Le Nouveau Front Populaire face aux critiques. | LÉGISLATIVES EP. 2
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je serai premier ministre.
Ah mais non, joker.
L'extrême gauche c'est comme l'extrême droite. Faux. On me critique plus que les autres.
Faux.
L'antisémitisme mine la gauche.
Faux.
J'ai encore de l'espoir.
Vrai.
Je regrette certaines de mes prises de position. Faux. Les électeurs du RN sont tous racistes. Vrai et faux. Mon parti a le pire programme économique. Faux. Les candidats du RN sont de meilleurs communicants.
Faux.
L'écologie doit être le premier combat.
Vrai.
La France est de gauche.
On me saura dans une semaine.
Je suis féministe. Vrai. Tout le monde devrait être féministe. Vrai. Se déconstruire c'est simple.
Vrai.
Être un ou une élue c'est devenu dangereux.
Vrai aussi.
Certains médias devraient ne plus exister.
Vrai.
En France nous n'avons plus de projet collectif.
Vrai.
Avec le nouveau fonds populaire au pouvoir, tout changera.
Vrai.
En France on va aller voter le 30 juin et le 7 juillet 2024 pour les élections législatives. On a décidé de vous publier 4 vidéos sur notre chaîne YouTube. 3 entretiens avec des leaders des 3 forces politiques. Et un débat entre citoyens qui s'engagent dans chacun des 3 blocs. Vous regardez aujourd'hui le deuxième de ces 3 entretiens. Bonne vidéo. Bonjour Sandrine Rousseau. Bonjour. Merci de venir aujourd'hui pour cet entretien. Avec plaisir. Vous êtes ancienne députée, économiste et vous candidatez pour votre réélection en tant que députée de la 9e circoncession de Paris sous l'étiquette du nouveau fonds populaire.
C'était très récemment devant le siège des Républicains.
Vous vous êtes déplacée pour invectiver Erissiotti.
J'étais à proximité quand il est arrivé.
Ah, je ne sais pas.
Je n'ai pas rendez-vous avec lui.
Peut-être. C'est sûr. Qu'est-ce qui a fait qu'on en est arrivé à ce stade où des politiques s'insultent en pleine rue ?
Déjà je ne l'insultais pas, je dis on t'avoue. Je dis on t'avoue, vous ne méritez pas le nom qui est inscrit sur votre façade. Erissiotti a décidé, c'était le jour où il a annoncé qu'il ferait une alliance avec le Rassemblement National. Donc nous avons besoin d'une alliance en restant nous-mêmes, en évitant le danger des insoumis qui demain pourraient avoir une majorité à l'Assemblée Nationale. Donc il faut une alliance, c'est le sens de la 5e République, nous le faisons. Une alliance avec qui, Erissiotti ? Une alliance avec Marine Le Pen, clairement, c'est ce que vous nous annoncez ? Une alliance avec le Rassemblement National.
Il se trouve que si vous regardez un peu les bascules vers l'extrême droite qui ont eu lieu en Europe, et pas qu'en Europe d'ailleurs, vous apercevez que c'est quand les partis de droite font alliance avec les partis d'extrême droite.
Vous pensez à quel pays, par exemple ?
Il y en a plein, puis d'une manière générale, de toute façon l'extrême droite gagne grâce à ça. Je veux dire, regardez Orban par exemple, en Hongrie, regardez les mêmes Trump. Trump, il était dans l'aile d'extrême droite des Républicains, puis finalement, c'est quand l'aile droite la rejoint. Bolsonaro, enfin vraiment, on peut à peu près tous les citer, et je n'ai pas regardé le cas de Mélanie, mais j'imagine que c'est à peu près la même chose.
Donc en fait, les Républicains ont une responsabilité lourde, et ce parti qui s'appelle Les Républicains a quand même été le parti de De Gaulle, le parti de Chirac, le parti de Nicolas Sarkozy, et moi, je n'étais en rien d'accord avec leurs idées, mais c'était quand même un parti important républicain qui faisait partie de la démocratie française. On savait qu'il y avait la droite, la gauche, et là, en faisant ça, non seulement ils fracturent les Républicains, mais en plus, ils banalisent encore une fois l'extrême droite, ils la mettent comme un allié possible, donc il n'y a plus de barrage.
Pour moi, l'extrême droite est toujours la même, c'est-à-dire qu'elle peut maintenant sourire et faire des selfies. En fait, à la fin, c'est toujours la même idéologie. Et donc, oui, Éric Ciotti porte, à mon avis, une lourde responsabilité face à l'histoire, ce que je lui ai rappelé devant son siège.
Est-ce que le climat, aujourd'hui, politique, est délétère ? Est-ce qu'aujourd'hui, le climat est sain en politique ?
Là, on ne se croise pas trop, parce qu'on est chacun sur nos circonscriptions, donc on verra dans la nouvelle Assemblée, et une fois qu'on aura siégé, je pense qu'en tous les cas, dans la population, il y a vraiment des tensions importantes qui sont en train de se lever, oui.
Est-ce que le rôle des politiques, ce n'est pas aussi, justement, d'essayer d'apaiser ces tensions et de montrer l'exemple en disant, bon, on essaie d'apaiser, de se réunir pendant ce moment qui est difficile aussi ?
C'est aussi de marquer des lignes très nettes et de comprendre aussi le paysage politique, parce que je pense qu'il y a aussi une confusion dans l'esprit de beaucoup sur qu'est-ce que la droite, qu'est-ce que la gauche, qu'est-ce que l'extrême droite, qu'est-ce que l'extrême gauche. Et en fait, pour moi, il était très important de mettre cette ligne rouge. Donc, je pense que c'est à ça que sert aussi cette invective. Mais surtout, moi, j'étais à ce moment-là très en colère contre Éric Ciotti, parce qu'il avait rompu une digue qui existait depuis l'existence des Républicains. Depuis l'existence des Républicains, il y avait eu cette digue contre le Rassemblement National.
Et pour les rares élus qui avaient fait alliance, qui s'étaient produits au Régional de je ne sais plus quelle année, ils avaient été exclus des Républicains. Donc, en fait, et après, quand on voit la suite, les épisodes suivants, quand on le voit retranché dans son siège, ne voulant pas ouvrir la porte, etc., ça donne, pardon, mais une image extrêmement ridicule de la politique. Extrêmement ridicule. Je pense que dans ce moment, vraiment que je crois historique, on ne peut pas s'amuser à donner une image ridicule de la politique. Donc voilà, je me suis permise de le lui rappeler.
Vous êtes plus en colère aujourd'hui contre Éric Ciotti ou contre Emmanuel Macron ?
Alors, il ne faudrait pas trop que je croise Emmanuel Macron, parce que je pense que j'aurais aussi des choses à lui dire.
Vous direz la même chose, honte à vous ?
Je pense, oui. Parce qu'une dissolution, le soir même de résultats des Européennes, où l'extrême droite, Rassemblement National et Reconquête font près de 40%, oui, il a une responsabilité lui aussi, et cette espèce d'incapacité qu'a Emmanuel Macron à accepter la défaite, et à être humble dans cette défaite, commence à vraiment mettre en danger notre démocratie, et donc les institutions de notre pays. Donc moi, je suis inquiète d'abord, mais aussi assez choquée en tant que républicaine, en tant que vraiment très attachée à la démocratie et à la République, de ce qui est en train de se passer. Et je trouve qu'il est inconséquent dans sa manière dont il gère les choses.
