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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 14 décembre 2025 19 min

Dermatose nodulaire, menace russe... Le "8h30 franceinfo" d'Alma Dufour

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Alma Dufour, et merci d'être avec nous sur France Info. Beaucoup de sujets à voir avec vous ce matin. Les divisions à gauche sur fond de budget, l'Ukraine, je rappelle que vous êtes membre de la commission défense à l'Assemblée Nationale. Mais avant cela, l'actualité de ces derniers jours est marquée par cette crise agricole qui commence à s'étendre. Ça fait déjà plus de 48 heures que les blocages ont commencé. Des éleveurs qui s'élèvent contre l'abattage de troupeaux entiers lorsque une seule vache est atteinte de dermatose nodulaire. Jean-Luc Mélenchon a jugé cette politique sanitaire absurde. Pour quelles raisons ?

0:35
Alma Dufour

C'est absurde pour plusieurs raisons. Et d'ailleurs, la France Insoumise a été le premier groupe politique à alerter la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevar, dès cet été. Dès cet été, notre collègue Manon Meunier, qui est aujourd'hui aux côtés des agriculteurs, notamment en Haute-Vienne, parce que c'est de là d'où c'est parti, a écrit à la ministre en expliquant que les éleveurs étaient traumatisés par cette approche d'abattage massif, sachant que cette maladie n'est ni contagieuse pour l'homme.

1:02
Présentateur

Mais elle est contagieuse aux bovins.

1:03
Alma Dufour

Elle est contagieuse aux bovins, mais elle n'est pas non plus excessivement mortelle pour les bovins. Donc c'est une réaction...

1:07
Présentateur

Mais elle implique parfois des choses qui vont rester et qui vont les affaiblir.

1:12
Alma Dufour

Ah non, mais ça c'est une évidence. C'est une maladie dont il faut éviter la contagion. Mais la question d'abattre tout un troupeau dès qu'il y a un animal qui est atteint, alors que des mesures de prévention, des mesures de contrôle seraient possibles, est extrêmement violent pour les agriculteurs. Et on les a prévenus, on leur a dit, si vous choisissez cette solution, sachant que la confiance est rompue avec le Mercosur, concernant notamment les éleveurs, concernant l'indemnisation, concernant plein de choses, vous allez vous retrouver dans une situation... Mais quand même, pardonnez-moi à Manufour.

Non mais laissez-moi finir, parce que du coup, les éleveurs, en fait, mis face à ce choix qui est drastique, et puis ils tiennent aussi à leur bête. Enfin, je veux dire, il y en a beaucoup pour qui c'est un crève-cœur, en fait, de voir un troupeau se faire abattre à la carabine. Enfin, vous imaginez, ils vont être très réticents.

1:55
Présentateur

C'est pas à la carabine.

1:56
Alma Dufour

Si, il y a eu des abattages à la carabine. En fait, c'est justement ce que disait ma collègue, c'est que ça s'est passé, et ça a été en plus fait de manière, des fois, absolument ni fait ni à faire.

2:05
Présentateur

Mais sauf que, pardon, à Manufour, c'est quelque chose qui est la politique mise en place en Italie, qui est la politique mise en place en Grèce, c'est ce qui a été mis en place en Savoie, et de fait, aujourd'hui, en Savoie, il n'y a plus de cas. Donc, on fait quoi ?

2:18
Alma Dufour

Nous, ce qu'on préconise, donc c'est des cordons sanitaires, c'est de la prévention, et c'est l'avancée sur la recherche d'un vaccin.

2:25
Présentateur

Il existe, le vaccin ?

2:26
Alma Dufour

Oui, il existe, il est produit en Afrique du Sud. Mais pour l'instant, on n'est pas en train de vacciner massivement les bêtes. Et ce que je veux dire, c'est que la prévention et l'abattage ciblés était une solution bien préférable, et c'est ce que les agriculteurs vous disent, en fait. C'est une violence institutionnelle qu'on a dénoncée depuis au moins 4-5 mois. La crise enfle, parce qu'en fait, souffrons aussi, globalement, de crises du monde agricole, qui ne s'est pas arrêtée depuis deux ans, et la fameuse crise des agriculteurs. Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'à chaque année, chaque début de salon de l'agriculture, on va revenir avec des agriculteurs en colère.

