Des paroles et des actes. Invité : François Bayrou - 12 novembre 2015 (France 2)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 39 %Attaque 41 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:39OuverteRéponse partielle
Citez une mesure pour redonner confiance aux jeunes des quartiers.
- 0:45OuverteÉludée
Pourquoi n'étiez-vous pas aux manifs pour tous ?
- 5:53RelanceRéponse directe
Partagez-vous l'idée de Manuel Valls sur l'union des listes PS et LR ?
- 6:56RelanceRéponse directe
La fusion des listes est-elle réaliste ou souhaitable ?
- 7:29RelanceRéponse directe
Seriez-vous prêt à faire alliance avec Manuel Valls ?
- 19:31OuverteRéponse partielle
À quel moment vous êtes-vous trompé en votant Hollande en 2012 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 10:15PrésentateurFait
« Vous voulez sortir, on le regrettera, mais sortez. »
- 20:34PrésentateurFait
« François Hollande a fait des choix qui sont le contraire de ceux que j'espérais. »
- 34:42PrésentateurFait
« J'ai des inquiétudes sur la mécanique de la primaire. »
- 34:12Locuteur 6Fait
« UMP a été constitué sur la base de l'union et du centre et je continuerai à militer pour ce rassemblement de la droite et du centre. »
- 40:05AuditeurFait
« Un enfant a besoin d'un papa et d'une maman. »
- 41:03PrésentateurFait
« Un enfant a besoin d'un papa et d'une maman. »
- 49:59Locuteur 9Chiffre
« On était à plus de 5% en 2012. On sera à 3,8% pour 2015 et moins de 3,6% pour 2016. »
- 50:17Locuteur 9Chiffre
« On a réduit le déficit de la sécurité sociale de moitié. »
- 57:46PrésentateurChiffre
« Le CICE a coûté 33 milliards. »
- 1:01:10Locuteur 9Chiffre
« 130 000 élèves par an sortent de l'école sans aucune formation. »
- 1:08:05Locuteur 9Fait
« Il n'a jamais été question de dire que l'Alsace allait disparaître »
- 1:08:20Locuteur 9Fait
« On essaye de faire en sorte que des synergies et des dynamiques territoriales qui existent soient construites administrativement »
- 1:19:23Locuteur 6Chiffre
« Vous étiez le candidat le plus radical, vous proposiez 50 milliards d'impôts supplémentaires »
- 1:19:50PrésentateurFait
« Le seul moyen d'obtenir l'équilibre des comptes publics c'est de s'astreindre à 0% d'augmentation des dépenses en euros courants pendant la période »
- 1:20:15PrésentateurFait
« Il faut augmenter les impôts »
- 1:20:30PrésentateurChiffre
« J'étais pour deux points de TVA, ça fait déjà quelques milliards, quelques dizaines de milliards »
- 1:29:14Locuteur 6Fait
« Faut-il faciliter les licenciements comme le demande le patronat ? »
- 1:32:18Locuteur 6Chiffre
« Sur ce chantier qui emploie 3000 personnes il y a 20% de travailleurs détachés »
- 1:42:09PrésentateurPromesse
« Si j'avais une baguette magique, je dirais deux choses : la première c'est l'éducation. »
- 1:50:05Locuteur 10Fait
« À quel moment avons-nous raté pour que des jeunes gens français se sentent à ce point étrangers à ce qui fait la culture commune de tous les Français ? »
- 1:54:39Locuteur 10Fait
« Depuis une trentaine d'années, on a expliqué que la France était un pays multiculturel. »
- 2:05:56PrésentateurFait
« Le drame de la politique française, c'est que nos dirigeants sont incapables de dessiner un avenir commun. »
- 2:08:37PrésentateurFait
« je pense que Alain Juppé peut être cet homme-là »
- 2:08:45PrésentateurFait
« mon inquiétude sur la primaire »
- 2:09:00PrésentateurFait
« si les français se trouvaient devant un choix qui serait François Hollande Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen »
- 2:09:17PrésentateurFait
« je serai dans la responsabilité de celui qui ne peut pas accepter que la France n'ait que ce choix-là »
- 2:09:24PrésentateurFait
« les jeunes français ayant constaté deux impasses avec les cinq années de Nicolas Sarkozy et les cinq années de François Hollande »
- 2:09:36PrésentateurFait
« devant une troisième impasse à mon avis encore plus dangereuse qui est celle du Front National »
- 2:09:50PrésentateurPromesse
« en tout cas je serai là et je prendrai mes responsabilités »
- 2:11:04PrésentateurFait
« je sais qu'il faut que la présidence de la République change de rôle et de pratique en France »
- 2:11:17PrésentateurFait
« on a pris l'habitude depuis des années d'avoir un président de la République chef de parti »
- 2:11:56PrésentateurFait
« insensiblement les partis les deux partis dominants et majeurs ont grignoté cette affirmation »
- 2:12:03PrésentateurFait
« Nicolas Sarkozy était en fait chef de parti et François Hollande est en fait chef de parti »
- 2:16:09InvitéFait
« notamment quand vous avez revendiqué ce soir votre religion à l'antenne : je suis chrétien »
- 2:21:01InvitéChiffre
« vous proposiez 50 milliards d'euros d'impôts supplémentaires »
- 2:21:13InvitéChiffre
« vous aviez bien proposé d'augmenter les impôts de 50 milliards sur 5 ans »
Temps de parole
- Présentateur51 %
- ?10 %
- Invité10 %
- Locuteur 98 %
- Locuteur 106 %
- Auditeur5 %
- Présentateur 23 %
- Locuteur 63 %
- Auditeur 23 %
- Locuteur 52 %
≈ 58,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir.
Il
a changé de pied, il a dérouté les siens, il a perdu des troupes,
mais
il attend son heure, il croit en son destin parce qu'il est redevenu populaire et parce qu'il a parfois eu raison avant les autres. Peut-il être un recours ? A-t-il encore un chemin à proposer à la France ? François Bayrou est notre invité ce soir.
Je
voudrais demander à M. François Bayrou de me citer une mesure qui pourrait redonner la confiance aux jeunes des quartiers. François Bayrou critique le gouvernement, très bien, je suis d'accord avec lui, mais moi je suis professeur et j'aimerais savoir concrètement ce qu'il propose. J'ai participé à toutes les manifs pour tous et j'aimerais savoir pourquoi François Bayrou n'y était pas.
Bonsoir
François Bayrou. Bonsoir.
Soyez le bienvenu.
On
ne parle pas souvent des sondages ici, mais nous accueillons ce soir le deuxième homme politique le plus populaire de France. Regardez, dans le classement des personnalités de Paris-Bas cette semaine, votre ami Alain Juppé est premier et vous êtes deuxième. Il faut descendre à la 23e place pour trouver Nicolas Sarkozy, à la 33e place pour trouver François Hollande. Ça vous donne des ailes
?
Franchement, il faut dire que la popularité ne fait pas tout. On a souvent connu dans les sondages des personnalités populaires qui étaient dans le haut du classement, mais qui ne représentaient pas réellement
une
solution pour les Français. Et vous, c'est différent
?
Et j'espère, en tout cas on va essayer de le montrer ce soir, qu'on peut avoir
une
autre approche de la réalité du pays, espérer autre chose et que ce soit réel, concret et au fond une autre manière de gouverner. C'est peut-être ce que nous allons essayer de montrer ce soir. Bon, quand on a 40 ans de vie
politique avec des
succès, avec des échecs, on est toujours sensible quand même à ce genre de satisfaction
?
Franchement, moins qu'autrefois. Et puis la vie a fait, je vais vous faire une confidence, qu'il m'est assez souvent arrivé d'être très haut dans le classement, et puis quelques jours après de dégringoler à un point qui moi-même me donnait le vertige. Pourtant, ce n
'est
pas facile à regarder une courbe. Donc, voilà, je suis heureux que,
au
fond, l'idée que je porte depuis longtemps,
c
'est-à-dire qu
'on
ne pourra pas sortir la France des difficultés où elle se trouve simplement en restant dans le même système, que cette idée, d'une certaine manière, elle avance. Et vous aurez observé, c'est intéressant dans le classement,
que
c'est Alain Juppé le premier,
que,
comme vous dites, je suis le deuxième. Et ce qui veut dire qu'au fond, une certaine idée du rassemblement, de sortir des antagonismes perpétuels et absurdes, cette idée-là, les Français, ils sont sensibles. Je ne dis pas qu'ils sont encore acquis. Je ne dis pas qu'ils voient très bien
comment
ça pourrait se passer. Et peut-être, nous-mêmes, avons-nous des chemins à défricher. Mais il y a là quelque chose qui est un indice de ce que le pays attend. Et au fond, on va en parler. Oui,
on va en parler parce qu'on sera au cœur des conversations. On va voir,
on voit bien une tentation des extrêmes.
Mais
ce que montre le sondage, c'est qu'il y a aussi une tentation de ceux qui veulent construire et rassembler. On va voir. En tout cas, je
précise
que vous venez, bien
sûr, répondre
aux questions.
Mais ce soir, vous
annoncerez aussi
une
décision. Vous nous l'avez indiqué il
y
a quelques jours.
Une
décision ou, disons,
une
résolution
sur la prochaine présidentielle. Un état d'esprit qui aura, bien sûr, du poids, sans doute, dans le débat public.
Vous
nous le livrerez tout à l'heure. Vous nous la livrerez tout à l'heure, cette résolution. D'abord, le programme. On va, pour commencer, s'interroger sur votre positionnement. À droite, à gauche, au centre. On le disait, c'est vrai que vous avez parfois donné le tournis. Ce sera l'une des questions politiques de Nathalie Saint-Cricq.
Premier débat ensuite avec un très proche de François Hollande, qui est aussi ministre et porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. Je rappelle que vous avez voté François Hollande au deuxième
tour
en 2012. Et que depuis, vous êtes très sévère avec le président de la République et l'action qu'il mène. Votre vision économique ensuite. Le débat a beaucoup évolué en trois ans. Et on va voir avec François Langlais si c'est votre cas. Et puis, second débat sur les valeurs, sur
nos
valeurs, et sur la question de l'identité. Un mot piège, un mot qui clive. Eh bien, l'essayiste et éditorialiste Natacha Polony s'en est emparée. C'est le thème de son dernier livre. Nous sommes la France chez Plon et c'est elle qui viendra en parler avec vous. Ça nous amènera aussi peut-être à parler de l'identité européenne. Si elle existe, ce sera ensuite le moment de conclure, avec la synthèse de vos réactions sur les réseaux sociaux, via France TV Info. Ce sera la
revue
de tweets de Karim Rissouli. Et le moment attendu, Jean-Daniel Lévy viendra nous dire si vous avez, François Bayrou, convaincu ce soir, ceux qui vous regardent, il viendra nous présenter les résultats de son sondage express réalisé par Harris Interactive. Voilà pour le menu. D'abord, une question d'actualité. Votre coup de gueule, sur l'actualité de la semaine aussi, et le carnet de route de Jeff Wittenberg. La question d'actualité, elle porte
sur
la petite bombe politique lâchée par Manuel Valls. On en parlait dans le journal de 20h. Il préconise, entre les deux tours, l'union de la droite et de la gauche, autrement dit, la fusion des listes PS et Les Républicains dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, notamment, où le Front National paraît avoir une grande chance de l'emporter.
Est
-ce que vous partagez cette idée, François Bayrou
? Je
ne crois pas que ce soit réaliste. Et d'ailleurs, il suffit de voir le foisonnement des réactions, les irritations des uns et des autres
pour
le penser. En revanche, je pense que la solution réaliste et responsable, c'est le retrait de ceux qui ne peuvent pas gagner au profit de... Enfin, en souhaitant que se rassemblent leurs électeurs auprès de ceux qui peuvent gagner.
Manuel Valls, il dit, le retrait ne suffirait pas parce que les électeurs de la liste qui se retirent s'abstiendraient. Il faut, peut-être,
en
cas de force majeure,
envisager la fusion. Vous dites pas réaliste, mais souhaitable ou pas souhaitable
?
M. Pujadas, Dieu sait que j'ai passé toute ma vie à attendre et à faire tout ce que je pouvais pour que des forces politiques différentes acceptent de se
mettre en place. De travailler ensemble. Mais
ça ne se peut pas se faire,
je
crois,
au
soir du premier tour d'une élection,
parce
que ça donnerait lieu à des polémiques immenses et ça ferait fuir les électeurs, du moins je le crains. Alors je pense que Manuel Valls a peut-être une idée derrière la tête de
changements
assez profonds de la vie politique française. Et
vous seriez
prêt à le faire avec lui, par exemple
?
Toute personnalité
qui
est prête à faire bouger les choses de manière à ce que des décisions cohérentes
et
solides puissent être prises pour la France, je serai là pour dire pourquoi pas. Mais pas juste avant une élection. Mais pas au soir du premier tour d'une élection et pas au déboté de cette manière-là. Dieu sait que j'ai fait assez souvent des choix qui allaient dans ce sens. Même
si le Front National semble en mesure
de l'emporter.
Je
ne suis pas persuadé que ce type de mélange des listes soit de nature à faire reculer le Front National. Probablement au contraire.
Je
pense qu'il faut faire appel à la responsabilité des électeurs. Il faut que chacun mesure l'importance de son choix. Mais ça n'est pas par une fusion dont le but serait simplement de sauver des sièges pour les uns et pour les autres qu'on y arrivera. Sauver des sièges, ce n
'est
pas l'essentiel.
Je
puis vous assurer qu'on vit très bien, enfin,
moins
bien qu'on aimerait quand la vie politique a fait que vous n'avez pas de siège dans une assemblée. Ça n'a pas grand d'importance. Ce qui a de l'importance, c'est qu'on sache ce que vous croyez et où vous êtes. Votre coup de gueule sur l'actualité de la semaine. Vous
êtes arrivé en nous disant «
Il
y a
un
événement, une proposition, une prise de position qui me met hors de mes gonds.
»
Vous parlez de David
Cameron et de l'avenir de l'Europe. Il ne s'agit pas d'exploser de colère. Il s'agit de savoir
quand
se produisent des événements graves et qui engagent l'avenir.
Ce
que le Premier ministre britannique a dit lundi et a écrit mardi au sujet de l'Europe. Ces conditions pour rester dans l'Europe. C'est un changement profond
et
à mon sens gravissime
de
ce qu'est le projet européen. D'abord, ça dit entre les lignes, c'est moi, Premier ministre de la Grande-Bretagne, qui vais définir ce que l'Europe sera. Il dit par exemple « On a écrit dans les traités que nous devions avoir une union toujours plus étroite. Moi, je n'en veux plus. » Mais
ce
que je puis rappeler, c'est
que
la Grande-Bretagne a signé
en
1973
et
ça a été un effort pour beaucoup de gens d'accepter, et pour l'égoliste en particulier, d'accepter que la Grande-Bretagne entre. Un enthousiasme pour beaucoup de familles politiques. Aujourd'hui, en tout cas, ça signifie que M. Cameron a décidé de remettre en cause la philosophie de l'Union européenne.
Et vous lui
dites « Non, M. Cameron ». Et je dis «
Vous
voulez sortir,
on
le regrettera, mais sortez.
Parce
qu'il y a 40 ans,
que
insensiblement, maille après maille, l'Angleterre, comme le redoutait
le
fondateur de la Ve République, tire d'effet le tricot européen,
dont
je vous rappelle qu'il était fondé sur la préférence européenne, c'est-à-dire sur le fait qu'on allait défendre notre industrie, notre agriculture,
et
peu à peu, insensiblement, l'idéologie que la Grande-Bretagne portait, qui était celle du commerce à tout prix, du commerce au-dessus de tout, des intérêts financiers au-dessus de tout, cette idéologie, peu à peu, elle a rongé
ce
qu'était le projet européen. Et il y a des moments où on a des rendez-vous. À mon avis, c'est un rendez-vous, c'est une heure de vérité. Et il faut dire à M. Cameron, désolé, mais non.
Nous
n'avons pas l'intention de laisser dévoyer le projet européen pour y introduire ce qui n'est pas autre chose, ce qui ne serait pas autre chose qu'un ultra-libéralisme qui prendrait le pas sur tout. Le moment est venu de dire, de défendre
ce
que nous avons voulu,
que
nous avons choisi de faire de l'Europe. Et je suis donc pour qu'on soit amicalement, mais intransigeant.
C
'est dit, c'est clair. Le carnet de route de Jeff Wittenberg sur votre
lien, François Bayrou, avec les Français. Bienveillance, scepticisme, de quoi est-il fait ? Jeff Wittenberg s'est rendu à Annecy. Alors pourquoi Annecy ? Parce que la ville, en 2007, vous
avait accordé 25% des voix. Carnet de route réalisé avait que Frédéric Bonne, Arnaud Pacari et Erwann Millon.
C
'est un autre massif que ces chers Pyrénées. Nous y sommes allés pour entendre parler de François Bayrou à Annecy, préfecture de la Haute-Savoie. Ici, en 2007, le leader centriste avait séduit un quart des électeurs. Quand reste-t-il huit ans plus tard
? Nous
avons d'abord effectué un test de notoriété auprès des plus jeunes électeurs sur les marches de l'université.
A
l'épreuve du trombinoscope, François Bayrou s'en sort plutôt bien.
Est
-ce que vous connaissez cet homme
?
Oui, c'est qui ? François Bayrou ?
Je sais que je l'ai déjà vu, mais dire honnêtement qui c'est, mais non. Je ne
vais
pas mentir.
Vous
savez quelles idées il défend ? Non. Vous
ne
savez pas du tout ? Vous savez s'il est pour ou contre la construction européenne
? Je
ne saurais pas vous dire. Vous le classez plus proche de la gauche ou plus proche de la droite aujourd'hui ?
Je dirais, d'après ce que j
'entends, plus proche de la gauche.
Comme ça, je dirais plus proche de la droite.
C'est plus orienté
gauche,
je
crois.
Aujourd'hui, il est plus proche de François Hollande ou plus proche de la droite
? Je ne
saurais pas dire.