Vous étiez effectivement à ce rassemblement de soutien pour cet enfant, et à la question de quelqu'un qui vous aurait dit « ce n'est pas facile d'être à côté des insoumis, sous-entendu ce sont des antisémites », vous auriez répondu « oui, effectivement, c'est très dur d'être à côté des insoumis. » Mais j'ai failli être virée de cette manifestation. On m'a accusée d'être responsable du viol de cet enfant. Vous imaginez, vu mes combats, ce que c'est. Donc oui, c'est dur, cette campagne, elle est dure. Que ce soit très clair, je n'aurais jamais fait alliance avec des personnes dont je soupçonne qu'elles puissent être antisémites de manière structurelle. Ça n'est pas possible.
Quand Jean-Luc Mélenchon dit que l'antisémitisme serait individuel en France ? Oui, c'est une erreur et je l'ai dit. Maintenant, il n'y a pas d'antisémitisme structurel dans le Front populaire. Il n'y a pas d'antisémitisme politique dans le Front populaire. Et essayer de mettre des coins comme cela, c'est vraiment grave. L'investiture ? Je pense que, par exemple, l'investiture d'Adrien Quatennens se pose. C'est-à-dire que ça fait partie des choses que l'on doit discuter. C'est-à-dire que, pour vous, dans votre idée, d'un rassemblement de gauche, Adrien Quatennens, député du Nord, ne devrait pas pouvoir concourir sous une bannière d'une gauche ? Je veux qu'on en discute dans les discussions.
Et ça doit faire partie des conditions ? Ça fait partie des conditions de la discussion, oui, parce que je ne renie pas mes valeurs, jamais.
Beaucoup de Français, notamment de gauche, aujourd'hui, s'interrogent sur la participation de la France insoumise aujourd'hui au Nouveau Front populaire, notamment avec ce qu'on vient de voir sur les accusations d'antisémitisme, le cas Adrien Quatennens aussi en interne. Est-ce que c'est dur aujourd'hui d'être associé à la France insoumise quand on est dans le Nouveau Front populaire ?
Non, ça n'est pas dur parce que la France insoumise porte des combats et est reconnue dans une partie de la population pour ces combats. Après, je crois qu'il y a vraiment lieu de lever toute ambiguïté sur la question de l'antisémitisme puisqu'on est accusé de cela et que, c'est ce que j'ai dit, on n'a pas d'antisémitisme structurel à gauche. Quand je dis ça, je dis quoi ? Je dis que, si on regarde le Rassemblement National, son histoire vient de l'antisémitisme puisqu'il a été créé par des Waffen-Nessels. Je veux dire, il n'y a pas de doute là-dessus. Quand on regarde, parce que ça, on pourrait dire, c'est le passé.
Donc, on regarde, on fait la machine à avancer un peu le temps, on se rend compte qu'il y a Jean-Marie Le Pen qui dit que la Shoah, qui a quand même fait 6 millions de morts, c'est un détail de l'histoire.
On ne dit pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir, je n'ai pas étudié spécialement la question, mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale.
Oui, mais c'était le père. Et donc, ce n'est pas la même chose. Et donc, on continue un peu d'avancer dans le temps. Et là, on s'aperçoit qu'il y a à l'Assemblée nationale élu en 2022 un monsieur qui s'appelle Bocality qui a ouvert une librairie négationniste, c'est-à-dire qu'il fait commerce de livres qui nient l'existence de ce génocide. Et ce monsieur Bocality n'a pas été radié, n'a pas été expulsé ou viré ou je ne sais pas quoi. Il a même été réinvesti là. Donc, il le siègera dans la nouvelle Assemblée. Ça, nous ne l'avons pas à gauche. Jamais. D'aucune manière. Nous n'avons pas non plus l'idéologie selon laquelle il y aurait une espèce de différence entre les Blancs, les Noirs, les...
Enfin, quelle que soit la religion, etc. Et donc, en fait...
Aujourd'hui, pour vous, le Rassemblement national, ils ont une idéologie qui différencie... Quand on parle
de grand remplacement, on parle de quoi, en fait ? On parle du fait qu'un humain n'est pas égal à un autre humain. Puisqu'un humain pourrait grand remplacer un autre. Nous, à gauche, on est sur chaque humain à la même valeur, en fait. Et c'est pour cela que je dis, oui, il y a eu sans doute des propos, et ce n'est pas sans doute, c'est il y a eu des propos qui ont choqué, qui ont blessé, qui ont pu être mal interprétés aussi parfois, mais des propos qui n'étaient pas appropriés. Et ça, vraiment, je le pose et je n'ai pas de problème avec ça. Maintenant, dire de nous que nous sommes antisémites, alors ça, c'est faux.
Et je dis aux juifs et juifs qui nous écoutent qu'ils seront protégés avec nous. Et que moi, je milite dans une famille à gauche et je milite sur la lutte contre les violences sexuelles. Je milite pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Est-ce que dans tous les partis de gauche, il y a l'égalité entre les femmes et les hommes ? La réponse est non. Est-ce que dans tous les partis de gauche, il y a une politique exemplaire sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ? La réponse est non. Pour autant, le fait que je milite dans ces partis, j'ai la prétention sans doute de penser que ça les fait avancer là-dessus.
Donc en fait, c'est cela le chemin que nous avons à prendre et c'est pour cela que je l'affirme ici, je prendrai toute ma part et avec la pugnacité qui est la mienne pour lutter et pour que nous présentions des programmes de lutte contre les discriminations, toutes les discriminations et l'antisémitisme en particulier. Édito, plus personne ne la prend au sérieux, estime Alba Ventura. Ouais, super.
Vous dites, j'en veux beaucoup aux femmes et aux hommes politiques et j'ai envie de dire à ma famille en premier avec cette absence de soutien, le fait qu'on m'ait toujours laissé, je gère, il n'y a aucun problème et ce n'est pas moi le sujet. Mais quelle est leur compréhension du phénomène politique qui est à l'oeuvre quand il y a ça et au nom de quoi ils laissent faire ? Et là, elle explique qu'on ne la considère pas comme une des leaders à gauche suffisamment crédible pour pouvoir briguer des campagnes et aussi à cause de son cyberharcèlement. Ce clivage qu'on me reproche est très souvent dû au cyberharcèlement en réalité. Ce que je dis est tellement amplifié, décrédibilisé, ridiculisé.
Est-ce que vous estimez que sur certains sujets par le passé, vous êtes allé trop loin ? Ce qui a pu être le sujet de moqueries par la part de certaines personnes ou est-ce que vous estimez au contraire que c'est les personnes en face de vous qui vous ont ciblé particulièrement ?
Alors, je voudrais dire deux choses là-dessus. La première, c'est que je vous ai répondu faux tout à l'heure sur la question est-ce que vous avez été particulièrement ciblé ? Aujourd'hui, je le suis, je pense, un peu moins que je ne les étais. Mais par contre, je l'ai été. Et je l'ai été de manière extrêmement forte. Je voudrais dire à toutes les personnes qui nous écoutent et qui subissent du cyberharcèlement que quoi que vous ayez dit, quoi que vous ayez fait, cela n'est pas de votre faute. Cela n'est pas de votre faute. Le cyberharcèlement n'est pas une opinion. Le cyberharcèlement est un délit.
