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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 19 octobre 2017 32 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalBudget & impôtsSécuritéInstitutions & élections

#RDLS43 : EUROPE, BUDGET, TERRORISME, EXTRÊME DROITE, SYNDICALISME

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Locuteur 1Fait
    « C'est l'adversaire qui choisit le sujet ! Vous avez une pile d'amendements, comme ça : il en choisit un. »
  • 4:00Locuteur 1Chiffre
    « La France doit sa contribution à l'Europe. Combien c'est ? 20 milliards ... et ... 200 millions. »
  • 6:00Locuteur 1Chiffre
    « C'est 5 fois plus que c'était le cas en 1982 ! »
  • 9:00Locuteur 1Fait
    « Pendant les 4 mois en question, moi j'ai continué à me balader à pied, sans garde du corps, et pour cause, dans le métro. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour ! C'est la 43° édition de la Revue de la Semaine ! On est dans la salle de réunion du groupe la France Insoumise à l'Assemblée Nationale.

C'est pourquoi c'est lugubre, hein ? Voilà ...

Bon, eh ben allez ! Générique ! Bon, alors j'ai lu les commentaires de la dernière revue de la semaine et sur l'histoire du drapeau, (du drapeau européen), il y a un certain nombre d'entre vous qui ont dit : "Allez, c'est bon quoi ... on passe à autre chose ...".

Ben non, on va pas passer à autre chose ! Parce que c'est pas moi qui choisis (je vous l'ai dit) les sujets de polémique. Moi je préférerais les beaux sujets de polémique, quand on fait des propositions, etc.

Mais ça ne se passe pas comme ça ! C'est l'adversaire qui choisit le sujet ! Vous avez une pile d'amendements, comme ça : il en choisit un.

Alors, qu'est ce qu'il faut faire ? Quand ils le choisissent : "Non ! Ah pardon !

Je ne le fais plus, c'est pas ça que je voulais dire !". Bah, enfin !

Soyez pas des gamins ! Ils ont choisi, alors à vous de retournez la situation ! C'est un hameçon !

Et donc vous avez le chef de l'Etat qui s'en va en Allemagne expliquer qu'il va signer un papier pour montrer que blablabla etc. Vous avez vu ce que je vous ai expliqué la dernière fois ? Donc, on choisit pas le terrain sur lequel la bataille s'engage.

Il vaut mieux essayer de le choisir, mais, on ne le choisit pas dans le détail. Une fois qu'on l'a, il faut tirer sur la ficelle ! Y a plein de gens qui ignoraient absolument tout, de A jusqu'à Z, de cette histoire de drapeau !

Et tout d'un coup ils découvrent : "mais oui, tiens ! comment ça se fait ?".

Ils réfléchissent. Ce qui est important pour nous, c'est d'être déclencheurs d'idées. Après, vous pouvez avoir des gens qui nous ont regardés, ils disent : "Ah, ben non, moi, ça me va très bien.

Ce drapeau-là, il me convient.". Bon, au moins on crée de l'adhésion, de la répulsion, du débat.

C'est ça le rôle de gens qui veulent animer un débat public. C'est pas de passer son temps à s'excuser comme des communicants : "Ah ben ça c'est pas un bon sujet, là c'est pas la bonne couleur de la layette, ah ben là on aurait dû mettre un autre emballage ...".

C'est pas ça ! On n'est pas des communicants ! C'est un métier, communicant.

Nous, on est militants politiques. On essaye de provoquer du débat là où il y en n'a pas, et, je vous l'ai déjà expliqué, de créer de la conflictualité, c'est-à-dire, du fait que tout le monde n'est pas d'accord (et par définition). Ceux qui ont intérêt à briser l'ordre du monde établi, c'est nous, puisqu'on en propose un autre !

Faut vous rappeler de tout ça parce que ça, ça changera pas. Alors, puisqu'on a démarré sur le drapeau, on continue ! J'ai une autre mauvaise polémique à vous proposer.

La voilà ! Figurez-vous que là, on est en train de voter le budget de la nation. D'accord ?

Ça s'appelle le PLF : le Projet de Loi de Finances. Bon, après je vous en dis un mot. Mais là, il y a une ligne européenne : c'est la contribution de la France au budget de l'Union Européenne.

Déjà, première remarque : l'Union Européenne, elle se finance par les états. Très peu par ses ressources propres. Et de moins en moins par ses ressources propres.

Parce que les droits de douane, il y en a de moins en moins, vu qu'il y a de plus en plus d'accords de libre-échange. Plus d'accords de libre-échange, moins de droits de douane ...

