L'inflation accélère, Macron sous pression #cdanslair Archives 2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 32 %Attaque 33 %Défensif 35 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteÉludée
Est-ce que le Président est en train de perdre le fil rouge de ce second mandat ?
- 1:30OuverteRéponse partielle
Ces six mois, si vous deviez les résumer en une formule, Neila Latrousse, qu'est-ce que vous diriez ?
- 4:54OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a de la lassitude ? Est-ce qu'il y a de la colère ?
- 14:28OuverteRéponse directe
Sur quoi Emmanuel Macron pourrait-il céder pour s'attirer les bonnes grâces des Républicains ?
- 17:29OuverteRéponse directe
Est-ce que l'opinion est à droite ?
- 28:37OuverteRéponse directe
Qui sort gagnant de cette dernière séquence ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:17PrésentateurChiffre
« 90 milliards par an, le vrai coût de la transition écologique. »
- 2:03Invité politiqueFait
« L'élection présidentielle, on voyait que ça commençait, l'économie commençait, il y avait quelques nuages, il y avait cette guerre qui venait d'éclater en Europe, mais les choses étaient encore assez positives. »
- 3:38Invité politiqueFait
« Et là, on se retrouve au pied d'une récession, dans une guerre qui n'en finit pas, qui ne va pas finir, et des crises qui s'accumulent, qui s'accumulent, qui s'accumulent. »
- 5:04PrésentateurChiffre
« 58% qui pensent qu'Emmanuel Macron n'a pas de projet de vision pour le pays. »
- 7:06InvitéFait
« Faute de majorité, la première ministre a dû activer pour la troisième fois en une semaine. J'engage la responsabilité de mon gouvernement sur la quatrième partie et sur l'ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale. »
- 11:08PrésentateurFait
« Emmanuel Macron aimerait pour... Ce soir, le président leur a clairement tendu la main. »
- 12:33InvitéFait
« Ce qui me met en colère, c'est le cynisme et c'est le désordre. »
- 13:43InvitéFait
« Quand il a été question de refuser l'augmentation du SMIC à 1 500, à l'époque c'était 1 500, maintenant c'est 1 600 euros, voie du Front National pour empêcher cette augmentation. »
- 16:51PrésentateurFait
« On a raté notre barre en 2020. »
- 16:54PrésentateurFait
« Emmanuel Macron va se rendre à la COP 27 le 7 novembre. »
- 33:09PrésentateurChiffre
« L'enveloppe ne doit pas dépasser 12 milliards d'euros. »
- 34:40PrésentateurPromesse
« Des dividendes redistribués aux salariés, une promesse de campagne d'Emmanuel Macron. »
- 37:27PrésentateurChiffre
« L'État a mis 12 milliards sur la table, 10 milliards pour les entreprises et 2 milliards pour les collectivités. »
- 39:33Invité politiqueChiffre
« On est à 115 de dette publique. »
- 45:32InvitéChiffre
« Chaque mois 200 euros rien que pour le carburant. »
- 46:03InvitéChiffre
« Elle gagne 1500 euros pour un temps plein. »
- 46:45InvitéChiffre
« Un chèque énergie de 100 euros dans sa boîte aux lettres. »
- 47:21InvitéChiffre
« Les auxiliaires de vie réclament une revalorisation salariale de 8 euros de l'heure. »
- 47:24InvitéChiffre
« 25 000 postes sont toujours vacants. »
Temps de parole
- Présentateur70 %
- Emmanuel Macron15 %
- Invité4 %
- Invité 23 %
- ?3 %
- Invité 32 %
≈ 15,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir, soyez les bienvenus dans C'est dans l'air. Cela fait six mois depuis cette semaine qu'Emmanuel Macron a été réélu président de la République. Et en cet automne 2022, les choses se compliquent. Les blocages se multiplient à l'Assemblée, l'économie ralentit, l'inflation grimpe. Elle est au plus haut depuis 37 ans. La guerre en Ukraine continue et le dérèglement climatique nous fait vivre un été à la Toussaint. A gérer cette succession d'urgence. Est-ce que le Président est en train de perdre le fil rouge de ce second mandat ? Devant Caroline Roux, mercredi, on a vu l'homme du « en même temps tendre la main à la droite
».
Et lui qui avait promis le dialogue avec les oppositions a eu des mots très durs à l'égard de la NUP et du Rassemblement national. L'inflation accélère, Macron sous pression, inflation de crise pourrait-on dire. C'est le titre de notre émission ce soir. J'attends vos questions, SMS, Internet, réseaux sociaux. Quatre invités pour y répondre. Yves Tréhard, éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Votre édito cette semaine, c'était mercredi, avait pour titre « Drôle d'atmosphère ». Neila Latrousse, vous êtes chef adjointe du service politique de France Info. Gaëlle Mack, directrice déléguée de la rédaction de Challenges.
À la une de Challenges cette semaine, il y a ce chiffre. 90 milliards par an, le vrai coût de la transition écologique. Et Bernard Sananès, politologue, président du cabinet d'études de conseil et institut de sondage Elab. « Vous arrivez nanti d'un sondage très instructif sur les six mois écoulés. Ces six mois, si vous deviez les résumer en une formule, Neila Latrousse, qu'est-ce que vous diriez
? » En
une formule ?
Moment de réflexion. Alors,
ce
n
'est pas en un mot, donc déjà c'est plus facile. En une formule, pour l'instant, c'est six mois où on peine à voir pourquoi le président souhaitait un deuxième mandat. Oui. Pourquoi cela
?
Parce que les grands thèmes qui ont été posés, notamment au soir du second tour au pied de la Tour Eiffel, dans son discours de la victoire, qui était en gros l'éducation, la santé, et je ne me souviens plus du troisième thème, n'ont pas donné lieu non plus à une accélération de réformes. L
'écologie.
Et l'écologie n'ont pas donné lieu à une accélération ou à un déploiement de projets dès le début du quinquennat. Sur la santé, on y reviendra. On a le sentiment, semaine après semaine, que les soignants, les paramédicaux font état d'une crise qui s'aggrave. Sur l'éducation, globalement, la rentrée se fait sur ces signalements à la laïcité dans les écoles et pas vraiment sur le projet du président de la République, à savoir d'écrire ou d'installer l'école de demain. Et sur l'écologie, il
y a
une succession d'annonces, effectivement, un plan de sobriété en juin, depuis une loi sur les énergies renouvelables,
un discours
du président entre temps. Mais effectivement, un CNR, un Conseil national de la refondation, qui est censé aussi permettre d'enclencher tout un tas de grands projets. Mais pour l'instant, on voit beaucoup d'annonces, mais on peine à voir très concrètement la France verte de demain, la nation verte, pour reprendre l'expression d'Elisabeth Borne, à quoi elle ressemblera concrètement. Et vous dites, Yves Tréard, il fait du pointinisme,
Emmanuel Macron.
Je
pense que le grand mot, enfin le grand mot,
c
'est un peu prétentieux, le mot pour moi, c'est incertitude. Incertitude, il est dans une phase d'incertitude. Pourquoi ? D'abord parce que la réalité d'aujourd'hui n'est absolument pas la réalité dans laquelle il a gagné l'élection présidentielle. L'élection présidentielle, on voyait que ça commençait, l'économie commençait, il y avait quelques nuages, il y avait cette guerre qui venait d'éclater en Europe, mais les choses étaient encore assez positives, et le vocabulaire qui était utilisé d'ailleurs était assez positif de la part du président de la République. Et là, on se retrouve au pied d'une récession,
dans
une guerre qui n'en finit pas, qui ne
va
pas finir, et des crises qui s'accumulent, qui s'accumulent, qui s'accumulent. Et donc, le président de la République, il a ce contexte-là. Et il a une deuxième chose, c'est qu
'il
ne sait absolument pas comment prendre la société française. Cette société, il a été payé pendant cinq ans pour le voir, elle est éruptive. Elle est éruptive, la moindre chose, eh bien, la fait partir en grève, la fait partir dans les rues, et il sait que c'est très compliqué pour la dompter. Ça, c'est la deuxième chose. La troisième chose, c'est qu'il n'a pas une majorité avec lui. Et ça, c'est très important. Il a une majorité relative. Et cette majorité relative, elle est aussi dissipée. On le voit, on va en parler d'ailleurs. Elle n'est pas uniforme, elle est protéiforme, elle n'est pas complètement derrière les quelques idées qu'il a. Donc, il n'a pas de cap.