Et vous avez le droit d'avoir toutes les opinions que vous voulez, de vous mettre dans toutes les tenues que vous voulez, d'avoir toutes les vidéos ou ce que sais-je que vous voulez. Vous n'avez pas jamais à subir du cyberharcèlement. Dire que je suis en partie responsable du cyberharcèlement que je subis est une manière de minimiser ce qui est en face et de me culpabiliser, moi, de ce que je fais. Moi, je porte une parole politique. Vous avez le droit de ne pas être d'accord avec ma parole politique. Il n'y a aucun problème avec ça. Et au contraire, c'est la démocratie.
Par contre, ce que vous n'avez pas le droit de faire, c'est de me montrer sur les réseaux sociaux en camisole de force, de me dire « sale pute », de me dire « je vais te violer », de me dire « je vais te tuer », de donner mon adresse sur des boucles télégrammes. Vous n'avez pas le droit de m'envoyer par milliers des photos de votre barbecue quand bien même il est magnifique et que vous savez extrêmement bien cuire la viande. Et en fait, c'est cela le cyberharcèlement.
Et avoir subi un cyberharcèlement de plus d'un an parce que j'ai osé dire qu'il y avait un lien entre la consommation de viande et le genre de la personne, ce qui quand même est validé et conforté par l'ensemble des études sociologiques qui montrent que les hommes consomment 50% de plus que les femmes de viande. Donc je veux dire, c'était une donnée scientifique en fait. Je l'ai dit d'une autre manière, mais c'était une donnée scientifique. Subir plus d'un an de cyberharcèlement extrêmement intensif à cause de ça, c'est anormal. C'est anormal.
Et je le pose vraiment avec beaucoup de force parce que ce qu'il y a derrière, c'est la volonté de ne pas accepter ou de ridiculiser une parole d'une femme politique. Et là-dessus, Alba Aventura fait un édito sur deux depuis trois ans sur moi, je pense. J'exagère en disant un sur deux, mais régulièrement. À chaque fois, ils sont tout ranciés. À chaque fois,
ils sont... Pourquoi vous vous scie particulièrement ?
Parce que je dérange quelque chose dans la société. Ça, c'est sûr. Je dérange quelque chose. Quand je parle de déconstruction, je m'adresse aux hommes en leur disant avez-vous fait votre chemin vers l'égalité femmes-hommes parce que c'est quand même pas que aux femmes. de faire le chemin. S'il y a une inégalité à ce point-là structurelle entre les femmes et les hommes qu'elles gagnent 23% de moins de salaire qu'une sur cinq a été exposée à des violences sexuelles. S'il y a cette différence-là, ça n'est pas qu'aux femmes de faire des efforts. Ça n'est pas vrai.
Donc la question de la déconstruction, ça s'adresse aux hommes et de leur dire mais quel est le chemin que vous avez fait jusqu'à présent ? Quelle est l'interrogation que vous avez eue sur vous-même, sur vos comportements et sur les présupposés sociaux dont vous bénéficiez pour éviter les situations de discrimination ? Et ça, je dérange quelque chose parce que je pense que les hommes ne s'interrogent pas suffisamment sur leurs responsabilités dans les inégalités femmes-hommes.
Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui parce que vous dites que vous êtes moins prise à partie ? Est-ce que c'est parce que vous parlez moins de ces sujets-là ? Est-ce que c'est parce qu'on vous soutient plus parce qu'il y a le sujet aussi d'être soutenu par vos compères ?
Alors, ce n'est pas qu'on me soutient beaucoup plus mais par contre, par exemple, si je prends le mot viriliste que j'ai quand même mis dans le débat politique et je pense que je ne sais pas si j'étais la première mais enfin, on n'était pas nombreuses en tous les cas à l'avoir posée en tant que femme politique dans le débat. Aujourd'hui, je l'entends très régulièrement. C'est-à-dire, ce mot est devenu un mot qui est normal dans le débat politique. Quand on parle de la viande, il y a une étude qui est sortie il y a deux ou trois mois sur la consommation de viande et le caractère genré de cette consommation.
Tout le monde a repris, ça a fait la une des journaux, il y a eu des articles partout et tout cela ne posait plus de problème. Donc en fait, ce qui se passe, c'est que quand je pose quelque chose, tout de suite, il y a une espèce de lever de bouclier parce que ça dérange mais après, il y a quand même une forme de, je ne sais pas comment dire, mais d'acceptation quand même de ce que je porte. Et je crois qu'aujourd'hui, alors que je l'étais encore il y a deux ans, je ne suis plus un corps étranger de la politique. Il y a deux ans, j'étais une forme de corps étranger dans la politique. Aujourd'hui, je pense que les gens me reconnaissent comme une femme politique.
Et est-ce qu'aujourd'hui, vous êtes soutenue par votre camp, par votre famille politique ?
Alors plus quand même que je ne l'ai été mais pas à la hauteur de ce que je peux encore subir parce que je pense qu'en fait, c'est un principe des valeurs que nous portons. Nous sommes contre le cyberharcèlement, nous sommes contre les discriminations. Donc il devrait y avoir une espèce de réflexe de dire soutien.
Vous n'avez pas soutenu ?
Alors si, il y en a qui m'ont soutenu. Il y en a qui m'ont soutenu et merci d'ailleurs beaucoup à toutes celles et tous ceux qui l'ont fait. Et d'ailleurs, c'est souvent aussi des personnes qui elles-mêmes ont subi des discriminations qui m'ont soutenu. Donc merci à elles et eux. Après, je pense que la politique devient aussi plus violent et que c'est plus compliqué de se soutenir.
Et aujourd'hui, votre famille, vous appartenez à Europe Écologie Les Verts. C'est votre famille politique. Aujourd'hui, est-ce que le nouveau Front Populaire, est-ce que vous allez former une famille justement politique ? Est-ce que vous, vous sentez tous ensemble soutenus dans les mêmes combats que vous portez parce que vous portez un programme commun, etc. Est-ce que finalement, vous n'avez pas trop de divergences ?
Déjà, au sein du Front Populaire, on est plusieurs à mener les mêmes. Donc déjà, c'est en soi un sujet et un sujet positif. Ensuite, on ne mène pas tous les mêmes combats. mais il y a d'autres personnes qui mènent des combats et qui sans doute ne me trouvent pas suffisamment alliée sur ces combats. Donc en fait, c'est aussi ça et je pense que d'ailleurs, c'est une des incompréhensions qu'il y a autour du Front Populaire. C'est qu'on estime que le Front Populaire a des différences en son sein alors que pour moi, on est plutôt sur une représentativité. C'est-à-dire que, oui, il y a plusieurs manières d'être à gauche. Il y a plusieurs combats à gauche et dans l'écologie.
Et en fait, le Front Populaire, c'est tous les visages de ces combats en fait.
Même pour revenir sur ce que je disais juste avant, parce que je vous avais montré l'extrait avec Adrien Quatennens où vous estimiez qu'il ne devait pas être réinvesti. Dans un premier temps, il avait été réinvesti. Vous, ça vous avait posé problème en interne ? C'était des dissensions ?
Bien sûr, mais ça, ça fait partie
des combats. Et ça ne vous dérange pas d'être associé avec un parti qui l'avait investi dans un premier temps ?
C'est exactement le même sujet que sur d'autres thèmes. C'est-à-dire que là, moi, il y avait Adrien Quatennens dont je savais qu'il devait être réinvesti. J'ai posé ça dès le dimanche soir, donc après la dissolution. Donc, je ne sais pas, peut-être une heure ou deux heures après la dissolution. C'était quand même très rapide après où j'ai dit, pour moi, il y a un problème Quatennens. Est-ce que ça a été agréable de le poser ? Non. Est-ce que je me suis pris des levées de boucliers ? Oui. Est-ce que pour autant, j'ai mené le combat ? Oui. Est-ce qu'on a obtenu qu'il ne se présente pas ? Oui. Ce n'est pas que moi, c'est les milieux associatifs, etc.
