est-ce qu'avec le recul, vous dites qu'il y avait une forme d'erreur de jugement ? Est-ce que, par exemple, vous rediriez aujourd'hui que la Russie n'est pas une dictature ?
Alors déjà, d'une part, c'est vrai que vous vous rappelez des propos qui datent de 2014. Donc, une fois de plus, les choses évoluent. Mais moi, j'assume parfaitement le fait qu'à l'époque, j'étais...
Mais vous êtes allée en Crimée en 2019.
Alors là, je vais vous dire, je suis extrêmement sereine sur le sujet. Moi, j'étais élue députée...
On a des citations plus récentes à vous suggérer.
Mais allez-y, il n'y a pas de problème. J'étais élue députée, comme vous le savez, de 2012 à 2017. Dans ce cadre-là, je faisais partie notamment du groupe d'amitié franco-russe. Donc, j'ai été amenée à me rendre en Russie, à rencontrer des responsables politiques russes, comme d'ailleurs je l'ai fait en Allemagne, en Suède, en Italie, en Espagne. Enfin, voilà. J'assume avoir et faire partie d'une ligne qui considérait qu'il fallait défendre l'idée d'un monde multipolaire, d'un monde équilibré et en Europe, pouvoir travailler de concert également avec la Russie.
Et Vladimir Poutine est un dictateur aujourd'hui ou pas ?
Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, en Russie, vous avez un régime qu'on appelle autoritaire. La dictature, pour moi, c'est un régime totalitaire. Donc, c'est une différence de nuance qui est une différence de degré. Je suis totalement d'accord avec vous. Néanmoins, le fait de dire que c'est un régime autoritaire et de considérer qu'il y a des atteintes aux libertés fondamentales, à la liberté de la presse, il n'y a pas de débat là-dessus, ne veut pas dire qu'il faille absolument refuser de travailler avec la Russie, pour une raison simple.
C'est que si vous avez ce type de raisonnement, vous ne parlez plus au Qatar, vous ne parlez plus à l'Arabie saoudite, vous ne parlez plus à la plupart des pays africains, vous ne parlez même plus à la Chine, qui d'ailleurs ressemblerait presque davantage à un régime totalitaire qu'à un régime purement autoritaire. Vous ne parlez pas à la plupart des pays d'Asie. Bref, à un moment donné, la réelle politique veut que sur le plan géopolitique, la voie de la France doit pouvoir être une voie équilibrée qui s'adresse à tous.
Et au regard de la place que prend la Russie sur notre dépendance énergétique, permettez-moi de vous dire qu'aujourd'hui, on n'a pas de solution alternative viable pour pouvoir se passer des approvisionnements russes. C'est que ça, la réalité malheureuse aujourd'hui.
Je ne sais pas comment l'interpréter, mais encore récemment, ça c'est une citation de 2021, vous évoquiez le fait de vouloir absolument dîner avec le président Poutine. J'aurais bien dîné avec la dîner Poutine. Ça doit être un personnage extrêmement intéressant de ces gens qui ont connu le pouvoir pendant longtemps. Oui.
Je n'ai pas dit que je voulais passer mes vacances avec lui ou sortir au bon de nuit. Ça prend une résonance particulière et qu'il est normal de vous interroger là-dessus. Non, mais vous... Très bien.
Je trouve que c'est un tacticien géopolitique absolument phénoménal. Et de ce point de vue, je pense qu'un dîner avec Poutine, ça fait partie des choses à faire dans une vie.
D'ailleurs, le pauvre...
Je peux comprendre le dîner, mais voilà, la tactique.
J'avais aussi d'ailleurs répondu pour ce pauvre Mathieu Bocoté. Mathieu Bocoté à l'époque, dans la même phrase, parce qu'on m'a demandé à qui vous souhaiteriez dîner. J'assume totalement cette phrase. D'ailleurs, je ne vois pas en quoi elle est le signe d'une espèce de soumission ou d'ambiguïté. Mais Éric Zemmour et Éric Zemmour... Oui, c'est un tacticien géopolitique, mais ça ne veut pas dire que je suis d'accord avec sa tactique ou que je souhaite que la France soit alignée sur sa tactique.