2:59
Présentateur

Il ne faut pas écouter ce que disent les vétérinaires, qui disent que c'est la seule politique qu'on peut mettre en place ?

3:03
Alma Dufour

Écoutez, en tout cas, l'épidémie a déjà eu lieu en 2016, et la stratégie d'abattage massif n'avait pas porté les résultats escomptés. C'est-à-dire qu'il y avait une surmortalité des troupeaux, mais ça n'avait pas empêché la maladie de se répandre. Donc nous, on dit, pourquoi n'apprenons-nous pas de nos erreurs ? Pourquoi la ministre n'a pas écouté nos alertes ? Et pourquoi on n'a pas opté pour la solution du moindre mal, et la plus douce, on va dire, pour les agriculteurs ?

3:28
Présentateur

Vous dites, vaccination de tous les bovins ?

3:30
Alma Dufour

Vaccination de tous les bovins, couloir sanitaire, évidemment, abattage des bovins qui sont touchés. Ça, c'est évident, mais pas abattage de tous les troupeaux à partir du moment où il y a un cas. Sinon, les agriculteurs ne vont pas dénoncer. C'est ce qu'on a dit, en fait. C'est-à-dire que si vous êtes un agriculteur, et que vous pressentez que votre troupeau est touché, qu'une bête est touchée, vous allez, par moment, avoir peur, en fait, de le dire aux autorités, parce que vous n'êtes pas sûr d'être indemnisé correctement, et parce qu'en plus, c'est vraiment très traumatisant à vivre.

3:55
Locuteur non identifié

Alma Dufour, l'autre actualité du week-end, et pas seulement du week-end, c'est bien évidemment la guerre en Ukraine, avec les conflits, la guerre qui continue, les attaques qui continuent, et les négociations également sur les différents projets de paix. L'envoyé spécial américain Steve Witkoff va rencontrer Vladimir Zelensky, normalement, dans les prochaines heures, à Berlin. Vous espérez quelque chose de cette rencontre ?

4:16
Alma Dufour

Il faut espérer quelque chose, parce qu'il faut juste redonner le nombre de morts, en fait, dans ce conflit. Il y a déjà 80 000 morts du côté ukrainien, 245 000 morts du côté russe. À un moment donné, il faut quand même souhaiter que ça s'arrête le plus vite aussi, pour épargner le maximum de vie. Après, la question, évidemment, c'est que le prix qui va être imposé à l'Ukraine est un prix très lourd. Clairement, là, on parle de cession territoriale, de création d'une zone économique libre, pour qu'à la fois les États-Unis et la Russie...

4:45
Présentateur

C'est ce que disent les Américains, ça.

4:47
Alma Dufour

Oui, c'est ce que disent les Américains, mais bon, globalement, je ne suis pas sûre que l'Ukraine ait beaucoup le choix, puisqu'en fait, sans le soutien des États-Unis, l'Ukraine est seule. Sans le soutien des renseignements américains, des satellites américains, l'Ukraine ne peut plus se battre contre la Russie. Donc aujourd'hui, le changement de gouvernement aux États-Unis montre à quel point l'Ukraine est vulnérable et peut se faire lâcher par les États-Unis à la moindre seconde. Évidemment, ils vont céder.

5:11
Locuteur non identifié

Le président ukrainien s'est dit préorganiser des élections entre 60 à 90 jours, à condition que les États-Unis et l'Europe puissent garantir des conditions de sécurité au pays. Vous pensez toujours qu'il est le président de rien, Zelensky ? C'était les propos de Jean-Luc Mélenchon.