Pour dire la vérité, il n'a pas de cap. Il a une chance, une chance,
c
'est qu'il n'a pas une opposition unie. Il a une opposition protéiforme aussi, elle, qui pour le moment ne joue pas groupée. Et c'est là le sujet. Pas de cap, c'est ce que semblent penser aussi les personnes que vous avez
interrogées, Bernard. Oui, tout à fait. On a près de 6 Français sur 10 interrogés entièrement après l'émission, mais encore une fois, pas seulement des téléspectateurs, mais un échantillon représentatif de 1 000 Français. 58% qui pensent qu'Emmanuel Macron n'a pas de projet de vision pour le pays. Et ce qui est intéressant, c'est de voir qu'au début du quinquennat précédent, quelques mois plus tard, un peu plus tard, on était un an après, et
après, les
chiffres étaient inversés. Donc ça veut dire qu'il y a 15 points d'écart entre aujourd'hui et le début du quinquennat. Parce que, j'allais dire,
qu
'à
l
'époque, on soit fan d'Emmanuel Macron ou pas, même ses opposants lui reconnaissaient un cap. Ils le critiquaient, mais ils disaient, voilà, il a un projet, ce n'est pas de nôtre, on le combat. Et dans l'électorat, on voyait ça. Des gens qui nous disaient, non, on n'est pas pour Macron, mais on sait ce qu'il veut faire. Là, effectivement, je rejoins Yves sur ce point-là, cette absence de cap, on cherche un peu la marque de fabrique, finalement, de ce quinquennat. Quand Emmanuel Macron a été élu, il a été élu sur une promesse, comme on dit en communication, en marketing politique, qui était le président réformateur, transformateur.
Puis, pendant la crise Covid, il a essayé, a-t-il réussi ou pas, c'est un autre débat, d'être le président protecteur. Aujourd'hui, on ne sait pas très bien ce qu'il est. Et cette marque de fabrique de ce second quinquennat est difficile à lire pour les observateurs. mais aussi, je crois vraiment, pour les Français. Avant d'interroger Gaël Mack, un trait de caractère positif lui reste reconnu, c'est celui du dynamisme. Tout à fait. Effectivement, il a quelques reculs sur son image personnelle, sur des traits, par exemple, la représentation de la France à l'étranger. Et il a une grande faiblesse, c'est maintenant sur la capacité à rassembler. Il
y
a un Français sur cinq seulement qui considère qu'il peut rassembler. Mais sur le dynamisme, effectivement, une petite évolution aussi positive sur la capacité à faire bouger les choses, peut-être un impact de l'émission. Mais on voit bien que son image s'est légèrement dégradée. L'émission de mercredi sur France 2 avec Caroline Roux. Je voulais souligner le dynamisme parce que parallèlement, il y a un procès quasiment au chiracisme qui est fait, Gaël Mack, au président de la République. Oui, il y a une certaine accusation d'un arrivé, un peu comme le mandat de Jacques Chirac, à l'immobilisme. Un certain immobilisme. C'est clair qu'il est entravé par cette majorité relative.
Après avoir raté son élection législative, finalement, en juin, il y avait deux possibilités. On voyait qu'il hésitait un peu entre ces deux possibilités qui étaient ou construire un peu des majorités par projet, tantôt avec des gens de droite, du centre un peu, des écologistes, des socialistes, ou alors, finalement, essayer de s'adjoindre la droite. Vraiment, les Républicains.
Maintenant, je pense que depuis que lundi, le Rassemblement national a voté la motion de censure de la NUP et que la NUP a avoué clairement ne pas s'en sentir tellement gêné et que mercredi, depuis son discours mercredi, où il n'a pas cessé de faire des appels du pied à droite républicaine, il a repris le vocabulaire de Nicolas Sarkozy, le mérite, le travail, l'ordre, il a relancé l'idée d'une alliance, ce terme d'alliance. Donc, maintenant, je pense qu'il
y
a une sorte de clarification et son sujet est plutôt, effectivement, d'essayer de co-gouverner en partie avec LR. Et ce sera le cas, notamment, pour la réforme emblématique des retraites. C'est là qu'on verra si ça ne fonctionne pas. Ce sera l'objet du prochain plateau, avant de voir le premier sujet de la rédaction de C'est dans l'air. Yves Tréard disait tout à l'heure, pays éruptif. Qu'est-ce que vous voyez, vous, dans ce sondage ? Est-ce qu'il y a de la lassitude ? Est-ce qu
'il
y
a
de la colère ? Est-ce qu'on a un pays prêt à descendre dans la rue, dans le contexte actuel ? Qu
'est-ce qui apparaît ?
Le premier mot, ce n
'était
pas cette semaine, mais il
y
a 15 jours, on a posé cette question, et ça n
'a
pas bougé, d'ailleurs, depuis plusieurs mois. Quand on demande au français, c'est quoi les émotions que vous ressentez en premier ? Le premier mot,
c'est
très intéressant, c'est la lassitude. Ensuite, c'est la nostalgie. Ensuite, c
'est
la colère. Et donc, pour l'instant, la lassitude... C'est ça, la drôle de l'atmosphère. Pour l'instant, la lassitude l'emporte encore, j'allais dire, sur la colère. Jusqu'à quand ? Ça, personne ne peut le dire. Et dans cette lassitude, il y a quelque part l'idée aussi d'une forme de résignation. Les Français savent qu'ils vivent et qu'ils vont vivre des moments difficiles. Puis, le président de
la
République leur a dit, au retour des vacances, c'est la fin de l'abondance, les temps vont être difficiles. Et c'est comme si, je prends cette image, c'est comme si vous savez qu'il y
a
une grosse vague qui va arriver devant vous, et vous vous dites, mais la vague va être tellement haute qu'on pourrait être engloutier. Et on voit bien que, notamment sur tout ce qui est, on y reparlera sans doute aussi tout à l'heure, anticipation économique, anticipation sur sa situation personnelle, il s'installe à nouveau dans le pays, je dis à nouveau parce que ça avait beaucoup diminué, s'installe à nouveau l'idée que le pays va mal, que la France va mal et que sa situation personnelle est menacée. Et en matière justement d'anticipation,
il
y a justement cette majorité relative que le chef de l'État n'avait pour le coup pas du tout anticipé. Et ceux qui lui ont parlé, là, à la rentrée de septembre,
qui
lui ont parlé cet été notamment, disaient qu'il avait mis trois mois quasiment à comprendre qu'en réalité, il n'avait plus les manettes. Et que c'est aussi un élément psychologique ou en tout cas de réflexion intéressante pour comprendre pourquoi justement, ce n'est qu'au bout de quatre mois, qu'en ce mois d'octobre, qu'il prend le temps de poser une pensée pour définir un cap. Et c'est ce qui donne aussi le sentiment de ce que je vous disais il
y a
quelques instants, c
'est
-à
-dire
qu'on n'a pas très bien compris entre sa réélection en mai et mercredi des mois.
Tout petit mot et je voudrais qu'on aille au sujet. Pardon, ajouter à ce que disait Bernard, c'est que je disais éruptif, effectivement, mais Tocqueville nous a bien enseigné que le pays explosait que dans les périodes fastes. Pas dans
la
nation. 68, on est le meilleur. Emmanuel
Macron,
on l'a déjà dit, se joue en partie à l'Assemblée nationale. Plus de majorité absolue derrière lui. Il tend la main à la droite, mais taxe le RN et la NUP de cynisme. À gauche, l'alliance socialiste-LFI-écologiste-communiste est un peu plus fragile depuis cette semaine. Barbara Stec avec Patioligno et Diane Cacciarella.
Les débunes de l'Assemblée nationale, les jours passent et se ressemblent pour Elisabeth Borne. Faute de majorité, la première ministre a dû activer pour la troisième fois en une semaine. J'engage la responsabilité de mon gouvernement sur la quatrième partie et sur l'ensemble du projet de loi de
financement de la sécurité sociale.
Mais
pour éviter d'autres passages en force, Emmanuel Macron aimerait pour...
Ce
soir, le président leur a clairement tendu la main.
Moi, je pense qu'avec ces parlementaires-là, qui aujourd'hui ne sont pas dans la majorité, le gouvernement et la majorité à l'Assemblée ont intérêt à travailler, à engager pour passer la réforme sur le travail, la réforme de
l
'immigration que nous allons faire, la réforme sur les énergies renouvelables et le nucléaire. Et oui, je souhaite qu'il y ait une alliance.
Une proposition soufflée le week-end dernier par un ancien président. Nicolas Sarkozy plaide lui aussi pour un accord politique entre la droite et la majorité.
Mais à
l'Assemblée, si les Républicains n'ont pas voté cette semaine les différentes motions de censure, pas question pour autant de pactiser.
On
ne vote pas béatement les mesures du gouvernement, mais
on
n'est pas là pour bloquer les pays comme voudraient le faire les collègues de la France Insoumise ou du Rassemblement National. C'est l'explication en amont d'Elisabeth Borne. Aujourd'hui, avec la multiplicité des crises que traverse notre pays, on ne veut pas rajouter une crise institutionnelle comme une béquille. Je lui conseille d'en trouver une dans une bonne pharmacie parce que nous ne serons jamais la béquille d'Emmanuel Macron.
Et
la droite n'exclut d'ailleurs pas le temps venu la possibilité de déposer à son tour une motion de censure.
C'est une arme dont nous disposons. En tout cas, nous avons la capacité à poser cette motion de censure et bien entendu, nous ne l'interdisons pas.
L
'urgence, c'est l'interdiction. Les alliances de la discorde. Quant à la surprise générale, le Rassemblement National vote la motion de censure proposée par M.