Donc plus de contributions des états. Je le dis au passage pour que l'on voit la cohérence qui unit les différents aspects de la pensée politique sur le sujet. Donc, la France doit sa contribution à l'Europe.

Combien c'est ? 20 milliards ... et ... 200 millions.

C'est beaucoup ! 20 milliards 200 millions. C'est dans la colonne dépenses.

Ok ? Sur les 20 milliards 200 millions qu'on donne, heureusement, ça revient. Il y en a 14 milliards qui reviennent.

Et là-dedans, la Politique Agricole Commune c'est le GROS morceau ! Très, très, très gros morceau ! Donc, que font ceux qui écoutent mes protestations ?

Un instant, je vais vous expliquer le contenu maintenant. "Ah, mais M. Mélenchon !

Quand même ! Il y a 14 milliards qui reviennent grâce à l'Europe !" Non, non !

C'est notre fric ! Il fait le tour, hein ? Il part de la caisse de l'Etat français, il arrive à la Caisse Européenne, tchouf, il ressort pour venir quoi ?

Subventionner, d'après des règles européennes, une agriculture productiviste et chimique. D'accord ? Faut jamais perdre de vue cette affaire !

Bon. Il y en a 14 milliards qui reviennent dans les caisses de la France. 20 milliards - 14 milliards = 6 milliards.

Solde net (c'est-à-dire : une fois qu'on a payé et qu'on a récupéré) : 6 milliards. Nous contribuons, nous donnons, nous offrons, nous ... dépensons 6 milliards pour l'Europe, pour l'Union Européenne.

Ces 6 milliards vont dans tel ou tel pays pour construire des routes, pour faire des ponts, pour mettre à niveau ...

Attention, hein ? Vous m'entendez bien ! C'est pas pour harmoniser les droits sociaux, payer des fonctionnaires pour encaisser les impôts ...

Non ! C'est pour rien de tout ça ! C'est des politiques européennes, la Politique Agricole, la Politique de ceci, la Politique de cela, etc. qui en réalité, eh ben servent à d'autres pays à s'équiper.

Un temps en Irlande : vous alliez en Irlande (c'était incroyable !) l'autoroute là, le boulevard circulaire autour de la capitale, ben il était marqué en gros : "ceci est financé grâce à l'Europe", "ceci est financé grâce à l'Europe". Bon, ça s'appelle les fonds structurels, on aide.

Bref, y en a pour 6 milliards. Alors, d'abord, on commence par les 20 milliards à discuter la somme. Pourquoi ?

Parce que c'est de plus en plus ! C'est 5 fois plus que c'était le cas en 1982 ! 5 fois plus !

En dépenses de l'état ! Et puis, c'est pas fini ! Là, on en est à 20 milliards.

Ça fait 1 milliard 700 millions de plus que l'année d'avant ! C'est une grosse augmentation ! Très grosse augmentation !

Il n'y a pas d'autre budget qui progresse comme ça, dans le budget de la nation ! Et pendant les 2 années qui viennent, ça va encore augmenter ! Au total, ça fera "+ 4 milliards" !

Alors, les gens, c'est peut-être le moment de commencer à regarder les sommes ! C'est pas la peine de bêler en cadence : "l'Europe ceci", "l'Europe cela" ...

C'est à quoi sert tout ça ? Et surtout, je vous demande de vous rappeler une chose. C'est que la France est le dernier pays qui est dans la liste des pays qui sont montrés du doigt et en cours d'une procédure pour "DÉFICIT EXCESSIF" !

Hmm ? Alors, on est en déficit excessif, mais on fait cadeau de 6 milliards ? Ben, ça s'appelle une dépense somptuaire, ça !

C'est celui qui a rien, et puis tout d'un coup il dirait : "Eh ben, en plus, je donne tout ce que j'ai !". Eh ben non.

Ça, c'est pas possible. C'est une dépense somptuaire. Supposez que ces 6 milliards ne soient pas donnés.

On dirait : "Ecoutez, on est trop pauvres ...".

Comme avait fait madame Thatcher une fois. Hein ? Madame Thatcher, elle avait dit : "Moi je suis trop pauvre pour payer.

I want my money back !". "Rendez moi mon fric !" (traduit en français) Donc, on pourrait dire : "Nous les Français, I want my money back, rendez-nous les 6 milliards qu'on vous donne parce que bon ...

Dès qu'on sera à nouveau très riche, on vous redonnera des sous.". Ça ne serait pas choquant.

Non ? Puisqu'on est dans la liste des déficits excessifs ... "Déficit Excessif" dit "vous payez trop, vous dépensez trop".

