Guillaume Balas : "Le ras-le-bol a été trop grand face aux étiquettes anciennes"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui a été raté dans cette campagne socialiste ?
- 0:54RelanceRéponse partielle
Avez-vous suffisamment expliqué qu'il y avait un programme de rupture avec François Hollande ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Le revenu universel fera partie peut-être du programme de prochain candidat à la présidentielle, vous le pensez ?
- 2:17OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a eu dans cette élection également une fuite du vote utile ?
- 2:51RelanceRéponse directe
Ce matin, vous parlez de trahison. Dans cette campagne de premier tour, à gauche, qui a soufflé le plus fort dans ces vents contraires ?
- 3:49OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous attendez du prochain congrès socialiste au mois d'octobre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24Invité politiqueFait
« on était dans une élection de mutation politique »
- 0:34Invité politiqueFait
« le ras-le-bol d'abord était trop grand par rapport aux étiquettes anciennes »
- 0:40Invité politiqueFait
« le poids du quinquennat et des divisions a été tel que les trahisons ont été constantes »
- 1:00Invité politiqueFait
« le problème, c'est que quand on disait que c'était un programme qui était en rupture avec le quinquennat, on nous accusait justement de trahison par rapport à ce quinquennat »
- 1:25Invité politiqueFait
« on est passé directement de la primaire à la présidentielle, ce qui n'avait pas du tout été le cas en 2012 »
- 2:21Invité politiqueFait
« Oui, ça c'est évident. Un double, d'ailleurs. »
- 3:20Invité politiqueFait
« le concurrent battu à la primaire, qui s'est engagé devant des millions de Français à respecter le verdict, Manuel Valls, et qui trahit sa parole »
- 3:27Invité politiqueFait
« François Fillon avec le fait de dire qu'il ne se présenterait pas s'il était mis en examen et de le faire, à la démonétisation de la parole politique »
- 4:06Invité politiqueFait
« la gauche est à un niveau global historiquement faible »
- 5:10Invité politiqueFait
« la réalité, c'est que les trois semaines qu'on a perdues au début ne sont pas tellement liées au fait qu'on ait discuté avec les uns ou avec les autres »
Temps de parole
- Guillaume Balas75 %
- Locuteur non identifié15 %
- Présentateur10 %
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L'invité de ce carrefour, c'est Guillaume Ballas, eurodéputé du groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates et soutien de Benoît Hamon. Bonjour.
Bonjour. Guillaume Ballas, j'ai échoué à contrer le désastre annoncé. C'est ce qu'a dit hier soir Benoît Hamon. Qu'est-ce qui a été raté dans cette campagne socialiste ?
Ce qu'on a souhaité, ce qu'on a pensé, c'est que comme on voyait justement qu'on était dans une élection de mutation politique, on a voulu que sur la souche de la vieille famille socialiste, il y ait un projet nouveau qui émerge. démocratique, social, écologique, européen. Ça n'a pas fonctionné. Ça n'a pas fonctionné parce que le ras-le-bol d'abord était trop grand par rapport aux étiquettes anciennes, on l'a vu de manière manifeste. Ça n'a pas fonctionné aussi parce que sans doute le poids du quinquennat et des divisions a été tel que les trahisons ont été constantes, ont complètement démonétisé la campagne que nous étions en train de mener.
Puis nous avons sans doute aussi nos propres responsabilités dans un certain nombre de moments.
Par exemple, avez-vous suffisamment expliqué qu'il y avait un programme de rupture
avec François Hollande ? Alors, le problème, c'est que quand on disait que c'était un programme qui était en rupture avec le quinquennat, on nous accusait justement de trahison par rapport à ce quinquennat. Et quand on disait que non, il y avait aussi des éléments de continuité, alors là, on nous disait que nous n'étions pas assez différenciés. On voit bien qu'on était justement dans cette prise en étau, j'allais dire, entre la fidélité à la famille socialiste et en même temps le besoin de nouveauté. Et qu'on n'a pas pu faire cette synthèse, il faut dire aussi que le temps était compté.
Je vous rappelle quand même qu'on est passé directement de la primaire à la présidentielle, ce qui n'avait pas du tout été le cas en 2012. Et donc, le temps de préparation était court. Néanmoins, je crois que sur la question du projet et du programme, cette campagne aura, je sais, ça fait bizarre de dire ça à 5%, mais aura quand même marqué quelque chose. Parce que d'ailleurs, quand on interroge les Français, il y a plusieurs enquêtes qualitatives qui montrent que les seuls éléments de programme retenus, en réalité, sont ceux issus de... Le programme universel. Oui, oui, par exemple.
Le revenu universel fera partie peut-être du programme de prochain candidat à la présidentielle, vous le pensez ?
Je n'en sais rien, parce que les histoires ne se répètent pas forcément. Mais en tout cas, l'intuition qui est de dire qu'aujourd'hui, les mutations du travail vont s'accélérer, tout comme d'ailleurs sur la question écologique, que par exemple, les perturbateurs endocriniens sont devenus aujourd'hui une réalité dangereuse, tout cela va se vérifier de plus en plus.
Est-ce qu'il y a eu dans cette élection également une fuite du vote utile ?