Mélenchon. Ce qui me met en colère, c'est le cynisme et c'est le désordre.
C
'est ça ce qui s'est passé. C'est qu'ils ont prouvé une chose, ils n
'ont
pas de majorité. Mais ils ont surtout prouvé, quoi
? Qu
'ils étaient prêts, socialistes, écologistes, communistes et LFI, à se mettre main dans la main avec le Rassemblement National. Alors qu'il y a la guerre en Europe, qu'il y a la crise.
Les esprits s'échauffent. À l'Assemblée Nationale, Gérald Darmanin s'emporte lui aussi contre la France insoumise.
La vérité, monsieur le député, c'est que vous vivez grâce à l'opposition avec l'extrême droite. Nous avons tous vu, nous qui sommes présentés aux élections législatives, à quel point au second tour, vous n'avez pas appelé à faire barrage à l'extrême droite.
Mais
pour Jean-Luc Mélenchon, pas question de se mettre à table avec l'extrême droite.
Nous
avons déposé une motion de censure. C'est normal qu
'on
le fasse parce que le 49-3 est la négation du pouvoir du Parlement, donc on dépose d'autres motions. Le Rassemblement National, et puis eux, ils déposent une motion et nous,
on
a pris notre décision de ne pas la voter. Donc le Président, c'est tout ça. Mais
là
où je dis que le cynisme, c'est lui, c'est que quand il a été question de refuser l'augmentation du SMIC à 1 500, à l'époque c'était 1 500, maintenant c'est 1 600 euros, voie du Front National pour empêcher cette augmentation. Mais un a adopté face au Rassemblement National,
une partie de la gauche est plongée dans l'embarras. Je
vous
dis cette...
Le
RN
ne
vote
pas cette motion
de
censure. Ah mais je vous le dis, je ne m'en réjouis pas. Et elle avait dit d'ailleurs qu
'elle
ne le voterait pas. Elle avait sa propre motion que nous n'avons pas voté. Et que les choses soient claires, nous ne voterons jamais une motion de censure de l'extrême droite. Après le dernier 49-3, la France insoumise a déposé une nouvelle motion de censure. Mais cette fois,
en cavalier seul, sans la signature des socialistes et des écologistes. Alors commençons par la droite, Neila Latrousse. M'intendu à la droite, mais bonne question téléspectateurs. Sur quoi Emmanuel Macron pourrait-il céder pour s'attirer les bonnes grâces des Républicains ? L'élément le plus intéressant dans l'interview qu'il a donné mercredi soir, c'était les énergies renouvelables.
Parce que bon, c'est vrai que sur les retraites, sur l'immigration, sur la sécurité, sur le budget du régalien, on peut aisément imaginer Emmanuel Macron se rallier au fond aux positions de la droite, ne serait-ce que parce qu'il y a une majorité de droite au Sénat et qu'il faudra bien un moment ou un autre, une fois que les textes ont fait, et ça passe par le verrou de la droite. Sur les énergies renouvelables, là on peut travailler avec l'autre côté de
l
'hémicycle. Pourquoi pas avec les écologistes ? Or, il a explicitement cité ce texte, parmi les textes sur lesquels il peut travailler avec la droite. Pourquoi pas ? Pour donner, par exemple, plus de pouvoir aux élus locaux en matière d'implantation des éoliennes, là où la gauche souhaiterait donner un peu plus de pouvoir aux consultations citoyennes,
il
a expliqué que là, en la matière, son alliance aussi passait par un pacte éventuellement avec la droite. Et pour moi,
c
'est l'élément qui, plus que tous les autres,
en
réalité, signe la signature du « en même temps » parce que c'était le premier texte qui arrivait sur lequel il pouvait y avoir une majorité qui se construisait avec d'autres parlementaires que ceux vers lesquels il se tourne habituellement.
Et par exemple,
développer les énergies renouvelables, les élus locaux à droite, ils ne
sont
pas forcément favorables. On se souvient de Xavier Bertrand pendant la campagne des
éoliennes.
Qui a évolué sur la question des éoliennes. Donc, au sein de la Macronie, on regarde ces élus évoluer favorablement en faveur, justement, d'un mix énergétique un peu plus diversifié. Mais en tant qu'élus locaux, et la droite a un certain nombre d'élus locaux, conserver la décision, ou en tout cas être sollicité et avoir une sorte de veto in fine sur l'implantation ou non d'un certain nombre de champs éoliens dans leur commune. On va voir dans un instant avec Bernard Sananès que l'opinion trouve que Macron penche à droite. Est-ce que c'est le cas
?
Oui,
je pense. Je pense
que Bernard a certainement des informations là-dessus. Mais en tout cas, clairement, je pense que quand on regarde les préoccupations majeures des Français, il y a le pouvoir d'achat. Donc, on pourrait se dire, bon, ni droite, ni gauche. Voilà. Ensuite, il y a les questions d'environnement, bon, et que n'adresse pas énormément la gauche, bien que la droite, pardon, bien que Naïla dise qu'elle change un peu d'avis. Là, sur ce point, je veux juste dire que la France est le
pays.
C
'est le
seul des 27 États européens qui n'a pas respecté son engagement concernant les énergies renouvelables. On a raté notre barre en 2020. Emmanuel Macron va se rendre à la COP 27 le 7 novembre.
Il
va falloir qu'il ait quand même quelque chose à dire. Et après,
il
y
a
quand même les questions de sécurité d'immigration qui arrivent tout de suite après dans les préoccupations. Et là, il a fait des annonces sur le régalien, sur une prochaine loi à venir sur ce point. Donc, voilà. Je pense qu'en tout cas, savoir si la France pense à droite,
c
'est une chose. Mais les électeurs, eux, penchent à droite dans le sens où les électeurs sont plutôt des personnes âgées, etc. qui sont plutôt à droite.
Donc,
ça, oui, pour les électeurs. Alors, ça amène deux questions, Bernard Sananès. Est-ce que l'opinion est à droite
? Et
ce détail de votre sondage qui dit qu'effectivement, cette opinion, elle trouve que Macron... Cet été, au lendemain des élections législatives, il y avait plus de Français qui considéraient qu'Emmanuel Macron était au centre, que sa politique était au centre, qu'elle n'était à droite.
Il
y avait 10 points d'écart. Eh bien, ça s'est inversé depuis la rentrée. Ça fait deux fois que vous nous
dites
que ça s'inverse. Voilà. Donc, il se passe des choses. Il y a une chose qui ne bouge pas beaucoup, mais on y reviendra tout à l'heure. Donc, on a à droite et 40% au centre. Même dans l'électorat de Macron, on voit cette évolution-là. Et donc,
c
'est assez... C
'est
assez... On parle là pour l'électorat et pas pour les responsables de la droite. Entre l'électorat de droite et le chef de l'État, il y a un point dur. C'est les questions régaliennes. Ce sont, sur les questions régaliennes, sécurité est le plus hostile à la politique menée par le président de la République. Donc, même si un texte ou deux peuvent être votés passivains dans le bon sens, ça ne suffira sans doute pas pour faire évoluer l'électeur de droite sur ce plan-là. Alors, dans ces conditions, est-ce que la droite peut saisir la main tendue ? On a entendu, il est question d'alliance. Bruno Retailleau dit, Macron emploie les mots de la droite sur l'économie, mais pour le
reste, il fait comme la gauche.
Alors,
il
y
a un grand débat qui s'installe à l'intérieur du Parti des Républicains, qui tiraille d'ailleurs ce parti. Et à mon avis, ça va être la grande affaire des mois, des semaines à venir et des mois à venir. Vous avez quelques personnalités. Le président Sarkozy, dans une interview récemment, où il a dit, il faut passer un pacte, un contrat avec le gouvernement, parce que sinon, on va disparaître.
Vous
avez un jeune maire de France qui s'appelle Gilles Platré, qui est maire de Châlons-sur-Saône, qui dit ce matin dans le Figaro, il faut sortir de l'impasse dans laquelle on est, parce qu'on n'existe pas finalement. Alors, de deux choses l'une, où on s'allie avec le Rassemblement National, et on vote des motions de censure, ou alors, on va du côté du gouvernement. Et demain, dans le Figaro, je peux vous l'annoncer en décembre. – Teasing !