Moi, ce qui est intéressant, ce que je voulais dire à travers cette phrase, et je l'assume, je n'ai pas de problème, c'est que c'est un homme qui exerce le pouvoir depuis longtemps et qui a une pratique du pouvoir. Je pense que oui, passer un dîner, ça ne doit pas être inintéressant. Il faut être capable de remettre les propos dans leur contexte il y a quelques années sans que ça se transforme immédiatement en procès de soumission et d'attention. C'est pour ça que nous vous posons ces questions.
Mais vous avez raison, et ça me permet de clarifier, alors je le dis clairement maintenant, il n'y a pas de ma part une quelque volonté d'aligner la France sur les intérêts russes, pas plus qu'envers d'autres puissances, que les choses soient dites et entendues. Une fois de plus, ce n'est pas parce qu'on essaye, comment dire, de défendre l'idée d'un monde multipolaire qu'on est nécessairement le lobbyiste d'intérêts étrangers. C'est un procès ridicule.
On vous voit lors de vos voyages en Russie, et Benjamin a une question à vous poser.
Mais juste pour être très clair, Vladimir Poutine n'est pas un dictateur, c'est ce que vous dites. Vous refusez d'accoler le mot dictateur à côté de Vladimir Poutine.
Je n'ai pas dit ça, mais si vous voulez, je peux vous dire que c'est un dictateur, parce que je vous dis que c'est un régime autoritaire, je ne peux pas vous dire mieux.
Autoritaire, mais ce n'est pas une dictature.
Une dictature, pour moi, c'est un régime totalitaire. Et la Russie n'est pas un régime totalitaire. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'en Russie, les libertés ne sont pas toutes respectées comme elles devraient l'être. Si vous voulez absolument avoir votre phrase... Non, mais c'est une question. Non, mais donc je vous réponds.
C'est une question parce que le Rassemblement National a évolué. Désormais, Jordan Bardella, par exemple, dit « oui, c'est un dictateur ». Éric Zemmour, lui, refuse de dire que Vladimir Poutine est un dictateur. Donc vous voyez bien que le débat politique...
Parce qu'après, c'est le terme d'une qualification, si vous voulez, politique. Donc voilà, après, ce qui est marrant, c'est qu'on ne se pose jamais ce genre de questions à l'égard de la Chine. Je veux dire la Chine, aujourd'hui, qui porte aussi des atteintes très très graves aux libertés fondamentales, et ce n'est pas mieux, qui est reçu au Forum économique de Davos, du Monde, avec les honneurs, qui a même d'ailleurs une UDT du Forum économique en Chine qui est reçue. C'est marrant, je n'ai pas entendu qu'on impose ce genre de propos. Voilà, c'est juste ça qui m'interpelle.
Éric Zemmour a choqué la semaine dernière en expliquant qu'il était opposé à l'accueil en France des réfugiés ukrainiens. Il est ensuite revenu dessus en expliquant dimanche à Toulon que ceux qui le souhaitaient pourraient venir si les maires étaient d'accord. Mais pour autant, ce matin, écoutez ce qu'il disait sur BFM TV. Ce que je ne veux pas, c'est qu'il y ait un tsunami fondé sur l'émotion comme il y a eu pour le petit Elan. Et on a eu un million, voire plus, d'immigrés syriens qui étaient en plus, avec d'innombrables algériens, marocains, africains qui se...
Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire en fait, il y a les carrément franco, il y a une immigration blanche chrétienne, vous dites ok, une immigration arabe musulmane, vous dites non.
Absolument. Est-ce que ces déclarations, au fond, même s'il est revenu un petit peu dessus, ne donnent pas l'image d'un leader politique brutal, une forme d'inhumanité, qui passe à côté de l'émotion sincère des Français, qui effectivement sont très largement en faveur de l'accueil des réfugiés ukrainiens en France ?
D'ailleurs, je pense qu'il a bien fait clarifier, et c'est heureux, moi je crois que... Ça reste sous condition. Non, mais moi je crois que le mérite qu'a Éric Zemmour, et c'est ce qui fait, entre guillemets, le charme de son tempérament, si je puis dire, c'est que c'est un homme qui refuse d'utiliser le malheur des Ukrainiens comme un enjeu électoral ou un enjeu d'image. Voilà, il refuse de capitaliser là-dessus pour valoriser son image, dans la course à l'émotion, pour gagner des points à peu de frais, en faisant des grandes déclarations humanitaires, qui ne coûtent pas grand-chose, si je puis dire, aujourd'hui dans le débat.