Justement, là, on dépense trop, on dépense 6 milliards de plus que ce qu'on récupère. C'est déjà pas mal (Non ?) que l'argent revienne en France, aux conditions de l'Europe !

Ça veut pas dire que ...

C'est pas un discours anti-européen que je tiens là ! Mais les 6 milliards en question, on veut les récupérer. Je fais remarquer deux choses.

Primo, si on retirait ... pas les 20 milliards que la France donne à l'Europe et qui est dans la colonne dépenses, hein, vous voyez ?

Je pourrais le faire, hein, je pourrais dire : "Oh, on retire ça ...".

Bah, ça changerait complètement la nature du déficit français ...

Bon, on va pas parler de ça. On honore nos engagements. La signature de la France est engagée.

Hein ? ] Juste si on enlevait les 6 milliards qu'on donne et qu'on ne revoit jamais ...

Si on les enlevait, le budget de l'état (sans toucher à rien), il serait à nouveau en dessous des 3% qu'on nous demande d'avoir comme frontière. Ça vous êtes au courant quand même, hein ? "3 %" : c'est le chiffre sacré !

Bon, si on faisait pas cadeau de 6 milliards de plus que ce qu'on reçoit, eh bien nous serions dans les clous, et il y aurait pas besoin de faire toutes ces coupes claires dans le budget de l'Etat. C'est une nouvelle, non, que je vous annonce ? C'est important comme fait.

Hein ? Au moins aussi important que le nombre d'étoiles sur le drapeau ! Donc, comme j'en parle dans cette Revue de la Semaine, je suppose que, bientôt, nous allons avoir dans toute la presse, partout, on va dire : "Mélenchon dénonce les 6 milliards d'excédents etc.", "Il annonce que, si on gardait ces 6 milliards, on passe en dessous de 3%", ...

C'est pas des petites infos que je donne là ! Non ? Je vais même compléter mon information !

Si les 6 milliards revenaient dans la caisse de l'Etat, eh ben cette somme (6 milliards), c'est l'équivalent de tout l'effort structurel sur le budget français. Qu'est ce que ça veut dire ? Il y a 16 milliards aujourd'hui de recul du budget de l’État.

Hmm ? - 16 milliards Qu'est-ce que c'est ces " - 16 milliards" ? Il y a " - 10" : c'est des cadeaux fiscaux.

On fait des cadeaux aux riches, comme vous le savez, et au total, il y a 10 milliards d'impôts en moins qui vont rentrer dans la caisse du budget de L’État. Donc, l’État dit : "Ah, ben moi, je suis sérieux, j'ai retiré 10 milliards de recettes, donc je retire 10 milliards de dépenses.".

Soit dit, par parenthèse : nous, on n'a rien demandé. Hein ? Et en particulier, pas qu'on retire de l'argent que donnaient les très riches au budget de l’État.

Bref ! 10 milliards de cadeaux fiscaux, 10 milliards de coupes claires dans le budget. Restent 6 milliards. 6 milliards, là : c'est *couic*, *couic*, *couic* !

C'est les coupes sur quelque chose qui existait avant et qu'on reverra plus jamais ! C'est l'effort structurel. 6 milliards.

Autrement dit, si on ne donnait pas ces 6 milliards de rab, on n'aurait pas besoin de faire ces 6 milliards d'économies. Les 6 milliards qu'on donne à je sais pas qui (hein ?), ils servent, ils sont compensés par 6 milliards d'économies sur je sais qui !

C'est-à-dire les premiers de corvées, comme vous le savez. Donc, vous voyez ! C'est des informations importantes que je suis en train de vous donner là !

On pourrait avoir un beau débat sur : "A quoi sert le budget européen ?", "Qu'est ce qu'il finance réellement ?", "Quelle est la part de la France ?", "Est-ce que c'est pas une dépense de riches que de donner 6 milliards quand on n'a pas de quoi être soi-même à flot ?".

Hein ? Et qu'est ce qui va en rester, les amis là ? Ceux qui me disent : "il faut trouver des sujets de fond".

En voilà un ! Qu'est ce qui va en rester ? Rien !

Parce que ceux qui relèvent une information ne relèvent pas pour vous informer, ils relèvent l'information pour vous bourrer le crâne et attirer votre attention sur d'autres sujets que ceux sur lesquels les choses se déroulent réellement. Bon voilà. Donc, nous on profite quand on se met à parler du drapeau européen, de parler des conditions dans lesquelles l'Europe fonctionne.

Mais ne me dites pas que vous étiez au courant ! Rien que la façon avec laquelle ils ont choisi le drapeau, c'est une signature qui vous explique pourquoi vous êtes rendus à donner 6 milliards sans qu'on vous ait jamais demandé votre avis. Parce qu'ils ont décidé ça dans un bureau, à quelques-uns, ...