Mais ce que je veux dire, c'est que rien n'est jamais facile, en fait. Et particulièrement sur la discrimination, rien n'est jamais facile. mais il faut, je pense, avoir le courage de le mener, même quand c'est difficile et même quand c'est douloureux. Parce que parfois, c'est douloureux. Parce que quand on se fâche avec des personnes dans sa propre famille politique, c'est douloureux. Et même, ça peut même être des obstacles à avoir des places ou je ne sais pas quoi. Donc en fait, mais il faut les mener. Parce qu'en fait, c'est pour cela que nous avons été élus et c'est aussi pour cela que nous pouvons avoir la tête haute.
Et je pense qu'aujourd'hui, si nous ne sommes pas attaqués sur les droits des femmes et sur notre respect du droit des femmes, c'est aussi parce qu'il n'y a pas la candidature d'Adrien Quatennens.
Et c'est un cas qui a été assez récurrent mais dans la France Insoumise, vous n'avez pas peur que c'est des choses qui se reproduisent. Vous parliez qu'il n'y avait pas d'antisémitisme structurel. Adrien Quatennens avait été condamné pour violences sur les femmes. Comme je pourrais dire,
il n'y a pas de violence sexuelle structurelle. Je pourrais le dire de la même manière, en fait.
Mais il y a des cas d'Adrien Quatennens, il y a eu l'État qui a été à bois, c'est Récoquerel. Il y a eu des cas à la France Insoumise. Est-ce que vous n'avez pas peur que ça se reproduise et que ce soit finalement quelque chose de structurel
au sein de la France Insoumise ? Dans mon parti, il y en a. Et sans doute qu'au Parti Socialiste, il y en a aussi. Et au Parti Communiste aussi. Donc en fait, la question, ce n'est pas tant ça. C'est comment on fait pour avancer collectivement ? Comment on fait quand il y a des personnes qui sont en pointe sur des combats ? Comment on fait pour les écouter, les respecter et faire en sorte que ça fasse bouger les institutions ? C'est ça le combat auquel je m'attèle.
Alors, c'est un conte parodique qui s'appelle Sardine Ruisseau qui vous définit comme presque femme politique écoféministe, économiste à la FNAC de Lille, réfugiée politique en Corée du Nord, jean.ne, moulin.e de l'humour et il précise que c'est un conte parodique en étant située en Corée du Nord. Comment vous, vous vivez ce genre d'initiative ? Est-ce que ça vous fait rire ? Est-ce que ça vous parle ?
Alors, bon, déjà, je ne le regarde pas donc je ne sais pas si ces blagues sont drôles depuis un petit moment. Moi, ce que j'avais vu à l'époque où je le regardais, c'est qu'il y avait quand même eu un certain nombre de blagues racistes, antisémites et vraiment antisémites. Il y avait une blague sur la Shoah, voilà, des blagues vraiment racistes et des blagues évidemment très misogynes. donc ça, pour moi, ça n'est pas de l'humour. C'est-à-dire que ce conte ne se moque pas de tout le monde de la même manière parce qu'à la limite, c'est un ciblage sur ma personne et par ailleurs, ce conte lançait des raids.
C'est-à-dire que quand il faisait un tweet, il lançait derrière des centaines, si ce n'est des milliers de tweets. donc ça, c'est un conte de cyberharcèlement. Alors, il a été repris, visiblement, son propriétaire a changé. Le nouveau propriétaire m'a écrit au moment où il a repris ce conte pour que nous rentions en contact. Je ne souhaite pas rentrer en contact avec lui parce que je pense que ça n'est pas correct, la manière dont il agit. Donc voilà, je n'ai pas pris contact avec lui et je l'ai bloqué donc je ne peux pas savoir ce qu'il y a dessus.
Mais... Vous souhaiteriez qu'il n'existe pas ce conte ? Pardon ? Vous souhaiteriez qu'il n'existe pas ce conte ?
Je pense qu'on peut se moquer de tous les politiques mais pas d'un seul systématiquement avec des raids derrière. Et voilà, donc je pense que... Et en tous les cas, un conte comme ça devrait faire extrêmement attention aux blagues racistes, antisémites et particulièrement dans le moment où on nous accuse nous d'être antisémites alors que les contes qui nous parodient le sont.
Et puis de l'autre côté à l'extrême gauche, c'est quatre fois pire en termes de coups. En fait, il n'y a plus de laïcité. Ils reviennent sur les lois d'immigration qu'on a faites qui permettent quand même de réguler et qu'on doit maintenant mettre en œuvre. Et puis il y a des choses complètement ubuesques comme par exemple l'échange de sexe en mairie.
Vous avez sans doute vu cette séquence du président de la République. Vous vous êtes dit quoi ? Vous l'avez vu ?
Je me suis dit qu'il avait quand même tous les mots de l'extrême droite et que c'est quand même un sujet. Est-ce que ça fait de nombreuses fois qu'il donne des gages à l'extrême droite ? Le terme immigrationniste, le fait de parler des personnes trans de cette manière-là ? Imaginez une seule seconde que des personnes vont se pointer tous les quatre matins en mairie pour dire « Ah ben non, aujourd'hui, je voudrais qu'on m'appelle monsieur, demain, je voudrais qu'on m'appelle madame, etc. » Tout cela est une méconnaissance mais vraiment extrêmement profonde du processus de transition.
C'est-à-dire que les personnes qui décident de transitionner sont des personnes qui souffrent dans leur chair, dans leur corps, de qui elles paraissent. Ce sont des opérations qui parfois peuvent être extrêmement lourdes. Ce sont des soins, des médicaments qui peuvent être extrêmement lourds. Et donc, on ne va pas comme ça à la mairie dire « Je change de… »
C'est parce que le président ne nie pas le fait que c'est des changements extrêmement lourds ? Que c'est un processus ?
Si, il dit « On va aller en mairie changer de sexe » comme si on allait se réveiller un matin et « Ah, il est 7h, à 7h30, je vais changer de sexe ». Ça n'existe pas. Donc, en fait, ça, c'est un moyen de faire peur et c'est surtout un moyen de mettre cette question dans le débat politique pour agiter les peurs et donc pour mettre à la vindicte populaire ces personnes. Ces personnes. Et moi, je voudrais qu'on les protège, ces personnes. Je voudrais qu'on empêche leur suicide. Je voudrais qu'on empêche leur dépression. Je voudrais qu'on les inclue dans notre société d'une manière absolument normale. C'est ça que je voudrais. Et c'est tout le contraire de ce qui est en train de se passer.
Est-ce que si le président ne s'attaque pas comme ça en faisant une caricature un peu de la gauche, c'est peut-être parce que la gauche, c'est aussi concentré absolument sur ces combats-là qui sont légitimes et qui méritent d'être traités mais qui, en oubliant justement son électorat beaucoup plus populaire et qui est loin de ces questions ?
Alors ça, moi, je suis en profond désaccord avec ça malheureusement en profond désaccord parce que le combat le plus important qu'on a mené à l'Assemblée et vraiment celui qui nous a pris des jours, des nuits, des week-ends qu'on a mené sans relâche, sur lequel on a été unis, sur lequel on a élevé la voix, c'est le combat des retraites. Il n'y avait pas de questions de LGBTQIA plus là-dedans, c'était les retraites. Donc le domaine sur lequel on a le plus passé de temps, sur lequel on a le plus bataillé, c'est les retraites. Juste après, vous avez la réforme des allocations chômage. Donc en fait, la gauche n'a jamais perdu ses combats sociaux. Jamais.