– Pardon, mais ça existe, c'est Jean-François Copé, qui est une personnalité qui ne change pas de discours, parce qu'il l'a dit plusieurs fois, mais il le dit clairement, il dit voilà, il faut sortir de là, il faut passer un pacte de gouvernement avec l'exécutif, et puis, en 2025-2026, sortir de là, parce qu'il sera le temps de la campagne. Et il n'a pas tort, pourquoi ? Vu de la droite, j'entends, il n'a pas tort, pourquoi ? Parce que le Président de la République n'a pas les moyens, il ne peut pas se représenter en 2027, et ça va être une guerre de succession terrible derrière lui, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin,
qui ne
disent pas la même chose l'un et l'autre d'ailleurs, Édouard Philippe, alors, une tête issue des rangs des Républicains, vraiment, même si elle a pactisé avec le gouvernement à ce moment-là, elle pourrait très bien concourir, si vous voulez, en disant, finalement, la vraie droite, c'est moi, ce n
'est
pas M. Le Maire. Et dans les pours et les contres, l'alliance,
c
'est 50-50 ? Non,
non,
pour le moment, je ne crois pas me tromper en disant que la majorité des LR, mais on va voir ce qu'ils vont dire lors de leur campagne, sont plutôt pour rester indépendants, pour ne pas... Mais ils sont quand même dans une impasse, on l'a très bien vu. Mais parce que dans le même temps,
ce qui est assez curieux, c'est que l'interview de Nicolas Sarkozy dans le journal du dimanche appelait Emmanuel Macron à franchir le Rubicon, mais en disant deux choses, franchir le Rubicon sur le fond, c'est-à-dire qu'il faut qu'Emmanuel Macron allie sa matrice idéologique à celle qui est majoritairement celle des Français, donc
il
faut qu'il parle au peuple de droite pour résumer un peu le propos de Nicolas Sarkozy. Bon, ça, c'est ce qui a été fait, effectivement, mercredi soir avec tous les propos, je suis le parti de l'ordre, etc., en refusant aussi sur les questions économiques la logique d'augmentation de salaire, non, c'est pas comme ça qu
'on
fait, il faut ménager l'emploi,
il
faut ménager l'entreprise, etc. Donc de ce point de vue-là, la matrice idéologique a évolué, ou en tout cas le discours a évolué dans le sens conseillé par Nicolas Sarkozy, mais sur l'alliance. Nicolas Sarkozy ne recommande pas une alliance au cas par cas sur certains textes. Non,
non.
Il réclame un pacte de gouvernement. Un contrat de gouvernement. Et pour le coup, Emmanuel Macron a dit que la droite vote mes textes,
et
il n'a rien proposé en face. Et donc là-dessus, pour le coup, il ne fait que la moitié du chemin, et c'est ce qui explique sans doute aussi que les Républicains disent qu'il n
'a
pas complètement franchi le Rubicon, donc ce n'est pas non plus à nous de le faire. Il se voit toujours, tous les deux,
Sarkozy Macron
?
Il se parle, en tout
cas. Il se parle. Il me semble qu'Emmanuel Macron lui a notamment confié la tâche de représenter la France aux obsèques de l'ancien Premier ministre japonais il y a quelques jours. Donc,
il
y a une relation. Il y a eu cet été un peu de déception du côté de Nicolas Sarkozy parce que cette idée de pacte n'est pas nouvelle. Elle n'est tellement pas nouvelle qu'il lui a même suggéré le nom d'une Première ministre de droite pour entamer son quinquennat et qu'Emmanuel Macron a finalement tranché pour une ancienne ministre de son gouvernement issue des rangs de la gauche avec un directeur de cabinet qui vient de la gauche. Donc, sans doute que, derrière, dans le Conseil aussi d'assumer plus franchement le virage idéologique, il y avait aussi l'idée de nommer, y compris à Matignon, des gens qui mèneraient une politique de droite. Gaëlle Mac, sur cette question ?
Oui, le travail qui est dur quand même aussi pour LR, c'est qu'il n'y a pas une très grande discipline de parti, je pense, à l'intérieur du Parlement, que ce soit à l'Assemblée ou au Sénat. Il faut voir que la plupart de ces députés LR, ils ont été élus sans mettre l'étiquette LR sur leur affiche et ce sont un peu des survivants d'une grande bérésina de leur famille politique. Je ne pense pas qu'ils se sentent très liés à une discipline de parti. Je pense qu'Olivier Marlex va avoir beaucoup de travail. Le chef de groupe. Le chef
de groupe.
Voilà, c'est déjà le cas.
Ce
sont des élus, souvent des zones rurales. En fait, on s'aperçoit que LR a été quand même exclu, expulsé un peu des zones urbaines et donc ça les a amenés parfois à voter, par exemple, dans le paquet pouvoir d'achat en juillet, pour des sujets dont on pourrait penser que la droite, enfin, qui ne sont pas dans les canons de la droite,
de
la rigueur budgétaire, etc. Ils votent vraiment plutôt pour leurs électeurs que pour la ligne du parti. Et je pense qu'au Sénat, qui a toujours eu plus de liberté aussi que l'Assemblée nationale, c'est également le cas. Donc, on peut s'attendre à des réactions surprenantes. Bernard Sananès. Oui, il s'est passé quand même un fait politique qui déclenche, au-delà de l'interview de Nicolas Sarkozy, la réponse d'Emmanuel Macron. C'est le fait que Marine Le Pen fasse voter les députés RN pour la censure déposée par la France Insoumise et la NUPES. C
'est
un événement politique très important. Ça veut dire que ce qui ne s'est produit en France qu'une fois devient tout d'un coup une hypothèse complètement impossible. Elle n'est plus complètement impossible à une condition, c'est qu'elle erre la vote. ou, c'est un autre cas de figure, on fait un peu de la vie parlementaire fiction. Si LR, un jour, sur un sujet, dépose une motion de censure, on peut imaginer assez nettement que, évidemment, la NUPES et le RN aillent la voter et ça fait plus de 300 députés, 302, je
crois.
Donc, la menace est devenue plus crédible.
La menace est devenue
plus crédible. Et donc, finalement, que fait Emmanuel Macron mercredi soir ? Il prend acte du fait qu'il n'y a pas de majorité durable sans LR. Quand elle prend ses fonctions, on va faire des majorités de circonstances, etc. Et on a beaucoup de gens qui ont dit « Mais finalement, ça a marché en 1988 ». Il ne
faut
pas oublier. En 1988, il manquait à Michel Rocard 15 voix. La gauche avait 275 voix. Pour aller à 289, il manquait 14 plus une, 15 voix de mémoire. Aujourd'hui, il en manque 50. Donc, un accord individuel, un accord sur un texte, ne suffit pas. Il faut un accord politique. Et c'est ça qu'a acté Emmanuel Macron mercredi soir. Alors, du sujet qu'on vient de voir, est-ce que, oui ou non, LFI a modifié le texte de sa motion de censure pour qu'il puisse être voté par le Rassemblement national ? Est-ce que, Naïla Latrousse, on a le fin mot de cette histoire ? Alors, nous, des textes d'émotion que France Info s'est procurés en comparant les différentes versions,
il
n'y a pas, la première version du texte n'est pas écrite par la France Insoumise. Au sein de cette nupesse, il y a un partage des rôles. Donc,
il
a été considéré pendant la rentrée que la France Insoumise avait pris le lead, d'une certaine façon, si vous me passez cet anglicisme sur la marche contre la vie chère et l'inaction climatique, que le Parti Socialiste avait pris les devants et avait porté à bras-le-corps l'histoire du référendum Fallet, aussi laissait un peu d'espace aux partenaires écologistes et donc leur a été confiée la première, avec l'ouverture de la session parlementaire. Donc, en réalité, c
'est
les écologistes qui ont écrit la toute première version de la motion de censure.
Il
y a eu ensuite des échanges. Effectivement, ce texte, nous avons eu à France Info, le mot « immigration » qui avait été évoqué n'a pas été ajouté. En revanche, demeure pour l'instant
un
questionnement.
Est
-ce qu'au cours des discussions informelles qu'il y
a
pu y avoir dans les couloirs de l'Assemblée entre les députés, est-ce que certains de la France Insoumise ont poussé à avoir un texte le plus consensuel possible en laissant entendre que, finalement,
ce
n'était pas si grave si le Rassemblement national le votait
? Ça,
on a beaucoup de mal à avoir des versions concordantes entre les différents députés qui composent cette alliance des gauches. Vraisemblablement, au regard des déclarations publiques depuis des dirigeants de la France Insoumise, l'idée de renverser le gouvernement,
y
compris avec les voix du Rassemblement national, pas grâce au Rassemblement national, mais y compris, n'était pas
d
'une gêne absolue. En revanche, effectivement, pour les socialistes et les écologistes, là, on commence à toucher quelque chose qui touche existentiellement à leur combat politique. Et les 49-3 vont se répéter, Gaël Mack, on en attend un quatrième, là, dans les heures ou les jours à venir. Et, voilà, cette coalition de gauche, elle se fragilise face à la multiplication des 49-3. Est-ce que, oui ou non, on met une motion de censure à chaque fois ?
Il
commence à y avoir des fermements de division. On a l'impression que cette NUPES, elle est un peu plus fragile depuis quelques jours. Oui, oui, bah, depuis, je pense qu'il n'y a quand même pas la même radicalité entre la France Insoumise et les écologistes et les socialistes.