Vous n'êtes pas favorable, vous êtes favorable ou pas, à l'accueil des réfugiés ukrainiens en France ?
Moi je suis totalement en phase avec ce qu'il défend, et que je trouve nuancé, mesuré, c'est-à-dire le principe, c'est de dire aujourd'hui, l'immense majorité des Ukrainiens, et tous les reportages, y compris les vôtres, le montrent, souhaitent, et les femmes et les enfants, puisque c'est ce dont on parle, dans ces réfugiés de guerre, puisque les hommes restent pour combattre, ce qui est tout à leur honneur, expliquent qu'ils souhaitent rester dans des pays limitrophes, notamment la Pologne, pour pouvoir rester près des familles et rentrer immédiatement.
Donc si on veut, non pas se faire plaisir, si je puis dire, mais aider les Ukrainiens en fonction de leurs souhaits, la première chose à faire, et Éric Zemmour l'a dit très clairement, c'est d'envoyer une aide humanitaire, médicale et financière à ces pays, et notamment la Pologne, et de lever les sanctions financières de l'Union Européenne pour qu'ils puissent les accueillir dans des bonnes conditions.
Et j'en conclue là, si évidemment derrière, et il l'a précisé et c'est heureux, des Ukrainiens, pour x ou y raisons, ont envie de venir en France parce qu'ils ont des attaches et de la famille, évidemment qu'il n'y a aucun problème pour leur accorder un statut particulier afin qu'ils puissent venir temporairement sur le territoire, le temps que cette guerre prenne fin.
Marion Maréchal, on parle d'un peuple qui aspire à la liberté, qui se tourne vers nous, c'est pas beaucoup plus compliqué que ça, sans forcément rentrer dans des analyses géopolitiques sur la responsabilité des uns et des autres, à moins que vous déniez cette liberté aux Ukrainiens. Et que vous pensez qu'ils méritent ce qui leur tombe dessus.
Ah non, mais moi j'ai jamais dit... Non mais attendez, excusez-moi, déjà il y a une différence entre l'attitude des gouvernements et des peuples, j'ai jamais dit que les Ukrainiens méritaient ce qui leur arrivait, jamais de la vie.
Oui, mais il y a des conséquences à la décision. Pardonnez-moi, il y a des conséquences au fait...
Non, non, non, écoutez, oui, mais bon...
Vous venez de nous dire, en gros, on ne doit pas les accueillir.
Ah non, c'est pas du tout ce que j'ai dit. Ah non, pas du tout, c'est pas ce que j'ai dit. Ce que j'ai dit, c'est qu'aujourd'hui, l'immense majorité des Ukrainiens souhaitaient rester dans les pays limitrophes. C'est pas une déclaration dans l'absolu que je fais, c'est le résultat de tous les témoignages, de tous les reportages, y compris de votre propre chaîne, qui vont sur place et qui recueillent le souhait de ces Ukrainiens.
Donc maintenant, ce que je réponds et ce qu'a dit Eric Zemmour, me semble-t-il, c'est, puisque ces Ukrainiens, dans l'immense majorité, veulent cela, et dont on l'est à pouvoir être accueillis dans de bonnes conditions, là où ils souhaitent être accueillis, aidés en cela d'ailleurs par la générosité des Français qui se sont spontanément manifestés, il n'y a pas de difficulté. Et je crois par ailleurs...
On voit des images des Ukrainiens arrivant à Metz.
Et je crois par ailleurs, et ça me paraît tout à fait logique, qu'il est de la responsabilité des pays européens d'accueillir les réfugiés européens, de la même manière qu'il devrait être de la responsabilité des pays africains d'accueillir les réfugiés africains, et dans le même système de raisonnement que les pays du Moyen-Orient accueillent les réfugiés des pays du Moyen-Orient lorsque c'est le cas. Or, malheureusement, ce n'est pas la discipline spontanée qui se fait en cas de guerre.
Vous avez donc officialisé votre ralliement ce week-end à Toulon, une grande messe bien orchestrée. Si vous rejoignez aujourd'hui Éric Zemmour, Marion Maréchal, c'est parce que Marine Le Pen ne peut pas gagner ? C'est votre analyse de fond ?