J'aurais dit la droite. Plus
ennuyeux pour lui, même les jeunes qui l'identifient et connaissent ses engagements ont tendance à conjuguer François Bayrou au passé. A quelle place vous le voyez aujourd'hui dans le paysage politique ?
Il n'a pas une grande portée sur les jeunes et il s'adresse plus aux personnes plus âgées qui correspondent plus à nos parents, nos grands-parents, tout ça.
Ça fait un petit moment qu'il traîne ses pattes dans la politique. Je ne
sais
pas quel âge il a, mais il
est
un peu vieux pour être président, non ?
Mais il n
'est
pas si vieux que ça. Il est de la génération de François Hollande et de Nicolas Sarkozy.
Ah bon
? Bien, mais j'ai cru.
La
relation entre Annecy et François Bayrou, elle, est ancienne, pas de doute. Dans cette ville à l'économie relativement prospère, 7% de chômeurs, le centrisme est une tradition. Au bord du lac, il n'y
a
pas à chercher longtemps pour trouver ses électeurs.
Qu
'est-ce qui vous séduit en lui comme homme politique ? Il est beau, moi je dis qu
'il
est beau. Il
porte bien le
costume.
Ce
qui me séduit en lui,
je
pense que c
'est
sa franchise. Le problème,
c
'est que d'être trop franc, je pense que dans la politique, ça nuit.
Il
a quand même fait 18, 17 et 18% en 2007. En 2007, oui. C'est des millions de personnes. Il n
'y a
pas disparu des écrans radar, c'est pas possible. C'est quelqu'un que j'ai toujours apprécié. C'est quelqu'un qui a toujours dit
une
certaine vérité, on va dire.
Qui
a appelé un chat un chat. Il n
'a
pas trop de compromissions à ce niveau
-là.
D'accord. Et ça, ça vous plaît ? Ça me plaît, oui. Évidemment, ça lui coûte une carrière politique. Et là, je pense qu
'il
n
'en
demandera pas.
Il ne sera jamais président de la
République.
S'il devait se représenter, en tout cas, il lui faudrait au moins un local. Ici, il n'y
en
a plus. C'est en vélo que Pierre Paulès, le responsable du modem à Annecy, vient à notre rencontre. Voilà,
je
suis élu modem à la mairie d'Annecy, oui.
Aujourd'hui, est-ce que c'est simple de représenter François Bayrou ? Non,
ce n
'est
pas simple. Parce que la parole du modem, elle
est
un peu inaudible.
Elle
est difficile à porter. C'est une parole de centriste. Pourquoi ce qui s'est
passé
en 2007 n'arrive plus aujourd'hui ?
En 2007, il avait encore un peu de nouveauté. C'est vrai qu'il fait un peu moins parler de lui. Pourtant, chaque fois qu'il écrit quelque chose, c'est d'abord du bon français.
Ça
s'adresse à tout le monde. Et puis, ça parle de valeur avant de parler de carrière.
Modéré, pro-européen, rassurant, François Bayrou a aussi séduit une partie de la bonne société d'Annecy.
Ce
soir-là, nous nous rendons à l'Impérial Palace pour une soirée du Rotary, le célèbre club dont les membres sont souvent des chefs d'entreprise, des médecins réputés, bref, les notables. Qu'est
-ce
que vous en pensez de M. Bayrou ?
Vous
trouvez comment ?
Il faut qu'il arrive à sortir un petit peu de son cadre extrêmement intellectuel. C'est un homme,
c
'est
un penseur,
c
'est quelqu'un qui réfléchit, qui est à l'équilibre, mais qui donne une dimension supplémentaire. Qu'est-ce qui lui manque ? Cette flamme. Ah oui. Voilà, cette flamme.
Nous
commencerons par une présentation des actions du Rotary. Est-ce qu
'on
l'imaginerait le président de la République ?
Il n
'est
pas si percutant, je pense.
Il
a des bonnes idées,
mais il n
'est
pas si percutant. C'est un bon père de famille, moi, je vois ça comme ça.
Et
aux yeux des jeunes du Rotary Club qui viennent d'organiser un tournoi de golf caritatif, François Bayrou souffre d'un autre handicap.
La centriste, ça veut dire je ne me mouille pas trop à droite et je ne me mouille pas trop à gauche non plus. Et en période actuelle, il faut faire des choix et voilà, il faut se mouiller.
Mais
lui, il
dit quand même que justement, la France souffre d'être trop glipolaire gauche et droite et qu'il représente peut-être une troisième voie. Vous n'êtes pas de cet avis ?
Non, pas franchement. J'ai l'impression que
c
'est vraiment, enfin, voter ni oui ni non.
Ni
oui ni non, ni gauche ni droite. Sur le marché d'Annecy, ce sera le principal reproche fait au président du Modem.
Allez, la bête choucroute d'Alsace, profitez.
Entre
les étals, on ne digère pas dans cette ville qui vote toujours majoritairement à droite son choix de 2012 en faveur de François Hollande.
Non, ça ne pardonne pas. Enfin, pour moi, ça ne pardonne pas.
Il faut être
à droite ou il faut être à gauche. Non, pas, il faut se situer, il ne
faut
pas être entre les deux. Parce qu'après,
c'est l'opportunité.
Vous prenez une direction avec une voiture, vous vous trompez,
vous
faites demi-tour, voilà, Lyon, on
ne
sait pas où il va.
J'avais voté pour lui il y
a
quelques années. On ne peut pas.
Et puis
qu
'il
s
'est
mis à la gauche, j'ai dit non, c'est fini.
On
ne
peut
pas, c'est impossible.
Et en effet, les avis les plus féroces... Je ne
suis
pas dur, je suis comme je suis, monsieur. ...viennent souvent des anciens électeurs de François Bayrou. Il a fait perdre les élections à Sarko. Ah, ça, je ne
lui
pardonnerai jamais. Jamais. Je me suis mouillé pour lui, vers vous,
puisqu
'il est avec M. Juppé maintenant. M. Juppé, il faut qu'il arrête aussi, il faut mettre un peu du plus jeune, il faut remettre un peu du sang, il faut y arrêter avec tous ces vieux qui se promènent.
Il faut y arrêter totalement,
j'ai qu
'à
me présenter, moi, c'est président de la République. Il est bien,
il
représente bien le terroir français.
Nous repartons après ces deux jours passés à Annecy avec une conviction. François Bayrou a une bonne image.
C
'est la même politique qui me dérange moins que d'autres. Il a été un très bon ministre de l'éducation nationale, justement parce qu'il n
'a
pas fait de réforme.
De là à l'imaginer à l'Élysée. Bayrou face à Poutine, ça ne
va
pas faire mon feu, je crois.
Face
à Poutine, vous seriez intimidé, François Bayrou
? Je
ne crois pas, non.
Vous
avez entendu les
mots ? Je n'ai pas
une nature intimidable.
Bon, vous avez entendu les mots. Bon père de famille, mais pas assez percutant. Il ne se mouille pas. Opportuniste, ni
ou ni non. Voilà, c'est pour
ça que vous m'avez invité. Au fond, c'est le choix que vous avez fait. Vous aviez une émission à perdre. Vous vous êtes dit Marine Le Pen n
'est
pas venue l'autre fois. Cette fois-ci, il va venir. Voilà, bon,
on
va...
Ça ne vous touche pas plus sérieusement quand vous entendez tout ça ? Non, vous avez l'habitude, vous dites c'est le lot des
hommes politiques. Les hommes
politiques, ils en prennent beaucoup.
Et
quelquefois, à juste titre. Et c'est vrai que c'est moins facile que d'être socialiste ou UMP, ce que j'essaie de faire. Opportuniste, a-t-on entendu. Oui, ça, je ne
crois
pas. Ça, je ne crois pas. J'ai pris de très gros risques
et
j'ai payé cash pour justement ne pas pouvoir être taxé d'opportunisme.
Vous
avez payé lourd ?
Oui. Oui.
Mais c'était mon choix.
Allez,
on poursuit cette conversation avec notre première séquence. Vous allez passer, François Bayrou, au
révélateur
politique de Nathalie Saint-Cricq. Bonsoir, Nathalie.
Bonsoir, David. François Bayrou, bonsoir.
Vous avez 15 minutes, c'est à vous.
Alors, on va essayer de répondre aux gens sur le marché d'Annecy et on va rentrer tout de suite dans le vif du sujet. Alors, votre péché originel à droite remonte à 2012. Vous votez François Hollande et après, ça se gâte très vite. Je vous propose d'écouter.
Je
ne veux pas voter blanc. Reste le vote pour François Hollande. C'est le choix que je fais. Le bilan de François Hollande que François Hollande présente aujourd'hui est un bilan désastreux pour le pays. Alors, François Bayrou, la question est simple. À quel moment vous vous êtes dit je me suis trompée ? Est-ce qu'il y
a
eu un déclic ? Est-ce qu'il y a eu une séquence, un texte de loi ? À un moment donné, vous vous êtes dit oh là là, je suis dans l'erreur ou j'ai été dans l'erreur
?
D'abord, je n
'ai
jamais dit que j'avais été dans l'erreur.
C
'est une phrase que j'utilise assez peu souvent. Trompée ? Non, pas du tout. François Hollande a fait des choix qui sont le contraire
de
ceux que j'espérais et de ceux qu'il avait laissés entendre. Le contraire
? Pendant la campagne.
On va peut-être y venir. Il s'était présenté
au
fond comme quelqu'un qui allait être
réformiste.
Je savais bien qu'il ne tiendrait pas les orientations de son programme économique. C'est ce que j'ai dit le jour
où
vous avez enregistré cette conversation.
J
'ai dit, mais s'il ne fait pas ce qu'il a promis, alors je serai dans l'opposition et je serai un opposant vigoureux. Et c'est ce que j'essaie de faire. Alors vous m'avez posé une question précise. Je vais vous répondre en faisant une confidence. J'ai eu le sentiment qu'il avait choisi un chemin qui allait le conduire à de très grandes difficultés
à
la première seconde.
Au
moment
où
il n'a pas raccompagné Nicolas Sarkozy jusqu'à sa voiture dans la cour de l'Elysée.
Et
où il n'a pas prononcé... Où il n'a pas prononcé le nom de Nicolas Sarkozy dans le discours qu'il a tenu de prise de fonction.
Et
je me suis dit, ouille, ouille, ouille. À
partir
de cet instant-là, au fond, la nécessité d'un président de la République, surtout quand il vient d'être élu... Vous l 'avez trouvé trop normal passer dans
la
fonction présidentielle. C'est qu'il devienne rassembleur du pays, y compris de ceux qui n'ont pas voté pour lui. Et de ceux qui étaient contre lui.
La
fonction présidentielle, ça n'est pas une fonction de chef de parti. Et au fond, le principal reproche qui me vient à l'esprit quand je pense au bilan de François Hollande, c'est qu'au lieu d'être au-dessus de la mêlée,
comme
un président de la République doit être, alors il a choisi d'être une sorte de premier secrétaire du Parti socialiste prolongé. Et ça, c'est pour moi... On va revenir dessus.
Mais est-ce qu'il n'y a pas un
paradoxe à ce que finalement, vous soyez assez cruel et dur avec lui depuis janvier 2014 ?
C
'est-à
-dire
depuis le moment où il y a un tournant dit social-libéral, où finalement, on l'accuse de se centriser, et depuis, il se rapproche de vous. Il se rapproche
de vous. Parce que vous dites,
il nous avait promis des choses, la campagne, elle a été à gauche. Les deux premières années, plutôt à gauche,
et après on la rend. Si
vous reprenez le programme et le mois président de la République, alors vous trouverez des engagements formels. Vous trouverez qu'il avait pris l'engagement qu'on allait baisser le déficit de la France au-dessous de 3% la
première année. Il a
quand même plus baissé que le quinquennat précédent.
Mais on va revenir sur tout ça.
Et
puis,
qu'on serait à l'équilibre en 2017. Là, il a peut-être vu... Et tout est de cet ordre-là. Sans parler du renversement de la courbe du chômage, sans parler de... Vous trouverez dans le «
Moi,
président de la République », il y avait une formule qui disait « Moi, président de la République, j'instaurerai la proportionnelle parce que je veux que toutes les opinions soient représentées. » Et tout cela, qui apparaît être des institutions donc difficiles à comprendre. Là, il y a des clés
pour
la manière de gouverner le pays.
Alors, je
voudrais qu'on avance parce que vous êtes quand même toujours relativement durs avec lui. Dans une récente interview à Valeurs Actuelles, elle remonte à juillet 2015, vous parlez de l'Europe et vous déplorez. Je vous cite à propos de François Hollande
qu
'il manque complètement de virilité. Premier point, est
-ce
que la testostérone a à voir avec ces affaires-là ? Deuxièmement, on n'a pas l'habitude de vous attendre à vous exprimer de cette façon-là. Oui. C'est Valeurs
Actuelles
qui attirent ce genre de... Les formules sont des formules et peut-être y a-t-il de ce point de vue-là
des
gens qui tiennent la plume et qui en ajoutent. Mais ce n
'est
pas très important. Non, mais c'est une attaque grave sur vos décisions. ce que j'ai dit au début de cette émission
sur
ce qui se passait en Europe, sur le fait qu'on était en train, non pas maintenant insensiblement, mais massivement, de porter atteinte de la part des Anglais à l
'idéal européen.
Vous trouvez qu
'il
y
a
une réponse française insuffisante ? Mais il n'y a pas de réponse française.
Sur
la Grèce, il y a eu une réponse française
? Non.
Sur
la
Grèce, ça a été un drame qui aurait pu emporter ce pays et emporter l'Europe. Pendant un mois et demi, moi, je n'ai rien entendu du président de la République.
C'est quand même le président de la République qui à un
moment donné a tout fait pour que l'Europe se mette d'accord sur un plan pour la Grèce et qu'elle reste dans l'Union. Eh bien, moi, je n'ai pas entendu. Les Français en parlaient tous les jours en famille. Ils en parlaient tous les jours au bistrot. Ils parlaient entre eux de quelque chose qui menaçait leur avenir. Je n'ai pas entendu. Alors, sans doute, a-t-il négocié dans les coulisses avec... Mais un président de la République, ce n
'est
pas seulement quelqu'un qui négocie dans les coulisses. C'est quelqu'un qui conduit un pays. Donc,
vous trouvez qu'il n'y a pas de vision et de manque de liberté. On enchaîne. Même
sur la guerre, c'est-à
-dire,
c
'est
l'intervention au mal de la Syrie, vous trouvez là aussi
que la France n'est pas à la hauteur. Non,
sur la guerre, je le
soutiens. Sur la guerre,
je
le soutiens.
Et je soutiens le gouvernement. Je trouve qu'il agit bien. Je trouve qu'il a été à la hauteur dans la rapidité de la réponse. J'ai été en désaccord avec lui parce qu'il envisageait de bombarder la Syrie. Et je trouvais que de ce point de vue-là, il y avait un risque énorme prix. Mais il n'était pas tout seul puisque Nicolas Sarkozy, le premier, Alain Juppé
et
lui
-même
étaient du même avis et
moi pas. Vous étiez relativement isolé.
Alors,
on
va en venir à
Nicolas Sarkozy.
Relativement isolé, mais peut-être ayant raison. Peut-être, mais relativement isolé. Vous
avez
dit au début d'émission, je ne suis pas du genre à dire, j'ai fait des erreurs.
Oui,
parce que
d'abord, j'en fais peu. Ah ben voilà,
comme ça, c'est
clair. Et ensuite, il y a suffisamment dans la vie politique de gens qui viennent
constamment
vous renvoyer. Alors, on va en venir à Nicolas Sarkozy. Lui, il a une vision très clivée de l'existence et de la politique. Très virile, diriez-vous. Il n'a pas, lui non plus, digéré 2012. Il aime le centre quand il est à droite et quand il est obéissant. On va en venir en quelques images sur ce qu'on peut appeler une incompréhension entre vous deux. Regardez.
Vous
le croyez à droite ? Hop, il est parti à gauche.
Vous
le croyez à gauche ? Trop tard, il est retourné à droite.
Oui, à l'alliance que la droite et du centre, mais un centre qui a choisi clairement qu'ils sont avec nous matin, midi et soir. Matin, Nicolas Sarkozy, midi, Nicolas Sarkozy, soir, soir. Nicolas Sarkozy, c'est trop.
Il
peut arriver
qu
'on ait une autre idée du bonheur. Les Français qui veulent une alternance locale et espèrent une alternance nationale
un
jour, ils souhaitent d'abord qu
'on
s'entende pour pouvoir gouverner demain des départements ensemble.
Et le modèle, qu'est
-ce
qu
'il
faut leur dire
? C
'est pas un peu lui.
Bonsoir.
Il
a changé ou il
n'a
pas changé ? Vous savez ce que les guignols disent, vous connaissez bien les guignols. Je connais. Guillaume, parfois, il disait qu
'il
a changé en pire. François Bayrou, changer en pire, c
'est
d
'un
point de vue comportemental ou c'est sur sa ligne politique
?
Non, sa ligne politique n'a pas changé. Alors peut-être ces jours-ci, on a cru noter des... Une
inflexion ?
Des inflexions. Sur quoi ? Je crois qu'il a pris et de mon point de vue, c'est justifié avec force le parti de dire qu'avec le FN, jamais rien. Et il l'a dit de manière très soulignée.
Il
l'avait déjà dit.
Oui. Enfin là, comme vous avez vu, ça s'est entendu. Est-ce qu'on peut revoir l'image
? Parce qu'il y
a
quelque chose qui m'a frappé au moment où on vous dit, au moment où vous dites passer la soirée avec
Nicolas Sarkozy. Le soir, le soir. Il avait une sorte
de frisson. Alors,
c
'est quoi ? C'est un frisson de crainte ?
C
'est un frisson d'horreur ? Vous savez ce qu'il avait dit ? Matin, midi
et
soir. Et il me semblait que c'était un peu trop, en tout cas pour mon...
Simplement, vous
voulez savoir où en étaient vos relations. Nos conférences de Canard Enchaîné ont rapporté des propos de Nicolas Sarkozy qui étaient « Je vais le crever le bègue ». Quand vous entendez ça, vous vous
dites « C'est la haine
». C'est distingué.