5:28
Alma Dufour

Non, mais ce qui est sûr, c'est qu'au jour d'aujourd'hui, il faut que ces élections se tiennent et c'est aujourd'hui quelque chose qui est soutenu aussi par l'Union européenne. On n'a pas le choix pour avancer. Il faut absolument qu'on mette toutes les chances de notre côté pour aboutir à cette paix. Évidemment, il faut que la sécurité de l'Ukraine, à partir du moment où cet accord de paix soit signé, soit préservé. Donc, cette question de la surveillance et de l'intervention des forces américaines et européennes ou de l'ONU... Mais moi, je vous pose la question

5:53
Locuteur non identifié

de la légitimité, Zelensky, que vous avez remise en cause du fait de l'absence, effectivement, de nouvelles élections suspendues prévues par la Constitution en cas de loi martial.

6:04
Alma Dufour

Évidemment, oui, la Constitution ukrainienne le prévoit. Donc, ce n'est pas un coup d'État. Néanmoins, il est vrai que M. Zelensky, aujourd'hui, n'est plus assis sur une légitimité de l'Union européenne. Il est illégitime, aujourd'hui, pour vous ? Je ne sais pas s'il est illégitime ou illégitime. C'est une question qui est importante. Quoi qu'il en soit, non. Ce qui est important, c'est que...

6:18
Présentateur

Vous ne savez pas s'il est légitime ou illégitime ?

6:20
Alma Dufour

En tout cas, il n'y a pas eu d'élection. C'est ça que je vous dis.

6:23
Présentateur

Conformément à la loi ukrainienne ?

6:24
Alma Dufour

Oui, oui, mais il n'y a pas de souci. En tout cas, ce que moi, je vous dis... Là, vous allez me dire, oui, la France insoumise, qu'est-ce qu'elle pense de M. Zelensky ? En fait, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que... Non, le sujet, c'est que l'Union européenne...

6:33
Présentateur

C'est un petit peu le sujet, parce que si demain, vous êtes au pouvoir, se posera la question de votre soutien à l'Ukraine.

6:38
Alma Dufour

Mais attendez, l'Union européenne, elle a ou pas signé cet accord de paix ? Elle le défend ou elle ne le défend pas ?

6:42
Présentateur

Mais pour l'instant, il n'y a pas d'accord de paix.

6:43
Alma Dufour

Non, mais elle défend ou pas l'idée qu'il y ait une élection comme compromis pour aboutir à un accord de paix. Elle défend l'idée d'une élection après,

6:54
Locuteur non identifié

une fois que le retour à la normale, l'absence de conflit, etc. Ce n'est pas du tout votre position qu'il faut des élections, il faut qu'il parte un préalable, ce qui est plutôt la position de Donald Trump que vous rejoignez sur ce plan.

7:06
Alma Dufour

Non, mais la question... En fait, nous, ce qu'on demande, c'est surtout un référendum des populations concernées par l'annexion éventuelle par la Russie ou par la zone économique libre.

7:15
Présentateur

Ça, vous l'avez dit, M. Zelensky l'a proposé.

7:16
Alma Dufour

Voilà, et là, je viens de voir qu'il l'a proposé. Donc, effectivement, sur ça, on se joint à lui, parce que, pour nous, ce qui est déterminant dans le succès de ce processus de paix, c'est effectivement qu'il y ait un référendum et la consultation des populations directement concernées. C'est ce qu'on a toujours demandé, en fait. Et finalement, si vous observez, aujourd'hui, le cadre des négociations qui est sur la table, ça ressemble peu ou prou à ce qu'on proposait depuis plusieurs mois déjà. La question, et ce qui est terrible, c'est qu'effectivement, l'Ukraine va être dépossédée d'une partie de sa souveraineté territoriale.

7:47
Locuteur non identifié

Al-Mahdufou, la question de la défense, notamment face à la menace russe, elle s'est posée cette semaine à l'Assemblée nationale. Mercredi, vous avez dû vous prononcer sur le principe d'une augmentation du budget de la défense en 2026. Un texte qui a été adopté à une très grande majorité dans l'hémicycle, sauf par la France insoumise qui a voté contre. Ce n'était pas important d'augmenter les crédits militaires en ce moment ?