Hein ? Pouf ! Vous voilà avec 12 étoiles !

Y avait pas 12 Etats à l'époque, et, ensuite, y en a jamais eu 12 assez longtemps pour que ça mérite un drapeau ! Mais vous, vous vous l'avalez ! Et on vous demande pas votre avis !

Et c'est moi qui viens vous expliquer ce que c'est que ce drapeau ! Ce qui montre bien que toute la structure de la construction européenne, c'est une structure confiscatoire, en douce, en cachette ! Parce que là, il y a un autre sujet dont on va pas parler !

C'est la manière avec laquelle le budget européen est géré ! C'est la catastrophe mes amis ! Le budget le plus mal géré dans l'Union Européenne, c'est le budget de l'Union Européenne !

Parce que tous les ans, il y a des débordements, il y a des déficits, il y a des sommes qui sont pas payées ...

Il y en a pour des milliards et des milliards comme ça ! Vous êtes pas au courant, hein ? C'est moi qui vous le dis.

Vous allez voir dans combien de temps vous en entendrez parler à nouveau. Eh bien, je vais vous le dire d'avance : jamais ! Voilà !

C'est pour ça que la Revue de la Semaine, c'est aussi un endroit où on apprend des choses, utiles ! Bon, mes amis, il faut que je vous parle de cette histoire du groupe d'extrême droite qui voulait me faire un mauvais sort, ainsi qu'à M. Castaner, le ministre des Relations avec le Parlement, et à des lieux de culte musulmans.

J'ai appris ça mardi après-midi parce que ça a commencé à tourner sur Facebook ...

Moi, j'étais dans l'hémicycle, et je découvre que dans la presse, il est question de tentatives d'attentat, et tout ça. Bon, déjà, première chose, c'est quand même curieux d'apprendre par la presse (et encore, parce que je vais le chercher) que je suis la cible de 9 énergumènes d'extrême droite ! Bon !

Alors, je vais quand même vous raconter cette histoire, parce que j'ai posé une question d'actualité dans l'hémicycle : "Est-ce que vous confirmez ?". Parce que, à l'heure qu'il est, je sais que c'est vrai parce que le Premier Ministre l'a confirmé !

Je peux quand même pas dire "parce que c'est dans le journal, c'est vrai" ! Hein ? Je suis président d'un Groupe d'Opposition !

Monsieur Castaner est le ministre des Relations avec le Parlement ! Dans un état de droit normal, quand des gens de cette nature sont menacés, ben d'abord, on les prévient. D'accord ?

Mais ça n'a pas été le cas ! Alors ...

Mais c'est une histoire qui a son intérêt ! Figurez-vous que pendant la campagne des élections présidentielles, à partir de la fin du mois de janvier (ils ont estimé que c'était là que ça devenait important pour moi), on m'a mis une protection rapprochée, des agents de l’État, très disciplinés, impeccables, jusqu'à la fin de la campagne. Le 1° mai, ces agents de la police nationale qui m'escortaient fidèlement et avec efficacité, sont repartis aux tâches que leur administration leur a désignées.

Bon, après ça, je commence la campagne législative. Vous savez comment : à Marseille et partout ailleurs dans le pays (je cours de tous les côtés). Là : terminé !

Plus de protection ! Bon, c'est la vie ! Honnêtement, je cours pas après ...

Je préfère vous le dire parce que, bon, déjà la personne que vous avez choisie et avec laquelle vous vivez, des fois, ça grince, mais alors, quand vous avez pas choisi, j'aime mieux vous dire que c'est moyen d'être obligé, du matin au soir, de raconter ce que vous faites, et de donner votre emploi du temps le matin ...

Bon, c'est bon, quoi ! Ben, moi, j'aime pas ça ! Et puis, ça rend parano !

Parce que vous êtes entourés de gens qui vous protègent, ben, vous dites que je suis en danger toute la journée ! Donc, c'est pour dire que je pleure pas après ! Hein ?

Mais enfin, pendant la campagne législative, on reçoit un courrier où il y a une carte, avec mon domicile, et y a une cible, et on dit : "Mélenchon, c'est bientôt fini" (je sais plus quoi, ce qui est écrit). Les copains se précipitent pas pour venir me le raconter, mais quand même, ça existe. Ils alertent le ministère de l'Intérieur et ils disent : "on voudrait une protection pour monsieur Mélenchon.", d'autant que le préfet, là-bas, des Bouches du Rhône, avait informé les chefs de notre service d'ordre, que y avait une menace indistincte.