Alors si je rejoins Éric Zemmour, il y a plusieurs raisons à cela. Ça a été l'objet d'une longue réflexion, une décision qui n'a pas été facile, je dois vous l'avouer pour différentes raisons. Ce que je crois aujourd'hui, c'est qu'Éric Zemmour a de nombreuses cartes en main, que Marine Le Pen, entre autres choses, n'a pas, qui sont des cartes en main politiques, bien évidemment, parce qu'aujourd'hui, c'est un choix de conviction que je fais. Je crois qu'il a une cohérence et une ligne qui est la bonne.
Je crois qu'il a une attitude et une volonté de rassemblement et d'union des droites, qui est un chemin, évidemment, pas une fin en soi, qui me semble être une bonne manière d'aborder un potentiel succès électoral. Il a cette capacité à très largement affaiblir le cordon sanitaire.
Et j'en veux pour preuve le fait qu'un certain nombre d'élus LR de premier plan, je pense notamment à Éric Ciotti, je pense à François-Xavier Bellamy, je pense à des sénateurs tout à fait respectables comme Étienne Blanc, qui expliquent qu'en cas de deuxième tour, Macron, Éric Zemmour, ils voteront Éric Zemmour, et que ça, c'est une avancée politique et symbolique majeure, que malheureusement, jusqu'alors, le Rassemblement National n'avait pas réussi à obtenir.
Marie-Marie Chal, ce qui a quand même interpellé, c'est que vous disiez en novembre 2021 que la meilleure idée pour vous, c'était qu'au final, le camp national se rallie derrière le ou la mieux placée. Or, aujourd'hui, dans les sondages, encore un tout à l'heure, un sondage IFOP pour Paris Match, mais Marine Le Pen, de mémoire, à 18,5, Éric Zemmour à 12,5. Aujourd'hui, la personne la mieux placée pour faire gagner vos idées, c'est Marine Le Pen. Pourquoi est-ce que vous vous ralliez à celui qui, aujourd'hui, est le moins bien placé, et qui est six points derrière, et qui risque même, c'est l'analyse qu'en fait Marine Le Pen, de faire perdre vos idées et de faire perdre ce camp national ?
Est-ce qu'il n'y a pas une contradiction ?
Déjà, je vous remercie de rappeler l'exactitude de mes propos, parce qu'en effet, je n'ai pas dit à l'époque que je soutiendrai le mieux placé comme ça, j'ai dit que je suis pour une candidature unique derrière le mieux placé. Ce que j'assume totalement, je souhaitais qu'il y ait une candidature unique. Pour différentes raisons, il n'y en a pas eu, on ne va pas repasser les plats. Et donc, aujourd'hui, un choix s'impose. Et ce dont je suis convaincue, c'est qu'en réalité, les sondages... Alors évidemment, vous prenez celui où il y a l'écart le plus significatif. Non, mais il y a celui-là, il y en a d'autres. En réalité, Marine Le Pen est assez largement devant. Et vous avez raison.
C'est celui du jour. Non, mais c'est celui du jour, tout à fait. Et même du soir. Mais admettez quand même que depuis quelques semaines, on voit bien qu'il y a moins un, moins deux, égalité, ça repasse devant, ça repasse derrière. Mais ce qui est vrai, vous avez raison, ce sondage, je ne nie rien du tout. Mais je ne crois pas qu'il faille arrêter la politique à une photographie de chiffres. Et vous le savez mieux que moi, Nicolas Sarkozy, en 2012 notamment, était donné un score bien en deçà de ce qu'il a obtenu lorsqu'il était au second tour. Et on aurait moult exemples qui montrent la limite de cet exercice.
C'est pour ça qu'une fois de plus, la politique, ce n'est pas juste une photographie à l'instant T. Moi, ce que je vois, c'est une accumulation, si vous voulez, d'éléments qui aujourd'hui me donnent la conviction que ce sera Éric qui sera au second tour en dépit des apparences.
Et ça explique que d'une façon ou d'une autre, pardonnez-moi de le dire brutalement, mais vous ayez trahi votre tante.