Je
ne
sais pas, vous dites quoi.
Oui, c'est ça. C 'est la vie politique normale ça
?
Non, ce n
'est
pas la vie politique normale mais peut-être y a-t-il par moments des éruptions... Enfant barbare, en 2009, dans la vie de pouvoir, en le qualifiant, ce n'était pas forcément
très
sympathique. C'est
assez
juste. Oui, vous maintenez. Et l'enfant barbare n'a pas mûri. Vous savez, quand on écrit un livre qu'on réfléchit et dans lequel on met beaucoup de lui-même, franchement, si on n'est pas fondé quand on écrit les choses, il vaut mieux changer de métier. Je pense que Nicolas Sarkozy avait, dans son rapport avec le pouvoir, quelque chose qui n'allait pas très bien.
avait.
Pour
l'instant,
il n
'est
pas au pouvoir. Donc vous avez des relations qui ne sont pas pacifiées, c'est toujours le même degré de violence, j'ai l'impression.
Mais
elles ne se sont pas détériorées parce que elles n'ont pas évolué. Très bien. Vous dites que parfois il est obsédé par vous, est-ce que ce n
'est
pas vous qui êtes aussi obsédé par lui
? Non. Est-ce
qu'il n
'y a
pas une obsession, une fixation irrationnelle ? Non. Non, je n'ai pas de... Comment... Cet affrontement, cette confrontation ne repose en rien sur une antipathie. Ah bon ? Je n'ai absolument... Non ? De votre part en tout cas. De ma part. Et vous faites le même diagnostic sur lui ? Il
n'y a
pas d'antipathie ?
Ça, je n'en
sais rien. Bon,
il y a
peut-être un petit contentieux, on
va
dire. D'accord. Mais non, je n'ai pas d'antipathie personnelle, simplement les choix qui ont été les siens. Et je vais préciser. Le choix qui est le sien, c'est de gagner les élections en mettant de l'huile sur le feu. De prendre les questions, de les faire flamber. Et il pense,
peut
-être à juste titre, que ça apporte des voix. Ça mobilise son camp, comme il dit. Ce qu'on a appelé la stratégie Buisson. Buisson, oui. Que vous connaissez. Moi, je pense que ce n
'est
pas bien pour la France. Je pense qu'un pays qui traverse les difficultés que nous traversons, les incompréhensions, l'impossibilité de rendre aux gens un espoir qu'ils n'ont plus, ce pays-là, on n'a pas le droit de le fracturer. Et c'est la grande différence
qu'il y a
entre lui
et vous. Enfin, on ne vous sent
plus mesuré ce soir dans vos critiques, Annick Kipala.
Peut-être parce qu
'elle est régionale.
Vous
aussi,
vous
faites...
Alors,
non, je ne
veux
pas décrire ma foi.
C
'est
vous. Non, pas du tout. Pas du tout. Simplement, comment
vous dire ça ?
Quand
vous êtes engagé au point où je le suis, vous n'avez pas envie que votre engagement se réduise à de l'antipathie avec un
homme.
Et
donc,
je ne suis pas dans l'antipathie avec Nicolas Sarkozy. Je suis en confrontation. Je suis parfois en
affrontement
avec lui. Et j'ai même écrit un livre dont on a entendu parler
pour les deux. C'est quelque chose
qui est difficile à comprendre.
C
'est-à
-dire
que vous êtes allié avec les Républicains et l'UDI d'à peu près toutes les régions, sauf une. Comment voulez-vous que les gens s'y retrouvent ? Vous ne pouvez pas à la fois dire que vous êtes libre ni à gauche ni à droite. D
'ailleurs,
les braves gens ou les gens qui étaient à Annecy ne peuvent pas comprendre. Vous êtes avec eux tout le temps et partout. Est-ce que ça n
'a
pas un côté incompréhensible pour l'opinion
?
C'est très simple. C'est une élection dont les règles exigent qu
'on
soit pour pas. Qu'on soit... Avec d'autres. Avec d'autres. Donc
on va la souffrir, Claire.
Non. Si la dernière fois, vous aviez cinq élus et vous avez dit tout à l'heure au début de l'émission, quelquefois, il faut mieux être seul et ne pas avoir d'élu plutôt qu
'intéresse à penser. Oui, je le pense. Là, vous vous mettez
avec des gens qui éventuellement, comme M. Wauquiez et M. Mignola, ne sont pas exactement sur la même ligne politique. Vous comprenez qu'on puisse ne pas comprendre. Moi-même, ça a été un tout petit peu difficile au
début... Pour vous, Laurent
Wauquiez.
...d'admettre... Enfin, d'accepter cette évolution. Mais Patrick Mignola, qui est un type très bien,
a obtenu... Moi, vous, c'est pas votre ligne, c'est le droit de la droite. ...a obtenu des
assurances extrêmement claires. Mais la plupart des responsables avec qui nous sommes, qu'ils soient UDI, comme en région centre, ou UMP, comme en région parisienne avec Valérie Pécresse, ce sont des gens avec qui nous avons... Vous pouvez travailler. ...tout à fait les moyens de travailler ensemble. C'est assez souvent des gens dont nous sommes
proches
ou dont nous pouvons être proches. Valérie Pécresse, c'est pas... Non,
d'accord, je vous parlais de Laurent Wauquiez, on pouvait
se dire que
vous
étiez plus près d'Emmanuel Macron ou de
Jean
-Yves Le Drian que de Laurent Wauquiez. Oui,
oui.
Ou de Manuel Valls.
C'est pas
faux. C'est pas faux. C'est pas faux. D'accord, donc... Mais Laurent Wauquiez a... pris des engagements. D'accord,
on va voir... Et quand quelqu'un
a
pris
des engagements, je le crois, jusqu'à la vérification
de ce que ces engagements... Même si au modem Ronald, ça commence à se faire la tête en ce moment. Alors on va revenir à Alain Juppé. Une
question, un minute ou...
Une
question avec quelques images.
Alors on va voir quelques images d'Alain Juppé. Alors c'est votre ami, c'est votre favori chez Les Républicains. Lui,
il
veut faire l'union de la droite et du centre comme vous. Il va même jusqu'à se faire siffler pour cela. On va l'écouter.
Je répète,
l
'UMP a été constitué sur la base de l'union
et
du centre et je continuerai à militer pour ce rassemblement de la droite et du centre.
C'est à cause de vous qu
'il
se fait siffler, non ? Vous êtes une sorte de boulet pour
lui. C'est une preuve
d'amitié. Oui. Mais est-ce que vous ne lui compliquez pas la tâche avec ses amis
?
Franchement, je ne crois pas. Alain Juppé a fait le pari de la primaire. Vous considérez que ce n
'est
pas un bon pari d'ailleurs ? Disons que j'ai des inquiétudes sur
la mécanique
de la primaire. Sur le trucage ?
Non,
pas sur le trucage. Sur la prime aux grandes
ailes ?
J'ai des inquiétudes sur le fait que les primaires à peu près partout dans le monde et à peu près à chaque occasion sortent davantage des gens qui sont le plus fort
en gueule possible.
Il suffit de regarder les primaires américaines que vous suivez tous les jours, les primaires républicaines américaines. Elles donnent... Les deux
candidats
en tête sont l'un, Trump. Donc vous êtes inquiet pour Alain
Juppé en tête ?
Et l'autre, Carson qui est le représentant de ce qu'on appelle le Tea Party, c'est-à-dire la droite à droite du parti républicain. Vous êtes inquiet pour lui ? Non, parce que lui il fait ce pari. Il est persuadé. qu'il peut l'emporter. Et moi, je crois quand les gens sont engagés qu'en effet, ils peuvent renverser le cours des choses. On
sent
que vous avez un doute.
Non, j'ai un doute sur la mécanique. D'abord, je crois que les primaires, ce n'est pas la Ve République. Mais enfin, on n'a pas le temps. Mais une chose est certaine pour moi, c'est que si Alain Juppé peut l'emporter, c'est parce qu'il y aura des gens qui iront l'aider. Et bien alors, par exemple, vous,
pourquoi
? C'est 2 euros pour aller voter à la primaire. Il faut dire qu'on est d'accord avec les valeurs de la droite
qui
n
'a
pas voté. Donc,
c
'est pourquoi ? Pourquoi vous n'y allez pas ? Est-ce que vous donnerez des consignes
à votre groupe pour aller l'aider ? Beaucoup de
mes amis iront. Mais vous ? Mais moi, je ne serai pas engagé par un résultat qui ne me
conviendrait
pas au sens de ce que je crois pour l'avenir
du pays.
Alors,
vos
amis iront ? Vous leur donnerez la consigne d'y aller
?
Dernière question, Nathalie.
Pour
beaucoup d'entre eux. Ils iront pour beaucoup d
'entre eux.
Ils iront ? Mais spontanément, vous leur direz d'y aller ?
Spontanément. Et quand ils
me posent la question, je
dis suite
tes intentions.
C
'est bien.
Merci, Nathalie. Quand vous dites « je ne me sentirai pas engagé par les résultats de cette primaire », ça nous ramène peut-être à ce que vous allez annoncer.
Tout
à l'heure. Tout à l'heure, on verra. David Pujadas dit que je vais annoncer des choses spectaculaires.
Pas forcément spectaculaires,
vous nous avez dit une mise au
clair. Non, c'est parce
que vous m'interrogiez sur le fait de savoir si c'était clair. Pour moi, c'est parfaitement clair.
Et
donc, nous allons en parler.
On
en parlera. Dans quelques instants. Merci, Nathalie. Le premier débat qui vous opposera à Stéphane Le Foll. D'abord, il y a quelqu'un qui souhaite vous poser une question sur un autre sujet politique,
la politique familiale. Bonsoir, Constance Deveau. Vous
êtes mariée, quatre enfants, directrice d'association et vous avez été militante, bénévole. Vous avez tenu un rôle assez important dans la manif pour tous qui a été très active dans les grandes manifestations contre la loi sur le mariage homosexuel qui se sont déroulées il y a quelques mois. la manif pour tous est toujours en activité
parce
qu
'elle
a perdu la partie d'une certaine manière
?
Alors, la manif pour tous... D'abord, elle n
'a
pas perdu la partie. Preuve en est
ma
présence ici. Le mouvement est encore très actif. Je peux donner quelques exemples. On a... Le mouvement organise en ce moment des meetings dans toutes les régions de France en vue des élections régionales pour demander
aux candidats de se positionner tout simplement sur les sujets de la famille, le quotidien des familles, etc. Au niveau plus européen et
international, on travaille activement à un traité sur l'abolition de la GPA, un traité international qui
avance
bien. Voilà. Alors, justement, quelles questions souhaitiez-vous poser à François Bayrou ? Vous êtes en face de lui.
Alors, bonsoir, M. Bayrou. Bonsoir. Voilà. Donc, j'ai fait partie, comme l'a dit M. Bujadas, des centaines de milliers de Français à descendre dans la rue et à battre le pavé, notamment en 2013 et puis ensuite en 2014 pour défendre l'intérêt supérieur de l'enfant. C'était en tout cas ma motivation, moi, en tant que mère. Voilà. La loi Taubira, vous le savez, on l'a su dès le début. Moi, ça m'a fait réfléchir. Enfin, ça m'a fait me poser beaucoup de questions. Je me suis renseignée, etc. Et je me suis aperçue que cette loi Taubira
ouvrait le mariage aux personnes de même sexe, certes, mais également l'adoption et très vite allait se poser les questions de la conséquence de cette loi. Donc, de l'adoption et
puis ensuite des techniques de procréation médicalement assistée, de gestation pour autrui, etc. Nous sommes descendus, donc, je dirais, éclairés, voilà, avec envie de, voilà, d'alerter l'opinion publique sur ce sujet important de l'enfant. Vraiment, moi, je suis descendue pour me mettre, pour défendre le point de vue des enfants, voilà, qui n'étaient pas là
pour se défendre. Et autant, il y a des hommes politiques qui étaient absents, bon, ça ne nous a pas tellement étonnés. Il y en a qui étaient présents, ben voilà,
on
a été parfois agréablement surpris, parfois surpris tout court. Vous êtes un homme de conviction, un homme de valeur, voilà, vous le dites souvent, vous défendez vraiment des valeurs humaines, de bon sens, de terroir, enfin voilà, et là, on est descendu dans la rue défendre une idée simple, on n'est pas descendu contre des gens, loin s'en faut, on est vraiment descendu dans la rue pour défendre l'intérêt supérieur de l'enfant. Vraiment, un enfant, ça a le droit d'avoir un papa et une maman, voilà,
c'est tout ce qu'on disait.
D'où ma question, monsieur Bayrou, pourquoi vous avez été, pour nous, et je pense qu'il y avait une bonne partie de votre électorat dans la rue, ça a été une surprise pour nous, vraiment, on a été nombreux à
regretter votre absence.
Pourquoi ? Bon,
c'est une grande question et ça mérite qu'on s'arrête
quelques
minutes.
Alors,
vous dites, on a été surpris,
ben,
c'est pas un secret, je suis chrétien
et
les questions de la famille, de l'enfance
sont
pour moi de très grandes questions. et pourquoi je n'étais pas là,
ne
soyez pas choqué de ce que je vais dire.
Je
n'étais pas là parce que vous avez dit, et il a été répété tout au long de ces manifestations,
un
enfant a besoin d'un papa et d'une maman
et
je connais beaucoup d'enfants
qui
grandissent,
par
exemple, avec des mères célibataires ou qui ont été adoptés et parfois ça ne se passe pas bien
et
je n'ai pas voulu que le seul modèle qu'on propose, que je propose, ce soit le modèle
que
je pense, moi aussi, être, quand ça va bien, le plus rassurant, le plus confortant, celui qui fait grandir
le
plus facilement.
Je
vais vous dire quelque chose,
j
'ai le souvenir absolument précis
d
'une jeune fille qui est venue me voir en disant je suis enceinte,
j
'ai envie de le garder mais ça va être trop dur, qu'est-ce que je fais
? Je
lui ai dit garde-le
mais je
ne
suis
pas sûr
ni
du papa ni
de
ce qu'il voudrait faire, ça ne fait rien.
Cet
enfant grandira
et
puis il y aura autour de vous d'autres personnes pour s'en occuper.
Et
puis un enfant, ça peut tout à fait se construire même si ça n'a pas un papa et une maman.
Et
pour moi, je n
'ai
pas voulu défiler, vous comprenez ce que je veux dire, vous savez bien que j'ai des enfants nombreux,
mais
ce n
'est
pas parce que je suis dans un modèle
que
je pense que ce modèle doit nécessairement s'imposer aux autres. Et même, je vais aller plus loin
en
une phrase,
la
chose la plus précieuse
que
j'ai apprise en réfléchissant à la vie politique et à l'histoire.
Au
fond, la seule vraiment très importante,
c
'est que
on
n'est pas là pour faire triompher ces idées.
On
est là
pour
que ces idées soient reconnues, qu'elles rayonnent et que ceux qui n'ont pas les mêmes idées
puissent
cependant vivre avec vous. Pourquoi est-ce que j'aime tant Henri IV
? Ce
n'est pas parce qu'il est de peau seulement ou béarnais seulement ou truculant seulement ou magnifique homme de langue seulement. Non. J'aime Henri IV parce qu
'il
n'a pas voulu
que
les protestants triomphent sur les catholiques ou les catholiques sur les protestants. Il a voulu
que
ces gens-là, ces hommes et femmes-là, vivent ensemble.
Alors, Constance Deveau, peut-être, vous comprenez ce que je veux dire, dit François Bayrou, est-ce que vous comprenez ce qu
'il
veut dire
? Je
comprends très bien ce que vous dites et je l'entends très bien et je partage tout à fait votre avis comme tous mes amis sans doute de la Manif pour tous. Je crois que la grande, enfin, la différence à faire,
c
'est effectivement les enfants qui, et on en a tous autour de nous, on en est peut-être aussi des victimes si j'ose dire,
c
'est-à-dire des accidents de la vie, voilà, parfois orphelins d'un père, d'une mère, parfois des deux, parfois d'un divorce, parfois d'autres choses.
Je
crois qu'on vous entend plus.
Ah,
pardon.
Et
là, on
m'entend.
Voilà.
Ça marche, allez-y. On vous
apporte un micro. Ça marche, ça marche. Allez-y, continue.
Voilà. Donc, je disais, il
y
a les enfants qui ont été des victimes d'accidents de la vie, donc effectivement, heureusement, il existe ce que Boris Cyrulnik appelle la résilience. Enfin, il y
a
des tuteurs de résilience. On peut évidemment être élevé par deux femmes et deux hommes et mener une vie
et être...
Petit problème de son, mais ça marche. Continuez. Vous dites, ça
peut arriver,
mais il ne faut pas en faire un modèle.
Voilà, attendez,
je crois qu'on vous apporte un micro parce que... Non, mais ça
marche. Ça marche, allez-y. Allez-y. D
'accord. Absolument, c'est ce que vient de résumer David Pujadas. Ce que je dis simplement, c'est que de là à en faire un modèle, une norme, à l'institutionnaliser et voir à l'encourager, ce qui est le cas de la loi Taubira. Là, je crois qu'il y a une vraie différence, si vous voulez.
Alors, François Bayrou, vous
répond.
Je ne l'aurais pas fait comme ça. Vous le savez, j'ai été, je crois, un des premiers, sinon le premier, à défendre une union civile.
À
l'époque, c'était totalement incompris d'une partie de l'opinion
qui
trouvait ça beaucoup trop progressiste, beaucoup trop avancée. Après, on y est venu. C'était en 2002,
il
y a 15 ans, bientôt. Et donc, de ce point, je ne l'aurais pas fait comme ça. Mais c'est fait.
Et
ceux qui prétendent, je vous dis ça,
comment
dirais-je, en sachant qui vous êtes et avec compréhension,
ceux
qui prétendent qu'on va revenir sur cette institution, à mon sens, se trompent, et pour un certain nombre d'entre eux, trompent ceux qui leur font confiance. Parce qu'ils savent très bien
que
ces grandes évolutions sociétales, on ne revient pas dessus de cette manière-là. Ce n
'est
pas en claquant du doigt. Ce n
'est
pas une alternance politique
qui
change les problèmes de l'affiliation, de l'État civil. Et donc, moi, je ne crois pas du tout qu'on va...