Mais elle en porte aussi d'autres qui sont des combats de bien-être, des combats de protection. Les personnes qui, encore une fois, décident de changer de sexe, ce sont des personnes qui ont besoin de la protection collective et non pas de la stigmatisation collective. Eh bien, c'est ce que nous proposons. Nous proposons juste de les inclure et de considérer qu'elles sont libres de leur corps. Voilà. Mais ça n'est pas un oubli des questions sociales. Par contre, sur la retraite, Emmanuel Macron n'en parle pas, mais pourquoi ?
On ne peut pas faire de pari sur l'avenir de nos retraites. Cette réforme est nécessaire. Aussi, sur le fondement de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, j'engage la responsabilité de mon gouvernement.
Parce qu'en fait, il a fait un 49-3 parce qu'il n'a pas été en mesure d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale sur ce projet.
Est-ce que le peuple vous a écouté quand on voit aujourd'hui le résultat des européennes et qu'on voit un îlot à Paris qui est rose, rouge et le reste qui est complètement bleu du Rassemblement national ? Est-ce que vraiment le peuple, aujourd'hui, vous a écouté, notamment sur les questions des retraites ou sur les questions sociales ? On a l'impression que le peuple, justement, ne pense pas que c'est la gauche qui porte ces questions-là ?
Le Rassemblement national a dit qu'il abrogerait la réforme des retraites et puis finalement, il a dit que non, il ne l'abrogerait pas. Puis finalement, il y a Jean-Philippe Tanguy qui a dit que peut-être que oui, il allait le faire. Puis finalement, Jordan Bardella a dit que non. Voilà. Donc moi, je vous dis, il y a un seul... Comment vous expliquez le vote RN alors ? Une seule ligne qui permet véritablement de protéger vos droits sociaux, c'est le Front Populaire. Il n'y en a pas d'eux.
Et protéger vos droits sociaux, ce n'est pas protéger juste quelque chose sur un papier, c'est protéger votre corps des blessures du travail, c'est protéger votre temps hors travail, c'est protéger votre capacité à changer d'emploi, c'est protéger vraiment votre vie. Et c'est ça le Front Populaire.
Mais qu'est-ce qui a fait que jusque-là, on a moins entendu la gauche sur ces questions-là du fait du vote du RN aux européennes ?
Je ne suis pas d'accord avec vous sur le fait qu'on l'ait moins entendu puisqu'on nous reproche au contraire de nous avoir trop entendu sur les retraites et d'avoir crié trop fort dans l'Assemblée.
Dans un moment précis des retraites. Mais de manière plus globale...
Mais ça n'est pas vrai. On parle du chômage de manière continue. Donc ça n'est pas vrai. Les seuls qui se soient vraiment opposés à la réforme du chômage, c'est nous. Le fait qu'on se soit... on est proposé que le SMIC soit augmenté, c'est nous. Le fait que le point d'indice, etc., c'est nous.
C'est un problème de communication alors ?
Non, ce n'est pas ça. C'est qu'on utilise nos combats sur les discriminations pour décrédibiliser l'ensemble de nos combats. Moi, je dis, la gauche est présente sur les combats sociaux, très présente, mais immensément présente. Vraiment. C'est-à-dire que nous n'avons jamais lâché aucun des combats sociaux. Et ce que je dis juste, c'est que ça ne se suffit pas à soi-même. Il y a aussi des gens... Je veux dire, quand on regarde le taux de suicide, par exemple, des personnes LGBTQIA+, on a un sujet de santé publique. Ça n'est pas normal que ces personnes se suicident comme ça. Et si elles se suicident, c'est parce qu'elles subissent des discriminations liées à ce qu'elles sont.
Donc, c'est pour ça qu'il y a les deux jambes à tenir. Et je pense que la gauche marche bien quand elle marche sur ses deux jambes. À la fois ne jamais lâcher le combat social et en même temps comprendre qu'il y a des situations qui mettent en danger les personnes. Toi, aux prochaines élections, tu as voté pour qui ? Bah, bardez-là. Il y a beaucoup de votes RN autour de vous ?
Ouais.
Ah ouais, moi, j'en connais pas mal dans mon quartier.
Ils sont tous pour Marine.
À Saint-Quentin, dans l'Aisne, près d'une personne sur deux a voté rassemblement national aux dernières élections. C'est dans ce département que le RN a réalisé son plus gros score. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Bah, moi, moi, je suis pour. Je suis dans un appartement à 745 euros le loyer sur 1000 euros de retraite. Ça devient compliqué. Les courses, on n'y arrive plus. On a du mal à boucler les fins de mois. Ça, c'est sûr. Moi, je travaille en usine chez Van Dendrich. Filature. Moi, je veux du renouveau. Je veux que ça bouge, quoi. Le gouvernement ouvre les yeux que ça bouge. J'en sais rien, moi. Mais parce que là, avec M. Macron...
La gauche s'excite quand elle est intolérante, quand elle voit du progrès là où, en fait, il n'y a que de l'identité. Et quand la gauche traditionnelle, classique, est tétanisée parce qu'elle est sous la pression de ce gauchisme-là, mécaniquement, qui tire les marrons du feu ? C'est très simple. C'est une extrême droite qui, dans son expression, ne ressemble plus aux fascistes d'antan. L'extrême droite, aujourd'hui, elle a repris à son compte l'idée de liberté, de plaisir, voire de bien-être.
Et c'est très difficile, aujourd'hui, quand on est quelqu'un de gauche, de dire à des amis qui n'en peuvent plus et qui basculent vers cette extrême droite, très difficile de leur dire « Les amis, vous vous trompez. Cette extrême droite-là, aujourd'hui, elle est jouisseuse, elle aime le bon vin, elle aime pétarder dans ses bagnoles. Elle est même, d'une certaine manière, beaucoup plus décadente que ce gauchisme-là qui est plus dit bon, qui pue la morale, comme dirait l'autre, qui sent encore le cul effroi.
» Thierry Keller dit qu'on a un gauchisme qui pue la morale et d'un côté, on a des ouvriers d'usines qui, normalement, historiquement, votaient à gauche et qui disent qu'ils vont voter le Rassemblement National. Quand vous voyez ces deux séquences, est-ce que vous vous dites que vous faites partie d'un gauchisme qui pue la morale, comme dit Thierry Keller, et est-ce que vous avez envie d'aller chercher justement ces électeurs ?
Moi, dans ces débats-là, ce qui me frappe à chaque fois, c'est que le libéralisme n'existe pas. C'est-à-dire que le centre n'a aucune responsabilité dans cette affaire. C'est-à-dire que ce serait nous qui ne sommes pas au pouvoir depuis maintenant plus de dix ans qui serions rayons responsables de ça. Le Rassemblement National a pris plus de dix points sous Macron, mais c'est nous qui sommes responsables. C'est un truc de fou, en fait. C'est vraiment, c'est assez incroyable. Alors moi, je pose l'hypothèse suivante, c'est que là, en l'occurrence, il s'agissait d'une dame qui était ouvrière, qu'a fait le libéralisme sur la condition ouvrière.