Alors pourquoi une trahison ? C'est intéressant parce que, vous savez, moi j'ai quitté la vie politique en 2017. Lorsque je suis partie, je ne me suis pas représentée à la députation. J'ai démissionné de mon mandat de conseiller régional qui aurait pu courir jusqu'en 2021. Je ne suis plus adhérente du mouvement depuis des années, je ne m'en suis pas cachée. Je disais même dès 2021 que je ne souhaitais pas réintégrer le Rassemblement national. Donc à moins de considérer parce que, on va dire, j'ai un lien avec la famille de Jean-Marie Le Pen, que j'aurais une, comment dire, une...
Pardonnez-moi, j'ai un lien avec la famille de Jean-Marie Le Pen ? Vous parlez de ça en ces termes ?
Que j'ai un lien familial, oui, je ne sais pas quel est le... Oui, que j'ai un lien familial, oui. Vous pouvez mettre une connotation négative, ce n'est pas négatif dans ma bouche. Ce que j'appartiens à la famille, si vous préférez, ce que j'appartiens à la famille de Jean-Marie Le Pen, j'aurais une obligation de fidélité quasi génétique au mouvement. Enfin, pardon, mais moi, je veux dire, un parti politique, ce n'est pas une rente ou une fin en soi.
Je veux dire, c'est un moyen. On va peut-être écouter ce que vous disiez, en l'occurrence, en novembre 2018, sur précisément, votre souhait de ne pas aller contre quelqu'un de votre famille, et en l'occurrence, votre tante. Écoutez.
Je ne rentrerai jamais dans le jeu d'un conflit avec Marine Le Pen. Je le dis d'autant plus sereinement que moi, j'ai vu la politique atomiser ma famille à toutes les générations. Donc, que ce soit d'un point de vue politique, où je trouverais ça totalement détestable, eu égard à la situation des Français, mais aussi d'un point de vue personnel, je n'aurais aucune envie de vivre cela et d'imposer cela dans le débat français. Je trouverais ça assez pathétique. Donc, il est évident que je ne me retrouverais jamais dans cette situation.
Qu'est-ce qui s'est passé entre novembre 2018 et mars 2022 ?
Ce qui est sûr, c'est que, et d'ailleurs, ça je l'ai dit à plusieurs reprises, je n'aurais jamais été candidate face à Marine Le Pen. Et croyez-moi, beaucoup m'ont poussé à le faire de multiples reprises, notamment après la défaite de 2017. Donc ça, c'est certain que c'est une situation dans laquelle je ne me serais jamais retrouvée. Mais là, vous êtes de fait une concurrente adversaire. Non, je ne crois pas être une concurrente, mais en tout cas, je vais vous répondre. Moi, je suis partie en 2017 justement parce que je voulais éviter en partie aussi un conflit politique. Vous n'êtes pas sans savoir que j'avais des divergences idéologiques importantes avec Marine Le Pen.
Je précise au passage d'ailleurs, et avec le recul, je le comprends et c'est légitime, Marine Le Pen a imposé sa ligne et sa stratégie contre le courant auquel j'appartenais, y compris de façon parfois très dure, sans qu'elle ne tienne compte. D'ailleurs, à l'époque de notre relation familiale...
Vous l'avez prévenue que vous alliez rejoindre les règlements ?
Je vous réponds juste là-dessus. De la même manière, elle a eu cette même attitude à l'égard de Jean-Marie Le Pen. Elle a fait passer ses convictions et ce qu'elle croyait juste avant ses relations familiales. Je ne dis pas lien parce que ça vous choque.
Donc enfin, vous êtes en train de vous dire que les trahisons et les divisions, c'est une malédiction familiale chez les Le Pen.
Non, non, non, non. Et donc du coup, à partir de là, ça me paraît légitime. Et moi, je suis dans la même démarche aujourd'hui. Et c'est vrai qu'entre-temps, si vous voulez, la situation de la France se dégrade à une telle vitesse que je ne me voyais pas rester en observatrice. Et une fois de plus, je crois... Marion Maréchal. Je crois que les idées que je retrouve chez Éric Zemmour et que je défends depuis très longtemps, aujourd'hui, peuvent arriver aux affaires à travers cette candidature. Donc je ne pouvais pas passer à côté de cette opportunité historique pour notre mouvement.
Que lui dites-vous ce soir ? Et est-ce que vous ne venez pas de prendre peut-être la décision politique et affective aussi, la plus difficile de votre vie ?