Merci,
Constance Deveau. ...qu'on va
barrer
dans
les
plumes tout ça. Et je préfère être honnête en le disant. Merci, Constance Deveau. Merci,
c'est clair. C
'est l'heure du premier débat. Stéphane Le Folle nous rejoint. Bonsoir. Bonsoir, Stéphane Le Folle. On vous présente souvent comme le premier des Hollandais. Tant vous êtes proche du président de la République, vous êtes aussi ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement. On enclenche le chronomètre pour 20 minutes.
C
'est à vous de commencer. Souhaitez-vous répondre à ce que vous avez entendu de François Bayrou tout à l'heure sur l'action de votre gouvernement
?
Oui, je vais répondre à ce que j'ai entendu. Je vais le faire en essayant de prendre
le
même ton que celui de François Bayrou.
Il
n'y aurait pas des centristes et puis des gens de gauche qui seraient sectaires,
des
gens de droite, il y en a. Mais je vais essayer de prendre des choses avec la dimension à laquelle François Bayrou souhaite les mettre.
à
quoi la France doit faire face ?
Une
crise
qui
est à la fois européenne et qui a été mondiale.
À
quoi doit-elle faire face aujourd'hui ? Au terrorisme,
à
des déstabilisations en Afrique.
À
quoi doit-elle faire face aujourd'hui ? Aux grands enjeux du climat.
À
quoi doit-elle faire face aujourd'hui à la question de la migration
et
des migrants ?
Et
en même temps, à garantir un vivre ensemble et des valeurs pour la République qui permettent à chacun de pouvoir espérer réussir dans ce pays. C'est ça l'enjeu.
À
partir de là, j'ai entendu ce que vous avez dit. Et je ne reviendrai pas sur le fait qu'à la sortie de l'Elysée, au moment de raccompagner ou pas Nicolas Sarkozy, ça vous a fait changer d'avis.
Non.
Mais si je prends... Non, je ne reviens pas là-dessus, ce n
'est
pas
grave. Pourquoi pas ? Si je
prends... Pourquoi pas ? C
'est un geste peut-être. Chacun
a le droit de regarder ceux-là. Mais revenons à l'essentiel. L'Europe.
Grande
question. Vous avez posé la question de Cameron. La sortie de l'Europe. Et quand en France, aujourd'hui, certains plaident
pour
remettre en cause ce qui a été construit pendant 50 ans avec des alternances politiques, avec des chefs d'État qui ont défendu,
ou
qui défendent des valeurs de gauche et de droite, mais qui ont porté le projet européen. François Hollande, aujourd'hui, porte ce projet européen. Vous avez dit sur la Grèce, je ne l'ai pas entendu. Mais le résultat a été qu'un pays que l'Allemagne, en partie d'ailleurs, souhaitait voir quitter la zone euro et rester dans la zone euro.
La
position de la France sur la question de la sortie de la Grande-Bretagne sera très claire. Il y a des traités qui doivent être respectés.
Il
y a des principes et des valeurs en Europe qui doivent être respectées. Pour que ce
soit clair,
Stéphane Le Folle, vous êtes sur la même position que François
Hollande. Mais c
'est
à propos de le
dire, on verra. Donc sur les enjeux européens, ce qui pourrait justifier un changement, je ne le vois pas. Sur la question économique, vous avez été un de ceux, et souvent à juste titre, à considérer que l'endettement et les déficits publics qui se creusaient étaient à terme insoutenables. On peut discuter de la vitesse à laquelle se réduit le déficit,
la
vitesse à laquelle l'endettement va finir par baisser par rapport au PIB. Mais on ne peut pas contester le fait que des efforts sans précédent ont été faits. On était à plus de 5% en 2012. On sera à 3,8% pour 2015 et moins de 3,6% pour 2016. On avance dans le bon sens. Et on le fait en même temps en préservant ce qu'est
la
France et son modèle social. Je prends la sécurité sociale. De la même manière qu'on a réduit le déficit de la sécurité sociale de moitié, on a ouvert en même temps des droits nouveaux. Et on n'a rejeté aucune franchise, aucun non-remboursement de médicaments. On a fait de l'accès à la santé pour tous, débat qui aujourd'hui est d'actualité, à un enjeu tout en réduisant le déficit.
Alors peut-être que François Bayrou vous répond ? Si
je regarde ces éléments, face aux grands enjeux d'un grand pays comme la France et face aux défis de la France, je voudrais comprendre pourquoi vous avez changé d'avis après le choix que vous avez fait en 2012.
– Si
j'avais de l'humour un peu cruel, je dirais que… – Vous pourrez.
–
Les premiers à avoir changé d'avis, Stéphane Le Foll, en tout cas au moment des élections législatives de 2012, peut-être en connaissez-vous quelques-uns.
Mais
je ferme cette parenthèse parce que ça n'a… –
Peut-être que j'en connais certains. –
Attendez-vous. – Peut-être que moi, je n'étais pas
sur cet avis-là.
– Vous parlez en langage
codé, messieurs,
excusez-moi, il faut que j'explique pour ceux qui nous
regardent quand même. Vous étiez candidat à ces élections législatives et vous n'avez pas été soutenu en clair par le camp de la majorité
que vous aviez soutenu à la
présidentielle. Vous n'avez pas été payé de retour. – Non mais
je
ne voulais pas être payé de retour. – C'est une expression. – Non. Je n'ai rien marchandé. Stéphane Le Foll le sait bien. Je n'ai même pas passé un coup de fil
à
François Hollande. qui peut-être aurait cependant été intéressé par un tel coup de fil. –
Mais vous avez été amère
quand même ? – Pardon ? – Vous avez été amère quand même
? –
Non.
Je
l'avais cherché d'une certaine manière.
–
On a du mal à vous croire. – Ben si, j'avais cherché que les
électeurs de l'UMP n
'avaient pas envie de voter pour moi à cette occasion. Je le comprends très bien. Mais ça n'est pas du tout la question. La question, c'est que les choix qui sont faits... Alors, je ne dis pas que rien n'est fait.
J
'ai dit sur le Mali, sur les interventions militaires, j'ai dit que je soutenais, sauf sur l'idée qui avait été avancée d'un bombardement de la Syrie. Mais de ce point de vue-là, j'étais en désaccord. Je ne dis pas que rien n'est fait.
Mais
je dis que les décisions qui sont prises ne vont pas dans le sens que je souhaiterais,
ou
pas assez loin dans le sens que je souhaiterais, sur la plupart des sujets. – Alors, un point précis. – Ben, on va dire... Stéphane Le Foll faisait allusion au CICE. Et le CICE, c'est-à-dire ce fait qu'on reverse aux entreprises 4 ou 6 % de la masse salariale.
Alors,
je trouve que, je l'ai dit le premier
jour, je le pense encore
aujourd'hui, que c'est ce qu'on appelle une usine à gaz. C'est-à-dire, au lieu d'avoir quelque chose de simple, un cadre simple, par exemple, en baissant les charges.
Au
lieu de ça, on a inventé un système qui fait que... Vous savez très bien, Stéphane Le Foll, de quelle manière s'est organisé pour une entreprise le CICE. Il faut aller remplir dans l'alias fiscal une déclaration sur la masse salariale, à condition que cette masse salariale, elle soit amputée
des
salaires qui sont au-dessus de 2 fois et demi le SMIC. Dès l'instant que vous dépassez 2 fois et demi le SMIC,
on
ne vous rembourse rien, trappe à bas salaire, ou en tout cas, blocage dans un certain nombre de choses. Puis, il faut déclarer à l'URSSAF,
comme
si ça avait le moindre intérêt, je crois que ça n'a pas de position. C'est bureaucratique, administratif, et ça n'a pas, à mes yeux, le résultat que ça devrait avoir. je dînais avec votre ami Michel Sapin le soir où vous avez créé le CICE. Il m'a dit, c'est formidable, on va créer 300 000 emplois la première année.
Je
lui ai dit, vous n'en créerez pas un seul,
parce
que c'est tellement compliqué qu'une PME, qu'un artisan, ne peut pas arriver à saisir ce que cette mécanique va lui apporter. et
il ne créera donc pas
d'emplois parce qu
'il
n'aura pas de visibilité. Et un très grand nombre de décisions, d'orientations, de mécanismes qui sont mis en place
ont,
je crois, cette faiblesse et ce défaut. En tout cas, ce n
'est
pas comme ça que j'imaginais la dynamique qu'il fallait créer.
Alors,
sur la compétitivité et le crédit d'impôt, compétitivité emploi. D'abord, c'est un crédit d'impôt. C'est sur l'impôt sur les sociétés que payent les entreprises qui est réduit en fonction de la masse salariale. Pourquoi ça a été fait ? C'était pour redonner de la compétitivité et en même temps tenir compte de l'emploi dans les entreprises. Celles qui avaient beaucoup d'emplois avaient droit à plus que celles qui ont moins d'emplois. Jusqu'à deux fois et demi le SMIC parce que c'était sur ces deux fois et demi le SMIC que pesait en partie le plus gros taux de chômage de ceux qui ne trouvent pas d'emploi ou de ceux qui le perdent. C'était en particulier le cas dans l'ensemble de l'industrie.
Donc ce sujet du crédit d'impôt aujourd'hui M. Bayrou je peux vous le dire
les
entreprises que je connais dans l'agroalimentaire demanderont une chose de ne plus y toucher.
A
ce crédit d'impôt compétitivité emploi qui va représenter plus de 15 milliards d'euros s'y ajoute le pacte de responsabilité qui lui est une baisse sur les charges payées par les entreprises sur le travail de manière générale jusqu'à trois fois et demi le SMIC. Et ce pacte de responsabilité avec le crédit d'impôt c'est 40 milliards faits sur les économies de la dépense publique qui sont redistribués pour les entreprises en tenant compte la question de l'emploi et en faisant en sorte qu'on leur donne de la compétitivité des marges pour investir et embaucher. C'est ça l'objectif. Il n'est pas plus compliqué que ça.
Il est assez simple et aujourd'hui après sa mise en oeuvre je suis sûr d'une chose pour en discuter avec des chefs d'entreprise la première des choses ça va être vous le gardez on a besoin de le pérenniser la preuve c'est qu'ils l'ont demandé et qu'il est pérennisé jusqu'en 2017. Voilà ce qu'est le choix du redressement du pays en redonnant de la compétitivité mais en ne perdant jamais l'objectif qui est celui de l'emploi. Voilà pourquoi il y a eu le crédit d'impôt compétitivité
et le
pacte de responsabilité. Stéphane Le Foll vous êtes satisfait après tout c'est votre fonction
mais
je ne le suis pas. Je vais vous donner un élément très précis. Un autre peut-être ? Non, sur ce point-là comme vous le savez sans doute il y a eu un rapport de l'INSEE sur le CICE crédit impôt compétitivité emploi
qui
a dit voilà ce mécanisme-là a sauvé ou créé 140 000 emplois
et
moi qui suis un esprit simple rural
comme
moi rural comme moi comme vous on est deux mais moi j'ai fait une division sur la période considérée c'est-à-dire 2013 et 2014
le
CICE a coûté 33 milliards
alors
j'ai donc bêtement divisé 33 milliards 33 milliards par 140
000
donnez-nous le résultat tout de suite parce que l'idée de faire le
ça fait
près de 250 000 euros par emploi la division toute simple franchement je trouve que c'est pas une bonne manière de dynamiser les choses au profit de l'emploi je crois que c'est trop trop voilà trop bureaucratique trop administrativo labyrinthique pour qu'on s'en on
a compris vos
divergences là-dessus
autre point ou est-ce que vous souhaitez qu
'on
parle de la
politique du gouvernement
en matière
des migrants
je vais prendre un point très simple
un autre point là-dessus on n
'est
pas d'accord sur le le labo on a
compris vos divergences
sur le labyrinthe c'est très clair et très simple
oui mais moi je crois pas je crois je crois
que les
industriels auxquels vous vous adressez si vous leur disiez on va vous baisser les charges toutes les charges de
6% allez on a acté le désaccord et
la baisse des charges et donc voilà
baisse
des charges
de 6% je vous assure qu'ils y trouveraient tout à fait leur compte et qu'ils comprendraient infiniment mieux et nous aussi deuxième sujet je suis moi très très heurté
je
pourrais même dire blessé
par
ce qui se passe à l'école
la
réforme du collège
la
entre guillemets réforme du collège qui n'est pas autre chose que la suppression des classes de langues renforcées et la suppression d'un trait de plume du latin et du grec dans l'enseignement secondaire du collège en france
c
'est une atteinte pour moi terrible
mais au
fond au contrat d'égalité qu'il doit y avoir entre les enfants parce que c'est ces disciplines là que le gouvernement a l'air de considérer comme dépassé d'autres fois
d
'abord ce sont les disciplines sur lesquelles s'est fondée la culture française pendant quatre siècles
et
Voltaire Jaurès Blum pour citer des noms qui auxquelles on peut accorder le même
crédit
avaient bâti toute leur vision du monde sur cette culture là depuis la renaissance depuis les humanités et donc je considère qu'on porte atteinte mais surtout on porte atteinte à quelque chose qui est l'égalité des chances sociales
parce
que en effet quand vous venez d'un milieu
dans
lequel quand vous venez d'un milieu dans lequel vous avez la culture à la maison
vous
avez des livres à la maison et on est là pour vous offrir le chemin
alors
vous n'avez pas besoin que l'école vous offre ça sans doute
mais
pour moi c'est vital et on est un certain nombre qui ne serions pas là si ça vous connaissez vous
devrez y réfléchir je vais
vous dire
deux choses
moi
ce qu'il faut supprimer c'est le fait que 130 000 élèves
par
an sortent de l'école sans aucune formation
on
n'a pas du tout le même point de départ deuxièmement ce qu'il faut supprimer aussi c'est le fait que l'école continue à reproduire une situation sociale
ce
qu'il faut supprimer dans l'école aujourd'hui c'est le fait que dans les tests qui sont faits à l'échelle internationale la France ne cesse de régresser que ça soit sur les apprentissages ou sur la capacité en mathématiques ou en physique c'est ça qu'il faut supprimer François Béroux parce qu'après la question du grec et du latin
certes elle
doit être préservée mais ça ne peut pas être un débat sur l'école et l'enjeu de l'éducation prenons ça comme un enjeu par rapport à une jeunesse et une France qui a le plus de jeunes en Europe si en même temps on n'est pas capable de dire il faut d'abord supprimer cette échelle et supprimer surtout tous ces enfants qui sortent sans aucun diplôme et qui finissent dans la difficulté je vais continuer sur un autre point moi je suis ministre de l'agriculture et j'ai l'enseignement agricole
on
va fêter dans deux semaines
les
50 ans de l'éducation socio-culturelle dans l'enseignement agricole je voudrais simplement rappeler que l'enseignement agricole c'est celui qui prend la formation initiale qui fait de l'apprentissage qui fait de la formation continue
que
l'enseignement agricole conçu par Pisani à l'époque avait justement créé ces formes d'association et de travail commun sur des projets dès le début de l'enseignement agricole cet enseignement il fait que 87% des élèves qui y rentrent sortent avec un diplôme il fait que ceux qui sortent avec un diplôme trouvent à 92% un emploi on va fêter les 50 ans de cet enseignement
et
moi tous ceux que j'entends dire que sur la réforme du collège l'idée de faire travailler les élèves en groupe de porter des projets ça serait contraire à l'objectif de l'égalité je leur dis venez voir ce qui se passe dans l'enseignement agricole regardons une expérience qui a 50 ans qui n
'a
pas été mise en place par moi qui a été mise je l'ai dit par Edgar Pisani et qui fait ses preuves avant de dire on ne veut pas de cette réforme sous prétexte qu'elle remettrait en cause un certain nombre de choses dans ce débat sur l'éducation
il
faut qu'on soit capable et c'est là que le débat est intéressant et que centriste que vous êtes vous devez défendre ce qui est bien sûr une partie de votre identité vous avez une formation d'agrégé et sur ce sujet vous êtes sensible mais prendre en compte aussi la globalité de la question la globalité de l'enjeu de l'éducation et de faire en sorte qu'au-delà de la question du grec et du latin vous teniez compte aussi de l'objectif c'est celui je voulais rappeler de supprimer ceux qui sortent sans aucun diplôme de faire en sorte que la France arrête de régresser dans tous les toutes les
mesures en clair vous dites François
Bayrou regarde par le petit bout de la lorgnette
mais je pense que sur ce débat on ne peut pas prendre cette grande question d'éducation avec les postes qu'on y met le fait que l'éducation est redevenue le premier budget de l'état ce qui était votre souhait d'ailleurs dans les
programmes que vous aviez
en 2012 donc on n'est pas loin sur l'objectif mais sur la réforme on ne peut pas la prendre uniquement comme c'est à chaque fois par le biais du latin et du grec préserver le latin et le grec mais prendre l'enjeu et l'objectif globalement
alors Stéphane Le Foll qui est habile essaie de nous vous savez qu'on
fait tourner les gens pour
qu'ils ne trouvent plus leur chemin c'est très simple Stéphane Le Foll c'est très bien qu'il raconte des histoires sur
un point en tout cas
sur un point en tout cas ne fermez pas les yeux comme ça
ouvrez-les
au contraire ouvrez-les au contraire l
'enseignement agricole
ça n'est pas sixième cinquième quatrième et troisième l'enseignement agricole c'est après sinon c'est quatrième et troisième l
'enseignement agricole l'essentiel de l
'enseignement agricole vous le savez bien c'est après le collège vous
voyez
je ne raconte pas d'histoire c'est après le collège François
Bayrou il nous dit vous regardez par le petit bout de la lornière ce
que Stéphane Le Foll a dit la phrase importante c'est nous nous voulons supprimer les inégalités sociales entre ceux qui échouent et ceux qui réussissent vous n'allez pas les supprimer vous allez les renforcer
pour
une raison qui est très simple c'est qu'un certain nombre de familles ces enseignements qu'elles ne trouveront plus dans l'enseignement public qui sont rayés d'un trait de plume ils iront dans l'enseignement privé d
'abord ils ne
sont pas rayés
d'un trait de plume et aujourd'hui il
y
a des
familles qui font le choix de l'enseignement privé ils sont rayés d'un trait de
plume
il y aura de l'enseignement du latin et du grec ce n'est pas rayé d'un trait de plume franchement M. Bérou si c'est la seule question qui est posée il faut qu'on en discute et qu'on la règle mais n'oubliez pas l'enjeu global le latin et le grec ne font pas aujourd'hui ne sont pas l'alpha
et l'oméga de la réussite des élèves c'est pas vrai c'est
révélateur
de quelque chose
c'est que vous avez choisi l'égalitarisme par le bas et donc sur ce point je suis contre troisième sujet on n'a pas le temps d'aborder
un troisième sujet en quelques mots il y a une minute de débat alors 30
secondes la
réforme
et le redécoupage des régions
un
des points sur lesquels nous étions en accord avec François Hollande c'est qu'il y avait trop de strates qu'il fallait les simplifier
et
de ce point de vue là Nicolas Sarkozy en ayant institué le conseiller territorial des élus qui étaient dans les deux assemblées départements
et région ça allait
plutôt dans ce sens là vous vous êtes lancé dans une réforme avec les meilleures intentions je me souviens de François Hollande disant même je vais supprimer les départements et vous dites ça et même il fallait une réforme constitutionnelle qu'il envisageait et puis vous avez fait un redécoupage des régions qui n'a ni queue ni tête et qui est une insulte à la décentralisation alors réponse de Stéphane
non
non exemple deux exemples
lorsque
vous mettez Alsace Lorraine Champagne Ardenne
avec
l'histoire de ces régions la personnalité de ces régions
lorsque
vous mettez dans la même dans la même région les vallées pyrénéennes
et
puis Bressuie on
parle des Pyrénées
et puis
Limoges
évidemment c'est des régions qui n'ont aucune identité
qui
n'ont aucune personnalité et
donc
c'est une atteinte à ce que nous pouvions attendre la décentralisation et ça ne va pas faire des économies ça va coûter plus cher
alors grand 1 vous n'avez pas supprimé un étage grand 2 les redécoupages oui
parce qu
'il y a à la fois les régions
qui
ont été choisies avec des tailles nouvelles mais prenons Champagne Ardenne Alsace
tout
le débat il est aussi sur les liens chacun gardera son histoire et son identité il
n'a
jamais été question de dire que l'Alsace allait disparaître on essaye de faire en sorte que des synergies et des dynamiques territoriales qui existent soient construites administrativement c'est ça l'enjeu et à partir de là trouver des solutions d'économies sur le fonctionnement et faire en sorte aussi que l'état soit présent à l'échelle des régions et présent à l'échelle de la proximité c'est à dire du département voilà pourquoi on a gardé aussi l'identité départementale
mais vous ne supprimez pas un étage vous avez tout gardé et vous avez vous multiplié supprimé un étage
et dans la proximité par rapport à ces régions il fallait garder aussi un échelon de proximité donc cette réforme territoriale elle vise à la fois à créer des régions avec une force économique et j'allais dire éducative puisque derrière il y a aussi les enjeux liés à l'éducation qui permettent à ces régions de créer des dynamiques d'avoir des grands bassins et en même temps de garder la proximité c'est la question des départements
merci Stéphane Lefeuil
un
appel à projet sur des tours en bois est-ce que Pau va y répondre ?