Ça,
on le voit depuis un certain temps. D'ailleurs, la gauche socialiste non-UPES, je veux dire, vit encore de temps en temps et fait des tribunes et essaye d'avoir un petit espace politique. Donc, on sent bien qu'il y a une gêne, notamment sur ce sujet, d'une sorte d'alliance opportuniste, enfin, quoi qu'on en dise, avec le Rassemblement national autour d'une motion de censure. Bon, en plus, il faut quand même voir quelque chose. Moi, je pense que, qui serait le gagnant d'une motion de censure
? Et
notamment, si ça devait aboutir à une dissolution de l'Assemblée. Certainement pas les LR et probablement pas la NUPES non plus. Pour les LR, on n'est pas prêts, dit Bruno Retard. Voilà. Donc, déjà, effectivement, Emmanuel Macron a dit, mercredi, ce qu'il n'avait pas dit jusqu'ici, que, bon, ça n'abrutirait pas forcément une motion de censure, ne voudrait pas dire une dissolution de l'Assemblée. Bon, d'accord, ça, c'était pas exactement le discours qu'on croyait jusqu'ici. Et, de fait, ce jusqu'au boutisme, je pense que, contrairement à ce que disait Éric Ciotti dans le reportage, les LR regarderont à deux fois avant d'initier eux-mêmes une motion de censure.
Et la conclusion, et j'ai l'impression que c'est toujours la même conclusion, c'est que c'est peut-être le Rassemblement national et Marine Le
Pen qui sortent gagnants de cette dernière séquence ? C'est évident, c'est évident que c'est Marine Le Pen et c'est à cause de Marine Le Pen que Jean-François Copé remet le couvert en disant qu'il faut absolument que LR se sorte de cet impasse-là. Et c'est Marine Le Pen qui crée le désordre à la NUPES, évidemment, et c'est Marine Le Pen qui sait très bien que s'il y
a
une dissolution, alors là, je suis à 100% d'accord, que le seul parti gagnant, et qui pourrait même conduire, moi, je vais aller très loin, je pense que ça pourrait conduire même à une cohabitation, parce que je pense qu'il pourrait y avoir une majorité relative en faveur du Rassemblement national qui a eu une ligne absolument assez droite jusqu'à présent et assez audible, alors que les autres, c'est quand même assez inaudible. Et en tous les cas, ce qui est sûr, c'est que LR, et c'est pour ça que, à mon avis, Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé font cette proposition, ils disent que si jamais il y a une dissolution, de toute manière, vous passez à la trappe. Ce qui
est intéressant aussi de suivre
la bataille
parlementaire, il y a une bataille d'opinion. L'opinion, les Français ont choisi finalement cette majorité relative, on s
'est
étonné, mais c'est eux qui ont fait ce choix-là. Et ils ont envie que ça marche pour l'instant. On a toujours, depuis le début, depuis le vote législatif, 7 Français sur 10 qui disent qu
'on
est satisfaits de faire qu
'il
n
'y ait
pas de majorité absolue, qu'il
y ait
une majorité relative. Et ce qui implique une chose, c'est qu
'ils
renvoient doigt à dos l'utilisation du 49-3, ils y sont opposés, c'est traditionnel, les Français sont toujours opposés, mais également l'opposition systématique. Donc on ne sait pas, dans 3 mois, dans 6 mois, dans 15 jours, à qui la responsabilité du désordre incombrait. Les Français jugeront responsable du fait que ça n'ait pas marché. Qui ? Les oppositions ou le gouvernement ? Ça, c'est la grande inconnue. Et ça peut avoir un impact, évidemment, sur un résultat d'une éventuelle législative. Alors en tout cas, pendant que le climat se brouille à l'Assemblée nationale, le climat économique se dégrade. Les dernières données de l'INSEE le confirment.
L'économie française ralentit inéluctablement. Quant à l'inflation, même si elle reste moins importante que chez nos voisins, elle grimpe. 6,2% sur un an en octobre,
c
'est du j'avais vu depuis 37 ans. Constance Meyer, avec Laszlo Gelaber et Diane Cacciarella.
C
'est un bol d'air qui était attendu depuis des semaines dans cette boulangerie.
Est
-ce qu'il faut que je te remonte des baguettes ?
Non. L
'État a annoncé la mise en place d'une nouvelle aide, baptisée Amortisseur. Un dispositif pour les petites et moyennes entreprises, jusqu'alors exclu du bouclier tarifaire. À partir du 1er janvier, le gouvernement prendra en charge une partie de leur facture.
On
avait un peu de mal à se faire entendre du gouvernement. Maintenant, oui, on se sent rassuré et à voir ce que ça va donner dans les détails et puis pour combien de temps ça peut durer. Si on peut passer ne serait-ce que de 10 000 euros à 5 000 euros, forcément, ça va nous soulager, bien sûr. C'est indéniable.
En
attendant les aides de l'État, Jean-Yves Boulier a fait les comptes. Il a dû augmenter sa baguette de 5 centimes et réduire sa production pour essayer d'amortir des coûts toujours plus importants.
C
'est lui qui consomme le plus. Là, à ce temps-là, toute la matinée, on a les 4 soldes allumées et là, on n'allume qu'une solde de façon à économiser au maximum. Malheureusement, on est forcé de subir. Il y
a
un moment où ce n
'est
plus possible. Hormis le prix de
l
'énergie, il y a toutes les matières premières qui ont explosé. Donc, tout ça a mis bout à bout. Oui, ça devient très compliqué.
L
'inflation aussi accélère et atteint un nouveau record depuis 30 ans à 6,2 % sur un an.
Alors,
le gouvernement sort à nouveau le carnet de chèques pour accompagner entreprises et collectivités. Parmi ces mesures, l'amortisseur, le bouclier tarifaire pour les sociétés de moins de 10 salariés
et
la mise en place d'un guichet d'aide pour les moyennes et grandes entreprises.
L
'idée, c'est de s'assurer que chacun a une réponse
en
fonction de sa situation et qu'on permet à la fois
dans
le contexte actuel aux collectivités de préparer leur budget pour l'an prochain et qu'on donne un peu de sérénité aux entreprises sur la façon dont elles vont pouvoir affronter les mois à venir évidemment en évitant de baisser l'activité économique.
Pour
Bruno Le Maire, pas question pour autant de revenir au quoi qu'il en coûte. L'enveloppe ne doit pas dépasser 12 milliards d'euros. L'intégralité de ces aides pour les entreprises est financée
et
n'aggrave donc pas le déficit et
la dette. La situation actuelle et la suite des décisions prises par la Banque Centrale Européenne, je redis que nous sommes à l'euro près
et
que nous devons être vigilants sur les
dépenses publiques. 10
milliards d'euros dégainés pour les entreprises, c'est 4 fois moins que les aides mises sur la table pour accompagner les ménages. Insuffisant pour l'opposition. Il y
a
des petites mesures des amortissements,
des aides. Des
petites mesures ?
Ce ne sont pas des mesures d'un
ordre présidentiel. D'ailleurs, ce sont des mesures qui existent déjà, qui sont prolongées, qui sont un
peu élargies.
Sous le feu des critiques, Emmanuel Macron avance une autre idée pour le pouvoir d'achat des salariés.
Qu
'est-ce que c'est que cette idée du dividende salarié que j'ai défendue ? C'est de dire quand vous avez d'un
seul coup une augmentation des dividendes pour vos actionnaires, alors l'entreprise, elle doit avoir un mécanisme qui est identique pour les salariés. C'est-à-dire soit faire de l'intéressement en participation qu'elle augmente, soit augmenter les salaires. Et si elle ne le fait pas, elle ne le fait pas. Ah ben non, dans ces cas-là, l'objectif de ce mécanisme nouveau, c'est d'avoir une contrainte, c'est de pouvoir lier les deux.
C
'est Macroni, c'est-à-dire que là aussi, c'est aléatoire. Ça veut dire qu'il faut que les entreprises veuillent verser ces fameux dividendes. Ça n'est pas soumis à cotisation. Ça veut dire que ça n'a pas les mêmes bénéfices que les salaires pour les caisses
publiques. Des dividendes redistribués aux salariés, une promesse de campagne d'Emmanuel Macron qui sera débattue lors du Conseil national de la refondation. Cette idée de dividende, Bernard Sananès, elle rencontre un certain écho dans l
'opinion. Oui,
parce qu'elle est compréhensible par l'opinion, elle apparaît comme une mesure de justice et par ailleurs parce que la question centrale comme on dit du partage de la valeur, du partage des profits est devenue une préoccupation de l'opinion. Je vais vous donner un chiffre. Quand on demandait il y a quelques mois aux Français pour les problèmes de pouvoir d'achat à quoi ils en imputaient la responsabilité,
ils
disaient d'abord le poids des dépenses, l'augmentation des prix ou les dépenses contraintes. Aujourd'hui,
ils
disent d'abord à cause des salaires. Ils imputent le problème de pouvoir d'achat au sujet des salaires. Donc c'est vrai que la réponse, on l'a vu dans le conflit des carburants notamment, est attendue sur ce sujet-là. C'est une mesure qui est assez consensuelle. Ce n
'est
pas une mesure qui est bien perçue par la gauche et ne le serait pas par la droite. C'est une mesure qui apparaît assez soutenue de manière assez large et surtout, elle est évidemment soutenue par les actifs, ceux qui travaillent et qui, comme cela, espèreraient avoir une récompense de leurs efforts. Après, elle se heurte sans doute à des difficultés techniques qui ne sont pas simples et elle se heurte aussi à des situations difficiles, notamment dans les petites entreprises. Et globalement, pour essayer de faire la balance du positif et du négatif, selon le vent de sondage, 57% des Français jugent décevante l'action d'Emmanuel Macron.