8:05
Alma Dufour

Non, parce qu'aujourd'hui, en fait, on agite les questions de défense et on les réfléchit mal. Et en fait, il y a quelque chose... En fait, en gros, aujourd'hui, si on augmente les crédits de la défense, on achète des armes militaires acquis aux Etats-Unis. C'est ce qui est en train de se passer avec l'Union européenne et c'est pour ça que Trump a tapé du pot.

8:24
Présentateur

Pas les Français, en l'espèce.

8:25
Alma Dufour

Si, si, mais 65% des dépenses militaires européennes sont dirigées vers de l'armement militant.

8:30
Présentateur

Mais là, l'objet était d'augmenter nos dépenses.

8:32
Alma Dufour

Non, mais nos dépenses, elles vont pour qui ? Enfin, pour acheter de l'armement, on est d'accord ? Cet armement, il est produit par qui ? Les Français achètent beaucoup d'armes françaises également. Non, mais 65% de nos achats militaires sont dirigés vers les Etats-Unis. Mais ce que j'essaye de vous expliquer aujourd'hui, c'est que la défense française n'est plus indépendante. Nous sommes aujourd'hui en train de perdre des industries stratégiques, y compris par exemple dans la dissuasion nucléaire Vencorex. C'est une entreprise dont on a demandé la nationalisation qui vient de fermer il y a quelques mois. Il y a LMB Aérospace, il y a Atos.

Si vous regardez les votes de la France insoumise dans le budget, nous n'avons cessé de dire attention, nous ne pouvons pas perdre notre souveraineté. C'est un peu paradoxal quand même.

9:10
Présentateur

On ne peut pas perdre notre souveraineté, mais on ne peut pas...

9:12
Locuteur non identifié

Attendez, j'entends votre argument, mais en l'occurrence, ce n'était pas le seul qui était annoncé dans l'hémicycle pour justifier votre vote contre. Je voudrais qu'on écoute Bastien Lachaud dans l'hémicycle. Il est député de la France insoumise. Il a justifié votre vote. Vous parlez de réarmement massif, de nations menacées, de conflits imminents avec la Russie. Au début du siècle précédent, on appelait cela le bourrage de crâne, de la propagande pure et simple. Alors, la menace russe, c'est de la propagande ? C'est du bourrage de crâne ?

9:39
Alma Dufour

Oui, alors attendez. Est-ce que vous pouvez me laisser finir mon propos sur ces questions de défense ? Parce qu'aujourd'hui, et personne n'en parle, mais par exemple, la Chine a riposté à l'agressivité commerciale des États-Unis et au fait que l'Union européenne ait signé un accord quand même assez unique pour nous avec les États-Unis, en disant que c'est très simple. Si dans un an, vous n'avez pas revu vos positions, moi, j'arrête d'exporter les terres rares. Les terres rares sont des composants qui sont absolument essentiels à l'ensemble de l'industrie, y compris de la défense.

Tout ça, ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, on est en train de se mettre dans la roue américaine en augmentant trop rapidement les budgets de la défense parce qu'on n'a pas l'indépendance suffisante et la production militaire suffisante en Europe pour assurer notre indépendance.

10:21
Présentateur

Mais on parle de la France, là, le malheur.

10:23
Alma Dufour

Oui, mais là, je vous parle. C'est ce que je suis en train de vous dire. Or, les États-Unis, ils sont certes moins menaçants que la Russie, mais ils ne sont pas très sympathiques avec l'Union européenne. En ce moment, ça ne vous a pas échappé, qu'il y a eu un document stratégique. Non, mais laissez-moi finir. Il y a eu un document stratégique qui disait nous allons aider l'Europe à se remettre sur le droit chemin, etc., etc. Ce qui est carrément de l'ingérence.

Ce que je suis en train de vous dire, c'est qu'il n'y a pas de politique de défense qui soit bénéfique pour l'intérêt général français qui ne soit conçue en indépendance par rapport et aux États-Unis et à la Chine et évidemment, en prenant en compte la menace.