je suis tout à fait prêt à faire ça j'aime beaucoup le bois c'est
magnifique un accord en fin de débat c'est parfait la gauche et le centre ils peuvent discuter au moins sur les tours en bois merci Stéphane Lefeuil une
phrase vous avez une grande responsabilité dans
les tours en bois parce
que nous avons une des forêts les plus importantes de toute l'Europe on a quelque chose comme 7 milliards de déficit du commerce lié beaucoup à la pâte à papier entre 6 et demi
et
7 la différence n'est pas grande et donc non mais c'est une très grande responsabilité c'est très important que de reconstruire cette filière et notamment de regarder comme vous savez les Syries et leur emplacement
merci Stéphane Lefeuil d'être venu débattre nous accueillons François Langlais
et
juste avant son intervention venez François rejoignez-nous
on
va redire un mot de l'éducation parce que quelqu'un souhaite vous interpeller François
On
va vous entendre François dans un instant sur les enjeux économiques qui sont bien sûr très importants mais il y a une personne dans le public a écouté ce débat avec François Lefeuil avec une attention particulière c'est vous Aude Delon-Barrès bonsoir vous avez un enfant vous êtes professeur de français vous exercez le même métier que François Bayrou enseignant à l
'origine et
vous-même vous êtes enseignante depuis assez longtemps dans un collège à Clichy-la-Garenne donc près de Paris
professeur de français vous adorez votre métier vous dites c'est ma passion c'est un métier sans nuages
Ah
non ce n'est pas un métier sans nuages mais c'est indéniablement une passion oui et puis je pense qu'il le faut pour pouvoir tenir bon dans un métier qui est quand même difficile tout du moins en banlieue parisienne et puis dans d'autres établissements j'en suis
certaine vous
avez écouté ce débat oui et vous avez quelles questions avez-vous à poser à François Bayrou
avant la question j'ai besoin de lui dire que j'étais furieuse d'entendre ce que monsieur le folle a pu dire et la façon dont il a caricaturé ses positions par rapport à la réforme puisque j'ai écouté très attentivement les déclarations de monsieur Bayrou par rapport à la réforme et je tiens à le remercier parce que je me suis sentie soutenue
parce
que vous aussi vous êtes plutôt en opposition à la réforme
tout
à fait mais sans être en opposition avec une réforme donc moi je suis pour l'idée d'une réforme faite en concertation avec les enseignants tout comme monsieur Bayrou l'a proposé en revanche en revanche je suis allée voir le coeur battant vos propositions du coup parce que j'avais envie de voir les grandes lignes de cette réforme providentielle dont l'école a tant besoin et alors là je dois vous dire sans ménagement que j'ai été horriblement déçu j'y ai trouvé des évidences à l'appel oui exclure la violence du collège enfin même de l'école en général bien entendu faire en sorte qu'un élève arrive en sachant lire et écrire au collège on peut l'espérer personne
ne peut être contre en
fait vos évidences
mais ça n'est pas le cas
bien entendu mais nous l'espérons tous en tout cas enfin qui pourrait ne pas l'espérer moi ce que je veux savoir c'est comment on fait c'est avec quels moyens on ne trouve rien de tout ça dans vos propositions non
mais parce que j'ai pas j'aimerais
vraiment finir pour pouvoir poser ma question j
'ai
besoin de vous expliquer comment j'en suis arrivée à cette question c'est à dire que voilà moi j'attends vraiment du concret j'ai peur de l'immobilisme derrière un beau blabla on peut le craindre cet immobilisme je pense que notre ministre actuelle s'agit de beaucoup sans trop malheureusement s'intéresser aux professionnels qui sont sur le terrain mais au moins elle a le mérite de s'agiter et je me dis que finalement c'est peut-être mieux que de ne rien faire du tout donc pour prendre quelque chose de concret voilà vous dites que si un élève est en défaut une pédagogie adaptée je vous cite une pédagogie adaptée devrait pouvoir reconstruire son rapport à l'écrit alors moi des élèves en défaut j'en vois malheureusement beaucoup beaucoup dans mes classes on pourrait même dire en souffrance j'essaye de tout faire toute la pédagogie l'énergie dont je suis capable tout ce que je peux pour les aider mais s'il n'y a pas de moyens pour ça on ne peut rien faire or vous ne parlez pas d'augmenter les moyens vous parlez simplement de les maintenir comment allez-vous faire mieux que les autres avec les mêmes moyens bon en gros vous avez été professeur comme moi apprenez-moi monsieur Bayrou s'il vous plaît à raccrocher un élève à l'écrit comme vous dites dans une classe de 30 avec chacun leurs difficultés voilà quelle pédagogie adaptée
qu'est-ce que c'est du concret au-delà des
déclarations d'intention
alors
un je vous ai écouté avec empathie en ayant les mêmes en éprouvant les mêmes sentiments que les vôtres à l'égard du métier que j'ai exercé comme vous savez
10
ans peut-être
et
j'ai été ministre de l'éducation et moi aussi très heureux et d'ailleurs les enseignants le savent encore ce qui est bizarre au travers du temps
fin
de la parenthèse fin de la parenthèse vous avez dit vos propositions
je
n'ai pas énoncé de propositions sur ces sujets je vais le faire
mais
je ne l'ai pas fait donc vous avez retrouvé des textes qui probablement dataient de il
y a même de vieilles propositions qu'il faut absolument que vous supprimiez c'est une honte il
y a
des choses qui ont été rétablies depuis plus d'un an
il
faut mettre à jour la page non mais voilà c'est une page ancienne sur laquelle vous avez parlé vous n'avez pas de propositions si mais je n'ai pas écrit de propositions récemment sur ce sujet j'ai lancé avec Jean-Pierre Chevènement et Luc Ferry et Pascal Brugner et Michel Onfray et Jacques Julliard une pétition une mobilisation pour qu'on fasse reculer cette réforme dont vous avez dit absolument tout ce que je pense qu'est-ce qu'il faut faire alors vous avez d'abord posé la question des moyens
moi
je ne crois pas
que
la question de l'éducation je vais me rendre très impopulaire soit une question de moyens
et
je ne crois pas que qui que ce soit pourra rajouter des moyens et pourquoi pas pourquoi
on pense toujours l'éducation comme un coût plutôt que comme un investissement ce serait bien un peu de courage politique
on le change un peu il se trouve que j'ai si vous retrouviez des archives vous trouveriez une phrase de cet ordre je l'ai dite pensée aujourd'hui
il
n'est pas vrai qu'il y aura des créations de milliers de postes supplémentaires ce n'est pas vrai
et
je ne crois pas que la question se pose là je pense qu'il y a plusieurs questions il y en a une première que vous avez évacuée rapidement je pense en effet que la maîtrise de l'écrit soit comme lecture soit comme écriture est une question centrale pour la réussite ultérieure
mais comment on fait c'est la question que
pose Mme Delon
Barès comment on fait le travail vous savez il y a deux sociologues
qui
viendront d'ailleurs à Pau dans cette manifestation qui a un joli nom qui s'appelle les idées mènent le monde le week-end du 20 du 21 et du 20 deux jeunes sociologues
qui
ont travaillé pendant trois ans sur les corps d'élèves et elles ont énoncé
quelque
chose qui est extrêmement bouleversant pour des sociologues de l'école de gauche
elles
ont dit en réalité on a vérifié et les méthodes
qu
'on appelle traditionnelles même si c'est trop rapide de dire ça
les
méthodes qui vont du signe
au
son et après au sens les méthodes syllabiques comme d'autres disent ces méthodes là sont infiniment plus égalitaires que toutes les autres
celles
qui permettent de sortir les enfants dyslexiques celles qui permettent de sortir les enfants de milieux sociaux qui n'ont pas de rapport avec l'écrit ce sont celles-là qui sont le plus efficaces
alors elle vous répond
peut-être à ce que Mme Delon Barret
là je
peux
difficilement répondre étant donné
que je travaille
au collège et donc les méthodes d'apprentissage pour la
culture même
si j'ai un peu mon idée là-dessus
alors votre idée
je pense qu'il a raison effectivement à mon avis la méthode syllabique est sans doute plus adaptée mais je
ne suis encore pas une professionnelle
donc voilà
je
pense qu'il faut détecter très tôt les élèves qui sont en difficulté et en effet leur proposer des pédagogies adaptées des pédagogies en petits groupes là il y
a
besoin de deux moyens là
mais
pas prendre la question des moyens comme devant s'appliquer à tout le monde en même temps il faut différencier les choses
alors encore une
question Mme Delon Barret
non mais monsieur Le Foll tout à l'heure qui disait que les professeurs enfin il disait les détracteurs de la réforme en gros étaient contre les petits groupes c'est lamentable de dire ça on
les voit disparaître là c'est François Bayrou que vous avez en face de vous oui
mais il m'énerve encore alors qu'il n'est plus il
n'est plus là pour vous répondre
non j'aimerais du concret vraiment alors monsieur
Bayrou nous annonce des propositions à
venir je les attends de pied ferme et j'espère que dedans il y aura du concret les
réponses le concret ça n'est pas
avec quels moyens
sont
essentiels fondamentales on en a marre du blabla le
concret ça n'est pas que les moyens et les postes parce que si c'était les moyens et les postes alors il n'y aurait pas
d
'amélioration prévisible bien et le courage ça consiste à dire ça alors je sais j'ai été un ministre de l'éducation je disais heureux
y
compris dans mes rapports avec les syndicats et je sais que les syndicats d'enseignants ont cette affirmation des moyens comme un
mantra je ne suis pas syndiqué du tout je n'ai pas dit
je n'ai pas dit que vous
étiez syndiqué les gens du terrain
le disent aussi
on a besoin de moyens moi
j'aimerais qu'on soit un peu plus ambitieux oui ça coûte mais un investissement sur notre jeunesse c'est peut-être vraiment ça la solution
merci
madame de l'ombard pour cet échange place françois Bayrou à votre vision économique de la france françois vous avez 15 minutes
c
'est à vous vous vouliez commencer je crois par
l
'austérité
et
les impôts en particulier bonsoir françois Bayrou bonsoir
vous
vous êtes fait le champion du redressement des comptes publics au point que lors de la dernière élection présidentielle vous étiez le candidat le plus radical vous proposiez 50 milliards d'impôts supplémentaires françois Hollande a exaucé vos souhaits mais en partie seulement
il
a augmenté les impôts d'une trentaine de milliards ça veut dire qu'aujourd'hui vous considérez qu'il
faudrait encore augmenter les prélèvements de 20 milliards ah non non non j'ai jamais plaidé dans ce sens
50
milliards c'est ce que vous dites non oui je vais vous dire de
quelle manière sur votre site je vais
vous rappeler de quelle manière on y est arrivé
enfin
on était arrivé à ce chiffre ce chiffre disait c'est le montant oui ce chiffre
disait
une seule chose ou cette affirmation cet engagement disait une seule chose
le
seul moyen d'obtenir l'équilibre des comptes
publics
c'est de s'astreindre à 0% d'augmentation des dépenses en euros courants pendant la
période ça c'est
pour les dépenses et à côté de ça vous disiez ce qui faisait il faut augmenter les impôts non j'ai pas dit ça sous cette forme attendez c'est littéralement écrit sur votre site internet les 50 milliards les 50 milliards la TVA deux points oui j'étais pour deux points de TVA ça fait déjà quelques milliards quelques
dizaines
de milliards et bien oui c'était en effet ce qui me paraissait le plus efficace et le plus indoleur pourrait et
aujourd'hui
en voyant l'état dans lequel est la France après un choc fiscal substantiel 25 milliards
par
Nicolas Sarkozy
une
trentaine par François Hollande
à peu près
la
même
chose
est-ce que
vous ne vous dites pas
mon
Dieu c'était une erreur justement que d'imaginer que l'économie française pouvait supporter un tel choc
en tout cas l'urgence aujourd'hui ça n'est pas de ce côté-là qu'elle est au contraire elle serait d'alléger les choses l'urgence aujourd'hui elle est c'est pas ce que vous disiez il
y
a trois ans bah oui on peut changer avec la situation c'est à mettre
au crédit François Hollande alors il a amélioré les comptes
suffisamment il n'a pas amélioré les comptes suffisamment très loin de sa promesse à lui
puisque
vous le reprenons sa promesse 3% en 2013 et équilibre en 2017 Dieu sait qu'on n'y est pas mais surtout la manière dont il a concentré l'impôt
sur
les classes moyennes en particulier
et
encore aujourd'hui
puisque
aujourd'hui dans une de ces acrobaties dont la majorité actuelle est fertile ces temps-ci ça doit être la 5 ou 6ème acrobatie dans la semaine la majorité
d
'ailleurs au passage
nos
institutions un vote si important a été acquis par
31
une voix contre 25
sur
la modification de la CSG sur la modification de la CSG et en fait
une
correction ou un changement fondamental sur la prime qui avait été votée il y
a
à peine quelques mois c'est votre sentiment à vous qui nous intéresse mon sentiment à moi si vous
étiez candidat aujourd'hui est-ce que vous proposeriez d'augmenter
à nouveau les impôts non si j'étais candidat aujourd'hui je proposerais de choisir tous les chemins pour renforcer l'activité du pays j'ai été très intéressé par un livre qui est sorti et qui dit je crois quelque chose qui aujourd'hui est très important il dit ce qu'on doit considérer aujourd'hui ça n'est pas tant le volume de nos dépenses sociales en particulier même s'il faudra le faire
c
'est le fait que le pays ne produit pas assez pour porter ces dépenses là
une
mesure pour ça et donc vous retrouverez là la campagne sur le produire en France qui avait été au coeur de ma campagne de 2007 y compris ce que j'ai dit avec le folle sur la filière bois qui était un chapitre
un mot sur
l'Europe aussi François
sur cette politique d'austérité justement vous défendiez à l'époque justement la correction des comptes l'Europe du Sud a appliqué ces politiques et en particulier l'Italie l'Espagne le Portugal résultat
catastrophique qui avait qu'une croissance effondrée un chômage qui est très élevé malgré une petite reprise récente
et
le pire c'est que la dette de ces pays a continué à progresser malgré les augmentations d'impôts et les coûts budgétaires on va regarder rapidement l'évolution des dettes de ces pays là on voit qu'en Espagne ça a progressé de presque 30 points de PIB au Portugal 18
,8
et en Italie presque 16 est-ce que ça n'est pas le signe que vous vous êtes tout simplement trompé vous et donc en quoi sur le diagnostic en quoi ? parce que le mal de ces pays n'était pas les comptes publics mais précisément le manque de production et d'activité économique dont ils souffrent toujours aujourd'hui l'orthodoxie n'a pas marché oui
quand
vous êtes un pays
qui
a comme la France besoin d'emprunter tous les jours pour payer ses salaires de fonctionnaires et ses retraites
ce
qui est le cas du pays affirmer
qu
'on va laisser grandir sa dette jusqu'à ne plus pouvoir la rembourser et que vous connaissez cette thèse après tout c'est pas grave si on ne rembourse pas
c'est
heurter le bon sens cette politique finalement a creusé la dette elle ne l'a pas soignée c'est-à-dire vous proposez quoi ? ce que je veux dire c'est qu'une bonne politique pratiquée au mauvais moment peut devenir une mauvaise politique mais c'était une bonne politique au bon moment quand je la défendais et je la défends vous savez depuis 2001 ou 2002
et
à cette époque c'était absolument fondé la preuve c'est que l'Allemagne l'a fait
alors
je ne prends pas l'Allemagne comme exemple absolu
mais
au moment 2002-2007 où j'ai plaidé pour cette option c'était le bon moment pour le faire ça n'a pas été fait et le pays notre pays se trouve aujourd'hui en situation extrêmement difficile quant à
la Grèce
on va approfondir une seconde parce que la Grèce c'est me semble-t-il un exemple extraordinairement éloquent voilà un pays où le vainqueur des élections Alexis Tsipras un homme politique structuré enfin se fait élire sur le fait qu
'on
ne remboursera pas et on ne choisira pas l'austérité
il
va encore plus loin
et
au début de l'été pressé par les conversations il dit écoutez maintenant je vais faire un référendum
je
vais demander au peuple grec on a tous en mémoire si oui ou non il soutient il
aura
finalement fait l'inverse
attendez il
gagne ce référendum de soutien à 65% les deux tiers des électeurs
le
dimanche
et
le jeudi exactement quatre jours après
Alexis
Tsipras change
du
tout au tout de politique pourquoi
la
question qui est intéressante c'est pas c'est pas
un
fou c'est pas c'est pas quelqu'un qui aime tromper son peuple pourquoi l
'a
-t-il fait parce qu'il a eu entre les mains des éléments extrêmement précis qui lui permettaient enfin
de
mesurer ce qui se passerait dans son pays si il annonçait qu'il ne rembourserait pas la dette et il a vu mais attendez nous sommes en France
on
a compris le sens de votre
nous sommes en France
on
a
de nombreuses questions à vous poser voilà et vous avez inventé un instrument pour cela François le libéralomètre c'est ça ?