Réponse du ministère de l'Intérieur : "Y a pas besoin.". Parfait, parfait.

Donc, on a continué la campagne avec nos propres moyens pour assurer un minimum de sécurité pour moi, quoi ! Tout le monde peut comprendre ça. La campagne finit le 18 juin (juste marquer la date).

Et dix jours après, le 28 juin, qu'est ce qui se passe ? Toc ! Ils arrêtent le type-là qui voulait me faire un mauvais sort, et qui voulait attaquer les musulmans dans leur lieu de culte, et qui voulait tuer M.

Castaner. Donc, 10 jours après (faut pas me raconter que 10 jours avant ils savaient pas qui était le gars, ni ce qu'il avait dans la tête), donc, ils le savaient ! Et quand j'ai demandé à être protégé, on m'a répondu : "non, y a pas besoin.".

Je le mets dans votre esprit pour vous montrer qu'il y a donc quelqu'un au ministère de l'Intérieur qui a décidé que j'avais qu'à vivre ma vie. Hein ? Voilà.

Alors, là-dessus, ils arrêtent le type le 28 juin. Là, le 18 octobre (le 17 je crois que c'était), on apprend que y en avait pas un mais 10 (ils viennent de ramasser les 9 autres), et qu'ils avaient des projets ! Donc, depuis le 28 juin jusqu'au 17 octobre, personne ne me dit rien !

Alors, moi j'ai pas envie de faire des polémiques : ça va, quoi ! Hein ? Mais quand même !

Alors on me dit : "oui, mais si la menace était précise et imminente, on vous aurait alerté.". Bah, encore heureux !

Mais, dites voir ! Je suis pas un gamin ! C'est moi qui évalue la menace qui existe sur moi !

Au moins, je pourrais être prévenu ! Parce que pendant les 4 mois en question, moi j'ai continué à me balader à pied, sans garde du corps, et pour cause, dans le métro ...

Hein ! Je fais pas que voyager en classe affaires ! Hein, les amis ?

Faut pas croire ça ! Y en a pas, dans le métro, de classe affaire ! Dans la rue, y a pas les trottoirs classe affaires !

Donc je suis avec tout le monde ! Et ça me plaît comme ça ! 4 mois !!!

Rien ! Personne ne trouve une minute pour dire : "tiens, on va peut-être prévenir Mélenchon qui devrait faire gaffe à ses abattis !".

Rien ! C'est quand même quelque chose, non ? Et le jour où ils procèdent à l'arrestation (Bravo aux services qu'on fait ça !

Hein ?) : est-ce que quelqu'un me prévient ? Est-ce que, dans un bureau, quelqu'un prend le temps de prendre son téléphone ?

Rien. Faut que je pose la question, des heures après, le lendemain, Questions d'Actualité au Gouvernement, pour que le Premier Ministre dise : "Oui, il y avait une menace.". - Monsieur le Premier Ministre, Pouvez-vous me confirmer l'information qui circule, et qui ne m'a pas été encore confirmée, selon laquelle une bande de violents avaient imaginé d'agresser des lieux de culte musulmans et d'attenter à la vie de M.

Castaner, et à la mienne ? - Monsieur le Président Mélenchon, Je vous confirme, Monsieur le Président, l'interpellation récente d'une dizaine de personnes, dont 1 femme et 3 mineurs dans la région de Marseille et en Seine-Saint-Denis, dans le cadre d'une enquête sur les projets d'actions violentes, fomentés par un individu dénommé M. Nisin, lui-même, comme vous l'avez indiqué Monsieur le Président, interpellé en juin dernier.

C'est pas tout, vous allez voir l'élégance de la maison : Assemblée Nationale de la République française ! Le président, qui s'appelle de Rugy, qui a déjà fait des interventions à la tribune, en ouvrant les séances, pour dire : "Nous sommes solidaires de notre collègue..." parce qu'il y a déjà eu plusieurs agressions contre des députés.

Il n'y a pas longtemps, c'était un gars du FN, du Front National, qui se plaignait qu'on l'ait agressé. Le Président de Rugy, à juste titre, a dit : "On ne peut pas accepter des méthodes pareils, ...".

On s'est tous levé et on a applaudi. Hein, d'accord ? Et là, c'est juste ce chien galeux de Mélenchon, avec Castaner ?

Mais, un collègue parmi les autres ? Pfff !!!

Monsieur de Rugy : rien, pas un mot à l'ouverture de la séance, et quand j'interviens, *couic*, il me coupe la parole. - A Marseille, dans ma ville, une permanence existe dans ma circonscription, où la personne qui comptait me faire un mauvais sort a été vue ... - Merci Monsieur le Député.