Il a laissé les salaires diminuer et notamment ne pas suivre l'inflation de sorte qu'en effet, elle a 700 euros de loyer et elle n'a plus que 300 euros pour vivre, que l'absence de contrôle et d'encadrement des loyers a fait que son loyer a augmenté de telle sorte qu'elle n'arrive plus à vivre et qu'en fait, par le Rassemblement National, elle a l'impression de donner un grand coup de pied dans la fourmilière, de dire voilà, j'en ai ras-le-bol, vous ne les aimez pas, tenez, on vous les met dans les bras parce que vous ne nous avez pas respectés. Et en fait, ça pour moi, ça n'est pas la question de la gauche, de la morale, de je ne sais pas quoi.
C'est la question de comment ces gens ont une dignité dans leur vie quotidienne. Et c'est cela qui, à mon avis, est très intéressant dans le Front Populaire, c'est comment on redonne de la dignité quotidienne à des personnes qui objectivement sont plus en mode survie qu'en mode vie.
Vous aujourd'hui, justement, c'est quoi la mesure phare que vous voulez proposer à quelqu'un, justement, qui se dit je suis tenté de donner un copier à la fourmilière et de voter RN ? Qu'est-ce qu'il convaincrait de voter Nouveau Front Populaire ?
Il y a plein de choses, mais par exemple, on peut parler de l'augmentation du SMIC. aujourd'hui, il est à 1398, je crois, et donc il passe à 1600, ce qui est une augmentation de 200 euros qui va se faire par palier, mais c'est quand même une véritable augmentation. j'ai envie de dire à tous ces gens, oui, on sait que c'est dur, quoi. Je veux dire, la gauche ne minimise absolument pas la dureté de cette vie-là. Jamais. Et au contraire. Mais ce n'est pas en ciblant toute la responsabilité sur les immigrés ou les étrangers que votre condition à vous va s'améliorer. Par contre, c'est en augmentant les salaires, par contre, c'est en gelant les loyers, tout ce que n'a jamais voté le RN.
C'est en faisant des prix alimentaires qui ne subissent pas l'inflation et qui n'enrichissent pas les entreprises de l'agroalimentaire, de la grande distribution, etc. C'est ça, en fait.
Pour comprendre ce que vous dites, Macron, en gros, le libéralisme qu'apprenait Macron aujourd'hui est responsable de ça. Le RN n'apportera pas de solution.
Non.
Donc, il faut voter pour le nouveau Fonds populaire.
Oui, et en fait, le programme que l'on a, c'est aussi de retrouver cette espèce de tissu social qui nous manque. C'est-à-dire qu'elle n'en a pas parlé, mais peut-être manque-t-elle de services publics dans le sein de Quentin. C'est quelque chose que vous voulez restaurer ? Ah oui, je pense que pour moi, un des facteurs très importants de la montée du Rassemblement National, par exemple, c'est l'affaiblissement de l'école, mais pas un affaiblissement au sens où on met un uniforme. L'affaiblissement de l'école comme étant un lieu où mes enfants, si je confie mes enfants à cette école, je pense qu'ils auront une vie meilleure que la mienne.
Et ça, aujourd'hui, l'école publique ne remplit plus complètement cette faute.
Aujourd'hui, vous n'auriez pas envie de mettre vos enfants dans une école publique ?
J'ai mis tous mes enfants dans les écoles publiques, mais mes enfants, ils avaient disposé d'un capital social, dirait Bourdieu, qui leur permettait d'être dans les écoles publiques. Aujourd'hui, on regarde, la France est parmi les pires pays de l'OCDE, mais vraiment très, très loin. On est parmi les pires en matière de reproduction sociale. C'est-à-dire qu'en fonction de votre catégorie socioprofessionnelle, vos enfants réussiront bien ou réussiront mal.
Comment vous l'expliquez sachant qu'aujourd'hui, le plus gros budget de l'État, c'est l'éducation nationale ? Le nouveau Front populaire, très certainement, s'il arrive au pouvoir, investira aussi une grosse partie de son budget dans l'éducation nationale. Comment on peut faire plus ?
On peut faire mieux. On peut faire beaucoup mieux. C'est-à-dire que là, aujourd'hui, on a vraiment une... J'ose parler de ségrégation sociale dans l'éducation. C'est-à-dire qu'il y a des collèges, des bons collèges, les mauvais collèges. Et il y a vraiment quelque chose qui est en train de se polariser. Et là-dessus, le ministre Blanquer a eu un effet, mais vraiment très dévastateur. Donc en fait, si vous habitez dans une zone où le collège, par exemple, de secteur est un collège qui est dégradé, il vous faut suffisamment d'argent pour pouvoir extraire votre enfant et le mettre dans le privé, par exemple. Et ça veut dire que vous avez encore moins pour manger.
Et ça veut dire que derrière, ceux qui restent dans le collège public sont encore plus tout seuls. Donc faire société, on dit toujours qu'il y a des extrêmes, que les gens s'opposent, etc. Mais pour moi, le lieu où on fait société, c'est l'école. C'est-à-dire que si vous rencontrez dans l'école des gens issus de toutes conditions, des copains et copines issus de toutes conditions, que vous partagez les mêmes choses, les mêmes jeux dans la cour de récréation, les mêmes enseignements, en fait, ça crée quelque chose de commun, ça crée un ciment dans la société. Je crois qu'aujourd'hui, nous ne l'avons plus.
Et si on regarde les chiffres, les chiffres sont absolument effrayants sur le nombre, la proportion d'élèves qui ont fui vers le privé pour échapper au public. Donc, remettre l'école publique au cœur du village, au cœur de notre système social est pour moi très important. Du côté de la NUPES, le jour d'après, c'est aussi le matraquage fiscal et il est même revendiqué. Que nous dit le programme de la NUPES ? Qui, je le rappelle, a été dicté par la France Insoumise. 300 milliards d'euros de dépenses nouvelles et 50 milliards d'euros d'impôts nouveaux dès le premier mois dès cet été. Pour un ouvrier qui fait des heures supplémentaires, aujourd'hui, elles sont sans charge sociale.
Dans son programme, la NUPES propose de rétablir les charges sociales sur ces heures supplémentaires avec le programme de la NUPES donc et ce rétablissement. C'est en moyenne 200 euros en moins pour les ouvriers qui font des heures supplémentaires. Pour un retraité qui gagne aujourd'hui autour de 1 500 euros de pension tous les mois. Aujourd'hui, il bénéficie d'un taux réduit de CSG. La NUPES, dans son programme, propose ce qu'ils appellent la CSG progressive. L'application de cette mesure de CSG progressive ferait une perte de 160 euros par retraité en moyenne, 160 euros de taxes supplémentaires. La liste est encore longue, je pourrais citer beaucoup d'exemples.
Vous avez Bruno Le Maire qui jusqu'à présent, enfin moi, ce que je connais, il a fait de la philosophie et de la littérature et il a réussi à faire dégrader la note de la France par les agences de notation. Il vient nous donner des leçons d'économie. Bon, quand vous avez Esther Duflo qui est prix Nobel d'économie qui dit le programme économique du nouveau Front populaire il est crédible et réalisable, ça permet de lui donner de la crédibilité.
Vous, vous êtes économiste de formation, de métier, effectivement. Comment vous voyez la mise en œuvre de ce programme économique ?
Déjà, Julia Cagé a raison, c'est que la note s'est dégradée sous l'ère Macron, en fait. Et que si on regarde les gouvernements successifs, la gauche n'a pas dégradé les comptes publics, ça n'est pas vrai, ça n'a jamais été vrai. Donc là, le programme qui est présenté, c'est un programme que moi j'appelle de rééquilibrage des pouvoirs d'achat. Rééquilibrage des pouvoirs d'achat. Si on regarde les plus riches, les 500 personnalités les plus riches en France, en 10 ans, ont vu leur fortune passer de 200 milliards d'euros à 1200 milliards d'euros. 200 euros à 1200 milliards d'euros.