Les annonces faites mercredi devant Caroline Drou sont jugées plus positives. Tout à fait. Les annonces sur le pouvoir d'achat, sur le dividende salarié, sur les médecins retraités sont jugées positives à une exception près. On en reparlera peut-être. La réforme des retraits. Question téléspectateur, Gaël Mack, est-ce qu'il y aura un arbitrage ? Emmanuel Macron va devoir faire des choix. Est-ce qu'il va privilégier la défense du pouvoir d'achat ou la compétitivité de nos entreprises ? Vaste sujet de politique économique. Vous avez deux minutes.
Pour le moment, il a privilégié le pouvoir d'achat des ménages puisque l'ensemble du bouclier tarifaire donc c'est 47 milliards d'euros quand même pour 2021, 2022, 2023. Il y a eu aussi l'échec énergie pour les plus modestes, les ristournes sur le prix des carburants. Il y a eu le paquet pouvoir d'achat qui a été voté en juillet. Il était principalement en faveur des ménages de nouveau. Alors maintenant, l'Allemagne a unilatéralement, du jour au lendemain, décidé qu'elle allait consacrer 200 milliards d'euros à un espèce de vaste bouclier tarifaire qui allait également aider les entreprises.
Et les entreprises françaises, on avait des reportages au JT tous les jours sur les boulangeries, sur les petites PME, sur Duralex, ou telle ou telle entreprise qui allait passer au chômage partiel parce qu'elle n'arrivait pas à faire face à ses factures d'énergie. Bon,
ben
là, l'État a mis 12 milliards sur la table, 10 milliards pour les entreprises et 2 milliards pour les collectivités, enfin 10 milliards en tout cas, sur la table pour aider les entreprises à payer en gros entre 40 à 50 % de leurs factures. Est-ce que les trous qui pouvaient y avoir dans la raquette ont été comblés avec les annonces d'hier ? Alors oui, mais parce qu'effectivement, aujourd'hui, avant, il n
'y
avait que les toutes petites entreprises, en gros, qui bénéficiaient du bouclier tarifaire comme les ménages. Et puis d'un autre côté, il y avait les entreprises énergivores, la sidérurgie, les cimenteries qui consommentent beaucoup d'énergie, qui avaient des aides spécifiques sectorielles. Au milieu,
il
y avait quand même tout le champ des entreprises, en gros, PME, entreprises intermédiaires, même des assez grands groupes qui n'avaient pas d'aide particulière. Donc là, maintenant, ou alors, elles avaient accès à un fonds très compliqué sur lequel personne n'allait parce qu'il y avait trop de critères d'éligibilité. Donc là, effectivement, avec ces 10 milliards, ce qu'il espère, c'est combler tout ce... aider les entreprises. Mais je rappelle que ça fait 10 milliards pour les entreprises, 47 milliards pour les ménages. Donc...
Et Yves Tréhard, que ce soit les mesures pour les entreprises ou pour les ménages dont Bernard Sananès nous disait que celles-ci sont approuvées, évidemment que tout le monde applaudit.
Il
s'agit de dépenses. On est toujours en fond dans le quoi qu'il en coûte et personne
ne
lui reproche, en tout cas dans l'opinion. Non, bien sûr. Alors, parce qu'on a... Je reprends la balle au bon par rapport à l'Allemagne. C'est que l'inflation, on est beaucoup moins... et nous donne beaucoup moins d'urticaire qu'aux Allemands. Aux Allemands, pour des raisons historiques, il faut impérativement lutter contre l'inflation. Or, si on lutte contre l'inflation, eh bien, on met à mal la croissance d'une certaine façon. Or, nous, on ne veut surtout pas ralentir la croissance. Et donc, c'est pour ça qu'on dépense énormément d'argent en faveur des entreprises et des ménages. Je suis d'accord. Surtout pour les ménages aujourd'hui.
Alors, il y a quand même, si vous voulez, deux écoles à l'intérieur du gouvernement. sur ce quoi qu'il en coûte. On sent bien que Bruno Le Maire se dit mais jusqu'où ça va aller ? Ça va nous emmener où, cette histoire
? Parce
qu'à un moment, inflation ou pas inflation, la récession, elle arrive. On est à 115, de dette publique.
Et on a
déjà, par rapport à l'Allemagne, on ne
peut
pas se comparer. On est un panier sans fond. Donc, lui, il est très inquiet de ça. Madame Borne et d'autres ministres sont beaucoup plus, je dirais, voient plutôt le consommateur ont une vision qui est un peu, un petit peu différente. Mais à mon avis, il y
a
un sujet qui va vraiment diviser et qui commence à diviser le gouvernement, c'est l'histoire des super profits.
Je
ne sais pas si ça va pouvoir tenir longtemps parce que ça,
c
'est une chose qui est très compréhensible par l'opinion
et
les super profits. Évidemment, que les oppositions, toutes les oppositions, y compris d'ailleurs à l'intérieur des Républicains, ce qui est assez cocasse, disent qu'il faut
taxer
pour redonner. Et on a appris ce soir que le parti Renaissance, le parti présidentiel, allait réfléchir à un travail, je cite la Dépêche sur les super dividendes.
Et c
'est qui Renaissance ? Parce que ce n
'est
pas sûr que tout le monde le sache. Le parti présidentiel.
Le
parti du Président de la République. Et ça,
il
y
a
une guerre entre M. Le Maire qui a dit si jamais on taxe les super profits, il a fait mine de dire moi je m'en vais,
et
Mme Borne qui a dit moi je suis ouverte à la discussion. Donc ça, ça va être un vrai sujet que le Président de la République va devoir arbitrer.
Et cela, on a parlé du clin d'œil plus que du clin d'œil, du bras tendu à la droite dans l'émission.
C
'est vrai que cette mesure pourrait être, elle, même si elle est largement elle aussi soutenue par l'opinion, pourrait être plus qu'un clin d'œil vis-à-vis de la gauche. Si on relève les points importants de cette interview de mercredi, les retraites, est-ce que les petites concessions faites par Emmanuel Macron en disant bon si ce n
'est
pas 65 ans ça peut être 64 ans à condition qu'on allonge la durée de cotisation parallèlement. Est-ce que ça peut changer la donne ? Est-ce que ça peut débloquer l'opposition des syndicats
?
Naïla Latrousse. Alors absolument pas puisque les syndicats sont opposés totalement, ouvertement, radicalement à tout prolongement ou à tout report de l'âge de départ. Donc dans la mesure où il y a un âge de départ qui croît, y compris la CFDT 10 000, il en est hors de question. La proposition de dire 64 avec éventuellement un rallongement de la durée de cotisation, la CFDT dit pas question parce que là encore on touche à une ligne rouge donc ça n'a aucune chance d'être entendu en tout cas par les syndicats.
Ça peut parler encore une fois à LR, à la droite en leur disant bon ben venez discuter d'une réforme des retraites où je vous laisse finalement décider de la couleur du stylo pour signer à la fin puisque ça revient in fine à la même réforme mais ça ne changera pas en tout cas la position des syndicats. Là en termes d'opinion on est sur un blocage dur. Oui c'est
un
blocage dur qu'il faut bien analyser.
C
'est-à
-dire
que d'abord sur la justification de la réforme je dirais presque qu'on a reculé par rapport à 2018. Les arguments qui étaient un peu entendus en 2018 sur l'idée qu'il fallait faire une réforme il n'y avait non pas un consensus mais il y avait une opinion partagée et après par contre sur les modalités notamment sur le fameux âge pivot il y avait un désaccord. Là sur les considérants comme on dit de la réforme par exemple quand on teste la question de l'espérance de vie qui s'allonge et donc il faudrait pouvoir travailler plus ça ne fonctionne pas.
Il y a un argument qui est minoritairement entendu qui l'a un tout petit peu c'est il faut financer pouvoir financer les autres dépenses du modèle social mais surtout il faut rapporter ce qui se passe dans l'opinion sur les retraites de ce qui se passe autour du travail. L'idée du travailler plus est aujourd'hui une idée contestée et l'idée du travailler plus longtemps est une idée qui est également contestée.
Vous avez une grande partie des actifs qui disent non travailler plus longtemps ce n'est pas possible et notamment chez les plus jeunes qui en plus ajoutent un codicide qui est de dire de toute façon comme on pense que le modèle ne sera pas équilibré on va travailler plus longtemps mais on sait qu'on ne touchera pas nos retraites. Donc on voit que sur le sujet retraite notamment chez les actifs le cœur de ceux qui travaillent l'opposition est très forte.