Oui, ça c'est évident. Un double, d'ailleurs. Moi, je pense qu'il y a eu une phase de démonétisation de la campagne par les trahisons, qui avait été organisée, pensée. Et puis ensuite, quand on a commencé à baisser, alors à partir de ce moment-là, s'est mis en place la mécanique du vote utile, à la fois Macron, j'allais dire, au vote utile contre le Front National, et en même temps, pour les gens qui étaient de gauche, de se dire, bon, puisque de toute façon, Hamon, d'une certaine manière, c'est fichu, il y a Mélenchon, et Mélenchon, voilà, ça va être encore plus identifié en rupture avec le quinquennat. Et donc, on est victime de cette double spirale.
Ce matin, vous parlez de trahison. Benoît Hamon, hier soir, a aussi évoqué des trahisons. Yannick Jadot, soutien écologiste de Benoît Hamon, avait parlé aussi hier soir de planches savonnaient. Benoît Hamon avait dit déjà un peu plus tôt qu'il y avait des vents contraires. Dans cette campagne de premier tour, à gauche, qui a soufflé le plus fort dans ces vents contraires ?
Je ne sais pas qui a soufflé le plus fort, mais enfin, le plus symbolique, j'allais dire, c'est quand vous avez le concurrent battu à la primaire, qui s'est engagé devant des millions de Français à respecter le verdict, Manuel Valls, et qui trahit sa parole. Ça a participé, d'ailleurs, je pense, tout comme François Fillon avec le fait de dire qu'il ne se présenterait pas s'il était mis en examen et de le faire, à la démonétisation de la parole politique. C'est-à-dire au fait de dire, finalement, ces hommes politiques du Parti Les Républicains ou du Parti Socialiste ne tiennent jamais leur parole. Essayons quelque chose d'autre.
Ça a participé, je crois, profondément à l'affaiblissement des partis traditionnels. Et qu'est-ce que vous attendez du prochain congrès socialiste au mois d'octobre ? Franchement, je ne sais pas si j'attends un congrès du Parti Socialiste. Il aura lieu ? Oui, je ne sais pas, on verra.
Ça veut dire qu'il y aura des règlements de compte, des recompositions ?
Oui, mais je ne sais pas si ce qui m'intéresse d'abord prioritairement, c'est l'avenir du Parti Socialiste. Moi, ce qui m'intéresse prioritairement aujourd'hui, c'est la gauche. La gauche est à un niveau global historiquement faible. Si on regarde géographiquement, elle devient absente de territoires entiers. Je pense notamment à la partie Est de la France. Elle est en voie, notamment, elle peut mourir, réellement. Je crois qu'on en est là. Et donc, la question aujourd'hui, c'est comment on reconstruit la gauche, pas le Parti Socialiste ? Le Parti Socialiste peut en être un outil. S'il n'est plus pertinent, il faudra en changer.
Et Benoît Hamon, on est aussi un outil. Je ne déserterai jamais, a dit hier soir Benoît Hamon. Quel peut être son rôle, d'abord dans les 15 jours à venir, et puis ensuite ?
Dans les 15 jours à venir, je ne sais pas, parce que je pense qu'il faut qu'il prenne le temps aussi, maintenant, du recul, de la réflexion, de voir ce qui s'est passé, de l'analyse. Mais enfin, pour bien le connaître, je peux vous dire que l'évent contraire y connaît, et qu'il dit qu'il est solide comme du granit, je peux vous l'assurer.
Vous allez analyser cette campagne. Est-ce qu'elle a mal démarré ? C'est-à-dire qu'il y a peut-être eu une perte de temps pendant les trois premières semaines, où il a fallu négocier avec Yannick Jadot, et puis des interrogations sur une alliance éventuelle avec Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que tout ça, ça a pesé ?
Vous savez, ça, c'est une lecture qui a beaucoup couru, mais que je pense assez fausse. Parce que la réalité, c'est que les trois semaines qu'on a perdues au début ne sont pas tellement liées au fait qu'on ait discuté avec les uns ou avec les autres, mais sont liées tout simplement à l'installation d'une campagne présidentielle. Quand vous sortez d'une primaire, avec un parti socialiste qui est incapable, notamment, de pouvoir vraiment se mettre en ordre de marche. Et donc, on a passé sur temps infini, un temps infini, à essayer de s'organiser. Je pense que ça a été ça, le premier problème.
Et en réalité, pour les avoir menés, moi, les discussions, notamment sur le projet avec Yannick Jadot, ça a duré très peu de temps.
François Hollande devrait probablement parler aujourd'hui. Vous attendez quoi de la parole présidentielle ?
Écoutez, j'imagine qu'il va dire, pour l'intérêt national, qu'il faut faire barrage, notamment à Marine Le Pen. C'est le moins qu'on puisse attendre de lui. Pour le reste, je ne sais pas bien, il termine son quinquennat. Je n'ai pas bien compris qu'est-ce qu'il a voulu exprimer ces dernières semaines. Donc, on verra.
Parole ce matin de l'eurodéputé socialiste Guillaume Ballas, soutien de Benoît Hamon. Merci, Guillaume Ballas. C'est moi. Et bonne journée.
Guillaume Balas