Ça a été peut-être, oui, la décision la plus difficile de ma vie. Vous avez raison. Alors c'est vrai que je... Moi, je fais le choix de ne pas aller sur le terrain personnel et familial, parce que je pense que ça me regarde, ça regarde ma famille, et ça n'est pas le sujet aujourd'hui. Certains aimeraient déporter ce choix sur cette question-là, ce qui éviterait peut-être d'avoir à parler du fond, de la ligne ou du bilan ou des échecs passés. Mais je crois que ça n'est pas la bonne manière d'aborder les choses. Une fois de plus, ça, c'est personnel et ça me regarde. Ça ne veut pas dire que c'est facile. Mais aujourd'hui, une fois de plus, le sujet, il est politique.
Voilà, il est politique et il est un choix vis-à-vis de la France et des Français, surtout. On va écouter Marine Le Pen, si vous le voulez.
Personnellement, ça vous blesse ? Ça vous fait mal ? Non, là, là, je suis de manière familiale. Vous le savez bien que ça me blesse. Vous le savez bien. C'est fait pour ça, d'ailleurs. C'est pas un sujet personnel. Peut-être que juste le fond, c'est ça. Peut-être que juste le fond, c'est ça. Vous savez, parfois, on cherche des grandes explications politiques. Et puis, parfois, c'est uniquement des choses qui relèvent de l'affectif.
Mais les liens sont rompus ou est-ce que vous avez quand même toujours un contact ?
Non, les liens sont rompus de son fait.
Oui, je ne veux pas vous dire que c'est agréable à regarder. Mais admettez quand même qu'à 32 ans, vu l'importance et la gravité de ce choix et les conséquences qu'il a, vous avez raison de le rappeler, à la fois sur le personnel et sur le plan politique, que ma motivation ne soit pas uniquement d'embêter Tata. Excusez-moi, mais vous vous doutez bien que c'est quand même au-delà de ça. C'est ce qui semble ressortir de cette déclaration. Très sincèrement, on est au-delà de ce sujet. Mais une fois de plus, je ne rentrerai pas dans le personnel parce que je pense que ce n'est pas la bonne manière d'aborder les choses.
Et je ne crois pas que ce soit ce que les Français attendent dans cette histoire.
Une petite question simple. Si jamais au second tour, Emmanuel Macron se retrouvait face à Marine Le Pen, pour qui est-ce que vous voteriez ?
Ah bah, sans aucune hésitation pour Marine Le Pen. Ça, je veux dire, je l'ai dit et redit, je n'ai pas de difficulté.
Parce qu'Éric Zemmour, quand on lui pose la question, ne répond pas.
Ah, je ne crois pas. Je pense que lui, d'ailleurs, il a déjà été amené à répondre. Mais surtout, ce qui est normal, et d'ailleurs Marine Le Pen est dans le même exercice, chacun se projette dans ce second tour et ne veut pas donner le sentiment qu'il n'y croirait pas. Mais en tout cas, ce que je suis sûr, c'est que l'adversaire, c'est Emmanuel Macron. C'est absolument évident.
D'ailleurs, je vais vous dire franchement, c'est pour ça que je trouve que c'est moralement et politiquement un peu dangereux de voir la tournure des postures, notamment de Marine Le Pen vis-à-vis d'Éric Zemmour, parce que je crois qu'à terme, l'idée, ce sera de devoir se rassembler, notamment dans la construction d'une future majorité présidentielle aux législatives.
Donc quand j'entends des membres du Rassemblement National dire « Éric Zemmour, c'est un programme de guerre civile, de brutalité », j'ai l'impression de retrouver les arguments utilisés par la gauche qui a été utilisés contre le camp national pendant des années et qui a fait qu'on a été à ce point marginalisés et diabolisés pendant des années. Donc je trouve qu'il faut faire attention à cela.
Parce qu'il faudra se retrouver.
Parce qu'il faudra se retrouver et surtout parce que c'est une aberration politique que de dire cela. C'est exactement les propos qu'elle tient, sont exactement ceux qu'on tenait face à elle il y a encore quelques temps.
Toutes les enquêtes montrent qu'Éric Zemmour a une très mauvaise image au sein de l'électorat féminin. Est-ce que vous acceptez de dire que vous pouvez être aussi une caution féminine d'un candidat qui accumule les provocations sur la place des femmes dans la société ? Est-ce que vous en avez conscience en le soutenant et en le ralliant ?