10:56
Présentateur

Je reviens sur votre collègue Bastien Lachaud qu'on a entendu. Est-ce qu'aujourd'hui, c'est la menace internationale qui pèse sur la France et la menace russe ?

11:05
Alma Dufour

Je n'en suis pas sûre. Je pense qu'aujourd'hui...

11:09
Présentateur

Ce serait quoi alors ?

11:10
Alma Dufour

Mais je ne sais pas s'il faut dire la principale menace. La question, c'est que nous ne sommes pas en guerre avec la Russie. Nous, la France. Les ingérences, la déstabilisation, la manipulation, c'est une forme de guerre. Oui, mais alors là, c'est trop facile. C'est-à-dire, est-ce qu'on est en guerre ou est-ce qu'on n'est pas en guerre ? Évidemment qu'il y a eu des cyberattaques.

11:25
Présentateur

Ça s'appelle la guerre hybride.

11:27
Alma Dufour

Ok, d'accord. Donc, on est en guerre avec la Russie ? Vous l'assumez aujourd'hui ? Non, non, mais c'est une vraie question.

11:31
Présentateur

Je ne suis pas responsable politique. Je vous pose une question.

11:33
Alma Dufour

Non, non, mais voilà. Donc, faites attention au mot qu'on emploie. Là, la France, vous ne pouvez pas dire que c'est une guerre hybride. Oui.

11:38
Présentateur

On n'est pas dans une guerre hybride.

11:39
Alma Dufour

Non, c'est des attaques si vous voulez appeler ça guerre. Mais en fait, la guerre, c'est la guerre. Nous ne sommes pas officiellement en guerre contre la Russie. Oui ou non ? Oui ou non ? Non, mais répondez-moi parce que c'est trop facile. Ce n'est pas à moi de vous dire qu'on est en guerre. Vous êtes responsable politique. Parce que c'est faux. Nous ne sommes pas officiellement en guerre avec la Russie.

11:57
Présentateur

Ma question n'était pas sur la guerre. Ma question était est-ce que la Russie est une menace ?

12:00
Alma Dufour

Oui, et je vous ai dit que... Non, vous m'avez dit est-ce que c'est la plus grande menace ? Est-ce que c'est la principale menace ? Moi, je n'ai pas arrêté de vous dire qu'aujourd'hui, ce qui est le plus important pour la France, c'est d'être résiliente dans les conflits de grandes puissances qui aujourd'hui ont lieu. C'est-à-dire les Etats-Unis, la Chine, la Russie. Et d'arriver à trouver un chemin d'équilibre pour ne dépendre d'aucune de ces trois puissances. Voilà. Est-ce que je peux être clair ? Alors, la Russie est-elle une menace dans le futur ? Peut-être. Peut-être. Et est-ce que nous devons être prêts à tous les scénarios ? On n'est pas sûr. Oui.

Est-ce que c'est nous qui devons anticiper ça et être plus belligérants que les belligérants ? C'est ça la question. Quand nous-mêmes nous armons les esprits en disant ils vont nous attaquer c'est exactement ce qui se passe dans toutes les escalades militaires dans le monde. C'est-à-dire qu'un pays dit c'est eux qui vont nous attaquer armez-vous on va répondre. Et la Russie va dire ah, il va nous attaquer armez-vous on va répondre. On a quand même du mal

12:50
Locuteur non identifié

à suivre vos positions. Juste, on manque de temps donc en très court mais je suis allée regarder vos votes au Parlement européen. Vous avez voté contre une résolution qui dénonçait les violations de la Russie de l'espace aérien européen et dans l'espace de l'OTAN. Vos députés la France Insoumise ils sont quasiment les seuls. Pourquoi vous qui parlez d'indépendance européenne ?

13:06
Alma Dufour

Parce que encore une fois les résolutions il faut voir ce qui est écrit les résolutions c'est bien pour se faire plaisir. Non, en l'occurrence c'est assez simple.

13:13
Locuteur non identifié

Vous l'avez lu la résolution ? Oui, ça condamne l'action dans l'espace européen.