Pendant ce temps-là, les plus pauvres n'arrivent plus à payer ni leur facture d'électricité, de chauffage et la nourriture et encore moins la cantine pour les enfants. Donc en fait, le programme du Front populaire, c'est un programme de rééquilibrage des pouvoirs d'achat. Faire en sorte que ceux qui sont très riches en aient moins parce qu'il n'y a pas besoin d'avoir tout ce pouvoir d'achat, ce n'est pas vrai. Et par contre, que ceux qui en ont besoin en aient plus. Et on fait la même chose sur les entreprises. C'est-à-dire que les grandes entreprises aujourd'hui bénéficient de tout un tas de ce qu'on appelle des niches fiscales, des exonérations de charges, etc.
Et en fait, les petites et moyennes entreprises sont celles qui payent le plus d'impôts en fonction de leur chiffre d'affaires. Donc là aussi, il y a un rééquilibrage du chiffre d'affaires à faire pour qu'il y ait moins d'avantages fiscaux pour les grandes entreprises et qu'on les bascule vers les petites et moyennes entreprises. Et en fait, c'est un truc qui permet d'assurer cette cohésion sociale. Je rappelle que la France est aujourd'hui le troisième pays au monde qui comprend le plus de millionnaires et qu'en fait, tous les autres pays ont diminué le nombre de leurs millionnaires et que nous, nous sommes le seul pays qui l'a augmenté.
Et les deux pays qui sont devant nous, c'est les Etats-Unis et la Chine qui ont des populations qui sont sans commune mesure avec la nôtre. Donc on a un problème. On a un problème.
On sait qu'il y a trop de millionnaires justement en France.
Et que surtout, ils ne contribuent pas suffisamment aux biens communs.
Ce serait quoi contribuer suffisamment aux biens communs ?
Ça veut dire augmenter les tranches fiscales, ça veut dire faire en sorte que tous ceux dont ils ont bénéficié pour pouvoir devenir millionnaires, ils en rendent une partie à la société.
Et est-ce que c'est... Comment vous comptez justement financer ? Je ne sais pas si vous avez le détail là-dessus, mais par exemple, on parlait du SMIC tout à l'heure pour l'augmentation du SMIC. Si je suis patron par exemple d'une TPE et que je veux embaucher plus de personnes et que je veux embaucher des personnes au SMIC, donc ça va me coûter plus cher. Comment je... Alors ça,
on avait pensé parce qu'on avait déjà présenté une augmentation du SMIC dans l'Assemblée nationale durant ces deux dernières années et on avait opté pour un système de solidarité, un fonds d'aide au PME qui permettait de prendre en charge toute ou partie de l'augmentation du SMIC ou des salaires des nouveaux embauchés. De sorte qu'en fait, on boostait, on soutenait l'emploi dans les petites et moyennes entreprises et par contre, on aidait pas les grandes entreprises qui en plus se font de l'optimisation fiscale. Et ce fonds d'aide m'ont été financé en partie sur une taxation sur les surprofits par exemple. Je rappelle ce que c'est un surprofit.
Un surprofit, c'est par exemple quand il y a eu l'inflation qu'on a connue ces derniers mois, ces deux dernières années. L'inflation, c'est une augmentation des prix généralisés. On met dans la nourriture par exemple.
J'allais dire la taxe sur le surprofit, je crois que Bruno Le Maire et le ministère de l'économie l'avaient mis en place récemment et il n'y a pas eu de succès particulier derrière.
Ah non, mais il ne l'a pas mis en place. Déjà, il l'a mis en place une fois que l'inflation était arrêtée. Mais c'était quand même un sketch. Et puis, la deuxième chose, c'est que nous, il nous a expliqué pendant deux ans qu'il ne savait pas ce que c'était un surprofit. des biens alimentaires type pâtes, etc. L'inflation pure des matières premières a fait que les prix ont augmenté de 6%. Mais par contre, les entreprises de grande distribution, les supermarchés, etc., eux, ont fait augmenter ces prix de plus de 12%. Donc en fait, ils ont doublé l'inflation pour se mettre l'argent dans les poches. Donc c'est anormal. C'est anormal.
Ce n'est pas éthique, ce n'est pas moral, ce n'est pas économiquement efficient et ça n'est pas normal. Donc ça, il est vraiment honteux que le gouvernement n'ait pas réussi à empêcher ces entreprises de réaliser ces surprofits. Et ceux qui ont payé ces surprofits, ce sont les personnes qui ont les plus faibles revenus.
Comment vous expliquez qu'il y a des économistes de gauche et des économistes plutôt de droite qui ont cette mouvance-là alors qu'on pourrait se dire que l'économie c'est une science comme une autre et qu'on active certains leviers qui permettent d'avoir de l'argent à un niveau ou à un autre niveau ?
C'est une question qui est très intéressante parce qu'en effet on ne comprend pas pourquoi il y a cette distinction. En fait, si je veux caricaturer, alors s'il y a des puristes qui m'écoutent, qu'on soit d'accord, c'est une forme de vulgarisation, ce que je vais faire. Mais grosso modo, les économistes de droite pensent que pour augmenter l'activité, il faut aider les entreprises. C'est-à-dire qu'en fait, ce n'est pas ce qu'on appelle une politique de l'offre, donc un soutien aux entreprises, qu'elles produiront plus et donc ça augmentera l'activité.
Les économistes de gauche disent que s'il n'y a personne pour acheter, en fait, ça ne sert à rien de faire la politique de l'offre et donc il faut au contraire augmenter le pouvoir d'achat des personnes qui sont les plus ric-rac parce que comme ça, elles achèteront davantage et en fait, c'est ça qui relancera l'économie. C'est vraiment la politique de l'offre versus la politique keynésienne. Et donc, c'est pour ça, c'est là qu'est la différence. Nous, nous avons un programme là dans le Fonds populaire qui est un programme vraiment keynésien de relance du pouvoir d'achat des plus faibles.
Après, moi, je vais vous dire que ça, par exemple, en tant qu'économiste, moi, j'ai des limites à ça qui est que là-dedans, l'écologie n'existe pas. C'est-à-dire qu'en fait, il n'y a pas vraiment de réorientation du système économique vers l'écologie. Donc ça, ça va faire l'objet des discussions encore que nous allons avoir pour réorienter.
J'allais vous parler de l'écologie. Justement, c'est un sujet qui est complètement absent de la campagne. On n'en parle pas du tout. Pourquoi ? Et vous qui êtes députée écologiste, c'est vrai que c'est des sujets sur lesquels même vous, on ne vous entend pas.
Alors, j'essaye d'en parler, mais en fait, je n'ai jamais aucune question là-dessus, donc ce n'est pas totalement simple.
Je vous pose la question, justement.
Oui, mais c'est un vrai sujet, surtout que toutes les alertes montrent qu'on atteint les plus 1,5 degré. Vous savez qu'au-delà de 1,5, on bascule. Et là, dans les 12 derniers mois, on était à 1,5 degré. La biodiversité s'effondre. Donc, en fait, il y a vraiment un programme écologiste à mettre en place qui est une restriction de la sphère de la consommation des biens pour aller vers plus de consommation de services, de loisirs, etc. Et puis, anticiper les modifications à faire. Mais cela aussi, pour moi, la politique écologiste, c'est aussi une politique qui peut créer de l'emploi et qui peut créer de l'activité. Typiquement, si vous isolez les logements, vous créez de l'activité économique.