Non, je ne suis pas une caution, je ne suis pas une bouée de sauvetage comme j'ai entendu le dire. Je ne me suis pas vendue que pour un plat de lentilles et pour de l'argent parce que j'arrive bénévolement dans cette campagne. Je n'ai pas négocié de place. Je réfute totalement tous ces termes. Je suis une femme de fait. Je soutiens Éric Zemmour. Moi, je le connais depuis longtemps, vous savez Éric Zemmour, depuis quelques années. Je n'ai jamais eu à souffrir en tant que femme, même quand j'étais jeune femme, d'un comportement qu'on lui prêterait aujourd'hui. Je n'avais vu ça, je n'ai jamais été témoin de cela. Bien au contraire même.
Et surtout, je vois à travers l'homme politique rien qui ne justifie le procès en misogynie qu'on lui prête aujourd'hui dans les propositions qui sont faites de sa part. Voilà, c'est ce qui m'intéresse.
Hier soir, Éric Zemmour, je vais vous citer une phrase qu'il a dite sur un plateau télé. Quand il y a un excès de valeur féminine, il y a une faiblesse de la société. Est-ce que ce genre de phrase, vous pourriez les prononcer ?
Non, tout simplement pour une raison simple. Je vais vous dire franchement, en fait... Ça me choque ? Non, parce que je comprends le raisonnement qu'il a voulu dire derrière. Moi, ce qui me choque, c'est de faire mousser ça. Je vais vous dire pourquoi. Moi, je rejoins aujourd'hui un candidat qui est un candidat particulier. C'est le moins qu'on puisse dire. C'est-à-dire que ça n'est pas un homme politique qui est rentré de manière classique et qui a répété ses éléments de langage pendant des années. Éric Zemmour, c'est un homme qui, pendant des années, presque 30 ans, a été intellectuel, essayiste. Il a écrit ses livres, ce qui n'est pas le cas de la plupart des hommes politiques.
C'est un homme qui a été journaliste et qui a plu également aux Français et faisait de l'audience à l'époque parce qu'il était capable de mettre des sujets explosifs sur la table, parce qu'il n'avait pas peur du politiquement correct, parce qu'il aimait provoquer, disons-le, franchement... Mais est-ce que ce n'est pas précisément aujourd'hui
ce qui lui pose un problème quand on voit l'électorat féminin ?
Je vais aller au bout, qui n'hésitait pas à bousculer en disant ce qu'il pensait, en posant des analyses, parce qu'il aime le débat. C'est son caractère, il aime ça. Il aime le débat, il aime la confrontation. Et donc aujourd'hui, on a un homme qui, en quelques semaines et en quelques mois, a fait une mue spectaculaire et aujourd'hui se positionne un homme politique avec un programme. Si vous voulez qu'on trouve sur 30 ans des propos sur lesquels faire polémique, vous en trouverez un dernier. Non, mais là, c'était hier soir. Là, c'était hier soir. Mais oui, mais il reprend simplement les propos qu'il avait développés dans des analyses passées.
Il pourrait dire maintenant, je suis un politique, je ne parle plus de ça. La réalité, c'est qu'il reste, pour le coup, droit dans ses votes.
Ce serait ridicule. Je veux dire, il a posé des analyses. Moi, je trouve plutôt intéressant qu'il continue de les défendre et d'accepter d'aller sur ce terrain-là. Mais c'est vrai que c'est compliqué politiquement à gérer parce qu'on n'a pas l'habitude d'avoir sur le terrain politique ce terrain de l'intellectuel et du combat des idées. Et donc le mix des deux fait qu'évidemment, il est parfois obligé de se justifier sur des analyses d'il y a 10 ans.
Vous l'avez évoqué il y a quelques instants. Il aura finalement opéré, en tout cas en ce moment, il opère la jonction entre la droite nationale et la droite qui a dirigé le pays. Eric Ciotti, vous l'avez cité. D'autres peuvent vous rallier demain. Est-ce que ça n'est pas ce que vous êtes tout simplement venu chercher ? Car comme vous le pensez, et lui aussi, Marine Le Pen ne peut pas gagner. Pour dire les choses plus simplement, est-ce que vous n'êtes pas là pour récupérer le chantier Zemmour après les élections législatives ?