Alors le Figaro-Div-Tréard mettait ce titre à la une ce matin comment la hausse des prix change la vie des français et bien reportage auprès d'une de ces français elle est auxiliaire de vie dans l'Essonne l'une de ces travailleuses de première ligne si souvent évoquées pendant le Covid la voiture est indispensable pour elle le carburant coûte cher et elle se demande si elle va pouvoir longtemps vivre de son métier. Anne Macignon Etienne Cacharella
Chaque jour le même marathon une course contre la montre pour Solange Ambrosio auxiliaire de vie depuis 6 ans. Là j'étais chez une dame j'ai commencé ce matin donc je suis arrivé chez elle là je vais chez une autre personne après j'ai une coupure ensuite je recommence vers 15h chez une autre personne
donc
on voit pas mal de gens dans la journée c'est comme ça notre métier à nous.
Il
est 11h elle rend déjà visite à sa quatrième
patiente. Bonjour ça
va ? Oui ça va. Ok vous êtes bien réveillé ?
Les
auxiliaires de vie à la fois compagnies pour une promenade aident au ménage au repas à la toilette ce jour là Solange Ambrosio emmène madame Martin faire ses courses.
Ça
y est madame Martin et les chaussures c'est pas froid mais il faut avoir un truc long. Je peux vous mettre quand même ? Oui allez-y
Oui
mettez-les vous allez pas sortir comme ça. Enfin prêtes
elles
ont maintenant une heure top chrono pour remplir le caddie. Dans les rayons madame Martin hésite
T
'aimes pas les raisins ? L'heure tourne mais pas question pour l'auxiliaire de vie de précipiter sa patiente. C'est pas moi qui vais choisir à sa place c'est elle qui fait ses courses et moi je suis là juste pour l'aider.
C
'est un métier de patience aussi. Ouais c'est un métier du coeur.
Les
courses enfin terminées retour à la maison pour madame Martin
et
retour sur les routes pour Solange Ambrosio elle ne compte même plus les kilomètres qu'elle parcourt. Chaque mois 200 euros rien que pour le carburant son entreprise lui donne une compensation minime 39 centimes par litre
alors
elle garde les yeux rivés sur le prix à la pompe.
Il
y a les restoules de gouvernement mais quand ça va ça va s'arrêter on sait pas combien on va payer les litres
je
suis sûr ça sera à 2 euros et quelques.
Ça
vous fait peur
?
Moi ouais ça nous fait peur
ça
nous fait peur on peut se réveiller les matins comme ça on n'a pas l'argent pour mettre un plein. Elle gagne 1500 euros pour un temps plein. Ces derniers mois le montant de ses factures a explosé l'électricité l'assurance les courses aussi Solange Ambrosio vit avec ses 3 enfants son salaire ne suffit plus. je me fais un petit omelette
oui
on fait vraiment attention surtout
les
produits cosmétiques déjà manger c'est compliqué on rajoute pas ce qui est plaisir déjà on achète par nécessité
la
privation oui on s'est pris
mais
je profite quand ils font des promos Solange a retrouvé un peu d'oxygène au mois de septembre un chèque énergie de 100 euros dans sa boîte aux lettres pas suffisant pour éviter l'asphyxie elle demande simplement à être mieux payée
est
-ce qu'on a besoin vraiment qu'on nous donne tout le temps des aides on n'a pas besoin de ça on a besoin qu'ils valorisent notre travail qu'on soit rémunéré par rapport à ce qu'on fait si j'ai mon salaire et que je dépense mon salaire je me sens valorisé mais si j'attends tout le temps qu'on m'aide c'est comme si je suis irresponsable les auxiliaires de vie réclament une revalorisation salariale de 8 euros de l'heure pour faire face à l'inflation mais aussi pour que le métier attire 25 000 postes sont toujours vacants
là
on est typiquement Gaëlle Mack avec les français qui souffrent le plus de la hausse des prix et ceux pour qui elle est plus violente
oui
c'est-à-dire là on est dans une conjonction entre une personne qui a un bas salaire et qui doit rouler beaucoup alors ça c'est vraiment la pire des configurations effectivement parce que même s'il y a eu il y a eu un certain nombre d'aides il y
a
eu il y a des aides pour les gros les ménages modestes de gros rouleurs il y a eu une indemnité inflation il y
a
un chèque énergie mais à la fin il n'en reste pas moins que dans ces métiers là vraiment qui faisaient partie vraiment des métiers de première ligne de ces métiers dont on sait qu'ils nous sont nécessaires on a des pénuries dont il manque et pour autant on ne parvient pas à les payer correctement à les payer suffisamment alors là l'inflation
à
6% et bien ça va rester c'est un impact vraiment très concret quotidien vraiment rude et on a une partie des français qui dans leurs arbitrages budgétaires ça devient de plus en plus serré et tendu oui on a par exemple
4
français sur 10 et 11 points de plus qu'il y a un an à la même époque qui nous disent qu'ils choisissent systématiquement les prix alimentaires les plus bas quand ils font leurs courses et ce chiffre est encore plus élevé par exemple sur les dépenses de vêtements de chaussures ou sur les dépenses de loisirs si je devais résumer je dirais que ça faisait déjà quelques mois voire quelques années évidemment que la situation on l'avait vu au moment des gilets jaunes était très tendu quasiment pour une moitié de
l
'opinion il y a près d'un français sur deux 45% en moyenne ces dernières semaines qui dit qu'elle ne boucle pas ses fins de mois sereinement soit parce qu'elle doit se restreindre soit parce qu'elle doit faire appel à des revenus extérieurs ou empruntés donc cette donnée là elle ne date pas d'il y a deux mois cette tendance elle est là depuis longtemps mais il y avait l'idée qu'à un moment on arbitrait ses dépenses aujourd'hui on renonce voilà on doit renoncer à un certain nombre de dépenses et pas simplement arbitrer et dire je ne fais pas celle-là pour faire celle-là on est obligé de renoncer de se dire bien voilà là je vais mettre moins de produits dans le caddie je vais faire moins de déplacements je vais faire moins de sorties et ça évidemment ça pèse beaucoup sur une partie de français ça pèse très largement d'ailleurs même sur les classes moyennes également pas seulement sur les milieux populaires mais Gaël Mac le disait on voit dans les études que ceux qui vivent en zone rurale ou dans ce qu'on appelle le périurbain qui ont besoin de la voiture qui parfois pas toujours mais sont chauffées sont chauffées au fioul évidemment sont les plus sensibles à la hausse des prix et redoutent également ce qui va se passer au début de l'année 2023 et Naila
et
Latroux c'est peut-être important de dire que les aidants les gens en première ligne c'est beaucoup de métiers qui sont de plus en plus liés à l'immigration
qui
sont il y a ce volet-là il y a avant cela au-delà de la question des faibles salaires du fait de multiplier le nombre de personnes qu
'on
va avoir chaque jour et donc on fait 100, 150, 200 kilomètres en fonction du territoire que l'on couvre il y
a
aussi la donnée personnelle d'être quelqu'un de mal payé d'essentiel à la société qui s'occupe par ailleurs de gens qui vont mal je suis mal payé je ne suis pas reconnu à ma juste valeur et je m'occupe par ailleurs je suis confronté à d'autres gens qui vont encore plus mal que moi humainement c'est compliqué et c'est ce qui fait aussi que c'est des métiers qui ont du mal à recruter parce qu'il y a beaucoup de burn-out il y
a
beaucoup de gens qui quittent tout simplement l'aide à domicile et qu'on n'arrive pas forcément à remplacer parce qu'effectivement les salaires ne sont pas attractifs ce faisant effectivement il
y a
une forme de dumping de salarial qui se joue en la matière il y a eu il y a quelque temps une note du haut commissariat au plan qui anticipe un peu l'ex-France Stratégie qui anticipe un petit peu les métiers dans lesquels on aura le plus besoin de recruter dans les années à venir
l
'aide à domicile fait partie des métiers où il faut recruter pas suffisamment de monde qu'est-ce qu'on fait pourquoi pas ne pas faire appel à des populations immigrées qui n'ayant pas de référence en termes d'échelle de salaire peuvent accepter effectivement ces rémunérations assez basses et vous enclencher un cercle tout sauf vertueux de personnes qui viennent qui sont mal intégrées parce que mal payées
qui
créent aussi un ressentiment dans un secteur qui peine à revoir ses salaires à la hausse avec évidemment des gens qui manquent à l'appel donc des conditions de travail qui sont de plus en plus dures des gens en face des patients qui vont de plus en plus mal
on
en arrive effectivement à ce que décrivait votre témoin
allez
nous en revenons à vos questions
celle-ci
de Bernard dans le Tarn Yves Tréhard les républicains ne seront-ils pas obligés à terme d'accepter la main tendue d'Emmanuel Macron
alors
ça je ne sais pas je pense que ça va être un débat qui va être très important chez eux on va voir je pense qu'ils ne peuvent pas faire l'économie de la campagne électorale d'ailleurs j'avertis les gens au sein des LR au
sein des LR
qui doivent effectivement désigner le président du parti cette élection doit avoir lieu début décembre donc je pense que le débat va être sur la table d'ici au mois de décembre je ne pense pas qu'il soit résolu d'ici au mois de décembre et puis il y a deux choses il y a le parti avec ses adhérents ses militants mais les militants ce ne sont pas des français il y a les militants et puis il