La parole est à Monsieur le Premier Ministre. Et à l'heure qu'il est (On est mercredi, là. C'est 18:20,), le Président de l'Assemblée Nationale n'a pas encore trouvé UNE minute de son temps pour venir me dire : "Ben, mon cher collègue, je suis de tout cœur avec vous ...", je sais pas quoi ...

Quelque chose d'aimable ...

Il y a une déshumanisation de la politique. Pour le président de l'Assemblée Nationale, comme je suis un opposant, et le Président d'un Groupe d'Opposition, j'existe pas. C'est des sectaires ...

Hein ? Alors, il est prêt à faire une intervention pour, à juste titre, dire que c'est pas bien d'agresser un gars d'extrême droite. Mais quand c'est moi, et qu'il s'agit de me tuer, ça ne lui fait ni chaud ni froid ...

Je voulais quand même que vous le sachiez parce qu'il y a quand même des gens qui gagnent à être connus. Hein ? Bon.

Y en qui gagneraient à être méconnus ...

Mais, y en a qui gagnent à être connus. Celui-là, ça vaut le coup ! C'est le Président de l'Assemblée Nationale !

Il y a une menace d'attentat contre un Président de Groupe d'Opposition, et contre le ministre des Relations avec le Parlement : le Président de l'Assemblée Nationale n'a rien à dire ? Ça l'intéresse pas ! Il faut juste que M.

Mélenchon ne déborde pas trop de son temps de parole au moment où il est en train de se défendre et de défendre l'honneur de l'Assemblée Nationale. Voilà. J'ai pas fini !

Là-dessus, pendant ce temps là, et en même temps, comme diraient certains, voilà que dans ma circonscription, il y a une permanence d'extrême droite. Dans cette permanence, l'énergumène qui prétendait me tuer, il y a été à plusieurs reprises, parce qu'il était à Marseille. Ça c'était la cerise sur le gâteau.

Ce type était à Marseille pendant les législatives, pendant toute cette période, et personne m'a rien dit. Y a des photos, hein ! Je vous rassure parce qu'on n'est pas que nuls !

On a des amis un peu partout, et notamment parmi les anti-fascistes marseillais qui font, qui sont des frères parce qu'ils ont assuré ...

Donc, moi, je demande qu'on ferme cette permanente. Pourquoi je le demande au préfet ? Parce que de nombreuses marseillaises et marseillais souhaitent que cette occupation cesse.

Pourquoi ? Parce que les énergumènes qui sont là-dedans, ils arrêtent les gens dans la rue, ils font des contrôles, y a eu deux plaintes contre eux, de gens qui habitent autour qu'ils ont menacés. C'est pas qu'à Marseille !

Il paraît qu'à Lille, ils se mettent des machins ...

Je sais pas comment on appelle ça, là, j'ai oublié ...

Enfin, bon, ils viennent en orange, ils montent dans les bus pour assurer soit-disant la tranquillité que, quand vous les voyez, vous, vous descendez du bus en courant tellement ils sont affreux et ils font peur. Il y en a comme ça dans plein de villes. Ah !

Mais, dites donc ! Et puis alors, en plus, ils s'entraînent, ils font des machins pas très clairs ! Hein ?

Pas très clairs du tout ! Plus exactement, plutôt clairs ! Donc, moi, je veux plus de cette permanence dans ma circonscription !

De nombreuses personnes n'en veulent plus non plus et je leur donne raison. Donc, je demande au préfet de faire ce qu'il faut faire, pour que des gens qui ont accueilli dans leurs locaux et travaillé avec quelqu'un qui a menacé la sécurité de lieux de cultes musulmans, et celle de personnalités politiques, d'être foutus dehors. Pchit !

Dehors ! Bon, voilà. A part ça, je répète ce que j'ai dit tout à l'heure dans l'Assemblée. 1 : j'exprime ma solidarité à Monsieur Castaner. - Monsieur Castaner, au nom du groupe la France Insoumise, je vous exprime notre parfaite solidarité personnelle.

Ce n'est pas parce que c'est un adversaire politique que je vais dire : "Je suis d'accord pour qu'on lui fasse n'importe quoi.". Non, non, non : je suis contre la violence.

Hein ? voilà. C'est clair.

C'est pas notre position, la violence. Y en a qui pense la violence ...

Pas nous ! 2 : de la compassion, pour les communautés musulmanes qui ont été menacées, par ces fous, qui voulaient les frapper, sur leur lieu de culte. Et 3 : félicitations aux services qui nous ont débarrassés de ces 10 abrutis.