Si vous développez de l'économie circulaire, de la réparation, vous devrez créer des emplois de réparation. C'est déjà le cas en soi. C'est déjà le cas aujourd'hui. Très peu. Il faut savoir qu'aujourd'hui, on jette à la mer, alors c'est dans le monde, ce n'est pas qu'en France, mais on jette à la mer toutes les minutes, toutes les minutes, 15 tonnes de plastique dans le monde. On ne peut pas continuer à consommer comme ça, à jeter comme si de rien n'était.
Pour revenir juste sur le programme économique, l'Europe vient de retoquer la France en disant attention pour le déficit public, il y a la note de dégradation, enfin il y a les dégradations de la note. Est-ce que c'est entendable pour les Français justement de se dire on va dépenser, ça a été estimé à 106 milliards d'euros par Valérie Rabot, une responsable socialiste, le programme, on va dire, de dépense du nouveau Front populaire ? Même si j'entends ce que vous aviez dit justement sur comment rééquilibrer, est-ce que c'est entendable par les Français justement ces dépenses qu'on voit que d'un point de vue international à l'échelle européenne on nous dit de faire attention ?
Aujourd'hui, il y a des économistes qui estiment qu'on aide les entreprises à hauteur de 170 milliards d'euros par an tous les ans. C'est plus que tout le déficit. Donc en fait, la question c'est pour moi, ce n'est pas tant combien on dépense, on le dépense pourquoi ? Parce que si vous le dépensez en soutenant par exemple l'augmentation du SMIC et que derrière les personnes du coup non seulement vivent mieux mais aussi peuvent consommer davantage, en fait c'est quelque chose que vous retrouvez après en recette fiscale. C'est-à-dire que ce n'est pas juste de l'argent qui est comme ça jeté par les fenêtres et qui n'a aucune... C'est l'impression
que ça peut donner ?
Oui, je sais que c'est cette impression mais ce n'est pas la réalité. C'est-à-dire qu'à partir du moment où vous allez acheter je ne sais pas quoi, même un paquet de bonbons à votre enfant, vous allez payer une TVA dessus qui reviendra en recette fiscale. Donc c'est ce qu'on appelle les boucles de rétroaction. Donc en fait ce n'est pas de l'argent qui est comme ça donné. Par contre, c'est vraiment une manière pour les personnes qui sont le plus en précarité de retrouver un petit peu d'air dans leur budget.
Vous êtes un petit malin ? Oui, c'est bien une star.
On a beaucoup reproché au RN d'être très présent sur TikTok sans même d'avoir de programme, juste d'être présent et de parler à la jeunesse. Est-ce qu'aujourd'hui c'est une bonne chose que le Nouveau Front Populaire s'imprègne de ces codes-là ? Aussi, on voit aujourd'hui il n'y a pas de description du programme, juste on montre un député, on s'amuse et est-ce que c'est ça le futur de la politique ? Est-ce que c'est bien ?
Moi, je n'ai pas d'avis tranché là-dessus. Moi, j'ai vu des édits où nous étions ensemble, enfin, où il y avait plusieurs personnalités de la gauche et de l'écologie et je les ai trouvées objectivement sympas. Enfin, je trouvais que c'était assez innovant. Après, ça ne remplace pas un programme politique. Mais bon, les hommes et les femmes politiques ont toujours été en quête de cette notoriété. Enfin, quand on disait de Chirac qu'il allait taper le cul des vaches, c'était l'expression qu'on utilisait, c'était le TikTok de l'époque. Donc, voilà.
Ou le Beeryl aussi, on a fait un Beeryl juste avant.
Il faut que vous sachiez qu'on a fait un Beeryl.
Donc, pour vous, c'est une bonne chose qu'on communique ? Je ne sais pas
si c'est une bonne chose ou une mauvaise chose. Dans tous les cas, je pense que c'est... Je pense qu'il faut faire avec les codes actuels et que ça fait partie des codes.
Eh bien, on n'y est encore pas arrivé. Ce n'est pas loin. Faites mieux. Merci.
Est-ce que sa punchline qu'il allait lâcher faites mieux ? Est-ce qu'il n'aurait pas dû se retirer justement après 2022, après cette sortie ? Est-ce que ça aurait été mieux pour la gauche ?
Je pense que depuis, il a fait des choses et il a mené la LFI sur des combats. Et voilà. Donc, moi, je n'ai pas à commenter sur est-ce qu'il se retire ou est-ce qu'il ne se retire pas. Après, je pense que là, dans ce moment-là politique, on a à la fois besoin de personnes qui sont solides et à la fois besoin de renouvellement. C'est-à-dire qu'on a besoin des deux. Et c'est ce mixte-là qu'il va falloir qu'on réussisse à trouver. Et ça ne va pas être simple.
Il a la carreur pour être un Premier ministre ?
Alors, il a été ministre, il a été député, sénateur. Donc ça, ce n'est pas une question de carreur. Il a la carreur. Il connaît l'État. Il n'y a pas de problème là-dessus. Après, la question, c'est comment on définit le Premier ministre ou la Première ministre au sein du Front populaire. Il faudra que la personnalité qui soit désignée soit consensuelle. Et ça, on en discutera le 8 juillet. Il est consensuel ? Quand on aura gagné.
J'aurais connu le choix et consensuel.
On en discutera le 8 juillet quand on aura gagné.
Très bien. On a votre réponse. Faisons un peu de politique fiction. Si aucune majorité ne se dégage au soir du 7 juillet et qu'Emmanuel Macron annonce vouloir former un gouvernement d'union nationale et vous propose le ministère de la Transition écologique, est-ce que vous irez dans ce gouvernement ?
Je vais vous dire, ce jour-là, déjà, je suis contente parce que nous avons gagné. Je vais me concentrer sur un truc qui est que là, chaque voix compte et qu'en fait, il faut qu'on gagne. Et pour moi, il y a un truc qui m'a toujours insupportée dans la politique, mais bien avant que moi, j'en fasse. Je trouvais que les hommes et les femmes politiques mettaient toujours la charrue avant les buts et pensaient toujours des trucs de leur place qu'ils allaient avoir dans 5 ou 10 ans avant d'être vraiment dans le concret du truc. Là, aujourd'hui, on a une bataille à mener qui est d'aller chercher voix après voix.
Et ce n'est pas une petite bataille parce que, comme vous l'avez noté, évidemment, le Rassemblement national a fait une percée importante et donc nous devons vraiment aller chercher voix après voix. C'est à cela que je vais m'employer. Et permettez d'abord qu'on gagne et après, on discutera des postes. Ça marche ?
Merci. Très bien. Et vous, justement, votre... Alors, d'abord, la victoire et votre volonté en tant que femme politique, votre plus grand aboutissement que vous aimeriez mener en tant que femme politique ?
Moi, j'aimerais vraiment qu'on prenne le virage écolo. Moi, je commence vraiment à être très, très angoissée des indicateurs sur l'écologie, mais vraiment très angoissée. Enfin, vraiment, là, je pense qu'on ne se rend pas compte de ce qui est en train d'arriver.
Si vous êtes élue, ça va être une de vos priorités ?
Oui.
Très bien. Merci beaucoup.
Merci. Sous-titrage Société Radio-Canada
Sandrine Rousseau