y
a les gens qui votent traditionnellement à droite mais qui n'ont pas une âme de militant si vous voulez moi ce que je crois et pour répondre à votre question sans vouloir la contourner c'est qu'on assiste là plus que jamais à la fin des partis c'est terminé il n
'y
a plus de
partis il
n'y
a
plus de discipline vous prenez les partis les uns après les autres à part le Rassemblement National mais parce qu'il y a une personnalité forte à sa tête tous les autres sont dans un état un état de décomposition énorme
pardon vous titrez un édito drôle d'atmosphère vous nous dites tout à l'heure s'il y
a
une dissolution il n
'est
pas impossible qu'il
y ait
une majorité relative RN vous nous dites que
c
'est la fin des partis ça
fait un drôle de tableau quand même ah mais c'est exactement oui mais alors je ne sais pas la vitesse à laquelle on y va on va mais c'est exactement ça et ce que disait la trousse c'est très intéressant tout à l'heure sur les aides parce que le problème c'est que avec ce reportage on a vu qu'il y avait deux France
la
France qui fait du vélo dans les centres-villes et tout la France qui est obligée de prendre sa voiture et ces deux Frances-là ne parlent absolument pas la même langue
ça
c'est la première chose il va y avoir de plus en plus d'anciens qu'il va falloir aider donc il va y avoir de plus en plus de personnes comme la personne qu
'on
vient de voir dans ce reportage et donc ça ça montre que notre pays est en train de complètement changer
avec les départs et les besoins dans cette silver economy cette économie des aînés on estime que dans 10 ans il manquera 200 000 postes des dents juste pour les personnes âgées
on
en revient à la politique Gaëlle Mack pour Emmanuel Macron est-ce que le rassemblement national et la NUPES c'est blanc bonnet et bonnet blanc
alors
peut-être pas tout à fait mais parce que je dire je pense que il pourrait imaginer que dans la NUPES il y a
quelques
personnes présentables ou fréquentables je dirais parmi les socialistes et les écologistes mais finalement en tant que force politique à l'Assemblée nationale ben là dans son discours de mercredi il les a quand même rassemblés il les a quand même traités de la même manière il a dit que c'était que c'était le cynisme absolu leur alliance de circonstances autour des motions de censure et depuis finalement comme le disait Naila d'ailleurs depuis le début de cette nouvelle mandature il n'a pas réellement il n'a pas réellement cherché à faire de coalitions de projets il n'a pas vraiment cherché à dévoyer certains socialistes ou certains écologistes pour leur pour essayer de construire quelques quelques projets de loi ou quelques amendements avec eux et clairement je pense que il est en train de les dans son opinion il les a il les a un peu englobés
Naila
là-dessus là-dessus effectivement d'abord
il
y a tout un tas de solutions aussi à la NUPES ou au Rassemblement National que le chef de l'Etat ne peut pas endosser en termes d'augmentation du SMIC sur le tableau économique je veux dire je regardais la question qui arrivait juste après l'indexation des salaires sur l'inflation pourquoi il le refuse c'est une proposition de la NUPES donc là-dessus effectivement sans forcément les renvoyer dos à dos en tout cas en termes de coalition il y a des raisons évidentes de ne pas faire coalition avec le Rassemblement National et il y a des raisons de fond qui l'empêchent d'aller chercher au-delà d'un vote d'amendement les écologistes ou les socialistes ou d'autres forces de gauche quoique encore une fois j'en reviens sur le projet énergie renouvelable le projet de loi qui arrive là-dessus il y avait peut-être des choses à aller chercher du côté des écologistes
Bernard
Sananès pendant combien de temps l'Etat pourra-t-il aider les ménages et les entreprises on a bien vu parmi les tensions qu'on a mis en lumière pendant cette émission qu'il y avait toujours un appel et un besoin d'aide et en même temps la question de la dette qui creusait bien sûr et on voit bien l'opinion y est très sensible c'est faux de dire que les français ne se préoccupent pas de la dette on a une situation 8 français sur 10 disent qu'ils sont préoccupés ils savent bien qu'à un moment ils savent bien que quand on a une dette dans son ménage on doit la rembourser et donc que ça voudra dire à un moment même si le gouvernement a dit depuis le début qu'il n
'y
aurait pas de hausse d'impôt c'est une promesse qui en général n
'est
jamais entendue par l'opinion qui pense que ça se termine toujours par une baisse d'impôt par une hausse d'impôt par une hausse d'impôt ça c'est le premier sujet le deuxième c'est que ces mesures elles sont jugées insuffisantes mais quand même vous avez une bonne partie des français à peu près 40-45% qui disent elles vont dans le bon sens et donc elles vont dans le bon sens mais elles sont insuffisantes et puis vous en avez 40 à 45% pour faire la même proportion qui disent de toute façon ça ne change rien à ma situation la question que l'on peut se poser on parlait tout à l'heure de l'arbitrage d'assitude d'assitude colère si ces mesures n'étaient pas en vigueur
est
-ce qu'on n'aurait pas déjà basculé dans une situation je ne
vais
pas dire d'émeute sociale mais en tout cas de tensions sociales encore plus fortes qu'elles sont aujourd'hui on a vu ce qui s'est passé y compris dans le mouvement des carburants l'opinion ne l'a pas soutenu parce qu'une partie des électorats des électeurs disent c'est pas le moment premièrement
et
deuxièmement parce que contrairement au mouvement des gilets jaunes la dame qu'on a vue dans le reportage je ne parle pas d'elle personnellement mais les travailleurs notamment n'ont pas soutenu ce mouvement parce qu'ils considéraient qu'il n'était pas tout à fait le leur c'était pas une mesure ils ne se battaient pas contre une mesure prise par le gouvernement mais c'était un conflit à l'intérieur d'une entreprise et donc il n'y a pas eu pour l'instant à ce moment-là la jonction entre l'ensemble du monde du travail contrairement au moment des gilets jaunes est-ce que l'état pourrait réglementer le prix des produits alimentaires de première nécessité Gaël Mack ça c'est un débat qui me semble-t-il a disparu ces dernières semaines oui alors bon c'est sûr que c'est un petit peu soviétique en soi c'est-à-dire revenir à une réglementation à une administration des prix bon on l'a fait on a encadré le prix des loyers le fait de faire finalement un bouclier tarifaire aujourd'hui c'est une sorte d'encadrement des prix je ne pense pas en tout cas je pense que le gouvernement n'y songe pas et je ne pense pas du tout que ça soit à l'ordre du jour mais pour en revenir à ce qui était dit sur est-ce que l'état peut continuer pendant longtemps à faire ce type de dépenses la réponse elle se situe aussi en partie à Bruxelles quand même c'est-à-dire que pour l'instant il y
a
une espèce de chèque en blanc qui est fait en gros jusqu'à pendant un certain temps puisqu'on a mis entre parenthèses le pacte de stabilité je rappelle que normalement selon les critères de Maastricht on n
'est
pas censé dépasser 60% de dette on est à 114% et que les allemands commencent à dire qu'il faudra quand même un jour penser à revenir dans les clubs un jour il
faudra quand même
rediscuter de ce pacte de stabilité qui va peut-être dont on va changer peut-être un peu les modalités mais on va remettre des règles du jeu et donc ce moment va un jour se terminer de l'argent magique comment croire qu'une répartition plus juste soit possible sans contraindre les entreprises là aussi autre arc de tension et ça va être très difficile ça va être très difficile parce que ça rejoint la question sur l'indexation des salaires sur l'inflation en réalité ça part du principe qu'il faut prendre aux entreprises pour redistribuer en salaire mais en le gravant dans un contrat avec des montants à allouer chaque année or un certain nombre d'entreprises disent très bien j'ai eu une bonne année l'année prochaine ça n'ira pas et l'année d'après peut-être encore moins donc si j'augmente et si vous augmentez la contrainte je serai tout simplement peut-être obligée de mettre la clé sous la porte et auquel cas il n
'y
a plus de salaire il n
'y a
plus d'emploi merci à tous les quatre d'avoir participé à cette émission dans un instant c'est à vous bonsoir Anne-Elisabeth Lemoyne bonsoir Bruno quel est le programme ce soir
?
et bien il a interrogé des écrivains des artistes des grands dirigeants français et étrangers qu'il a vu dans le doute le désarroi dans la solitude du pouvoir et de la création le journaliste Jean-Pierre Elkabach livre ses mémoires plus de 50 ans de carrière et des moments forts face à face avec Poutine en 2014 ou encore avec François Mitterrand au crépuscule de sa vie il est ce soir notre invité
et
bien on va suivre ça de très près merci beaucoup à tout de suite sur France 5 et très bonne soirée
et très bonne soirée
Emmanuel Macron