La dernière chose, ça va être pour remercier tous ceux d'entre vous qui m'ont envoyé des petits messages ...

Je vais vous dire une chose, vous savez : je sais pas comment on finit par réagir au fait qu'on est visé par des gens qui veulent vous tuer ...

Ça date de mardi. Je sais pas comment ça va me traverser...

Je suis comme vous tous, c'est pas le genre de nouvelle qui vous enthousiasme ...

On sait pas quel effet ça fait sur moi ...

Je vois bien sur mes proches que ça leur fait peur tout ça. Puis, ils ont appris ça par la radio, quoi ...

Et puis, il y a les habituels... "prêts à tout", quoi !

Ce matin, FranceInfo, le journaliste (comment vous l'appelez, là ? Apathie !), il prend Ruffin à parti.

Il dit : "Ah ! Mais vous aussi, vous avez mis le feu à la voiture de DRH !".

Premièrement, on n'a mis le feu à rien du tout ! C'est pas nous qui avons appelé à cette action. Et puis, surtout, bah, heureusement que Ruffin a trouvé la réponse !

Il dit : "Ah bon ? Vous mettez sur le même plan une voiture qui brûle et une tentative d'attentat ? C'est la même chose pour vous ?".

Bah, pour ce gars-là, oui : c'est pareil. Moi ou une voiture : c'est pareil. Hein ?

C'est-à-dire, vous avez compris, ces gens-là ce qu'ils veulent, quoi qu'il arrive et s'il m'arrivait malheur, ces gens-là diraient : il l'a cherché ! C'est pour ça que les rapports avec eux sont plus des rapports humains. Les rapports humains, c'est fait de compassion ou de détestation ouvertes.

Vous voyez sur le visage de l'autre, il vous fait un sourire, c'est qu'il veut vous faire un sourire, pas qu'il est en train d'essayer de vous tirer des mots pour vous taper dessus après. Et s'il vous fait la tête...

Bon, bref vous avez compris. Donc tout ça, ça arrive en même temps sur moi. Non seulement le fait d'apprendre que quelqu'un veut me faire un mauvais sort, ensuite il y a les miens qui réagissent.

C'est normal, non ? Vous le comprenez ça... bah...

Il y a des gens qui m'aiment aussi, il faut pas croire ! Alors ça leur fait de la peine et ça leur fait peur. Et puis vous avez la horde, hein la meute autour là, qu'est là à dire : c'est de sa faute, il l'a bien cherché.

D'ailleurs lui aussi il a mis le feu à une voiture. Il a mis le feu à rien du tout, hein, vous le savez. Donc je sais pas comment tout ça va passer sur moi.

Mais ce qui m'a frappé c'est que personne ne nous dit rien, ni ceux qui arrêtent les types, ils disent rien, personne nous téléphone, personne nous prévient de rien. Puis vous regardez les les autres groupes politiques...

Évidemment dans l'hémicycle, tout le monde est... quand j'ai dis personne nous intimidera toute la salle était d'accord.

Je crois exprimer le point de vue de tous mes collègues sur tous les bancs lorsque j'adresse à ces énergumènes le message suivant : rien, jamais, aucune menace ne fera jamais céder aucun d'entre nous, dans le devoir de représenter la liberté d'expression du peuple français. Monsieur Castaner...

Merci mes chers collègues Je parlais pas pour moi, là, je parlais pas en tant que chef d'un groupe, je parlais pour la représentation nationale, hein, pour la France. Les énergumènes n'auront pas... mais quand même... les énergumènes n'auront pas le dernier mot.

Mais quand même, personne vous dit rien sinon. Il y a des groupes, il y a des partis politiques. C'est pas tous les jours, non, qu'on menace de mort un président de groupe, le responsable d'un mouvement, un ministre...

Il y a une forme, vous savez de... déshumanisation de la politique, comme si tout ça était juste un spectacle.

Alors comme tout le monde a vu à la télé que... ils considèrent que voilà, la pièce est dite.

Et non attendez, moi je suis pas un personnage de télé. Je joue pas dans un film. Je suis une personne vivante, existante réellement.

Castaner aussi. Vous pouvez ne pas aimer Castaner ou ne pas m'aimez moi, mais on est des gens, des vrais gens, en chair et en os. On existe.

On n'est pas des personnages de la télévision ou des personnages de... qu'on met dans son journal.

Ça compte pas. C'est comme ça. Tout est un spectacle.

Et au spectacle, évidemment, vous n'écrivez pas au personnage qui est mort ou qui est blessé. Vous lui envoyez pas une lettre pour dire j'espère que tu vas guérir bientôt. Parce que vous vous dites, ben c'est un film.