13:18
Alma Dufour

J'ai lu évidemment. Non, vous n'avez pas lu en entier la résolution parce qu'en fait c'est comme pour Boalem Sansal c'est comme pour plein de cas. A chaque fois vous dites pourquoi vous n'avez pas signé cette résolution dont le titre est machin. Personne ne lit l'exposé des motifs ni vers où ça se dirige. La question c'est ça. Nous, on est pour une position de désescalade. On a toujours été pour la solution diplomatique. En Ukraine, résultat des cours c'est ce qui est en train d'arriver. Peu ou prou sauf que l'Ukraine est en train de payer très cher ce qui est en train de se passer.

Et finalement on se rend compte que les Etats-Unis n'ont pas du tout été un allié fiable puisqu'au dernier moment ils les ont abandonnés. Donc voilà maintenant est-ce qu'on peut apprendre de nos erreurs et essayer de construire une défense indépendante et résiliente ?

13:54
Présentateur

Vous restez avec nous

13:59
Invité

Le blocage de l'A64 toujours en cours ce matin mais celui de l'A7 est levé. D'autres majoritairement dans le sud-ouest de la France. Les agriculteurs sont en colère contre la mise à mort systématique des troupeaux en cas de dermatose nodulaire détectée. Des abattages pour protéger justifie le ministère de l'Agriculture sur France Info car d'autres foyers sont à attendre localement. Donald Trump promet de riposter contre l'organisation Etat islamique. Deux soldats et un civil américain ont été tués en Syrie. Hier, tous faisaient partie d'une mission de contre-terrorisme dans la région de Palmyre. Un Boeing 777 a fait un atterrissage d'urgence juste après son décollage.

Hier à Washington, un morceau du capot du moteur s'est détaché et a pris feu. L'incident n'a pas fait de blessés. Boeing ne commence pas. Une manifestation féministe prévue cet après-midi à Cannes avant un spectacle d'Harry Habitant. Il a été accusé de viol avant un non-lieu confirmé en appel. Rassemblement après la diffusion cette semaine de propos de Brigitte Macron qualifiant de salle conne les militantes féministes qui ont perturbé le spectacle du comédien le week-end dernier.

15:11
Locuteur non identifié

France Info

15:12
Invité

Et nous sommes toujours

15:19
Locuteur non identifié

sur France Info avec Alma Dufour députée LFI de Seine-Maritime. On va vous parler politique maintenant française. Mardi, le PLFSS le projet de loi de financement de la sécurité sociale a été adopté à 13 voix près à l'Assemblée nationale. Le parti socialiste a voté pour les écologistes se sont abstenus vous avez voté contre le temps du nouveau Front populaire semble loin. Est-ce que vous vous sentez

15:40
Alma Dufour

seule dans cet hémicycle ? Non, je ne me sens pas seule parce que j'ai quand même l'impression que la majorité des Françaises et des Français sont d'accord avec notre choix et notre décision. En tout cas, c'est ce qui ressort des échanges qu'on peut avoir dans la rue. C'est ce qui ressort aussi beaucoup de ce que je vois passer sur les réseaux sociaux même si c'est un miroir déformant. Les Français veulent de la clarté. Les Français en ont marre d'Emmanuel Macron. Je pense que voilà on est tous d'accord pour dire que c'est quand même on a atteint des côtes d'impopularité qui sont quand même sans précédent.

Les Français veulent tourner cette page et ils voient très bien qui est pressé de la tourner et qui ralentit on va dire au maximum un changement de politique dont tout le monde a besoin. Donc aujourd'hui on ne se sent pas seul. Vraiment on regrette la position des écologistes notamment parce qu'ils se sont abstenus.

16:25
Présentateur

Et pas des socialistes ?

16:26
Alma Dufour

Les socialistes ?

16:27
Présentateur

Vous n'en attendez rien ?

16:28
Alma Dufour

Voilà c'est ça. En fait on ne va pas dire ça fait longtemps que le divorce stratégique avec la France insoumise il est acté.