Absolument il s'agit d'évaluer justement votre degré de libéralisme vous qui êtes au centre de la scène politique française avec trois questions la première faut-il
comme
l'a recommandé il y a quelques jours Emmanuel Macron payer les
fonctionnaires au mérite c'est-à-dire en fonction de leur performance
ils
sont déjà payés au mérite faut
-il le faire davantage
de leur salaire et avec une évaluation
qui
soit plus différenciée parce que la plupart du temps ils ont tous la même note en fin de carrière
ouais
c'est pas si simple
c
'est ce que
vous
dites je
vois
bien que c'est pas vous qui montez au choix
au
petit
choix la mérite
sur elle a fait une expérience justement
un change de rémunération je parle des
fonctionnaires
je
parle des fonctionnaires de l'état et notamment moi je vous parle des
collectivités locales la chère
collègue de l'éducation nationale je
vous parle
aussi
de ce point de vue là
les
fonctionnaires ont déjà dans leur progression de carrière
pour
certains et dans leur prime pour d'autres une appréciation individuelle vous considérez que ça suffit non je pense que ça peut être amélioré je pense qu'on n'a pas assez de souplesse en face de la fonction publique
je
pense qu'il n'est pas difficile de trouver de la souplesse
mais
je ne pense pas qu'il soit absolument facile de noter le mérite
donc c'est plutôt non
non pas du tout je suis plutôt pour à condition qu'on se mette d'accord avec les fonctionnaires sur les critères du mérite
et
dès l'instant qu
'on arrive
aux critères du mérite ce que nous sommes en train de faire à Pau
dès
l'instant qu'on arrive aux critères du mérite alors quelque chose se passe qui est en effet qu'on se met d'accord sur
les critères c'est ce qui s'est passé d'ailleurs
à Surette deuxième question faut-il faciliter les licenciements comme le demande le patronat qui dit-il justement embaucherait davantage s'il avait la possibilité en cas de difficulté de licencier
ou à tout le moins de diminuer le personnel
qui
est sous sa responsabilité est-ce que ça vous semble souhaitable
? je
vais vous dire ce que me disent les artisans que je connais les PME que je connais
les
petites entreprises
pas
les grandes entreprises
ce
qu'ils disent c'est François tu veux qu'on embauche permets-nous de débaucher si ça ne va pas
c
'est exactement ce que dit le patronat ce que dit le patronat ce que disent peut-être les gens de bon sens la situation dans laquelle
un
chef d'entreprise n'ose pas embaucher
parce
qu'il a le sentiment que si ça va mal il lui tombera tellement de difficultés administratives et de toute nature explique une partie du chômage que nous avons donc je suis pour que le contrat je suis proposition précise
je
suis pour qu'on crée un contrat de travail non pas qu'on remplace tous les contrats de travail parce qu'il faut essayer et expérimenter je suis pour qu'on crée un contrat de travail un CDI
à
droit progressif
qui
permettra d'avoir contractuellement à l'avance les conditions de la rupture du contrat de travail si ça ne va pas pour l'entreprise je crois qu'on peut dire que vous avez répondu oui à cette question oui avec précision troisième question faut-il limiter par la loi le salaire maximum des patrons pour éviter les affaires récentes qui sont produites dans lesquelles
un
ou deux patrons ont touché
des
sommes très importantes lorsqu'ils quittaient leur entreprise il ne
faut
pas le limiter par la loi c'est impossible et ça ne se fera jamais il faut le limiter par la décence
c
'est-à-dire ? c'est-à-dire par
le
fait que des gens
compter
sur
la bonne volonté
considéreront des gens considéreront que franchement il y a des limites
qui
font que
ça
porte atteinte au contrat de confiance dans
une...
les limites ne sont pas les mêmes
pour
tout le monde c'est assez
fragile comme... oui c'est moral on n'est pas dans un vœu pieux là François Bayrou parce que ça
pourrait se passer aujourd
'hui non il
ne se passe pas visiblement
je ne
crois pas qu'on soit dans un vœu pieux j'ai observé qu'un certain nombre de cas que l'on vise ont renoncé
à
une partie des avantages mirobolants qui étaient les leurs ça suffit selon vous ? et en tout cas ça suffit je ne
sais
pas comment on peut faire autrement parce que...
pas de
loi en tout cas je vous le dis il n'y aura pas de loi et je ne connais personne capable d'écrire une telle loi
dans
le régime de liberté économique dans lequel nous sommes
voilà les résultats du libéralomètre
deux
sur trois vous aviez deux questions d'actualité encore François
la
première concerne un paquebot le plus grand du monde qui est construit à Saint-Nazaire
en Loire-Atlantique
c
'est du made in France ça doit vous réjouir mais sur ce chantier qui emploie 3000 personnes il y
a
20% de travailleurs détachés c'est à dire des européens de l'Est en général qui viennent travailler en France en étant payés non pas aux conditions françaises mais avec le salaire de leur pays d'origine ils font concurrence aux français concurrence déloyale disent certains mais c'est autorisé par l'Europe c'est même imposé par l'Europe alors vous vous êtes européen vous êtes en faveur de la libre circulation des personnes ça veut dire que vous êtes en faveur du travail détaché
et
bien non je suis pour que quand un travailleur est détaché dans un pays il paie les charges du pays en question
donc
c'est une
réserve
à faire à la libre circulation des personnes
c
'est une nouvelle loi à écrire
et que cette
personne là oui je suis en désaccord avec l'Europe ça m'arrive quelquefois peut-être même souvent mais
je
suis pour que ces cotisations versées
elles
soient proposées comme une réserve pour les régimes sociaux dans leur pays
je
vous ai apporté un objet qui symbolise un métier jusqu'ici prestigieux celui de pilote d'avion c'est pilote d'avion à Air France et cet objet il symbolise aujourd'hui à la fois ce métier prestigieux
mais
aussi
un
blocage social
mettez
-la mettez-la François
je ne vais pas oser je pense
vous allez très bien vous allez
voir voilà commandant
commandant l'anglais
la
compagnie aérienne vous le savez est en difficulté elle est prise en étau entre les compagnies low cost et puis les compagnies du golf et elle a pas mal de difficultés financières elle tente d'abaisser ses coûts
tous
les personnels ont accepté de
faire des efforts sauf les pilotes qui ne veulent pas travailler un peu plus pour le même prix ils ont d'ailleurs provoqué il y
a
un an on s'en souvient une grève qui avait coûté 300 millions d'euros à la compagnie
vous
êtes un partisan du dialogue
social
pour vous
que doit-on faire
avec ces pilotes qui mettent en péril le pavillon national le dialogue social ou
en tout
cas le
travail
social qu'on doit faire
ça
doit suivre trois étapes
et
la première de cette étape doit être l'établissement d'un diagnostic partagé
là
on a affaire à des gens qui ne
veulent pas entendre
mais
vous
dites ça
peut
-être vous avez raison parce que ça arrive qu'il y
ait
des blocages sociaux sur des avantages
et
peut-être on n
'a
pas fait exactement ce qu'il fallait vous mettez en cause la direction d'air non je ne mets personne en cause j'observe que ça se passe aussi à la Louveta-Honga qui semble dire que ça n'est pas un problème spécifiquement français très souvent il m'est arrivé voyant des conflits sociaux quand on les dissèque
de
m'apercevoir que peut-être on aurait pu suivre une méthode plus efficace
je
dis que si on se met autour de la table avec un médiateur s'il le faut
les
pilotes les autres personnels et la compagnie en disant on va au moins écrire ce sur quoi nous sommes en désaccord vous
comptez
encore sur la bonne volonté oui je compte encore sur la bonne volonté est-ce que ça n
'est pas un peu naïf
et c'est comme ça qu'on en sortira cette
compagnie est quand même en difficulté
je ne vois pas d'autres moyens d'y arriver si j'avais été dans ce conflit en effet je ne crois pas je vais vous dire quelque chose je ne
crois
pas que les pilotes d'Air France soient totalement obtus et analphabètes
je
sais bien que ils n'ont pas bonne réputation en ce moment mais il ne doit pas être impossible de leur faire partager un diagnostic sur la compagnie est-ce que les difficultés viennent uniquement du niveau de salaire des pilotes discutons-en enfin écrivons-le avec eux moi je suis persuadé que peut-être
il y a un chemin à trouver pour se mettre d'accord
peut-être on n
'a
pas fait exactement ce travail-là avec eux et bon alors peut-être ils sont fermés comme ça avec des œillères
peut
-être pas
merci François merci à vous dans un instant les leçons des attentats et l'idée d'identité nationale qui s'en
souffre mais dont on va parler Natacha Polony nous rejoint pour le second débat
bonsoir
Natacha Polony bonsoir soyez la bienvenue juste avant cet échange je voudrais qu'on aborde une question qui est d'ailleurs en rapport avec le débat que vous allez avoir tous les deux celle des quartiers comme on dit parce qu
'on
ne sait pas François Bayrou quelle est votre sensibilité là-dessus et quelqu'un souhaite s'adresser à vous c'est une figure un nom reconnu de l'action associative en Seine-Saint-Denis bonsoir Laetitia Nonone bonsoir vous avez 33 ans 3 enfants vous êtes la fondatrice et la présidente de l'association Zonzon 93 une association de prévention de la délinquance à Villepinte 32 bénévoles c'est beaucoup plus de 200 adhérents vous l'avez créé cette association il y a quelques années lorsque votre propre frère a été en prison ça consiste en quoi en deux mots la prévention de la délinquance trouver des stages organiser des activités informer les jeunes sur leurs droits sur leurs devoirs
en
fait la prévention de la délinquance c'est avant tout proposer un accompagnement individuel à des jeunes à risque
on
part du principe qu'on ne peut pas mettre en place des dispositifs
qui
sont ponctuels
si
un jeune n'est pas accompagné sur du long terme qu'est
-ce
que c
'est
un accompagnement individuel on le suit dans ses démarches tout à fait dans ses projets tout à fait que ce soit des
démarches
scolaires des démarches sociales c'est comment on accompagne un jeune quand il a des problèmes administratifs quand il a des problèmes interfamilial voilà c'est ça c'est le rôle à la fois d'une assistante sociale d'un accompagnement social tout simplement et ça fonctionne ? et ça fonctionne oui
est
-ce que les politiques vous aident
?
c'est compliqué c'est compliqué parce que malheureusement ça reste une vitrine que les politiques n'aiment pas déléguer aux associations
ils
préfèrent s'en occuper eux-mêmes via les institutions ?
tout à fait tout à fait parce que les politiques ont toujours peur en fait qu'un jour une militante associative comme moi devienne entre guillemets candidate à une éventuelle élection au contraire ça c
'est
vous qui le dites c'est vous qui le dites et du coup ils préfèrent garder ces vitrines là pour eux sans pour autant de rien proposer en fait
quelles
questions souhaitez-vous poser à François Bayrou
?
donc en fait bonsoir monsieur Bayrou bonsoir donc nous venons nous venons de commémorer la mort de deux jeunes adolescents Zied et Buna Traoré qui sont morts devant des adultes qui ne les ont pas en tout cas secourus aujourd'hui on se rend compte qu'il y a vraiment un gros clivage entre les adultes et les jeunes donc bien évidemment je suis obligée de parler de la politique de la ville et tout ce qui est mis en place dans les quartiers donc c'est la cour de compte qui a pointé du doigt le fait que 30 ans de politique de la ville ça a été quand même assez catastrophique donc bien évidemment il
y a
des policiers qui ont essayé soi-disant de faire des actions notamment sur la rénovation urbaine et en tout cas de rénover les façades il y a des choses qui ne vont pas le chômage les discriminations donc je ne
vais
pas encore expliquer tout ça je pense que les citoyens sont au courant pardon
mais
il
y a
des choses qui vont donc il y a des personnes comme moi et comme d'autres nous sommes des milliers à créer des associations il y
a
des créateurs d'entreprises il
y
a des jeunes sportifs et il
y a des
diplômés
ma
question monsieur Bayrou tout simplement c'est comment vous comptez redonner confiance à la jeunesse mais quand je parle de jeunesse c'est la jeunesse de France métropolitaine et d'Outre-mer et notamment les milieux ruraux parce que la jeunesse François Balavoine disait à monsieur Mitterrand en 83 qu'il contribuait à la destruction de la jeunesse aujourd'hui je pense que ça va de pire en pire et j'aimerais savoir vous qu'est
-ce que vous dites
redonner confiance vous parlez d'un projet mobilisateur vous parlez d'un discours vous parlez de mesures je
pense que les
discours on les connait déjà on les a déjà entendus mais là c'est vraiment une
mesure
vraiment une priorité pour vous concrètement qu'est-ce que vous ferez là si vous avez une baguette magique pour que les jeunes s'épanouissent en France mais vraiment quand je parle de la jeunesse là je sors du quartier c'est vraiment la jeunesse de France métropolitaine et d'Outre-mer parce que là si on continue comme ça on a vu ce qui s'est passé après les attentats de Charlie c'est quand même des enfants de la République je pense qu'on va droit dans le mur et si les politiques ne prennent pas ça vraiment en compte je pense que réponse
de François Bayrou
une
baguette magique qu
'est-ce que vous faites
?