Eux, ils croient que c'est un film. Ils croient que le type il m'a menacé de mort, mais c'était juste un film. Non, non, pas du tout.

Voilà. Je veux que vous sachiez ça, parce qu'il y a des jours où vraiment la politique et le combat politique...

Faut se rappeler d'où on vient et avec qui on est. C'est là dessus que je finis. Moi j'étais l'autre jour défendre un gars...

En 2014... c'est un gars de la CGT.

Un camarade. En 2014, il participait une manif à la fédération nationale du bâtiment, contre la mortalité sur les chantiers, etc. Faut se rendre compte que c'est là que, sur les 565 morts par an, vous m'entendez souvent en parler, ben, un jour sur deux, c'est le bâtiment.

Donc vous avez des gars, c'est des syndicalistes, ils sont là. Ils ont le coeur sur la main, ils donnent... ils donnent.

Le copain, il va à la manif, tout ça. Et puis dans la salle, bon, le ton monte, voilà quoi...

Vous savez ce qu'il a fait comme crime abominable ? Le camarade, Philippe Christmann... il a jeté des confettis.

Vous rendez compte. Des confettis !!

Et, de la peinture, à l'eau ! Ils le serrent. Ils le condamnent.

Ce que je vous raconte là, ça date de 2014, là on est en 2017, fin 2017. Ils le condamnent à 17000 euros d'amende ! Le gars c'est un brave.

Il a...

Il a fait ça pour les autres. Qu'est-ce que vous croyez que ça lui fait à lui ? Ben ça lui fait mal.

Il est là. Il rumine. D'abord il commence par s'en vouloir, hein, mais les autres lui disent : ah t'as qu'à te tenir tranquille !

Alors évidemment pas les autres copains, l'adversaire. Si tu te tenais tranquille, hein, t'en serais pas là, hein. Tu regrettes hein ?

Tu regrettes hein ? Tu sais, pour lui plonger la tête dans le seau... pour dire : personne ne moufte, les puissants sont les puissants et les gueux, les gueux.

Voilà. Vous êtes des jaloux, des cyniques, des fainéants ! Il faudrait surveiller tous les jours, a dit monsieur Gattaz, ceux qui sont au chômage.

Nous aussi on va surveiller, tous les jours, les capitalistes pour vérifier qu'ils sont pas en train de planquer leur fric. On pourrait le faire aussi, hein ? Tous les jours on surveille leurs comptes.

Ça va quoi. Enfin bref. Philippe Christmann, il est condamné à 17 000 Euros d'amende.

Boum ! Et vous savez ce qui se passe à ce moment-là ? Le procureur de la république, c'est à dire quelqu'un qui agit sur ordre du ministère... c'est normal, c'est son boulot, c'est pas, c'est pas honteux, il fait appel.

Qu'est ce qu'il veut ? 17000 euros plus de la prison ferme ! Envoyez le gars en prison ferme.

Voilà. Alors on va faire un rassemblement, avant qu'il aille au tribunal. On était là, tous... enfin...

Mais plusieurs de mes camarades sont venus avec moi. Des députés, il y avait Corbière, il y avait Coquerel, il y avait Bastien Lachaud. Euh...

Qui c'est qui était là encore avec moi ? Il y avait la conseillère de Paris, Simonet. Et puis bon évidemment moi-même.

Et puis dans les syndicalistes, il y avait des dirigeants. Il y avait monsieur Martinez, Philippe Martinez avec qui... j'ai discuté un moment, qui est venu là dans une action de terrain avec les camarades.

C'est bien. Ça faisait chaud au cœur. Et vraiment, on peut dire que c'est là qu'on sait pourquoi on fait ce qu'on fait.

Parce que moi au fond, bon, je suis comme tout le monde, hein. Je ne vais pas vous dire que ça me réjouit d'apprendre qu'on va faire un attentat contre moi. Mais bon, je suis entouré, tout ça.

Mais Philippe, lui, ben il tourne en rond dans sa tête : 17000 euros et si je dois aller à la prison ferme...

Mis en délibéré ! Nous sommes en octobre. 17 octobre 2017.

Mis en délibéré, ça veut dire : on va réfléchir à ce qu'on va faire et on vous le dira bientôt. Quand ? En janvier.

Ça veut dire... le 17 octobre, 17 novembre. 17 novembre ,17 décembre. 17 janvier.

Au milieu, tu as les fêtes de Noël. Premier l'an, tout ça. Trois mois où le gars il va cuire dans son jus.

Est-ce que dans trois mois il va en taule ? Voilà mes amis dans quel monde on vit. Et ben ça vaut la peine de se battre pour le changer.