Donc ce serait un pari sacrément risqué si on vous écoute puisque tout le monde me dit que personne ne comprend pourquoi je suis là à eu égard au sondage. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que vous avez raison de le rappeler. Eric Zemmour est en train d'opérer là avec succès. Ce pourquoi moi, je me bats depuis très longtemps et ce pourquoi je me battais déjà au sein du Rassemblement national. C'est-à-dire cette idée d'alliance des droites, une fois de plus, pas comme une fin en soi, mais comme un chemin et un moyen. Déjà à l'époque, je plaidais pour qu'il y ait des listes...
Vous êtes un peu plus direct.
Ah non, je ne suis pas là pour lui voler son bébé. Ce n'est pas du tout mon intention. Moi, je viens en allié dans cet écosystème de rassemblement qu'il met en place en important le parcours qui est le mien, les idées qui sont les miennes aussi. Je ne suis pas là demain pour réciter des éléments de langage et devenir un petit perroquet de parti politique. Ça ne m'intéresse pas du tout.
D'autres transfuges, par exemple Nicolas Baig, Guillaume Pelletier, sont immédiatement devenus vice-présidents, porte-parole. Vous, vous arrivez en disant « Moi, je suis allié, mais je ne vais pas reconquête. » Peut-être d'ailleurs dans le cadre d'une sorte de micro-parti que vous pourriez créer. Ça peut donner l'impression que vous y allez progressivement mais que vous ne préférez pas mettre vos oeufs dans le même panier.
Alors déjà, plusieurs choses. La première, c'est que lorsque j'ai quitté la vie politique il y a cinq ans, c'est vrai, je considère que le Rassemblement national ne pouvait plus gagner parce qu'à de multiples reprises, j'ai fait l'expérience et le constat que de hauts scores ne garantissaient pas la victoire loin sans faux. Et j'avais le sentiment à chaque fois qu'on devenait presque malgré nous, parce qu'il n'y avait vraiment pas d'intention les idiots utiles du maintien du système.
Ça veut dire qu'ils étaient bien contents de nous avoir en face parce que mécaniquement avec les seconds tours la chose était verrouillée et le paysage politique ne bougeait jamais, la recomposition espérée n'arrivait jamais. Avec Éric Zemmour, j'ai le sentiment qu'enfin, il y a une porte qui s'ouvre. C'est le début, elle est entreouverte pour l'instant mais il y a cette opportunité et c'est pourquoi je me bats depuis longtemps et c'est pourquoi j'ai envie de tenter cette aventure. C'est ce qui m'intéresse.
En étant ensuite candidate aux législatives, on se demande parce que vous avez été la benjamine de l'Assemblée entre 2012 et 2017, ensuite vous avez arrêté en disant que la vie politique vous en étiez lassée en quelque sorte. Est-ce que là vous revenez durablement et si oui, est-ce que c'est pour être candidate aux législatives par exemple à Carpentras là où vous étiez élu auparavant ?
Et c'est la dernière question. Oui, je suis partie. Êtes-vous candidate aux législatives sur les listes Zemmour ?
Alors je ne sais pas pour l'instant vous répondre pour une raison très simple, c'est pas du tout de la langue de bois, mais je suis censée accoucher au moment du second tour des élections législatives donc je ne suis pas en mesure d'avoir la certitude de pouvoir mener ce combat électoral efficacement mais si j'en ai l'occasion et l'opportunité je souhaiterais pouvoir le faire.
Oui, après sincèrement je n'en suis pas là du tout Éric Zemmour non plus parce que de toute façon ces élections législatives ne peuvent se dessiner qu'en connaissant bien évidemment la configuration de ces élections présidentielles parce que derrière il va y avoir un souhait de rassemblement, d'alliance, on en parlait tout à l'heure avec d'autres mouvements, d'autres personnalités donc il faudra s'insérer dans ce dispositif-là.
Vous êtes de retour pour de bon dans la vie politique ?
En tout cas j'espère mais ça vous savez c'est les électeurs qui choisissent c'est jamais nous mais en tout cas j'espère pouvoir en effet contribuer maintenant durablement après 5 ans dans le privé et auprès de l'ICEP revenir durablement dans la vie politique.
Merci Mario Maréchal.
Merci à vous.
Marion Maréchal