16:34
Locuteur non identifié

Il est seulement stratégique ce divorce avec les socialistes ou c'est plus profond ?

16:37
Alma Dufour

Bah écoutez moi j'aurais pensé que c'était que stratégique à un moment mais en fait finalement je les vois retourner à une forme à leurs premiers amours avec le macronisme une forme de gauche très bourgeoise très libérale qui ne comprend toujours pas les classes populaires et leurs attentes. Moi j'y croyais à ce divorce entre macronisme et socialisme en 2022 pendant la NUPES et je pensais que nos divergences étaient surtout stratégiques vous voyez sur la manière de gagner des élections le fait d'être... Ça veut dire à l'Alma Dufour qu'il n'y a plus

17:04
Présentateur

d'alliance possible avec les socialistes ? Ou alors est-ce que vous nous dites ça aujourd'hui et puis demain il se trouve qu'il y a une dissolution et hop vous allez vous allier ?

17:11
Alma Dufour

Écoutez en tout cas les socialistes ça fait plus d'un an qui disent qu'il n'y aura plus jamais d'alliance avec nous à aucune élection. Donc c'est eux qui ont acté la rupture et la désunion c'est eux qui ont fracassé le nouveau Front Populaire je vais le dire très clairement. Est-ce qu'aujourd'hui il faut insulter le futur ? Moi honnêtement si ça ne dépendait que de moi il n'y aurait pas d'alliance parce que je ne partage rien de leur doctrine économique et politique.

Je trouve en fait ils sont libéraux ils sont un peu moins libéraux que monsieur Macron mais au final ce n'est pas eux qui vont sortir la France de cette crise économique et sociale dans laquelle on se trouve mais néanmoins si la menace est la montée de l'extrême droite c'est-à-dire des ultra-libéraux autoritaires et racistes évidemment que se posera toujours la question de ce que nous devons faire en responsabilité pour empêcher notre pays de tourner. Oui la question elle va se poser très vite parce qu'elle va se poser lors des municipales vous avez mis dans un certain nombre de grandes villes Oui mais vous avez mis

18:03
Locuteur non identifié

dans un certain nombre de grandes villes tenues par des socialistes des candidats insoumis Manuel Bonparfum en novembre dans le Parisien a déclaré l'objectif c'est de leur faire la peau à tous droite comme de gauche faire la peau aux socialistes c'est quand même sacrément violent

18:15
Alma Dufour

Oui écoutez c'est violent mais c'est pas plus violent que des socialistes qui me regardent droit dans les yeux en me disant qu'ils ont voté blanc quand j'étais face au rassemblement national en 2022 je veux dire ne vous inquiétez pas les socialistes sont capables de beaucoup de violence aussi Mais ce sont vos ennemis

18:32
Présentateur

dans les municipales

18:33
Alma Dufour

Bah écoutez à un moment donné ils sont aujourd'hui des supplétifs de la Macronie et ils veulent tuer tout espoir qu'il y ait une autre politique qui émerge qu'il ne soit pas celle du rassemblement national c'est à dire une gauche de rupture nous avons rebâti la gauche après leur trahison des classes populaires nous leur avons laissé une place à notre table en 2022 alors qu'à niveau Vous n'avez pas répondu

18:53
Présentateur

ce sont vos ennemis

18:54
Alma Dufour

Non mais en fait à un moment donné tout ce qui empêche l'avènement d'une politique de progrès social dans ce moment de grande souffrance pour le peuple français Bah effectivement à un moment donné ce sont des adversaires ce ne sont pas mes ennemis je sais faire la différence entre l'extrême droite et un socialiste mais eux ne savent pas la faire quand je vous dis ils votent blanc quand je suis face au rassemblement national

19:12
Présentateur

Merci beaucoup Alma Dufour députée La France Insoumise de Seine-Maritime d'avoir été avec nous ce matin dans le 8.30 France Info Merci Camille Vigone Lequad du Nouvelle Obs on vous retrouve dans une heure un petit peu moins pour les informer restez sur France Info Merci à mes Tipeurs