d'abord
attendez
une
baguette magique
l
'éducation
mais
je vais répondre en revenant à ce que vous venez de dire
d
'abord une chose qui va peut-être vous surprendre je suis persuadé que dans l'état de
difficulté je
ne veux même pas dire de crise parce que le mot à force d'être employé ne signifie plus rien de difficulté où nous sommes
il
y a une chose qui permet à la France de tenir c'est les associations
j
'en suis convaincue
et c'est tous les jours dans les responsabilités qui sont les miennes dans la ville qui est la mienne c'est tous les jours que je me dis mais le trésor il est là
c'est
des
millions
de personnes
je
crois que ça se compte en millions les militants associatifs
peut
-être 10 millions en France
qui
sont là pour suppléer
pour
aider pour
rendre
solidaire ce qui est complètement dispersé et qui fiche le camp je reviens à la baguette magique si j'avais une baguette magique
je
dirais deux choses la première c'est l'éducation parce que en France
dans
l'histoire de la France l'école a été le chemin par lequel les milieux populaires
comme
on dit
de
tout temps il y
a
eu des milieux populaires ils n'étaient pas tous de la même origine ils n'étaient pas tous dans les mêmes quartiers qu'ils sont aujourd'hui c'est l'école qui permettait d'avoir un espoir ça
c'est le premier
point
on savait que
si
on travaillait bien à l'école si on passait ces obstacles là
et
bien il y avait au bout du chemin une reconnaissance
et
aujourd'hui
c
'est ça qui a disparu le plus et la deuxième chose c'est travail
alors
il y a des choses qui sont très bien moi je considère que dans les quartiers dont j'ai la charge
le
système des auto-entrepreneurs le fait qu'on peut créer facilement et sans charge excessive une entreprise pour faire un certain nombre de choses je pense que ça va dans le bon sens
et
si on permettait à ces entreprises comme je le propose depuis quelques années
d
'avoir une facilité par exemple deux emplois sans charge
facile
immédiatement disponible
alors
on leur donnerait un coup de main fantastique
alors laetitia
donneurde et
troisième chose
si
j'avais une baguette magique
j
'aiderais les parents et particulièrement les mères de famille
tout
en luttant contre les inégalités
c'est de la lutte c'est de la vraie lutte contre les inégalités l'école et le travail et aider les familles ça c'est de la vraie lutte contre les inégalités c'est pas c'est pas des crédits il n'y
en
aura plus
mais
ça c'est de la vraie lutte contre les inégalités
c'est convaincant pour vous
c
'est convaincant comme tout autre discours politique mais de toute façon maintenant nous sommes là nous éveillons les consciences des jeunes et nous serons prêts à regarder de très très près si les promesses sont en tenue
plus vigilant vigilant toujours puisque vous posiez la question il faut vous engager vous
vous
êtes un leader on lui a proposé on vous a proposé de vous engager
ça se voit il
suffit de
mais
est-ce que ce qu'elle fait aujourd'hui à la tête de son association ça n'est pas
de
la politique la
vraie politique je pense oui ça compte la vie de la cité c'est vrai on y travaille on y contribue c
'est vrai
je
pense
qu'il faut aussi rester aussi à l'extérieur pour pouvoir parce que je pars du principe où le jour où je me mettrai en politique je serai à l'intérieur de qui sera à l'extérieur pour dénoncer et moi j'aime ma place j'aime ma place d'électron libre j'aime ma place voilà j'aime regarder ce qui se passe j'aime dénoncer les inégalités et je le ferai et je pense que c'est le combat de ma vie je serai là pour vous interpeller quand il faudra
merci Laetitia Nonon pour cet
échange et
peut-être
pour vous engager
oui au
modem peut-être
non
allez c'est une autre histoire
elle a déjà un turban orange bon donc
allez je le disais ça n'est pas sans lien avec notre débat Natacha Polony vous êtes ici parce que vous publiez ce livre nous sommes la France chez
Plon c'est une référence bien sûr au fameux je suis Charlie après les attentats c'est votre point de départ vous vous êtes demandé pourquoi des enfants nés ou élevés grandis en France avaient pu commettre de tels actes les attentats et pour résumer en très peu de mots vous dites on a oublié ou on a renoncé au récit national on revient encore à l'éducation c'est
à
dire celui de notre histoire de Clovis à Louis XI qui ancre dans une identité qui nous donne cette cohésion ce sentiment d'appartenance on y a renoncé
par
faiblesse parce que c'était jugé discriminant pour les enfants d'immigrés notamment et au final on paye aujourd'hui en quelque sorte cette absence de cohésion par une société vide une société à tonnes hors sol c'est votre expression et qui engendre le pire ce mot d'identité nationale qui est piégé qui peut sembler
sulfureux le synonyme de repli vous le revendiquez est-ce là-dessus que vous souhaitez interroger François Bayrou
? Oui
parce que ce mot il a été abîmé dans le débat politique dans le débat public il a été abîmé en 2009 quand il a été instrumentalisé par Nicolas Sarkozy de la pire façon qui soit parce que proposer des débats dans les préfectures c'était une stupidité mais on s'est interdit du coup de poser cette question-là et il me semble que les attentats de janvier nous ont montré que quelque chose nous avait explosé à la figure
il
y avait eu des alertes avant
une
en particulier le 19 mars 2012
un
homme
qui
avait déjà assassiné des militaires d'origine maghrébine des militaires français
a
tué des enfants
dans
une école juive des enfants de 3 ans de 4 ans une petite fille de 8 ans qui l'a attrapée par les cheveux pour lui tirer une balle dans la tête parce qu'elle était juive
ce
jour-là
il
faut s'en souvenir
au
début on a très bien senti que toute une part
des
hommes politiques espérait que ce serait un fasciste classique un asillon
vous
-même François Bayrou vous avez déclaré le jour même vers midi alors qu
'on
ne savait pas qui c'était
que
tout ça était de la faute du climat de la campagne puisqu'on était en campagne présidentielle de la faute du climat que on avait fait
monter les
haines que c'était des hommes politiques qui par leur parole avaient stigmatisé
est-ce que vous
n'avez pas l'impression que vous vous êtes totalement planté de diagnostic et que vous êtes passé à côté du vrai problème qui est apparu quand on a découvert que c'était Mohamed Merah qui avait passé 12 ou 13 ans sur les bancs de l'école française qui était français et qui a pu tirer sur des enfants parce qu'ils étaient juifs
j'ai dit
qu
'il y avait des paroles
dont
on ne mesurait pas la portée
et
ces paroles-là elles pouvaient être meurtrières
et
c'est exactement ce que je pense dans toutes les j
'allais
dire dans tous les camps heureusement c'est pas des camps
dans
toutes les dérives
et
il y a des mots qui ont retenti dans cet attentat-là qui a tué
des
petites filles des petits garçons leur père je crois
parce
qu'ils étaient juifs c'est tout le temps
que
dans l'antisémitisme on entend prononcer des mots sur les juifs
c
'est tout le temps
c
'est sensible et c'est dur donc
c
'est tout le temps
que dans
certaines déclarations on voit
prendre
pour cible
l
'identité
juive et
hélas
au
bout du chemin ça tue
et
donc de ce point de vue-là oui je me méfie beaucoup
dans
ce genre de phrase ou dans d'autres
je
me méfie beaucoup de la manière dont on utilise les mots et dont on lance des jugements à l'emporte-pièce voilà ça c'est vrai alors ensuite à la question précise que vous posez ces garçons-là
cet
homme-là qui avait passé vous dites 12 ou 13 ans sur les bancs de l'école
et
qui se trouve dans cette espèce de dérive obscène et criminelle est-ce que c'est enfin de qui est-ce la faute
c
'est ça la question que vous posez
de
qui
est-ce que nous
avons raté c'est ça la question que je pose à quel moment avons-nous raté pour que des jeunes gens français se sentent à ce point étrangers
à
ce qui fait
la
culture commune de tous les français d'où qu'ils viennent quelles que soient leurs origines puissent en arriver là c'est ça la question
qu'il
faut se poser collectivement
c
'est vrai que c'est la question qu'il faut se poser est-ce que pour autant
il
faut désigner une culpabilité collective qu'est-ce que nous avons raté dans ce genre de crime délirant est-ce que c'est notre faute pardonnez-moi mais moi je ne le crois pas
je
ne
crois pas que ce soit
je
ne crois pas
que ce soit la faute de l'école et je ne crois pas qu'au sens large ça soit notre faute notre faute
donc tout va bien on ne pouvait pas faire
mieux on peut faire mieux j'espère qu'on peut et qu'on doit faire mieux est-ce que c'est uniquement un problème d'éducation non non
c
'est un problème de radicalisation
c
'est un problème de dérive d'une identité religieuse qui tourne en sectarisme et puis en folie et puis en crime meurtrier mais je ne peux pas laisser enfin je n'accepterai pas de dire que c'est notre faute
pardonnez-moi mais quand on a une part des jeunes français qui ne respectent pas une minute de silence après des attentats qui ont traumatisé le pays on ne peut pas dire que c'est simplement une question de dérive ce n'est pas ponctuel ça a eu lieu dans plus d'une centaine 200 même lycées collèges de France
ce
n
'est
pas la dérive la radicalisation c'est une problématique qui nous raconte
qu
'il y a des valeurs qui ne sont pas
partagées les
valeurs de laïcité de droit ou blasphème comme on dit même si
je vais surtout le
blasphème
est un concept un peu particulier
avec
comme disait un homme politique d'avant-guerre avec une effroyable sincérité
ils
entendent dire tous les jours ces enfants chez eux
qu
'il y a deux poids deux mesures
vous
voyez les mots que tout à l'heure j'évoquais qui deviennent après
des
folies et puis après des choses insupportables
ils
entendent dire qu'on ne traite pas de la même manière les gens selon qu'ils sont d'un côté ou de l'autre
que
l'Occident ne traite pas de la même manière les uns et les autres ils entendent dire tous les jours ça chez eux
vous
savez bien ça
donc
c'est de la faute uniquement de leur famille non la société française n'a pas de question à
se poser mais
vous savez bien vous êtes en train de me faire dire ce que je ne veux pas dire bien sûr qu'on a des questions à se poser lesquelles alors et bien la question de savoir de quelle manière on peut d'abord dire les choses brutalement
comme
il faut les dire
en
disant que la religion lorsqu'elle dérive à ce point elle devient criminelle et que en effet il y a et je le dis comme quelqu'un qui est croyant tout à l'heure je l'ai dit
et
je l'ai dit comme quelqu'un qui respecte les croyants musulmans que je vois vivre avec moi qui sont dans mon équipe
et
dont la plupart sont laïcs
dont
la plupart sont
ou
acceptent la laïcité
et la vivent tous les jours
comme nous
alors
c'est pas très facile comme nous mais on règle un certain nombre de choses il y a les observances par exemple la peau on a mis en place des menus végétariens
comme
ça il n
'y
a plus de questions de juifs de musulmans de régime médical de tout ce que vous voulez il y a une réponse qui est une réponse pratique et qui fédère les gens
et
s'il y a des questions de cimetière on règle les questions de cimetière
est
-ce
que vous pensez réellement que
ça se réduit à des points techniques
sur
les menus de cantines
dites le fond de votre pensée qu
'on saisisse bien le clivage entre vous le fond de votre pensée
le
fond de ma pensée c'est que depuis une trentaine d'années on a expliqué que la France était un pays multiculturel
c
'est une idéologie qui est petit à petit qui s'est imposée c'est même devenu quasiment une évidence je ne crois pas je crois que la France est un pays multi-ethnique ceci qu'on peut être d'origine asiatique d'origine africaine d'origine maghrébine et être parfaitement français ça ne pose aucun problème pour une raison c'est que nous avons une culture à partager
si
on cesse de transmettre cette culture et ses valeurs
alors
on fragilise la communauté nationale
et
dans ces cas là on est en train et c'est ce que nous vivons aujourd'hui on monte des gens les uns contre les autres des communautés les unes contre les autres c'est ce que nous avons fait dans l'indifférence générale
et
c'est ça aussi qui fait que les français aujourd'hui vous l'avez évoqué rapidement tout à l'heure mais vous êtes passé très vite sont si réticents à accueillir des réfugiés qui devraient être accueillis c'est parce que justement ils ont l'impression que ça va fragiliser encore un peu plus cette culture commune qui est abîmée alors que s'ils étaient sûrs d'eux et bien ils rempliraient leur rôle qui est d'accueillir des réfugiés
alors traitons de la
question précisément ce que moi en tout cas je pense de la question
la
France est un pays qui en effet est formé
d
'origines différentes
un
très grand nombre de français
de
souche comme on dit même j'ai lu dans votre livre qu'il fallait pas prononcer ce mot mais je sais
disons que
j'ai constaté qu'il était problématique
voilà il est problématique mais Mitterrand disait ça et puis je crois que Hollande a dit ça aussi bon après tout enfin des gens
dont
les racines familiales
sont
sur notre terre et dans notre culture
et
puis il y a des gens très nombreux qui ont une partie de leurs racines dans cette terre et dans cette culture et d'autres parties ailleurs parce qu'il y a beaucoup heureusement de ces mélanges là puis il y
a
des gens qui viennent de l'extérieur donc il y a en effet des origines différentes
il
y a des religions différentes et la laïcité ça consiste à les faire vivre ensemble
après
il y
a
une question supplémentaire qui vient
ils
vivent en France
et
qu'est-ce que c'est la France
et
bien pour moi la France ça n'est pas une page blanche les gens qui vivent aujourd'hui en France
qui
s'y sont installés pour un grand nombre d'entre eux notre projet national n'est pas que tous les jours
on
remette en question notre histoire notre tradition culturelle notre langue
la
France n'est pas une page blanche et il faut en respecter l'histoire la culture et la tradition
donc
vous êtes d'accord oui
à ceci
près que je pense qu'il y a un point aveugle dans votre raisonnement c'est le fait que ce qui a aussi fragilisé cette identité nationale c'est tout simplement l'affaissement de la nation et de sa souveraineté et que ça ça s'est fait au nom d'une construction européenne qui n'a pas permis de remplacer l'état-nation par un échelon supérieur on est resté au milieu du gay je comprends qu'on soit européen qu'on veuille aller plus loin dans le projet européen mais si on s'arrête au milieu parce qu'on constate que les peuples n'en veulent pas dans l'état actuel
on
a affaibli l'état-nation qui est actuellement le seul cadre de la démocratie il n'y
en
a pas d'autre c'est là où s'exprime la démocratie et on ne remplace pas par autre chose et je vous entendais tout à l'heure pendant toute l'émission évoquer l'Europe et l'Europe dont vous parlez et bien je ne sais pas laquelle c'est moi je ne la comprends pas elle n'existe pas c'est à dire que vous nous expliquez que l'Europe
ça
a été c'est la préférence communautaire à marché mais ça n'est pas vrai ça fait très longtemps que l'Europe a abandonné la
préférence
communautaire
je viens de faire un plaidoyer tout
l'idéal
européen je viens de faire un
plaidoyer dans votre sens précisément au début de cette émission je pense que la question posée par les déclarations du premier ministre britannique c'est la question précisément de la nature de l'Europe
oui et c'est pourquoi que
vous reprochez aux Anglais de maintenir leur souveraineté
non or
on voit très bien dans l'état actuel de l'Europe que les Allemands maintiennent leur souveraineté l'Allemagne décide quand elle veut d'ouvrir ses frontières puis de les fermer à sa volonté et nous sommes les seuls à avoir abandonné toute souveraineté territoriale toute souveraineté dans nos décisions
sans remplacer ça vous savez bien que ça n'est pas vrai bien sûr
que ça fragilise bien sûr que le fait de voir un pays qui en est réduit à ne pas pouvoir assurer son intégrité territoriale à ne pas pouvoir décider de certaines politiques où l'on voit donc des hommes politiques
qui
ont beau prononcer des discours tout à fait admirables et pleins de convictions mais qui une fois dans l'action sont incapables d'agir parce qu'ils n'ont plus les leviers ou parce qu'ils refusent de les reprendre
ça
pose
problème je
connais très bien ce thème vous avez été engagé avec Jean-Pierre Chevènement puis avec Nicolas Dupont-Aignan et ce sont des gens
je ne suis pas
engagé avec Nicolas Dupont-Aignan
ah
pardon je croyais excusez-moi excusez-moi non
jamais
je retire alors
je
croyais en tout cas des amis à vous oui et donc non non j'ai des amis engagés dans beaucoup de parties politiques François Bayrou compris au Modem quelquefois et donc bon donc vous avez été engagé de ce point de vue là
je
ne crois pas
que
cette thèse soit vraie je vais essayer de vous dire pourquoi en quelques mots si je prends la situation critique de la France aujourd'hui
qui
fait que socialement économiquement du point de vue de l'identité ce pays se porte pas bien
et
si j'essaie de lister les questions
l
'éducation nationale on est souvent d'accord sur ce sujet l'éducation nationale est la première la question de notre droit du travail qui fait que il y a des blocages et que nous sommes le seul pays qui ne crée pas d'emploi aujourd'hui
la
question du statut de l'entreprise la question de la fiscalité la question de notre vie politique qui est désespérante parce qu'il n
'y
a pas de débat il ne peut pas y en avoir puisque des opinions très respectables ne sont pas représentées
il
y
a
beaucoup de débat quand même pardonnez-moi
je
suis d'accord avec vous sur le fait qu'il
y a
des opinions qui ne sont pas
représentées
et qui devraient l'être y compris quand je ne
suis
pas d'accord avec elles le
fait que toute la gauche radicale soit sous-représentée le
fait que vous soyez sous-représentée
le fait que même le Front National
que le Front National n'ait pas de représentation
ça pose un problème qu
'on part de la
population française
ça délégitime
le débat complètement ça
le vide toutes ces
questions-là je viens d'en citer 5 qui sont les questions il n'y en a aucune qui dépendent de l'Europe
pour
ce qui est par exemple de l'éducation ça dépend en grande partie aussi de l'Europe en
tout cas l
'idéologie que vous dénoncez
est
tout à fait portée par la communauté européenne
excusez-moi
voilà mais on ne va pas faire un
débat sur l'éducation sur le droit du travail
jamais je
n'ai eu une
injonction européenne
la question n'est pas seulement des injonctions la question est celle de la façon dont on mène des politiques quant au travail la question de la décrépitude de la désindustrialisation de la France de la mort de son agriculture c'est aussi lié à tout cela c'est une idéologie qui consiste à considérer que l'Europe est une entité neutre qui doit être un pur marché ouvert à tous les vents
et nous sommes
en train de détruire ce qui faisait notre richesse c'est-à-dire notamment notre agriculture mais aussi toute notre industrie
et pas entier
ses fonds
pointons du doigt cette question parce qu'en effet c'est la troisième fois que je le dirai dans cette émission mais ça mérite d'être souligné nous sommes à un rendez-vous pour savoir quelle est la vraie nature de l'Europe il est vrai
qu
'il y a des courants puissants en Europe
qui
se sont imposés peu à peu dans la réflexion de l'Europe et qui consistait ou dans l'orientation de l'Europe
qui
consiste à dire que ce qui compte c
'est
le marché
mais
c'est toute la structure même qui est comme ça
c
'est
la structure actuelle de l'Europe
je rappelle que quand on a écrit le traité de Rome il y avait la préférence communautaire à l'intérêt
oui mais dans le traité de Maastricht et dans le traité de Lisbonne ça n'y est plus
ça
a disparu
et c'est ça qui prévaut aujourd'hui c'est
-à-dire que l'Europe a
changé
de nature et
bien nous avons l'occasion là
par
la question que le premier ministre britannique pose en disant si vous ne changez pas l'Europe pour aller dans mon sens de ce qu'elle est un marché uniquement un marché je m'en vais il faut dire banco
oui
d'accord et ensuite vous direz quoi
et
ensuite je
dirais vous direz que l'Europe doit ressembler à quoi et
quelle doit être la place de la France
vous me permettez de te dire l'Europe doit ressembler à quoi
l
'Europe doit avoir là entre les mains se sentir être investie
de
la responsabilité non pas seulement de construire un marché mais de construire une société pardon François de construire une indépendance par exemple il y a des pans entiers de l'industrie qui ont disparu de l'Europe
pour
la raison en particulier que vous dites je prends un exemple que j'ai déjà pris ici
nous
sommes environnés d'un univers d'écran chacun dans notre poche nous avons des smartphones des il n
'y
a que ça des écrans dans nos maisons il n'y
a
plus un seul écran fabriqué en Europe François Bayrou je peux vous poser une question
parce qu'elle est récurrente depuis le début de
cette émission quand on parle d'Air France vous dites tout le monde doit arriver à se mettre d'accord quand on parle d'Europe vous dites
tout
le monde doit avoir une certaine conception volontariste de l'Europe
est
-ce qu'il
n'y a
pas
dans votre discours à en donner un côté incantatoire on doit arriver à et on ne voit pas quel chemin on
prend pour cela
excusez-moi je veux bien que quelquefois on puisse faire des accusations de cet ordre mais
là je
dis des choses précises Cameron
au
nom de la Grande-Bretagne
a
annoncé un référendum qui serait un référendum de sortie ou de rester
et
que dans ce référendum de sortie ou de rester il plaiderait pour rester à condition que l'Europe renonce à un certain nombre de choses
là-dessus vous avez été clair il faut dire non on a entendu
et
non mais il faut dire non c'est pas incantatoire ça
c
'est un combat un affrontement
dans
lequel la France doit jouer son rôle
alors qu'elle doit être vous lui
proposez quelle voie
c'est-à-dire
les français qu'est-ce que vous allez leur dire exactement que sont-ils quel est le destin que nous avons en commun et qui nous permettent de peser je
peux vous citer la colonie
attendez le drame de la politique française c'est que nos dirigeants sont incapables de dessiner un avenir commun parce qu'ils ne sont pas porteurs de cette culture quand vous dites ça vous parlez de la culture de la France de l'identité française est
-ce
que François Bayrou
peut être cet homme-là
est
-ce qu'il est porteur de cette culture
il est porteur de cette culture
la question est-ce
qu
'en fait-il il
est
porteur
de cette culture
mais
mais ce n'est pas le tout d'avoir la culture ensuite il faut aussi avoir dans l'idée que l'on va agir avec
ça on va
agir en fonction de cela et non pas en effet avec des incantations et en rêvant que tout à coup les autres vont être d'accord avec nous au sein de l'Europe
et que
magiquement
ça
va marcher
encore une fois je ne prétends pas aller dans le sens d'une incantation je prétends qu'on ouvre et que le président de la république française ouvre
un
sujet qui est un sujet de rupture s'il le faut avec des partenaires qui à l'intérieur de l'Europe
veulent
non cesser de vouloir depuis des décennies détricoter le projet initial européen on a l'occasion là de le retrouver et c'est un moment qui est vraiment très très important de ce point de vue là et vous disiez quel rôle pour la France la France doit être le leader de cela à l'intérieur de l'Europe pour moi en tout cas
c
'est le seul leader que cette thèse puisse trouver merci je propose qu'on aille dans ce sens merci
Natacha Polony voici
venu
le
temps le moment de
la conclusion quelle impression avez-vous fait qu'en retiennent les téléspectateurs en accueil Jean-Daniel Lévy et Karim Rissouli merci Natacha bonsoir à vous deux bonsoir c'est un moment attendu rituel François Bayrou a-t-il convaincu les téléspectateurs vous nous répondrez dans un instant Jean-Daniel puisque vous faites réaliser avec Aris Interactive un sondage express et vous aussi Karim avec la revue des tweets d'abord François Bayrou à l'issue de cette émission vous nous aviez dit donc je ferai une clarification alors je vous pose la question comment envisagez-vous 2017 est
-ce que vous souhaitez être candidat où en est votre réflexion
je
souhaite
qu
'en 2017 il y ait à l'élection présidentielle un candidat
qui
puisse rassembler le
courant
politique que je représente et d'autres courants pour être une vraie alternative un choix qui sera gagnant je le crois je pense que Alain Juppé peut être cet homme-là et puis il y
a
une primaire et je vous ai dit mon inquiétude sur la primaire
et
si Alain Juppé n'était pas choisi
par
cette primaire si on se trouvait dans d'autres configurations si les français se trouvaient devant un choix qui serait François Hollande Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen alors pour moi en tout cas je ferai face
je
serai
dans
la responsabilité
de
celui qui ne peut pas accepter que la France n'ait que ce choix-là
que
la France
les
jeunes français ayant constaté deux impasses avec les cinq années de Nicolas Sarkozy et les cinq années de François Hollande
et
puis se trouvant devant une troisième impasse à mon avis encore plus dangereuse qui est celle du Front National ils ne peuvent pas être dans cette triple impasse il faudra donc qu'on leur propose un autre choix vous serez dans cette hypothèse candidat à la présidence de la République en
tout
cas je serai là et je prendrai mes responsabilités
vous
avez
François
Bayrou toujours le même ressort intact en vous pour cela vous avez déjà
été candidat trois fois
le
ressort est plus tendu encore
vous
en rêvez toujours
je
n'en ai jamais rêvé
je
n'ai jamais cru qu'être président de la République c'était un bonheur
je
n
'ai
jamais cru qu'être président de la République
ça
rendait heureux vous et les vôtres
je
n
'ai
jamais cru qu'être président de la République c'était un but à la vie franchement je sais très bien que les caricatures ont dit autre chose je n'ai jamais cru que président de la République c'était un accomplissement c'est vrai qu'on a du mal à vous croire
parce qu'on vous sent habité
par cette envie mais
mais
je sais
que
c'est un des seuls endroits
dans
notre pays d'où on peut faire bouger les choses à condition que le pouvoir change
et
si vous me permettez une phrase sur ce sujet
je
sais qu'il faut que la présidence de la République change
de
rôle et de pratique en France
on
a pris l'habitude depuis des années d'avoir un président de la République chef de parti
on
en crève
c
'est le contraire
de
ce que de Gaulle voulait
de
Gaulle a créé la 5ème République il suffit d'entendre un discours qui a été un discours historique qui est le discours
de
Bayeux après la guerre il a dit
ce
que je
veux
pour nos institutions
c
'est que le gouvernement échappe au jeu des partis au jeu parlementaire
et
c'est pourquoi il y aura un président de la République
et
le gouvernement dépendra du président de la République et pas du jeu des
partis
insensiblement
les
partis les deux partis dominants et majeurs ont grignoté cette affirmation et Nicolas Sarkozy était en fait chef de parti et François Hollande est en fait chef de parti
trop on
aimerait des présidents de la République qui soient au-dessus grands
qui
soient capables d'oublier qu'ils sont d'un parti et qui réunissent les gens
je
vais vous dire
j
'aimerais un président de la République qui puisse parfois
donner
raison à l'opposition
et
ça
ça
ne peut venir que si on sépare
la
fonction présidentielle
du
parti politique auquel ce président a appartenu
et
je suis là c'est une des raisons pour lesquelles je soutiens Juppé
c
'est parce qu'il est distingué du parti
on
le sait bien l'appareil n'est pas tout à fait dans son sens oui
c
'est lui qui l'a créé
oui
je pense qu
'il
s'est trompé gravement
en
tout cas que le climat qui a créé ça au moment où Juppé en a pris la responsabilité s'est trompé vous vous souviendrez peut-être que j'étais allé à la réunion de fondation pour dire vous dites qu'on pense tous la même chose si on pense tous la même chose on ne pense plus rien
je
pense que l'opposition serait infiniment mieux organisée
s
'il y avait un parti de droite et un parti du centre
je
pense que le parti unique de la droite et du centre c'est un leurre
je
pense que ça brouille les messages
et
s'il y avait eu un vrai parti de droite solide
et
un vrai parti du centre solide
le
Front National n'en serait pas où il en est et le parti socialiste n'aurait pas occupé toute la place
bien
en tout cas on a enregistré votre déclaration et vous qu'avez-vous pensé
de
la prestation de François Bayrou ce soir
Karim
Rissouli pendant l'émission nous recevons et vous en avez vu à l'écran des dizaines de milliers de réactions de commentaires via internet et twitter et vous nous livrez les grandes tendances
ou
les petites pépites ce qui a fait réagir ce qui a fait bondir c'est à vous on essaie de passer au radar votre prestation de ce soir alors c'est pas simple un oeil sur vous le deuxième sur twitter sur les réseaux sociaux je vous assure c'est un exercice compliqué j'imagine que ça vous intéresse ce que je vais vous dire parce qu'on le sait assez peu mais vous êtes vous-même assez actif sur twitter depuis le début je crois et puis vous êtes aussi très populaire il y avait eu un classement l'an dernier qui a été fait sur le rapport des élus locaux et des maires à twitter et vous êtes
vous
le deuxième maire de France le plus suivi sur twitter qui est le premier Anne Hidalgo la maire de Paris et le troisième c'est Alain Juppé décidément on parle que de Juppé ce soir et vous avez eu 360
000 followers c'est je veux le dire énormissime alors
ils n'ont pas été particulièrement actifs ce soir on est autour de 20 000 tweets je pense quoi que ce que vous venez de dire va peut-être relancer la
machine
autour de 20 000 tweets c'est la moyenne base disons de l'émission et dans l'ensemble on a passé je dirais une soirée comment dire plutôt centriste sur twitter pendant l'émission je voulais dire paisible par là contrairement à ce qui se passe souvent vous savez quand on reçoit des
hommes c'est violent
souvent
twitter c'est un réceptacle d'insultes il y
a
beaucoup de passion vous c'est rarement le cas ça reste assez mesuré assez
consensuel souvent bienveillant vous avez des adversaires vous allez voir mais il n
'y a
pas d'insultes en général pas de déclaration d'amour non plus flamboyante c'est voilà entre les deux centriste c'est ce que je voulais vous dire
est-ce qu'il
y
a des qualificatifs quels sont les qualificatifs le plus souvent est
-ce qu
'il
y a
une sorte de portrait robot de François Bayrou qui est
dressé
oui
on
essaie de
reprendre les adjectifs les qualificatifs qui reviennent le plus sur twitter alors d'abord ceux qui vous aiment
je
vais commencer par un truc sympa vous êtes honnête pour beaucoup de gens notamment pour cette internaute Bayrou est un des rares politiciens à se battre pour les mêmes convictions depuis des années hashtag honnêteté ça ça revient beaucoup vous êtes apaisant pour d'autres Bayrou un des rares politiques
qui
ne joue pas sur la peur des gens et ne stigmatise pas les minorités pour exciter et exister et puis vous êtes jugé sincère globalement notamment quand vous avez revendiqué ce soir votre religion à l'antenne je suis chrétien vous l'avez dit je crois à deux reprises waouh un homme politique assume sa religion en direct à la télé jamais vu autant de sincérité ça c'était pour la partie pommade assez sympa et puis ceux qui ne vous aiment pas vous ont trouvé en revanche tiède pour certains c'est ce que dit Abdoulou Wahaba
Bayrou trop tiède pour percer dans un environnement politique chaud bouillant un peu mou il manque quand même un peu de nerfs le Bayrou il faut la colère il faut l'indignation alors on l
'a
un peu senti sur Cameron mais globalement
il
y
a une demande d'indignation de votre part on ne
vous
sent pas assez indigné et puis on vous a trouvé
allez
un brin prétentieux je rappelle ce que vous avez dit en début d'émission je ne suis pas du genre à dire j'ai fait des erreurs et vous avez ajouté d'ailleurs j'en fais peu des erreurs pas du tout prétentieux Bayrou dit cette femme ou cet autre un petit peu plus méchant le pire ennemi de Bayrou et lui
-même
il parle d'égo surdimensionné en un mot vous comprenez que cette phrase ne soit pas très bien interprétée
c'était une phrase qui était faite normalement pour faire sourire bon c
'est au moins du second
degré
oui
on peut dire ça comme ça d
'accord
vous faites des
erreurs et vous le
reconnaissez il
m'arrive de faire des erreurs
mais
moins que les autres second degré chacun tranchera
Karim les temps forts qui sont retenus de l'émission alors plusieurs
temps forts
au moins trois temps forts il fallait bien choisir alors sans compter ce que vous venez
de répondre oui bien sûr cette déclaration c'est au point sur
la présidentielle si on peut vous soumettre des tweets avant la fin de l'émission on le fera mais c'est pas certain premier temps fort le tout début de l'émission lorsque vous avez réagi à l'actualité politique du jour la sortie de Manuel Valls on en parlait en début d'émission David qui propose de fusionner les listes de droite et de gauche notamment là où il y
a
un risque de victoire du Front National ce qui fait dire à cet internaute et vous avez eu des mots assez sympas assez doux pour Manuel Valls à ce moment là et cet internaute vous dit il est clair qu'un axe Valls Macron-Bayrou-Juppé ça aurait de la gueule pour l'avenir du pays c'est un responsable local du Modem qui dit ça donc dans votre parti il y
a
des gens qui veulent un axe vraiment avec Valls avec Bayrou avec vous
vous
êtes Bayrou donc avec vous un autre de vos fans nous dit Bayrou a acquis un statut de président siable Juppé président il serait un très bon premier ministre est
-ce
que c
'est
une option ça aussi
vous
premier ministre d'Alain Juppé
je
ne crois pas
pourquoi
parce que
il
est impossible
d
'abord d'avoir un ticket à l'élection présidentielle c'est une erreur dont on ne revient pas ça d'accord
mais
après et deuxièmement il n
'est
pas possible d'avoir un premier ministre qui ne soit pas du parti le plus important de la majorité autant le président peut être au-dessus des partis autant le premier ministre doit représenter il est le chef de la majorité alors qu'on le veuille ou pas c'est des lois institutionnelles le président le président il doit être au-dessus des partis il doit inspirer
il
doit entraîner
il
doit montrer vers où on va
il
doit donner du sens
il
doit équilibrer mais le premier ministre c'est le chef de la majorité ce n'était pas le cas de Raymond Barr il a souffert croyez-moi et encore à cette époque-là il n'avait pas beaucoup moins de députés que le RPR de l'époque il devait en avoir
je ne sais
pas peut-être 150 ce qui ne sera pas le cas du Modem 200 et donc je ne crois pas que ce soit une possibilité donc cet internaute sera déçu ce soir deuxième temps fort les débats que vous avez eu avec
les françaises qui étaient sur ce plateau ce soir Haute-de-Lombaret sur l'éducation débat jugé passionnant comme avec Laetitia Nonon notamment sur les quartiers populaires Haute-de-Lombaret vous a demandé du concret et vous a dit on en a marre du blabla et là aussi vous avez un peu laissé les téléspectateurs sur leur faim c'est ce que disait un peu David quand il parlait de propos incantatoires par moments une internaute relève que cette réponse que vous avez donnée sur l'éducation c'était je n'ai pas de proposition récemment sur ce sujet Bayrou là on frôle le génie c'était l'ironie évidemment mais plus globalement il y a aussi cet autre internaute qui vous dit suspense insoutenable à quelle heure François Bayrou va-t-il faire sa première proposition
concrète c'est beaucoup revenu ça vous n'êtes pas assez concret
bah
écoutez on a il me semble qu'on a abordé plusieurs sujets j'ai proposé un nouveau contrat de travail j'ai proposé deux emplois sans charge par entreprise j'ai proposé sur l'école qu'on ait cette cette intervention auprès des élèves qui sont en difficulté le plus tôt possible et par petits groupes
et
tout ça c'est des propositions concrètes mais si vous avez d'autres sujets qu'on ait abordé ce soir je veux bien en faire encore un
mot
un dernier
mot c'est le troisième temps fort qu'on a relevé c'était tout au début du face à face avec François Langlais sur l'économie ce qui nous a conduit à un fact-checking comme on dit regardez ce tweet d'internaute Bayrou mis à mal sur sa proposition des 50 milliards d'impôts en plus pendant sa campagne de 2012 François a en effet relevé que vous proposiez 50 milliards d'euros d'impôts supplémentaires vous avez dit non c'est pas exactement ça c'est pas vrai alors on a vérifié on a regardé votre programme de 2012 c'était en page 2 la troisième proposition de votre programme et vous aviez bien proposé d'augmenter les impôts de 50 milliards sur
5
ans
20 milliards de coups
de
rabot sur les niches fiscales 20 milliards d'augmentation de la TVA 10 milliards en agissant sur l'impôt sur le revenu et sur l'USF
20
plus 20 plus 10 ça fait 50
là
vous pouvez reconnaître cette erreur
en taxe
oui mais attendez des coups de rabot
c
'est des suppressions de remise
mais
ça fait mal au portefeuille pour certains oui très bien
alors
c'est vrai
alors
c'est vrai voilà une erreur très bien
merci
merci Karim beau
bilan Jean
Daniel comment les français ont-ils trouvé François Bayrou d'abord peut-être un mot sur la méthode on le rappelle à chaque fois mais c'est pas plus mal absolument le
panel
comment ça marche
on demande à 1000 français représentatifs en termes de sexe d'âge de l'organisation géographique et évidemment
de vote à la dernière élection présidentielle de regarder l'émission on leur confie cette mission
et puis on leur pose avant même de regarder cette émission un certain nombre de questions et les mêmes questions à la suite de cette émission et ce que l'on va faire ensemble c'est qu'on va regarder essayer de voir s'il y a des évolutions et si oui
comment
il se manifeste d'une manière générale et puis éventuellement par type ou catégorie de population
alors
que dit le panel d'abord les téléspectateurs ont-ils été convaincus par la prestation de François Bayrou
c'est effectivement la première question qu'on peut se poser
quand
on prend 100 français qui ont été interrogés 45 déclarent qu'ils ont été convaincus de M. Bayrou par votre prestation ce 45 on peut le rapprocher de
3
autres mesures que nous avons effectuées par le passé on s'en rappelle Alain Juppé était présent et avait obtenu la sélection de l'ordre de 56% des personnes que nous avions interrogées
51
% pour Emmanuel Macron et
35
% pour Manuel Valls lors de sa dernière prestation donc c'est un niveau qui est un niveau qui se situe au-dessus de celui de Manuel Valls et en dessous de
ceux d'Emmanuel Macron et d'Alain Juppé que peut-être les français avaient un peu plus découvert ici dans le cadre de leur intervention qu'ils ne vous ont aujourd'hui découvert car ils vous connaissent depuis plus longtemps
on rentre un peu dans le détail sur ce qu'a fait bouger l'émission sur les aspects personnels notamment
peut-être déjà une question d'opinion générale on interroge les français qui ont regardé cette émission avant l'émission après l'émission et on
interroge